Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier

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Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier
Patrick Modiano
Editions Gallimard
Roman
Littérature française
ISBN Papier: 2070146932

Où?
L’action se déroule comme souvent chez Modiano à Paris.

Quand?
Le roman est situé de nos jours avec quelques retours vers le passé.

Ce qu’en dit l’éditeur
« – Et l’enfant? demanda Daragane. Vous avez eu des nouvelles de l’enfant?
– Aucune. Je me suis souvent demandé ce qu’il était devenu… Quel drôle de départ dans la vie…
– Ils l’avaient certainement inscrit à une école…
– Oui. À l’école de la Forêt, rue de Beuvron. Je me souviens avoir écrit un mot pour justifier son absence à cause d’une grippe.
– Et à l’école de la Forêt, on pourrait peut-être trouver une trace de son passage…
– Non, malheureusement. Ils ont détruit l’école de la Forêt il y a deux ans. C’était une toute petite école, vous savez…»

Ce que j’en pense
***

S’agissant de Patrick Modiano, Prix Nobel de littérature, on serait tenté de dire que chacun de ses livres est abondamment commenté par les critiques et qu’il n’est guère besoin d’en rajouter. Il me semble pourtant que la plupart des articles que j’ai lu sur son dernier roman puisent dans la même encre: ils se contentent souvent de dire que Modiano fait du Modiano, qu’il écrit toujours le même livre? Que «Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier», ressasse jusqu’à la perfection les thèmes et la fameuse musique modianesques. Ce n’est certes pas faux, mais cela occulte d’après moi l’aspect le plus passionant de ce 28e opus, à savoir celui de la technique littéraire.
En lisant ce livre on comprend en effet très bien comment Modiano travaille et pourquoi il lui aurait été très difficile d’écrire un autre livre. Prenons l’argument de départ, la perte de son carnet d’adresses par le narrateur, un romancier ayant une certaine notoriété. Comme il n’a guère l’usage de ce carnet, il est surpris qu’on puisse l’appeler pour lui rendre. L’écrivain a alors deux possibilités. Il peut envisager d’une part que cette personne veuille simplement lui rendre service, mais alors l’histoire s’arrête là. Reste alors la seconde possibilité: que la personne profite de sa découverte pour tenter de s’immiscer dans sa vie. C’est évidemment ce qui arrive. Son interlocuteur devient du coup un importun qui tente de s’inscruster. Il affirme connaître l’une des personnes mentionnées dans le carnet et veut en savoir plus. Il est aussi assez malin pour intégrer sa compagne dans le jeu, histoire de ne pas concentrer sur lui les foudres du romancier.
Voilà du coup l’écrivain pris au piège: il n’a pas d’autre choix que de s’interroger sur ce qu’il sait de cette personne. Pourquoi ce nom figure-t-il dans son carnet? Comment se sont-ils connus? Quelle place occupe encore le personnage dans sa vie? Et voilà l’écheveau des souvenirs qui se déroule…
Les lieux, les personnes, les objets, les odeurs. Et cette bataille entre ce qui a vraiment existé et ce que l’imagine en a fait. Du coup, il est bien secondaire de savoir si ce garage a bien existé à tel endroit où si ce restaurant comporte bien une arrière-salle. Non, ce qui compte, c’est bien la musique qui se dégage de ces pages, symphonie toujours inachevée, mais que l’on conserve longtemps en tête après avoir refermé le livre.

Autres critiques
Babelio
Telerama
Le Figaro
L’Express
Les Inrocks
Libération

Citations
« Cet après-midi de l’année dernière, le 4 décembre 2012 – il avait noté la date sur son carnet – , l’embouteillage se prolongeait et il demanda au chauffeur de taxi de prendre à droite la rue Coustou. Il s’était trompé quand il croyait voir de loin l’enseigne du garage, puisque le garage avait disparu. Et aussi, sur le même trottoir, la devanture de bois noir du Néant. Des deux côtés, les façades des immeubles paraissaient neuves, comme recouvertes d’un enduit ou d’une pellicule de cellophane d’un blanc qui avait effacé les fissures et les taches du passé. Et, derrière, en profondeur, on avait dû se livrer à une taxidermie qui achevait de faire le vide. Rue Puget, un mur blanc remplaçait les boiseries et le vitrail de l’Aero, de ce blanc neutre couleur de l’oubli. Lui aussi, pendant plus de quarante ans, il avait fait un blanc sur la période où il écrivait ce premier livre et sur l’été où il se promenait seul avec dans sa poche la feuille pliée en quatre : POUR QUE TU NE TE PERDES PAS DANS LE QUARTIER. »

A propos de l’auteur
L’académie suédoise a décerné, le 9 octobre 2014, le prix Nobel de littérature à Patrick Modiano « pour son art de la mémoire avec lequel il a évoqué les destinées humaines les plus insaisissables et dévoilé le monde de l’Occupation».
Patrick Modiano est né à Boulogne-Billancourt le 30 juillet 1945. Il passe son enfance dans divers pensionnats à Biarritz, Jouy-en-Josas et en Haute-Savoie. Ses parents étant souvent absents, il est très tôt livré à lui-même. Il entretient ainsi des rapports privilégiés avec son jeune frère Rudy, qui disparaît à l’âge de dix ans. Ce drame hantera son œuvre. Il termine ses études à Paris au lycée Henri-IV et passe son baccalauréat. Il ne fait pas d’études universitaires et se consacre directement à l’écriture. Patrick Modiano compte à cette époque, parmi ses proches amis, l’écrivain Raymond Queneau, qui sera témoin à son mariage. Il poursuit une quête d’identité à travers un passé douloureux ou énigmatique dès son premier livre La Place de l’étoile paru en 1968. Il a reçu le prix Goncourt en 1978 pour Rue des boutiques obscures . Auteur d’une vingtaine de romans et de recueils de nouvelles chez Gallimard, il a coécrit les scénarios de Lacombe Lucien de Louis Malle et de Bon voyage de Jean-Paul Rappeneau. Il est également l’auteur de Catherine Certitude , illustré par Sempé et publié en 1988, aux Éditions Gallimard Jeunesse.
Patrick Modiano a reçu le Grand prix national des Lettres (1996), le Grand prix de littérature Paul-Morand (2000) et le Prix mondial Cino Del Duca pour l’ensemble de son œuvre (2010). [Source: Editions Gallimard]

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Terminus Belz

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Terminus Belz
Emmanuel Grand
Liana Levi
Roman
Littérature française
ISBN: 9782867467066
Paru en janvier 2014
Version poche (coll. Points)
ISBN: 2757842811
Paru en janvier 2015

Où?
L’action se déroule en Ukraine, Roumanie, Paris et banlieue, Marseille et principalement sur l’île bretonne de Belz.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Il s’appelle Marko Voronine. Il est en danger. La mafia le poursuit. Il croit trouver refuge sur Belz, une petite île bretonne au large de Lorient coupée de tout sauf du vent. Mais quand le jeune Ukrainien débarque du ferry, l’accueil est plutôt rude. Le métier du grand large en a pris un coup, l’embauche est rare sur les chalutiers et les marins rechignent à céder la place à un étranger. Et puis de curieuses histoires agitent en secret ce port de carte postale que les locaux appellent «l’île des fous». Les hommes d’ici redoutent par-dessus tout les signes de l’Ankou, l’ange de la mort, et pour Marko, les vieilles légendes peuvent se montrer aussi redoutables que les flingues de quelques tueurs roumains.
Tricotant avec brio un huis clos inquiétant et une course-poursuite haletante, Emmanuel Grand mène son thriller d’est en ouest à un train d’enfer.

Ce que j’en pense
****
Un univers à la Conrad qui rencontrerait le meilleur des thrillers, voilà qui fait de ce premier roman une excellente surprise. Vous auriez tort de passer à côté! Tout commence en Ukraine où la pègre règne ses différends avec d’autant plus de violence qu’elle se sait quasiment en impunité. Marko, qui en a été la victime, tente de fuir ce pays gangrené avec plusieurs compatriotes. Mais leur voyage vers l’occident tourne mal et ils se retrouvent avec un tueur à leurs trousses.
Les hasards conduisent alors Marko sur l’île de Belz où l’on recherche un marin pêcheur. Un dur métier l’attend, mais aussi une communauté fermée qui l’accueille avec méfiance. Quand un cadavre est retrouvé sur la plage affreusement mutilé, il n’imagine pas d’autre solution que la fuite. Mais déjà tous les contrôles sont en place.
Avec l’aide de son patron, un libraire, une institutrice, le prêtre et un marginal il va pourtant réussir à échapper à la traque des policiers. Mais d’autres périls le guettent, d’autant que le tueur a déjà Réussi à retrouver et à abattre ses compagnons d’infortune. Et puis, il y a ces légendes bretonnes qui ont la vie tellement dure qu’elles ne peuvent pas être simplement des histoires à raconter à la veillée pour faire peur aux enfants. Pour un premier roman Emmanuel Grand réussit le tour de force d’entraîner son lecteur dans un roman construit diaboliquement grâce à la mise en parrallèle de l’histoire de Marko et de ses compagnons d’infortune, de celle de son chasseur et de celle de l’inspecteur de police chargé d’élucider le crime de l’île de Belz. Si vous commencez ce livre, je parie que vous n’aurez qu’une envie: Vouloir en connaître l’épilogue.

Autres critiques
Babelio
Telerama
Encore du noir
Blog L’Express
RTL (Laissez-vous tenter)

Citations

« L’île de Belz était donc sa nouvelle destination. Il fallait une bonne dose de culot pour aller se réfugier sur une île et c’était précisément ce qui lui plaisait. Avec le souk qu’ils avaient mis sur l’autoroute, ses compagnons et lui auraient rapidement toute la mafia roumaine aux fesses. Et s’ils les retrouvaient, il y avait peu de chance qu’ils aient droit à un bouquet de fleurs. Il avait retourné le problème dans tous les sens et était bien obligé de constater qu’il était pris dans une nasse, qui, un jour ou l’autre, remonterait à la surface. Il n’y avait qu’une seule issue : se faire tout petit, tout mince, et, le jour venu, il pourrait peut-être passer à travers les mailles. »

A propos de l’auteur
Emmanuel Grand, né à Versailles en 1966, a passé son enfance en Vendée, à vingt kilomètres de la côte atlantique. Aujourd’hui, il vit en région parisienne, à Colombes. Il est responsable du design du site web d’un grand opérateur téléphonique. Terminus Belz est son premier roman. Il a été cédé à l’étranger avant même sa parution en France. [Source: Editions Liana Levi]
Site personnel:

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Parce que je t’aime

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Parce que je t’aime
Guillaume Musso
XO Editions
Roman
Littérature française
ISBN Papier: 978284563360
Paru le: 01.04.2007

Où?
L’action se déroule aux Etats-Unis, principalement à New York (Manhattan), à Las Vegas et à Los Angeles.
 
Quand?
Le roman est situé en 2006.
 
Ce qu’en dit l’éditeur
Layla, une petite fille de cinq ans, disparaît dans un centre commercial de Los Angeles. Ses parents, brisés, finissent par se séparer. Cinq ans plus tard, elle est retrouvée à l’endroit exact où on avait perdu sa trace. Elle est vivante, mais reste plongée dans un étrange mutisme.
À la joie des retrouvailles, succèdent alors les interrogations. Où était Layla pendant cette période ? Avec qui ?
Et surtout : pourquoi est-elle revenue ?
Une histoire d’amour envoûtante.
Un livre profondément humain qui nous plonge dans le mystère et le suspense.
Un dénouement que vous n’oublierez pas.
 
Ce que j’en pense
***

Pour tous ceux qui aiment chercher dans la littérature un moment pour s’évader du quotidien en se plongeant dans un ouvrage qui se lit facilement, alors il n’y a pas à hésiter. L’histoire de ce couple dont la fille a disparu est habilement menée. Le mari ne se remet pas de cette perte au point de quitter son existence aisée pour sombrer dans une sorte d’errance cathartique, l’épouse cherche à compenser le vide en se jetant à corps perdu dans la musique. Mais un fait divers banal, une tentative de vol à la tire, leur permet de se retrouver. Quelques jours plus tard, on leur annonce que leur fille a été retrouvée. Entre l’exploration de leur passé, des rencontres forcément déterminantes et le dévoilement progressif de l’intrigue ­– qu’il ne faut surtout pas dévoiler – on se laisse prendre au jeu. Même si quelquefois les ficelles sont un peu grosses, le plaisir de la lecture l’emporte.
 
Autres critiques
Babelio

Citations
« Décembre 2006. C’est le soir de Noël, au coeur de Manhattan…
La neige tombe sans relâche depuis le matin. Engourdie par le froid, la «ville qui ne dort jamais» semble tourner au ralenti, malgré une débauche d’illuminations.
Pour un soir de réveillon, la circulation est étonnamment fluide, la couche de poudreuse et les épaisses congères rendant difficile le moindre déplacement.
À l’angle de Madison Avenue et de la 36e Rue, les limousines se succèdent pourtant à un rythme soutenu. Elles déversent leurs occupants sur le parvis d’une belle demeure de style Renaissance, siège de la Morgan Library, l’une des plus prestigieuses fondations culturelles de New York, qui fête aujourd’hui son centenaire.
Sur le grand escalier, c’est un tourbillon de smokings, de robes somptueuses, de fourrures et de bijoux. La foule converge vers un pavillon de verre et d’acier qui prolonge le bâtiment pour l’ancrer de façon harmo­nieuse dans le XXIe siècle. Au dernier étage, un long corridor mène à une vaste pièce où, derrière des vitrines, sont exposés quelques-uns des trésors de l’institution : une bible de Gutenberg, des manuscrits enluminés du Moyen Âge, des dessins de Rembrandt, Léonard de Vinci et Van Gogh, des lettres de Voltaire et d’Einstein, et même un bout de nappe en papier sur lequel Bob Dylan a écrit les paroles de Blowin’ in the Wind.
Progressivement, le silence se fait, les retardataires gagnent leur siège. Ce soir, une partie de la salle de lecture a été spécialement aménagée pour permettre à quelques privilégiés d’entendre la violoniste Nicole Hathaway interpréter des sonates de Mozart et de Brahms.
La musicienne entre en scène sous les applaudissements. C’est une jeune femme d’une trentaine d’années, à l’allure chic et sage. Son chignon à la Grâce Kelly lui donne des airs d’héroïne hitchcockienne. Acclamée sur les scènes internationales, elle a joué avec les plus grands orchestres et, dès son premier disque enregistré lorsqu’elle avait seize ans, reçu d’innombrables récompenses. Cinq ans plus tôt, un drame a dévasté sa vie. La presse et la télévision s’en sont fait largement l’écho et, depuis, sa notoriété a dépassé le cercle des seuls mélomanes. »
 
A propos de l’auteur
Né en 1974, Guillaume Musso, passionné de littérature depuis l’enfance, commence à écrire alors qu’il est étudiant. Paru en 2004, son roman Et après… est vendu à plus de deux millions d’exemplaires. Cette incroyable rencontre avec les lecteurs fait de lui un des auteurs français favoris du grand public, traduit dans le monde entier, et plusieurs fois adapté au cinéma.
Fiche Wikipédia
Site personnel

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Crève-l’Amour

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Crève-l’Amour

Asa Lanova
Roman
Edition originale: L’Acropole
Réédité en 2006: Editions CamPoche (Bernard Campiche)
ISBN: 2882411677

Ce qu’en dit l’éditeur

Sorti en 1984, Crève-l’Amour, d’Asa Lanova, ressort en poche chez Campiche. On ne saurait trop vous conseiller de vite (re)découvrir l’itinéraire autobiographique d’Asa Lanova, adolescente et jeune femme suivie de près par la dépression qui décrit l’univers de la danse classique, l’éveil d’une femme, la vie de bohème et les grandes espérances d’une jeune artiste, de merveilles en désarroi. Une vibrante confession.

 Ce que j’en pense

****

Voilà un roman exutoire, un de ceux dont on sent sous la plume la nécessité d’exprimer les choses, de les rejeter même, de peur qu’elles ne vous étouffent. Il n’est plus nécessaire alors de faire la part d’autobiographie tant les lignes jaillissent de la vie et de ses épreuves. Comment raconter une enfance au bord du Léman faite de peines et d’angoisses plus que de bonheurs à la découverte de la vie et de son corps? comment parler de ses débuts de danseuse, de sa carrière et de ses coulisses? Comment dire les errements et les interrogations face à la mort et au rejet, à l’abandon? Comment? Avec une grâce indicible. Dire que l’on ressent le tourment du Crève-l’amour serait bien faible: on le partage. Asa Lanova ne s’est pas contentée de jeter ses souvenirs sur le papier, elle en a fait un exercice sans cesse recommencé. Travaillant sur son manuscrit comme la danseuse de ballet devant sa barre, elle a recommencé le mouvement et cherché l’harmonie, l’osmose entre l’écriture et les sentiments. Ce roman est une victoire sur le mal, l’oubli, la rémission et l’asphyxie.

Autres critiques

Postface à l’édition de poche et critiques

Citations

«Je sais maintenant que la panique qui, parfois, fait glisser le stylo de la main, que les sueurs putrides, la saignée à blanc, ne me lâcheront jamais complètement. Que je continuerais de voguer de rechute en rémission. Mais les mots me tendent leur renaissance, et cette grâce-ci, je ne la laisserai me fuir sous aucun prétexte».

A propos de l’auteur
Née à Lausanne, elle se passionne très jeune pour la danse classique. Elle deviendra rapidementa danseuse-étoile et travaillera à Paris sous la direction des maîtres tels que Préobrajenska, Kniaseff, Golovine et Béjart, dont elle sera la partenaire. Après quelques années de scènes, croyant avoir perdu la Grâce qui faisait d’elle une authentique ballerine, elle décide de mettre brutalement fin à sa carrière pour se retirer à la campagne. Cette retraite l’aménera tout d’abord au tissage haute lisse, puis à l’écriture. Outre un roman autobiographique, qui retrace l’itinéraire d’une danseuse-étoile, et son dur chemin vers l’écriture, son oeuvre dépeint avec sensualité les différents parcours de femmes en quête d’identité et de spiritualité. Les jeux de l’amour et de l’érotisme seront, au fil des livres, les composantes essentielles de ceux-ci. Après avoir passé plusieurs années à Alexandrie, elle vit aujourd’hui dans son pays natal.
Site Wikipédia de l’auteur

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L’Usage du Monde

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L’Usage du Monde

Nicolas Bouvier
Edition originale: Payot, Petite Bibliothèque Voyageurs, 1963.
Réédité par La Découverte, Paris 2014.
ISBN 2707179019

Ce qu’en dit l’éditeur

À l’été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d’histoire médiévale puis de droit, à bord se sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l’Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l’Iran, Kaboul puis la frontière avec l’Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l’expédition en dessins et croquis. Ces six mois de voyage à travers l’Anatolie, l’Iran puis l’Afghanistan donneront naissance à l’un des grands chefs-d’œuvre de la littérature dite « de voyage », L’Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard – et à compte d’auteur – aux éditions Droz, avant d’être repris par René Julliard en 1964. Après avoir connu un formidable succès, le livre était resté longtemps indisponible, avant de reparaître aux éditions La Découverte en 1985. Art de l’observation et du croquis, profond intérêt et curiosité insatiable pour les autres peuples, le voyageur n’est jamais en postition dominante, mais d’accueil, d’une ville à l’autre, passant par des villages qui, à l’époque, connaissaient encore le luxe de ne pas apparaître sur les cartes, comme ballotté au gré des éléments et des événements : « Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations », écrit-il dès les premiers jours du périple. Mais ce profond humanisme n’est pas pour autant un dilettantisme ; par son écriture serrée, toujours très retenue, d’une grande précision, économe de ses effets et ne jouant pas « à la littérature », il a réussi à atteindre ce à quoi peu d’écrivains autoproclamés sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l’émerveillement, en même temps qu’une réflexion éthique et morale sur une manière d’être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

Ce que j’en pense

*****
La longue marche de l’auteur ne s’est pas déroulée en Chine, mais d’Europe en Orient. De Yougoslavie au Pakistan en traversant la Grèce, la Turquie, l’Iran et l’Afghanistan, il a mis 18 mois, de juin 1953 à décembre 1954. Et si ce périple a depuis inspiré beaucoup de routards, il ne ressemble en rien à un guide. Ou plutôt si, c’est le guide des guides, celui qui donne la philosophie du voyage exprimée dès l’avant-propos : Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. En prenant le pas du marcheur, on voit d’abord le monde avec des yeux différents, on sent les choses, on entend les bruits. On est obligé d’être curieux et cette curiosité vous permet d’apprendre des milliers de choses, même quand vous ne comprenez pas la langue des autochtones. Lisez ou relisez ce livre, vous y découvrirez notamment des clés pour comprendre l’évolution géopolitique de ces pays. Plus de soixante ans après, c’est très étonnant.

Lien Wikipedia de l’ouvrage

Autres critiques
Babelio

A propos de l’auteur
Né le 6 mars 1929 au Grand Lancy/GE, Nicolas Bouvier a décroché une licence en Droit suivie d’une licence en Lettres à l’université de Genève avant de parcourir le monde et de faire du voyage toute sa vie, même si officiellement sa profession est iconographe et journaliste indépendant. Avec L’Usage du Monde, il publie le livre culte du bourlingueur qui ne veut pas bourlinguer idiot. Tantôt présenté comme journal, tantôt comme récit de voyage, il préfère dire qu’il écrit des feuilles de route, comme le faisaient les bonzes itinérants japonais et les moines chinois. Après Japon (1967) et Chronique japonaise (1975), il écrira un livre sur 25 ans de télévision romande, puis Le Poisson-scorpion (1981) qui retrace un voyage à Ceylan et sera couronné par le Prix Schiller. L’année suivante, il fera paraître un recueil de poèmes, Le dehors et le dedans. Avant de publier Le Journal d’Aran et d’autres lieux (1990), il avait fait le portrait d’une dynastie de photographes : Les Boissonas (1983). Nicolas Bouvier est mort le le 17 février 1998. Il est inhumé à Cologny près de Genève.

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Mary Shelley

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Mary Shelley, du monstre au sublime
Nicole Berry
Editions L’Age d’Homme

L’autre visage de Mary
Il aura fallu attendre plus de deux siècles après sa naissance pour constater que Mary Shelley n’avait pas écrit que Frankenstein.
Nicole Berry, biographe de Mary Shelley, mais aussi traductrice littéraire, nous aura permis de découvrir l’autre visage de cette anglaise passée dans la postérité pour avoir écrit Frankenstein ou le Prométhée moderne (à Genève en 1817-18). Fille naturelle de l’utopiste Godwin, elle s’éprend d’un écrivain romantique, Percy Bysshe Shelley. Avec lui, elle gagnera la Suisse, où le couple rencontrera Byron. Ce sera le début d’une amitié et surtout de l’un des trios les plus féconds de l’école romantique anglaise. Qui trouvera en Italie la terre la plus propice à son œuvre.
Jusqu’à son tragique accident de 1822 dans le golfe de la Spezia, où il meurt noyé, Percy bénéficiera des conseils et même de écrits de Mary, à tel point qu’il est impossible de démêler aujourd’hui la part prise par l’un ou l’autre. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la demi-douzaine d’ouvrages qui suit démontre que cette femme est l’un des auteurs majeurs de cette école romantique anglaise. Avec Valperga, c’est le vent de l’épopée qui emporte le lecteur. Derrière Castruccio Castracani del Antelminelli, seigneur de Lucca, on parcourt les paysages de Toscane durant cette époque troublée des guerres entre Guelfes et Gibelins. Si l’on sent que l’auteur à lu Dante, Boccace et Machiavel, c’est avant tout l’esprit de Roméo et Juliette qui souffle sur ce livre.

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Le Retour

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Le Retour
Robert Goddard
Editions Sonatine
Roman
Littérature étrangère
ISBN Papier: 9782355842809
ISBN Numérique: 9782355843235
Paru le: 28.08.14

Où?
L’action se déroule notamment dans les Cornouailles, dans la forêt de Bishop (vallée de l’Allen), à Truro, à Weybridge, à la pointe extrême Sud-Ouest de Grande-Bretagne, et à Londres (Chelsea, Battersea Park).

Quand?
Le roman est situé en 1981.

Ce qu’en dit l’éditeur
Cornouailles, 1981. Chris Napier revient pour la première fois depuis des années à Tredower House, le domaine familial, acquis entre les deux guerres par son grand-oncle Joshua, pour assister au mariage de sa nièce. Au beau milieu de la cérémonie, Nick Lanyon, l’ami d’enfance de Chris, fait irruption et annonce, à la surprise de tous, que son père, Michael Lanyon, exécuté pour avoir commandité le meurtre de Joshua en 1947, était innocent. Il en a la preuve. Le lendemain, on retrouve Nick pendu. Par fidélité envers son ami, et pour dissiper des silences et des zones d’ombre qui depuis trop longtemps hantent sa famille, Chris décide de faire la lumière sur l’assassinat de son grand-oncle. Mais il y a des secrets qu’il est parfois bon de laisser en sommeil et Chris est loin de se douter des dangers qu’il encourt en exposant ainsi la légende familiale à la lumière de la vérité.
Après Par un matin, d’automne, Heather Mallander a disparu et Le Secret d’Edwin Stafford, Robert Goddard nous offre avec ce roman inédit en France une nouvelle saga familiale à l’épaisseur romanesque exceptionnelle. Avec une intrigue toujours aussi palpitante, aux multiples coups de théâtre, et une profonde empathie pour ses personnages, l’auteur revient ici à son thème de prédilection : comment les secrets de famille influent sur les générations suivantes. Indispensable.

Ce que j’en pense
****
Un roman dense construit sur la technique de l’oignon. Au fil des chapitres, on découvre des éléments qui permettent de comprendre pourquoi Nick, l’ami de Chris Napier, le narrateur, a mis fin à ses jours. Les secrets de famille se dévoilent les uns après les autres. On serait tenté de dire que le drame prend au fil des pages de plus en plus d’ampleur.
Après une entrée en matière un peu touffue et qui pourra en rebuter plus d’un, on ne lâchera plus ce suspense jusqu’à la fin.

Autres critiques
Babelio
Un polar
Salon littéraire
Le Temps
On l’a lu

Citations
«Je baisse la fenêtre et me coupe du bruit extérieur. Mais pas de mes souvenirs. Ils affluent et m’entourent tandis que je traverse lentement la chambre et vais me coucher sur le lit où je ferme les yeux afin de mieux les affronter. Je ne vais nulle part. Je ne m’enfuis pas. J’ai jusqu’à demain pour les revivre tous. Il le faut. Avant de prendre une décision.»

«Vivre dans le passé. Cette phrase est toujours employée de façon péjorative., comme si le passé était nécessairement inférieur au futur, ou en tout cas moins important […] Mais la vérité, c’est que nous vivons bel et bien dans le passé, que ça nous plaise ou non. C’est là que notre vie prend forme. Quelque part devant nous, près ou loin, c’est la fin. Mais derrière, enveloppé dans les nuages de l’oubli, se trouve le commencement.»

A propos de l’auteur
Robert Goddard vit en Cornouailles. Il a publié vingt-trois romans depuis 1986. Son oeuvre connaît un grand succès en Angleterre et aux États-Unis.
Fiche Wikipédia

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Liaisons

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Bienvenue sur mon blog littéraire! Mon but est de vous faire découvrir sans exclusive les livres que j’ai aimé. Littérature française et étrangère contemporaine avec des détours par quelques classiques, thrillers et polars, bande dessinée, voire quelques essais trouveront au fil des jours place sur ce site. N’hésitez pas à revenir régulièrement!
La seconde partie de ce site sera consacrée à mon travail d’écrivain. Je vous ferai vivre au jour le jour le processus de création et l’accueil qui sera réservé à mon premier roman né… d’une lecture. En refermant Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos, j’ai essayé d’imaginer qui pourraient être aujourd’hui Valmont, la Marquise de Merteuil et tous les autres personnages. Le monde des médias m’a paru particulièrement adapté. Les ambitieux y sont légion et leurs rivalités n’ont rien à envier à celles de leurs glorieux aînés. N’hésitez pas à découvrir les premières pages de ce livre et à me dire ce que vous en pensez.