L’Usage du Monde

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L’Usage du Monde

Nicolas Bouvier
Edition originale: Payot, Petite Bibliothèque Voyageurs, 1963.
Réédité par La Découverte, Paris 2014.
ISBN 2707179019

Ce qu’en dit l’éditeur

À l’été 1953, un jeune homme de 24 ans, fils de bonne famille calviniste, quitte Genève et son université, où il suit des cours de sanscrit et d’histoire médiévale puis de droit, à bord se sa Fiat Topolino. Nicolas Bouvier a déjà effectué de courts voyages ou des séjours plus long en Bourgogne, en Finlande, en Algérie, en Espagne, puis en Yougoslavie, via l’Italie et la Grèce. Cette fois, il vise plus loin : la Turquie, l’Iran, Kaboul puis la frontière avec l’Inde. Il est accompagné de son ami, Thierry Vernet, qui documentera l’expédition en dessins et croquis. Ces six mois de voyage à travers l’Anatolie, l’Iran puis l’Afghanistan donneront naissance à l’un des grands chefs-d’œuvre de la littérature dite « de voyage », L’Usage du monde, qui ne sera publié que dix ans plus tard – et à compte d’auteur – aux éditions Droz, avant d’être repris par René Julliard en 1964. Après avoir connu un formidable succès, le livre était resté longtemps indisponible, avant de reparaître aux éditions La Découverte en 1985. Art de l’observation et du croquis, profond intérêt et curiosité insatiable pour les autres peuples, le voyageur n’est jamais en postition dominante, mais d’accueil, d’une ville à l’autre, passant par des villages qui, à l’époque, connaissaient encore le luxe de ne pas apparaître sur les cartes, comme ballotté au gré des éléments et des événements : « Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations », écrit-il dès les premiers jours du périple. Mais ce profond humanisme n’est pas pour autant un dilettantisme ; par son écriture serrée, toujours très retenue, d’une grande précision, économe de ses effets et ne jouant pas « à la littérature », il a réussi à atteindre ce à quoi peu d’écrivains autoproclamés sont parvenus : un pur récit de voyage, dans la grande tradition de la découverte et de l’émerveillement, en même temps qu’une réflexion éthique et morale sur une manière d’être au monde parmi ses contemporains, sous toutes les latitudes.

Ce que j’en pense

*****
La longue marche de l’auteur ne s’est pas déroulée en Chine, mais d’Europe en Orient. De Yougoslavie au Pakistan en traversant la Grèce, la Turquie, l’Iran et l’Afghanistan, il a mis 18 mois, de juin 1953 à décembre 1954. Et si ce périple a depuis inspiré beaucoup de routards, il ne ressemble en rien à un guide. Ou plutôt si, c’est le guide des guides, celui qui donne la philosophie du voyage exprimée dès l’avant-propos : Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. En prenant le pas du marcheur, on voit d’abord le monde avec des yeux différents, on sent les choses, on entend les bruits. On est obligé d’être curieux et cette curiosité vous permet d’apprendre des milliers de choses, même quand vous ne comprenez pas la langue des autochtones. Lisez ou relisez ce livre, vous y découvrirez notamment des clés pour comprendre l’évolution géopolitique de ces pays. Plus de soixante ans après, c’est très étonnant.

Lien Wikipedia de l’ouvrage

Autres critiques
Babelio

A propos de l’auteur
Né le 6 mars 1929 au Grand Lancy/GE, Nicolas Bouvier a décroché une licence en Droit suivie d’une licence en Lettres à l’université de Genève avant de parcourir le monde et de faire du voyage toute sa vie, même si officiellement sa profession est iconographe et journaliste indépendant. Avec L’Usage du Monde, il publie le livre culte du bourlingueur qui ne veut pas bourlinguer idiot. Tantôt présenté comme journal, tantôt comme récit de voyage, il préfère dire qu’il écrit des feuilles de route, comme le faisaient les bonzes itinérants japonais et les moines chinois. Après Japon (1967) et Chronique japonaise (1975), il écrira un livre sur 25 ans de télévision romande, puis Le Poisson-scorpion (1981) qui retrace un voyage à Ceylan et sera couronné par le Prix Schiller. L’année suivante, il fera paraître un recueil de poèmes, Le dehors et le dedans. Avant de publier Le Journal d’Aran et d’autres lieux (1990), il avait fait le portrait d’une dynastie de photographes : Les Boissonas (1983). Nicolas Bouvier est mort le le 17 février 1998. Il est inhumé à Cologny près de Genève.

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