Trente-six chandelles

ROGER_trente-six_chandelles

Trente-six chandelles
Marie-Sabine Roger
Editions du Rouergue
Roman
280 p., 20 €
ISBN: 9782812606816
Paru en août 2014

Où?
Le roman se situe à Paris, avec un court voyage à Rennes et un long voyage à New-York.

Quand?
L’action est située de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Mortimer s’est préparé à mourir le jour de ses 36 ans, comme cela a été le cas pour tous ses ascendants mâles. Il a quitté son travail, rendu son appartement et vendu sa voiture, mais la malédiction ne s’abat pas sur lui. Que reste-t-il à faire, lorsque la mort attendue ne vient pas ? Il faut apprendre à vivre vraiment ! Après ses précédents succès, notamment La tête en friche et Bon rétablissement, tous deux adaptés au cinéma par Jean Becker, Marie-Sabine Roger revient avec un roman plein d’humanité, aux personnages émouvants, croqués avec humour et justesse. Une belle réflexion sur le sens de la vie !

Ce que j’en pense
****

Un livre sur la mort qui met de bonne humeur, à moins qu’il ne s’agisse d’un livre sur la vie et la façon que nous avons de la gérer… Marie-Sabine Roger a cet art délicat de raconter des histoires profondes sans en avoir l’air, avec un humour construit sur l’absurdité de quelques situations et quelques métaphores bien senties.
L’histoire de Mortimer Decime commence alors qu’il s’apprête à mourir. Une malédiction familiale a, en effet, depuis l’arrière-grand-père, conduit tous les hommes aux trépas à 36 ans le jour de leur anniversaire.
Mais à l’heure fatidique, Paquita, sa meilleure amie vient lui proposer de prendre un café. L’heure tourne et la fin redoutée n’arrive pas.
Une rémission qui soulève bien des questions et entraîne Mortimer dans une sorte d’enquête pour découvrir le pourquoi du comment. Car désormais il a la vie devant lui, même s’il a bien pris soin de rendre son appartement, vendre sa voiture, quitter son emploi. Nassardine et Paquita ont bien une hypothèse. S’il n’est pas mort, c’est qu’il n’est pas le fils de son père. Mais ils font fausse route, comme sa tante va le lui révéler. On comprend alors que « Les secrets de famille sont de noires araignées qui tissent autour de nous une toile collante. Plus le temps passe, plus on est ligoté, bâillonné, serré dans une gangue. Incapable de bouger, de parler. D’exister. » Et que pour s’en sortir, il faut essayer de s’émanciper de ce passé. C’est ce que Mortimer va parvenir à faire après quelques épisodes loufoques et plus de deux ans de tergiversation. Mais peut être faut-il tout de temps pour se rendre qu’il y a quelqu’un qui vous attend quelque part. Voilà en tout cas une belle pilule anti-déprime !

Autres critiques
Babelio
L’Express
Le choix des libraires

Citations
« Je m’étais levé plus tôt que d’habitude. Six heures du matin. La journée était importante, et je savais déjà que je n’irais pas jusqu’au bout.
Je suis allé chercher des croissants à la boulangerie, je me suis fait un café. J’ai regardé mes albums de photos. J’ai repassé un petit coup de chiffon inutile sur ma cuisinière impeccable, j’ai essayé de regarder un film, de lire, sans succès. J’ai consulté deux cents fois la pendule. C’est curieux comme le temps semble se ralentir, à l’approche d’un rendez-vous. Les heures deviennent visqueuses, s’étirent en minutes élastiques et gluantes comme un long fil de bave sous la gueule d’un chien. J’attendais ce moment final depuis tellement longtemps. Je n’irai pas jusqu’à dire que je m’en faisais une fête, mais j’étais curieux de savoir ce qui allait se passer. J’étais simplement contrarié que ça se passe ici. Au cours des dernières années, j’avais échafaudé mille projets insolites ou grandioses : tirer ma révérence au fin fond de la Chine, dans une fumerie d’opium ; chez les Aborigènes, au son mélancolique d’un vieux didgeridoo. Sur les pentes d’un volcan. Dans les bras de Jasmine, en plein cœur de Manhattan. Je n’avais rien fait de tout ça, évidemment. En bon procrastinateur que je suis, j’avais perdu mon temps à remettre au lendemain le choix de ma destination finale. Résultat, je n’avais pris aucune décision, et je mourrais chez moi, comme n’importe qui. Cette ultime matinée était très décevante, il me tardait d’en voir la fin. » (p. 13-14)

« Pourtant, grâce à Bubulle, mon poisson rouge, j’avais été très jeune confronté à la mort. Je devais avoir dans les quatre ou cinq ans lorsqu’un matin, je l’avais retrouvé en train de faire la planche au milieu de son bocal. J’avais eu beau lui faire la respiration artificielle avec une paille, ça n’avait rien donné du tout.
Bubulle était cassé.
Je l’avais apporté à mon père, persuadé qu’il pouvait le refaire marcher, car il était très bricoleur. Mon père l’avait considéré d’un oeil trouble, avant de conclure :
– Il est mort, ton poisson.
J’avais demandé:
– Ça va durer longtemps?
Il avait répondu:
– Ça va durer toujours.
Puis il l’avait jeté dans les toilettes – soi-disant qu’il allait retourner à la mer. J’avais regardé Bubulle partir dans le tourbillon de la chasse. Mourir, c’était donc ça: un truc définitif et plutôt emmerdant. » (p. 93-94)

A propos de l’auteur
Née en 1957 près de Bordeaux, Marie-Sabine Roger vit désormais en Charente. Depuis quinze ans, elle se consacre entièrement à l’écriture.
Auteur jeunesse important, avec plus d’une centaine de livres à son actif, elle accède à la notoriété en littérature générale avec La Tête en friche, publié en 2008 dans la brune, adapté au cinéma par Jean Becker, avec Gérard Depardieu dans le rôle principal. Son deuxième titre publié au Rouergue, Vivement l’avenir(2010), a obtenu le prix des Hebdos en région et le prix Handi-livres, son troisième, Bon rétablissement, a reçu le prix des lecteurs de l’Express. (Source : pagedeslibraires.fr)
Site Wikipédia de l’auteur

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