Le Tabac Tresniek

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Le Tabac Tresniek
Robert Seethaler
Sabine Wespieser Editeur
Roman
256 p., 20 €
ISBN: 9782848051673
Paru en octobre 2014

Où?
Le roman est situé en Autriche, principalement à Vienne, avec des réminiscences à Nussdorf, le village natal du narrateur dans le Salzkammergut.

Quand?
L’action se déroule principalement de 1937 à 1939. Les dernières pages se situant dans l’immédiat après-guerre.

Ce qu’en dit l’éditeur

En août 1937, le jeune Franz Huchel quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession. Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente.
Si les rumeurs de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement l’éducation politique du montagnard mal dégrossi, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire. Ne sachant à quel saint se vouer avec Anezka, la jeune artiste de cabaret dont il est éperdument amoureux, il va chercher conseil auprès du « docteur des fous », Sigmund Freud en personne, client du tabac et grand fumeur de havanes, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, le professeur va finir par céder à l’intérêt tenace que lui témoigne ce garçon du peuple, vif et curieux.
Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié. Otto Tresniek, peu disposé à boycotter sa clientèle juive, s’attire les foudres de la Gestapo, tandis que Freud se résigne à émigrer en Angleterre.
Par la grâce d’une langue jubilatoire, d’une intrigue où la tension ne se relâche pas, et de personnages forts et attachants, voici un roman qui se lit d’un trait. L’humour viennois d’Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, plein de vie et de poésie, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.

Ce que j’en pense
****

On pourrait résumer ce roman d’initiation à la rencontre entre un jeune Autrichien et Sigmund Freud à Vienne en 1937. Ce serait toutefois s’en tenir à l’anecdote et oublier l’incroyable densité dramatique de ce récit qui, comme le souligne l’éditeur, se lit d’un seul trait.
On s’attache en effet très vite au jeune Franz Huchel, orphelin de père et que sa mère décide d’envoyer à Vienne en apprentissage chez le buraliste juif Otto Tresniek. C’est au contact de ce vieil homme bourru qu’il va faire bien plus que l’apprentissage du métier de buraliste. Il va faire l’apprentissage de la vie, découvrir les plaisirs et les affres de l’amour. Mais, même au sommet de la grande roue du Prater, il ne pourra échapper aux soubresauts de l’Histoire. L’ex-peintre en bâtiment autrichien qui vient de conquérir la chancellerie allemande est de plus en plus menaçant et le pantin qui gouverne à Vienne ne fera rien de plus que de se coucher face à la montée des périls.
Quand la police vient arrêter son patron et que ce dernier succombe aux traitement que ses tortionnaires lui font subir, il va se retrouver d’un jour à l’autre en charge de l’établissement.
Quant au célèbre psychanalyste, client du tabac Tresniek, il va se prendre d’affection pour le jeune homme épris de découvertes et soucieux de comprendre comment fonctionne ce monde. Mais le vieil homme ne pourra l’accompagner que durant quelques mois, car la pression sur lui et sa famille se fait de plus en plus forte. Il n’aura vite guère d’autre choix que de fuir. Voilà à nouveau Franz seul face à son destin. A la lumière de sa correspondance avec sa mère, on suit les étapes de son développement intellectuel et on aimerait lui insuffler la phrase de Nietzche : « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort » pour être sûr que son avenir sera heureux.
Avec beaucoup de brio Robert Seethaler parvient à peindre cette époque troublée et à rendre compte de la tension qui régnait alors et qui broyait les êtres dans une sorte d’indifférence. Un roman pour ne jamais oublier, mais surtout pour prendre conscience de la fragilité de nos démocraties.

Autres critiques
Babelio
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Le Monde
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Le Figaro Magazine

Citations
« Un dimanche de la fin de l’été 1937, s’abattit sur le Salzkammergut un orage d’une violence inhabituelle, qui allait amener dans la petite vie tranquille de Franz Huchel un revirement aussi décisif qu’inattendu. Aux premiers grondements du tonnerre dans le lointain, Franz avait couru se réfugier dans la cabane de pêcheur qu’il occupait avec sa mère à Nussdorf, un village situé au bord de l’Attersee. Tapi dans la chaleur de la couette, il épiait du fond de son lit le vacarme terrifiant des éléments déchaînés. La tempête ébranlait la cabane de toute part. Les poutres gémissaient, les volets claquaient et les bardeaux moussus clapotaient bruyamment sur le toit. Les rafales de vent jetaient une pluie cinglante contre les vitres, devant lesquelles une poignée de géraniums décapités se noyait dans ses bacs. »

A propos de l’auteur
Robert Seethaler, 46 ans, également acteur et scénariste, vit entre Vienne et Berlin. Le Tabac Tresniek, son quatrième roman, a remporté dans les pays germanophones un grand succès. À l’automne paraîtra à Berlin son nouveau livre, Une vie entière, que publiera également Sabine Wespieser éditeur, à l’horizon 2015. (Source : Sabine Wespieser Editeur)

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