Entre mes mains le bonheur se faufile

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Entre mes mains le bonheur se faufile

Agnès Martin-Lugand
Michel Lafon
Roman
333 p., 16,95 €
ISBN: 9782749922096
Paru en juin 2014
Version poche parue en mai 2015

Où?
L’action se situe principalement à Paris et dans une ville de province qui n’est pas nommée, située à trois heures de distance.

Quand?
Le roman se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Depuis l’enfance, Iris a une passion pour la couture. Dessiner des modèles, leur donner vie par la magie du fil et de l’aiguille, voilà ce qui la rend heureuse. Mais ses parents n’ont toujours vu dans ses ambitions qu’un caprice : les chiffons, ce n’est pas « convenable ». Et Iris, la mort dans l’âme, s’est résignée.
Aujourd’hui, la jeune femme étouffe dans son carcan de province, son mari la délaisse, sa vie semble s’être arrêtée. Mais une révélation va pousser Iris à reprendre en main son destin. Dans le tourbillon de Paris, elle va courir le risque de s’ouvrir au monde et faire la rencontre de Marthe, égérie et mentor, troublante et autoritaire…
Portrait d’une femme en quête de son identité, ce roman nous entraîne dans une aventure diabolique dont, comme son héroïne, le lecteur a du mal à se libérer.

Ce que j’en pense
****

Cela commence un peu comme pour Emma Bovary : une jeune femme s’ennuie dans sa province et cherche à s’émanciper de sa routine habituelle. Toutefois, nous ne sommes plus au temps de Flaubert et il y a une autre voie pour s’épanouir que de trouver un amant : suivre son rêve de jeunesse et créer des robes.
Mais pour démissionner d’un travail alimentaire et s’inscrire dans une école de couture à Paris, il faut un électrochoc. C’est lors du sempiternel repas dominical chez les parents qu’il se produit. Iris apprend presque fortuitement que ses parents, qui voyaient d’un mauvais œil ce choix de carrière, lui ont caché qu’elle avait été acceptée dans l’école pour laquelle elle avait postulé afin qu’elle intègre plutôt une école de commerce. « J’avais trente et un ans, un mari bien plus préoccupé par sa carrière que par sa femme – qui venait de se rappeler que nous devions avoir une famille nombreuse ; un travail dont le seul mérite était de m’empêcher de tourner dingue, seule et perdue dans ma grande maison vide. Je n’étais que la femme de Pierre. Rien d’autre.»
Vient alors l’heure de la révolte. Sans avertir personne, Iris trouve une école prête à l’accueillir, démissionne et se trouve une chambre de bonne à Paris. Une remise en cause totale qui, on s’en doute, va déstabiliser tout le monde.
Pour Pierre, on le découvrira bien plus tard, les choses ne sont pas aussi difficiles qu’il veut le faire croire. Quant à Iris, ses premiers succès auront vite fait de compenser ses angoisses. Car Marthe, la responsable et propriétaire de l’école, va non seulement assurer sa formation mais aussi lui montrer comment prendre sa place dans le milieu parisien. Et puis, il y a Gabriel, beau jeune homme chargé par feu le mari de Marthe de gérer ses affaires. Séducteur invétéré, il va tenter de conquérir le cœur d’Iris. Qui sait jusqu’où elle peut aller dans le marivaudage…
Après le formidable succès de Les gens heureux lisent et boivent du café dont on devrait voir bientôt l’adaptation au cinéma, le second livre d’Agnès Martin-Lugand (qui vient de paraître en poche) confirme son talent de romancière. On n’a aucune peine à s’identifier aux personnages et aux situations, car on a tous vécu ou été témoin de ce genre de conflits familiaux, voire de problèmes conjugaux. Quand après les premières années, la routine s’installe. Quand, en faisant le point sur son existence, on se dit que la réalité n’est pas vraiment en conformité avec ses rêves de jeunesse.
Il y a cependant une autre voie que celle de la résignation, celle que choisit Iris. Certes risquée et même dangereuse, mais ô combien plus enrichissante. Et qui, en offrant d’autres perspectives, va aussi lui permettre de se (re)construire un avenir. Si vous vous demandez quoi lire cet été, ne cherchez plus !

Autres critiques
Babelio
Paris Match (Valérie Trierweiler)
La Presse
Blog Livr’heure de mots

Extrait
« On s’en va, dis-je à Pierre.
— Bien sûr, rentrons à la maison.
— Oh Iris, reste là, c’est bon, me dit mon frère.
— Ils ont tout foutu en l’air. Je n’ai plus rien à faire dans une maison, une famille où personne ne me respecte ! Vous n’êtes que des…
— Des quoi ?
— Vous êtes petits, coincés, à l’esprit étriqué. Je la dégueule, votre vie… Bande de réac’ !
Mon père se leva brusquement.
— Ne compte pas revenir ici sans t’être excusée.
Je le regardai bien droit dans les yeux. Pierre me fit reculer et me glissa à l’oreille de ne pas aller trop loin.
— Ça n’arrivera jamais, ce n’est pas à moi de m’excuser.
— La colère d’Iris est légitime, renchérit mon mari.
Soutenue par lui, je quittai peut-être pour toujours la maison de mon enfance. Pourrais-je jamais leur pardonner ? J’en doutais.

Une fois dans la voiture, je fondis en larmes. Pierre me prit dans ses bras par-dessus le levier de vitesse. Il frottait mon dos et me murmurait des paroles de réconfort.
— Tu m’aurais laissée faire mon école ? lui demandai-je en reniflant.
— Mais oui, me dit-il après un petit temps. Allons-y, ne traînons pas là.
Il me lâcha, je repris ma place, et il démarra. Je regardai par la vitre sans rien distinguer. Qu’aurais-je vu de toute manière ? Une ville bourgeoise un dimanche après-midi, autant dire une ville fantôme. J’essuyai rageusement mes larmes. Le sentiment d’injustice, l’indignation prenaient le dessus. Je bouillonnais de l’intérieur. J’avais envie de tout casser, de tout envoyer promener. Pourquoi mes parents s’étaient-ils toujours acharnés après moi ? Que leur avais-je fait pour mériter ça ? Ils avaient été incapables d’écouter mes envies, d’entendre que je souhaitais être première d’atelier de couture. Quel mal y avait-il à ça ? J’avais passé mon temps à me battre contre eux, à chercher à leur prouver que je pouvais y arriver. J’avais continué de coudre, même lorsqu’ils avaient refusé que je fasse un CAP, même lorsqu’ils avaient décidé de mes études supérieures. Je les avais nargués des années durant en installant ma machine à coudre sur la table de la salle à manger, en portant exclusivement des vêtements de mon cru, en évoquant les commandes que me passaient mes amies, leurs mères… »

A propos de l’auteur
Agnès Martin-Lugand est l’auteur des best-sellers Les gens heureux lisent et boivent du café et Entre mes mains le bonheur se faufile. Le premier s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires en France et sera bientôt adapté au cinéma. La vie est facile, ne t’inquiète pas en est la suite. (Source : Editions Michel Lafon)
Site Wikipédia de l’auteur
Site Facebook de l’auteur

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