Soudain, seuls

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Soudain, seuls
Isabelle Autissier
Stock
Roman
252 p., 18,50 €
ISBN: 9782234077430
Paru en mai 2015

Où?
L’action se déroule principalement au milieu de l’océan Atlantique, par plus de 50° Sud sur l’île australe de Stromness, après avoir navigué sur un voilier venu de Cherbourg, en passant par les Canaries, les Antilles, le Brésil, l’Argentine, la Patagonie. Les souvenirs et la seconde partie se situent également à Stanley, aux Falkland, à Antony, à Paris, dans les Alpes, à Glasgow et sur l’île de Jura.

Quand?
Le roman se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Un couple de trentenaires partis faire le tour du monde. Une île déserte, entre la Patagonie et le cap Horn. Une nature rêvée, sauvage, qui vire au cauchemar.
Un homme et une femme amoureux, qui se retrouvent, soudain, seuls.
Leurs nouveaux compagnons : des manchots, des otaries, des éléphants de mer et des rats. Comment lutter contre la faim et l’épuisement ? Et si on survit, comment revenir chez les hommes ?
Un roman où l’on voyage dans des conditions extrêmes, où l’on frissonne pour ces deux Robinson modernes. Une histoire bouleversante..

Ce que j’en pense
****

Un vrai coup de cœur ! Voilà sans doute l’un des livres les plus forts qu’il m’a été donné de lire cette année. Le combat pour la survie de Louise et Ludovic offre à Isabelle Autissier à la fois l’occasion de parler de sa passion, la voile, et de s’interroger avec le lecteur sur son comportement en situation extrême.
Le résumé du livre est dramatiquement simple : Un jeune couple décide d’abandonner pour quelques temps leur routine, leur appartement du XVe et leur projet d’enfant, pour se lancer dans une expédition sur les mers du globe. Après avoir traversé l’Atlantique et longé l’Amérique du Sud et la Patagonie, ils prennent la direction du Cap Horn.
En route, ils s’offrent une excursion sur Stromness, aujourd’hui bout de terre abandonné et paradis de la faune locale.
Mais au retour de leur escapade sur l’île interdite, les conditions de mer sont devenues trop mauvaises. Ils décident de se réfugier dans les vieux entrepôts baleiniers pour y passer la nuit. Quand au petit matin la tempête s’est calmée, ils découvrent avec effroi que leur bateau a disparu. Le piège s’est refermé. La lutte pour la survie peut commencer.
Le coup de génie d’Isabelle Autissier consiste à nous montrer l’évolution psychologique de chacun des protagonistes. Car il devient vite évident que Louise et Ludovic ne «fonctionnent» pas de la même manière et que dans une telle situation, les chamailleries se transforment vite en opposition. Le vernis des conventions – on va s’en sortir ensemble – va bien vite s’éroder pour laisser les chairs et les cœurs à vif. Tant que le plan de survie fonctionne, qu’ils allient leurs forces pour trouver des conditions de survie plus ou moins acceptables, on admire leur courage et leur volonté. Mais au fil des jours, alors que les conditions climatiques s’aggravent, que l’arrivée d’éventuels sauveteurs devient de plus en plus improbable et que le régime alimentaire restreint commence à laisser des traces sur les organismes, les options se restreignent jusqu’à cette cruelle question : vaut-t-il mieux mourir à deux ou survivre tout(e) seul(e) ?
Question que chaque lecteur sera appelé à trancher et qui le hantera longtemps après avoir refermé le livre. Car le paroxysme des situations et la violence du conflit intérieur ne pourra laisser personne indifférent.

Autres critiques
Babelio
Paris-Match
RTL (Les livres ont la parole, Bernard Lehut)
BibliObs
Blog Que lire ?
Blog Les lectures du Hibou

Extrait

« L’odeur ne ment pas. Celle de cette nuit lui dicte de fuir, de repousser Ludovic, tout de suite.
Dans les grands moments, pense Louise, l’humain est seul. Devant la vie, la mort, les décisions suprêmes, l’autre ne compte plus. Elle doit l’oublier et juste vivre. C’est son droit le plus absolu, c’est son devoir envers elle-même.
La nuit est toujours aussi noire et calme. Seul couve l’œil rouge du poêle qu’ils n’éteignent jamais. C’est son tour d’y veiller. Ludovic ne va donc pas s’alarmer, dans son sommeil, qu’elle se lève et fourgonne dans la pièce. Elle récupère sa veste et ses chaussures, l’un des couteaux les mieux affûtés, balance une seconde avant de saisir le briquet, puis l’empoche. A tâtons elle attrape le carnet, le stylet, l’encre et une bougie qu’elle allume avant de recharger le feu.
Dans l’atelier, elle griffonne :
« Je pars chercher du secours. Je reviens au plus dans une semaine. »
Elle ne sait plus si cette dernière phrase est vraie, elle voudrait le croire, ou au moins faire semblant.
Elle hésite et ajoute :
« Prends soin de toi, je t’aime. »
A ce moment précis, elle ne l’aime pas. Il lui est même indifférent, mais elle a pitié de lui. Son départ va le dévaster. Elle lâche ce dernier mot comme une aumône. » (p. 129-130)

A propos de l’auteur

Isabelle Autissier est la première femme à avoir accompli un tour du monde à la voile en solitaire. Elle est l’auteur de romans, de contes et d’essais, dont Kerguelen (Grasset, 2006), Seule la mer s’en souviendra (Grasset, 2009),
L’amant de Patagonie (Grasset, 2012), et, avec Erik Orsenna, Salut au Grand Sud (Stock, 2006) ainsi que Passer par le Nord (Paulsen, 2014). Elle préside la fondation WWF France. (Source : Editions Stock)

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Là où s’arrête la terre

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Là où s’arrête la terre
Sylvie Le Bihan
Seuil
Roman
288 p., 18,50 €
ISBN: 9782021236187
Paru en avril 2015

Où?
L’action se déroule tout d’abord à Paris puis en Bretagne, notamment à Belle-Île avec des retours en arrière dix ans plus tôt à Copenhague.

Quand?
Le roman se situe en 2015, avec l’évocation d’épisodes survenus en 2005 et 2008.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Le bouchon fit un bruit de détonation et le monde de Marion s’écroula comme si un seul soldat du peloton l’avait exécutée d’une balle en plein cœur avant que le sabre ne s’abaisse. »
Marion, parisienne de 40 ans, prise à son propre jeu entre deux hommes, fuit la réalité et croise un soir d’automne à Paris, Roger qui lui, cherche à tout prix à éviter un choix entre sa vengeance et la résilience. Par défi, il lui propose de l’emmener loin de Paris. Sur un coup de tête, elle le suit. Dans une Bretagne à leur image, à la fois dramatique et mystérieuse, s’ensuit un terrible huis-clos fait d’attirance mêlée de répulsion et de révélations violentes. Un secret se profile, trop lourd pour être dévoilé, jusqu’au drame qui sera peut-être leur unique chance de tout recommencer.
Un roman noir, cruel, ancré dans la société d’aujourd’hui avec ses tabous, son hypocrisie et son égoïsme. L’histoire terrible d’une vengeance par procuration.

Ce que j’en pense
***

Le roman commence au moment où la vie de couple de Marion, 40 ans, bascule. Elle quitte le domicile conjugal pour rejoindre son amant danois dans un hôtel de la Porte Maillot. Mais ce rendez-vous n’avait de sens pour elle que dans la mesure où il n’était qu’épisodique. Or, elle se rend compte que ce type de récréation n’a brutalement plus aucun sens. Car son amant n’entend pas changer son mode de vie qui lui convient parfaitement. Âme en peine, elle trouve refuge au bar de l’hôtel pour prendre un verre et faire le point.
Roger Bradier, l’homme qu’elle croise à ce moment et qui semble tout aussi seul qu’elle, n’est pourtant pas du genre à vouloir recueillir ses confidences. Quand bien même il se rend compte qu’il a affaire à une histoire assez banale, il va décider de faire un bout de route avec elle, en lui expliquant que son scénario « si bien ficelé depuis des années a explosé à la cuisson et au lieu d’être l’héroïne de votre sitcom, vous n’en êtes même pas une victime. »
Ils quittent Paris pour changer d’air. « On ne s’est jamais vraiment écoutés, on avait seulement besoin de respirer chacun de notre côté, c’est tout. »
C’est alors que Marion va petit à petit, pièce par pièce, s’intéresser à l’histoire de Roger. Par un habile renversement des rôles, le lecteur va alors découvrir que c’est lui qui devient le personnage principal et que cette virée en Bretagne n’a rien de fortuit. Que la bourgeoise parisienne et ses problèmes de cœur
est bien loin de faire le poids face aux drames vécus par son compagnon d’infortune, celui qu’elle considère comme un être falot, provincial et paumé.
Face aux vagues, là où précisément la terre s’arrête, elle va découvrir son homosexualité, mais surtout devenir la dépositaire d’un secret de famille autrement plus lourd.
Avant de se lancer dans une vengeance par procuration. Même si ses motivations restent floues, Marion devient alors l’exécutrice d’un épilogue totalement inattendu et qui mérite bien les quelques agacements qui auront pu émailler la lecture jusque là. Car Sylvie le Bihan sait à la perfection distiller l’exaspération comme on ferait monter une mayonnaise, ajouter du vinaigre au récit comme sur un plateau d’huîtres avant de nous surprendre à l’heure du dessert.

Autres critiques
Babelio
Le Point
France Info
Le Blog de Gilles Pudlowski
Entre les lignes, Blog de Bénédicte Junger
Blog Les méconnus

Extrait
« L’écho de leurs vies qui, un instant, se sont croisées.
Prendre son temps pour descendre du taxi, surtout ne rien laisser paraître, le masque glissera tout seul comme un bas de soie retiré sur le skaï d’une banquette arrière.
L’habitude… dernière arme contre la véritable solitude…
Celle de la maîtresse qui sait, à la seconde où la porte de la chambre d’hôtel se referme, que son histoire de cœur n’est qu’une histoire de cul.
L’habitude… Pour affronter le regard de Niels, son amant danois, celui par qui tout est arrivé et qui l’attend au vingt-quatrième étage dans une chambre sans âme. Niels, le deuxième homme devenu soudain banal, sans Paul, qui compte depuis quelques heures seulement et qui, debout derrière la porte de leur appartement, doit penser à l’après…
Cet après que Marion redoute déjà. Boulimie à venir pour effacer le passé et remplir avec Niels toutes ces minutes, ces heures, ces miettes qui restent à vivre sans Paul. »

A propos de l’auteur
Sylvie Le Bihan Gagnaire est directrice de l’international pour les projets des restaurants Pierre Gagnaire. En 2013, elle a publié Petite Bibliothèque du gourmand, aux Éditions Flammarion. Son premier roman, L’Autre, est paru aux Éditions du Seuil en 2014 et a rencontré une jolie presse. (Source : Editions du Seuil)

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A signaler la parution en poche (collection Points) du premier roman de Sylvie Le Bihan L’Autre
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Comment les grands de ce monde se promènent en bateau

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Comment les grands de ce monde se promènent en bateau
Mélanie Sadler
Flammarion
Roman
153 p., 16 €
ISBN: 9782081336506
Paru en janvier 2015
 
Où?
Le roman est situé principalement à Buenos-Aires et à Istambul, même s’il retrace principalement les étapes de la découverte puis l’exploitation des Amériques.
 
Quand?
L’action se situe de nos jours. Toutefois les principaux épisodes évoqués remontent aux XV et XVIe siècles.
 
Ce qu’en dit l’éditeur
Un vieux prof d’Histoire précolombienne, Javier Leonardo Borges, rendu soudain fringant par une mystérieuse découverte ; son collègue stambouliote qui fouine dans les mosquées à la tombée de la nuit ; un manuscrit turc du XVIe siècle dans lequel, anachronisme insensé, une déesse aztèque se pavane ; et un sultan, Suleyman le Magnifique, qui confie pour la première fois son terrible secret. Leur point commun ? Être au coeur d’une incroyable supercherie dont la révélation pourrait bien changer notre regard sur l’Histoire officielle. Des couloirs de l’université de Buenos Aires au palais de Topkapi, entre parchemin codé et crypte secrète, Mélanie Sadler mêle avec beaucoup de virtuosité fantaisie littéraire et roman d’aventure. Ce livre emprunte aussi bien à Borges qu’à Hergé dans le seul dessein de nous mener tous sacrément en bateau.
 
Ce que j’en pense
***
L’Histoire, celle avec un grand «H», peut encore réserver quelques belles surprises, même à un professeur blanchi sous le harnais et qui désespère de l’inculture de ses étudiants et n’aspire plus guère qu’à une retraite bien méritée. Seulement voilà, Javier Leonardo Borges met le doigt sur un anachronisme figurant dans un manuscrit que lui a transmis un confrère turc. La mention de Coatlicue, déesse aztèque de la fertilité, sur ce manuscrit le laisse pantois, avant de réveiller une passion bien asssoupie. Jonglant entre les époques et les lieux, s’appuyant sur l’aide de son collègue d’Istambul Hakan, qui va chercher des indices entre le Grand bazar et Sainte-Sophie, il construit une théorie époustouflante. L’œuvre d’une vie !
Mélanie Sadler, qui a l’art de mélanger les codes du roman historique et policier, s’en donne à cœur joie et non fait partager sa jubilation : « Il fallait remonter à l’arrivée du Colon infect, un certain Cristobal, qui, à l’époque, était encore jeunot dans l’apprentissage maritime. Il débarqua hagard près des côtes de la vieille Amérique en 1492. Il trucida un bon paquet d’Indiens, mais certains se révélèrent plus coriaces. L’Histoire se souvient notamment du fameux cacique Caonabo, pas plus commode qu’accommodant. Il tint tête à Colomb et lutta pour préserver l’île d’Hispaniola de ces ploucs en culottes courtes affublés de chapeaux à plume. Mais les fusils tuent, et le ridicule n’y peut rien. »
Dans cette grande épopée de fureur, de sang et de larmes, ne serait-il pas merveilleux qu’un prétendant au trône aztèque puisse échapper aux conquistadors, que Cuauhtémoc prenne le chemin inverse d’Hernán Cortés et puisse lui survivre ? Ne serait-il donc pas mort en 1524 après une résistance héroïque lors du siège de Tenochtitlan, comme Borges le soutenait devant ses étudiants ignares ?
A la fois érudit et truculent, ce roman rocambolesque réjouira les amateurs d’uchronie autant que ceux qui aiment le double jeu, les intrigues joliment troussées. Sans oublier l’humour dévastateur qui accompagne cette belle découverte.
A moins que, moins futile qu’il n’en paraît au premier abord, l’auteur entend nous faire réfléchir sur le sens de l’Histoire, sur les vérités que l’on croit établies et ne veuille réveiller notre esprit critique.
 
Autres critiques
Babelio
L’Express
Blog Bigmammy
Blog La lectrice à l’œuvre
Blog Livre libre
 
Extrait
« Après plusieurs détours qui se voulaient des raccourcis, des rencontres malencontreuses, et des erreurs d’interprétation, il arriva à Tenochtitlan. Avec un peu de retard. Une petite dizaine d’années après son départ d’Hispaniola, en somme. Les mauvaises langues le soupçonnent d’avoir traîné en chemin auprès d’une Amazone de Calafia. D’autres jurent que des chroniques du XVe siècle mystérieusement disparues évoquent son séjour prolongé sur les terres d’un certain Don Diego de la Vega. La crédibilité de ces écrits semble toutefois difficile à attester. Tout un champ d’investigation reste encore à explorer sur l’épopée de Manicatex, et fera très certainement l’objet de nombreuses thèses parmi les fils spirituels de J. L. Borges. »
 
A propos de l’auteur
Mélanie Sadler a 27 ans. Elle est une ancienne élève de l’ENS de Lyon , agrégée d’espagnol. Spécialiste de l’Histoire argentine, elle enseigne à l’université Bordeaux Montaigne et prépare une thèse sur La jeunesse et les discours de formation identitaires hispano-américains. Comment les grands de ce monde se promènent en bateau est son premier roman. (Source : Université de Bordeaux)
 
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Allmen et la disparition de Maria

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Allmen et la disparition de Maria
Martin Suter
Christian Bourgois
Thriller
traduit de l’allemand (Suisse) par Olivier Mannoni
210 p., 15 €
ISBN: 9782267027709
Paru en avril 2015

Où?
L’action est située dans une ville de Suisse que l’on devine être Zurich, dans sa banlieue, avec une dernière petite escapade en Alsace.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Après deux enquêtes menées avec succès, le dandy-détective Friedrich von Allmen est passé maître dans l’art de la recherche d’œuvres d’art volées. Toujours secondé par Carlos, son fidèle domestique guatémaltèque, c’est sur les rives d’un lac suisse qu’il est appelé pour retrouver un tableau de Fantin-Latour dérobé à Mme Gutbauer, excentrique milliardaire qui occupe tout l’étage d’un vieil hôtel de luxe. Élisant domicile sur les lieux du délit, Allmen devient partie prenante d’un habile huis-clos au sein duquel Martin Suter combine à la perfection suspense, élégance et ironie.

Ce que j’en pense
***

Dès les premières lignes ce nouvel opus mettant en scène Allmen et son assistant guatémaltèque Carlos – sauf erreur le quatrième de la série –, Martin Suter nous détaille le dernier fait de gloire de son enquêteur préféré, histoire de nous rappeler que, sous des airs nonchalants, il est un remarquable enquêteur. C’est aussi une manière de résumer, à l’intention de ceux qui découvriraient Allmen avec ce livre, les caractéristiques de ce couple bien particulier.
A la tête de Allmen International Inquiries, il s’est spécialisé dans le marché de l’art et vient de retrouver une toile d’Henri Fantin-Latour représentant des dahlias. D’une valeur de trois millions et demi, ce tableau n’existait plus officiellement et pourtant il a pu le restituer à une riche héritière. Ce qui ressemble à la fin d’une enquête marque en fait le début d’une nouvelle enquête riche en rebondissements. Car les malfrats qui avaient le tableau ne l’entendent pas de cette oreille. Employant les grands moyens, ils décident d’enlever Maria Moreno, l‘amie de Carlos et de proposer le marché suivant à Allmen : la femme contre le tableau.
Dès lors s’organise une course contre la montre contre cette bande organisée qui n’hésitera pas à s’en prendre à la belle métisse si son ultimatum n’est pas respecté. Car Allmen n’est plus maître de la situation. Il lui faut d’abord obtenir de la richissime et excentrique veuve qu’elle lui remette le tableau. Il y parviendra, même si ce dernier a subi entre temps une sévère mutilation. Mais bien entendu, il n’est pas au bout de ses peines… et doit aussi gérer Carlos qui tremble pour son aimée et s’en remet à tradition indienne maya et au culte très particulier de Maximón pour pouvoir la retrouver saine et sauve.
Le lecteur se régalera en voyant Allmen se démener entre une pègre qui va l’obliger à oublier quelques instants ses principes pour parvenir à ses fins et une haute bourgeoisie zurichoise tout aussi effrayante. Si ce n’est peut-être pas l’épisode le plus réussi, ce thriller n’en est pas moins très plaisant à lire.

Autres critiques
Babelio
Libération
Un livre, un jour (Olivier Barrot)
Les Echos

Extrait
« Jusque-là, Carlos lui apportait à sept heures un early morning tea au lit, avant de vaquer à ses occupations. Allmen, qui n’était pas un lève-tôt, allait prendre entre dix et onze heures un petit déjeuner tardif au Viennois. Il continuait certes à le faire autant que possible, mais la fondation d’Allmen International Inquiries (« The Art of Tracing Art ») le contraignait parfois à se conformer à un emploi du temps un peu plus régulé. Il lui arrivait même de devoir accepter des rendez-vous le matin, et l’aide de María Moreno lui était alors indispensable pour le petit déjeuner. Ce n’était pas qu’il ne s’en serait pas sorti tout seul, mais ce qu’il avait préparé lui-même ne plaisait jamais à Allmen.
Ce jour-là était l’un de ceux où il n’avait pas de temps pour le Viennois. Il avait déjà un rendez-vous prévu à dix heures quinze.
La veille, une certaine Mme Talfeld avait appelé et demandé un rendez-vous avec « M. von Allmen en personne ». « D’urgence », avait-elle ajouté, si possible dès le lendemain matin.
La présence de María Moreno offrait un autre avantage : outre l’espagnol, elle parlait fort bien l’allemand et l’anglais, c’était une standardiste douée et une hôtesse d’accueil en progression constante. Elle pria Mme Talfeld de patienter un instant, fit comme si elle allait consulter l’agenda d’Allmen et, à sa grande surprise, s’aperçut qu’il avait un moment de libre dans son emploi du temps le lendemain matin. On convint d’un rendez-vous pour dix heures quinze au Schlosshotel. Allmen devrait demander Mme Talfeld à la réception. »

A propos de l’auteur
Martin Suter est né à Zurich en 1948. Après avoir été publicitaire à Bâle, il multiplie les reportages pour Géo, il est devenu scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt et a écrit des comédies pour la télévision. Depuis 1991 il se consacre à l’écriture de romans qui sont devenus de véritables best-sellers. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala.
Small World a obtenu le prix du Premier Roman dans la catégorie «romans étrangers». Un ami parfait a été adapté au cinéma en 2006, sous le même titre, par Francis Girod et deux autres de ses romans sont en cours d’adaptation. Martin Suter a également contribué au dernier album de son compatriote le musicien Stefan Eicher, pour qui il a écrit les textes de trois chansons sur Eldorado (2007) et travaillé au projet d’une comédie musicale. Son roman Small World a été adapté au cinéma par Bruno Chiche et est sorti en salles en mars 2011. (Source : Editions Christian Bourgois)

Site Wikipédia de l’auteur

A signaler également la parution dans la collection Points de Allmen et les dahlias et, en cette rentrée littéraire de Montecristo

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Allmen et la disparition de Maria

Allmen et les dahlias de Martin Suter (Points)

Montecristo

Un parfum d’herbe coupée

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Un parfum d’herbe coupée
Nicolas Delesalle
Préludes
Roman 288 p., 13,60 €
ISBN: 9782253191117
Paru en janvier 2015

Où?
L’action se situe dans plusieurs lieux en France, notamment Paris, Orléans

Quand?
Le roman retrace l’enfance du narrateur dans les années 70-80 et se poursuit sur 14600 journées, soit une quarantaine d’années.

Ce qu’en dit l’éditeur
Le jour où mon père a débarqué avec son sourire conquérant et la Renault GTS, j’ai fait la gueule. Mais j’ai ravalé ma grimace comme on cache à ses parents l’odeur de sa première clope. J’ai dit « ouais », j’ai dit « super », la mort dans l’âme, même si j’avais compris que la GTS pour la GTX, c’était déjà le sixième grand renoncement, après la petite souris, les cloches de Pâques, le Père Noël, Mathilde, la p lus jolie fille de la maternelle, et ma carrière de footballeur professionnel. » Par petites touches qui sont autant d’instantanés de vie, Kolia revient sur sa jeunesse et ces moments où l’innocence s’envole peu à peu. Il convoque les figures, les mots, le s paysages qui ont compté : la route des vacances, les filles, Totor le paysan aux cèpes et la maison de famille, des livres, quelques sauterelles, un berger allemand prénommé Raspoutine… Des petits riens qui seront tout. Un premier roman remarquable, plein d’émotion, d’humour, de poésie, de profondeur, où la petite musique singulière de l’enfance ouvre sur une partition universelle.

Ce que j’en pense
****

Alors que la rentrée littéraire de l’automne occupe le devant de la scène médiatique, revenons vers une pépite de la rentrée de janvier. Il serait en effet cruel de laisser ce joli roman tomber dans l’oubli. Disons d’emblée qu’Un parfum d’herbe coupée fait partie de mes coups de cœur de 2015.
Avec un vrai sens de la formule, Nicolas Delesalle retrace le parcours d’un enfant, puis d’un adolescent dans la France des années 80 et nous prouve une fois encore que la nostalgie à e beaux jours devant elle, surtout quand elle s’accompagne des bruits et des odeurs qui marque une époque. Plonger dans ce livre, c’est comme plonger la main dans une boîte à gâteaux, un paquet de confiseries, «les Car-en-sac et Mintho caramels à un franc et les Mistral gagnants» comme le chantait Renaud ou retrouver dans un grenier une boîte à souvenirs, comme celle du fabuleux destin d’Amélie Poulain, et revivre les épisodes qui ont marqué une vie.
Si « Personne n a jamais réussi a photographier cet instant magique et maudit qui fait d’une jeune fille une femme, d’un jeune homme un homme et d’une enfance, un souvenir », il reste « quelques bribes, des instants cristallisés, des secondes, une petite poignée de sable dans la main. »
A suivre Kolia dans sa découverte du monde, on fait son miel de ses instants cristallisés, sur les personnes qui l’ont marqué, sur les livres qu’il a lus (« Ces livres labourèrent la terre dure de mon esprit vide, mais rien n’était encore semé sur les champs désolés balayés par le souffle de l’aventure », les professeurs qui l’ont accompagné (« on ne rend pas assez hommage à eux qui donnent. Monsieur Gayret, un jour de février, me donna un conseil que je n’allais jamais oublier : « Prenez des notes. Si vous lisez sans prendre de notes, vous ne lisez pas ». »), les événements qui l’ont construit, qui l’ont conduit à embrasser la carrière de journaliste et lui ont permis de faire de nouvelles rencontres tout aussi enrichissantes.
Une vie somme toute banale, mais qui devient sous la plume de Nicolas Delesalle une épopée, une aventure exceptionnelle.
Quant au lecteur, entraîné dans le flot de ses propres souvenirs par la grâce de cette plume alerte, il ne peut que souscrire à l’analyse lucide faite ici : « Les adultes font souvent mine de s’étonner du désespoir baroque des adolescents, mais cet étonnement est un leurre, ils n’y croient pas eux-mêmes ; au fond, ils savent très bien à quel point c’est compliqué de se relever quand on tombe de son enfance. »
c’est compliqué, mais c’est si bon !

Autres critiques
Babelio
GQ Magazine
Blog Blablablamia
Blog Sur la route de Jostein
Blog Cultur’elle (Caroline Doudet)
Blog Meelly lit

Extrait
« Le Politburo acceptait le principe d’un retrait des troupes russes d’Afghanistan. Laurent Ruquier commençait sa carrière sur une radio locale au Havre. Jean-Marie Bigard lançait ses premières saillies dans La Classe sur FR3. David Pujadas entrait au Centre de formation des journalistes. Pierre Desproges n’était pas mort. Et moi, je voulais devenir astronaute.
Amadeus se composait un succès sur grand écran, Chris Evert-Lloyd et Navratilova se crêpaient le chignon sur le Central de Roland-Garros. Nicolas Sarkozy avait trente et un ans, Chirac une mémoire, Nadine Morano était déléguée des jeunes RPR en Meurthe-et-Moselle. Et moi, je voulais devenir astronaute.
Les otages enracinaient leur désespoir au Liban. Philippe de Dieuleveult s’était évaporé dans le fleuve Zaïre, le Titanic venait d’être retrouvé 4000 mètres au fond de l’Atlantique Nord, Daniel Balavoine s’était éteint dans les dunes du Sahara, Coluche inventait les Restos du cœur. Et moi, je voulais vraiment devenir astronaute. »

A propos de l’auteur
Né en 1972, grand reporter à Télérama et directeur de l’ouvrage Télérama 60 ans (tome 1 et 2) publié aux Arènes, Nicolas Delesalle est auteur de nouvelles qui lui ont valu le Prix des Lecteurs du livre numérique en 2013. Un parfum d’herbe coupée est son premier roman. (Source : Editions Préludes)

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Le chant du canari

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Le chant du canari
Anne-Frédérique Rochat
Luce Wilquin
Roman
176 p., 17 €
ISBN: 9782882535085
Paru en août 2015

Où?
L’action se déroule dans un lieu qui n’est pas clairement défini, mais que l’on peut situer en Suisse romande, dans une ville abritant un Musée d’Histoire Naturelle.

Quand?
Le roman se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Anatole et Violaine sont en couple depuis de nombreuses années. Combien de temps exactement? Ils ne s’en souviennent plus, cela fait si longtemps. Lui travaille dans une animalerie, entouré de sifflements et de plumes de canaris; elle surveille la section zoologie du Musée d’Histoire Naturelle, silence et relents de camphre. Leur vie quotidienne est une suite d’habitudes rassurantes et de paroles répétées, Bien dormi? – Oui, merci chéri, bien dormi. Et toi, bien dormi? Ils ont tout pour être heureux. Et pourtant. Quelque chose, imperceptiblement, semble les éloigner l’un de l’autre. Il disparaît de plus en plus souvent. Pour aller où? Faire quoi? Le doute s’immisce, les certitudes s’émoussent. Et s’il suffisait d’un grain de sable, d’une pensée (un peu trop obsédante) pour tout remettre en question, tout perturber?

Ce que j’en pense
***

Une histoire somme toute banale, celle d’un couple qui se délite, forme la trame du nouveau roman d’Anne-Frédérique Rochat. Cependant, à l’image de À l’abri des regards, son précédent opus, elle parvient à entraîner le lecteur par la force de son style et l’intelligence de sa construction.
Des phrases simples, courtes, sans fioritures d’une part. Une volonté de ne pas tomber dans le pathos d’autre part. Vous comprendrez bien vite la subtilité de ce récit dont l’apparente naïveté conduit en fait à une vraie cruauté.
Même si, à priori, le quotidien de Violaine et d’Anatole est plutôt enviable. Elle travaille au Musée d’Histoire Naturelle, lui dans une animalerie. Ils mènent une vie tranquille, rangée jusqu’à ce jour où les repères se brouillent, où le soupçon s’installe.
Dès lors chaque petit détail prend une importance extrême, absurde.
Et c’est là l’autre tour de force de l’auteur : avoir construit le livre en chapitres qui sont aussi de récits s’emboîtant les uns dans les autres sans forcément suivre une quelconque chronologie. Voici donc nos jeunes époux à la fête foraine où Violaine avale des churros «comme si elle avalait son enfance, la réintégrait, la réincorporait avec gloutonnerie, voracité même.» Dans le chapitre suivant le couple visite une exposition de peinture. Anatole s’y ennuie, veut aller boire un café tandis que Violaine est obnubilée par ce qu’elle voit, veut « décrocher le tableau, l’avoir à la maison, auprès d’elle, pouvoir le regarder à toute heure, à chaque instant. »
Puis vient la visite chez les beaux-parents, autre morceau de bravoure, une sortie au zoo, un dîner chez la mère de Violaine ou encore l’anniversaire qui, loin de réconcilier le jeune couple va finir par faire de leurs incompréhensions mutuelles un énorme gouffre.
Même les cadeaux censés entretenir la flamme se transforment en poison. Le poisson rouge ne subsistera pas à la méfiance, pas plus que la toile de Max Ernst qu’il a fait reproduire, ni même le canari qui donne son titre au roman et qui devient symbole de la traîtrise, d’un univers carcéral duquel il faut à tout prix s’échapper…
Anne-Frédérique Rochat a réussi un beau roman, jolie variation sur l’usure de la vie du couple en ce début de XXIe siècle.

Autres critiques
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Blog de Francis Richard

Extrait
« Il évoquait l’idée d’une séparation pour la première fois. Malgré de nombreuses disputes et incompréhensions tout au long de leur vie de couple, jamais ils n’avaient prononcé ces mots-là. Alors c’est possible, finalement. Ce n’était pas si compliqué. Prendre ses cliques et ses claques, repartir à zéro. Trouver un autre appartement, déménager. Manger toute seule devant la télé. Essayer de rencontrer un nouvel amoureux, au moins un amant. Mais comment ? Elle n’était pas très douée en communication, ni en séduction. Et puis tout recommencer… Raconter sa vie, son enfance (ou plutôt ce que sa mère lui en avait dit puisqu’elle s’en souvenait si peu), ses goûts, ses dégoûts, ses désirs. Au lit, trouver un terrain d’entente, dépasser sa pudeur, avoir confiance. Tout ça lui avait pris tellement de temps. Elle ne se sentait pas le courage de tout reprendre depuis le début. Non, il fallait continuer cette histoire. Tant bien que mal. Redresser la barre. Traverser les tempêtes. Et s’en sortir indemne. Ou avec le moins de cicatrices possible. »

A propos de l’auteur
Anne-Frédérique Rochat est née le 29 mars 1977 à Vevey, elle a grandi à Clarens sur Montreux. En juin 2000, elle obtient un diplôme de comédienne au Conservatoire d’Art Dramatique de Lausanne, depuis elle joue régulièrement en Suisse romande. Elle a commencé par écrire des pièces de théâtre, puis a eu envie de s’essayer à un autre genre qu’elle aime et admire particulièrement, le roman. Aujourd’hui, elle continue de jouer et d’écrire. Elle vit à Lausanne. (Source : http://www.annefrederiquerochat.ch/biographie)

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