Fortune de mer

COATALEM_Fortune_de_mer

 

 

 

 

 

 

Fortune de mer
Jean-Luc Coatalem
Stock
Roman
176 p., 16 €
ISBN: 9782234079762
Paru en avril 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en France. Après un vol de Paris à Ouessant, en passant par Brest, on va découvrir tous les recoins de l’île : Lampaul, Toulalan, Kernic, Calgrac’h et Béninou, Kerandraon, Toull-Auroz, Porz-Biliec à la pointe de Pern ou encore les criques effilées de Penn-Ar-Ru-Meur, les phares de Nividic, de la Jument et celui du Créac’h et l’îlot de Keller. Sont également évoquées aux alentours Molène, Triélen, Quéménès et bien plus loin les villes de Vevey, Stockholm, Rome et Madrid et Tanger.

Quand?
L’action se situe de nos jours, sur une période de trois jours : samedi, dimanche et lundi.

Ce qu’en dit l’éditeur

En Bretagne, il faut se méfier des apparences autant que de la météo. Ainsi, quand dans le petit avion à destination de Ouessant embarquent deux druides, un spécialiste des abeilles et une Espagnole couronnée par un donut de cheveux, tout peut arriver et tout va arriver, et pas de la façon qu’on imagine… Sur place, ils retrouveront une clique d’ornithologues japonais, le sieur Pommereau, qui joue au détective privé, et ce chanteur à succès, Vassili, beau ténébreux venu se mettre au vert après une histoire de moeurs. Dans ce mouchoir de poche qu’est Ouessant, les histoires de chacun vont s’entrecroiser, et les désirs s’affoler. De surcroît, face à la tempête qui gronde, il faudra faire face aux légendes comme celle du poulpe géant. Et au délire de quelques-uns que le grand large a déjà bien secoués…
Avec poésie et fantaisie, Jean-Luc Coatalem signe une sorte de polar métaphysique, où le dérisoire tutoie le drolatique. À lire comme une fable du grand Ouest.

Ce que j’en pense
***

Les remerciements qui viennent clore ce court – mais bon – roman donnent une bonne indication de ceux qui l’ont inspiré: l’album Finistériens de Miossec, et notamment la chanson «Une fortune de mer», ainsi que les «scènes de la vie ouessantine» que racontait le Prix Goncourt 1912 André Savignon avec Filles de la pluie.
Car le personnage principal de ce roman n’est pas le narrateur, mais bien l’île d’Ouessant, ce bout de Bretagne balayé par les vents et la pluie, «endroit hors norme, entier et rude. Une pierre brute à la brassée des eaux… ». Ouessant qui sculpte les visages et façonne les âmes « sur ces terres de peu qui ne donnent guère et qui grignotent les marées, où chacun est parent de l’autre, où les parcelles ont la taille d’un mouchoir, où l’Iroise peut tout reprendre d’un coup, et vos vies avec, et le poisson d’abord ».
C’est là, sous une pluie battante, que débarquent Lescop, le narrateur, chargé par la société suédoise «Bee Royal» qui l’emploie de venir superviser les ruches d’abeilles noires de l’île qui produisent un miel exceptionnel. Avec lui, Lucia Parma, une journaliste-photographe mi italienne-mi espagnole et deux druides Le Gaoulec et Per Le Frat, venus célébrer un mariage selon la vieille tradition.
Ils sont accueillis par Pommereau, un ancien journaliste, qui s’est installé sur l’île avec sa femme Agathe. Correspondant du Télégramme, il entend tout savoir et tout connaître. En déposant Lescop et la belle reporter devant la pension de Mme Kermarec, il ne doute toutefois pas que les heures qui vont suivre pourront lui donner de la matière pour la rubrique des faits divers.
Ajoutons, pour compléter le tableau, la présence de Vassili, chanteur ténébreux au sang chaud qui tente d’oublier un chagrin d’amour, «sa» Lorenne étant partie avec un autre sous des cieux plus cléments et, touche exotique, des ornithologues nippons venus immortaliser la faune locale.
Lescop est ravi de voir que les abeilles ont fait du bon travail, ce qui va lui permettre de se concentrer davantage sur la conquête de Lucia. Il lui fait découvrir l’île, ses criques et ses légendes, avant de la serrer d’un peu trop près dans une vieille cabane de goémonniers.
Lucia ne l’entend pas de cette oreille et s’enfuit. On ne la reverra pas de sitôt, mais même Lescop ne s’en doute pas. Vassili chante son blues, les druides se préparent à la cérémonie avec leurs ovates, bardes et novices et les vieilles histoires ressurgissent, comme celle de la pieuvre géante qui emporte les imprudents. Ou encore celle de ce sous-marin russe de 68 m de long qui reposerait non loin des côtes.
En parlant de «polar métaphysique», l’éditeur a bien résumé l’ambiance de roman qui mêle avec bonheur le fait divers et l’étude sociologique, la libido dérangée des uns et les rêves de gloire des autres. Sans oublier l’hommage de l’enfant du pays à ces récits et paysages qui l’ont façonné. Bon vent !

Autres critiques
Babelio
Télérama
Marianne
BIBA magazine
Radio Espace 2 (Entre les lignes – Jean-Marie Félix)
France Info (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Blog De nécessité vertu

Extrait
« Tout de suite, j’avais été attiré par Lucia Parma, sa coiffure inhabituelle, son maintien un peu raide, ce quelque chose de fragile et de bourdonnant qui se déplaçait avec elle, comme une aura, au point de m’être fait la réflexion que celui qui l’attendrait à Brest devait être un magicien d’un sacré niveau. Pour compléter le tableau, la belle offrait une carnation d’un ocre tendre, comme sucré, et, sous un tee-shirt grège, de petits seins hauts et ronds comme deux oranges – plus tard, je découvrirais qu’un tatouage, un 8 inversé, signe de l’infini, ornait le gauche. Par trois fois, s’étant retournée, son regard flou de myope balaya les rangs de derrière comme si elle cherchait un visage connu. Le sien, semé de quelques grains de brillant, me parut délicieux, aiguisé, irréel. Pour l’heure, anonyme encore parmi les passagers, elle feuilletait les pages du journal régional… » (p. 13)

A propos de l’auteur
Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint au magazine Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001), prix des Deux-Magots et prix Bretagne, Le Gouverneur d’Antipodia (Le Dilettante, 2012), prix Nimier, et récemment Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013). (Source : Editions Stock)
Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Les pêchers

CASTILLON_Les_pechers

 

 

 

 

 

 

Les pêchers
Les pêchers
Claire Castillon
Editions de l’Olivier
Roman Thriller
208 p., 17,50 €
ISBN: 9782823607901
Paru en septembre 2015

Où?
Le roman se déroule à Paris et en proche banlieue, avec quelques escapades en bord de mer et l’évocation de l’Arménie.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Tamara est prisonnière. De son mari, Claude, qui veut faire d’elle une épouse modèle. D’Esther, la fille de Claude, qui la surveille. Et de son amour perdu, à qui elle ne peut s’empêcher de rêver. La liberté lui fait peur, la captivité lui pèse. Elle ne peut ni rester ni partir.
Aimée, la mère d’Esther, semble parfaitement adaptée au monde tel qu’il va. Mais cette material girl cache une vraie fragilité. Et puis il y a Esther… Adolescente, poète, espionne, innocente. Amoureuse. Son regard radiographie les adultes, ces gens étranges, incapables de voir la violence qui est en eux.
Si c’était elle, la véritable héroïne de cette histoire ?
Elle ferait, alors, sans le moindre doute, une excellente victime expiatoire.
Rageuse, bouleversante, drôle, nécessaire, la plume de Claire Castillon fait mouche dans ce nouvel épisode de la guerre des sexes qu’elle ne cesse de provoquer, de livre en livre.

Ce que j’en pense
**

Il faut apprivoiser la petite musique de Claire Castillon pour entrer dans son univers. Goûter à ces phrases jetées sur le papier comme un appel au secours, une bouteille à la mer, souvent sans ponctuation. Comme quand il faut tout dire très vite, sans respirer.
Car Tamara, la narratrice, a du mal à respirer. Elle a choisi de refaire sa vie avec Claude, un médecin qui – pense-t-elle – pansera ses plaies. Mais elle ne peut oublier Quick, parti avec une autre, mais qu’elle regrette devant sa nouvelle vie, si convenue. Devant cet homme qui veut la façonner comme il l’entend, qui entend même lui inculquer les règles de comportement face à Esther, la fille qu’il a eu avec Aimée, elle perd peu à peu pied.
On pourrait parler d’une relation toxique à plusieurs étages. En effet, cette famille recomposée détruit peu à peu Tamara, empilant des couches de névrose les unes sur les autres. Et ce ne sont pas les atermoiements de Quick, qui reviendra plusieurs fois pour dire qu’il s’en va pour de bon, ni le coup qu’elle prendra sur la tête, assené par «la folle» qui partage dorénavant sa vie, qui amélioreront les choses.
Un roman noir dans lequel la violence et l’aliénation dominent. Un drame poignant, car l’auteur ne nous propose aucune issue.

Autres critiques
Babelio
Le Figaro
France Info (Podcast Info culture par Thierry Fiorile)
Tribune de Genève
Blog entre les lignes (Bénédicte Junger)
Blog Parfums de livres

Extrait
« J’ai oublié ce que je fais ici, dans cette maison de bord de ville avec un mari imminent et un cabinet attenant. Je regrette tellement mon Quick d’avant. Il avait des poils, des tatouages, une pieuvre dans le dos. Il aurait pu se tatouer un lion. C’était le genre à aimer les fauves. La pieuvre c’est toi, je t’ai sous la peau, donne-moi ton encre, il chuchotait. Il me disait très peu de mots. Il venait me chercher au travail, j’étais fière dès que je le voyais. Je sentais que certaines filles m’enviaient à cause de son air de vrai mâle, de la douceur par dessus tout, et du regard qui vrillait nulle part, juste vers moi, il voyait que moi. Mais aujourd’hui, je suis enfermée, je ne sais pas ce qui s’est passé. Quick est parti pour ailleurs et moi j’ai arrêté de manger, jusqu’à ce que Claude, mon gros chat, quelquefois je l’appelle ma Cuiller, se mette à me donner la becquée. » (p. 9-10)

A propos de l’auteur
Claire Castillon est l’auteur de douze romans et recueils de nouvelles, parmi lesquels Insecte, Les cris (Fayard) ou Les merveilles (Grasset). Portée par un ton et un regard très singuliers, son œuvre s’impose comme une des plus originales de sa génération. (Source : Editions de l’Olivier)

Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Au pays du p’tit

FARGUES_Au_pays_du_ptit

 

 

 

 

 

 

Au pays du p’tit
Nicolas Fargues
P.O.L
Roman
240 p., 16 €
ISBN: 9782818037270
Paru en septembre 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris et en Russie, à Moscou et Saint-Pétersbourg, puis à Iowa City, avec un épisode se déroulant à l’école internationale de Medan

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Le héros et narrateur de ce roman a 44 ans et il enseigne la sociologie à l’université. Il vient de publier un essai violemment anti-français (La France… Ses Pfff, ses Chhht, ses Rhôlâlââ… Ses On va pas s’emmerder, ses Y’en a qui dorment, ses Ça va comme un lundi et ses Avec ceci… Les lunettes de ses Jacques François et les barbichettes de ses Cyril Lignac… L’odeur de pieds de ses piscines municipales et de pisse des toilettes de ses cafés… Ses cadenas d’amour, ses belles paroles et ses beaux salauds). Cela lui vaut d’être invité à l’étranger pour exposer ses thèses et lui donne l’occasion de mener à peu près tranquillement une carrière de Don Juan sur le presque retour. Car il est arrivé à cet âge, à ce moment, où certains, comme lui, se foutent de tout. Sauf, peut-être, des femmes et des voyages. Encore que… s’agissant des femmes, est-ce les aimer que de jouer avec leurs sentiments à des fi ns exclusivement prédatrices ? Quant aux voyages, si c’est par haine de son propre pays qu’il s’y livre…

Ce que j’en pense
**

Il y a au moins deux lectures possibles de ce nouvel opus de Nicolas Fargues. La première, très premier degré, en fera le récit très sombre d’un intellectuel déçu de sa carrière, de sa vie et de son pays et qui ne cesse de ruminer cette crise existentielle. La seconde, beaucoup plus jouissive, se lit entre les lignes. Dans les réflexions du sociologue sur ce qu’il aurait pu ou dû faire, sur l’autre regard qu’il pourrait porter sur le presque demi-siècle qui vient de s’écouler, car «rien ne sert d’essayer de devancer le temps, qui a son rythme propre. Il finit toujours par nous rattraper.»
Des digressions proposées par le narrateur, Romain Ruyssen, sociologue et maître de conférences à l’université qui vient de publier Au pays du p’tit, un essai philosophico-politique qui dépeint une France en dépression et taille en pièces ce pays d’assistés, d’incultes, d’indisciplinés, de laxistes. Un ouvrage qui va jusqu’à être qualifié de «pamphlet poujadiste», mais qui va permettre à son auteur de gagner une certaine notoriété et d’être invité à débattre en Russie et aux Etats-Unis.
Le ministère des affaires étrangères l’envoie à Moscou pour un colloque à la Maison centrale des écrivains. A 44 ans, il va pouvoir développer ses plus belles diatribes et expliquer que pour un Français « être agacé par les autres et se considérer soi-même supérieur au reste de l’humanité est davantage qu’un folklore national : c’est un mode de vie, une fierté, une conviction, un code génétique, bref, une culture. » On pourra multiplier les qualificatifs pour dépeindre cet aigri de 44 ans – cynique, calculateur, ironique, mordant, désagréable, capricieux, insatisfait, infréquentable, blasé, glaçant ¬–¬ et pourtant on va finir par s’y attacher, à l’image de cette slovaque de 25 ans à la poitrine volumineuse qu’il a repéré dans l’auditoire.
Janka Kučová n’est toutefois pas une proie facile. Aussi faudra-t-il que notre homme déploie tout son entregent et sorte son portefeuille pour réussir à mettre l’étudiante dans son lit. Mais même dans la séduction, chassez le naturel et il revient au galop : « J’avais pris un plaisir sadique à lui signifier par cette seule réponse que rien de ce que j’entreprendrais avec elle ne serait pour moi une première fois. Si elle avait été plus douce, moins dominatrice et moins cruelle, pensai-je, je lui aurais menti, par charité. Je me serais privé de faire le malin pour ne pas lui gâcher la certitude que c’est peut-être avec elle que j’allais étrenner ceci : faire l’amour dans un hammam, comme au cinéma. Pour l’assurer que, malgré son jeune âge et toutes les vies que je traînais derrière moi, elle avait la possibilité de me faire encore découvrir quelque chose. » Son périple aux Etats-Unis sera du même tonneau.
L’ analyse froide – d’autres diront lucide – du sociologue n’est pourtant que le miroir de son mal-être. Il finit par tout filtrer à l’aune de son vécu. Encore un effort et ce collègue de David Lodge qui aurait égaré ses antidépresseurs nous livrerait un traité d’optimisme à l’issue de sa promenade sur le campus de l’université d’Iowa : « On se met à respecter les règles et à respecter les autres, on apprend à devenir responsable, à patienter, à remplacer la mauvaise humeur et les frustrations par du dynamisme, et l’on finit par se rendre compte que cela donne du sens à la vie, cela rend la vie plus intense et plus stimulante…» Jubilatoire !

Autres critiques
Babelio
L’Express
Télérama
France culture
Blog Le Littéraire
Blog Livrogne.com

Extrait
« Après l’intervention de l’économiste, c’est vers moi que le modérateur se tourna : « Alors vous, Romain Ruyssen, dit-il en consultant consciencieusement ses notes, vous êtes français et sociologue. Votre dernier essai a pour titre Au pays du p’tit. Il est paru en France le mois dernier et, avec neuf autres ouvrages sélectionnés en prévision de ce salon, il a bénéficié d’une opération spéciale et sort aujourd’hui, quasi simultanément, dans sa traduction russe. » Dans mon casque, l’interprète, qui avait elle aussi préparé ses notes pour la séance, avait prononcé p’tit avec une application désopilante. « Je cite l’une des phrases de votre introduction, poursuivit le modérateur en plongeant le nez dans la version traduite de mon livre : “Avec les Trente Glorieuses, le surmoi révolutionnaire des Français a progressivement cédé la place au Moi-Je pépère fonctionnaire.” Est-ce que cela signifie, Monsieur
Ruyssen, qu’aujourd’hui vous considérez usurpée la réputation de nation insoumise de votre pays ? »
« Je me demande surtout, répondis-je sur un ton folâtre, comment mon interprète vient de vous traduire des mots tels que “Trente Glorieuses” et “pépère” : la langue russe possède-t-elle vraiment un équivalent de ces notions très françaises ? »
Je marquai une pause, attendant en vain la réaction de quelqu’un dans la salle. Au-delà de votre question, repris-je, c’est de l’esprit français contemporain tel que je le perçois que j’ai envie de vous parler. Et je peux le faire sans forcément me référer à mon livre, rien qu’à partir de quelques éléments que j’ai observés ici, dans cette salle, au cours de l’heure qui vient de s’écouler. » (p. 18-19)

A propos de l’auteur
Nicolas Fargues est né en 1972. Enfance au Cameroun, au Liban puis en Corse. Études de lettres à la Sorbonne. Mémoire de DEA portant sur la vie et l’œuvre de l’écrivain égyptien Georges Henein. Deux ans de coopération en Indonésie, retour à Paris, petits boulots, publication en 2000 du Tour du propriétaire. De 2002 à 2006, dirige l’Alliance Française de Diégo-Suarez, à Madagascar. Il vit actuellement à Yaoundé. (Source : Editions P.O.L)

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Effraction

DEFOSSE_Effraction

 

 

 

 

 

 

Effraction
Alain Defossé
Fayard
Roman
200 p., 17 €
ISBN: 9782213687025
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, dans le XIXe et aux alentours, mais sont aussi évoquées les localités de Saint-Amand, Rambouillet, Trappes, Coignières, Fort-de-France et Cayenne ou encore des vacances en Espagne.

Quand?
L’action se situe de nos jours, avec des retours en arrière jusqu’au 26 mars 1943, date de naissance d’Anne Rivière, principal personnage du roman.

Ce qu’en dit l’éditeur
Au départ, un simple cambriolage qu’Anne Rivière voudrait considérer comme un non-événement, à peine un fait divers. Depuis quarante ans qu’elle vit seule dans son deux-pièces parisien du XIXe arrondissement, c’est la première fois que l’on fracture sa fenêtre. Elle n’en fait pas un drame. Pourtant, quelque chose s’infiltre par la vitre brisée. Une brèche s’ouvre qu’elle ne pourra plus combler. Elle regarde, témoin d’elle-même, le passé qui s’engouffre. Affluent les images, et les trous noirs dans sa vie. Quand la police lui apprend l’identité de son voleur, un jeune type du quartier, cette dame effacée à l’existence mécanique semble sortir d’un long rêve. La voilà qui arpente les rues et le cherche. Elle découvre son adresse et lui écrit, passe la nuit sur son palier, l’attend au tribunal. Et se souvient de la jeune fille qu’elle fut, qui portait un autre prénom, qui était amoureuse. Avant. Avant un épisode de sa vie qu’elle s’est employée à oublier et auquel son cambrioleur fantôme vient sans le savoir de la ramener.
Alain Defossé explore dans une langue immédiate, froide et sensible, les fêlures intimes d’une femme, sa vocation « borderline ». À travers elle, il éclaire aussi l’opacité de la mémoire française et l’ambivalence des pulsions sexuelles et amoureuses.

Ce que j’en pense
***

Alain Defossé a choisi de dresser le portrait d’une femme de 70 ans, vivant seule depuis des années. Un sujet assez banal que l’auteur parvient à transcender grâce à la façon très particulière dont il nous raconte sa vie.
Tout commence par des éclats de vitre éparpillés. En rentrant chez elle, Anne Rivière découvre qu’elle vient d’être cambriolée. Le ou les voleurs n’ont toutefois pas pris grand-chose : un ordinateur, un chéquier et quelques bijoux qui n’ont pas trop grande valeur. Rien de bien grave en somme. D’ailleurs elle range tout, nettoie et va changer le carreau cassé.
Mais, comme ces tremblements de terre souterrains, cet événement en apparence mineur, va provoquer des ondes de choc successives et, petit à petit, rappeler à Anne tous les événements que sa mémoire avait décidé d’occulter jusque là.
De choses plus ou moins insignifiantes à un drame douloureux, elle va voir défiler sa vie : les vacances en Espagne au volant d’une Dauphine, le mariage avec Claude Germain – qui ne durera pas plus de trois ans – et la rencontre d’Ange, un Antillais qu’elle choisira de suivre au soleil.
C’est à ce moment que son histoire lui échappe. Alain Defossé convoque alors un narrateur pour combler ces «blancs». Anne est-elle bien cette femme retrouvée errante et amnésique à Cayenne ? Rapatriée à l’Hôpital Saint-Anne, elle va essayer de se reconstruire, d’oublier…
A moins que toute sa vie à partir de ce moment ne soit qu’une longue quête pour savoir, à l’image de l’enquête qu’elle mène pour retrouver «son» cambrioleur qui finira lui aussi par disparaître.
Un drame du quotidien, d’une tristesse infinie, que le style épuré de l’auteur rend profondément troublant.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Blog Salon littéraire
Blog La Bibli d’Onee
Blog Roads

Extrait
« Quelque chose du passé s’innisce, peut-êtrte. On ne sait pas pourquoi ce cambriolage fait resurgir quelque chose du passé. Peut-être est-ce un simple accroc dans une vie très lisse, qui dévoile, comme une déchirure sur un canapé montre au-dessous quel tissu le recouvrait avant, qu’il était rouge et doré avant d’être beige et neutre, que ça foisonnait au-dessous, les couleurs, les conversations, les postérieurs posés là de morts depuis des lustres, les verres qui s’entrechoquent et les drames qui se dénouent. Cette présence d’un jeune homme dans des meubles trop neufs pour une dame âgée, c’est autant d’anachronisme, du passé qui se glisse sous la porte comme un courant d’air. Cette intrusion a perturbé les ondes magnétiques du temps, si une telle chose existe, le champ magnétique qu’Anne sécrète elle-même, dans lequel elle se meut depuis si longtemps, et qu’elle veut absolument clair et vide, inexistant pour tout dire. » (p. 56)

A propos de l’auteur
Traducteur (notamment de Bret Easton Ellis, Alan Hollinghurst, Sarah Waters, Henry Miller…) et romancier, Alain Defossé a récemment publié On ne tue pas les gens (Flammarion, 2012). Effraction est son neuvième roman. (Source : Editions Fayard)

Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Gratis

HERZOG_Gratis

 

 

 

 

 

 

Gratis
Félicité Herzog
Gallimard
Roman Thriller
256 p., 18,50 €
ISBN: 9782070149902
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Londres, puis à Jersey, mais entraîne le lecteur à Salzbourg, Palma de Majorque, Davos, Moscou, Vienne, Venise, Paris.

Quand?
L’action se situe sur une période allant de 1948, année de naissance d’Adrian Celsius à 2030, marquant le suicide de Jack Souris et le découverte des écrits d’Ali Tarac.

Ce qu’en dit l’éditeur
Au début des années quatre-vingt-dix, Ali Tarac interrompt brutalement de brillantes études à Paris pour tenter l’aventure. Une intuition fulgurante et une série de rencontres à Londres – Hart, un limier de la finance, Léna, sa future femme, et Celsius, un milliardaire philanthrope et mélancolique – vont faire de lui un champion de la nouvelle économie et de sa start-up un empire mondial.
En 2001, le jeune prodige perd tout. Ruiné, déchu, calomnié, il choisit de disparaître et se réfugie sur l’île de Jersey. C’est là, dans le plus grand secret, qu’il conçoit et bâtit la Transition, une «solution» à la condition humaine, produit croisé d’Internet et d’Orwell, qui révolutionnera la société du XXIe siècle.

Ce que j’en pense
***

Après avoir tué le père dans son premier roman, Un héros, Félicité Herzog change complètement de registre dans ce nouvel opus en nous parlant d’un milieu qu’elle connaît très bien, mais qui n’est guère abordé en France : celui de l’entreprise.
En imaginant le parcours d’un golden boy, elle nous montre combien cet univers est aujourd’hui régi par des règles qui sont bien loin de ce qu’il est convenu d’appeler «l’économie réelle» et que leur terrain de chasse est mondialisé.
A vingt ans, Ali Tarac, sent que le moment est venu pour lui de réaliser son grand projet. Il décide de mettre fin à ses études – brillantes – et s’envole pour Londres pour y peaufiner son projet et trouver les sociétés de susceptibles de l’épauler.
Adrian Celsius, qui a développé au fil des ans Lighthouse, une entreprise de capital-risque, va lui mettre le pied à l’étrier. Car au-delà de la société qu’il entend développer, c’est l’homme et sa détermination farouche qui lui plaisent.
En lançant Gratis, une société qui entend offrir la téléphonie gratuite pour tous et financée par des messages publicitaires interrompant la conversation, il ne tarde pas à connaître une ascension fulgurante, même si ces bénéfices sont encore très loin. Mais l’homme sait s’entourer et créer un réseau très efficace : « Déterminé à transformer le rêve qu’était mon projet en une réalité qui me semblait certains jours par trop fuyante, je conçus et recrutai la fameuse force commerciale de Gratis, qui identifiait ses clients, anticipait leurs envies, exacerbait leurs doutes, ne les lâchait plus et n’avait rien à envier aux méthodes d’une redoutable police de la pensée. »
En quelques années, sa société est valorisée à 1,2 milliard de livres sterling, sans gagner un seul centime. La start-up est devenue une blue chip. Ali peut fêter son succès. Il épouse la belle Léna, rencontrée quelques années plus tôt à Saint-Pétersbourg, et vise désormais l’Amérique. Seulement voilà, les attentats du 11 septembre vont freiner cette politique d’expansion. En détruisant les tours jumelles, les deux avions ont aussi fait exploser la bulle spéculative. Gratis s’effondre et Ali doit quitter l’entreprise sous les invectives et Léna va demander le divorce. Ali, pour qui « la vie n’était qu’un immense champ d’action à l’instant T.», doit tout reconstruire.
Dans la seconde partie du livre, on assiste à sa renaissance avec le lancement de New Birth, une société qui ne propose rien moins que d’offrir à tous une nouvelle vie. Fruit à la fois de sa première expérience douloureuse et d’une intuition qu’il imagine partagée, il propose de concevoir « La vie terrestre comme un service, un produit livrable, répétable à l’infini jusqu’à la disparition ultime. »
Si cette seconde partie est un peu moins réussie que la première, elle permet toutefois de comprendre à nouveau combien les règles de l’économie sont fragiles, parce que répondant plus à de la psychologie qu’à des théorèmes.
Le succès n’est au rendez-vous que tant que tout les acteurs y croient et qu’aucun grain de sable ne vient enrayer la belle mécanique. Un grain de sable qui sera incarné ici par la jeune Noémie, petite fille du fondateur de Lighthouse. Pour elle, la «transition» proposée par le société est tout le contraire d’un gage de liberté.
Et si « les fêlures des êtres supérieurs sont indécelables aux yeux du monde extérieur » elle va tout de même parvenir à trouver la faille, annonciatrice de la chute prochaine. D’un univers impitoyable, on est passé à un avenir terrifiant. D’une bulle spéculative à une explosion des valeurs et même de la démocratie.
Et si Félicité Herzog ne nous lançait pas ainsi un appel à la vigilance ?

Autres critiques
Babelio
Télérama
Le Point
Blog Le Littéraire

Extrait
« Les fondateurs de Lighthouse avaient créé un outil fabuleux. Tout en prenant leur tasse de thé, des biscuits au beurre et en surveillant d’un œil, prétendument désinvolte, la liste des futurs chevaliers de la reine, ils avaient théorisé un nouveau modèle de financement qui permettait de prêter et de posséder sans contraintes, sans remboursement et sans bilan. Le principe en était simple. À coup d’endettement négocié avec des banques cherchant à prêter de l’argent de moins en moins cher, ils misaient sur les plus belles affaires industrielles et se finançaient en faisant porter le chapeau à un autre qui, à son tour, répétait l’opération. Puis, ils croisaient les doigts sur la croissance exponentielle du marché, et sortaient, dès que possible, de cette situation potentiellement périlleuse en se délestant des titres en Bourse. Armés des conseils les plus avertis et les mieux introduits, ils avaient conquis le pouvoir. Le train-train bancaire des années quatre-vingt n’était plus. Une révolution sans révolutionnaires avait eu lieu. » (p. 20)

A propos de l’auteur
Félicité Herzog, née en 1968 à Boulogne-Billancourt, est une écrivaine française. Elle est la fille de Maurice Herzog et Marie-Pierre de Cossé-Brissac, fille du douzième duc de Brissac, héritière des aciéries du Creusot. Elle a trois garçons, avec Serge Weinberg. Elle a travaillé à Londres dans un fonds d’investissement, pour devenir, en 2002, chargée de la politique de développement de Publicis; à ce moment, elle a été désignée comme l’un des «50 jeunes loups du capitalisme français» par L’Expansion.
En janvier 2007, elle est nommée directrice du développement d’Areva. Elle initie et conçoit le programme « Bridge the Gap », un projet de transformation « global » destiné à pallier les écarts de ressources autant dans les capacités d’ingénierie que dans les moyens de production industrielle d’Areva.
En juillet 2009, Félicité Herzog devient directrice générale adjointe de Technicatome, une filiale d’Areva, spécialisée dans les réacteurs de recherche. Elle quitte le groupe en 2013. Après avoir été associée d’Ondra Partners, elle est Présidente de la société Apremont conseils depuis janvier 2015. (Source : Le Livre de Poche / Wikipédia / Internet)

Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Black-Out

Elsberg_Black-Out

 

 

 

 

 

 

Black-Out
Marc Elsberg
Piranha
Thriller
Traduit de l’allemand (Autriche) par Pierre Malherbet
480 p., 22,90 €
ISBN: 9782371190146
Paru en mai 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en Europe : Italie, France, Allemagne ainsi qu’aux Etats-Unis.

Quand?
L’action se situe dans un futur que nous n’espérons pas voir arriver, sur une période de vingt-trois jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Et si le monde que nous connaissons, dépendant de l’électricité et des nouvelles technologies, était sur le point de disparaître ?
Thriller brillamment mené, Black-out plonge le lecteur dans une réalité qui pourrait demain être la nôtre.
Par une froide soirée d’hiver, les lumières de Milan s’éteignent. Puis c’est au tour de la Suède, de l’Allemagne, de la France… : partout en Europe, le réseau électrique est en train de lâcher. Manzano, ex-hacker italien, croit savoir qui est responsable et cherche désespérément à en informer les autorités. Un flic français d’Europol, Bollard, se décide enfin à l’écouter, mais piégé par des e-mails compromettants, Manzano devient le suspect n° 1. Face à un adversaire aussi rusé qu’invisible, alors que l’Europe s’enfonce dans l’obscurité et que plusieurs centrales nucléaires menacent la vie de millions d’êtres humains, commence pour Manzano une véritable course contre la montre.

Ce que j’en pense
****

Un excellent thriller, de ceux qui poussent les lecteurs à la réflexion et qui les obligent à remettre en cause leur confort douillet. Marc Elsberg a imaginé un scénario aussi cauchemardesque que réaliste – malheureusement – en racontant une panne du réseau électrique à l’échelle européenne, puis américaine. Dans une postface qui fait également froid dans le dos, il explique même que « Nombreux étaient les scénarios possibles. Personne ne peut réellement prévoir ce qui se passerait dans de telles circonstances. Dans la mesure où je ne souhaite donner aucune indication qui serait utile à la préparation d’un attentat terroriste, j’ai laissé de côté ou transformé de menus détails techniques. Afin de favoriser la lisibilité de l’intrigue, j’ai fait quelques entorses à la réalité ; ainsi j’ai déplacé les postes de contrôle des réseaux aux sièges des entreprises gestionnaires, j’ai maintenu en état de marche, plus longtemps que ça ne serait le cas, les connexions téléphoniques et Internet, etc. »
L’histoire débute à Milan, par ce qui ressemble à priori à un banal accident de la route. Mais Piero Manzano, qui n’a pu éviter la collision, comprend très vite que la cause de l’accident est beaucoup plus grave que les tôles froissées : les feux de circulation ont brusquement cessé de fonctionner parce qu’ils n’étaient plus alimentés en électricité. Une panne qui ne va pas tarder à affecter bien plus que la ville et même la région. De part leur interconnexion, les différents réseaux vont les uns après les autres passer dans le rouge. Comme pour un jeu de dominos, quand le premier tombe, il est presque inéluctable qu’il entrainera tous les autres à sa suite. Informaticien et ex-hacker, Piero comprend très vite que la situation dérape et qu’il s’agit d’une catastrophe à l’ampleur inédite.
Shannon, une journaliste de CNN, ne tarde pas elle aussi à comprendre qu’il ne s’agit pas d’une simple panne de réseau, mais que le système lui même vient de montrer ses failles. Ensemble, ils vont essayer d’alerter les autorités sur la gravité de la situation et tenter de comprendre qui se cache derrière cette attaque d’une ampleur inédite.
Au début on se moque d’eux puis on imagine qu’ils font partie du complot avant de finalement reconnaître combien ils ont eu raison de tirer la sonnette d’alarme.
Car les mauvaises nouvelles se succèdent, à commencer par l’incident majeur qui frappe une centrale nucléaire française à Saint-Laurent-Nouan.
C’est à ce moment que l’on se rend compte que les problèmes liés à l’arrêt de l’alimentation électrique touchent très vite tous les secteurs de l’économie : l’approvisionnement, les télécommunications, les transports, la santé et la logistique. Après une phase d’entraide, les populations commencent à s’affoler puis à se révolter. La situation devient de plus en plus chaotique…
Le scénario imaginé par l’auteur est dramatique à souhait, afin que l’on se rende très vite compte des dangers que peuvent receler nos technologies et notre hyper-connectivité.
La traque du réseau terroriste est haletante à souhait, les épisodes d’espoir et ceux beaucoup plus dramatiques s’enchaînent si bien qu’on ne lâche plus ce suspense.
Au moment de refermer le livre on comprend pourquoi l’auteur a été beaucoup sollicité pour parler des périls qui nous menacent et on ne souhaite qu’une chose : que sa mise en garde reste du domaine de la fiction.

Autres critiques
Babelio
Libération (Next)
Blog littéraire et musical EmOtions
Blog La prophétie des ânes

Extrait
« La Suède, la Norvège et la Finlande au nord, l’Italie et la Suisse au sud sont tombées, expliquait l’opérateur derrière lequel se tenait Jochen Pewalski. Y compris des parties des États voisins comme le Danemark, la France, l’Autriche, également la Slovénie, la Croatie et la Serbie. E.ON signale quelques pannes, Vattenfall et EnBW sont totalement dans l’orange. Les Français, les Polonais, les Tchèques et les Hongrois aussi. Puis quelques taches sur les îles Britanniques. »
Jochen Pewalski, directeur de la conduite réseaux pour Amprion, travaillait depuis plus de trente ans au sein du complexe situé non loin de Cologne, sorti de terre en 1928 pour servir de dispatching à l’ancienne compagnie d’électricité de la Rhénanie Westphalie (RWE), connu depuis longtemps sous le nom de « disjoncteur principal de Brauweiler ». L’écran gigantesque, de seize mètres sur quatre, zébré de lignes rouges, oranges et vertes, ainsi que ceux, innombrables, des postes de travail, lui rappelaient jour après jour la responsabilité qui lui incombait, ainsi qu’à ses équipes.
À Brauweiler, on surveille, aiguille et conduit l’intégralité du réseau de transport d’électricité de la société Amprion, l’un des quatre réseaux allemands les plus étendus, l’un des plus grands réseaux européens pour le 380 et le 220 kilovolts.
On y coordonne en outre l’interconnexion entre les quatre grands gestionnaires de réseaux de toute l’Allemagne, ainsi qu’avec toute la partie nord-européenne du réseau d’électricité, et on en surveille l’équilibre entre production et consommation d’électricité. Il s’agit de la Belgique, de la Bulgarie, de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Pologne, de la Roumanie, de la Slovaquie, de la République tchèque et de la Hongrie. (p. 15)

A propos de l’auteur
Marc Elsberg est né en 1967 à Vienne. Depuis la publication en 2012 de Black-out, véritable phénomène éditorial en Allemagne, il est régulièrement invité par tous les médias nationaux allemands pour son expertise scientifique et technique sur les menaces que font peser sur notre société les progrès de l’hyper-connectivité. (Source : Editions Piranha)

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Les ennemis de la vie ordinaire

MARIENSKE_Les_ennemis_de_la_vie_ordinaire

 

 

 

 

 

 

 

Les ennemis de la vie ordinaire
Héléna Marienské
Flammarion
Roman
320 p., 19 €
ISBN: 9782081366596
Paru en septembre 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en France, à Paris et dans la banlieue, à Saint-Ouen, Montreuil, Saint-Denis, Stains, Bondy, Noisy-le-Sec, Mantes-la-Jolie, Émerainville, ainsi qu’à Enghien, en Auvergne dans les localités d’Escolges, Clémensat, Saint-Hilaire, Courtilles, Chamalière-la-rouge, Vaureilles, Brioude, en Languedoc à Montagnac, en passant par Montluçon, le tout se terminant en apothéose à Las Vegas.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Sept personnages souffrant d’addictions – alcoolisme, sport, jeux d’argent, cocaïne, shopping, sexe – se trouvent réunis par la psy qui les suit, Clarisse, pour des séances de thérapie de groupe. Clarisse espère que le « décloisonnement » peut les aider à guérir. Mais en ont-ils vraiment envie, eux ? Pas sûr… Ces « ennemis de la vie ordinaire » vont, peu à peu, se lier d’amitié au point de déteindre les uns sur les autres.
Comédie hilarante, portée par une écriture brillante et rythmée d’Héléna Marienské, ce roman s’empare d’un sujet de société contemporain, l’addiction, pour mieux le détourner : un conte moderne aussi réjouissant qu’immoral.
Abstinents s’abstenir.

Ce que j’en pense
****
Héléna Marienské n’a pas son pareil pour humer l’air du temps et la retranscrire en joyeuses comédies, en fantaisie-sarabande. Dans son nouveau roman, qui met en scène sept victimes d’addictions, elle réussit même à imaginer des personnages et des situations qu’un lecteur boulimique aura déjà croisé dans d’autres romans. On retrouve, par exemple, dans le portrait de Pablo, beaucoup du personnage de Cécile Coulon dans Le Cœur du Pélican. Mais plus étonnant encore, le personnage de Jamal imaginé par Michel Bussi dans N’oublier jamais a la même obsession que ce coureur à pied addictif : il «se verrait bien faire le super trail du Mont-Blanc avec une patte en titane.»
Au-delà de la coïncidence, on imagine la manière dont l’auteur se documente pour donner chair aux personnages. On se dit, par exemple, qu’elle a dû s’inscrire à un site de jeux en ligne, faire quelques sorties au casino d’Enghien, suivre quelques compétitions de poker à la télé pour camper le personnage de Gunter, joueur addictif. Car au-delà du jargon utilisé, elle sait parfaitement rendre l’atmosphère du lieu, la tension qui préside au moment ou rien ne va plus.
Mais reprenons. Le roman s’ouvre au moment où Clarisse, thérapeute spécialisée dans le traitement des addictions, vient proposer un nouveau traitement. Elle entend organiser la rencontre de patients victimes de troubles différents : «tous les addicts qui décident de participer à un groupe de parole ont déjà touché le fond et sont prêts pour l’aventure de l’abstinence. Ils ont tous des stratégies. Toutes sont différentes. Leur entraide sera du jamais-vu. Moi, je les mets en synergie. J’attends des résultats époustouflants.»
Aux côtés de Gunter et Pablo, on va retrouver au sein de ce groupe – et par ordre d’apparition – Jean-Charles, sosie du pape François, qui ne dédaigne pas sniffer une ligne de coke en disant la messe, Damien, le professeur d’université qui éprouve un besoin constant de sexe, Mariette, la jeune et jolie junkie, qui n’arrive pas à décrocher, Mylène dont le compte en banque n’a pu résister à ses achats compulsifs et Élisabeth qui tente de noyer la déliquescence de son mariage dans l’alcool. Voici donc les septe plaies d’Egypte réunies autour d’une thérapeute qui ne sait pas trop si elle vient d’inventer un concept génial ou si elle a ouvert la boîte de Pandore.
Car bien vite, on passe du dérapage à un joyeux capharnaüm et à la rechute quasi-simultanée de tous les membres du groupe, avant que la simple addiction ne devienne une addiction multiple.
Clarisse va bien tenter de reprendre la main en affirmant que la rechute fait partie intégrante de son traitement et que cette étape est même nécessaire à une meilleure prise en compte de leur addiction, sorte de tremplin vers la guérison. Mais, s’agissant d’une première expérience de ce type, elle ne peut qu’émettre cette hypothèse. Peut-être pour conjurer le sort.
Il serait dommage de révéler ici comment tout cela va finir. Disons simplement que, comme toujours avec Héléna, les choses ne vont pas tarder à déraper, les situations devenir aussi cocasses qu’incongrues et que le final est comme un grand feu d’artifice qui fera fi des conventions et du politiquement correct. C’est jouissif et cru, immoral en diable et effectivement bien loin de la vie ordinaire. En un mot, c’est addictif !

Autres critiques
Babelio
Blog Cannibales lecteurs
Blog Blablabla Mia
Blog Livr’envie
Blog Ma librairie bien-aimée

Extrait
« Merci, mon cher, très cher Éric. J’ai reçu le mot de Largelier me confirmant que j’aurai la salle de l’annexe deux soirs par semaine. Hourra !
Tu n’imagines pas à quel point ça tombe bien ! Je dois prendre en charge en urgence un patient dont je viens de rencontrer l’épouse très inquiète. C’est un addict au sport, athlète amateur mais de haut niveau, qui se casse en mille morceaux, et reste dans le déni total. C’est vraiment le problème de ce type d’addiction.
Tout le discours ambiant tend à le valoriser. Le sport est connoté positivement par les médias, la publicité, le cinéma, par tout le corps social : le sport est noble ! Sauf que j’ai vu les radios du zozo : ça fait peur. Sa femme ne sait vraiment plus quoi faire, et elle a été ravie d’apprendre qu’il serait suivi en séances particulières et en thérapie de groupe. Espérons qu’il viendra.
En tout cas, voilà une catégorie d’addiction qui va enrichir mon panel. Et ce n’est pas fini ! Des addictions, par les temps qui courent, il s’en crée tous les jours. Dans les mois qui viennent, je pourrai bien en dépister de nouvelles. Que dirais-tu, dans un an, d’un petit article cosigné sur les néo-addictions ? » (p. 28)

A propos de l’auteur
Héléna Marienské est née en 1969, elle est agrégée de lettres. Elle a publié aux éditions P.O.L., Rhésus, en 2006 (prix Lire du meilleur premier roman, prix Madame Figaro/Le Grand Véfour, Mention spéciale du prix Wepler), Le Degré suprême de la tendresse (Héloïse d’Ormesson, 2008, prix Jean-Claude Brialy) et, en 2014, Fantaisie-sarabande, aux éditions Flammarion. (Source : Editions Flammarion)

Site Wikipédia de l’auteur
Page Facebook de l’auteur
Page Twitter de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Sexe Course à pied Alcool Drogue Shopping Jeu Poker Casino Paris Las Vegas Enghien

 

La Part des flammes

NOHANT_La part_des_flammes

 

 

 

 

 

 
 
La part des flammes
Gaëlle Nohant
Editeur
Roman Thriller
496 p., 22 €
ISBN: 9782350873107
Paru en mars 2015

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris, à Neuilly et dans les proches environs, sans oublier les cures thermales à Méran au pied des Dolomites dans le sud du Tyrol et les pélerinages à Lourdes ou La Salette et l’évocation de Boston.

Quand?
L’action se situe en 1897.

Ce qu’en dit l’éditeur
Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d’Alençon. Au mépris du qu’en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l’assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d’Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d’une politesse exquise qui vous assassine sur l’autel des convenances, la bonté de Sophie d’Alençon leur permettra-t-elle d’échapper au scandale ? Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l’incendie du Bazar de la Charité.
Enlèvement, duel, dévotion, La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du xixe au cœur d’une histoire follement romanesque qui allie avec subtilité émotion et gravité.

Ce que j’en pense
****

Solidement documenté et romanesque à souhait, ce roman est bien davantage que la relation d’un fait divers : l’incendie du bazar de la charité à Paris le 4 mai 1897.
C’est avant tout un excellent roman-feuilleton, dont chaque chapitre vous pousse vers le suivant, et qui contient à chaque fois son lot de surprises et de rebondissements.
C’est ensuite le portrait de trois femmes qui, à un degré ou un autre, vont tenter de s’émanciper. C’est à dire de refuser leur condition, le rôle qu’on leur assigne, pour se construire un autre destin.
Il y a d’abord la duchesse Sophie d’Alençon, sœur de l’impératrice Sissi , très impliquée dans les œuvres caritatives et qui perdra la vie dans l’incendie. Un personnage ayant vraiment existé et qui vient donner le récit toute sa force et sa crédibilité.
Violaine de Raezal, jeune veuve à la réputation sulfureuse, vient en quelque sorte aider la duchesse pour assurer sa rédemption.
Quant à Constance d’Estingel, c’est surtout pour échapper à ses parents qu’elle se rend au Bazar de la Charité. Cette fillette sauvage que sa mère « ne pouvait présenter sans appréhension à ses amies, bavardant avec la cuisinière et les gouvernantes mais butée et taciturne quand on l’invitait au salon.» entend bien mener sa vie et surtout ne pas épouser le bon parti qui lui est désigné. En rompant ses fiançailles, elle croit choisir la liberté, alors qu’elle va se retrouver cloîtrée.
Mais n’allons pas trop vite en besogne. Les préparatifs, les premières heures puis l’incendie qui éclate font eux aussi partie intégrante du projet romanesque, à l’image du jeune journaliste chargé de rendre compte du drame et d’enquêter.
Car ce drame, comme beaucoup de faits divers, cristallise bien l’état de la société. Au fil des pages, tout à tour, empreintes d’émotion, de colère ou de gravité, Gaëlle Nohant entraîne le lecteur sur les pas de ses personnages. Comment auraient-ils réagi ? Quel jugement portent-ils ? Partageraient-ils l’idée exprimée par Violaine de Raezal « que s’il était un bonheur possible sur cette terre, on ne pouvait y accéder qu’en laissant mourir certaines choses en soi. Toutes ces choses lourdes, encombrantes qui étaient un grenier plein d’objets cassés et poussiéreux que l’on n’osait mettre au rebut, mais qui arrêtaient la lumière. »
Si ce livre est une vraie réussite, c’est parce que l’énorme documentation que l’auteur a ressemblée ne vient jamais entraver le récit, mais vient au contraire donner plus de vraisemblance aux caractères, affiner leur propos, souligner leurs traits de caractère. On en redemande !

Autres critiques

Babelio
L’Express
Le Point (avec interview de l’auteur)
France Info (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Blog d’eirenamg
Blog Des livres, des livres

Extrait
« Louis Gaugnard releva une douzaine de victimes avant d’être forcé de reculer car c’était maintenant des femmes en feu qui s’extrayaient des portes à tambour, formes folles et incandescentes se jetant sur la chaussée et s’y roulant frénétiquement pour éteindre les flammes qui leur dévoraient le corps. À l’intérieur, la poussée était telle qu’une dizaine de victimes tombèrent avant d’atteindre la porte, basculèrent sur ces trois marches maudites qu’il fallait descendre pour sortir, tombèrent de nouveau à un mètre de leur salut, piétinées par ceux dont elles bloquaient la progression, leurs corps enchevêtrés. De là où il était, le régisseur des écuries Rothschild distinguait ce tas de moribondes horriblement mêlées, tapis de chair hurlant et vulnérable qu’on pouvait déchiqueter à coups de talons et de chaussures pointues avant que la mort ne les saisisse ; il voyait la foule prise de la folie de survivre, foulant vifs ces corps sur lesquels il fallait passer pour atteindre la rue. » (p. 101)

A propos de l’auteur

Née à Paris en 1973, Gaëlle Nohant vit aujourd’hui à Lyon. La Part des flammes est son deuxième roman après L’Ancre des rêves, 2007 chez Robert Laffont, récompensé par le prix Encre Marine. Elle est également l’auteur d’un document sur le Rugby et d’un recueil de nouvelles, L’homme dérouté. (Source: Site officiel de Gaëlle Nohant)
Site officiel de l’auteur


Commandez le livre en ligne

Amazon

Mes livres sur Babelio.com

N’oublier jamais

BUSSI_Noublier_jamaisBUSSI_Noublier-jamais_pocheBUSSI_Grave_dans_le_sable_poche

 

 

 

 

 

 

N’oublier jamais
Michel Bussi
Presses de la cité
Thriller
500 p., 21,90 €
ISBN: 9782258105546
Paru en mai 2014

Edition poche parue le 7 mai 2015
ISBN : 9782266254571

Où?
Le roman se déroule en France, principalement en Normandie, à Yport, Yvetot, Elbeuf, Bénouville, Grandcamp-Maisy, Lucy, Neufchâtel-en-Bray, Le Havre, Carville-Pot-de-Fer, Vaucottes et à l’île du Large, l’une des deux îles de l’archipel de Saint-Marcouf avec des retours en région parisienne, à Créteil et Courcouronnes, Evry ainsi qu’une évocation de Neufchâtel, dans la banlieue nord de Québec

Quand?
Tout commence en février 2014. Le récit va se développer sur les dix jours qui suivent. A moins que l’histoire ne débute en fait dix ans plus tôt, le 27 août 2004.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »
Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.
C’est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?

Ce que j’en pense
****
Une machinerie implacable. De celles qui vous broient sans que vous ne puissiez rien à faire. Jusque dans ses invraisemblances. Voilà la force de ce roman de Michel Bussi, passé en quelques années et quelques livres de jeune romancier à maître incontesté du genre.
Avec N’oublier jamais, il le prouve une nouvelle fois de façon magistrale. Tout commence par une découverte macabre en bord de mer, à trois kilomètres d’Yport, le 13 juillet 2014. A la suite d’un glissement de terrain, on retrouve les os de trois squelettes au milieu des blocs de craie. Cadavres qui laissent la gendarmerie perplexe.
Non loin de ces falaises, Jamal s’entraîne. Le jeune homme court avec une prothèse à la jambe pour réussir un pari fou : être le premier athlète handisport à réussir le Trail du Mont-Blanc. Mais sa préparation va être quelque peu perturbée, parce qu’il assiste impuissant à la mort d’une jeune fille. Quelques secondes auparavant il avait ramassé son écharpe rouge et, dans un geste désespéré, lui a tendu le morceau de tissu juste avant qu’elle ne tombe dans le vide.
Mais pour les enquêteurs la thèse du suicide n’est pas la plus vraisemblable. Car comment expliquer la présence des empreintes de Jamal sur l’écharpe que le cadavre portait autour du cou ?
De témoin, il devient très vite suspect. Et les preuves sont tellement accablantes qu’il n’a guère qu’une issue : prouver lui-même son innocence en tentant de comprendre l’enchaînement des faits. En se plongeant dans les archives, dans la vie de la victime, en recueillant différents témoignages, il va découvrir d’autres meurtres… et réussir à embrouiller un peu plus le lecteur.
Mais tous ces événements, tous ces faits ont une logique – soigneusement dissimulée – mais cependant implacable. Qui va conduire à un dénouement aussi surprenant que dramatique.
Michel Bussi prouve une nouvelle fois son savoir-faire et démontre que l’expression « vous ne lâcherez pas ce livre avant la fin » n’est pas si galvaudée que ça.
La remarque s’applique du reste aussi à Gravé dans le sable que l’on trouve également en livre de poche.

Autres critiques
Babelio
L’Express
France Info (Le livre du jour)
Blog Les lectures de l’Oncle Paul
Blog Mots pour mots

Extrait
« J’ai allumé les phares. La chaussée devant moi se rétrécissait. Dans la pénombre, la ligne blanche au milieu de la route devint rapidement mon seul repère. Un fil d’Ariane qui découpait mon chemin en deux parties égales. Mes yeux se concentraient sur cette ligne, hypnotisés, comme si à force de la fixer j’allais parvenir à scinder ma raison en deux chambres étanches.
La première renonçait. J’avais tout inventé. Aucune fille ne s’était suicidée il y a deux jours. Si cette jeune fille existait, elle était morte étranglée, de mes propres mains. Son visage n’était pas celui d’Océane Avril, j’avais confondu avec celui d’un autre meurtre, dix ans plus tôt, celui de sa sœur. Peut-être même avais-je étranglé également Morgane. J’étais fou, je tuais, j’oubliais, je mélangeais mes victimes. Je ne me souvenais pas non plus de Myrtille Camus, mais si j’avais assassiné Morgane Avril, alors, j’avais violé et tué aussi cette troisième fille.
Le ruban blanc dans la lumière crue des phares se déroulait lentement, jusqu’au vertige.
Je comprenais maintenant ces innocents qui avouent aux flics un crime qu’ils n’ont pas commis, après des nuits de garde à vue, après des heures d’arguments, d’hypothèses et de preuves assénés par l’accusation. Ces innocents qui finissent par croire à la vérité énoncée par d’autres, qui en viennent à douter de leurs propres certitudes, celles qu’ils possédaient en entrant dans le bureau du juge. Un virage serré. Le fil d’albâtre vira en épingle à cheveux. Non! cogna la voix dans mon crâne. Non !
La seconde chambre de ma raison résistait encore. Il existait une clé, une explication logique.
Elle était là, proche.
Il suffisait de se calmer, de réfléchir. De reprendre tous les éléments et de les assembler autrement. Il suffisait de prendre de la hauteur, du recul. De dépasser les apparences. De parler avec quelqu’un qui accepterait de me croire. Mona ?. »

A propos de l’auteur
Professeur de géographie à l’université de Rouen, Michel Bussi est devenu le 5e auteur français le plus lu en 2014 et le 1er auteur français de romans policiers en 2014 (Source GFK / tous formats). Il est l’auteur aux Presses de la Cité de Nymphéas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar Michel Lebrun, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Polar méditerranéen, Prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne, 2011…), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse et Prix du Roman populaire, 2012), Ne lâche pas ma main (Prix du roman insulaire, 2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2014) et Maman a tort (2015).
Ses ouvrages sont traduits dans 27 pays, les droits de plusieurs d’entre eux ont été vendus pour le cinéma et la télévision. (Source : Editions Presses de la Cité)

Site Wikipédia de l’auteur
Site officiel de l’auteur
Page Facebook de l’auteur

Commandez le livre en ligne
N’oublier jamais
Gravé dans le sable

Mes livres sur Babelio.com

Amor

FORMA_Amor

 

 

 

 

 

 

Amor
Dominique Forma
Rivages / Thriller
Roman
304 p., 18 €
ISBN: 9782743631703
Paru en avril 2015

Où?
L’action se déroule en France, sur la Côte d’Azur pour la première partie, à Vaison-la-Romaine, Carpentras, Orange, Avignon, Peymeinade, Grasse, Nice, Tourette-Levens, Fréjus, Saint-Cézaire-sur-Siagne, Théoule, Grimaud et Au Tignet. Viviane quand à elle se rémémore ses séjours en Inde à Goa, Pondichéry, Madurai, Cochin, Arambol et d’une période à Lyon. La seconde partie se déroule à Paris et en région parisienne, à Saint-Fargeau-Ponthierry, Fontainebleau, Saint-Ouen, Montreuil, Etampes et Cachan.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Maximilien est professeur d’économie. Camille est responsable culturelle. Ils ont un petit garçon. Très amoureux l’un de l’autre, ils ont une conception joyeuse et inventive de la sexualité. En vacances sur la Côte d’Azur, ils font la connaissance de Viviane, une jeune fille qui vend de l’artisanat indien sur la plage. Entre eux, c’est le coup de foudre. Maximilien et Camille accueillent Viviane dans leur lit. Elle s’invite dans leur vie…
Dominique Forma a été photographe, animateur de radio et éditeur de disques pirates. Il a vécu quinze ans à Los Angeles où il a travaillé dans le cinéma et réalisé un long métrage. Il est l’auteur de plusieurs romans noirs pour adultes et pour la jeunesse.

Ce que j’en pense
***

Le roman s’ouvre sur une scène de grande intensité dramatique. Des voitures de police viennent se garer devant le domicile d’un homme. Tandis que son fils dort du sommeil des innocents, il intime aux policiers l’ordre de tirer.
L’auteur va alors nous expliquer comment on en est arrivé là. Comment les événements se sont enchaînés jusqu’à ce moment.
Tout commence sur la Côte d’Azur où le couple passe des vacances tranquilles.
Maximilien, le professeur d’économie en classes de prépa à l’ENS de Cachan est accompagné de son épouse Camille, chargé de la culture au sein de leur commune et de son fils Yvan. Le couple s’autorise quelques escapades, en amoureux et essaie de ne pas tomber dans la routine en imaginant de petits scénarios pour « toujours surprendre l’autre, le surprendre pour le séduire. » A la manière du Zèbre d’Alexandre Jardin, Maximilien se transforme par exemple en dragueur de supermarché.
Mais l’épisode qui va vraiment pimenter leur vie de couple naît, comme souvent, du hasard. Sur la plage, ils font la connaissance de Viviane qui, de retour d’Inde, essaie de fourguer des bibelots aux touristes. La jeune fille est victime d’une agression et trouve refuge auprès du couple. Comme le courant passe très bien entre elle et Yvan, elle se propose de jouer les baby-sitters. Il fait beau, tout va bien.
Aussi, c’est presque naturellement que Viviane se retrouve dans leur lit. Le trio s’entend à merveille et ne trouve dans ces joutes sexuelles qu’excitation et plaisir.
Toutefois les meilleures choses ont une fin et il faut bien retourner Saint-Fargeau-Ponthierry. D’autant que le professeur d’économie vient d’être contacté pour rédiger une série d’articles puis, plus tard, participer aux élections municipales.
Enfin, un homme neuf qui n’est ni corrompu, ni mêlé à un quelconque scandale…
Sauf que Viviane a trouvé le chemin de leur domicile et entend poursuivre la joyeuse vie à trois.
Dominique Forma a une manière froide de raconter cette histoire. Il ne s’agit ni plus, ni moins, d’un enchaînement de faits, en toute logique. Si Maximilien veut être élu au Conseil municipal, il doit monter qu’il est un mari et un père de famille irréprochable. Pour cela, il lui faut que Viviane sorte de leur existence. Camille lui comprend fort bien, ayant pour sa part renoncé à ses projets culturels pour ne pas être en porte à faux avec l’engagement politique de son mari. Mais le fameux grain de sable qui vient enrayer l’engrenage s’appelle Viviane. Un roman entre le polar, l’essai sur la liberté des mœurs et le jeu politique à l’heure de la transparence. Un passionnant huis clos qui marquera le lecteur.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Causeur.fr (Dominique Leroy)
Blog du Polar de Velda
Blog Au Pouvoir des mots
Blog livres de Nice-Matin
Blog encore du noir

Extrait
« Elles partageaient le même parfum. Elles avaient pris une douche ensemble, pensa-t-il, son pénis frotta contre le tissu de son pantalon. Il s’absenta, le temps de se rafraîchir.
Camille se promit de ne plus la laisser partir. Viviane était pour eux, à eux.
Maximilien se dit que Viviane était une fille sans attache : elle ne trompait ni mari, ni amant. Elle ne trimbalait aucun problème psychologique ou n’exhibait pas de fêlure mentale : solide, les pieds sur terre, elle ne deviendrait pas un poids mort pour leur couple, elle qui avait changé ses plans, oublié l’Inde et décidé de renouer avec eux. C’était Viviane qui leur demandait de l’accueillir. Ils pouvaient la satisfaire et la garder.
Pour eux. » (p. 134)

A propos de l’auteur

Dominique Forma est un réalisateur, écrivain, critique de cinéma et historien de cinéma français. Dans les années 90, il travaille comme compositeur pour les films américains L’Extrême Limite de James B. Harris et Meurtre à Alcatraz de Marc Rocco. En 2001, il réalise le film La Loi des armes avec Jeff Bridges.
Publie Voyoucratie, éd. Rivages Noir, 2012 , Nano, éd. Syros, 2013, Hollywood Zéro, éd. Rivages Noir, 2013 et Amor, éd. Rivages Thriller, 2015. (Source : Editions Rivages)

Site Wikipédia de l’auteur
Page perso (non-actualisée) de l’auteur
Page Facebook de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon