Le livre de la jongle

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Le livre de la jongle
Stéphane de Groodt
Plon
avec des dessins de Raphaël Cruyt
Humour et littérature
214 p., 14 €
ISBN: 9782259243261
Paru en novembre 2015

Ce qu’en dit l’éditeur
Amoureux de la langue française et jongleur de mots, Stéphane De Groodt revisite à sa manière, drôle et absurde, les expressions de notre langue. Un ouvrage inédit dans la droite ligne de ses best-sellers, Voyages en absurdie et Retour en absurdie.
Dernier carat
« Il est dit que c’est le dernier carat parlé qu’aura raison. »
C’est Byzance !
« Non, c’est Istanbul. Indique qu’il serait grand temps de mettre à jour votre GPS. »
Sur un coin de table
« Expression que nous devons aux chevaliers de la Table ronde. »

Ce que j’en pense
***

On retrouve avec grand plaisir l’auteur de Voyages en absurdie et Retour en absurdie. En choisissant cette fois de revisiter une belle collection d’expression françaises, l’humoriste peut laisser une nouvelle courir son imagination fertile et prouve que la Belgique compte sûrement les plus talentueux jongleurs de mots du moment. Après les grammairiens et philologues Joseph Hanse, Maurice Grevisse ou encore André Goosse qui ont décortiqué de façon très sérieuse (n’oublie pas ton Grevisse !) les subtilités du français, on a vu éclore outre-Quiévrain une formidable génération d’humoristes, dignes héritiers de Raymond Devos, tels que François Damiens et Benoît Poelvoorde du coté du cinéma, Philippe Geluck, Charline Vanhoenacker (qui fait les beaux jours de France Inter) et Stéphane de Groodt du côté des humoristes, de ceux qui ament à la fois jouer avec les mots et les faire chanter.
Pour ce livre de la jongle, l’acrobate du langage n’a pas hésité à mettre à contribution toute une équipe : « J’avais fait une liste d’expressions. Je l’ai passée en revue et en les lisant, parfois, l’inspiration venait vite. On a travaillé avec mon co-auteur, Christophe Debacq. On a aménagé les choses, on a fait un tri. Et, quand le travail est fait, je demande à ma femme de lire l’ouvrage à voix haute, près de moi. Comme ça, je peux m’assurer de la sonorité des mots également. »*
Le résultat est un savoureux mélange d’érudition et de jeux de mots laids. Mais il sera beaucoup pardonné à celui qui parvient à nous dérider en cette période troublée, aussi bien à Paris qu’à Bruxelles.
Alors amusons-nous… à décortiquer la technique De Groodt, en prenant l’exemple de la page 40 (voir extrait ci-dessous). Il utilise d’abord l’association phonétique, en rapprochant quartier de Cartier, ce qui lui permet de personnifier son propos. Voilà donc un navigateur en charge de l’expression. Mais le sens de la digression va permettre ensuite à l’auteur d’associer Cartier (redevenu phonétiquement quartier) à Orange (la ville pas le fruit) avant de nous ramener à l’explorateur en rappelant qu’il était originaire de Saint-Malo. Ce qui lui permet à nouveau un glissement sémantique vers le malouin, ce qui est très malin. Reprenant l’association d’idées, il s’engage sur les rives du Saint-Laurent (il aurait même pu préciser rive gauche pour hommes) pour passer à Yves Saint-Laurent. Peut être aurait-il pu s’éviter de faire intervenir ici Jacques Caddy, personnage qui n’existe que pour le jeu de mot mais qu’on ne connaît ni des lèvres, ni des dents. Mais nous voilà arrivé au terme du voyage : le grand découvreur était un homme libre. Voilà comment un Cartier libre toujours chérira la mer, à moins que par une dernière pirouette, il soit malade en bateau. Mais n’était ce pas ce que nous demandions de ce livre : nous faire mener en bateau. Alors bon vent !

Autres critiques
Babelio
Blog Garoupe – lectures
Blog Libre-R et associés
* dhnet.be (Belgique – Interview)

Extrait
« Avoir quartier libre
Nous devons l’expression « avoir quartier libre » à Jacques Cartier, non pas d’Orange mais de Saint-Malo. Célèbre navigateur qui à force de faire le malouin avec ses cartes finit par découvrir le golfe du Saint-Laurent, ce qui le rendit Yves de bonheur, enfin c’est ce que Jacques Caddy, et le fit aussitôt rentrer dans le club très fermé des grands découvreurs. « Avoir quartier libre » renvoie donc aux voyages en mer, ou inversement si vous êtes malades en bateau.»

A propos de l’auteur
Stéphane De Groodt est un acteur belge. Après avoir officié dans La Matinale (Canal+), sur RTL aux côtés de Stéphane Bern et sur France Inter aux côtés de Pascal Clark, il a présenté sa chronique Retour vers le futur sur le plateau du Supplément de Canal+ auprès de Maïtena Biraben. En 2014 il a réalisé son premier court métrage Palais de justesse, avant de préparer son long métrage et de se consacrer à nouveau à son métier d’acteur.
Ses deux ouvrages Voyages en absurdie et Retour en absurdie ont été des best-sellers, totalisant 500 000 exemplaires vendus. (Source : Editions Plon)

Site Wikipédia de l’auteur

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