La clef sous la porte

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La clef sous la porte
Pascale Gautier
Editions Joëlle Losfeld
Roman
192 p., 16,50 €
ISBN: 9782072624827
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule en France, à Cogolin et Laragne ainsi qu’à Bouffémont « dans la bienheureuse banlieue » et à Montfavet où « le ragot est la spécialité locale », vers Le Trou, vers Gleize comme vers Lagarde ou La Brèche. Un faits divers à Avignon est également mentionné.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
José, retraité solitaire et endurci, vit devant la télé. Ferdinand, dont la vie sonne aussi mal au bureau que dans son univers familial, subit une femme volage et une fille ado, véritable tête à claques qui le déteste. Auguste, la cinquantaine, est pris en tenaille entre une mère tyrannique et un père plutôt faible. Et Agnès, la quarantaine, toujours amoureuse d’hommes mariés, doit se rendre au chevet de sa mère qui agonise. Ses trois frères, des fardeaux qu’elle redoute, la supplient de venir à l’hôpital…
Pascal Gautier exploite l’un de ses thèmes de prédilection, ancien comme l’histoire de l’humanité : la relation parents / enfants, souvent ingérable, mais qui fournit à l’écrivain une source d’inspiration inaltérable, caustique et tendre. Après l’immense succès du roman Les vieilles, La clef sous la porte est, au vu du titre, une suite logique ou plutôt une sorte de retour sur le passé. Les personnages, doués d’une certaine espérance, se débattent afin de ne pas perdre pied. Aussi arriveront-ils, chacun à sa façon, à mettre la clef sous la porte et à choisir la liberté.

Ce que j’en pense
**
Chronique de la vie ordinaire en province, ce roman porte un regard amer sur les vies des petites gens. Loin de grands rêves de gloire, d’ambitions démesurées ou d’un destin fabuleux, le quotidien de José, Ferdinand, Auguste et les autres se limite surtout à se plaindre. Toute la litanie des petits soucis et des grands débats y passe : les impôts, les étrangers, la sécurité, les coût de la vie, la hiérarchie, la vie de couple, l’éducation ou encore la difficulté qu’il y a à communiquer avec les adolescents. Carla, la fille de Ferdinand, en est du reste l’illustration, presque jusqu’à la caricature. Elle est déjà sans illusions et presque sans avenir. C’est du moins l’impression de son géniteur : « C’est toujours facile de critiquer. Il sait qu’elle le prend pour un vieux débris. Depuis des siècles, la majorité des gens râle parce qu’elle n’a pas les mêmes avantages que ceux qu’elle envie. Ce n’est pas par conviction, idéal et tout le bazar. Il n’est quand même pas né de la dernière pluie, Ferdinand ! »
Seulement voilà, il arrive un jour où l’envie de se débarrasser de ses chaînes l’emporte sur la peur de l’avenir. Le jour où on se dit qu’après tout, on n’a plus rien à perdre, que quitte à mourir au moins on aura vécu quelque chose d’intéressant. Faut-il vraiment prendre son ticket dans la salle d’attente ? Faut-il vraiment accourir dès que sa mère annonce qu’elle est à l’article de la mort ? Faut-il continuer à vivre avec une épouse qui vous trompe allègrement ?
En répondant par la négative, l’auteur nous donne à goûter le parfum de l’évasion, (même s’il ne s’agit que d’une escapade au volant d’une camionnette) et nous offre une salutaire bouffée d’air du large. Vivifiant !

Autres critiques
Babelio
La Croix
ELLE
La Vie
Blog Encres vagabondes
Blog Muze
Blog Les petites lectures de Scarlett

Extrait
« Il s’appelle Auguste. Un prénom qui prête à sourire. Pourtant, auguste est celui qui inspire un grand respect, de la vénération, ou qui en est digne. Auguste était le prénom de son grand-père, le père de sa mère. Et le prénom de son arrière-grand-père, le grand-père de sa mère. Et on pouvait remonter comme ça jusqu’au Moyen Âge, une tradition dans la famille. À l’école, qu’est-ce qu’on avait pu se moquer de lui! L’enfance est cruelle. Aujourd’hui, il en sourit. Une de ses collègues s’appelle bien Prune. Il est professeur. Un métier qui a évolué depuis quelques décennies. Il y a du bon, il y a du mauvais. Son grand-père Auguste a fait la guerre, celle de 1914. Il en est sorti vivant et indemne. Un miracle. Un grand-père auguste, qui a ensuite adopté, comme sa propre fille parmi ses propres filles, une enfant juive pendant l’Occupation. Un grand-père juste. Infiniment bon et humain. Dont l’ombre lourde, marmoréenne, pèse. Il n’a rien d’auguste, lui, il le sait bien. Le monde d’hier n’est pas celui d’aujourd’hui. Il affectionne ces répliques frappées au coin du bon sens.
Pas de guerre, pas d’Occupation. Le quotidien. Le boulot. Les vacances. Le métro. Le dodo. L’être humain a rétréci. C’est peut-être ça le progrès. Devenir tout petit petit. Sûr, lui, personne ne se souviendra de lui dans cinquante ans. Mais à quoi ça sert de penser à tout ça ? Dans cinquante ans, c’est pas maintenant. Et avant-hier, c’est pas maintenant non plus.. » (p. 10)

A propos de l’auteur
Pascale Gautier, admiratrice de Raymond Queneau et de Thomas Bernhard, sait manier la narration comique avec brio. Derrière l’humour, il y a toujours quelque chose de profond qui a l’apparence de la légèreté. Directrice littéraire aux Éditions Buchet / Chastel, elle est l’auteur aux Éditions Joëlle Losfeld de Trois grains de beauté, qui a reçu le Grand Prix SGDL du roman, Fol accès de gaîté et Les vieilles. (Source : Editions Joëlle Losfeld)

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2 réflexions sur “La clef sous la porte

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