Riquet à la houppe

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Riquet à la houppe
Amélie Nothomb
Albin Michel
Roman
198 p., 16,90 €
EAN : 9782226328779
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule en France, à Paris, Fontainebleau et Nantes.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« L’art a une tendance naturelle à privilégier l’extraordinaire. »Amélie Nothomb Une rentrée littéraire ne serait plus une rentrée littéraire digne de ce nom sans un nouveau roman d’Amélie Nothomb comme elle seule en a le secret. Avec Riquet à la houppe, elle nous revient avec un conte pour adultes où le laid et brillant Déodat va rencontrer la belle et contemplative Trémière. On y retrouve tous les ingrédients qui font la saveur des livres de la plus Belge de nos auteurs : cruauté, humour noir, personnages improbables et même un cours d’ornithologie. Amélie n’a pas fini de nous surprendre.

Ce que j’en pense
Commençons par avouer une infidélité. Après avoir été parmi les premiers à découvrir et à aimer l’œuvre d’Amélie Nothomb (ma chronique d’Hygiène de l’assassin est datée de 1992) j’ai délaissé durant quelques années ses romans, avant d’y revenir à l’occasion de cette rentrée.
Aussi c’est avec une petite appréhension que j’ai ouvert ce vingt-cinquième opus. Une crainte que j’ai vite oublié en constatant qu’elle n’avait rien perdu de son talent de conteuse, qualité essentielle lorsque l’on se donne pour mission de revisiter Perrault.
Cette fois, il s’agit de dépoussiérer «Riquet à la houppe». Pour ce faire, l’auteur choisit de suivre en parallèle le destin de Déodat (notre Riquet) et celui de Trémière, un couple qui partage bien plus que le fait de porter un prénom peu commun.
Déodat est le premier enfant d’Enide et d’Honorat, un fils quasi miraculeux car sa mère à 48 ans au moment de l’accouchement. Sauf que l’enfant est d’une laideur peu commune et doit, dès le berceau, subir les quolibets de tous les visiteurs.
Il va dès lors grandir à l’abri des regards et étonner ses parents par son savoir. Lorsqu’à six ans, il part pour l’école primaire, il sait déjà lire et écrire, mais n’en évite pas pour autant les cruelles moqueries de ses camarades, le surnommant Déodorant, puis Déo. Faisant contre mauvaise fortune assaut de savoir, il va réussir à subjuguer toutes celles qui préfèrent un esprit bien fait à une figure de rêve.
Déodat enchaîne alors les liaisons, presque simultanément à sa passion pour l’ornithologie.
Trémière naît sur l’autre rive de Paris. Fille de Lierre et de Rose, elle ne peut en toute logique que s’appeler ainsi puisque son père «porte le nom d’une plante grimpante» et sa mère celui d’une rose. «Une rose qui grimpe, c’est une rose trémière.» Contrairement à Déodat, Trémière est d’une beauté à couper le souffle. Mais son physique ne va pas l’empêcher de subir à son tour les railleries de ses camarades, car elle ne brille pas par son intelligence. Mais grâce à sa grand-mère Passerose, elle va apprendre à profiter de ses atouts, se passionnant pour les bijoux auxquels son aïeule voue un quasi culte. Il ne se déroulera du reste pas plus de vingt-quatre heures après le vol de ces derniers pour qu’elle décède. Trémière va devenir l’égérie d’un joaillier et finira par croiser Déodat.
On n’en dira pas davantage, sinon à souligner le plaisir que l’on prend à cette relecture d’un genre littéraire trop délaissé. C’est à la fois cruel et actuel, joyeux et lumineux, humoristique et philosophique.

Autres critiques
Babelio 
Toute la culture (Martine Stisi)
France Info (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Blog Sur la route de Jostein 
Le Soir (Joëlle Smets)
L’Alsace (Jacques Lindecker – Interview de l’auteur)
Culturebox (Odile Morain)
Blog Les petits livres 
Blog Les petites madeleines 
Blog Cultur’elle (Caroline Doudet)
Les premières pages du livre

Extrait
« Lierre inventait des jeux vidéo, Rose dirigeait une galerie d’art dans le nouveau quartier branché de Chevaleret. Ils avaient vingt-cinq ans, ils n’avaient pas de temps à accorder à leur bébé. Un mois après l’accouchement, la jeune mère reprit son travail et confia la petite à sa mère, qui habitait une ruine somptueuse à Fontainebleau.
– Tu es sûre que c’est une bonne idée ? lui demanda Lierre.
– C’est là que j’ai grandi, élevée par ma mère, répondit Rose.
– La maison et la mère s’effondraient moins à l’époque.
– Je souhaite à ma fille une enfance aussi féerique que la mienne.
La mère de Rose s’appelait Passerose, autre nom de la rose trémière. Elle s’éprit de sa petite-fille au premier regard :
– Je ne pensais pas qu’il était possible d’être encore plus belle que Rose, dit-elle à l’enfançonne.
Personne ne connaissait l’âge de Passerose. Cette ignorance renforçait l’idée qu’elle venait d’une époque radicalement autre, où les papiers d’identité n’existaient pas et où les filles de seize ans hésitaient entre les carrières de fée ou de sorcière. Passerose semblait ne pas avoir choisi qui tenait autant de la sorcière que de la fée.
Rose n’avait jamais connu son père, ni même su son nom. Quand elle interrogeait sa mère à ce sujet, elle n’obtenait pas d’autre réponse que :
– Je l’aimais. Il est mort à la guerre.
– Quelle guerre ? Les Français ne faisaient pas la guerre au temps de ma naissance.
– Les Français font toujours la guerre quelque part.
– Parle-moi de lui.
– Je ne peux pas. C’était un trop grand amour.
Parfois, Rose soupçonnait Passerose de l’avoir inventé. Il n’en demeurait pas moins qu’elles habitaient un palais qui leur avait été légué par ce père et dont la propriété ne leur fut jamais contestée. »

A propos de l’auteur
Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre.
Ses œuvres sont traduites dans 40 langues, des U.S.A. au Japon. (Source : Éditions Albin Michel)

Site Internet de l’auteur 
Page Wikipédia de l’auteur 

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Focus Littérature

Tags :
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