L’été en poche (34): Les Déraisons

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En deux mots:
Une bouleversante histoire d’amour doublée d’un procès surréaliste. La dernière année que Louise et Adrien passent ensemble réserve bien des surprises. Une histoire servie par une langue étincelante de fantaisie.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes
« 3 octobre 2016
La pièce est magistrale. Ses murs dressés comme des remparts soutiennent une voûte suspendue à plusieurs mètres du sol, sculptée en éventail et percée d’une imposante lucarne. Par-delà, le ciel dispense sa lumière matinale, une colonie de nuages traverse lentement le tableau. Adrien ne peut s’empêcher de penser que, de là-haut, Louise doit se marrer.
Dans cette salle de justice, l’air en circulation lente a pris la couleur presque jaune des époques antérieures. Depuis la disparition de sa femme, il y a quelques mois, ici ou ailleurs, à tout moment, c’est comme si le présent était déjà ancien. En ñlant, Louise a emporté les pigments clairs de l’oxygène, elle s’est barrée avec le blanc. La vision d’Adrien a reculé d’un cran sur la palette Pantone. Même les murs de ce tribunal sont devenus légèrement plus foncés. Adrien observe le trône du président, une simple chaise posée derrière un imposant bureau face à l’assemblée. Dans quelques minutes, il va devoir répondre à des questions officielles, trier les mots, les peser, les modérer, les tempérer, il ignore s’il dispose encore de telles capacités dans son stock intérieur, ces dernières années, il n’a plus rien utilisé de tel.
Au fond de lui, ça marche, ça court, ça rampe, ça se cogne aux lines parois de ses entrailles, entre côtes et organes patrouillent en désordre curiosité et appréhension.
Le président du tribunal n’est pas tout jeune. il est petit, et le fait qu’il soit assis n’y change rien. Il est ratatiné à la fois des membres inférieurs et du torse, un tronc fin et compact, physiquement condensé, lyophilisé. »

L’avis de… Thierry Clermont (Le Figaro)
«Le livre a tout pour plaire et séduire : dialogues bien troussés, scènes déroutantes ou cocasses, quelques portraits bien croqués, tel celui du juge du tribunal des prud’hommes. On passe successivement de l’absurde au tragique, mais traité toujours en poésie, de l’amer au loufoque, avec, sur la bande musicale : Aretha Franklin, Leonard Cohen, Neil Young. Par facilité on évoquera moins l’accointance de ces Déraisons avec L’Écume des jours qu’avec En attendant Bojangles de Bourdeaut. On pourra également penser à un Buster Keaton égaré en ce début de XXIe siècle, ou à un Tarantino sans hémoglobine. On vous l’a dit : un bonheur de lecture!»

Vidéo

Remise du Prix de la Closerie des Lilas 2018 à Odile d’Oultremont. © Production Prix de la Closerie

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