Terminal 4

JOURDAIN_terminal_4  RL2020

En deux mots:
Après avoir interrogé un Libanais arrêté à l’aéroport en possession de pièces d’or à l’effigie de l’État islamique, Zoé et Lola vont assister à un incendie de voitures aux abords de Roissy. Sur place, elles découvrent un cadavre calciné dans le coffre de l’une d’elles. Une affaire en chasse une autre et une difficile enquête commence…

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

Lola et Zoé, enquêtrices de choc

Un duo féminin est chargé d’une délicate enquête après la découverte d’un cadavre calciné dans le coffre d’une voiture. Hervé Jourdain livre avec Terminal 4 un excellent thriller sur fond de lutte de pouvoir autour de questions politiques sensibles.

À la brigade criminelle aussi, on peut s’ennuyer. Zoé Dechaume et Lola Rivière se morfondent en attendant un gros coup, une affaire dans laquelle elles pourraient démontrer leur talent d’enquêtrices hors-pair. Mais ce n’est pas encore pour cette fois. Elles sont envoyées à Roissy où un ressortissant libanais débarquant de Beyrouth a été arrêté en possession de vingt pièces d’or frappées par l’État islamique et vingt billets de 100 dollars. Une sombre histoire de trafic, peut-être l’ébauche d’un réseau terroriste… Reste qu’il est bien difficile de recueillir des aveux. Une garde à vue s’impose.
Mais en quittant la zone de l’aéroport, elles voient les pompiers s’évertuer à éteindre l’incendie d’une dizaine de voitures. Comme elles sont sur place, elles vont pouvoir procéder aux premières constatations. Et ce qu’elles découvrent est effrayant. Dans le coffre de l’une des voitures, le corps d’une femme est carbonisé.
«Le cadavre a rôti sur la partie supérieure, côté réservoir. Le bas est intact. Jean taille basse détrempé, Stan Smith blanches à baguette verte aux pieds. Zoé se penche, ça pue l’essence. Elle arrête de respirer, tire sur la dépouille, tente de la retourner. Les mains, crochues, sont brûlées, la pulpe des doigts a disparu, l’os des phalanges est rogné. Le visage est méconnaissable, le nez et les yeux ont disparu, comme les lèvres qui laissent place à des dents bien plantées.»
Voilà l’affaire qu’elles attendaient, même si dès les indices sont bien maigres. Et comme l’identification s’avère difficile, le premier fil à tirer est celui des propriétaires de ces véhicules. En l’occurrence, il s’agit de chinois qui ont mis en place un réseau alternatif de chauffeurs, entre taxi et VTC. Mais bien entendu, ils n’ont aucune information à fournir sur ce cadavre. À l’aide des relevés de cartes bancaires et des appels téléphoniques, de nouvelles pièces du puzzle sont rassemblées, la carte bancaire d’une Canadienne, celle d’une Russe ainsi qu’un chauffeur de type africain. Mais rien ne s’emboîte. L’affaire va même se compliquer encore davantage avec un conflit entre zadistes opposés à l’agrandissement de l’aéroport et la construction du Terminal 4 et la direction de France Aéroports en charge du chantier. Le tout culminant en affaire politique puisque la pollution de l’air engendrée par cette extension va encore croître.
Hervé Jourdain, qui a été capitaine de police à la brigade criminelle de Paris, a l’expérience du terrain et sait que tant que tous les fils n’ont pas été tirés, il existe une petite chance de voir s’éclaircir un dossier que l’on pense impossible. Une audition à priori anodine, un haussement de sourcil, un rapport de la police scientifique ou la confrontation de déclarations contradictoires deviennent alors des éléments-clé. C’est avec patience et ténacité que Lola et Zoé vont progresser jusqu’à un épilogue inattendu, mais qui a le mérite de nous plonger dans une actualité brûlante.
Ce qui n’est pas le moindre des exploits de cet excellent thriller dont la parution a été repoussée en raison de la pandémie.

Terminal 4
Hervé Jourdain
Éditions Fleuve noir
Thriller
320 p., 19,90 €
EAN 9782265154629
Paru le 27/08/2020

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris et Roissy, ainsi qu’en banlieue.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Aux abords de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, alors que le soleil n’a pas commencé à pointer, les pompiers se démènent pour étouffer les flammes qui ravagent une dizaine de voitures. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que dans le coffre de l’une d’elles, un cadavre carbonisé les attend…
Lola Rivière et Zoé Dechaume, conduites dans les environs par les hasards d’une autre enquête, arrivent sur place les premières. Déterminées à résoudre cette affaire, les deux jeunes femmes vont rapidement s’apercevoir que l’aéroport est une zone qui cristallise de multiples tensions. Conflits entre taxis et VTC clandestins, militants installés à proximité des pistes pour s’opposer au projet du nouveau terminal, et luttes politico-économiques autour de la pollution atmosphérique générée par l’aéronautique, les enjeux sont nombreux et les fils à démêler ne manquent pas pour atteindre la vérité…

Les critiques
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Blog L’atelier de litote 

INCIPIT (Les premières pages du livre)
« Ouverture
L’ancien chef de groupe incendie des pompiers de Paris court, ses chaussures de sécurité accrochent le bitume, il enfile son casque rouge, vocifère en doublant un bleu :
— Bouge-toi le cul, gamin !
Le sergent prend appui sur le marchepied, grimpe le premier à bord du Panther 8×8, il est 6 h 37, quarante secondes se sont écoulées depuis l’alerte. L’humidité colle au tarmac comme souvent un 7 mars sur la zone aéroportuaire de Roissy-Charles-de-Gaulle. À peine installé, il se retourne, ils sont cinq à monter à la queue leu leu.
— Démarre ! crie-t-il au chauffeur sitôt tout le monde installé.
— Feu de voitures sur le chantier du Terminal 4, confirme l’opérateur radio.
— Bien pris ! répond le militaire.
Le chef d’agrès se retourne en direction du bleu, l’interpelle alors que le monstre rouge vrombit :
— Hé, gamin ! Tu peux me dire à quelle vitesse peut rouler ce véhicule ?
— 135 km/h, sergent !
— Et son poids ?
— 52 tonnes.
— Et combien ses canons peuvent déverser d’eau à la minute ?
— 10 000 litres.
— Ça fait combien à la seconde ?
La réponse ne vient pas. Le sergent s’agace :
— Alors ?
— À une distance de 100 mètres, sergent !
— C’est pas ce que je te demande. Quelle quantité d’eau à la seconde, nom de Dieu ?
— Euh… 166 litres ?
— Pas trop tôt. Quel délai a-t-on pour intervenir selon la réglementation européenne ?
— Deux minutes.
— OK, gamin. C’est toi qui prendras en main le canon. T’as entendu ? hurle-t-il par-dessus son épaule pour se faire entendre.
Dernière recrue de l’équipe, le bleu vit là son baptême du feu.
— À vos ordres, sergent ! répond-il alors qu’il distingue enfin les flammes qui dévorent une dizaine de voitures stationnées en épi.
Le Panther quitte le bitume, ses huit roues motrices s’engagent sur la terre meuble dévolue au futur projet de terminal lancé par la société France Aéroports, puis s’approche à une vingtaine de mètres du brasier et pile. À l’écart, des automobilistes, sortis de leurs véhicules, et quelques occupants de baraquements de fortune observent, les mains sur le visage, la violence des flammes grimpant à plus de vingt mètres de hauteur et le dessin éphémère des cloques sur la carrosserie.
Le bleu est à son poste. Sous le contrôle de son tuteur, il dirige le canon à eau à l’aide d’une manette, fixe la pression à dix bars et déclenche l’intervention. La portière d’un premier véhicule rongé par le feu est soufflée par l’impact. D’autorité, le sergent réduit la puissance, l’incendie est circonscrit en moins de quinze secondes.
— À terre, les gars !
Plusieurs tuyaux d’incendie sont déroulés, l’un d’eux est actionné par précaution.
— Pour mon premier, j’aurais préféré que ce soit un avion, intervient le bleu.
Ses nouveaux collègues font semblant de ne pas avoir entendu. L’un d’eux a connu le crash du Concorde en 2000. Arrivé huit minutes après, il n’y avait plus personne à sauver.
— Récupère l’appareil photo au lieu de raconter n’importe quoi ! lui lance le sergent.
— Pour quoi faire ?
— Parce que ça peut toujours servir, répond-il en enfilant une deuxième paire de gants. Prends-moi des photos de chaque carcasse ! Et maintenant, qu’est-ce que je dois faire en priorité ?
— Aviser l’opérateur radio de la fin de l’intervention, sergent.
— Très bien, mais quoi d’autre encore ?
— S’assurer qu’il n’y a aucune victime.
— Mmmh.
Alors qu’un premier véhicule de police s’approche du secteur, le chef d’agrès entame l’ouverture des portières et des coffres de chaque véhicule, dont le système de verrouillage a été détruit par le feu. Malgré son expérience de pompier de Paris et plusieurs centaines d’interventions à son actif sur le site, ce qu’il découvre à la toute fin de son inspection dans l’un des habitacles arrière le fait reculer de plusieurs pas.
— Hé, gamin ! Viens voir par-là ! Tu voulais des sensations fortes, pas vrai ?

Le siège de la police judiciaire parisienne ressemble à une ruche. Si la reine est un roi, les abeilles, près de deux mille, sortent et rentrent en continu de leur repère, de leur bastion aux tons pastel, immeuble ultra-sécurisé qui se fond dans l’architecture moderne de la ZAC Clichy-Batignolles.
Chose rare, tous les insectes sont réunis aux aurores. Ils sont rassemblés par grappes, en cercles, ponctuels au rendez-vous, personne ne rechigne. Lola, elle, fait le piquet au rez-de-chaussée, dans le hall gigantesque, encore endormie, bien couverte, loin des courants d’air. Cent fois elle a connu cet épisode. Pas moins. Peut-être plus. Et à chaque convocation la même posture, la même gêne, le thorax compressé, la tête vissée en direction du sol, le ventre dur, les picotements dans les pieds. Rester figée, stoïque, garder le silence, attendre que ça passe, égrener les secondes, ne pas réfléchir pour ne pas se morfondre. Ou alors, penser à autre chose, fuir ailleurs, dans les étages, se rapprocher de la machine à café, glisser des pièces jaunes dans la fente, régler la dose de sucre, prendre son temps. L’esprit en maraude, elle assure justement la descente du gobelet, le voit se remplir lentement, s’en saisit du bout des doigts, le porte à ses lèvres délicatement, les narines imprégnées d’amertume, les ailes du nez réchauffées par les volutes de fumée. Depuis peu, Lola reboit du café. Son Crohn l’accepte enfin. Peut-être est-ce l’effet de l’amour, tout simplement…
Aujourd’hui, Lola Rivière, fraîchement nommée capitaine de police, offre d’ailleurs ses pensées à un homme. Elle l’a laissé, quelques heures plus tôt, à peine rassasiée de ses fesses, musclées, de ses jambes, fuselées, de son corps nu d’athlète, tendre et ferme, qu’elle a caressé des heures durant avant d’enfiler à la hâte jean et sweat-shirt par-dessus les sous-vêtements en dentelle qu’il s’est empressé de lui offrir dès sa descente de train. Gaël Diniz habite loin, du côté des Ardennes. Ingénieur sécurité, il aimerait se rapprocher de Paris, mais les centrales nucléaires se font rares en Île-de-France. Gaël n’a pas toujours été qu’un prénom, il a d’abord été un témoin, est devenu le suspect d’une série de disparitions inquiétantes, s’est transformé en sauveur. Il court vite et longtemps aussi, dans les sous-bois ou sur tartan, dans la boue ou sur bitume, il collectionne les podiums. Il est le chevalier de ses nuits, elle est sa fée, elle lui doit la vie, et ça la bouffe de l’intérieur plus que jamais à cet instant.
C’est plus fort qu’elle, Lola relève les yeux, juste assez pour scruter les chaussures, mocassins, baskets sombres ou Caterpillar. Sur sa gauche, des uniformes. Alignés derrière un brigadier-major, les garde-détenus, souliers cirés, ne bougent pas d’un iota, le petit doigt sur la couture du pantalon. Ils patientent, ne bronchent pas, ils sont jeunes, polis, déférents, ils obéissent. Elle est seule, se sent seule, tourne la tête, cherche Zoé, se contorsionne, aperçoit sa nuque, glisse sur la pointe des pieds entre les cuirs et les parfums, se tord et se faufile, tousse pour s’annoncer. Les mains dans les poches de sa veste, la blonde palabre avec un flic de l’Identité judiciaire, dos à l’immense vitrine qui renferme les médailles de chaque service de la police judiciaire parisienne.
Guillaume Desgranges, lui, est absent. Leur chef de groupe les a abandonnées pour un stage d’une semaine en province, dans une école de police. Cinq jours pour tout apprendre des méthodes de constatations dans le cadre d’un attentat de type NRBC. Nucléaire, Radiologique, Bactériologique, Chimique, les mots font peur. «Un jour ça arrivera, ça nous pétera à la gueule.» Bientôt Desgranges ramassera les macchabées par dizaines, par centaines, peut-être même par milliers, prédisent les experts qui gagnent leur vie à inquiéter les abonnés des chaînes d’info en continu et à courir les colloques et les conférences. Alors le commandant de police se prépare loin de ses deux collègues, apprend à enfiler une tenue avec masque de protection, à prendre des notes avec des moufles aussi épaisses que des gants de boxe, à utiliser le matériel de décontamination. Parce qu’un jour…
L’heure approche. Les visages se tournent vers la cage d’ascenseur. Les huiles débarquent, sans le directeur qui, dit-on, est retenu à la préfecture de police, mais avec Hervé Compostel, le chef de service – le « patron » comme l’appellent respectueusement ses effectifs, le « taulier » comme disent les enquêteurs de la brigade criminelle lorsque ses choix sont discutés en catimini au fin fond d’une brasserie anonyme du quartier des Batignolles. Elle l’observe progresser, le brouhaha s’estompe, tous savent. Lola se saisit de son téléphone, mode avion indispensable, surtout ne pas se faire remarquer. Et Hervé Compostel, sourire contrit, portable coincé entre l’épaule et l’oreille, une feuille roulée en forme de longue-vue à la main, fend la foule, costume gris anthracite sur les épaules, jusqu’à se poster au milieu du hall.
Il s’arrête, fixe sa montre, tous le regardent, policiers en tenue, en civil, administratifs, attachés, techniciens, informaticiens, sécurité civile, tous les corps de métier sont présents, l’oreille attentive. Il débute : « Mesdames, messieurs, chers collègues. Nous sommes à nouveau rassemblés aujourd’hui pour… » Comme toujours les mots sont brefs, graves, les phrases courtes, réfléchies, travaillées de longues heures durant par un ponte de la place Beauvau ou de la rue des Saussaies, glissées dans un parapheur, lues et relues par toute une chaîne hiérarchique, transmises par télégramme et par e-mail à l’ensemble des chefs de service de la police et de la gendarmerie nationales. Le commissaire divisionnaire Compostel les récite, il les a apprises par cœur, on se dit en coulisses qu’il pourrait très vite devenir le prochain roi de la ruche. Les langues de vipère, celles des concurrents, des jaloux, des aigris, disent que rien ne se refuse à un homme qui a perdu son fils unique, adolescent poussé au suicide et retrouvé pendu à un arbre dans une roseraie de la banlieue sud.
Lola pense que cette promotion serait une bonne chose, qu’il la mériterait, qu’il est un homme de dossiers, et qu’il fait preuve d’un management humaniste. Il est disponible, il défend ses troupes, il aime la PJ. Mais elle le croit capable de refuser. Lola l’apprécie. Leur proximité a fait jaser un temps, aujourd’hui c’est oublié, terminado. Il a repris ses distances, surtout depuis l’affaire des Ardennes, depuis cette virée à Charleroi qui a coûté à la jeune femme une mise en examen et un placement sous contrôle judiciaire alors qu’elle enquêtait hors des clous avec Zoé sur la disparition de Sylvie Desgranges, la femme de leur chef de groupe.
Comme d’habitude, Lola ne sait que faire de ses membres supérieurs. Immobile, figée, transie, à l’écoute, comme tous ses voisins, elle fixe les lèvres de son patron, les bras en V, les mains jointes à hauteur de sa boucle de ceinture.
L’histoire est dramatique. L’objet de ce rassemblement était motard, marié, trois enfants – onze, sept et quatre ans. Il escortait le bus d’une équipe de football professionnel, accusant un retard d’une demi-heure, dans le cadre d’une rencontre officielle. Il a perdu l’équilibre à l’approche d’un rond-point avant de se faire percuter par le véhicule qu’il convoyait. Mort sur le coup. « …à l’heure où je vous parle, la dépouille de notre collègue gendarme, récipiendaire de la Légion d’honneur, est inhumé dans sa ville natale. En guise d’hommage, nous allons respecter une minute de silence», conclut Compostel.
Les têtes se baissent, le regard de Lola s’est embué, elle renifle, les doigts de Zoé s’enroulent autour des siens, des spasmes lui secouent le visage. Le silence est lourd, pesant, l’enquêtrice accuse le coup, plus que les autres, bien plus. Elle se récite son propre éloge funèbre, peut-être parce que, après avoir vécu l’enfer entre les mains d’un gourou dans les forêts ardennaises, elle a goûté à la mort, là-bas, dans un étang; peut-être parce qu’un court instant, le corps immergé dans les profondeurs, fatiguée de souffrir, elle n’a plus cherché à résister. «Respire», lui souffle Zoé au moment où Compostel libère les effectifs d’un «merci» chaleureux. »

Extraits
« Zoé sort des gants en plastique fin de l’une des poches de son blouson. Elle les enfile, avance de nouveau. Les vêtements du haut ont fondu, le dos nu du corps, strié, lui fait face. Elle le touche, le cadavre a rôti sur la partie supérieure, côté réservoir. Le bas est intact. Jean taille basse détrempé, Stan Smith blanches à baguette verte aux pieds. Zoé se penche, ça pue l’essence. Elle arrête de respirer, tire sur la dépouille, tente de la retourner. Les mains, crochues, sont brûlées, la pulpe des doigts a disparu, l’os des phalanges est rogné. Le visage est méconnaissable, le nez et les yeux ont disparu, comme les lèvres qui laissent place à des dents bien plantées. Elle palpe le crâne, des filaments, longs et noirs, s’amalgament sur ses gants.
Zoé se retire, ventile.
— Vous en pensez quoi ? la sollicite le substitut.
— Qu’elle n’avait rien à faire dans ce coffre. À première vue, c’est une femme, moins de trente ans.
— Et les causes de la mort ?
— Je ne suis pas légiste, mais j’espère seulement qu’elle était morte avant l’incendie. »

« Elle repose son Smartphone sur le plan de travail de son coin cuisine, enfile des sous-vêtements, soulève le capot de son ordinateur portable professionnel, s’empare d’un jean propre, ouvre son navigateur Internet et sa boîte e-mail. Ça mouline, elle pense à Savannah Schneider, à l’autre bout du monde, délestée de sa carte visa. Lola égrène les quelques pièces du puzzle: Roissy, zadistes, Chinois, carte bancaire d’une Canadienne, carte bancaire d’une Russe, chauffeur de type africain. Rien ne s’emboîte, elle est perdue, se dit que le macchabée a peut-être cherché à jouer en solo, genre complice du Black devenue victime du Black. Lola se dit aussi que Savannah Schneider n’est peut-être pas tout à fait aussi claire qu’elle a bien voulu le laisser entendre à l’autre bout du fil parce que, à l’exception d’une réponse relative à l’identification des dix véhicules incendiés, elle n’a pas reçu le moindre relevé de compte. La Canadienne avait pourtant promis de le lui faire parvenir. » p. 62

À propos de l’auteur
Ancien capitaine de police à la brigade criminelle de Paris, Hervé Jourdain est l’auteur de Sang d’encre au 36 (Prix des lecteurs du Grand Prix VSD du polar, 2009), de Psychose au 36 (2011), du Sang de la trahison (Prix du Quai des Orfèvres, 2014), de Femme sur écoute (Grand Prix Sang d’Encre, 2017) et de Tu tairas tous les secrets (2018). Nommé récemment commandant, il officie désormais comme analyste au ministère de l’Intérieur. (Source: Fleuve)

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