Kisanga

GRAND_Kisanga
coup_de_coeur

En deux mots:
Une société conjointe sino-française est chargée d’exploiter un fabuleux filon découvert au Kisanga. Entre Carmin, aux pratiques néocoloniales et la Shanxi Mining, qui entend régner en maître en République du Congo tous les coups sont permis.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

Minerai, magouilles et affaire d’État

L’auteur de Terminus Belz est de retour avec un thriller haletant qui mêle espionnage, politique et affaires industrielles… et une réflexion très documentée sur l’exploitation de l’Afrique.

Au-delà du thriller habilement construit, ce roman est une enquête très fouillée sur la manière dont l’Afrique a été exploitée et en particulier sur la façon dont le Congo a été et continu d’après la proie de prédateurs qui n’ont pour seule éthique que leur tiroir-caisse. Comme le résume un prédicateur en citant le Deutéronomes : « « si tu passes dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger du raisin à ton gré, jusqu’à satiété, mais que tu n’en mettras pas dans ton panier. Si tu traverses les moissons de ton prochain, tu pourras arracher des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur la moisson de ton prochain ». Mais le Blanc, lui, a mis la vigne dans son panier. Et il a porté la faucille sur notre moisson. Il s’appelait Léopold. Son règne a duré cent ans et l’indépendance n’a rien changé. Hier c’était l’ivoire et le caoutchouc, aujourd’hui c’est le cuivre, l’uranium, l’or et les diamants. Et à chaque fois, le sang du ndombe a coulé. Le sang des Balemba, des Bayeke, des Balunda et de beaucoup d’autres. Pour construire Bwana Changa-Changa, l’homme blanc a plongé son frère dans la misère. Il l’a fait dormir par terre, mordre par les serpents. Il l’a fait marcher dans les collines, chercher dans les buissons, soulever les pierres avec ses mains. Puis il l’a volé et ne lui a laissé que la souffrance et les larmes. Alors, un jour l’homme noir a désiré les richesses de la terre et il a chassé l’homme blanc. Il a planté son couteau dans le cœur de son frère. Et le frère de son frère l’a tué à son tour; Et le frère du frère de son frère s’est vengé. Et ce pays a saigné et continuera de saigner pendant des années par la faute du mundele. »
Kisanga est le nouvel enjeu des «saigneurs». Cet exceptionnel filon de minerai est, après d’âpres négociations, confié à la Chine et à la France par les dirigeants politiques congolais. Ils en espèrent un double profit, d’abord éviter la mainmise du seul Empire du milieu sur les infrastructures du pays, à commencer par la puissante Shanxi Mining et d’autre part une saine concurrence qui conduira à une course à la production. Et de fait l’entreprise française Carmin entend démonter qu’en trois mois, elle peut – grâce à une équipe de choc – relever ce défi et, ce faisant, faire grimper la valeur de ses actions jusqu’au ciel des investisseurs qui miseraient sur ce «nouvel eldorado du XXIe siècle.»
Ce pourrait aussi être l’occasion de redorer le blason de l’entreprise qui, lorsqu’elle s’appelait encore CMA s’était fait remarquer par des pratiques aussi illégales que criminelles. Mais avec l’aide des plus hautes autorités de l’État, elle avait réussi à étouffer le scandale. Car l’armée, sous couvert d’humanitaire, avait monté une opération de soutien baptisée «Antioche». Un journaliste qui avait eu vent de ces pratiques s’était mis en tête de rassembler des preuves, mais sans réussir.
Il semblerait toutefois que des photos prouvant le trafic et les exactions des militaires français existent et qu’un groupuscule paramilitaire congolais se soit proposé de les vendre au plus offrant. Si Da Costa n’a pas les moyens que réclament le vendeur, il se dit que l’occasion est trop belle pour faire éclater le scandale.
Voici bientôt rassemblés en RDC tous les protagonistes – officiels et cachés –pour un combat qui s’annonce à hauts risques. Très vite les premières tombent, faisant grimper la tension d’un cran. La vérité finira-t-elle par éclater? Français et Chinois vont-ils s’entendre ou au contraire tenter de tirer la couverture vers eux? Les autorités congolaises laisseront-elles sans réagir s’accumuler les cadavres? Le placement sera-t-il à la hauteur des attentes des investisseurs? Autant de questions qui vont trouver leurs réponses au fil des chapitres suivants, très habilement construits et qui vont apporter leur lot de rebondissements et révélations.
Depuis la trilogie de Marc Dugain, L’Emprise, Quinquennat et Ultime partie, je n’avais rien lu d’aussi solidement documenté et d’aussi prenant. Un roman idéal à mettre dans vos bagages, car s’il laisse un petit goût amer sur les pratiques néo-colonialistes des grandes puissances, il a tout du thriller haletant et confirme le talent de l’auteur de Terminus Belz.

Kisanga
Emmanuel Grand
Éditions Liana Lévi
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par
392 p., 21 €
EAN : 9791034900022
Paru le 15 mars 2018

Où?
Le roman se déroule principalement en République démocratique du Congo, de Lubumbashi à Lutaka, mais la France y est aussi évoquée, notamment Paris et la banlieue comme Montrouge ou Bagneux, ainsi que la Mayenne avec Château-Gontier, Laval ou encore Saint-Germain-le-Fouilloux et le Vaucluse, avec Ménerbes et Cavaillon.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Joli coup pour Carmin. Le fleuron minier français signe un partenariat historique avec la Chine afin d’exploiter un exceptionnel gisement de cuivre au Congo. Annoncé en grande pompe par les gouvernements respectifs, soutenu par les banquiers d’affaires, le projet Kisanga doit être inauguré dans trois mois. Un délai bien trop court pour Olivier Martel, l’ingénieur dépêché sur place pour le piloter, mais en principe suffisant pour les barbouzes chargées de retrouver un dossier secret susceptible de faire capoter toute l’opération s’il tombait entre de mauvaises mains. Celles de Raphaël Da Costa par exemple, un journaliste qui s’est déjà frotté par le passé à Carmin et aux zones grises du pouvoir. Trois mois, le temps d’une course-poursuite haletante au cœur de la savane katangaise et sur les pistes brûlantes du Kivu, pour découvrir ce que dissimule le nom si prometteur de Kisanga. Du suspense, du rythme et un réalisme redoutable irriguent ce thriller implacable sur les nouveaux jeux d’influence en Afrique.

Les critiques
Babelio
Actualitté (Cécile Pellerin)
Page des libraires (Virginie Vallat – Librairie de Paris, Saint-Etienne)

L’Usine Nouvelle (Christophe Bys)
France Culture – émission « Le réveil culturel – Tewfik Hakem)
Blog Quatre sans quatre 
LivresHebdo (Prix Landerneau 2018)
Blog Polarmaniaque
Blog Black Novel 1 


Kisanga, le nouveau roman d’Emmanuel Grand est un condensé de suspense sur les nouveaux jeux d’influence en Afrique. Toute ressemblance avec des faits réels ne serait que pure et fortuite coïncidence… © Production TV5 Monde

Les premières pages du livre: 
« Ménerbes. À quinze kilomètres de Cavaillon.
7 heures. Le seul moment de la journée à peu près supportable en cette saison. Dans quelques heures, le soleil monterait droit dans le ciel, jaune et fier, écrasant de chaleur les sommets du petit Lubéron. Du haut de la falaise de calcite, à l’abri des massifs de chênes verts et de genévriers, on embrassait la vallée d’un seul coup d’œil. Les maisons éparses aux toits de tuiles poudrés, les champs de vigne bien alignés, les collines boisées découvrant de longs flancs crayeux, puis une route au loin, longeant la rivière.
L’homme s’avança vers le vide en prenant garde de ne pas se découvrir. Il régla ses jumelles longue portée. La visibilité était parfaite. De là où il se trouvait, il distinguait les moindres détails de la bastide du xviiie adossée à la montagne. Nichée dans une chênaie au milieu d’un terrain ceinturé d’un mur de pierres sèches, elle était composée de cinq bâtiments de hauteurs et de tailles différentes. À l’est, les façades ocre léchées par les premiers rayons du soleil donnaient sur des jardins en terrasse impeccablement entretenus. Au bout d’une allée bordée de buis et de chèvrefeuille, adossée à un haut mur et une haie d’oliviers, une pelouse aussi verte qu’un green de golf encerclait une imposante piscine rectangulaire.
L’homme regarda sa montre puis recula de quelques pas.
Il avait repéré une voiture, une grosse berline de couleur sombre, arrêtée sur une voie d’accès. Il n’y avait plus qu’à attendre. Quelques minutes, une heure tout au plus. La cible était matinale et pouvait apparaître d’un instant à l’autre. À ce moment précis, il faudrait être prêt. Allongé à ses pieds, un second homme, vêtu lui aussi d’un treillis de camouflage, surveillait les lieux à travers la lunette de sa carabine de précision.
Sa respiration était lente. Une brise légère caressait les feuilles des arbres.
Tapis dans les rochers, les deux guetteurs observaient la bâtisse sans bouger, quand soudain une silhouette apparut sur la terrasse. Le militaire fit le point sur ses jumelles. Un homme aux cheveux blancs, en robe de chambre nid-d’abeilles, tenait un bol de café à la main. Le sniper ajusta la crosse de son arme sur son épaule et resserra son index sur la queue de détente.
Le militaire à la jumelle déploya la paume de sa main gauche comme pour l’empêcher de tirer. Épiant le moindre geste du type en contrebas, il attendit que celui-ci se tourne pour se présenter sous un angle plus favorable. Alors la cible renversa la tête en arrière et vida son bol de café d’un trait. Il l’avait en pleine ligne de mire quand son walkie-talkie se mit à grésiller.
– Allô !
– Oui, mon colonel.
– Ne tirez pas. Je vais sur place. Citroën grise immatriculée CE 371 SL.
– Bien, mon colonel.
– Je suis en civil, veste bleu marine. Interdiction de faire feu sans mon accord. Je vous ferai un signe si ça tourne mal, mais pour le moment, je joue seul.
Le capitaine répercuta l’ordre à son tireur d’élite et vingt minutes plus tard, un nuage de poussière monta du chemin annonçant la Citroën qui termina sa course à l’ombre des cyprès. Le colonel en veste bleue sortit de la voiture, traversa le jardin et frappa à la porte. Le capitaine qui le suivait à la jumelle grogna entre ses dents. Le colonel était entré à l’intérieur et il ne l’avait plus en visuel. La mission venait de se compliquer singulièrement. Le sniper relâcha la pression. »

Extrait
« La Bible, continua-t-il sur un ton emphatique, dit que « si tu passes dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger du raisin à ton gré, jusqu’à satiété, mais que tu n’en mettras pas dans ton panier. Si tu traverses les moissons de ton prochain, tu pourras arracher des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur la moisson de ton prochain ». Mais le Blanc, lui, a mis la vigne dans son panier. Et il a porté la faucille sur notre moisson. Il s’appelait Léopold. Son règne a duré cent ans et l’indépendance n’a rien changé. Hier c’était l’ivoire et le caoutchouc, aujourd’hui c’est le cuivre, l’uranium, l’or et les diamants. Et à chaque fois, le sang du ndombe a coulé. Le sang des Balemba, des Bayeke, des Balunda et de beaucoup d’autres. Pour construire Bwana Changa-Changa, l’homme blanc a plongé son frère dans la misère. Il l’a fait dormir par terre, mordre par les serpents. Il l’a fait marcher dans les collines, chercher dans les buissons, soulever les pierres avec ses mains. Puis il l’a volé et ne lui a laissé que la souffrance et les larmes. Alors, un jour l’homme noir a désiré les richesses de la terre et il a chassé l’homme blanc. Il a planté son couteau dans le cœur de son frère. Et le frère de son frère l’a tué à son tour; Et le frère du frère de son frère s’est vengé. Et ce pays a saigné et continuera de saigner pendant des années par la faute du mundele.
L’homme reprit sa respiration.
– Moi, je conduisais des camions. Je n’étais rien. Mais mes yeux ont vu Antioche comme je te vois, comme on voit parfois l’Histoire de son propre pays se construire devant nos yeux.
– Qui s’intéresse à Antioche aujourd’hui?
– Tout le monde. »

À propos de l’auteur
Emmanuel Grand, né à Versailles en 1966, a passé son enfance en Vendée et vit aujourd’hui en région parisienne. Il est l’auteur de deux polars très remarqués: Terminus Belz (prix PolarLens, Tenebris et prix du polar SNCF) et, en 2016, Les salauds devront payer (prix Interpol’Art). (Source : Éditions yyyy)

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La saison des feux

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En deux mots:
Quand Mia et sa fille Pearl s’installent à Shaker Heights, dans la banlieue chic de Cleveland, elles ne se doutent pas combien cette décision va bousculer la communauté, à commencer par celle des Richardson et de leurs quatre enfants.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

«Allumer le feu et faire danser les diables et les dieux»

Dans ce second livre traduit en français, Celeste Ng confirme son talent. L’auteur de «Tout ce qu’on ne s’est jamais dit» s’y montre aussi incisive qu’impitoyable.

Avec deux livres, Celeste Ng impose déjà sa patte sur la littérature américaine contemporaine. Son sens de l’observation et son analyse très fine de la société l’ont propulsé au rang de figure de proue de la jeune génération d’écrivains d’Outre-Atlantique. Avec d’excellentes raisons, à commencer par un sens diabolique de la construction dramatique.
Si «Tout ce qu’on ne s’est jamais dit» s’ouvrait avec la découverte d’une jeune fille noyée dans un lac, ce nouvel opus commence également par un fait divers, une énigme: un incendie vient perturber la vie tranquille des habitants de Shaker Heights dans la banlieue chic de Cleveland. Une banlieue que l’auteur connaît bien pour y avoir vécu de 1990 à son départ pour l’université en 1998. C’est du reste l’époque où elle situe cet acte malveillant initial. Car d’après les pompiers, l’origine criminelle ne fait aucun doute, ayant découvert un accélérateur et plusieurs foyers simultanés.
Cette image des feux qui s’allument un peu partout va dès lors accompagner le lecteur. Car ils vont très vite découvrir que derrière les façades sages, le calme et la sérénité apparents, il suffira d’une étincelle pour allumer le feu et, comme le chantait Johnny Halliday, «faire danser les diables et les dieux».
Les regards vont très vite se tourner du côté des moutons noirs, des habitants qui sont «différents», à commencer par Izzy, la fille rebelle des Richardson qui aurait très bien pu mettre le feu à la maison familiale.
Puis le regard va se porter vers Mia Warren et sa fille Pearl qui ne cadrent pas non plus avec les habitants-modèle du quartier. Depuis qu’elles sont arrivées, leur passé bohème a vite fait de leur coller une réputation de marginales.
Izzy n’était-elle du reste pas liée avec Pearl? Et Mia ne travaillait-elle pas pour Elena Richardson qui lui louait également un appartement? Et comme en plus, elle semble avoir disparu sans laisser de traces…
Seulement voilà, lorsque l’on désigne aussi rapidement des coupables, c’est que l’on a envie d’évacuer une affaire avec laquelle on ne se sent pas vraiment à l’aise. Et tout le talent de Celeste Ng consiste à nous faire découvrir peu à peu les failles des uns et des autres, de ces familles «bien sous tous rapports». Mais il n’y a qu’à creuser un peu sous le vernis pour découvrir frustrations, envies, jalousies et convoitises.
Izzy trouve en Mia l’artiste le modèle de la femme libre qu’elle rêve d’être. Son frère Moody tombe amoureux de Pearl qui, après des années d’errance et de difficultés financières rêve du mode de vie des Richardson. Du coup Elena s’affole…
Flash-back. Nous partons à New York où Mia a suivi une formation à l’art et où son «œil» a été repéré par une galeriste. Mais elle va devoir rentrer faute de pouvoir continuer à financer ses études. C’est à ce moment qu’elle rencontre les Ryan qui lui proposent d’être une mère-porteuse et lui font un pont d’or. Une proposition qu’elle va finir par accepter.  Pendant le restant de sa vie, Mia se demanderait à quoi aurait ressemblé son existence si elle n’était pas allée au restaurant ce jour-là. Sur le coup, ça avait ressemblé à une plaisanterie: juste un moyen de satisfaire sa curiosité et d’avoir un bon repas par-dessus le marché. Par la suite, bien entendu, elle comprendrait que ça avait tout changé pour toujours.»
Voilà le roman qui bascule à nouveau ou plutôt qui s’enrichit de nouvelles problématiques qui vont relier toutes ces femmes et toutes ces filles, à commencer par leur place dans la société, leur légitimité, leurs droits et devoirs.
Un passionnant chassé-croisé orchestré par une plume incisive qui n’hésite pas à remettre sur le devant de la scène la lutte des classes ou le racisme avec une subtilité qui ne fait que donner encore davantage de poids à la démonstration. Magistral!

La saison des feux
Celeste Ng
Sonatine Éditions
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par Fabrice Pointeau
384 p., 21 €
EAN : 9782355846502
Paru le 5 avril 2018

Où?
Le roman se déroule aux États-Unis, plus précisément à Shaker Heights dans la banlieue de Cleveland dans l’Ohio, à Silver Springs, mais aussi à New York.

Quand?
L’action se situe de la fin du XXe siècle à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Quand le voile des apparences ne peut être déchiré, il faut parfois y mettre le feu.
À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.
Après Tout ce qu’on ne s’est jamais dit (Sonatine Éditions, 2016), Celeste Ng confirme avec ce deuxième roman son talent exceptionnel. Rarement le feu qui couve sous la surface policée des riches banlieues américaines aura été montré avec tant d’acuité. Cette comédie de mœurs, qui n’est pas sans rappeler l’univers de Laura Kasischke, se lit comme un thriller. Avec cette galerie de portraits de femmes plus poignants les uns que les autres, c’est aussi l’occasion pour l’auteur d’un constat d’une justesse étonnante sur les rapports sociaux et familiaux aujourd’hui.

Les critiques
Babelio
Le Point (Julie Malaure)
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Mon féérique blog littéraire 
Blog Sangpages 
Blog Les livres de Joëlle 
Blog Abracadabooks 
Blog Froggy’s Delight 


Bande-annonce de La Saison des Feux, par Celeste Ng © Production Hachette livre

Les premières pages du livre
« Que vous optiez pour un terrain constructible dans la zone des écoles, de vastes hectares de terre sur le domaine de Shaker Country, ou l’une des maisons offertes par notre société dans divers quartiers, votre achat inclura des installations pour le golf, l’équitation, le tennis, la navigation de plaisance; il inclura également des écoles inégalables ; et il vous assurera une protection éternelle contre la dépréciation et le changement non désiré. »
Publicité de la compagnie Van Sweringen, créateurs et développeurs de Shaker Village

« Au fond, cependant, tout bien considéré, les habitants de Shaker Heights sont très semblables à ceux du reste de l’Amérique. Ils ont peut-être trois ou quatre voitures au lieu d’une ou deux, et deux téléviseurs au lieu d’un seul, et quand une fille de Shaker Heights se marie, elle aura peut-être droit à une réception pour huit cents personnes avec l’orchestre de Meyer Davis venu de New York, au lieu d’une réception pour cent personnes avec un groupe local, mais ce sont des différences de degré plus que des différences fondamentales. « Nous sommes des gens chaleureux et nous passons des moments merveilleux! » déclarait récemment une femme au country club de Shaker Heights, et elle avait raison, car les habitants de l’Utopie semblent en effet mener une vie plutôt heureuse. »
«The Good Life in Shaker Heights», Cosmopolitan, mars 1963

« Tout le monde à Shaker Heights en parlait cet été-là : du fait qu’Isabelle, la dernière des enfants Richardson, avait finalement perdu la raison et mis le feu à la maison. Tous les ragots du printemps avaient tourné autour de la petite Mirabelle McCullough, et maintenant, enfin, il y avait un nouveau sujet de conversation sensationnel. Peu après midi ce samedi de mai, les clients qui poussaient leur caddie de courses chez Heinen’s avaient entendu les camions de pompiers se mettre à hurler et foncer vers la mare aux canards. À midi et quart, il y en avait quatre garés en une file rouge désordonnée dans Parkland Drive, où chacune des six chambres de la maison des Richardson était en flammes. Et quiconque se trouvait dans un rayon de huit cents mètres voyait la fumée qui s’élevait au-dessus des arbres comme un nuage d’orage noir et dense. Plus tard, on dirait que les signes avaient tout le temps été là : qu’Izzy était un peu cinglée, qu’il y avait toujours eu quelque chose qui clochait dans la famille Richardson, que dès qu’ils avaient entendu les sirènes ce matin-là ils avaient su qu’une chose terrible s’était produite. Alors, bien entendu, Izzy serait depuis longtemps partie, ne laissant derrière elle personne pour la défendre, et les gens pourraient – et ils ne s’en priveraient pas – dire tout ce qui leur plairait. À l’instant où les camions de pompiers étaient arrivés, cependant, et pendant un bon bout de temps par la suite, personne ne savait ce qui se passait. Les voisins s’étaient massés aussi près que possible de la barrière de fortune – une voiture de police garée de travers à quelques centaines de mètres – et avaient regardé les pompiers dérouler leurs lances avec la mine sombre d’hommes qui savaient que la cause était entendue. De l’autre côté de la rue, les oies de la mare plongeaient la tête sous l’eau en quête d’herbes, totalement indifférentes à l’agitation.
Mme Richardson se tenait sur la pelouse arborée, serrant fermement le col de son peignoir bleu pâle. Bien qu’il fût midi passé, elle dormait encore quand les détecteurs de fumée avaient retenti. Elle s’était couchée tard et avait volontairement fait la grasse matinée, estimant qu’elle le méritait après une journée plutôt difficile. La veille au soir, elle avait regardé depuis une fenêtre à l’étage tandis qu’une voiture s’immobilisait finalement devant la maison. L’allée était longue et circulaire, formant un profond arc en fer à cheval qui reliait le trottoir à la porte puis retournait vers la rue, qui se trouvait à une bonne trentaine de mètres, trop loin pour qu’elle puisse la distinguer clairement, d’autant que même en mai, à huit heures du soir, il faisait presque nuit. Mais elle avait reconnu la petite Volkswagen marron clair de sa locataire, Mia, dont les phares brillaient. La portière côté passager s’était ouverte et une silhouette élancée était descendue sans la refermer : la fille adolescente de Mia, Pearl. Le plafonnier éclairait l’intérieur de la voiture comme une petite vitrine, mais le véhicule était rempli de sacs presque jusqu’au plafond, et Mme Richardson apercevait tout juste le contour vague de la tête de Mia, le chignon négligé perché au sommet de son crâne. Pearl s’était penchée au-dessus de la boîte à lettres, et Mme Richardson s’était imaginé le léger grincement tandis que le battant s’ouvrait, puis se refermait. Pearl était ensuite vivement retournée dans la voiture et avait repoussé la portière. Les feux de stop avaient rougeoyé, avant de disparaître, et la voiture s’était éloignée en crachotant dans la nuit de plus en plus sombre. Avec un certain soulagement, Mme Richardson était descendue à la boîte à lettres et avait trouvé un jeu de clés sur un simple anneau, sans un mot. Elle avait prévu de se rendre à la maison de location de Winslow Road dans la matinée pour l’inspecter, même si elle savait déjà qu’elles seraient parties. »

Extraits:
« Alors ils avaient d’abord eu Lexie, en 1980, puis Trip l’année suivante et Moody celle d’après, et Mme Richardson avait été secrètement fière de voir que son corps était si fertile, si endurant. Elle marchait avec Moody dans sa poussette pendant que Lexie et Trip lui emboîtaient le pas, chacun agrippant sa jupe comme des éléphanteaux suivant leur mère, et les gens dans la rue marquaient un temps d’arrêt : cette jeune femme élancée ne pouvait pas avoir porté trois enfants, si ? « Juste un de plus », avait-elle dit à son mari. Ils avaient convenu de les avoir tôt pour qu’ensuite Mme Richardson puisse retourner au travail. Dans un sens, elle aurait aimé rester à la maison, simplement être avec ses enfants, mais sa mère avait toujours méprisé les femmes au foyer. « Elles gâchent leur potentiel, affirmait-elle d’un ton dédaigneux. Tu as une tête bien faite, Elena. Tu ne vas pas juste rester à la maison et tricoter, n’est-ce pas ? » Une femme moderne, avait-elle toujours laissé entendre, pouvait – non, devait – tout avoir. Alors, après chaque naissance, Mme Richardson avait repris le travail, rédigeant les gentils articles que son rédacteur demandait, puis elle rentrait à la maison pour dorloter ses petits, attendant l’arrivée du prochain. »

« Pour elle, c’était simple: Bebe Chow avait été une mauvaise mère; Linda Mc Cullough en avait été une bonne. L’une avait suivi les règles, l’autre non. Mais le problème avec les règles, songea-t-il, c’était qu’elles supposaient une bonne et une mauvaise manière de faire les choses. Alors qu’en fait, la plupart du temps, il y avait simplement des manières différentes, dont aucune n’était totalement mauvaise ou totalement bonne, et il n’y avait rien pour vous indiquer de quel côté de la ligne de démarcation vous vous trouviez. Il avait toujours admiré l’idéalisme de sa femme, sa certitude que le monde pouvait être amélioré, pacifié, peut-être même être rendu parfait. Et pour la première fois il se demanda s’il voyait les choses du même œil. »

À propos de l’auteur
Celeste Ng vit dans le Massachusetts. Après Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, La Saison des feux est son deuxième roman publié chez Sonatine Éditions. (Source : Sonatine Éditions)

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50 chroniques de livre

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NetGalley Challenge 2016

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L’été en poche (58)

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Black-Out

En 2 mots
Le réseau électrique européen interconnecté est victime d’une attaque de grande ampleur. L’Europe, puis l’Amérique vont devoir survivre et se défendre.

Ma note
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Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Blaise Gauquelin (Libération)
« Sans rebuter les non-initiés, dans une langue sobre et claire, il a le mérite d’avoir été écrit avant la catastrophe de Fukushima et l’attaque des réseaux nucléaires iraniens par le virus américano-israélien Stuxnet. Depuis, il n’a de cesse d’être rattrapé par la réalité. C’est ce qui le rend à la fois intéressant et effrayant. »

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Marc Elsberg présente son thriller «Black-Out» © Production Éditions Piranha

L’été en poche (51)

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Parce que je t’aime

En 2 mots
L’histoire de ce couple dont la fille a disparu est habilement menée. Le mari ne se remet pas de cette perte au point de quitter son existence aisée pour sombrer dans une sorte d’errance cathartique, l’épouse cherche à compenser le vide en se jetant à corps perdu dans la musique.

Ma note
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Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis du… Figaro Magazine
« La mécanique Musso est d’une implacable efficacité. (…) Les personnages sont dotés d’une fragilité extrêmement touchante et d’une humanité qui nous ficelle viscéralement à eux. Chez Musso, l’émotion a des accents majeurs. Et c’est là son plus bel atout. »

Vidéo


Guillaume Musso parle de «Parce que je t’aime». © Production minnyfee

L’été en poche (45)

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Les nuits de la Saint-Jean

En 2 mots
La disparition d’une fillette sur île de Sandhamn dans l’archipel de Stockholm va nous entraîner dans une nouvelle enquête de Thomas Andreasson et Nora Linde, mais aussi faire ressurgir un passé terrifiant.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

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Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Jacques Teissier (Médiapart)
« Pour les lecteurs français, le contraste avec la mentalité des personnages de certains polars méditerranéens – même si la violence n’en est pas absente – est fort, et il nous offre un dépaysement garanti qui ajoute encore au plaisir de la lecture. Surtout quand le talent est au rendez-vous… et Viveca Sten n’en est pas dépourvue ! »

Vidéo


Coup de cœur du libraire Gérard Collard © Production Griffenoiretv Gérard Collard

Domina

HILTON_Domina

En deux mots:
Après Maestra, voici la suite des aventures de l’intrépide Judith, rebaptisée Elisabeth Teerlinc, galeriste à Venise, pourchassé par une bande de traficants qui entendent retrouver un tableau attribué au caravage. Un thriller agréable à lire, mêlant sexe et aventures, voyage et histoire de l’art.

Ma note
★★★ (beaucoup aimé)

Domina
L. S. Hilton
Robert Laffont, collection La bête noire
Thriller
Traduit par Laure Manceau
384 p., 18,90 €
ISBN: 9782221191188
Paru en mai 2017

Où?
Le roman se déroule à Venise, Paris, Rome, Londres, Combe Farleigh, Bath, Lille, Belgrade, Saint-Moritz, Pontresina, Munich, Utrecht, Barcelone, Gênes, Ibiza, Milan, Amsterdam.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Tout ce que vous croyez savoir sur Maestra… est faux.
Judith Rashleigh mène une vie de luxe à Venise. Jusqu’au jour ou son passé remonte à la surface et menace de tout faire s’écrouler. Quelqu’un connaît ses crimes et tente de la faire chanter. Pour acheter son silence, elle doit retrouver une œuvre d’art mythique. Mais elle n’est pas la seule sur le coup… Cette fois-ci, Judith n’a plus aucun contrôle. Surpassée et manipulée, démunie et vulnérable, elle va devoir affronter le plus redoutable des ennemis. Et si elle ne gagne pas cette bataille, elle n’en sortira pas vivante.
Traduit dans 40 pays et déjà en cours d’adaptation par la productrice de Millénium et la scénariste de La Fille du train, Domina est le deuxième volet d’une trilogie noire et érotique.

Ce que j’en pense
Si l’effet de surprise de Maestra, ce thriller érotique qui avait bénéficié l’an passé d’un lancement mondial avec une belle opération marketing à la clef, n’est plus là et que le scénario de ce second tome est peu ou prou construit sur les mêmes situations que le premier, ce thriller n’est reste pas moins agréable à lire. Les tribulations de la spécialiste des beaux-arts, aussi sexy que dangereuse, vous offrirons quelques moment de détente et une récréation bienvenue, surtout si vous êtes en vacances. Les quelques scènes pimentées qui parsèment le livre devant suffire à ne pas vous endormir au soleil.
Dans Domina, on retrouve la belle et sulfureuse Judith Rashleigh sous sa nouvelle identité, celle d’une galeriste vénitienne nommée Elisabeth Teerlinc. Dans la cité des Doges, elle essaie d’oublier la mort du marchand d’art qui lui avait permis de mettre le pied à l’étrier et avait fini tragiquement dans le Tibre. Mais, bien qu’elle se soit évertuée à effacer toutes les traces de ses forfaits, son passé va finir par la rattraper. Une bande internationale de truands est en effet à ses trousses ou plutôt aux trousses du tableau qu’elle avait subtilisé après avoir commis son forfait. « Si je ne me débrouillais pas pour mettre de l’ordre dans tout ça, je pouvais dire adieu à la belle vie d’Elisabeth Teerlinc. »
Finies les fêtes à Ibiza, le luxe et les excès en tout genre, au moins temporairement. Elisabeth doit se mettre à l’abri, tout en essayant de comprendre qui tire les ficelles.
À la manière d’un James Bond, L.S. Hilton choisit de nous faire voyager dans différents endroits, histoire de nous dépayser. On va donc suivre son héroïne à travers toute l’Europe dans une quête très risquée, puisque quelques cadavres vont semer sa route. Accompagnée par un jeune éphèbe et cette fameuse toile attribuée au Caravage, elle devra faire preuve de sang-froid et de finesse pour s’en sortir. Sans oublier la dose d’intelligence et d’érudition dont on sait qu’elle n’est pas dépourvue.
C’est du reste l’un des aspects intéressants de cette trilogie: cette érudition (rappelons que l’auteur a étudié dans de prestigieuses écoles avant d’être critique d’art) nous permet de découvrir des pans intéressants de l’histoire de l’art. Alors, si ce roman ne va pas révolutionner le genre noir et rose avec ses tueurs et ses scènes de sexe, il n’en est pas pour autant dépourvu d’intérêt. La suite et fin de l’histoire est programmée pour l’année prochaine.

Autres critiques
Babelio
Terrafemina (Anaïs Orieul)

Les premières pages

Extrait
« J’étais riche, j’étais indépendante, j’étais libre, et j’étais ici. De mon plein gré, en tant que professionnelle. N’étais-je pas la preuve vivante que si on croit en soi et qu’on suit son rêve on peut arriver à tout ? Bon, mieux valait ne pas s’attarder sur les preuves qui avaient passé l’arme à gauche. Tout ce qui comptait, c’était le pouvoir de l’instant présent, et le mien. Le passé était inutile, Proust et l’infusion de tilleul de sa tante pouvaient aller se faire foutre. Dans la salle de bains, j’ai fait couler de l’eau froide sur mes poignets, avant de prendre une douche et de changer de vêtements, de nettoyer mon visage et d’attacher mes cheveux en un chignon strict. J’avais déjà parcouru tout ce chemin, et il allait falloir plus que le souvenir d’un parfum pour me déstabiliser. Il était temps de se mettre au travail.»

À propos de l’auteur
L.S. Hilton a grandi en Angleterre et a vécu à Key West, New York, Paris et Milan. Après avoir obtenu son diplôme à Oxford, elle a étudié l’histoire de l’art à Paris et à Florence. Elle a été journaliste, critique d’art et présentatrice avant de se consacrer à l’écriture. Elle vit actuellement à Londres. (Source : Éditions Robert Laffont)

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L’été en poche (31)

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Montecristo

En 2 mots
La probabilité de trouver deux billets de cent francs suisses avec le même numéro est quasiment nulle. Quand Jonas Brand entre en leur possession, il ne s’imagine pas ce qui l’attend. Un thriller économique éclairant.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Delphine Peras (L’Express)
« Le romanesque n’est pas en reste dans ce scénario machiavélique: tueur à gages, confrérie secrète, chasse à l’homme, Mata Hari surdouée, des seconds rôles peaufinés. Et, surtout, un antihéros attachant, sentimental, un peu déprimé, affolé mais opiniâtre. »

Vidéo


Martin Suter présente « Montecristo», traduit de l’allemand par Olivier Mannoni. © Production librairie Mollat

L’été en poche (27)

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N’oublier jamais

En 2 mots
Une jeune fille se jette en haut d’une falaise. Jamal était à quelques mètres : suicide inexpliqué puis meurtres non-élucidés. Une implacable machination.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis paru dans… Le Parisien
« Très complexe, l’intrigue est une équation dont les inconnues s’accumulent au fil des pages. Au point qu’on a parfois l’impression que l’auteur se joue de nous. […] Même ceux qui n’ont pas anticipé l’enquête deviendront accros à cette lecture ultra ludique. »

Vidéo


Michel Bussi parle de «N’oublier jamais» © Production Place des Editeurs

La dernière licorne

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En deux mots
Roman d’aventure, thriller et conte ésotérique… La chasse aux vestiges de l’arche de Noé va mettre aux prises idéalistes, bandes mafieuses et illuminés. Une quête passionnante.

Ma note
etoileetoileetoileetoile(j’ai adoré)

La dernière licorne
Tobby Rolland
Éditions Presses de la Cité
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par
594 p., 22 €
EAN: 9782258144873
Paru en mai 2017

Où?
Le roman se déroule dans le monde entier en neuf courses et nous conduit successivement en Arménie, au Vatican à Kaliningrad, Bordeaux, Toulouse, Melbourne, Ambert, puis à Hong Kong, à Chartres, à Igdir avant un retour par Paris: On prend ensuite la direction de Nakhitchevan avec un détour par Monreale, Nakhitchevan. Le roman se poursuit vers Ishak Pacha, Bazargan et Dogubayazit avant de s’achever au pied du grand Grand Ararat.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.
Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L’« anomalie d’Ararat », cette forme détectée au coeur du glacier, est-elle « la » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?
Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.
Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aven¬turier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?
Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…
Là où la vérité dépasse l’imagination.

Ce que j’en pense
Il y a à la fois du Jules Verne et du Dan Brown dans ce premier roman étonnant à plus d’un titre. À commencer par cette déclaration liminaire qui nous explique que tout est vrai dans ce récit, « qu’il s’agisse des témoignages des chercheurs d’arche, de l’énigme scientifique posée par l’anomalie d’Ararat, des révélations sur les animaux unicornes, sur le déluge universel, sur le Livre d’Enoch et les anges. Bien que peu croyables, ces thèses sont défendues en dehors de ce livre, par les scientifiques les plus sérieux jusqu’aux blogueurs les plus farfelus. »
Tobby Rolland ne s’est toutefois pas contenté de rassembler une solide documentation, il a su la mettre au service d’une mise en scène épique, riche de rebondissements et d’épisodes qui vont se dérouler sur tout le globe, entraînant le lecteur dans une course-poursuite sanglante. Car il ne s’agit rien de moins que de sauver l’humanité! Du moins, si l’on s’en tient aux aspirations les plus nobles. Car un groupe de truands de haut-vol va lui aussi se mettre à la recherche des preuves scientifiques, des fragments d’arche, de témoignages et documents.
Dès les premières pages les pièces du puzzle vont se mettre en place. Un voleur intrépide va réussir à s’infiltrer dans la bibliothèque secrète du Vatican et photographier les pages d’ouvrages restés secrets à ce jour. Quelques jours plus tard, on le retrouve dans un musée de Bordeaux où il s’intéresse à un vestige bien particulier. Mais avant même que la police n’arrive sur les lieux, il est pris en chasse par des tueurs qui n’ont eux aucun scrupule à éliminer tous ceux qui entraveraient leurs noirs desseins.
À Melbourne, le Parlement mondial des religions suit l’affaire avec autant de crainte que d’intérêt. Grâce à son réseau international, il espère lui aussi pouvoir arrêter cette quête susceptible de mettre à mal toutes les croyances. La prochaine pièce du dossier est du reste une étude initiée par le parlement et confiée à une glaciologue toulousaine. Bien entendu, notre Arsène Lupin, qui répond au doux nom de Zak Ikabi, va faire irruption dans son bureau. Mais Cécile Serval, la scientifique qui a réalisé l’étude, va refuser de lui transmettre le précieux document. Toujours traqué par la bande de tueurs, il choisit de fuir en prenant la jeune femme ainsi qu’un professeur en otage.
Après de nouvelles péripéties – tout aussi distrayantes – le dossier se complète jusqu’à l’ultime étape qui va mener notre trio au pied du Mont Ararat. Bien entendu, je ne dirais rien de l’épilogue, ni même du titre énigmatique de cet excellent suspense. Disons tout simplement que ce périple nous permettra de découvrir un pan essentiel de l’histoire des religions et, cerise sur le gâteau, à nous faire réfléchir sur la manière dont les théologiens s’en sont emparés. C’est distrayant et passionnant. C’est une belle réussite!

Autres critiques
Babelio
Lelittéraire.com (Serge Perraud)
Le Point (Julie Malaure)
Blog Des livres, des livres
Blog Le sentier des mots 
Blog Andrée la papivore
Blog livres for fun
Blog culturevsnews 

Les premières pages du livre

Extrait
« – Vous… vous êtes un dingue… Un malade en cavale.
– Je ne suis pas fou.
Cécile fit pivoter son siège, assura sa voix.
– Et qu’est-ce que c’est, vos Nephilim ?
– C’est compliqué. Une association de riverains du mont Ararat, si vous voulez. Du genre pas vraiment contente qu’on aille fouiner là-haut chez elle. Une armée de défense des secrets de l’Arche de Noé, vous voyez le style, un peu créationniste sur les bords… Ça m’arrive de les croiser. Le monde des chercheurs d’Arche est un petit monde.
– Je vois… Même passion, mais il y a les bons et les méchants.
– C’est un peu ça.
– Pourquoi ce nom ? Nephilim ?
– C’est du chaldéen. Les Nephilim sont les héros des premières lignes de la Bible. Des géants, selon la traduction usuelle, mais le terme de Nephilim revêt plusieurs significations. D’ailleurs, si…
– OK, coupa Cécile. J’ai saisi l’essentiel ! Va pour vos Nephilim. Et vous, vous êtes qui ? Indiana Jones ? Benjamin Gates ?
Sans cesser de serrer la crosse du revolver, Zak esquissa un sourire.
– Il y a de ça, oui… Un passionné d’Arche. C’est une longue histoire.
– Mais pacifiste ?
– Ouais.
– Ben voyons…
Zak jeta un nouveau coup d’œil discret par la fenêtre avant de répondre.
– Ne plaisantez pas, mademoiselle Serval. Ces Nephilim sont des assassins. Ils sont à nos trousses. Ils…
La question gicla :
– Cette boucherie en Arménie, dans la cathédrale d’Etchmiadzine, c’étaient les Nephilim ? […]
– C’étaient eux. À Bordeaux aussi. Et… et ce n’est que le début du jeu de massacre. […]
– Et, bien entendu, vous allez me dire que vous ne pouvez rien raconter à la police parce que vous êtes recherché et qu’ils vous coffreraient avant que vous n’ayez pu prononcer un mot… Et pourtant, vous seul pouvez sauver ce qui peut l’être encore. La face du monde. Le secret de l’arche de Noé.
– Exact, mademoiselle Serval. C’est exactement cela. »

A propos de l’auteur
Tobb Rolland, depuis son plus jeune âge, est passionné d’énigmes historiques, de mystères ésotériques et de chasses au trésor. C’est d’ailleurs en lisant, il y a plus de 30 ans, « L’Homme qui voulut être roi » de R. Kipling qu’il imagine sa « véritable histoire de l’arche de Noé ».
Cette curiosité au monde et à ses mystères le pousse à suivre des études de relations internationales et de géopolitique. Après un diplôme de sciences politiques, il devient haut-fonctionnaire en poste dans plusieurs ambassades d’Asie centrale et du Moyen-Orient, fonctions qu’il exerce toujours actuellement. Spécialiste des questions diplomatiques linguistiques, et religieuses, il a tissé pendant une vingtaine d’années un solide tissu de connaissances et de relations sur des aires culturelles variées.
Passionné par son action en faveur de la démocratie dans un monde complexe et mouvant, il n’en oublie cependant pas cette fantaisie originelle qui l’a amené à poursuivre une carrière de citoyen engagé.
Né d’un rêve d’enfant, La Dernière Licorne est son premier roman. Tobby Rolland a 53 ans. (Source : Presses de la Cité)

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