Broadway

CARO_Broadway  RL2020

En deux mots:
Trente ans après avoir reçue une première lettre bleue, Axel en découvre une seconde dans sa boîte aux lettres, l’invitant à un dépistage du cancer colorectal. L’occasion de faire un bilan sur sa vie et de se poser quelques questions existentielles.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

D’une lettre bleue à l’autre

Pour égayer cette rentrée, rien ne vaut un petit tour à Broadway, car le nouveau roman de Fabrice Caro scintille comme le fronton des théâtres newyorkais. Pétillant et drôle!

Un nouveau livre de Fabrice Caro, c’est la promesse de passer un bon moment. Et cette fois encore la promesse est tenue. C’est bien simple chers amis lecteurs, vous allez vous régaler!
Pour vous situer les personnages, rien ne vaut un télescopage dont l’auteur a le secret. Il fait ici se rencontrer une lettre d’amour bleue arrivant de Juan-les-Pins chez Axel, alors adolescent en proie à ses premiers émois amoureux et une autre lettre bleue arrivant quelque 30 ans plus tard chez le même destinataire (qui a désormais 46 ans) et l’invitant à un dépistage du cancer colorectal. Une lettre bleue qui servira de fil rouge à ce roman désopilant. Car toutes ces histoires de la vie ordinaire d’une famille sont teintées d’humour, mettant le doigt sur leur côté absurde ou caricatural. Prenez la convocation chez le proviseur du collège de Tristan (14 ans) durant laquelle il est sommé de donner son avis sur le dessin de son fils montrant l’un de ses profs prendre en levrette une autre prof. Que penser de cette œuvre d’art provocatrice? Ou alors imaginez devoir vous répondre à l’invitation d’un voisin enquiquinant, essayant de vous convaincre de l’accompagner pour vos prochaines vacances à Biarritz, où vous pourrez découvrir les joies du paddle. Sans oublier de répondre aux souhaits d’Anna, une épouse bien sous tous rapports.
Des soucis qui s’accumulent et un horizon qui s’assombrit. Alors cette fichue lettre bleue n’est vraiment pas la bienvenue. Voilà donc Axel se perdant en conjectures: «Pourquoi nous évertuons-nous à n’effectuer que des actes pourvus de sens? Pourquoi une existence qui n’en a aucun devrait-elle être constituée d’une suite ordonnée de faits rationnels, et pourquoi ne nous mettrions-nous pas subitement à courir dans la rue sur Modern Love comme chez Leos Carax ou Noah Baumbach? Pourquoi tout doit-il être cohérent quand la vie elle-même ne l’est pas pour deux sous et qu’on peut très bien se réveiller un matin avec un courrier destiné à un type de cinquante ans alors qu‘on n’en a que quarante-six? Pourquoi l’utile, pourquoi l’approprié?»
Après quelques digressions sur le whisky, les graines de courge, la dose de Nutella sur les tartines des orphelins ou la puissance évocatrice de la scène d’ouverture du film Under the Silver Lake, je pourrais encore vous parler d’un rêve récurrent à la terrasse d’un café de Buenos Aires, mais ce serait sans doute une façon de vous gâcher le régal promis. Disons simplement que ce bilan d’une vie se lit avec le sourire aux lèvres, même si le constat est peu reluisant. Au lieu des lumières de Broadway, on se retrouve sous les néons d’une halle accueillant un spectacle de fin d’année pas vraiment réussi.
Le dessinateur Fabcaro qui nous avait régalé avec Zaï Zaï Zaï Zaï, Moins qu’hier (plus que demain) ou encore Open Bar et son double romancier Fabrice Caro, auteur de l’inénarrable Le discours sait ajouter la touche de mélancolie à son texte pour lui donner davantage de profondeur. Cette politesse du désespoir qui entraîne les grandes remises en cause.

Broadway
Fabrice Caro
Éditions Gallimard, coll. Sygne
Roman
208 p., 18 €
EAN 9782072907210
Paru le 20/08/2020

Où?
Le roman se déroule quelque part en France.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
La vie n’est pas une comédie musicale.
Une femme et deux enfants, un emploi, une maison dans un lotissement où s’organisent des barbecues sympas comme tout et des amis qui vous emmènent faire du paddle à Biarritz… Axel pourrait être heureux, mais fait le constat, à 46 ans, que rien ne ressemble jamais à ce qu’on avait espéré. Quand il reçoit un courrier suspect de l’Assurance maladie, le désenchantement tourne à l’angoisse. Et s’il était temps pour lui de tout quitter? De vivre enfin dans une comédie musicale de Broadway?
Après Le Discours, Fabrice Caro confirme son talent unique de prince de l’humour absurde et mélancolique.

Les critiques
Babelio 
Lecteurs.com 
culturopoing.com (Jean-Nicolas Schoeser) 
France Culture (Affaires culturelles – Arnaud Laporte) 
Le littéraire (Jean-Paul Gavard-Perret) 
Blog Baz’Art 

INCIPIT (Les premières pages du livre)
« Le 20 juillet 1988, quand était arrivée la lettre de Sandrine Cazes alors en vacances à Juan-les-Pins et que j’avais rencontrée une semaine auparavant dans un bal de village, je l’avais saisie d’une main tremblante (en réalité, elle était d’abord passée par les mains de ma mère, c’est elle qui allait au courrier, C’est pour toi, avait-elle déclaré d’un ton solennel, suscitant chez moi un sentiment mêlé de honte et d’excitation), je m’étais réfugié dans ma chambre pour l’ouvrir en toute tranquillité et j’avais découvert une carte postale d’une vue de Juan-les-Pins accompagnée d’une longue lettre d’une écriture tout en rondeur, à l’encre bleue sur du papier parfumé. Sandrine Cazes évoquait notre rencontre, parlait de ses vacances, de son petit frère insupportable, puis soudainement, au milieu d’une phrase sur la température de l’eau, entre parenthèses, surgissait un (pile là à la radio, « … fermer les volets et ne plus changer l’eau des fleurs… », qui me fait douloureusement penser à toi). Au bas de la lettre, une trace de baiser au rouge à lèvres barrait en diagonale les trois dernières lignes, et cette bouche m’avait littéralement fait fondre. Ce devait être la toute première lettre m’étant adressée personnellement et j’avais cru alors que le courrier serait toujours synonyme de cœur qui bat, de ventre qui vibre, de fragments d’extases et de ciels sans fin.
Trente ans plus tard, ellipse, je tiens dans ma main une enveloppe plastifiée bleue au bas de laquelle est inscrit : Programme national de dépistage du cancer colorectal.
Que s’est-il passé entre ces deux instants ? À quel moment le bleu du ciel de la carte postale de Juan-les-Pins s’est-il délavé pour atteindre ce bleu grisâtre ? Les Inuits possèdent un nombre incroyable de mots pour désigner la neige, dont chacun exprime une nuance bien précise (ils ont aussi le même mot pour désigner berceau et tombeau, dans le genre ellipse temporelle), dans notre culture ce sont les nuances de bleus qui sont incroyablement riches, avec un spectre qui s’étend du bleu Juan-les-Pins au bleu colorectal (Je cherche une écharpe dans les tons bleu colorectal, vous auriez ça ?). Je regarde cette enveloppe, sans même une trace de baiser rouge à lèvres pour en atténuer la violence, et je me dis que tout courrier administratif devrait avoir la douceur d’une lettre de Sandrine Cazes. Nous vous invitons à régulariser dans les meilleurs délais votre situation, à défaut (pile là à la radio, « … j’aimerais quand même te dire, tout ce que j’ai pu écrire, je l’ai puisé à l’encre de tes yeux… », qui nous fait douloureusement penser à vous) nous poursuivrons la procédure visant à obtenir le paiement – barré d’un baiser rouge à lèvres.
Elle est arrivée ce matin, comme elle arrive un matin dans des milliers de foyers, au milieu de factures, de magazines et de promotions de grandes surfaces, parmi d’autres enveloppes, humble et effacée, une formalité administrative, rien que de bien normal, toute personne ayant cinquante ans révolus la reçoit automatiquement.
À ceci près que j’ai quarante-six ans.

Au-dessus de sa tête, au mur, se trouvent une reproduction d’un tableau de Paul Klee et une photo de chalet de Haute-Savoie et je trouve la juxtaposition de ces deux tableaux pour le moins hasardeuse, un peu comme une table de restaurant où se côtoieraient un pavé de veau sauce cardamome et du céleri-rave dans une assiette en carton. Le proviseur me tend une feuille, une feuille de cahier un peu froissée, accompagnant son geste d’un sec et lapidaire Voilà le chef-d’œuvre de votre fils. Je prends la feuille, fébrile, et découvre l’œuvre en question : un dessin assez laid, fait au Bic noir, de deux silhouettes informes qui semblent s’accoupler, celle de devant à quatre pattes, l’autre à genoux derrière, du moins de ce que je peux en discerner, et des bulles sortent de leurs têtes, le personnage à genoux dit Aaaah Guiraud tu es bonne ! Et l’autre, celle à quatre pattes, lui répond Oh oui Charlier mets-la-moi ! Le proviseur croit bon de préciser Pour le cas où vous l’ignoreriez, mademoiselle Guiraud et monsieur Charlier sont respectivement ses professeurs d’anglais et de SVT – évidemment je l’ignorais. Je suis tétanisé. Je tiens la feuille dans ma main, figé, le regard fixé sur le dessin, je sens le proviseur face à moi, de toute évidence il attend que je fasse un commentaire, que j’émette un avis, que j’aie une réaction que je suppose indignée, mais je ne peux rien faire d’autre que de rester les yeux rivés sur la feuille, mutique, comme si c’était moi qui venais de dessiner cette horreur. À cet instant précis, je suis soulagé qu’Anna n’ait pas pu venir avec moi au rendez-vous, prise par son travail, je crois que sa présence aurait décuplé mon malaise. Je donnerais n’importe quoi pour éviter de croiser le regard du proviseur, et ce temps me semble incroyablement long, et plus le temps passe moins il me semble envisageable de lever la tête, peut-être espéré-je jouer la montre, peut-être ai-je espoir que la sonnerie de fin de journée retentisse, qu’il se lève sans bruit, prenne son cartable en cuir et rentre tranquillement chez lui.
Point positif dans ce dessin : il n’y a aucune faute d’orthographe, je pourrais en faire la remarque au proviseur, mais je doute que ce soit ce qu’il attend de moi. Il m’apparaît même, de manière un peu paradoxale, que l’orthographe impeccable renforce la vulgarité du propos. Des textes truffés de fautes auraient constitué une sorte de redondance dans la médiocrité, la vulgarité du texte et celle du dessin se seraient annulées, alors que l’absence de faute imprime au dessin un aspect pertinent, il lui donne une sorte de crédibilité, sans faute d’orthographe l’artiste nous apparaît soudain légitime et l’on se prend à croire que Guiraud est réellement bonne et que Charlier la lui met vraiment, et ça fait froid dans le dos.
Mets-la-moi. Comment en est-on arrivé là ? Je ne peux pas croire que c’est mon Tristan à moi qui ait commis une horreur pareille. Le même Tristan qui, tous les ans à Noël, criait de joie en découvrant sa boîte Playmobil, moi assis par terre en tailleur dans sa chambre tentant laborieusement d’assembler les pièces et lui, sautant tout autour des morceaux éparpillés sur le sol, entamant ses scénarios alors même que je n’en étais qu’aux fondations, des scénarios faits de pirates, de trésors enfouis et d’îles mystérieuses, quand tout à coup : mets-la-moi. Comment est-on passé des pirates à mets-la-moi ? Par quel mystérieux processus hormonal, subitement, passe-t-on de l’envie de carte aux trésors à celle de dessiner deux masses informes en train de copuler ? Playmobil, en avant les histoires.
Le proviseur guette toujours ma réaction, et au terme d’un temps qui me semble infini je finis par lever les yeux vers lui et déclare : Je suis profondément choqué. Je suis profondément choqué. C’est tout ce que je trouve à dire. Je m’entends prononcer ces mots et jamais je n’ai entendu une phrase sonner si faux, c’est non seulement surjoué mais j’ai complètement loupé mon intonation, avec une intonation pareille j’aurais pu dire tout autre chose, Mmmh un délice ce poulet élevé en liberté ou bien Vous connaissez les quais du Douro à Porto ? On dirait un acteur de sitcom AB Productions, intérieur jour, cafète du lycée, Eh Cricri tu as su que Tristan avait dessiné deux professeurs en train de hum hum ? – Je suis profondément choqué. Rires enregistrés.
Il m’annonce dans la foulée que mademoiselle Guiraud aimerait prendre rendez-vous avec nous, les parents. Il ne mentionne pas l’autre professeur, Charlier, visiblement lui n’en voit pas la nécessité, peut-être s’est-il contenté de sermonner vertement Tristan, ou peut-être le dessin lui a-t-il plu, peut-être Tristan a-t-il concrétisé à travers son œuvre un de ses fantasmes et peut-être lui en est-il secrètement reconnaissant. Nous nous levons, je lui rends le dessin, il me dit Oh vous pouvez le garder, et je lâche un Oh merci complètement déplacé comme s’il m’offrait un cadeau inestimable.

Comme par une prémonition très troublante, je suis tombé par hasard il y a quelques jours sur un documentaire retraçant les grandes étapes de la guerre du Vietnam. Et il y a ce passage où un vétéran raconte : Je m’en souviens très bien, c’était une matinée douce, ma mère était allée chercher le courrier, il s’y trouvait cette enveloppe verte, nous avons tout de suite su ce que c’était sans même l’ouvrir, la fameuse lettre d’incorporation. Nous l’avons posée sur la table, nous étions assis tout autour, mon père, ma mère, ma sœur et moi, silencieux, sans pouvoir la quitter du regard, nous savions ce que cette enveloppe signifiait, cette enveloppe c’était la fin d’une époque, c’était la fin de l’innocence, la fin de l’âge d’or, avec cette lettre c’est un monde qui disparaissait, une parenthèse enchantée qui se refermait et nous savions pertinemment qu’à partir du moment où nous allions l’ouvrir, plus rien ne serait jamais comme avant, elle créerait un appel d’air d’une force inouïe, elle nous aspirerait tous les quatre, happés en une fraction de seconde comme le sont Betty et Rita dans la boîte bleue de Mulholland Drive qui les fait passer brutalement du rêve à la réalité. Nous étions assis en silence autour d’un immense trou noir prêt à engloutir tout ce que nous avions construit.
Bon, il est possible que j’extrapole quelque peu sur le monologue du vétéran, mais dans les grandes lignes c’était ça. Voilà exactement ce que j’ai ressenti en découvrant l’enveloppe.
Par une pulsion que j’ai du mal à interpréter, mon premier réflexe a été de la cacher sous une pile de papiers dans mon bureau (aussitôt rejointe par le dessin de Tristan, constituant peu à peu une sorte de musée de l’inavouable), plus exactement : la cacher à Anna. Alors que nous avons toujours tout partagé, que nous avons traversé la vie dans ses moindres recoins obscurs, ses moments les moins glorieux, pourquoi lui cacher une enveloppe de dépistage du cancer colorectal ? Pourquoi ne pas lui dire de la manière la plus naturelle du monde Tiens regarde ce que j’ai reçu ? Je n’arrive pas à savoir si c’est pour l’épargner (lui épargner quoi au juste ?) ou m’épargner moi, m’épargner son regard mi-inquiet, mi-attendri. Même si je n’ai pas cinquante ans et que cette enveloppe a de fortes chances d’être une erreur, elle nous dit : le temps passe, elle nous dit : une étape de plus, et on a du mal, comme on a du mal à porter pour la première fois ses lunettes de vue, comme on a du mal à prendre rendez-vous chez l’ostéopathe pour une sciatique persistante, comme j’aurais caché à ma mère la lettre de Sandrine Cazes si elle ne l’avait pas découverte avant moi, comme on cache tout ce qui marque une évolution, un basculement, un changement de la perception que les proches peuvent avoir de nous.
Un jour ma mère, en faisant le ménage dans ma chambre, avait trouvé un livre que j’avais caché sous mon lit, Le Tao de l’art d’aimer, livre que m’avait prêté mon amoureuse de l’époque, Lucille, qu’elle avait subtilisé dans la bibliothèque de ses parents et qui traitait des rapports amoureux sous l’angle bouddhiste. À l’époque j’avais interprété ce geste comme une envie de partage s’inscrivant dans un jeu vaguement érotique, en y repensant aujourd’hui je le trouve d’une indélicatesse folle, une façon détournée de me dire Écoute, comme tu t’y prends assez mal, je me suis dit que ça pourrait t’aider, je ne sais plus quoi faire d’autre, de la même manière qu’on offre un chewing-gum à quelqu’un dont l’haleine nous insupporte. Si L’orgasme de sa partenaire pour les nuls avait existé, nul doute qu’elle me l’aurait prêté avec cette même fausse innocence, ce pragmatisme grimé en générosité. Et je n’ai aucun souvenir de ce livre si ce n’est que tout y était feutré et traduit en termes très poétiques, il y était question de bambous, de forêts, même quand il s’agissait des sujets les plus crus, car vois-tu Tristan, tout est affaire de mots, si tu avais utilisé un autre champ sémantique (Aaaah Guiraud quel tantra lumineux ! — Oh oui Charlier je sens que j’atteins le prajñaparamita !) peut-être m’aurais-tu épargné une convocation gênante chez le proviseur. Je cache l’enveloppe à Anna comme je cachais Le Tao de l’art d’aimer à ma mère, et je préfère ne tirer aucune conclusion de ce parallèle. À ma mère qui brandissait le livre qu’elle venait de découvrir, je n’avais trouvé à objecter qu’un regard surpris et outré, comme si j’en découvrais l’existence, ainsi des malfrats malintentionnés venaient la nuit chez les gens pour glisser pendant leur sommeil des livres érotiques chinois sous leur lit ? Quelle époque vit-on. »

Extraits
« Si je devais établir une liste de mes vacances idéales, le paddle à Biarritz avec un couple d’amis n’apparaîtrait pas sur la feuille, ni au dos, ni dans le cahier tout entier. Le soir où il avait lancé cette idée, tout le monde était emballé, c’était l’idée du siècle, du paddle à Biarritz, youhou, champagne. Moi-même j’arborais un sourire franc pour ne pas détonner dans l’effervescence ambiante, un sourire de photo de mariage, sans même savoir ce que signifiait le mot paddle, quoique pressentant qu’il avait de bonnes raisons de ne pas faire partie de mon vocabulaire. En rentrant, j’avais tapé paddle sur Google images, et mes appréhensions s’étaient vus confirmées: on me proposait d’aller ramer debout sur une planche en caleçon de bain avec des gens, et je me suis aussitôt vu, le dos courbé sur un paddle qui n’avançait pas, voire reculait, transpirant et rougeaud, le visage grimaçant de douleur et d’effort, tentant de rattraper à vingt mètres devant moi Denis et ses pectoraux fermes et tendus sous le vent océanique. »

« Mon regard se perd sur le décolleté de Béatrice, je me demande chaque fois si ses seins sont refaits ou pas (Anna est persuadée que non, moi que oui). Que se passerait-il si, subitement, au milieu du repas, au beau milieu de la discussion, je tendais le bras et touchais le haut décolleté de son sein du bout de mon index pour en vérifier la fermeté? Comme ça, de manière totalement anecdotique? Quelle serait leur réaction? Denis se lèverait-il pour me mettre son poing dans la figure ou bien le repas se poursuivrait-il comme si de rien n’était? Pourquoi nous évertuons-nous à n’effectuer que des actes pourvus de sens? Pourquoi une existence qui n’en a aucun devrait-elle être constituée d’une suite ordonnée de faits rationnels, et pourquoi ne nous mettrions-nous pas subitement à courir dans la rue sur Modern Love comme chez Leos Carax ou Noah Baumbach? Pourquoi tout doit-il être cohérent quand la vie elle-même ne l’est pas pour deux sous et qu’on peut très bien se réveiller un matin avec un courrier destiné à un type de cinquante ans alors qu‘on n’en a que quarante-six? Pourquoi l’utile, pourquoi l’approprié? »

À propos de l’auteur
Fabrice Caro ou Fabcaro quand il dessine, est né à Montpellier en 1973. Après des études scientifiques, il commence à travailler pour diverses revues de bandes dessinées (Psikopat, L’Écho des Savanes, Zoo…). À partir de 2005, il participe à différents collectifs, dont ceux édités par 6 Pieds sous Terre, et s’affirme, notamment chez La Cafetière, en tant qu’auteur complet. Son humour imparable et sa science du gag l’amènent à produire de nombreux albums dont Zaï Zaï Zaï Zaï, énorme succès auréolé de nombreux prix. Il est également musicien, auteur-compositeur et chanteur. Il est à l’origine, dès 1994, du groupe rock Hari Om et a ensuite réalisé un album-concept autoproduit Les Amants de la rue Sinistrose (1999). Côté romans, Il est l’auteur de Figurec en 2006 qui a fait l’objet d’une adaptation en bandes dessinées (Casterman 2007), dessins de Christian De Metter. Après Le discours (2018), il publie Broadway (2020). (Source: Babelio)

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La Séparation

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  RL2020  Logo_premier_roman

 

En deux mots:
Sophia rencontre Adrien. Et même s’il est conservateur et elle hypermoderne, ils s’aiment intensément. Mais les histoires d’amour… on connaît la suite qui nous est ici racontée avec humour et ironie, férocement et parfois crûment. La Séparation est le journal de cette folie amoureuse désormais passée.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Fragments d’un discours amoureux

L’amour, un thème qui parfait pour la Saint-Valentin. Et même s’il est surtout question de rupture dans ce premier roman signé Sophia de Séguin, c’est bien l’amour sous toutes ses facettes qui est analysé ici.

Dans L’histoire de ma vie, Casanova écrivait que «rien n’est plus amer que la séparation lorsque l’amour n’a pas diminué de force, et la peine semble bien plus grande que le plaisir qui n’existe plus et dont l’impression est effacée.» Plus de deux siècles plus tard, Sophia de Séguin nous prouve combien cette situation reste actuelle. Dans son journal, dont son éditeur affirme qu’il lui a été révélé par accident, elle cherche à comprendre pourquoi on aime, comment on aime mais aussi pourquoi on aime moins et puis plus du tout. Toutes les variantes de ce curieux sentiment passées à la moulinette dans ce qui est bien davantage un savoureux mélanges de réflexions et d’émotions ressenties qu’un vrai journal. C’est souvent très drôle, même si l’humour s’accompagne de cynisme, à moins que ce ne soit de l’ironie.
Mais s’agissant de la chronique d’un amour, on peut tout au long de ce recueil de pensées, ajouter un tombereau plein d’adjectifs censés définir ce rapport amoureux. Cette analyse est superbe, lucide, folle, absolue, triste, déprimante, désespérée ou au contraire joyeuse, décomplexée, motivante. Tout l’éventail y passe…
Tout commence lorsque Sophia rencontre Adrien. Ouvrons à ce propos une parenthèse pour souligner que les algorithmes des sites de rencontre auraient exclu cette possibilité puisque leurs profils ne correspondaient pas à priori: «Adrien est un type conservateur, type XIXe siècle, intéressé par la Représentation, l’Histoire, la Transmission – des majuscules. Moi je suis bien une fille de mon époque: hypermoderne, fascinée par le langage, les raisons de mon existence, muette, folle, prisonnière d’images.»
Ils vont apprendre à se connaître, se flairer, se toucher, se caresser, s’aimer, ils vont partager leur vie, se voir grandir dans le regard de l’autre. Jusqu’à ce qu’une sorte de fatigue, de lassitude s’installe. Alors Sophia s’interroge, alors Sophia culpabilise. Et croit découvrir que son éducation et en particulier sa mère portait une lourde responsabilité dans cet échec: «Je devinais aisément que ma solitude et mon refus du monde avaient à voir avec elle. Je ne pouvais pas ignorer qu’elle était la raison principale de mon incapacité à aimer. Elle était aussi, j’en étais certaine, responsable pour la duplicité de mon âme, qui me condamnait à me voir toujours faire, à observer le monde sans y être nulle part.» Mais cet épisode, comme bien d’autres dans ce livre, va se conclure par une sentence tout aussi contradictoire que définitive: «Et je suis désormais convaincue que c’est elle, ma glorieuse mère, qui m’a faite géniale.»
Ne vous offusquez pas, amis lecteurs, si les réflexions rassemblées ici partent dans plusieurs directions, souvent opposées. C’est ce qui fait tout le sel du livre et nous confirment qu’il n’y a rien de plus merveilleux et de plus féroce que l’amour. Qu’il n’y a rien de plus compliqué que de vouloir l’expliquer et le comprendre.
Entre le rire et les larmes, entre la fusion et la séparation, il n’y a qu’un espace infime. Et entre la fidélité et l’éternité, que pensez-vous que Sophia de Séguin nous propose?

La séparation
Sophia de Séguin
Éditions Le Tripode
Premier roman
192 p., 16 €
EAN 9782370552204
Paru le 2/01/2020

Ce qu’en dit l’éditeur
La Séparation est le récit, tragique et drôle, d’une vie au bord de la rupture.
Après une séparation amoureuse, une femme tient le journal intime de ce qui lui arrive, sans souci de tomber.
Ce texte, qui est la première œuvre publiée de Sophia de Séguin, est extrait d’un journal commencé il y a neuf ans à la suite d’une rupture amoureuse. Son existence ne nous a été révélée que par accident ; l’humour tragique de certaines pages, la beauté crue d’autres nous ont fait espérer qu’elles soient publiées. L’auteur y a consenti, précisant toutefois que ces pensées étaient partiales et, désormais, d’un autre monde.

Les critiques
Babelio 
Lecteurs.com
En attendant Nadeau (Cécile Dutheil)
Livres Hebdo (Alexiane Guchereau)
Toute la culture (Marine Stisi)
Untitled Magazine (Mathilde Ciulla)
À voir À lire (Elise Turkovicz)
AOC (Sophie Bernard)
Blog froggy’s Delight (Jean-Louis Zuccolini)
Blog La Viduité

Extraits
« Adrien est un type conservateur, type XIXe siècle, intéressé par la Représentation, l’Histoire, la Transmission – des majuscules. Moi je suis bien une fille de mon époque: hypermoderne, fascinée par le langage, les raisons de mon existence, muette, folle, prisonnière d’images.
J’accorde, sûrement pour m’excuser d’avoir une si mauvaise mémoire, et tellement de paresse, beaucoup trop d’importance à l’oubli, à la faculté d’ignorance après avoir beaucoup lu ou appris. Un genre de résilience. La seule façon d’inventer quelque chose, d’avoir l’âme neuve et pure. » p. 13

« Je savais, et depuis longtemps, que, par sa faute, j’étais timide, silencieuse, et réservée jusqu’à l’autisme. Je devinais aisément que ma solitude et mon refus du monde avaient à voir avec elle. Je ne pouvais pas ignorer qu’elle était la raison principale de mon incapacité à aimer. Elle était aussi, j’en étais certaine, responsable pour la duplicité de mon âme, qui me condamnait à me voir toujours faire, à observer le monde sans y être nulle part. J’avais bien compris pourquoi j’avais tous ces désirs furieux, inarrêtables, de ventre ou de cervelle. Il me fallait bien reconnaitre que mon désir de tout expliquer, de tout comprendre, qui confinait à la folie, venait de cette éducation. Et je suis désormais convaincue que c’est elle, ma glorieuse mère, qui m’a faite géniale. » p. 35

« Joaquim me disait qu’il «était lui-même» avec moi; c’était parce que j’étais éperdument amoureuse, silencieuse, sa petite chatte dévouée; il ne se méfiait de rien, n’en avait rien à faire, était tout à son aise. J’aimais tant Joaquim parce que je n’attendais pas son amour en retour, rien de lui, seulement qu’il accepte le mien, et qu’il me fasse jouir, c’était un contrat, un contrat d’amour univoque, bien établi dès le départ. J’étais, aussi, étrangement confiante avec lui. Les choses étaient bien claires, d’une certitude absolue. Il y avait quelquefois des larmes et de la violence, c’était pour en jouir mieux, lorsque la honte d’être méprisée dépassait quelquefois –c’était rare – le plaisir orgueilleux de demeurer avec ma passion dévorante, cette passion inconnue de lui, dont je lui offrais le spectacle. » p. 89

À propos de l’auteur
Née en 1986, Sophia de Séguin a fait des études de lettres puis appris la programmation informatique à l’école 42, dont elle est désormais l’une des ambassadrices. La Séparation est son premier texte publié. Elle est responsable du volet technique de L’Ovni. (Source: Éditions Le Tripode)

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Au pied de la lettre

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En deux mots:
Barthélémy Martin a eu une enfance difficile suivi d’un mariage raté assorti d’un emploi peu motivant d’agent administratif. Aussi décide-t-il de consulter un psy pour connaître la raison de son trouble et s’en sortir. Un roman épistolaire cocasse et grave qui pourrait déprimer mais finit par faire un bien fou!

Ma note:
★★★ (beaucoup aimé)

Au pied de la lettre
Isabelle Minière
Serge Safran éditeur
Roman
240 p., 16,90 €
EAN : 9791090175723
Paru en août 2017

Où?
Le roman se déroule en France, à Paris

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Mal aimé par ses parents dans son enfance, ignoré par sa compagne Béatrice (alias BB-Béa) et relégué dans la chambre du bébé (des anciens locataires !), Barthélémy Martin est un « désolé chronique ». Il se demande bien pourquoi il existe, cherche un sens à sa vie et se demande si elle vaut la peine d’être vécue avec une droguée aux séries tv. D’où une série de lettres qu’il poste à un psy inconnu. Ne sachant pas s’il est dépressif ou non, il décide parallèlement de consulter. S’ensuit un enchaînement de séances loufoques chez le docteur Blavar, psychiatre fantaisiste, puis chez son frère jumeau, également psy mais adepte des « questionnaires à choix multiples ».
Dans sa quête, Barthélémy croise une « dame aux pigeons », des beaux-parents qui lui sont cachés et une mystérieuse femme à imperméable rouge…
Humour, satire et belle méditation sur la relation à l’autre, ce roman épistolaire impose la musique très personnelle d’Isabelle Minière, porteuse de tendresse et d’espoir.

Ce que j’en pense
Isabelle Minière continue à creuser son sillon. Roman après roman, elle explore la vie d’hommes un peu perdus. Après Martin et ses tentatives plus ou moins manquées de faire quelque chose de son existence dans On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise, voici Barthélémy (dont le patronyme est… Martin) qui n’est guère mieux loti. Il confie son mal-être par courrier à un psy dont on ne saura jamais ce qu’il pense, car ses lettres ne sont pas mentionnées. Mais après tout qu’importe, car Barthélémy trouve dans sa propre activité épistolaire un moyen formidable de donner du sens à sa vie (ne serait-ce pas aussi une belle définition du rôle de l’écrivain?), il trie ses souvenirs, met son parcours en perspective et recherche les causes possibles de sa vision pessimiste du monde que l’on pourrait assimiler à une dépression.
Au fur et à mesure des courriers notre homme – et le lecteur avec lui – va découvrir que la thérapie par l’écriture porte ses fruits. Même s’il n’est pas question de guérison, la distance qu’il parvient à mettre avec ses expériences traumatisantes, l’autodérision dont il fait preuve laissent s’envoler les idées noires.
Pourtant la partie était loin d’être gagnée. Enfant déjà, il est témoin d’une partie de jambes en l’air entre son père et la meilleure amie de sa mère, craint que sa mère ne s’enfuie avec un prince charmant, imagine que sa vie serait plus belle s’il pouvait être adopté. Les années vont passer sans que rien ne change vraiment. Même après son mariage avec Béatrice. Leur vie de couple va bien vite se résumer à des soirées télé devant des séries qui tournent en boucle pour elle et l’incompréhension qui va vite le pousser au mutisme pour lui. D’autant qu’il n’est plus question de faire chambre commune. Barthélémy se retrouve relégué dans la chambre que les anciens locataires avaient prévu pour leur bébé. La banalité de la misère sociale…
Sauf que notre homme veut comprendre et décide d’aller consulter le psychiatre qu’on lui a recommandé: le docteur Blavar.
Mais les premières séances sont particulièrement décevantes. Il n’ose se confier à cet homme plutôt bizarre. En fait il a confondu Phil avec Pierre, son frère jumeau qui officie en face. Mais ce second psy n’est pas davantage efficace que le premier. S’il pose beaucoup de questions, il ne résout rien.
On l’aura compris, la lumière viendra de ce thérapeute invisible auquel Barthélémy s’astreint à écrire. Il lui permet de faire le point, d’analyser lucidement son quotidien: « Le sourire de Béatrice est bizarre, je n’ai pas de mot adéquat pour le qualifier, et pas tellement envie de m’en occuper. Je remarque que sa robe n’est ni vague ni terne, courte, voyante et assez près du corps. Un corps gras, si j’ose dire. Mais pas moche, attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. En tout cas, elle est beaucoup plus sympathique dans cette tenue que dans ses sacs à patates habituels. Je ne suis pas méchant, ne croyez pas ça, juste réaliste. » Au fur et à mesure que les courriers s’accumulent, la confiance croît. Petit à petit, l’agent administratif effacé prend sa vie en mains. Jusqu’à ce jour où il prend LA grande décision, celle de reprendre sa liberté. « Je me sens sûr de moi, pour une fois : je ne veux plus jamais vivre en collocation avec quelqu’un qui croit s’appeler bb et qui m’appelle bibi. »
Je n’en dirais pas plus, de peur de vous gâcher le plaisir des épisodes plutôt cocasses qui vont suivre.
Sachez toutefois qu’Isabelle Minière réussira une fois de plus un joli coup en transformant une chronique du malheur ordinaire en joli conte philosophique. Sans en avoir l’air, elle aborde des questions essentielles sur notre place dans la société, sur ce qui construit ou détruit un couple, sur le libre arbitre…
C’est beaucoup plus réussi que ce manuel de développement personnel que Barthélémy a décidé une fois pour toutes d’oublier. Et c’est drôlement revigorant!

Autres critiques
Babelio
Metamag, le magazine de l’esprit critique
Lecteurs.com (Sophie Gauthier)

Les premières pages du livre

Extrait
«Le premier psy que j’ai rencontré, c’est quand j’étais petit. «Psy», je ne savais pas ce que ça voulait dire, j’avais compris que c’était un docteur, je m’attendais plus ou moins à une piqûre: ma mère trouvait que je ne tournais pas rond (c’était son expression). Un vaccin pour tourner rond. Je n’avais pas peur des piqûres, au contraire: j’aimais montrer à ma mère que j’étais courageux, alors que les autres mômes braillaient à la vue de la moindre seringue. A chaque vaccin, j’avais droit aux félicitations du médecin, c’était très agréable, je me serais bien fait vacciner toutes les semaines. Pour une fois que quelqu’un disait du bien de moi. Je suis donc allé chez ce docteur-là en toute confiance, sûr qu’il me féliciterait, lui aussi. Or…
Or au lieu de piquer, il a causé. Causé avec ma mère, très peu avec moi. (quand il s’adressait à moi, je lui répondais du bout des lèvres ; ma mère m’avait souvent dit que je n’ouvrais la bouche que pour dire des âneries, donc j’étais prudent, regardais ma mère du coin de l’œil en espérant éviter les âneries. J’espérais une piqûre, j’étais déçu. Au bout d’un moment, il a prétendu que j’avais envie de me marier avec ma mère ! J’étais sidéré.»

À propos de l’auteur
Isabelle Minière est née au Mali mais ne s’en souvient pas. Elle a passé son enfance près d’Orléans, fait ses études à Tours et à Paris, puis vécu dans différentes régions. Elle écrit des romans, des nouvelles, et des livres pour la jeunesse. Elle est aussi psychologue, hypnothérapeute. Elle vit à Paris. Elle aime marcher, même les jours de pluie. Au pied de la lettre après On n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise et Je suis très sensible, est son troisième roman. (Source : Serge Safran éditeur)

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