Trois fois dès l’aube

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Trois fois dès l’aube
Alessandro Baricco
Gallimard
Nouvelles
128 p., 13,50 €
ISBN: 9782070142378
Paru en février 2015

Où?
Pour les lecteurs de Mr Gwyn, précédente œuvre d’Alessandro Baricco, il ne fait pas de doute que l’action se situe quelque part en Grande-Bretagne, disons à Birmingham, avec une escapade vers la mer.

Quand?
A quelques détails, on peut situer ces trois nouvelles de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Deux personnages se rencontrent à trois reprises.
Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l’héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l’homme s’ouvre à elle mais mal lui en prend.
Un portier d’hôtel aide une jeune cliente à s’enfuir afin d’échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu’elle, il lui révèle qu’il a passé treize ans en prison à la suite d’un meurtre.
Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l’incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l’emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis.
Trois histoires nocturnes qui se concluent à l’aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu’Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d’élégance et même de sensualité.

Ce que j’en pense
****

Impossible de commencer cette chronique sans évoquer la genèse de ces trois nouvelles, tant elle est constitutive du travail de l’écrivain, pour ne pas dire de ses obsessions. Dans son précédent roman, Mr Gwyn*, il mettait en scène un écrivain britannique qui décidait de mettre un terme à sa carrière. Il était, sous le nom d’Akash Narayan, l’auteur de Trois fois dès l’aube. Alessandro Baricco a voulu savoir ce que contenait ce livre imaginaire, une sorte de défi qu’il a lancé à lui-même et qu’il relève haut la main.
A tel point même qu’il est quasi impossible, une fois entré dans le premier récit, d’en ressortir sans avoir terminé ce délicieux petit livre. L’envie pourra même vous prendre de le relire, tant la virtuosité des dialogues a quelque chose d’addictif.
Une femme entre dans le hall d’un hôtel. Il est quatre heures du matin. Dans le hall, un homme est assis dans un fauteuil, prêt à entamer sa journée de travail. « Quelle fatigue. Cela vous ennuie si je m’assieds un moment ? » Sauf à être un goujat, on n’imagine pas une autre réponse que celle de ce fabricant de balances, surtout quand votre interlocutrice est une belle femme en longue robe de soirée jaune. Disant « Je vous en prie », il ne se rend pas compte que le piège se referme sur lui. Il ne va pas pouvoir sortir de ce dialogue, malgré un rendez-vous important et sa propension à tout régler avec minutie. Sans dévoiler la fin de l’histoire, disons que cette femme qu’il ne connaissait pas quelques minutes plus tôt se retrouvera quasi nue dans son lit. Un destin peut dès lors basculer.
Il n’en ira pas autrement dans les deux autres nouvelles qui sont situées à peu près à la même heure et au même endroit, c’est-à-dire dans le hall d’un hôtel. Il y a d’une part le concierge qui viendra au secours d’une femme, afin qu’elle trouve « quelqu’un de moins enclin à la vulgarité et à la violence » que cet homme qui l’accompagne.
Il y a d’autre part cette femme, inspecteur de police, chargée d’accompagner un enfant qui vient de voir sa maison et sa mère brûler et qui décide que cet endroit n’est pas le plus approprié à la situation.
La photo de couverture de ce livre, œuvre de Richard Tuschman, est tirée d’une série baptisée Hopper Meditations. Elle illustre parfaitement l’ambiance du livre. Lorsque le temps est suspendu, lorsque tout est possible, lorsque le destin peut basculer. Ce petit livre est un grand livre !

* Signalons à ce propos qu’il n’est pas nécessaire de lire
Mr Gwyn pour apprécier ce livre, mais pour ceux qui auront envie de le découvrir, la version poche vient de paraître.

Autres critiques

Babelio
Culture box
Télérama
Les Echos
Le JDD (Chronique de Bernard Pivot)

Extrait

« C’était un hôtel, d’un charme un peu suranné qui avait su probablement, par le passé, tenir certaines promesses de luxe et de raffinement. Par exemple, il avait une belle porte à tambour en bois, un détail toujours propice aux fantasmes.
C’est par là qu’une femme entra, à cette heure étrange de la nuit, apparemment perdue dans ses pensées, à peine descendue d’un taxi. Elle portait juste une robe du soir jaune, plutôt décolletée, sans l’ombre d’un châle sur les épaules : cela lui donnait l’air intrigant de ceux à qui il est arrivé quelque chose. Il y avait une élégance dans ses mouvements, mais on aurait dit aussi une comédienne regagnant les coulisses, libérée de la contrainte du jeu et renouant avec une partie d’elle-même, plus sincère.. » (p. 17)

A propos de l’auteur

Alessandro Baricco est né à Turin le 28 janvier 1958. Il est écrivain, musicologue et homme de théâtre italien contemporain.
Après des études de philosophie et de musique, Alessandro Baricco s’oriente vers le monde des médias en devenant tout d’abord rédacteur dans une agence de publicité, puis journaliste et critique pour des magazines italiens. Il a également présenté des émissions à la télévision italienne (RAI) sur l’art lyrique et la littérature. Il est un des collaborateurs du journal La Repubblica où il a publié en 2006 un feuilleton, intitulé « I Barbari » (Les Barbares).
En 1991, il publie, à 33 ans, son premier roman « Châteaux de la colère », pour lequel il obtient, en France, le Prix Médicis étranger en 1995. Il a également écrit un ouvrage sur l’art de la fugue chez Gioacchino Rossini et un essai, « L’Âme de Hegel et les Vaches du Wisconsin » où il fustige l’anti-modernité de la musique atonale. En 1994, avec quelques amis, il fonde et il dirige à Turin une école de narration, la Scuola Holden – ainsi nommée en hommage à un personnage de J. D. Salinger – une école sur les techniques de la narration, où l’on peut « apprendre à écrire » dans un premier temps et à « écrire comme lui » dans un second temps.
Passionné et diplômé en musique, Alessandro Baricco invente un style qui mélange la littérature, la déconstruction narrative et une présence musicale qui rythme le texte comme une partition. Sa traductrice, Françoise Brun, écrit, à propos de son style : « Mais ce qui n’appartient qu’à lui, c’est l’étonnant mariage entre la jubilation de l’écriture, la joie d’être au monde et de le chanter, et le sentiment prégnant d’une fatalité, d’un destin. »
Désireux de mêler ses textes à la musique pour les enrichir (puisqu’il les construit dans cet esprit), il demande au groupe musical français Air de composer une musique pour « City » (2001). Il s’en suit un concert dans lequel Air joue la musique en live et Baricco lit ses textes en public. (Source: Babelio)

Site Wikipédia de l’auteur

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Trompe-la-mort

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Trompe-la-mort
Jean-Michel Guenassia
Albin Michel
Roman
396 p., 22 €
ISBN: 9782226312464
Paru en janvier 2015

Où?
En Inde, à New Delhi pour les premiers chapitres du livre, puis en Grande-Bretagne, notamment à Londres, Greenwich et Lympstone, ainsi que dans quelques points chauds de la planète tels que l’Irlande, l’Irak ou l’Afghanistan. Retour en Inde pour la troisième partie, notamment à Delhi, à l’ashram de Manjoor dans le Kerala et à Poojapura, la prison de Trivandrum.

Quand?

L’action se situe principalement de 1969, date de l’arrivée du père du narrateur à New Delhi, à nos jours, en passant par le 5 février 2004 à 7 h 35 du matin et le 19 décembre 2013 à 7 h 43.

Ce qu’en dit l’éditeur
Tom Larch est-il vraiment immortel ? Aucun être humain n’aurait pu survivre aux accidents dont il s’est tiré. A-t-il un secret qui le protège des coups du sort ? Ou un ange gardien qui veille sur lui ? Est-ce le hasard ou son instinct de vie qui lui permet de s’en sortir à chaque fois ? Obligé de quitter New Delhi pour Londres à huit ans, Tom est depuis toujours écartelé entre ses deux cultures. Celle de sa mère, indienne, et celle de son père, ingénieur anglais. A dix-huit ans, il s’engage dans les Royal Marines, et devient un héros, malgré lui. Rendu à la vie civile, il devra affronter ses propres démons quand l’un des hommes les plus riches du monde lui demandera d’aller en Inde à la recherche de son fils, que Tom est le seul à pouvoir retrouver.
Formidable conteur, Jean-Michel Guenassia nous entraîne à la suite de Tom Larch dont le destin se mêle aux tumultes de l’Histoire. Comme dans Le Club des incorrigibles optimistes, il convoque avec maestria dans ce roman magistral tout ce qui fait notre XXIe siècle.

Ce que j’en pense
****

Tommy, le narrateur de cet excellent roman, est le fils d’un Anglais et d’une Indienne. Informaticien, son père commence une carrière prometteuse d’informaticien à New Delhi. C’est là qu’il va rencontrer une collègue, qui passe encore davantage de temps que lui devant son ordinateur. Unis dans un même projet professionnel, le couple décide de se marier. Malgré l’hostilité de la famille qui avait déjà arrangé une union avec un jeune homme de la même caste, comme il est de tradition en Inde.
Après avoir bravé l’interdit, le couple se retrouve très vite sans famille. Après la naissance de Tommy, ils vont bien essayer de renouer des liens, mais sans le moindre succès. Si bien que la famille décide de quitter le pays pour retourner en Angleterre.
Pour l’enfant, le choc est rude : « En Inde, les gens étaient colorés, de toutes les nuances, ici ils étaient blanchâtres, comme des coquilles d’œuf, ou ils étaient gris, comme les murs et les imperméables, le gazon et le ciel, et je ne sentais que l’odeur du saindoux des fish and chips. Même leur thé était fade. Le pire, c’était le silence, on n’entendait pas la pluie tomber, une pluie sournoise qui s’infiltrait dans les os. »
Pour quelques temps, il trouve refuge auprès d’amis immigrés, pratique le cricket et tombe amoureux d’une Indienne qui va se voir confronter aux mêmes règles et conventions que ses parents. C’est l’époque où commence une série d’accidents auxquels il va réchapper : il passe à travers une verrière, est coincé dans sa chambre alors que sa maison brûle, reste enseveli dans une avalanche à Kitzbühel. Mais il ne devra son surnom de Trompe-la-mort que plus tard, après avoir choisi de s’engager dans l’armée et d’avoir été victime d’un attentat dont il sera le seul survivant. Une journaliste, Helen McGunis, s’intéresse à son cas et réalise un documentaire qui va le propulser au rang de vedette. S’il n’aime pas trop la façon dont elle s’est appropriée son histoire, il se consolera dans ses bras.
Le couple emménage dans un appartement trop petit pour deux. Il se révélera aussi trop petit pour trois et causera leur séparation.
La vie ordinaire du père divorcé va pourtant basculer une fois de plus, quand l’une des plus grosses fortunes du pays engage Tom pour retrouver son fils en Inde, pays qu’il avait juré de ne plus revoir. Sur les terres de son enfance, Trompe-la-mort va enfin réussir à boucler la boucle, mais au bout d’un étonnant périple.
Une bonne dose d’exotisme, la confrontation de deux cultures, une quête du père, sans oublier une pincée piquante de culte du héros au temps de la télé-réalité : voilà les ingrédients qui font de ce roman une excellente chronique des relations du dernier demi-siècle entre l’Inde et l’Angleterre. Mais c’est aussi grâce à ce chassé-croisé que l’on ne s’ennuie pas une seconde et qu’on suit avec plaisir le narrateur dans ses pérégrinations.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Télérama
Les Echos
L’Opinion
Toute La Culture
Entre les lignes (émission Radio Espace 2)

Extrait
« La vie est une maladie incurable, Tommy. On n’arrive jamais à s’en remettre. On voudrait qu’elle soit conforme à nos rêves, on se bat pour l’apprivoiser et la dominer mais nous ne faisons qu’obéir, contraints et forcés, comme des esclaves désobéissants. Nous sommes obsédés par la mort alors que nous ne devrions penser qu’à la vie. A chaque jour qui nous est donné. Parce que c’est la seule chose dont nous soyons absolument certains. La seule vérité sur cette terre, c’est que nous sommes là, toi et moi, et que nous nous aimons. Tout le reste n’est qu’illusion. »

A propos de l’auteur
Jean-Michel Guenassia est aussi l’auteur de deux best-sellers, Le club des incorrigibles optimistes, le roman phénomène – tant critique que public ¬– de la rentrée littéraire 2009, récompensé par le Goncourt des lycéens et La vie rêvée d’Ernesto G. en 2012. (Source : Editions Albin Michel)

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Les rumeurs du Nil

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Les rumeurs du Nil
Sally Beauman
Jean-Claude Lattès
Roman
600 p., 22,90 €
ISBN: 2709644860
Paru le 5.11.2014

Version poche parue en mai 2016.

Où?
Situé principalement en Egypte, au Caire et dans la Vallée des Rois pour sa partie historique, le roman se déroule également en Angleterre, à Cambridge, Newnham et Londres et pour une troisième partie aux Etats-Unis, à New York, Boston et dans la ville de cure de Saranac Lake avec une courte escale parisienne.

Quand?

Le roman est construit en deux parties, retraçant d’une part les début des années vingt en Egypte avec la découverte de la tombe de Toutankhamon et d’autre part l’évocation des souvenirs de la narratrice quelque 80 ans plus tard.

Ce qu’en dit l’éditeur
Envoyée en Egypte en 1922 pour se remettre de la mort de sa mère, la petite Lucy, onze ans, est prise dans l’effervescence qui entoure la recherche obsessionnelle du tombeau de Toutankhamon.
Sa rencontre avec Frances, la fille d’un archéologue américain, bouleverse son existence. Alors que les deux fillettes épient les adultes pour percer à jour les secrets qu’ils gardent jalousement, se forge entre elles un lien d’amitié indestructible.
Des décennies plus tard, hantée par les fantômes et les erreurs de son passé, Lucy les exhume pour tenter de donner un sens aux étranges événements qui se sont déroulés au Caire et dans la Vallée des Rois. Et pour la première fois de sa vie, elle réussit à affronter ce qui s’est passé après l’Egypte, au moment où Frances avait le plus besoin d’elle.

Ce que j’en pense
****

Tous les ingrédients du bon roman sont au sommaire de ce livre : L’Histoire avec les débuts de l’indépendance de l’Egypte et les découvertes archéologiques dans la Vallée des Rois, le suspense avec l’assassinat d’une membre de l’équipe retrouvée parmi les roseaux des marais du Nil, l’initiation avec le récit de la narratrice qui a onze ans et son amie américaine, l’amour et les relations compliquées de son père, chercheur à l’université ainsi que les siennes, sans oublier l’espionnage et la recherche de la vérité sur les circonstances de l’une des découvertes majeures du siècle dernier et enfin une touche d’ésotérisme avec la fameuse malédiction qui devait frapper les archéologues.
Des ingrédients avec lesquels Sally Beauman réussit une œuvre très dense – plus de 500 pages en grand format – et très documentée grâce à une construction habile en faisant alterner le récit de la petite fille en 1922 et durant les quelques années suivantes avec celles de la vieille dame qu’elle est devenue et qui est sollicitée par un journaliste désireux de réaliser un documentaire sur Toutankhamon.
Le livre s’ouvre sur ces lignes : « Pendant notre séjour au Caire en janvier 1922, je visitai les pyramides. C’est là que je vis Frances pour la première fois. Nous étions en Egypte pour une semaine et Mlle Mackenzie, ma gouvernante, avait planifié notre séjour avec le plus grand soin. Elle était persuadée que si je voyais les pyramides, « l’une des plus grandes merveilles du monde antique, ne l’oubliez pas ma chère Lucy », si possible au moment le plus opportun – au lever du soleil –, les merveilles de pierre allaient produire en moi un changement. Me stimuler. Me fasciner. Me ramener à la vie, me convaincre de revenir au monde. »
Un programme qui s’avérera en tous points réussi. A la fraîcheur candide de l’enfant qui est projetée au milieu d’une équipe d’archéologues passionnés et qui avec son amie Frances va essayer de jouer aux espionnes pour nous dévoiler l’envers du décor, l’auteur nous propose le regard beaucoup plus acéré de celle qui est devenue une spécialiste de cette époque et qui est l’une des rares survivantes.
Que l’on soit ou non amateur d’histoire, on ne pourra manquer de trouver ce récit érudit, émouvant, passionnant. Que demander de plus ?

Autres critiques
Babelio
Voyages au bout de la page
Les lectures de Ollie

Extrait
« Voyez-vous, Lucy, je songeais au début à écrire les Mémoires de ma famille. J’ai pris beaucoup de notes au cours de mon premier séjour en Egypte avec mon père, sur les pyramides, les pélicans… Je voulais rendre justice à la faune et la flore… (Elle fronça les sourcils.) Mais Le Livre a ses propres exigences désormais, je vous l’ai dit. Il m’a rappelé tous les événements qui se sont produits durant notre dernière visite : notre rencontre avec M. Carter et Lors Carnarvon, le déjeuner dans le tombeau, la tempête dans la vallée, les bouleversements politiques, la nouvelle nation en passe de naître… Ensuite, j’ai entendu ces rumeurs sur la trouvaille de Carter. C’est alors que j’ai compris que nous étions des témoins, Lucy, des témoins de l’Histoire en marche… J’ai mis du temps à la comprendre, je m’en rends compte aujourd’hui, mais Le Livre savait quelle voie emprunter, et dès que je l’ai écouté, tout est devenu clair. » (p. 298)

A propos de l’auteur
Sally Beauman est née à Devon et a étudié la littérature anglaise au Girton College de Cambridge. Elle a travaillé comme journaliste et critique aux États-Unis et en Grande-Bretagne, et est l’auteur de sept autres romans. (Source: Editions Jean-Claude Lattès)

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