Maman ne répond plus!

BLANCHUT_maman_ne_repond_plus  RL_hiver_2021  Logo_premier_roman

En deux mots
Zabou va fêter ses 62 ans et n’a plus guère le moral. Son mari se passionne pour le vélo, ses enfants ont quitté la maison et elle se gave de bonbons. Même sa copine Nicoucou n’arrive plus à lui remonter le moral. Jusqu’au jour où le couvercle déborde et où elle prend la fuite…

Ma note
★★★ (bien aimé)

Ma chronique

La sexagénaire fait une fugue

Pour ses débuts en littérature adulte Fabienne Blanchut a réussi avec Maman ne répond plus! un roman drôle et enjoué autour d’une femme qui décide qu’à 62 ans, sa vie n’est pas finie, loin de là !

Isabelle, dite Zabou, fête ses 62 ans. Pour l’occasion toute la famille a fait le déplacement, ses enfants Louise et Benjamin, ses petits-enfants Paul, Léa et Clara, sa belle-mère Josy qui a 88 ans roule en Ferrari au bras d’un chauffeur qui affiche quelques décennies de moins, Nicoucou sa meilleure copine. Quant à Michel, son mari, il se fait un peu attendre, car il est parti faire un tour à vélo, sa passion qu’il essaie d’assouvir dès qu’il a un moment. En ce jour de fête, son moral n’est pas vraiment au beau fixe. «J’habite un charmant mais tout petit village de Haute-Savoie, J’étais mère au foyer et, depuis que Louise a fini ses études et quitté la maison, me voilà juste au foyer. Je remplis mes semaines avec quelques activités à droite, à gauche — la piscine avec Nicoucou, mes cours de flûte traversière, un peu de marche —, mais rien de transcendant n’est arrivé dans ma vie depuis des lustres…»
Alors pour se remonter le moral, elle pioche dans ses paquets de bonbons et pleure. Heureusement Nicoucou veille sur elle et la pousse à sortir, au cours de yoga, à l’aquagym, au restaurant. Sur ses entrefaites, Louise débarque et annonce vouloir passer quelques jours à la maison, persuadée que son mari la trompe. Elle qui se plaignait d’être seule a soudain de la compagnie.
Autant dire que les choses ne s’arrangent pas. Nicoucou part en Catalogne suivre un cours de yoga et Zabou prend le volant d’un énorme camping-car pour rejoindre les Pyrénées où elle suivra son mari qui rêve d’emprunter les mythiques étapes du Tour de France avant l’arrivée des coureurs. C’est à ce moment qu’elle craque: «À défaut de savoir ce que je veux, je sais ce que je ne veux pas. C’est déjà ça. Demain, j’enfilerai ma robe à pois pour encourager mon grimpeur de mari et endormir ses doutes, s’il en a, ce qui m’étonnerait. Je le regarderai partir, m’étant assurée qu’il ait à boire, à manger, son téléphone, ses cartes d’identité et bancaire dans son cycliste, puis je prendrai la tangente. Je ne sais pas pour où et pas vraiment pourquoi… Je n’ai jamais fugué de ma vie. Mes revendications ne sont pas encore très claires. J’ai juste besoin de me retrouver.» Et voilà Isabelle Fleurot, épouse Le Bihan, en route pour Toulouse, d’où elle va s’envoler…
On sent la plume allègre de Fabienne Blanchut, jusqu’ici connue pour sa centaine de livres jeunesse, s’amuser de cette fugue qui va permettre à Zabou de vivre quelques instants dont elle se souviendra longtemps. Avec une joyeuse insouciance, elle raconte ce besoin d’émancipation et cette douce euphorie qui gagne l’épouse et mère de famille depuis qu’elle a pris sa décision. Son refus de «l’obsolescence programmée des sentiments» fait en effet plaisir à lire. Avec un final éblouissant !

Maman ne répond plus !
Fabienne Blanchut
Éditions Marabout / La Belle Etoile
Premier roman
200 p., 17,90 €
EAN 9782501138628
Paru le 31/03/2021

Où?
Le roman est situé en France, principalement en Haute-Savoie, à Metz-Tessy et dans les environs, à Annecy et Genève. On y évoque aussi la Catalogne avec Barcelone et Sitges ainsi que les Pyrénées et Toulouse, la Bretagne et Vannes ainsi que l’Allemagne avec Hambourg et Buxtehude, sans oublier des souvenirs de voyages à Boulogne et Choisy-le-Roi et une escapade à Trouville, en passant par Paris.

Quand?
L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
À 62 ans, Zabou s’apprête à célébrer son anniversaire. Pour l’occasion, tous ses proches sont réunis : Michel, son mari passionné (essentiellement de vélo), Louise et Benjamin, ses enfants attentifs (surtout à eux-mêmes), Paul, Léa et Clara, ses petits-enfants aimants (les biberons et les pistolets à eau) et Nicoucou, son amie fidèle (à ses tee-shirts voyants et à son franc-parler légendaire).
L’esprit a beau être à la fête, Zabou ne peut réfréner son envie de se réfugier dans le cellier pour pleurer et avaler des bonbons par poignées. Après des années à s’être consacrée aux autres, elle semble désormais tout juste bonne à accompagner son mari sur les routes du Tour de France et à garder les plus petits.
Et s’il était temps de rompre l’ennui? De se laisser embarquer par la douce folie de l’amitié? De fuguer pour mieux se retrouver?

Les critiques
Babelio 
Lecteurs.com
Blog A book is always a good idea 
L’Apostrophée blog littéraire
Blog pose-toi Eva lire
Blog Lectures et plus 

Les premières pages du livre
« Anniversaire, Groupon et Haribo
Alors, le prochain, ce sera quoi ? Fraise ou crocodile ? Ceci dit, les œufs au plat, c’est pas mal aussi…
— Maman, c’est nous !
Je sors la tête du cellier, où j’étais en train de terminer en cachette un paquet de bonbons. Presque prise la main dans le sac ! Louise, ma cadette, est dans l’entrée. S’agglutinent derrière elle Stéphane, mon gendre ronchon, et Paul, leur fils de deux ans et demi. Aussi vite que ses petites jambes potelées le lui permettent, il se précipite dans mes bras.
— ’yeux nifessère, mamie !
— Merci, mon lapin ! lui dis-je en l’embrassant, consciente qu’il doit répéter cette nouvelle phrase en boucle depuis au moins cinq jours.
Il a déjà gaffé hier, quand je suis allée le chercher à la crèche. Mais je n’ai rien dit, évidemment. Pauvre petit bonhomme… Difficile de garder un secret quand on est haut comme trois pommes !
— Bon anniversaire ! ajoutent en chœur Louise et Stéphane, ce qui me sort de mes pensées.
— Merci, merci !
— On est les premiers ? demande ma fille préférée (je n’en ai qu’une) pour la forme.
Oui, ils sont les premiers, comme d’habitude, mais je n’ai pas le temps de lui répondre car le téléphone sonne. Ça n’arrête pas depuis ce matin. Je décroche et leur fais signe d’aller s’installer dans le jardin. Cela fait bien quinze jours que le soleil s’est accroché sur un ciel bleu azur et que la température avoisine vingt-sept degrés. Plutôt sympathique, pour un mois de juin.
— Tu y as pensé ? C’est adorable ! Passe pour le café, on sera dehors. Les enfants seront là, oui… À tout à l’heure !
Je raccroche et rejoins le trio, qui s’est assis autour de la grande table de jardin, près du liquidambar que mon mari et moi avons planté à la naissance de Louise, il y a vingt-neuf ans. Ça non plus, ça ne me rajeunit pas. Stéphane joue avec son fils, et Louise picore dans le plat de crudités. Elle a jeté son dévolu sur les tomates cerises. À ce rythme-là, il n’y en aura bientôt plus pour personne, mais je laisse faire. À soixante-deux balais, j’ai décidé de devenir « zen ». Une résolution comme une autre…
— C’était Nicoucou, dis-je en m’asseyant avec eux. Elle passera pour le café.
— Super ! s’écrie Louise. Ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue. Depuis l’enterrement de son mari, je crois.
— Huit mois déjà…
— Comment va-t-elle ?
— Ma foi, plutôt bien. Que Robert repose en paix, surtout. Mais la vie avec lui… ça n’a pas été une sinécure pour la pauvre Nicoucou. Loin de là ! Quel coureur c’était… Bref, passé un délai raisonnable d’apitoiement et de légitime tristesse, elle a tout d’une veuve joyeuse. Elle revit !
— De qui parles-tu ? demande la grosse voix de mon fils, Benjamin, qui me fait sursauter.
Il me prend dans ses bras, me soulève et me plante deux grosses bises sur les joues.
— Bon anniversaire, maman.
— Merci, mon grand. On parlait de Nicoucou.
Elle nous rejoindra plus tard.
— Chouette ! lance-t-il, visiblement ravi à l’idée de revoir ma copine.
Je m’aperçois qu’il me tient toujours en l’air, à la force de ses bras, la pointe de mes pieds touchant à peine le sol. Je lui donne une petite tape sur l’épaule.
— Repose-moi, Ben.
— Vos désirs sont des ordres, vénérable mère.
Vénérable ou pas, me revoilà sur le plancher des vaches. J’embrasse la timide Caroline, ma belle-fille, qui s’agrippe aux poignées du landau dans lequel dorment les jumelles Léa et Clara, quatre mois au compteur (les chanceuses). Je crois que ma bru a toujours eu un peu peur de notre famille et de ses « débordements » affectifs.
— Tiens, mais où est papa ? questionne soudain Louise.
— Papi boulot ? interroge le petit Paul en me tirant par la manche.
— Papi vélo, je lui réponds avec une pointe d’agacement qui n’échappe pas à mes enfants.
— Toujours aussi passionné, hein ? demande Benjamin avec amusement.
— Plus que jamais. Il ne fait que ça tous les week-ends. Et quand il ne pédale pas lui-même, il regarde les autres le faire à la télé…
À peine ai-je le temps de terminer ma phrase que je sens arriver un gros coup de blues. Je prétexte une cuisson à surveiller et file vers la cuisine, en espérant que personne n’aura la mauvaise idée de me suivre. Là, je bifurque en direction du cellier, bien décidée à en finir une fois pour toutes avec ce paquet de fraises chimiques entamé une heure plus tôt. Un plaisir coupable et gélatineux qui ne m’empêche pas de penser…
Aujourd’hui, j’ai soixante-deux ans. Je ne suis plus jeune et pas vraiment vieille… J’habite un charmant mais tout petit village de Haute-Savoie. J’étais mère au foyer et, depuis que Louise a fini ses études et quitté la maison, me voilà juste au foyer. Je remplis mes semaines avec quelques activités à droite, à gauche – la piscine avec Nicoucou, mes cours de flûte traversière, un peu de marche –, mais rien de transcendant n’est arrivé dans ma vie depuis des lustres… Ma famille est réunie dans notre jardin, et il manque Michel, mon mari depuis trente-huit ans, qui préfère la petite reine à la reine de la fête. Je crois que je suis sur la dangereuse pente de la déprime.
Dringggg ! Dringggg !
Encore le téléphone. Je n’ai pas le courage de répondre. Louise décroche. Deux minutes plus tard, elle m’appelle :
— Maman, téléphone pour toi ! C’est mamie !
Ma belle-mère. Manquait plus que ça. Je m’efforce de sourire à ma fille lorsqu’elle me tend le combiné.
— Allô, Josy ? Merci beaucoup… Oui, tout va bien. Ne vous pressez pas. Michel n’est pas encore là. Nous vous attendrons, de toute façon. Dites, rassurez-moi : vous êtes sur une aire de repos pour me…
Charmant. Elle m’a raccroché au nez. Josiane, dite Josy… Quatre-vingt-huit ans. Ma belle-mère. Riche héritière bretonne de producteurs de sel de Guérande. Conduit encore, et de préférence des voitures de sport. Se cougardise en sortant avec son comptable de quarante-deux ans, Geoffrey. Heureusement, mon anniversaire tombe pendant une période fiscalement « chaude », ce qui nous épargnera sa venue et donc sa gueule d’épagneul sous anxiolytiques.
Je m’aperçois soudain que Benjamin et Louise me regardent.
— Votre grand-mère aura un peu de retard.
— Elle téléphonait en conduisant ? demande Benjamin, qui est adjudant chez les sapeurs-pompiers.
— J’en ai peur…
— Elle sait combien il y a de personnes tuées sur les routes à cause de ce type de comportement ? s’emporte-t-il.
Ben n’a jamais rigolé avec la sécurité. Tout petit déjà, il était prêt à mettre ses méduses dans la baignoire pour ne pas déraper. Il envisage toujours le pire, et son métier n’arrange rien. Impuissante, je hausse les épaules. Louise tente de le calmer.
— Ça ne sert à rien de t’énerver alors qu’elle n’est pas là. Tu lui feras la leçon quand elle arrivera. Tu es le seul qu’elle écoute un peu.
— Tu parles… maugrée mon fils. Elle n’écoute plus personne depuis belle lurette.
Sur ces paroles, on ne peut plus vraies, la porte d’entrée s’ouvre. Michel. Soixante-sept ans. Mon mari. Cheveux argentés (encore fournis, Dieu merci), fossette au menton et joues rasées de près. Tenue de cycliste intégrale. Peau de chamois au fond du cycliste, justement, qui lui donne une démarche de cow-boy. Il est rouge et en nage. Un homme heureux. Ses premiers mots sont des mots d’amour :
— Deux cent sept bornes autour du lac ! J’ai explosé mon chrono et laissé loin derrière Claude et Alain.
— Bonjour, papa, dit Ben.
— Salut, p’pa, renchérit Louise.
— Papi-Papito, s’écrie Paul, qui arrive avec sa démarche chaloupée, suivi de son père.
— Po-Polo, répond mon mari, ce qui fait rire aux éclats notre petit-fils. Je file sous la douche. Je vous embrasse après. Louise, sors les merguez et les brochettes. Ben, tu n’as qu’à allumer le barbec’, j’ai tout préparé.
Il se déchausse et monte à l’étage.
— OK, soupire ma fille en prenant la direction de la cuisine.
— À vos ordres, chef ! réplique mon fils en singeant un salut militaire.
— Ordes, cef ! répète Paul, qui attrape son oncle par la main et sort avec lui par la porte-fenêtre du salon.
Et voilà. L’histoire de ma vie. Je me retrouve seule dans l’entrée. J’ai soixante-deux ans et je suis devenue invisible aux yeux de mon mari. J’en suis là de mes réflexions quand j’entends un klaxon tonitruant. Josiane. Ça ne peut être qu’elle. Je sors pour l’accueillir, et les bras m’en tombent : un jeune homme tout droit sorti d’un magazine sur papier glacé lui ouvre la portière d’une voiture rouge, sortie du même magazine. Je suis nulle en marques automobiles. Une voiture, ça doit juste m’emmener d’un point A à un point B. Dodoche ou bolide, c’est kif-kif. Mais là… Ma belle-mère a fait fort ! Elle savoure, je le lis dans son regard.
— Kevin, voici Zabou, ma belle-fille.
— Zabou, voici Kevin, mon chauffeur.
Elle lui pince la joue, et il rougit. J’imagine qu’il n’est pas que chauffeur, le Kevin. Je vais pour le saluer, mais le haut de son corps plonge à l’intérieur du monstre rouge. Quand il se redresse, il me tend un énorme bouquet qui me fait penser, j’ai honte de l’avouer, à une gerbe mortuaire.
— Très bel anniversaire, madame.
— Merci… Merci beaucoup, dis-je, en disparaissant derrière les fleurs. Appelez-moi Isabelle.
— Kevin reste, n’est-ce pas ? Je me suis dit que s’il y en avait pour huit, il y en aurait pour neuf, argumente Josiane.
— Grand-mère, tu vas… Waouh ! fait Ben en nous rejoignant, le souffle coupé.
— Bien ? Oui, merci, mon chéri, répond ma belle-mère à mon fils adoré.
— Stéph, Paul, venez voir ! crie Ben à l’intention de son beau-frère et de son neveu.
Là, il se passe des trucs de garçons que je ne comprendrai jamais. De deux à soixante-dix-sept ans, il semblerait que l’attraction de l’automobile opère.
— T’as vu ça, Louise ? s’anime Stéphane auprès de ma fille, qui nous rejoint à son tour. C’est la F12…
— Berlinetta… complète Louise.
J’en reste bouche bée : Louise s’y connaît en voitures. Ma petite fille aux poupées roses et aux dînettes interminables… Elle se tourne vers moi.
— Tu sais, c’est pour Paul que je me mets à la page. Il reconnaît déjà plein de marques et de modèles.
Nous sommes tous devant le garage quand Michel redescend. Il s’est changé – polo rouge (assorti à la voiture de sa mère, donc), short kaki. Il sent bon aussi. L’odeur boisée de cette eau de toilette que j’adore et qu’il porte depuis presque quarante ans…
— Eh bien, maman, tu ne te refuses rien ! dit-il à sa mère en l’embrassant.
— Tu parles de la Ferrari ou de Kevin ?
Mon mari réfléchit.
— Des deux, maman… des deux. Salut ! Moi, c’est Michel, dit-il en tendant une main à Kevin.
— Merci, monsieur, de m’inviter le jour de l’anniversaire de votre femme.
— L’anniv… ? De ma… ?
Grand blanc tandis que les voisins passent dans la rue en faisant mine de ne remarquer ni ma mine déconfite, ni la Ferrari de ma belle-mère, ni la famille attroupée tout autour.
— Papa ! grondent Louise et Benjamin. Tu n’as pas…
— C’est une blague ! Évidemment que je n’ai pas oublié !
L’air, un instant en suspens, circule à nouveau.
— Bon anniversaire, ma chérie, dit-il avant de m’embrasser bruyamment sur la bouche.
— Beurk ! fait Paul, sincèrement dégoûté, en se détournant.
Et, sur ce coup-là, je me dis qu’il n’a pas tout à fait tort.
De l’apéro au dessert, tout se passe sans problème. Puis vient le moment des cadeaux… Josiane s’excuse de n’avoir apporté que le bouquet et des bouteilles de champagne. Michel m’offre une paire de boucles d’oreilles en émeraude alors que je n’aime que les saphirs, mais il ne l’a jamais mémorisé. Je fais ce que je peux pour cacher ma déception. Paul m’a fait un très beau dessin. Je m’apprête à présent à ouvrir l’enveloppe que me tend Louise.
— De notre part à tous les quatre, précise Benjamin. J’espère que ça te plaira…
Je découvre un bon Groupon qui m’offre la possibilité de participer à un cours d’initiation au yoga avec la personne de mon choix. Michel s’empresse de me lancer un regard que je connais bien et qui signifie « Surtout, ne compte pas sur moi… », lorsque Nicoucou arrive par le jardin. Elle ouvre le petit portillon, entre et le referme soigneusement, comme on le fait depuis que Paul est né. Pimpante, ses cheveux roux flamboyant au soleil, elle me tend un cabas rempli de sucreries. Mon cadeau préféré.
— Hello, tout le monde !
— Salut, Nicoucou ! Ça me fait super plaisir de te voir, dit Louise en l’embrassant.
— Pareil, réplique Benjamin, qui la serre contre lui, toujours très tactile.
— Laissez-moi respirer ! rouspète Nicoucou, qui, en vrai, adore ça.
Elle remarque alors la présence de ma belle-mère et de son « chauffeur ».
— Bonjour, Josiane. Bonjour, jeune éphèbe… Tu as offert un sex-boy à Zabou pour son anniversaire ? interroge-t-elle mon mari en se tournant vers lui.
— Heu, non… Juste des boucles d’oreilles.
— C’est le mien, rétorque ma belle-mère, soudain très possessive, en posant une main bagousée sur la cuisse de Kevin.
— Sans blague ?! Chapeau, Josiane ! Et sinon, vous savez qu’une voiture de sport est garée devant chez vous ? poursuit Nicoucou.
— Oui, c’est la mienne aussi, réplique Miss Quatre-vingt-huit ans, qui n’est pas prête à céder la place.
— Josiane, vous êtes mon idole. Bon, allez, qui m’offre une coupette ?
Sept paires de mains se tendent. Ma copine Nicole est comme ça. Drôle, spontanée, fantasque. Tout ce que je ne serai jamais. Je cogite beaucoup trop, comme elle n’arrête pas de me le répéter. Elle fait l’unanimité, ce qui est loin d’être mon cas. Paraît que j’ai un drôle de caractère… Je tourne et retourne le bon-cadeau entre mes doigts en me demandant ce que je vais pouvoir en faire.
— J’ai trouvé, déclare Ben. Tu n’as qu’à y aller avec Nicoucou, à ton initiation au yoga.
— Une quoi ? s’étrangle Nicole, qui a déjà bien entamé sa coupette.
— Une initiation au yoga. C’est le cadeau de mes enfants, je soupire.
— Génial ! Il paraît qu’il existe soixante-quatre positions différentes aux noms pas possibles : la brouette, l’enclume, l’huître, le collier de Vénus… Mais ça ne va pas être un peu gênant, de faire ça ensemble ? me demande-t-elle, soudain timorée.
— Je crois que vous confondez avec le Kamasutra, corrige alors ma belle-mère, amusée.
Tout le monde éclate de rire, même moi. Il n’y a que Nicoucou pour réussir ce genre d’exploit. »

Extrait
« À défaut de savoir ce que je veux, je sais ce que je ne veux pas. C’est déjà ça. Demain, j’enfilerai ma robe à pois pour encourager mon grimpeur de mari et endormir ses doutes, s’il en a, ce qui m’étonnerait. Je le regarderai partir, m’étant assurée qu’il ait à boire, à manger, son téléphone, ses cartes d’identité et bancaire dans son cycliste, puis je prendrai la tangente. Je ne sais pas pour où et pas vraiment pourquoi… Je n’ai jamais fugué de ma vie. Mes revendications ne sont pas encore très claires. J’ai juste besoin de me retrouver. » p. 97

À propos de l’auteur
BLANCHUT_Fabienne1_©Franck_BeloncleFabienne Blanchut © Photo Franck Beloncle

Fabienne Blanchut est née à Grenoble en 1974 et vit depuis une quinzaine d’années à Bruxelles. Diplômée en Histoire (Maîtrise), en Sciences Sociales (DEA) et en Lettres Modernes option Audiovisuel à la Sorbonne (DESS), elle débute sa carrière au CSA avant d’être repérée par TF1 et de rejoindre le groupe. Très vite, elle se met à écrire des concepts d’émissions. Certains sont retenus. Encouragée, elle poursuit dans cette nouvelle voie, l’écriture, qu’elle mène en parallèle avec son activité de consultante pour la télévision et différentes sociétés de production. Publiée depuis 2005, Fabienne compte aujourd’hui plus de 100 albums jeunesse traduits dans 19 langues. Elle est notamment connue pour la collection Zoé, Princesse parfaite (Fleurus) dont les titres se sont vendus à près d’un million d’exemplaires et pour sa série Walter (Auzou) pour les tout-petits. Elle s’est lancée dans le roman pour adultes en 2021 avec Maman ne répond plus! (Source: lecteurs.com)

Site internet de l’auteur 
Page Wikipédia de l’auteur
Compte Instagram de l’auteur
Page Facebook de l’auteur 

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Tags
#mamannerepondplus #FabienneBlanchut #editionsmarabout #labelleetoile #hcdahlem #premierroman #RentréeLittéraire2021 #litteraturefrancaise #litteraturecontemporaine #rentréedhiver #RentréeLittéraireJanvier2021 #rentreelitteraire #rentree2021 #RL2021 #roman #primoroman #livre #lecture #books #blog #littérature #bloglitteraire #livre #roman #lecture #jaimelire #lecturedumoment #lire #bouquin #bouquiner #livresaddict #lectrice #lecteurs #lecteurscom #bouquiner #livresque #auteur #jaimelire #lectureaddict #litterature #instalivre #livrestagram #unLivreunePage #writer #reading #bookoftheday #instabook #Bookstagram #Book #Bookobsessed #bookshelf #Booklover #Bookaddict

L’histoire de Sam ou l’avenir d’une émotion

PARISIS_lhistoire-de-sam-ou-lavenir-dune-emotion
  RL2020   coup_de_coeur

 

En deux mots:
Sam croise Deirdre à la veille de partir en vacances en Dordogne. Mais comme ses lettres enflammées à la belle galloise restent sans réponse, il va faire sa vie. En fait, ils se croiseront une paire de fois sans se retrouver jusqu’à ce que Sam décide de partir au Pays de Galles bien longtemps après leur rencontre.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

À la recherche de la belle Galloise

Jean-Marc Parisis nous raconte avec autant de délicatesse que de fougue l’amour fou qui unit Sam et Deirdre. Ils ont quatorze ans et l’avenir – d’une émotion – leur tend les bras. Bouleversant et magnifique.

Commençons par rappeler que Camille Laurens publiait il y a 20 ans Dans ces bras-là et que ce roman avait obtenu les Prix Femina et Renaudot des lycéens. Mais, me direz-vous, quel rapport avec le court mais beau roman de Jean-Marc Parisis? Eh bien j’y arrive. La romancière y affirmait: «Le premier amour est éternel, le temps ne passe pas, c’est le principe amoureux.» L’histoire de Sam en apporte une brillante illustration.
Nous sommes dans les années 60 à Froncy, une ville située à une heure de voiture de Paris, au moment où les grandes vacances s’annoncent. Avant de partir à Lambrac, du côté de Brive, passer l’été chez ses grands-parents, Sam rejoint ses copains pour une dernière partie de foot. Quand son ballon atterrit dans le parc voisin le fautif n’a guère envie d’aller le récupérer. Après une bagarre, c’est finalement Sam qui s’acquitte de cette tâche. Ce faisant, il scelle son destin. À quelques minutes près, il aurait manqué Deirdre. Cette fille, qui a quatorze ans comme lui, est comme une apparition: «Je n’avais jamais vu un tel visage. Pas un visage, mais cent visages. Une mutinerie de traits. Un feu blanc où brillaient deux yeux pers, du gris, du bleu, du mauve. Je me suis laissé tomber sur la pierre du bassin asséché depuis des lustres.» C’est ce que l’on nomme sans doute un coup de foudre.
En quelques minutes à peine ils conviennent de se revoir dans la soirée. Main dans la main, il fera découvrir à cette galloise les secrets de son village et tombera éperdument amoureux. Mais il aura beau supplier ses parents pour pouvoir rester encore un peu avec eux à Froncy, rien n’y fera. Il prendra la direction du sud de la France avec un petit bout de papier précieux sur lequel figure l’adresse de Deirdre, qu’il n’a plus envie de quitter.
Dès qu’il arrive, il délaisse les sorties pour se plonger dans son dictionnaire français-anglais et va écrire tous les jours à sa belle amoureuse, faisant par la même occasion de gros progrès en anglais.
Mais ses efforts ne seront pas récompensés, car le seul courrier qui lui sera adressé en retour fait preuve d’une neutralité bienveillante, loin de la flamme espérée, le remerciant de prendre de ses nouvelles depuis la «lovely Dordogne».
Le temps passe. Sam poursuit ses études, retrouve des copains et les premiers flirts lui font oublier Deirdre. Pourtant la jeune fille reviendra à Froncy quelques années plus tard et demandera de ses nouvelles. Mais il n’y aura pas de retrouvailles, car Sam s’apprête à partir en vacances avec les copains et il ne veut pas manquer cette ultime virée avant de rejoindre le lycée parisien où il va préparer les concours pour les grandes écoles. Des études brillantes qui vont faire de lui un pilote d’avion et, en parcourant la planète, lui offrir quelques liaisons, notamment avec des hôtesses de l’air. Jusqu’à ce qu’il demande Gloria en mariage du côté de Singapour. Mais cette dernière «n’est pas celle qu’il croit» et ne veut pas s’engager. Sam repart pour Froncy nostalgique. Dans sa ville natale, il retrouve les copains de classe qui fêtent leurs quarante ans.
L’occasion pour lui de faire le bilan de sa vie, de se rendre compte que le souvenir de Deirdre est resté bien vivace. Qu’il aimerait bien savoir ce qu’elle est devenue.
Lui vient alors l’idée un peu saugrenue de se rendre à Carlywin, sur les traces de sa belle galloise. Un voyage dont je me garderais bien de vous dire quoi que ce soit.
En revanche, je terminerais cette chronique comme je l’ai commencée, avec
Camille Laurens. J’imagine que Jean-Marc Parisis ne trouvera rien à redire à cette seconde citation, en pensant « aux sentiments que donnent parfois les hommes de n’avoir pas dans le monde la place qui leur revient et d’en souffrir, comme si quelqu’un, animé de désirs hostiles ou tyranniques, les maintenait depuis l’enfance dans une faiblesse malheureuse qui, au cœur des plus brillantes carrières ou des plus beaux caractères, reparaîtrait soudain sous la forme inattendue d’un ratage inexplicable.»

L’histoire de Sam ou l’avenir d’une émotion
Jean-Marc Parisis
Éditions Flammarion
Roman
140 p., 16 €
EAN 9782081505094
Paru le 8/01/2020

Où?
Le roman se déroule en France, dans une ville baptisée Froncy. On y évoque aussi Paris et la Dordogne, en passant par Brive ainsi qu’un voyage au Pays de Galles, dans une ville baptisée Carlywin.

Quand?
L’action se situe de la fin du siècle dernier à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
À 14 ans, dans une petite ville de France, la veille de partir en vacances, Sam rencontre une jeune Galloise. C’est l’émerveillement, le serment. Avant la séparation, déchirante, et le silence, mystérieux.
Des années plus tard, à la faveur de divers signes, la pensée de Deirdre revient hanter Sam, devenu pilote de ligne.
«Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir», a écrit René Char. Sam ira au bout d’un étonnant voyage.
On cherche tous quelqu’un. Mais qui, au juste?
Dans ce roman virtuose aux allures de conte moderne, Jean-Marc Parisis joue jusqu’au vertige avec le temps, les lieux, les visages, les distances.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
Blog Emma’s Books 


Interview Jean-Marc Parisis à propos de L’histoire de Sam ou l’avenir d’une émotion
© Production Flammarion

INCIPIT (Les premières pages du livre)
« J’aimais cette parenthèse qui s’ouvrait après les conseils de classe de juin et se refermait avec les départs en vacances en juillet. Aux approches de l’été, la dissipation et l’indolence s’abattaient sur les bâtiments en «U» du vieux collège en pierre jaune de Froncy. Cette année-là, toute la bande passait haut la main en troisième, les jeux étaient faits, quoi qu’il arrive le verdict des professeurs ne changerait pas. On suivait encore en touristes les cours principaux (mathématiques, français, langues vivantes), les autres sautaient allègrement, en toute impunité. La fumisterie ambiante contaminait les profs, qui relâchaient leur attention, osaient des jeux de mots lamentables et s’en faisaient pardonner en oubliant de signaler les tire-au-flanc au secrétariat. La prof d’anglais, dont les jupes avaient pas mal raccourci depuis les vacances de Pâques, souffrait de son propre aveu de « pannes d’oreiller ». Elle arrivait en retard, et toujours dans la voiture du prof de maths, qui prétextait pour sa part un « coup de pompe saisonnier ».
Pour les copains, cette parenthèse qui s’ouvrait à la mi-juin n’était qu’un agréable prélude aux grandes vacances d’été et à leurs mirifiques activités balnéaires, exotiques: stages de voile, parapente, canyoning. Pour moi, c’était l’entrée dans un sas enchanté, où j’allais profiter pendant quinze ou vingt jours des douces puissances de Froncy avant la séparation de la bande et le rituel départ à la campagne, en Dordogne, chez mes grands-parents paternels.
La petite ville ne me paraissait jamais aussi attachante, affectueuse, que dans cette lumière d’été baignant son vieux bourg, ses pavillons coquets, ses villas de meulière, ses maisons en briquettes de style américain. Lumière qui semblait monter du sol, des longues avenues, des placettes en étoile, des courbes lentes aux lisières du Bois Murat. Lumière ascensionnelle, célébrante, qui ravivait, découpait les surfaces, grilles, façades, toitures, enseignes, rendant à chaque élément du décor son mystère, son apport singulier à l’harmonie générale. En prenant si bien le soleil, Froncy nous en protégeait, il ne faisait jamais chaud, il faisait toujours bon dans cette serre à ciel ouvert, embaumée par le gazon coupé, les roses, les anémones, les capucines, les campanules, les troènes, les orangers du Mexique. Ces parfums nous imprégnaient, nous euphorisaient, de la tête aux pieds. Les copains et moi, nous sentions toujours bon, même pas lavés. Toujours un brin d’herbe, une feuille, un pétale dans le cou, les cheveux, les chaussures. Les week-ends, les amateurs de barbecue s’envoyaient des signaux de fumée au-dessus des haies. Les tondeuses débattaient bruyamment dans les agoras gazonnées. Alanguies sur la rampe des garages, les voitures attendaient leur shampoing hebdomadaire, la caresse des éponges mousseuses sur leurs capots, le jet qui ferait rutiler leurs chromes. Dans les caniveaux ruisselait une eau si claire qu’on y buvait à la paille.
— Sam, descends ! On va faire un foot !
C’était l’appel des copains à vélo devant la maison collée au garage automobile de mon père, dans la longue avenue de Senlisse. On m’appelait Sam parce qu’il y avait déjà un Pierre dans la bande. Après avoir enrôlé d’autres joueurs en chemin, ballon coincé dans le guidon de course, maillots aux couleurs de l’Olympique de Marseille, du Real Madrid ou de Manchester United, on arrivait en peloton au stade du Donjon. Stade, c’était beaucoup dire pour ce terrain pelé, miné par les taupes, aux filets de buts troués, et le donjon ressemblait plutôt à un colombier. Mais l’endroit avoisinait un cadre illustre à la solennité tranquille, le parc et les douves du château de Froncy dont les premiers murs remontaient à la Renaissance.
Selon le nombre de joueurs, les équipes se formaient pour un match sur tout le terrain ou pour ce que nous appelions « un suisse », une partie se déroulant sur un seul but avec un goal neutre.
Ce jour-là, Éric avait envoyé le ballon au-dessus du mur en moellon, dans le parc. Et comme souvent il rechignait à aller le récupérer. Il était cuit, bouilli, il avait des crampes, la cheville ou le genou en compote, les excuses habituelles, assorties d’insultes quand on le pressait trop.
— Sam, tu me gaves. Après tout, c’est ton ballon. Alors va le chercher. Ou te faire foutre.
On s’était empoignés, refilé quelques gnons et coups de pied hasardeux, pour la frime. J’avais vite jeté l’éponge. Pas le cœur à me battre avec un copain la veille de quitter la bande et Froncy. L’accrochage avait sifflé la fin du match, le dernier avant la grande dispersion de juillet. Pierre, Jérôme et Laurent m’avaient souhaité de bonnes vacances en grimpant sur leur vélo. Éric m’avait tendu sa main, que j’avais serrée sans rancune. On ne se reverrait pas avant septembre, la traversée d’un long tunnel de deux mois, où il me semblait toujours que j’allais les perdre. »

Extrait
« J’ai poussé la grille du parc. Il était six heures du soir, quatre heures au soleil. Je voulais juste récupérer mon ballon. Il avait atterri dans cette zone enclose de marronniers que nous appelions «la clairière», roulé près d’un sac de toile blanche, qui devait appartenir à la fille qui lisait là, assise en tailleur sur la pelouse grêlée de fumeterres et de boutons d’or. Elle portait une robe à manches courtes bleu clair. Ses cheveux tombaient en lourdes mèches cuivrées sur ses épaules. Ses bras, ses jambes découvertes au-dessus du genou étaient d’un blanc unique, aveuglant. Un peintre se serait damné pour trouver ce blanc vivant. Je me suis approché. Elle a posé son livre, aperçu le ballon, s’est levée d’un bond et l’a fait rouler du pied dans ma direction. Une belle passe. Je n’avais jamais vu un tel visage. Pas un visage, mais cent visages. Une mutinerie de traits. Un feu blanc où brillaient deux yeux pers, du gris, du bleu, du mauve. Je me suis laissé tomber sur la pierre du bassin asséché depuis des lustres.
Elle s’appelait Deirdre. Nous avions le même âge, quatorze ans. Elle parlait français, avec un fort accent anglais, mais elle le parlait très correctement et le comprenait encore mieux. Elle habitait au pays de Galles. Pays qui ne m’évoquait qu’une équipe de rugby, un sport assez fruste où l’on avait le droit de prendre le ballon avec les mains. Elle effectuait un séjour linguistique à Froncy et logeait avec sa classe dans l’ancien monastère de La Roche, derrière le potager du château.
— Je repars dans dix jours. Dix jours pour me promener et manger des gaufres avec toi. Ici, les surveillantes sont plus sympas qu’à Carlywin, elles nous laissent sortir seules.
Des gaufres, j’en mangeais rarement, il n’y avait pas de marchand de gaufres à Froncy. Mais cet accord immédiat, cette confiance spontanée m’avaient ravi, sans vraiment m’étonner. Remis du choc de son apparition, il me semblait désormais nous connaître depuis longtemps, elle et moi. La tristesse de quitter les copains s’était dissipée, c’était Deirdre désormais dont je ne pourrais plus me séparer. »

À propos de l’auteur
Jean-Marc Parisis a notamment publié Avant, pendant, après (Stock, 2007, prix Roger-Nimier), Les Aimants (Stock, 2009), Les Inoubliables (Flammarion, 2014), Un problème avec la beauté. Delon dans les yeux (Fayard, 2018, élu parmi les 25 meilleurs livres de l’année par Le Point). (Source: Éditions Flammarion)

Page Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Tags:
#lhistoiredesamoulavenirduneemotion #JeanMarcParisis #editionsflammarion #hcdahlem #roman #unLivreunePage. #livre #lecture #books #littérature #lire #livresaddict #lectrices #lecteurs #lecteurscom #bouquiner #livresque #rentreelitteraire #rentree2019 #RL2019 #auteur #book #writer #reading #RentréeLittéraire2019 #LitteratureFrancaise

L’été en poche (15)

ROGER_trente_six_chandelles_P

Trente-six chandelles

En 2 mots
Un livre sur la mort qui met de bonne humeur, à moins qu’il ne s’agisse d’un livre sur la vie et la façon que nous avons de la gérer… Marie-Sabine Roger a cet art délicat de raconter des histoires profondes sans en avoir l’air, avec un humour construit sur l’absurdité de quelques situations et quelques métaphores bien senties.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Nathalie Levieux (Librairie A LIVR’OUVERT, Paris)
« Dans la famille Decime, les hommes ne font pas de vieux os ! Ils meurent tous lors de leur 36ème anniversaire. Et aujourd’hui c’est au tour de Mortimer Decime d’arriver à l’âge fatidique. Résigné, il a quitté son travail, vendu sa voiture et il attend que la mort vienne…
Mais l’heure passe et il est toujours vivant… Que faire maintenant de cette vie qui n’était pas prévue ? De l’optimiste, de l’humour, des personnages hauts en couleur… Un beau roman humaniste. »

Vidéo


Marie-Sabine Roger présente «Trente-six chandelles». © Production librairie Mollat.