L’affaire Mayerling

l affaire mayerling.indd

En deux mots:
Le narrateur et son ami Braque vont assister à la construction du Mayerling, un immeuble de standing. Ils vont surtout suivre les déboires des copropriétaires livrant un combat inégal contre ce monstre de béton bien décidé à avoir leur peau. Féroce et jubilatoire!

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Copropriétaires à terre

En racontant les déboires de copropriétaires d’une résidence dite de Standing, Le Mayerling, Bernard Quiriny s’en prend férocement à tout un système.

Mayerling vous rappellera peut-être la tragédie de l’archiduc Rodolphe et de Mary Vetsera. Et si le visuel choisi pour le bandeau de couverture peut aussi vous y faire penser, oubliez-le. Car Bernard Quiriny est à mille lieues du récit historique. Le Mayerling dont il est question ici est un immeuble sis à Rouvières, «ville française d’environ 250000 habitants (350000 avec l’agglomération), rue Mayerling.»
Déambulant dans cette ville de province, le narrateur va confier à son acolyte Braque l’intérêt qu’il porte aux opérations immobilières et plus particulièrement à la stratégie de communication employée. Expliquant et détaillant combien «les annonces pour les programmes immobiliers sont un genre en soi, codifié subtilement», il va nous en faire la démonstration avec la construction de cet immeuble de cinq étages confiée à une société espagnole.
Tout semble ici avoir été conçu pour le bonheur des futurs résidents, y compris le bout de nature adjacent. Si bien que les appartements se vendent rapidement et qu’à l’issue du chantier la quasi-totalité du Mayerling est occupé.
Comme pour une pièce de théâtre Bernard Quiriny nous offre la distribution détaillée des rôles. Du rez-de-chaussée au cinquième étage, il y a là un microcosme représentatif de la population. De la famille bourgeoise aux étudiants, du couple de retraités au célibataire sans oublier les primo-accédents qui ont mis toute leur épargne dans cet investissement, dans ce rêve de petit paradis.
Seulement voilà, dès les premiers jours, il faut bien se rendre compte que malgré la promesse des agences, on est bien loin du rêve, car déjà des malfaçons apparaissent.
Bien entendu, dans l’euphorie de la nouveauté, on s’imagine qu’il faut bien essuyer les plâtres, que ces ennuis au démarrage ne seront bientôt qu’un vague souvenir…
C’est pourtant bien le contraire qui va arriver, les ennuis vont aller crescendo. Les murs, les canalisations, le bruit, les parties communes, la cave: à tous les niveaux la colère gronde. La tension va croître.
« Il faudrait réaliser le rêve de Perec, dans sa Vie mode d’emploi: tomber la façade d’un immeuble (mais moderne, cette fois), sans que les habitants s’en rendent compte, pour les observer. Comme les appartements d’aujourd’hui, type Mayerling, sont tous identiques et superposés parfaitement, avec les toilettes en enfilade pour économiser sur la plomberie, on verrait ce spectacle fascinant de gens qui, littéralement, se chient sur la tête: le résident du quatrième sur celui du troisième, celui-ci sur celui du deuxième, etc. Cela me vient toujours à l’esprit quand j’utilise les toilettes dans un immeuble: j’imagine qu’au-dessus de moi, tout près, le voisin plié en deux, pantalon sur les chevilles, se livre aux mêmes activités honteuses, et que si l’on ôtait d’un coup le béton qui nous sépare tout tomberait droit sur mon crâne. »
Et de fait, dans le jardinet de Mme Meunier finit par atterrir un bloc de béton énorme tombé des étages. Fort heureusement « elle était loin de chez elle, internée depuis quelques semaines à l’asile de Rouvières, où elle continuait sa collection d’ordures qu’elle entassait sous son lit. »
Car l’auteur s’intéresse d’abord à l’immobilier sous l’angle sociologique, nous donnant à voir les effets psychologiques de cette résidence qui va engloutir les rêves des uns et des autres, qui va entraîner des comportements étranges une fois que la désillusion et la colère auront gagné tous les résidents, notamment après qu’ils aient appris que leur promoteur avait fait faillite. De la révolte individuelle à la dynamique de groupe, le spectacle est permanent, la tension aussi palpable que dans une cocotte-minute.
« Une assemblée générale de copropriétaires, quel spectacle passionnant! C’est un chaudron, une arène, un ring où l’on règle ses comptes, publiquement, avec tous ses voisins qu’on déteste; mais il faut continuer de cohabiter ensuite avec eux, d’où la difficulté: frapper fort pour soulager son cœur, mais pas trop, pour éviter la guerre. C’est aussi une épreuve de stratégie. Il faut passer des alliances diverses, en fonction des sujets; tel voisin insupportable sur le chapitre du bruit peut se révéler un partenaire précieux dans une coalition visant à faire obstacle à telle autre décision »
Dans ce roman qui risque de donner des cauchemars à tous ceux qui rêvent d’acheter un appartement, la guerre va finalement être déclarée.
Bernard Quiriny réussit là un conte moderne, une tragi-comédie en béton armé!

LISTE DES RÉSIDENTS
Rez-de-chaussée
Mme Meunier et son fils (T3) ; M. Griet (T2) ; Les Louvois (T4)
1er étage
Les Lefebvre (T3) ; Les Compère (T4) ; M. Duharmont (T2) ; M. Camuzet (T3)
2e étage
Les Lequennec (T4) ; Les Boisselier (T4) ; M. Cormenin (T3) ; Les Lemoine (T3) ; M. Leprince (T2)
3e étage
M. Paul (T3) ; M. Durandat (T4) ; Mme Camy (T3) ; Les Thuillier (T4)
4e étage
Les Dubois (T4) ; Les Chopard (T3) ; Les Brides (T5) ; Mme Ximenez (T2) ; Les étudiants du quatrième (T3)
5e étage
Les Flandrin (T5) ; Les Chautemps (T4) ; Les Bouche (T5) ; Les Bergerat (T5).

L’Affaire Mayerling
Bernard Quiriny
Éditions Rivages
Roman
300 p., 20 €
EAN : 9782743642280
Paru en janvier 2018

Où?
Le roman se déroule en France, plus précisément à «Rouvières, ville française d’environ 250000 habitants (350000 avec l’agglomération)».

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Qu’arrive-t-il aux habitants du Mayerling? Cette résidence neuve de haut standing, aux occupants triés sur le volet, est une promesse de sérénité à laquelle succombent de nombreux acheteurs en quête de sécurité dans la petite ville de Rouvières. Mais derrière ses portes protégées par les digicodes, la vie se dérègle peu à peu. Les Lemoine, jeune couple dynamique, s’entredéchirent la rage au ventre. M. Paul rêve d’assassiner les bruyants locataires de l’étage supérieur. Une odeur pestilentielle s’échappe du logement de Mme Meunier. Mme Chopard voit le fantôme de sa mère. Et la très pieuse et honorable Mme Camy se retrouve soudainement rongée par le désir. Aléas incontournables de la vie en communauté ? À moins que le Mayerling ait décidé d’en finir avec ses résidents… De situations cocasses en dérapages absurdes et incontrôlables, le narrateur retrace pour notre plus grand plaisir le naufrage d’une communauté aux tensions exacerbées. Véritable satire de l’urbanisme contemporain, ce roman aussi drôle que glaçant, héritier survolté de La Vie mode d’emploi de Perec et de La Trilogie de béton de J. G. Ballard dresse le portrait d’une société prisonnière de ses rêves de béton.

Les critiques
Babelio
Le Journal de Québec (Karine Vilder)
Le Carnet et les instants (Joseph Duhamel)
France Culture (La dispute ; Mauvais genres)
RTL (Laissez-vous tenter – Bernard Lehut)
Blog L’ivresse littéraire
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Blog Mémo Émoi
Blog Lire au lit 
Blog Lettres it be 
Blog MicMélo littéraire 


Bernard Quiriny parle de L’affaire Mayerling. © Production Éditions Rivages

Les premières pages du livre
« J’aime bien les publicités pour les programmes immobiliers. Je ne manque jamais de les admirer à la devanture des agences. Cette manie surprend mes compagnons de promenade, qui ne voient pas comme moi l‘intérêt de tels dessins.
Une fois, déambulant avec Braque dans les rues de N***. Je tombe en contemplation devant trois belles affiches pour des immeubles en construction. Braque aussitôt s’impatiente.
– Des publicités, marmonne-t-il. Toutes pareilles.
– Justement, dis-je, c’est ce qui est amusant. Les annonces pour les programmes immobiliers sont un genre en soi, codifié subtilement.
Il hausse les épaules. J’insiste.
– Regardez. Déjà, le ciel est toujours bleu.
Il s’esclaffe.
– Ils ne vont pas dessiner l‘immeuble dans le brouillard. On n’y verrait rien.
– Bien sûr. Mais surtout, le beau temps permet de montrer les habitants dehors, de donner de la vie au dessin. Il y a toujours des habitants.
Intrigué, Braque regarde plus attentivement.
– Il me semble tout de même avoir vu une affiche du même acabit, proteste-t-il, mais nocturne…
– Pour un immeuble dépourvu de balcons. Dans ce cas, mieux vaut montrer l’immeuble la nuit, tout illuminé de l’intérieur, tel un navire qui s’avance au port, plutôt qu’en plein jour sous un beau soleil, quand l’impossibilité de déjeuner sur son balcon se fait douloureusement sentir. Maintenant, observez les personnages.
Braque passe les affiches en revue.
– Je ne vois rien de spécial.
– Vraiment?
– Ah, si. Aucun ne porte de chapeau.
Il relève la tête, content de sa blague. (Braque est l’un des derniers hommes à ma connaissance à ne jamais sortir sans couvre-chef, comme s’il avait été éduqué en 1900. Du reste, je me demande si ce n’est pas le cas.)
– Très amusant, mais il y a plus.
– Dites.
– Eh bien, les personnages sont toujours les mêmes. Les dessinateurs les reprennent chaque fois. Il m’arrive de songer que ces personnages existent pour de vrai, qu’ils passent d’affiche en affiche à travers la France, comme des acteurs secondaires enchaînent les films en jouant toujours les mêmes rôles.
L’idée plaît à Braque.
– Voyez, dis-je. Ici, une jeune mère pousse un landau. Elle a trente ans et de beaux cheveux blonds.
– Sur cette autre affiche, confirme Braque, son mari l’accompagne. Même âge. Polo, pantalon bleu.
– Le cœur de cible. Un jeune couple aisé, optimiste, qui se projette dans l’avenir.
– À quoi voyez-vous qu’il se projette dans l’avenir?
– Au landau.
Braque fait la moue, façon d’admettre que ma lecture n’est pas sotte. Non loin de ces petits jeunes, une grand-mère jupe, cheveux blancs. Capitale, la grand-mère. Les vieillards rassurent. Ils ont de l’argent. Ils sont calmes et bien élevés. Ils écoutent de la musique classique en sourdine. Ils se couchent tôt.
– Je connais des vieillards qui ne sont pas calmes, fait observer Braque.
– Votre mère n’est pas représentative. Pour la plupart des gens, avoir un vieillard pour voisin est rassurant. Le vieillard paye ses charges de copropriété rubis sur l’ongle, et on n’a pas à craindre qu’il fasse des graffitis sur les boîtes aux lettres.
Braque sourit.
– Ensuite, dis-je, les fleurs.
– Quelles fleurs?
– Sur ces affiches, il y a toujours quelqu’un qui s’occupe de ses fleurs sur son balcon. Nature, chlorophylle, ce type de choses. Pour donner l’impression qu’on peut jouir dans ce mammouth en béton, planté dans une ville polluée, de la qualité de l’air et du silence d’un jardin de campagne.
– Vous exagérez.
– Non. Les touches de verdure comptent infiniment dans ces publicités. Elles déclenchent chez les acheteurs des réflexes inconscients. »

Extraits
«Enfilade. « Il faudrait réaliser le rêve de Perec, dans sa Vie mode d’emploi: tomber la façade d’un immeuble (mais moderne, cette fois), sans que les habitants s’en rendent compte, pour les observer. Comme les appartements d’aujourd’hui, type Mayerling, sont tous identiques et superposés parfaitement, avec les toilettes en enfilade pour économiser sur la plomberie, on verrait ce spectacle fascinant de gens qui, littéralement, se chient sur la tête: le résident du quatrième sur celui du troisième, celui-ci sur celui du deuxième, etc. Cela me vient toujours à l’esprit quand j’utilise les toilettes dans un immeuble: j’imagine qu’au-dessus de moi, tout près, le voisin plié en deux, pantalon sur les chevilles, se livre aux mêmes activités honteuses, et que si l’on ôtait d’un coup le béton qui nous sépare tout tomberait droit sur mon crâne. »
Densité. « Je ne sais quel philosophe a dit que la barbarie surgit dans deux types d’endroits: là où la densité démographique est très basse, et là où elle est très forte. »

« Au rez-de-chaussée, on trouva dans le jardinet de Mme Meunier un bloc de béton énorme, tombé des étages. Si Mme Meunier l’avait reçu sur le crâne, elle serait morte. Heureusement, elle était loin de chez elle, internée depuis quelques semaines à l’asile de Rouvières, où elle continuait sa collection d’ordures qu’elle entassait sous son lit. »

À propos de l’auteur
Bernard Quiriny est né à Bastogne le 27 juin 1978. Il a d’abor publié des nouvelles, L’Angoisse de la première phrase (2005) et Contes carnivores (2008), deux recueils à la tonalité fantastique couronnés par de nombreux prix, notamment celui de la Vocation, le prix Victor-Rossel et le prix du Style. Il passe au roman en 2010 avec Les Assoiffées. Journaliste, Bernard Quiriny est également professeur dans un lycée de Dijon. (Source: divers sites internet)

Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Tags:
#laffairemayerling #bernardquiriny #editionsrivages #hcdahlem #RL2018 #roman #rentreelitteraire #unLivreunePage. #livre #lecture #books #littérature #primoroman #lecture #lire #lectrices #lecteurs #lundilecture #MardiConseil

Publicités

Ondes de choc

LIAUTAUD_Ondes_de_choc

En deux mots:
Confronté à un possible scandale, les dirigeants de Telltruth décident de sacrifier leur patron. Le complot est notamment ourdi par son propre fils, ce qui fait croître l’aspect dramatique de ce premier roman un peu inégal.

Ma note
★★★ (beaucoup aimé)

Ondes de choc
Didier Liautaud
Éditions Librinova
Roman
256 pages, 15,90 €
EAN : 9791026210641
Paru en mai 2017

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris avec quelques escapades en province.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Ondes de choc est une quête qui a pour toile de fond le monde des affaires et utilise un scandale comme révélateur des caractères. L’histoire est celle d’un fils qui se bat pour sauver son père et d’un père qui part à la dérive. C’est aussi celle de la journaliste ambitieuse qui suit cette affaire et qui va y trouver plus qu’un sujet. C’est enfin un récit parsemé de caractères, tous tranchés, qui subissent chacun différemment la mécanique implacable du scandale.
Ondes de choc relève de plusieurs influences. L’auteur a cherché à la fois le plaisir de l’intrigue et le commentaire de notre époque. C’est aussi une histoire d’amour et un regard littéraire sur le monde des affaires. C’est enfin une trace de Paris.

Ce que j’en pense
Les livres qui explorent le monde de l’entreprise ne sont pas légion et pourtant le sujet, quand il est bien mené, réserve de nombreux ressorts romanesques. À commencer par l’intrigue qui peut s’appuyer sur la trame des romans d’espionnage, comme c’est le cas ici. Paul Levelsec est à la tête de la société Telltruth, l’un des leaders de la téléphonie, notamment grâce au «micromob», un appareil miniature qui facilite la communication et qui s’est déjà vendu à quelque trois millions d’exemplaires. Tout irait donc pour le mieux s’il n’y avait ces soupçons sur les dommages que causeraient ces appareils sur la santé des utilisateurs. Les ondes sont-elles maléfiques ? Et si oui, comment la société va-t-elle pouvoir encaisser ce choc ?
Mais au moment de préparer l’une de ces fusions-acquisitions qui vont donner au groupe une position de quasi-monopole, il n’est pas question de laisser se développer une campagne de dénigrement. Il faut tenter d’éteindre au plus vite cet incendie qui couve.
Le temps des conciliabules et réunions secrètes est venu. Depuis L’imprécateur de René-Victor Pilhes on sait que l’appât du gain peut conduire à bien des errements, faisant fi des hommes. Au Club L’avenir – le bien nommé – Laurent Sacserre, secrétaire général de Telltruth, retrouve Dieter Obermaier, le numéro deux de l’entreprise et François Levitz. À l’ordre du jour officiel, on va parler de réorganisation en vue de la nouvelle opération financière. En réalité, on va développer une stratégie pour tenter de mettre un terme aux soupçons. Il s’agit de couper dans le vif et de sacrifier Georges, le père de Paul, président-fondateur, qui fera un bouc émissaire parfait.
À ce point de l’histoire le roman prend une nouvelle dimension. Il s’agit cette fois d’explorer les relations père-fils. S’agit-il de la vengeance du rejeton qui a toujours été dans l’ombre du père ou au contraire d’une manœuvre visant à la protéger ? Les carnets du père et les rencontres entre les deux membres de la famille vont peu à peu éclairer la chose.
Avant de conclure, j’aimerais souligner un autre aspect intéressant de ce roman : la nécessité de pouvoir disposer d’un journalisme d’investigation digne de ce nom, afin de pouvoir éclairer les pratiques douteuses, les mensonges par omission ou pire, la volonté délibérée d’étouffer les scandales sanitaires. Ici nous avons affaire à une jeune et ambitieuse journaliste, Céline de Lattre. En enquêtant, elle va pouvoir alerter l’opinion, mais n’étant pas novice en la matière, oser se demander à qui profite le crime. De ses rencontres avec Paul va naître un jeu subtil de séduction dont je vous laisser imaginer l’épilogue.
Ce roman a – on l’aura compris – d’indéniables qualités, mais il se heurte aux limites de l’autoédition. Avec cette matière un «vrai» éditeur aurait sans aucun doute pu gommer les imperfections, quelques longueurs ici et là qui nuisent au rythme ainsi que corriger des erreurs de syntaxe, toujours perturbantes. J’en parle d’autant plus librement que j’ai été mois aussi «victime» de ce miroir aux alouettes, en publiant trop vite un ouvrage qui n’était pas vraiment abouti.

Autres critiques
Babelio

Les premières pages du livre 

Extrait
« Demain la réunion est d’importance, ses principaux investisseurs seront là. Bien que son apparente décontraction ne soit qu’une façade, car on ne lutte bien que quand on veut vraiment, il a sur ses capacités des certitude s qui font les Grands Hommes; ou les Grands Cons. Mentalement, il se prépare, détaille son tour de table et répète ses interventions. Ne manquant pas d’esprit ni de répartie, Paul n’aime pourtant l’improvisation qu’en saupoudrage. Sa culture scientifique donne toujours au travail un prestige que n’a ni le talent, la chance ou le sens de la communication.
« On va les prendre à revers.
— Les prendre à revers ? Je sens que cette journée va être fascinante.
— Oui. On a annoncé qu’on entamerait Doci.net; commençons par Trave3l.
— Je ne te suis pas très bien là. C’est quoi cette nouvelle idée ? On ne joue pas au poker. Ces gens mettent de l’argent dans tes sociétés et pour l’instant, tu n’as pas vraiment fait leurs fortunes « même si nous sommes d’abord une promesse ». Arrête tes numéros d’équilibriste, base toi sur les faits et joue là profil bas…en commençant par respecter l’ordre du jour. »
André est ce qu’on appelle un partenaire historique. Sorti de la même promotion que Paul, il est son Talleyrand, bien que le terme qu’André utilise plus volontiers soit défouloir. « T’as raison tu ne comprends rien. Je ne te parle pas de travestir la vérité, ni même d’en cacher une partie, je te parle de la présenter avec une certaine logique, une logique moins emmerdante que cet ordre du jour standard. Justement parce que nous ne sommes pas à maturité, il faut que nous relancions le rêve, qu’on ne tombe pas dans la gestion bête et méchante. Tiens, on va faire une petite démo…Il est au point le proto de Yassine, non ? En plus, ça éclaire complètement la stratégie…Bon maintenant que tu en sais un peu plus, ton avis ?
— Si on ajoute du concret ça peut marcher…Ca fait effectivement quelques temps que t’as pas fait ton numéro…Pourquoi pas. »

À propos de l’auteur
Didier Liautaud aime écrire pour les autres, peut-être parce qu’il aime transmettre autant que ressentir des émotions partagées. Après de longues hésitations à concrétiser ses projets littéraires, il se lance dans la publication de son premier roman. D’abord nourri de littérature française et de la culture haïtienne transmise par son père, il est aussi influencé par les Etats-Unis et le Royaume-Uni, pays où il a passé de nombreuses années. (Source : Éditions Librinova)

Compte Twitter de l’auteur 

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Badge Lecteur professionnel

Tags :
#ondesdechoc #didierliautaud #editionslibrinova #librinova #RL2017 #roman #rentreelitteraire #thriller #unLivreunePage. #livre #lecture #books