L’été en poche (39)

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Les rumeurs du Nil

En 2 mots
La découverte de la tombe de Toutankhamon racontée par une vieille dame à l’heure du bilan de sa vie est un livre riche et passionnant, tout à la fois récit d’aventure, suspense, morceau d’histoire et roman de formation.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… V.G. (Le Figaro Madame)
«Une saga, teintée d’orientalisme et de mythologie, où les enfants s’expriment comme des adultes, où l’on vous offre deux sortes de lait pour accompagner votre thé. Très chic!»

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La dernière licorne

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En deux mots
Roman d’aventure, thriller et conte ésotérique… La chasse aux vestiges de l’arche de Noé va mettre aux prises idéalistes, bandes mafieuses et illuminés. Une quête passionnante.

Ma note
etoileetoileetoileetoile(j’ai adoré)

La dernière licorne
Tobby Rolland
Éditions Presses de la Cité
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par
594 p., 22 €
EAN: 9782258144873
Paru en mai 2017

Où?
Le roman se déroule dans le monde entier en neuf courses et nous conduit successivement en Arménie, au Vatican à Kaliningrad, Bordeaux, Toulouse, Melbourne, Ambert, puis à Hong Kong, à Chartres, à Igdir avant un retour par Paris: On prend ensuite la direction de Nakhitchevan avec un détour par Monreale, Nakhitchevan. Le roman se poursuit vers Ishak Pacha, Bazargan et Dogubayazit avant de s’achever au pied du grand Grand Ararat.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Un thriller ambitieux au rythme effréné. Une intrigue historique diaboliquement séduisante qui embarque le lecteur dans une course folle, de Bordeaux à Erevan en passant par le Vatican et Hong Kong, à la poursuite d’un secret qui n’est rien de moins que celui de l’humanité tout entière.
Turquie, marché d’Igdir. Aman, la fillette kurde dont la famille est gardienne millénaire du mystère de l’Ararat, n’aurait pas dû accepter cette licorne en bois… Elle savait que c’était interdit.
Melbourne, Parlement mondial des religions. Un rapport secret est alarmant : les glaces du mont Ararat fondent inexorablement. L’« anomalie d’Ararat », cette forme détectée au coeur du glacier, est-elle « la » preuve que l’arche de Noé s’y est échouée comme le racontent la Torah, la Bible et le Coran ?
Arménie, Etchmiadzine. Quatorze mercenaires font irruption dans la cathédrale pour s’emparer d’une relique inestimable : un fragment de l’arche. Leur but : ne laisser aucun témoin. C’est le déclenchement d’une vague de meurtres aux quatre coins du monde.
Vatican, enfer de la Bibliothèque apostolique. Zak Ikabi, ethnologue et aven¬turier, a moins de trois minutes pour photographier l’original du sulfureux Livre d’Enoch. Quel secret, dont dépend l’avenir de toutes les religions, relie les mythes de l’arche, du Déluge et des licornes ?
Université de Toulouse-Le Mirail, laboratoire du DIRS. La glaciologue Cécile Serval se trouve nez à nez avec Zak, venu lui dérober son rapport secret. C’est le début d’une course qui nous emporte de l’Arménie au Vatican, du Nakhitchevan à Hong Kong… Pour s’achever sur les flancs de l’Ararat…
Là où la vérité dépasse l’imagination.

Ce que j’en pense
Il y a à la fois du Jules Verne et du Dan Brown dans ce premier roman étonnant à plus d’un titre. À commencer par cette déclaration liminaire qui nous explique que tout est vrai dans ce récit, « qu’il s’agisse des témoignages des chercheurs d’arche, de l’énigme scientifique posée par l’anomalie d’Ararat, des révélations sur les animaux unicornes, sur le déluge universel, sur le Livre d’Enoch et les anges. Bien que peu croyables, ces thèses sont défendues en dehors de ce livre, par les scientifiques les plus sérieux jusqu’aux blogueurs les plus farfelus. »
Tobby Rolland ne s’est toutefois pas contenté de rassembler une solide documentation, il a su la mettre au service d’une mise en scène épique, riche de rebondissements et d’épisodes qui vont se dérouler sur tout le globe, entraînant le lecteur dans une course-poursuite sanglante. Car il ne s’agit rien de moins que de sauver l’humanité! Du moins, si l’on s’en tient aux aspirations les plus nobles. Car un groupe de truands de haut-vol va lui aussi se mettre à la recherche des preuves scientifiques, des fragments d’arche, de témoignages et documents.
Dès les premières pages les pièces du puzzle vont se mettre en place. Un voleur intrépide va réussir à s’infiltrer dans la bibliothèque secrète du Vatican et photographier les pages d’ouvrages restés secrets à ce jour. Quelques jours plus tard, on le retrouve dans un musée de Bordeaux où il s’intéresse à un vestige bien particulier. Mais avant même que la police n’arrive sur les lieux, il est pris en chasse par des tueurs qui n’ont eux aucun scrupule à éliminer tous ceux qui entraveraient leurs noirs desseins.
À Melbourne, le Parlement mondial des religions suit l’affaire avec autant de crainte que d’intérêt. Grâce à son réseau international, il espère lui aussi pouvoir arrêter cette quête susceptible de mettre à mal toutes les croyances. La prochaine pièce du dossier est du reste une étude initiée par le parlement et confiée à une glaciologue toulousaine. Bien entendu, notre Arsène Lupin, qui répond au doux nom de Zak Ikabi, va faire irruption dans son bureau. Mais Cécile Serval, la scientifique qui a réalisé l’étude, va refuser de lui transmettre le précieux document. Toujours traqué par la bande de tueurs, il choisit de fuir en prenant la jeune femme ainsi qu’un professeur en otage.
Après de nouvelles péripéties – tout aussi distrayantes – le dossier se complète jusqu’à l’ultime étape qui va mener notre trio au pied du Mont Ararat. Bien entendu, je ne dirais rien de l’épilogue, ni même du titre énigmatique de cet excellent suspense. Disons tout simplement que ce périple nous permettra de découvrir un pan essentiel de l’histoire des religions et, cerise sur le gâteau, à nous faire réfléchir sur la manière dont les théologiens s’en sont emparés. C’est distrayant et passionnant. C’est une belle réussite!

Autres critiques
Babelio
Lelittéraire.com (Serge Perraud)
Le Point (Julie Malaure)
Blog Des livres, des livres
Blog Le sentier des mots 
Blog Andrée la papivore
Blog livres for fun
Blog culturevsnews 

Les premières pages du livre

Extrait
« – Vous… vous êtes un dingue… Un malade en cavale.
– Je ne suis pas fou.
Cécile fit pivoter son siège, assura sa voix.
– Et qu’est-ce que c’est, vos Nephilim ?
– C’est compliqué. Une association de riverains du mont Ararat, si vous voulez. Du genre pas vraiment contente qu’on aille fouiner là-haut chez elle. Une armée de défense des secrets de l’Arche de Noé, vous voyez le style, un peu créationniste sur les bords… Ça m’arrive de les croiser. Le monde des chercheurs d’Arche est un petit monde.
– Je vois… Même passion, mais il y a les bons et les méchants.
– C’est un peu ça.
– Pourquoi ce nom ? Nephilim ?
– C’est du chaldéen. Les Nephilim sont les héros des premières lignes de la Bible. Des géants, selon la traduction usuelle, mais le terme de Nephilim revêt plusieurs significations. D’ailleurs, si…
– OK, coupa Cécile. J’ai saisi l’essentiel ! Va pour vos Nephilim. Et vous, vous êtes qui ? Indiana Jones ? Benjamin Gates ?
Sans cesser de serrer la crosse du revolver, Zak esquissa un sourire.
– Il y a de ça, oui… Un passionné d’Arche. C’est une longue histoire.
– Mais pacifiste ?
– Ouais.
– Ben voyons…
Zak jeta un nouveau coup d’œil discret par la fenêtre avant de répondre.
– Ne plaisantez pas, mademoiselle Serval. Ces Nephilim sont des assassins. Ils sont à nos trousses. Ils…
La question gicla :
– Cette boucherie en Arménie, dans la cathédrale d’Etchmiadzine, c’étaient les Nephilim ? […]
– C’étaient eux. À Bordeaux aussi. Et… et ce n’est que le début du jeu de massacre. […]
– Et, bien entendu, vous allez me dire que vous ne pouvez rien raconter à la police parce que vous êtes recherché et qu’ils vous coffreraient avant que vous n’ayez pu prononcer un mot… Et pourtant, vous seul pouvez sauver ce qui peut l’être encore. La face du monde. Le secret de l’arche de Noé.
– Exact, mademoiselle Serval. C’est exactement cela. »

A propos de l’auteur
Tobb Rolland, depuis son plus jeune âge, est passionné d’énigmes historiques, de mystères ésotériques et de chasses au trésor. C’est d’ailleurs en lisant, il y a plus de 30 ans, « L’Homme qui voulut être roi » de R. Kipling qu’il imagine sa « véritable histoire de l’arche de Noé ».
Cette curiosité au monde et à ses mystères le pousse à suivre des études de relations internationales et de géopolitique. Après un diplôme de sciences politiques, il devient haut-fonctionnaire en poste dans plusieurs ambassades d’Asie centrale et du Moyen-Orient, fonctions qu’il exerce toujours actuellement. Spécialiste des questions diplomatiques linguistiques, et religieuses, il a tissé pendant une vingtaine d’années un solide tissu de connaissances et de relations sur des aires culturelles variées.
Passionné par son action en faveur de la démocratie dans un monde complexe et mouvant, il n’en oublie cependant pas cette fantaisie originelle qui l’a amené à poursuivre une carrière de citoyen engagé.
Né d’un rêve d’enfant, La Dernière Licorne est son premier roman. Tobby Rolland a 53 ans. (Source : Presses de la Cité)

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Écoutez nos défaites

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Écoutez nos défaites
Laurent Gaudé
Actes Sud
Roman
288 p., 20 €
EAN : 9782330066499
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule sur plusieurs théâtres d’opération, à la suite d’Hannibal vers Rome depuis Sagonte, après le franchissement du détroit de Gibraltar, la traversée de Pyrénées puis des Alpes, à travers la Toscane puis vers Rome, Capoue, Cannes et le retour à Carthage. Aux États-Unis, de New York aux États du Sud, passant notamment par Charleston, West Point, Molina del Rey, Chapultepec, Shiloh. En Afghanistan et Pakistan, Irak, Syrie et Lybie, avec Abbottabad, Kawergosk, Bagdad, Erbil, Syrte, Misrata, Falloujah, Tripoli, Palmyre, Hatra, Nimroud. Un autre épisode se déroule en Éthiopie, à Addis Abeba, Adoua, Walwal, Maichew. Enfin les étapes contemporaines passent par Paris, Zurich et Genève, Le Caire, Alexandrie, Jérusalem, Vienne. Khartoum, Beyrouth et Bath sont d’autres étapes dans ce roman qui évoque aussi Mycènes et Troie.

Quand?
De la guerre de Troie aux exactions de l’Etat islamique, le roman couvre de grandes périodes de notre histoire jusqu’à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d’élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d’une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours – le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l’envahisseur fasciste… Un roman inquiet et mélancolique qui constate l’inanité de toute conquête et proclame que seules l’humanité et la beauté valent la peine qu’on meure pour elles.

«Écoutez nos défaites est un livre sur le temps. Celui des quatre époques qui s’entremêlent et construisent le récit : la guerre entre Hannibal et Rome, la guerre de Sécession, la deuxième guerre italo-éthiopienne et enfin l’époque contemporaine. Mais c’est aussi un livre qui essaie de saisir ce continuum qui nous traverse, nous lie aux époques précédentes, dans une sorte de mystérieuse verticalité. Un peu comme le font ces objets archéologiques qui traversent les siècles, surgissent parfois à nos yeux, au gré d’une fouille, nous regardent avec le silence profond des âges et disparaissent à nouveau, vendus, détruits ou engloutis pour quelques siècles encore.
Dans Écoutez nos défaites, chacun espère la victoire. Les généraux réfléchissent, construisent des stratégies, s’agitent, envoient leurs hommes à l’assaut, connaissent des revers, des débâcles, se reprennent et parviennent parfois à vaincre. Mais qu’est-ce que vaincre ? Battre son ennemi ou lui survivre ? Est-ce qu’au fond Hannibal n’a pas vaincu Scipion ? N’est-ce pas lui qui est devenu mythe ? Qu’est-ce que vaincre lorsque la partie ne se joue pas uniquement sur le champ de bataille ? Hannibal, Grant et Hailé Sélassié ne meurent pas au milieu de leurs troupes. Ils survivent à la guerre, traversent cette épreuve et vieillissent. Et avec le temps, l’écho lointain des batailles, si terrifiant au moment où ils les vécurent, devient peut-être le bruit de leur gloire passée ou en tout cas le souvenir d’instants où ils furent vivants comme jamais. Car ce qui vient après la bataille, que l’on ait gagné ou perdu, c’est l’abdication intime, cette défaite que nous connaissons tous, face au temps.
Et si, dès lors, la défaite n’avait rien à voir avec l’échec ? Et s’il ne s’agissait pas de réussir ou de rater sa vie mais d’apprendre à perdre, d’accepter cette fatalité ? Nous tomberons tous. Le pari n’est pas d’échapper à cette chute mais plutôt de la vivre pleinement, librement.
Les deux personnages principaux d’Écoutez nos défaites, Assem, l’agent des services français, et Mariam, l’archéologue irakienne, sont dans cette quête. Ils sont aux endroits où le monde se convulse. Et si la défaite ne peut être évitée, du moins son approche est-elle l’occasion pour eux de s’affranchir. Quitter l’obéissance et remettre des mots sur le monde. Assumer la liberté de vivre dans la sensualité et le combat. C’est cet affranchissement commun qui rend leur rencontre possible et va les unir dans cette traversée d’un monde en feu, où ils seront peut-être défaits mais sans jamais cesser d’être souverains.» L. G.

Ce que j’en pense
****
Après L’insouciance de Karine Tuil qui déjà nous offrait une réflexion sur les conflits actuels et sur le choc que peut représenter pour un combattant le passage du champ de bataille au luxe insolent étalé dans les grandes métropoles occidentales, voilà un roman tout aussi fort, éblouissant et déstabilisant sur cette amnésie coupable qui semble nous habiter encore aujourd’hui.
Comment croire au progrès, comment comprendre qu’au fil des ans l’homme n’a rien appris des conflits passés, comment peut-on commettre aujourd’hui encore des actes aussi barbares que ceux perpétrés par l’armée islamique, s’attaquant non seulement aux populations, mais aussi aux monuments historiques, aux vestiges culturels millénaires.
En ouvrant son roman sur la rencontre à Zurich dans un grand hôtel entre un baroudeur et une archéologue, Laurent Gaudé livre la clé de son propos. L’amour éphémère, la liaison qui sera sans lendemain entre Assem et Mariam est symbolique des combats qu’ils livrent chacun à leur manière et qui ne finiront jamais.
Après l’Afghanistan, la Lybie, Assem doit partir à Beyrouth sur les traces d’un Américain, tête brûlée qui se livre à des trafics variés. Mariam, après Alexandrie et Bagdad où elle a œuvré pour la restitution des objets volés et la réouverture du musée, prend la direction de la Syrie afin de tenter de sauver ce qui peut l’être de la folie destructrice de daesh. Mais leur combat n’est-il pas perdu d’avance ?
C’est pour répondre à cette interrogation que l’auteur convoque quelques combats emblématiques de notre Histoire. Celui d’Hannibal contre Rome, celui d’Ulysse Grant durant la Guerre de Sécession, celui de Hailé Sélassié contre le colonisateur italien. Durant tout le roman, le lecteur est invité à les suivre sur le terrain et à partager ce déferlement de violence. Jusqu’à ce point qui donne raison à Gertrude Stein quand elle explique que «La guerre n’est jamais fatale, mais elle est toujours perdue.»
Avec maestria, l’auteur fait s’entrecroiser les récits, parvient à les mettre en résonnance et nous démontre – sans jamais porter de jugement – qu’on ne sort jamais indemne de telles campagnes. Car au conflit ouvert succède le conflit intérieur. À la justification morale d’un engagement succède l’horreur et la barbarie. En nous montrant que personne, à aucun moment, ne peut sortir indemne d’un tel déferlement de violence, que le temps ne fait rien à l’affaire, l’auteur de La Mort du Roi Tsongor et du Soleil des Scorta nous place en témoins privilégiés des tourments du monde. En empilant les strates de ses différents récits, il parvient aisément à nous éclairer sur l’erreur de jugement majeure que nous faisons en retraçant ces «épopées». Il suffit de changer de point de vue, d’écouter les défaites, pour comprendre la lucidité d’un Jean Jaurès. Non, «on ne fait pas la guerre pour se débarrasser de la guerre.»
Ce roman est un viatique pour notre début de XXIe siècle.

Autres critiques
Babelio 
L’Express (Interview de Laurent Gaudé)
RFI (Tirthankar Chanda)
Blog Quatre sans quatre
Blog Passion littéraire

Extrait
« Alors, Ferruccio, le fou de la place des Tilleuls, rit de moi car lui seul a compris que quelque chose était né qui m’emmènerait bien au-delà des terres où la France m’envoie depuis dix ans, tuant ou protégeant des hommes sans que j’aie jamais pu dire si nous gagnions ou perdions car il faut toujours recommencer, il y a toujours de nouveaux terrains d’action et de nouveaux ennemis à abattre, toujours de nouvelles zones d’influence à maintenir ou de nouveaux points stratégiques à contrôler, t Ferruccio rit parce qu’il sait, lui, que lorsque l’obscurité tombe, lorsque le dernier adversaire est battu, le pire commence, car c’est le moment où il faut accepter de retourner à ses propres tics et à ses tourments. » (p. 18-19)

À propos de l’auteur
Romancier, nouvelliste et dramaturge né en 1972, Laurent Gaudé a reçu en 2003 le prix Goncourt pour son roman Le Soleil des Scorta. Son œuvre, traduite dans le monde entier, est publiée par Actes Sud. (Source : Éditions Actes Sud)

Site Wikipédia de l’auteur
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Les rumeurs du Nil

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Les rumeurs du Nil
Sally Beauman
Jean-Claude Lattès
Roman
600 p., 22,90 €
ISBN: 2709644860
Paru le 5.11.2014

Version poche parue en mai 2016.

Où?
Situé principalement en Egypte, au Caire et dans la Vallée des Rois pour sa partie historique, le roman se déroule également en Angleterre, à Cambridge, Newnham et Londres et pour une troisième partie aux Etats-Unis, à New York, Boston et dans la ville de cure de Saranac Lake avec une courte escale parisienne.

Quand?

Le roman est construit en deux parties, retraçant d’une part les début des années vingt en Egypte avec la découverte de la tombe de Toutankhamon et d’autre part l’évocation des souvenirs de la narratrice quelque 80 ans plus tard.

Ce qu’en dit l’éditeur
Envoyée en Egypte en 1922 pour se remettre de la mort de sa mère, la petite Lucy, onze ans, est prise dans l’effervescence qui entoure la recherche obsessionnelle du tombeau de Toutankhamon.
Sa rencontre avec Frances, la fille d’un archéologue américain, bouleverse son existence. Alors que les deux fillettes épient les adultes pour percer à jour les secrets qu’ils gardent jalousement, se forge entre elles un lien d’amitié indestructible.
Des décennies plus tard, hantée par les fantômes et les erreurs de son passé, Lucy les exhume pour tenter de donner un sens aux étranges événements qui se sont déroulés au Caire et dans la Vallée des Rois. Et pour la première fois de sa vie, elle réussit à affronter ce qui s’est passé après l’Egypte, au moment où Frances avait le plus besoin d’elle.

Ce que j’en pense
****

Tous les ingrédients du bon roman sont au sommaire de ce livre : L’Histoire avec les débuts de l’indépendance de l’Egypte et les découvertes archéologiques dans la Vallée des Rois, le suspense avec l’assassinat d’une membre de l’équipe retrouvée parmi les roseaux des marais du Nil, l’initiation avec le récit de la narratrice qui a onze ans et son amie américaine, l’amour et les relations compliquées de son père, chercheur à l’université ainsi que les siennes, sans oublier l’espionnage et la recherche de la vérité sur les circonstances de l’une des découvertes majeures du siècle dernier et enfin une touche d’ésotérisme avec la fameuse malédiction qui devait frapper les archéologues.
Des ingrédients avec lesquels Sally Beauman réussit une œuvre très dense – plus de 500 pages en grand format – et très documentée grâce à une construction habile en faisant alterner le récit de la petite fille en 1922 et durant les quelques années suivantes avec celles de la vieille dame qu’elle est devenue et qui est sollicitée par un journaliste désireux de réaliser un documentaire sur Toutankhamon.
Le livre s’ouvre sur ces lignes : « Pendant notre séjour au Caire en janvier 1922, je visitai les pyramides. C’est là que je vis Frances pour la première fois. Nous étions en Egypte pour une semaine et Mlle Mackenzie, ma gouvernante, avait planifié notre séjour avec le plus grand soin. Elle était persuadée que si je voyais les pyramides, « l’une des plus grandes merveilles du monde antique, ne l’oubliez pas ma chère Lucy », si possible au moment le plus opportun – au lever du soleil –, les merveilles de pierre allaient produire en moi un changement. Me stimuler. Me fasciner. Me ramener à la vie, me convaincre de revenir au monde. »
Un programme qui s’avérera en tous points réussi. A la fraîcheur candide de l’enfant qui est projetée au milieu d’une équipe d’archéologues passionnés et qui avec son amie Frances va essayer de jouer aux espionnes pour nous dévoiler l’envers du décor, l’auteur nous propose le regard beaucoup plus acéré de celle qui est devenue une spécialiste de cette époque et qui est l’une des rares survivantes.
Que l’on soit ou non amateur d’histoire, on ne pourra manquer de trouver ce récit érudit, émouvant, passionnant. Que demander de plus ?

Autres critiques
Babelio
Voyages au bout de la page
Les lectures de Ollie

Extrait
« Voyez-vous, Lucy, je songeais au début à écrire les Mémoires de ma famille. J’ai pris beaucoup de notes au cours de mon premier séjour en Egypte avec mon père, sur les pyramides, les pélicans… Je voulais rendre justice à la faune et la flore… (Elle fronça les sourcils.) Mais Le Livre a ses propres exigences désormais, je vous l’ai dit. Il m’a rappelé tous les événements qui se sont produits durant notre dernière visite : notre rencontre avec M. Carter et Lors Carnarvon, le déjeuner dans le tombeau, la tempête dans la vallée, les bouleversements politiques, la nouvelle nation en passe de naître… Ensuite, j’ai entendu ces rumeurs sur la trouvaille de Carter. C’est alors que j’ai compris que nous étions des témoins, Lucy, des témoins de l’Histoire en marche… J’ai mis du temps à la comprendre, je m’en rends compte aujourd’hui, mais Le Livre savait quelle voie emprunter, et dès que je l’ai écouté, tout est devenu clair. » (p. 298)

A propos de l’auteur
Sally Beauman est née à Devon et a étudié la littérature anglaise au Girton College de Cambridge. Elle a travaillé comme journaliste et critique aux États-Unis et en Grande-Bretagne, et est l’auteur de sept autres romans. (Source: Editions Jean-Claude Lattès)

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