Underground Railroad

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Voici cinq bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que Colson Whitehead a non seulement été couronné par le prix Pulitzer de littérature 2017 pour Underground Railroad, mais aussi par ce que son roman a été désigné «roman de l’année 2016» par la presse américaine (42 journaux et magazines) et qu’il s’est d’ores et déjà vendu à plus de 750 000 exemplaires hors France.

2. Parce que, comme le souligne Livres Hebdo, Colson Whitehead dispose d’un exceptionnel talent «à inventer des machines romanesques hautement séduisantes, irriguées en profondeur par une méditation sur les mythologies américaines telles que les a véhiculées la culture populaire, mais aussi par une réflexion très politique sur la question raciale, la place de l’homme noir dans la société, son invisibilité.»

3. Parce que le roman, outre le fait qu’il s’attache à la vérité historique de ce que fût l’esclavage, loin des clichés hollywoodiens, nous raconte ce chemin de fer clandestin Underground Railroad qui permit à près de 100000 esclaves de se réfugier au-delà de la ligne Mason-Dixon et trouver ainsi le chemin vers la liberté. Le réseau de routes clandestines fut formé au début du XIXe siècle et connut son apogée entre 1850 et 1860. Colson Whitehead à l’idée d’en faire un vrai chemin de fer.

4. Parce que ce roman est un coup de poing. Finis les gentils blancs, finie aussi la solidarité de classe. Ceux qui aident les noirs à s’enfuir ne sont pas tous habités de bonnes intentions. Quant aux esclaves eux-mêmes, ils ne dorment pas tous du sommeil du juste. Colson Whitehead a l’art de peindre les nuances, allant jusqu’à faire de Cora, son héroïne en fuite vers le Nord, un caractère bien trempé aux aspérités tranchantes.

5. Parce que cette œuvre est en résonnance directe avec l’actualité. Comme le raconte l’auteur lui-même: «Je pensais écrire sur le Harlem des années 1950, mais l’élection de Trump m’a fait changer d’époque: au final, je m’attaque au racisme et à la gouvernance politique dans la Floride des années 1960, proches de ce que nous connaissons à l’heure actuelle. »

Underground Railroad
Colson Whitehead
Éditions Albin Michel
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par Serge Chauvin
416 p., 22,90 €
EAN : 9782226393197
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Cora, seize ans, est esclave sur une plantation de coton dans la Géorgie d’avant la guerre de Sécession. Abandonnée par sa mère lorsqu’elle était enfant, elle survit tant bien que mal à la violence de sa condition. Lorsque Caesar, un esclave récemment arrivé de Virginie, lui propose de s’enfuir, elle accepte et tente, au péril de sa vie, de gagner avec lui les États libres du Nord.
De la Caroline du Sud à l’Indiana en passant par le Tennessee, Cora va vivre une incroyable odyssée. Traquée comme une bête par un impitoyable chasseur d’esclaves qui l’oblige à fuir, sans cesse, le « misérable cœur palpitant » des villes, elle fera tout pour conquérir sa liberté.
L’une des prouesses de Colson Whitehead est de matérialiser l’« Underground Railroad », le célèbre réseau clandestin d’aide aux esclaves en fuite qui devient ici une véritable voie ferrée souterraine, pour explorer, avec une originalité et une maîtrise époustouflantes, les fondements et la mécanique du racisme.
À la fois récit d’un combat poignant et réflexion saisissante sur la lecture de l’Histoire, ce roman, couronné par le prix Pulitzer, est une œuvre politique aujourd’hui plus que jamais nécessaire.
« Un roman puissant et presque hallucinatoire. Une histoire essentielle pour comprendre les Américains d’hier et d’aujourd’hui. » The New York Times

Les critiques
Babelio
Le Figaro (Bruno Corty)
ActuaLitté (Cécile Pellerin)
L’Express (Hubert Artus)
Les Echos (Philippe Chevilley)
Le Journal de Montréal (Karine Vilder)
Blog Tombée du ciel 
Blog A sauts et à gambades

Colson Whitehead présente «Underground Railroad» © Production Les Editions Albin Michel

Les premières pages du livre

Extrait
« Après la disparition de Mabel, Cora ne fut plus qu’une enfant perdue. Onze ans, dix ans, dans ces eaux-là – il n’y avait plus personne pour le savoir précisément. Sous l’effet du choc, elle vit le monde s’assécher autour d’elle, réduit à des impressions grises. La première couleur qui revint fut le rouge-brun bouillonnant de la terre du lopin familial. Il la réveilla aux choses et aux êtres, et elle décida de se cramponner à son domaine, quoique jeune, frêle et sans personne pour s’occuper d’elle. Mabel était trop discrète et têtue pour être populaire, mais les gens avaient toujours respecté Ajarry. Son ombre avait été protectrice. La plupart des premiers esclaves de Randall étaient six pieds sous terre ou revendus, disparus d’une façon ou d’une autre. Restait-il encore une âme loyale envers sa grand-mère ? Cora sonda le village : pas une seule. Ils étaient tous morts. »

À propos de l’auteur
Né à New York, en 1969, Colson Whitehead est l’un des auteurs américains les plus passionnants de sa génération, découvert en France par la traduction de son premier roman virtuose, L’Intuitionniste (Gallimard, 2003). Ont suivi notamment, toujours chez Gallimard, Ballade pour John Henry (2005), Le Colosse de New York et Apex ou le cache-blessure (2008), plus récemment le futuriste Zone 1 et Sag Harbor (2014), roman d’essence autobiographique. (Source : livreshebdo.fr)

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L’invention des ailes

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L’invention des ailes
Sue Monk Kidd
Jean-Claude Lattès
Roman
450 p., 22 €
ISBN: 9782709646574
Paru en janvier 2015

Où?
L’action se situe aux Etats-Unis, à Charleston en Caroline du Sud, avec des escapades dans le Nord où les idées abolitionnistes gagnent du terrain.

Quand?
Le roman débute en 1803 pour se terminer à la fin des années trente.

Ce qu’en dit l’éditeur
Caroline du Sud, 1803. Fille d’une riche famille de Charleston, Sarah Grimké sait dès le plus jeune âge qu’elle veut faire de grandes choses dans sa vie. Lorsque pour ses onze ans sa mère lui offre la petite Handful comme esclave personnelle, Sarah se dresse contre les horribles pratiques de telles servilité et inégalité, convictions qu’elle va nourrir tout au long de sa vie. Mais les limites imposées aux femmes écrasent ses ambitions.
Une belle amitié nait entre les deux fillettes, Sarah et Handful, qui aspirent toutes deux à s’échapper de l’enceinte étouffante de la maison Grimké. À travers les années, à travers de nombreux obstacles, elles deviennent des jeunes femmes avides de liberté et d’indépendance, qui se battent pour affirmer leur droit de vivre et se faire une place dans le monde.
Une superbe ode à l’espoir et à l’audace, les destins entrecroisés de deux personnages inoubliables !

Ce que j’en pense
***

Après le succès de La Vie secrète des abeilles, qui traitait de la ségrégation raciale dans les Etats du Sud, Sue Monk Kidd revient avec un roman basé sur l’histoire vraie des sœurs Grimlé. Sarah (1792–1873) et sa sœur Angelina (1805–1879) furent parmi les premières féministes américaines, mais elles s’engagèrent surtout pour l’abolition de l’esclavage. Une position que relevait à l’époque dans le Sud des Etats-Unis pour un sacrilège, surtout venant de l’une des familles les plus en vue de Charleston, «possédant» de nombreux esclaves.
La construction du roman est particulièrement habile, car l’auteur a eu l’idée de donner tour à tour la parole à Sarah et à Handful, la jeune esclave qui lui est offerte pour son onzième anniversaire. Du coup, l’histoire que nous raconte la première – ses difficultés à se réaliser en tant que femme dans une société où on ne lui reconnaît guère d’autre rôle que celui de diriger la maison et de trouver un bon parti – et celle qui est proposée par la seconde – les brimades et les châtiments infligés à ceux que l’on considère comme des êtres corvéables à merci – vont se heurter et se compléter par la relation qu’entretiennent les deux narratrices. « Je n’aurais pas sur dire de façon certaine si les sentiments de Miss Sarah étaient de l’amour ou de la culpabilité. Je n’aurais pas non plus su dire si les miens venaient de l’amour ou d’un besoin de protection. Elle m’aimait et elle avait pitié de moi. Et moi je l’aimais et je me servais d’elle. Il n’y avait rien de simple dans cette histoire. »
Sarah aimerait suivre les traces de son père et devenir avocate. On lui interdira non seulement de suivre cette voie, mais aussi l’accès à la bibliothèque familiale. Puis on essaiera de lui trouver un mari et enfin on tentera de lui éradiquer ses idées émancipatrices. Du coup, le rapprochement avec sa compagne d’infortune est presque «naturel». Car Handful vit aussi dans une prison, avec la charge supplémentaire de porter la douloureuse histoire familiale, la séparation entre sa mère, alors qu’elle est enceinte, esclave à la ville et son père esclave à la plantation, qui mourra quelques temps plus tard sans voir sa fille. Et ce rêve d’émancipation qui se heurte à la violence et aux lois érigées par et pour les grandes familles de Charleston. On torture et on tue. Aussi faut-il bien du courage pour se rebeller et pour essayer de fuir…
Une page d’histoire américaine qui entre en résonance avec les débats actuels sur l’obscurantisme religieux. Une raison supplémentaire de se plonger dans ce roman très bien documenté et tout aussi émouvant.

Autres critiques

Babelio
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Blog «Au boudoir écarlate»

Extrait
« Je veux que tu le saches, ton papa il était bon comme le bon pain. Il s’appelait Shanney. Il travaillait dans la plantation de massa Grimké. Un jour Missus a dit qu’il fallait que je vienne coudre pour elle à Charleston. J’ai dit d’accord mais prenez Shanney, c’est mon mari. Elle a dit Shanney c’est un esclave des plantations et peut-être que je le reverrai quand je viendrai en visite. Tu étais déjà dans mon ventre et personne ne le savait. Shanney est mort d’une blessure à la jambe avant même que tu aies un an. Il a jamais vu à quoi tu ressembles. » (p. 76)

A propos de l’auteur
Née dans l’État de Géorgie, Sue Monk Kidd est l’auteur du best-seller La Vie secrète des abeilles, immense succès traduit dans trente-six langues. Elle a également écrit plus récits autobiographiques salués par la critique littéraire. Sue Monk Kidd vit aujourd’hui en Floride. (Source : Editions Jean-Claude Lattès)

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