Portrait du baron d’Handrax

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  RL_Hiver_2022

En deux mots
Quelques œuvres d’un peintre oublié découvertes par le narrateur dans un petit musée de province vont lui permettre de faire la connaissance d’un personnage aussi excentrique qu’attachant. Les facéties du baron d’Handrax valent le détour!

Ma note
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique

Le baron d’Handrax se livre doublement

Bernard Quiriny nous offre un délicieux canular littéraire en cette rentrée 2022. Il signe sous son nom la fausse biographie du baron d’Handrax et des carnets secrets signés par son personnage principal. De quoi doubler notre plaisir!

Le Baron d’Handrax est un original. Lorsque le narrateur le rencontre, c’est parce qu’il a beaucoup apprécié les œuvres de son aïeul, Henri Mouquin d’Handrax (1896-1960) qu’il a découvert dans un petit musée de province. Il a alors envie d’en savoir plus sur l’artiste. C’est ainsi qu’il a pu rentrer en contact avec cet homme aussi excentrique qu’attachant, qu’il a croisé en visitant l’une de ses nombreuses propriétés. Car l’une des lubies du baron est de racheter les anciennes propriétés dont personne ne veut, à condition qu’elles soient restées meublées comme à l’époque de leur construction. Ainsi, il peut s’offrir un voyage dans le temps. Invité au château, il a fait la connaissance de son épouse Hortense et de ses enfants Agathe, 7 ans, et Marcel, 11 ans. Ses deux autres enfants, Arthur, 15 ans et Corinne, 16 ans étant restés dans leur internat à Moulins. À l’issue de sa visite, il a droit à la découverte d’une salle particulière, plongée dans le noir et que l’on découvre de manière tactile, en tâtant la structure des matières exposées. Lors d’une autre visite, il découvrira son train électrique, installée dans une autre pièce, mais surtout la seconde famille du baron. Après que son épouse ait engagée Coralie, le baron l’a trouvé si séduisante qu’il l’a mise dans son lit avant de lui faire trois enfants, Amandine, Pierre-Yves et Antoine. Toute la communauté vivant en belle intelligence, sans vraiment se croiser pour autant.
Mais le sommet de ses excentricités consiste à organiser des dîners de sosies. Lorsqu’il croise quelqu’un ressemblant à une célébrité, il l’invite à condition qu’il accepte de passer au maquillage. C’est ainsi qu’un soir il s’est retrouvé à table avec Nietzsche, Samuel Johnson, Mme Récamier, le président Coty, Nikola Tesla, George Sand et Churchill. «Avec des personnalités venues d’époques différentes, on a l’impression de sortir du temps, d’avoir rejoint une quatrième dimension où les grands hommes de tous les âges et de tous les pays cohabitent.» Bien entendu, la conversation n’a rien n’a voir avec ce que les authentiques personnages pourraient dire, mais c’est ce qui plait au baron, tout comme la chasse aux sosies.
Et si vous pensiez en avoir fini avec les drôles d’idées, je dois vous décevoir. Les rendez-vous pour renifler les morts ou encore les promenades à reculons complètent le tableau. Mais laissons-là cette liste, même si vous en doutez bien, elle est loin d’être exhaustive et va convier aussi bien Eros que Thanatos, sans oublier la littérature, qui ne pouvait être absente ici. Parlons plutôt des trois grandes qualités de ce livre.
L’humour tout d’abord, omniprésent mais difficile à définir, entre ironie teintée de nostalgie et un peu d’autodérision qui font de cette fausse biographie un joyeux moment de lecture.
Ajoutons-y un style d’un agréable clacissisme, qui colle parfaitement au personnage vieille France de ce baron d’Handrax.
Enfin, et pour cela, chapeau bas Bernard Quiriny, ce roman pousse la supercherie littéraire au-delà de l’invention d’un lieu et d’une dynastie. Avec la complicité de son éditeur, voilà que paraît simultanément en poche un livre signé par le baron d’Handrax lui-même – et préfacé par Bernard Quiriny: «Je retrouve dans les pages de ces Carnets le Baron tel que je l’ai connu, avec ses traits de caractère, son ironie, son goût d’inventer, sa curiosité, son ton sarcastique, sa mélancolie, sa faculté d’émerveillement sa propension au dégoût, son conservatisme, son anarchisme, son pessimisme, son libéralisme son éclectisme et tous ses -ismes.
La baronne d’Handrax a bien voulu me permettre de le publier, et d’y ajouter cette préface; qu’elle en soit remerciée.» Du coup, on peut se régaler de ces aphorismes, vraies et fausses citations et définitions, de ces phrases qui rapprochent Bernard Quiriny des premières pages du roman de Frédéric Beigbeder, Un barrage contre l’Atlantique. Voilà en tout cas un double barrage contre l’ennui!

Portrait du baron d’Handrax
Bernard Quiriny
Éditions Rivages
Roman
176 p., 17 €
EAN 9782743654993
Paru le 5/01/2022

Parution simultanée:


Carnets secrets
Archibald d’Handrax
Éditions Rivages Poche
252 p., 7 €
EAN 9782743655051
Paru le 5/01/2022

Où?
Le roman est situé en France, principalement dans le village fictif d’Handrax, non loin de Moulins dans l’Allier. On y évoque aussi Paris, New York et une lune de miel aux États-Unis.

Quand?
L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Le baron d’Handrax existe, Bernard Quiriny l’a rencontré. Installé en famille dans son manoir de l’Allier, cet hobereau excentrique aux allures de géant barbu est débordant d’idées folles, qui font de lui le plus attachant des compagnons.
Collectionneur de maisons en ruines, organisateur de dîners de sosies, pourvoyeur intarissable d’anecdotes et de bons mots, spécialiste des langues inconnues, inventeur de génie, amateur de cimetières et de trains électriques, le baron d’Handrax ne fait rien comme tout le monde et ne cesse de surprendre.
Bernard Quiriny ne pouvait faire moins, pour rendre hommage à ce précieux ami trop tôt disparu, que d’écrire son portrait. Voici donc Le portrait du baron d’Handrax, roman inclassable où se dévoile le petit monde fantasque et désopilant d’un personnage inoubliable.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
goodbook.fr
RFI (Vous m’en direz des nouvelles – Jean-François Cadet)
Les Carnet et les instants (Nicolas Marchal)
Blog froggy’s delight


La chronique de Clara Dupont-Monod à propos du Portrait du baron d’Handrax de Bernard Quiriny © Production France Inter

Les premières pages du livre
« Henri Mouquin d’Handrax (1896-1960): peintre mineur, oublié de nos jours. Je m’en suis entiché par hasard, après avoir acheté une toile de lui chez un antiquaire, pour une bouchée de pain. J’ai commencé à me documenter sur sa vie, à chercher des études à son sujet. Je n’ai rien trouvé ; nul historien de l’art, nul érudit, ne s’est passionné pour son cas. J’ai voulu réparer cette injustice, en écrivant moi-même un livre. Ce livre sans doute n’intéresserait pas grand monde, mais qu’importe ! Et si les éditeurs n’en voulaient pas, je l’imprimerais à mes frais.
J’appris que le musée d’Handrax, dans l’Allier – berceau de la famille –, possédait des tableaux de Mouquin. Je décidai de m’y rendre, après m’être assuré par téléphone que l’établissement serait bien ouvert.
Dès mon arrivée, je tombai sous le charme d’Handrax. Mille cinq cents âmes, un clocher, de vieilles rues pavées ; une bourgade quiète et paisible, oubliée par la mondialisation. Hormis quelques enseignes criardes dans l’avenue principale, et de hideuses constructions modernes près de la gare et dans sa périphérie, rien n’y indiquait qu’on fût en 2020 ; on se serait attendu à croiser par les rues des fiacres, et des messieurs à chapeau haut de forme.
Installé dans un ancien couvent, le musée montrait des toiles d’artistes locaux – dont huit Mouquin –, et un certain nombre de pièces d’archéologie mises au jour à l’occasion de chantiers alentour ; la plus grande salle était consacrée aux objets d’autrefois : outils, faïences, balances à plateaux, fers à repasser en fonte, tout un stock légué par un collectionneur. Le musée avait récupéré aussi, à leur fermeture ou lors de rénovations, l’ameublement et la décoration des vieux commerces d’Handrax : la boulangerie, la pharmacie, etc. On avait reconstitué ces boutiques avec des mannequins déguisés, pour figurer les commerçants.
Lors de ma visite, le musée était désert. Je fis le tour, puis étudiai longuement les Mouquin. Le gardien, trouvant suspect mon intérêt pour eux, rôdait derrière moi.
Les tableaux, qui dataient des années 1950 – sa dernière époque, comme j’aimais à le dire –, n’étaient pas mal. Le plus beau, une nature morte, était la version aboutie d’une esquisse que je connaissais déjà. Enchanté, je décidai de revenir avec mon matériel de dessin, pour les recopier. (La loi l’autorise, pourvu que la copie soit d’un autre format que l’original.)
Par courtoisie, j’informai le gardien de mes projets. Il n’y vit aucune objection et demanda s’il pouvait m’être utile. Il était plus sympathique qu’il n’en avait l’air. Nous bavardâmes, et il m’apprit deux choses : que le petit-neveu de Mouquin habitait au village, et que la mairie cherchait pour le musée un second gardien.
Ainsi commença ma nouvelle vie.

MAISONS DU BARON
François-Paul – mon collègue – connaissait bien le descendant de Mouquin : il travaillait pour lui, en plus de son emploi de gardien. Il en parlait avec une déférence un peu comique et ne l’appelait jamais autrement que : « Monsieur le Baron ». Car c’était un noble : Baron Archibald d’Handrax, énième du nom. Il vivait avec Madame et leurs enfants dans le manoir de la famille, à deux kilomètres du centre-bourg.
Le travail de François-Paul consistait à visiter régulièrement les maisons du Baron, à Handrax et aux alentours.
– Il en a tant que ça ? demandai-je.
– Des dizaines ! Mais il ne les habite pas.
Comme je posais des questions, François-Paul m’invita à le suivre dans l’une de ses « tournées ».
Le jour dit, nous visitâmes une demi-douzaine de maisons, toutes inoccupées depuis dix ans et plus. Restées intactes depuis la mort de leur précédent propriétaire, garnies de meubles massifs, tapissées de papier à fleurs jauni, elles sentaient l’encaustique, la moisissure et le passé. François-Paul les aérait puis les inspectait, à la recherche d’une fuite d’eau ou d’une attaque de mérule.
Tandis qu’il vaquait à ses travaux, je déambulai, amusé par les toiles cirées sur les tables, les napperons de dentelle sur les buffets, la porcelaine dans les vaisseliers. Il y avait dans les salons d’antiques postes de télévision rebondis, avec des boutons-poussoirs sous l’écran. Les placards étaient remplis de produits ménagers hors d’âge, datant parfois même des années 1960. Les paniers d’osier étaient chargés de journaux anciens et de dépliants publicitaires, de factures et de lettres avec des timbres en francs. J’avais l’impression d’être en vacances chez ma grand-mère. Je n’aurais pas été surpris de la voir s’incarner tout à coup, avec sa blouse et son tablier à carreaux ; elle eût été comme chez elle.
François-Paul veillait donc à ce que les maisons ne se dégradent pas trop. L’été, il ventilait. L’hiver, il chauffait. Il réparait, en s’efforçant de moderniser le moins possible. Il avait tout une collection de vieilles pièces de radiateur ou de chaudières, achetées dans des brocantes.
Mais quel intérêt y avait-il à conserver ainsi ces demeures dans leur jus ?
La réponse me fut donnée par le Baron en personne, que nous rencontrâmes ce jour-là dans la dernière maison de la liste – une bicoque étroite, compressée entre deux autres, dans un hameau à cinq kilomètres d’Handrax.
C’était un homme d’âge indéfinissable, entre cinquante et soixante ans, bien habillé, un peu replet, très gentleman farmer, avec une épaisse barbe grise. Ses cheveux ébouriffés n’avaient pas dû voir un peigne depuis longtemps. Il marchait avec une canne, une belle canne en bois noir, avec un pommeau d’argent.
Il était très grand ; debout, il avait quelque chose d’un ogre. Je songeai qu’il devait avoir un gros appétit, et je le vis en pensée dévorer du sanglier, de la biche, des mets rustiques et puissants. Chassait-il ? Je l’imaginais bien avec un fusil et une casquette à oreilles.
François-Paul nous présenta, puis fit un rapide compte rendu de ses visites précédentes, et disparut enfin pour son inspection, me laissant seul avec le Baron. J’étais intimidé ; il en imposait. Il s’assit dans un fauteuil et m’invita à prendre place sur le canapé. L’assise grinça sous mon poids.
Je dis au Baron que j’étais un admirateur de Mouquin, raison de ma présence ici. Il s’éclaira. « Ah ! Henri. Bon peintre. Bon homme, aussi. » Il l’avait connu dans sa jeunesse ; on l’appelait Mouquin-Pinceau, ou Pinceaux, parce qu’il en avait toujours dans ses poches. Il possédait au château (le manoir familial, communément appelé château) quelques toiles de lui, des dessins, des esquisses ; si cela m’intéressait, je n’avais qu’à passer, il me montrerait tout.
Je l’interrogeai alors sur ses vieilles maisons, gardées dans leur état ancien.
– Personne n’en veut, répondit-il. Handrax et sa région n’attirent pas les foules. Quand un vieillard casse sa pipe, les héritiers mettent sa maison en vente ; mais elle peut rester sur le marché pendant des années. Au début, ils l’entretiennent ; puis ils se lassent et n’y pensent plus. La maison tombe alors en ruine ; elle meurt à petit feu.
– C’est pour cela que vous la rachetez ?
– Oui, et aussi par goût. Ces maisons sont un conservatoire du passé. Les derniers propriétaires étaient âgés, la décoration date, tout est d’époque : les meubles, les rideaux, les parquets, les papiers. Entrer là-dedans, c’est entrer dans le passé.
Il fit un geste circulaire.
– Que voyez-vous ?
Je souris.
– Eh bien, une bibliothèque en merisier, contenant quelques volumes ; le fauteuil où vous êtes assis, en cuir vert ; un guéridon, décoré d’un vase vide.
– Un guéridon, répéta le Baron. Rien que ce mot !
Il s’esclaffa.
– À votre avis, de quand date la décoration, ici ?
J’hésitai.
– 1972 ?
– 1964. Je me suis renseigné. Visiter cette maison revient donc à se transporter en 1964. Littéralement. C’est la manière la plus efficace et la plus économique de voyager dans le temps.
Le plancher craqua au-dessus de nos têtes. François-Paul.
– Parfois, continua le Baron, on me propose des maisons dont les propriétaires viennent de mourir. Les héritiers, me croyant un hurluberlu, s’imaginent que j’achète tout. Or, une fois sur place, je découvre que la maison a été partiellement rénovée, cuisine neuve, etc. Dans ces conditions, ça ne m’intéresse plus. Je recherche les goûts d’hier, les décors, les odeurs. Les vendeurs ne comprennent pas ; ils croient que je refuse parce qu’il reste des travaux à faire, alors que je refuse parce que des travaux ont été faits.
François-Paul redescendit et s’assit près de nous. Un silence solennel s’installa. Nous étions là, recueillis, plongés en pleine année 1964. Cela dura peut-être cinq minutes ; une voiture passa dans la rue, brisant le charme. Le Baron se leva, appuyé sur sa canne. Nous l’imitâmes.
– Quand j’ai envie de dépaysement, dit-il, je me rends dans l’une de mes maisons. J’y reste une heure ou deux, c’est comme si j’avais fait un long voyage.
Son visage avait quelque chose d’enfantin, une sorte d’exubérance comique qui contrastait avec son allure austère et sa grosse voix.
– Bon. Je vous attends au château, quand vous voudrez.
Il me serra la main, puis s’en alla. François-Paul et moi refermâmes les volets, et regagnâmes Handrax.
– De temps en temps, m’expliqua François-Paul, le Baron s’installe pour quelques jours dans une de ses bicoques, avec sa famille. Cela, dit-il, pour qu’elle revive – la maison.
J’étais charmé par ces manies, que je croyais comprendre assez bien.
– Combien en a-t-il, en tout ?
– Je ne sais pas. Je ne m’occupe pas de toutes.
– Qui d’autre ?
– Je n’en sais rien. Monsieur est très secret.
Il réfléchit, puis :
– Je dirais qu’en tout, il doit en posséder une quarantaine.
– Il est donc riche ?
– Les maisons qu’il aime, hors d’âge, ne coûtent rien.
Soupir.
– Mais il est vrai que, de l’argent, il en a tant qu’il veut.

PREMIÈRE VISITE AU CHÂTEAU
Le manoir, sur les hauteurs d’Handrax, était une élégante bâtisse du XVIIIe siècle, flanquée d’écuries (pas de chevaux – le Baron les détestait), avec un parc. Sitôt que je la découvris, je fus séduit ; le Baron avait de la chance d’habiter un si bel endroit et d’avoir les moyens de l’entretenir.
Il m’accueillit en personne et me conduisit dans son bureau, où il avait installé ses Mouquin, descendus spécialement du grenier où ils sommeillaient depuis des années. Je reconnus la patte de mon peintre dans ces petits formats représentant des paysages de l’Allier ; au regard des thèmes et de la manière, je les datai des années 1920 et 1930. Je fis quelques commentaires ; mon hôte m’écouta avec attention, en hochant la tête. Je demandai ensuite la permission de copier les toiles ; il accepta, et promit même de mettre à ma disposition une pièce du château.
Il m’invita ensuite à goûter au salon. Nous traversâmes d’innombrables pièces et couloirs – le manoir était vaste –, tous meublés fastueusement. « Je ne suis pour rien dans cette décoration, expliqua-t-il ; j’ai tout reçu de mon père, qui lui-même l’avait reçu du sien, etc. »
Il avait tout de même transformé certaines pièces en fonction de ses besoins (et de ceux de sa famille – il avait une femme et quatre enfants, dont je parlerai). »

À propos de l’auteur
QUIRINY_bernard_julien_faureBernard Quiriny © Photo Julien Faure

Bernard Quiriny est l’auteur de nombreux ouvrages, dont Contes carnivores (Seuil, 2008), Une collection très particulière (Seuil, 2012, Grand Prix de l’imaginaire) ou encore L’affaire Mayerling (Rivages, 2017). (Source: Éditions Rivages)

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