L’été en poche (20)

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Maestra

En 2 mots
Judith, une mangeuse d’hommes experte sur le marché de l’art va réussir un coup très lucratif pour ses débuts en tant qu’indépendante. Sexe, art et cadavres à la pelle sont les ingrédients de ce thriller bien construit, mais à réserver à un public averti.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Glenn Tavennec (Robert Laffont)
« Cette thématique de la femme fatale, criminelle sans être psychopathe, indépendante sans être féministe, m’a emballé. Tout comme cette façon de tordre les codes du roman noir, de dénoncer le monde des ultra-riches et la grosse machine de blanchiment d’argent qu’est le milieu de l’art. »

Vidéo


A l’occasion du festival Quai du Polar à Lyon, L. S. Hilton présente «Maestra». Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Laure Manceau. © Production Librairie Mollat

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Treize

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Treize
Aurore Bègue
Éditions Rue Fromentin
Roman
250 p., 16 €
ISBN: 9782919547487
Paru en avril 2016

Où?
Le roman se déroule principalement sur les bords de la Côte d’Azur.

Quand?
L’action se situe dans les années 1990.

Ce qu’en dit l’éditeur
Alice, treize ans, part en vacances en famille sur la côte méditerranéenne.
Durant cet été, elle observe sa sœur aînée, Marie et son comportement face aux hommes. Les trois ans qui les séparent lui semblent être désormais un fossé infranchissable.
Elle porte aussi un regard lucide sur sa mère fragile psychologiquement et son père qui surjoue la normalité pour rassurer ses filles.
A treize ans, on est parfois plus réaliste que les autres. Alice sent avant tout le monde le drame qui se noue pendant ces vacances et va bouleverser toute son existence.
Un premier roman à l’atmosphère tendue et envoûtante. Un texte poignant et juste sur la collision entre les attentes de l’adolescence et les lâchetés du monde adulte.

Ce que j’en pense
****
Une famille part en vacances. Il y a là le père, «optimiste acharné» et amoureux de la vie, la mère, fragile, souvent triste ou en colère, Marie la fille aînée et Alice, treize ans, la narratrice. Ce qui ressemble de prime abord à une chronique familiale durant laquelle les petites – ou plus grandes – névroses de chacun vont pouvoir se dévoiler, va se transformer au fil des pages en un drame bouleversant.
Pour ses débuts en littérature Aurore Bègue fait preuve d’un vrai sens du suspense. Si elle distille ici et là quelques indices, elle mène ce récit avec beaucoup de maestria jusqu’au dénouement.
Le choix de confier la narration à Alice est tout aussi pertinent. La fille arrive à cette période de l’adolescence où son corps se transforme, où elle devient femme sans bien comprendre ce que cela implique, ou elle va tenter de grandir en calquant un peu son mode de vie sur celui de sa sœur.
Bien entendu, l’amour occupe une grande place dans ce scénario. Si les copains de Marie vont un peu s’intéresser à elle et réciproquement, elle va avoir les yeux de Chimène pour Paul, l’ami de la famille.
«Que l’on m’explique Tout ça, que m’arrivait-il au juste ? L’amour, la mort, le sexe, tous ces mystères sur lesquels je n’avais aucune prise, oui, j’avais ce désir impérieux de savoir pourquoi nous étions là, pourquoi nous allions mourir un jour, et quel sens avait cette scène-là, nous tous, notre famille et Paul autour de la table en teck de la terrasse, un jour brûlant du mois de juillet 1992.»

Ce beau et tragique roman d’initiation va marquer Alice et sa famille autant que le lecteur. Entre les cris de la mère, la vanité de la sœur, les absences du père et les pulsions de l’ami Paul, la jeune fille va prendre place dans la galerie des héroïnes tragiques. De celles dont le destin hantent le lecteur bien longtemps après avoir refermé le livre.

68 premières fois
Blog Les livres de Joëlle
Blog Le chat qui lit (Nathalie Cez)
Blog Les battements de mon cœur (Albertine Proust)
Blog Les lectures de Martine
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Blog Blablabla Mia

Autres critiques
Babelio 
Blog Les mots de la fin 
Blog Meelly lit 

Extrait
« Nous étions, ma sœur et moi, pressées que ces vacances arrivent enfin. Mais Marie paraissait encore plus impatiente et enthousiaste à cette idée, comme si elles allaient lui apporter quelque chose d’inédit, de nouveau et d’excitant, là où je ne voyais qu’un été parmi les autres, rempli de baignades, de glaces à l’eau, et de longs dîners avec nos parents et leurs amis parfois ivres.
Ce printemps-là, donc, assise en tailleur sur mon lit, Marie adorait me parler des histoires d’amour naissantes qu’elle avait vécues et vivrait, en vernissant ses ongles qu’elle transformait en de petits coquillages rosés ou dorés. Elle ressemblait à une caricature de grande sœur, un cliché, si jolie mais si agaçante, celle qui en sait toujours plus que vous, celle qui est toujours un petit peu plus que vous, ou bien vous, mais en mieux.
Elle tenait ses mains et ses doigts précautionneusement écartés devant elle pour ne pas abîmer le vernis couleur rose bonbon qu’elle venait d’y poser et elle souriait de cette nouvelle manière si mystérieuse de grande sœur, la tête légèrement penchée sur la droite.»

A propos de l’auteur
Aurore Bègue a 37 ans et vit à Paris. Treize est son premier roman. (Source : Éditions Rue Fromentin)

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Focus Littérature

Maestra

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Maestra
L. S. Hilton
Robert Laffont, collection La bête noire
Thriller
Traduit par Laure Manceau
384 p., 18,90 €
ISBN: 9782221191170
Paru en mars 2016

Où?
Le roman se déroule principalement à Londres, mais aussi dans quelques lieux de villégiature, à Cannes , Antibes, Saint-Paul de Vence puis à Gaète, une ville côtière au Sud de Rome ainsi qu’à Côme et Bellagio. Milan, Rome, Venise, Courchevel et Paris seront d’autre étapes du périple de Judith.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Le thriller le plus scandaleusement original que vous lirez cette année.
Le jour, Judith Rashleigh est assistante dans un hôtel de ventes aux enchères londonien qui l’exploite malgré ses diplômes et son talent. La nuit, elle officie dans un bar à hôtesses ou elle séduit sans effort.
Judith sait qu’elle doit jouer le jeu. Pour faire carrière et pour charmer les hommes, elle a appris à être une gentille fille… Jusqu’à ce qu’elle découvre une gigantesque escroquerie autour d’une fausse toile de maître. Licenciée avant d’avoir pu faire éclater le scandale, Judith décide de fuir avec un riche client sur la Côte d’Azur. Là-bas, un monde décadent et corrompu les attend. Là-bas, elle goûtera à la vengeance. La gentille fille deviendra femme fatale.
Traduit dans 40 pays et déjà en cours d’adaptation par la productrice de Millénium et la scénariste de La fille du train, Maestra est le premier volet d’une trilogie noire et érotique.

Ce que j’en pense
***
Difficile de faire l’impasse sur l’opération marketing qui a présidé à la sortie mondiale de ce livre. Maestra paraît simultanément dans 40 pays. Les droits ont d’ores et déjà été achetés pour une adaptation cinématographique et l’auteur a déjà touché plusieurs millions de dollars pour ce qui est vendu comme un thriller érotique surpassant Cinquante nuances de Grey. Les Éditions Robert Laffont ont remporté les enchères françaises et nous assurent à grand renfort de publicité «le thriller le plus scandaleusement original que vous lirez cette année, avant de renouveler l’opération avec le lancement des tomes deux et trois.
Avant de faire la connaissance de la belle et sulfureuse Judith Rashleigh, j’ajouterai que j’ai apprécié ce livre, car tous les ingrédients sont fort bien agencés. Un peu comme si un cuisinier amateur avait suivi les conseils d’un grand chef pour réussir son plat principal.
Judith travaille à Londres pour le compte d’une maison de ventes aux enchères d’œuvres d’art. Elle a beau être diplômée, on la relègue à des tâches subalternes. Pour soigner sa frustration, elle va suivre une amie dans les chaudes soirées de la capitale et ne va pas tarder à arrondir ses fins de mois en tant qu’escort girl de luxe avec des «quinquas, qui, l’espace de quelques heures, voulaient se faire croire qu’ils avaient un vrai rencard, avec une vraie fille, jolie, bien habillée, avec de bonnes manières, une fille qui avait envie de bavarder avec eux.» Ce mal nécessaire va lui permettre de croiser quelques personnalités et de profiter de leurs largesses, notamment de voyages et de cadeaux. Autant elle est respectée au Club, autant elle est déconsidérée dans son travail, même lorsqu’elle découvre une escroquerie potentielle, un tableau attribué à un grand maître ne serait qu’une copie.
Son destin va basculer lorsque, sur la Côte d’Azur, une partie de jambes en l’air se termine mal et que son amant meurt.
Avec l’amie qui l’accompagne, elle décide prendre la fuite vers l’Italie. Entre yachts de luxe et luxure, elle ne va pas oublier le monde de l’art. Et va trouver un moyen de se venger de son patron indélicat. C’est qu’au fil du temps, elle se construit une carapace rose à l’extérieur et noire à l’intérieur. Que les scènes érotiques très crues voisinent avec l’étude du marché de l’art et le roman noir. Judith devient petit à petit familière avec la souffrance et n’hésite pas à éliminer les gêneurs : « Je pouvais encaisser des choses trop dures à encaisser pour d’autres, et ça voulait dire que je pouvais les commettre, aussi. J’avais agi ainsi, et en avais tiré un soulagement intense. »
Si le style est nettement plus travaillé que dans les nuances de Grey – écrit à la hache –, c’est avant tout par la mise en scène d’une femme volontaire qui mène les débats et agit dans son propre intérêt que Maestra est une réussite. La maîtresse femme fatale va parvenir à échapper à la police, réussir une opération très lucrative, et nous donne rendez-vous pour la suite de ses aventures avec… maestria.

Autres critiques
Babelio
L’Express (Delphine Peras)
Terrafemina
Blog Au bordel culturel
Blog Quatre sans quatre
Blog Les lectures de Mylène
Blog Que lire?

Les 20 premières pages

Extraits
-16
« J’ai continué ce petit jeu un moment, mais je n’avais aucun moyen de savoir s’il était excité ou non ; son visage était cramoisi depuis qu’on avait déjeuné au soleil. Je l’ai fait rouler sur le dos, j’ai délacé mon caraco pour qu’il voie mes seins et j’ai manœuvré jusqu’à ce que mon visage se retrouve au-dessus de son entrejambe, le cul en l’air positionné de façon qu’il voie ma chatte par la fente de la petite culotte. Sa queue était minuscule, un petit bout de chair de cinq centimètres qui dépassait d’un épais coussin poilu. J’avais mis une capote dans ma sandale, mais je ne voyais pas comment j’allais la lui enfiler, ni comment lui pourrait m’enfiler – Dieu merci, mais bon, il allait bien falloir qu’il prenne son pied quand même.
— Est-ce que tu mérites de jouir, vilain garçon ?
— Oui, s’il vous plaît !
Clac.
— S’il vous plaît qui ?
— S’il vous plaît, maîtresse !
— Et qu’est-ce que tu veux ?
Il a encore fait cette moue, puis s’est mis à zozoter, encore plus dégoûtant. »

«Allongée là, le souffle profond, une jambe tombée par terre, je sentais mon clitoris humide qui palpitait encore. C’est ça, le vrai pied, pour moi. Pas seulement le plaisir de la chair, mais le sentiment de liberté et d’invulnérabilité que je retirais à me faire écarter les cuisses et baiser par un parfait inconnu…»

A propos de l’auteur
L.S. Hilton a grandi en Angleterre et a vécu à Key West, New York, Paris et Milan. Après avoir obtenu son diplôme à Oxford, elle a étudié l’histoire de l’art à Paris et à Florence. Elle a été journaliste, critique d’art et présentatrice. Elle vit actuellement à Londres. (Source : Éditions Robert Laffont)

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Amor

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Amor
Dominique Forma
Rivages / Thriller
Roman
304 p., 18 €
ISBN: 9782743631703
Paru en avril 2015

Où?
L’action se déroule en France, sur la Côte d’Azur pour la première partie, à Vaison-la-Romaine, Carpentras, Orange, Avignon, Peymeinade, Grasse, Nice, Tourette-Levens, Fréjus, Saint-Cézaire-sur-Siagne, Théoule, Grimaud et Au Tignet. Viviane quand à elle se rémémore ses séjours en Inde à Goa, Pondichéry, Madurai, Cochin, Arambol et d’une période à Lyon. La seconde partie se déroule à Paris et en région parisienne, à Saint-Fargeau-Ponthierry, Fontainebleau, Saint-Ouen, Montreuil, Etampes et Cachan.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Maximilien est professeur d’économie. Camille est responsable culturelle. Ils ont un petit garçon. Très amoureux l’un de l’autre, ils ont une conception joyeuse et inventive de la sexualité. En vacances sur la Côte d’Azur, ils font la connaissance de Viviane, une jeune fille qui vend de l’artisanat indien sur la plage. Entre eux, c’est le coup de foudre. Maximilien et Camille accueillent Viviane dans leur lit. Elle s’invite dans leur vie…
Dominique Forma a été photographe, animateur de radio et éditeur de disques pirates. Il a vécu quinze ans à Los Angeles où il a travaillé dans le cinéma et réalisé un long métrage. Il est l’auteur de plusieurs romans noirs pour adultes et pour la jeunesse.

Ce que j’en pense
***

Le roman s’ouvre sur une scène de grande intensité dramatique. Des voitures de police viennent se garer devant le domicile d’un homme. Tandis que son fils dort du sommeil des innocents, il intime aux policiers l’ordre de tirer.
L’auteur va alors nous expliquer comment on en est arrivé là. Comment les événements se sont enchaînés jusqu’à ce moment.
Tout commence sur la Côte d’Azur où le couple passe des vacances tranquilles.
Maximilien, le professeur d’économie en classes de prépa à l’ENS de Cachan est accompagné de son épouse Camille, chargé de la culture au sein de leur commune et de son fils Yvan. Le couple s’autorise quelques escapades, en amoureux et essaie de ne pas tomber dans la routine en imaginant de petits scénarios pour « toujours surprendre l’autre, le surprendre pour le séduire. » A la manière du Zèbre d’Alexandre Jardin, Maximilien se transforme par exemple en dragueur de supermarché.
Mais l’épisode qui va vraiment pimenter leur vie de couple naît, comme souvent, du hasard. Sur la plage, ils font la connaissance de Viviane qui, de retour d’Inde, essaie de fourguer des bibelots aux touristes. La jeune fille est victime d’une agression et trouve refuge auprès du couple. Comme le courant passe très bien entre elle et Yvan, elle se propose de jouer les baby-sitters. Il fait beau, tout va bien.
Aussi, c’est presque naturellement que Viviane se retrouve dans leur lit. Le trio s’entend à merveille et ne trouve dans ces joutes sexuelles qu’excitation et plaisir.
Toutefois les meilleures choses ont une fin et il faut bien retourner Saint-Fargeau-Ponthierry. D’autant que le professeur d’économie vient d’être contacté pour rédiger une série d’articles puis, plus tard, participer aux élections municipales.
Enfin, un homme neuf qui n’est ni corrompu, ni mêlé à un quelconque scandale…
Sauf que Viviane a trouvé le chemin de leur domicile et entend poursuivre la joyeuse vie à trois.
Dominique Forma a une manière froide de raconter cette histoire. Il ne s’agit ni plus, ni moins, d’un enchaînement de faits, en toute logique. Si Maximilien veut être élu au Conseil municipal, il doit monter qu’il est un mari et un père de famille irréprochable. Pour cela, il lui faut que Viviane sorte de leur existence. Camille lui comprend fort bien, ayant pour sa part renoncé à ses projets culturels pour ne pas être en porte à faux avec l’engagement politique de son mari. Mais le fameux grain de sable qui vient enrayer l’engrenage s’appelle Viviane. Un roman entre le polar, l’essai sur la liberté des mœurs et le jeu politique à l’heure de la transparence. Un passionnant huis clos qui marquera le lecteur.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Causeur.fr (Dominique Leroy)
Blog du Polar de Velda
Blog Au Pouvoir des mots
Blog livres de Nice-Matin
Blog encore du noir

Extrait
« Elles partageaient le même parfum. Elles avaient pris une douche ensemble, pensa-t-il, son pénis frotta contre le tissu de son pantalon. Il s’absenta, le temps de se rafraîchir.
Camille se promit de ne plus la laisser partir. Viviane était pour eux, à eux.
Maximilien se dit que Viviane était une fille sans attache : elle ne trompait ni mari, ni amant. Elle ne trimbalait aucun problème psychologique ou n’exhibait pas de fêlure mentale : solide, les pieds sur terre, elle ne deviendrait pas un poids mort pour leur couple, elle qui avait changé ses plans, oublié l’Inde et décidé de renouer avec eux. C’était Viviane qui leur demandait de l’accueillir. Ils pouvaient la satisfaire et la garder.
Pour eux. » (p. 134)

A propos de l’auteur

Dominique Forma est un réalisateur, écrivain, critique de cinéma et historien de cinéma français. Dans les années 90, il travaille comme compositeur pour les films américains L’Extrême Limite de James B. Harris et Meurtre à Alcatraz de Marc Rocco. En 2001, il réalise le film La Loi des armes avec Jeff Bridges.
Publie Voyoucratie, éd. Rivages Noir, 2012 , Nano, éd. Syros, 2013, Hollywood Zéro, éd. Rivages Noir, 2013 et Amor, éd. Rivages Thriller, 2015. (Source : Editions Rivages)

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