Le sillon

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En deux mots:
Après les attentats de Charlie, une jeune femme part pour Istanbul où apprend à résister à un pouvoir qui entend réduire toute contestation au silence. Dans les pas d’un groupe rebelle, de ceux de son amant et de Hrant Dink, journaliste arménien assassiné, elle nous raconte la vie quotidienne sur les bords du Bosphore.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Istanbul, belle et rebelle

Valérie Manteau creuse son Sillon. Après Calme et Tranquille, elle nous raconte la vie dans la capitale turque et enquête sur l’assassinat du journaliste arménien Hrant Dink. Pour la liberté.

Istanbul était déjà présente dans le premier roman de Valérie Manteau, Calme et tranquille. Sur le bateau qui traversait le Bosphore, la conversation tournait autour de la mort de Louise. Louise qui avait sauvé la vie de Valérie et qui venait de partir avant tous les amis et collègues de Charlie auxquels ce livre rendait hommage.
La capitale turque est cette fois au centre du livre. Un déplacement géographique qui nous offre une vision très différente du monde que celle vue de France.
Il est vrai que pour la narratrice son pays ne rayonne plus vraiment dans le domaine des arts et des idées, pas davantage d’ailleurs qu’elle ne défend son rôle historique de défenseur des Droits de l’homme.
Et même si ce n’est pas en Turquie qu’elle trouvera la liberté, on s’en doute, elle va pouvoir y trouver une belle énergie – peut-être celle du désespoir – et les bras d’un amant.
« L’Istanbul laïque se balançait entre deux bords et délaissait de plus en plus volontiers la rive nord du Bosphore, l’européenne engluée dans sa nostalgie, pour se saisir de l’asiatique où les cafés, les galeries, les tatouages fleurissaient. Les soirs d’été, la bière à la main, on s’installait sur les rochers de la promenade en bord de mer pour narguer en face, dans le soleil couchant, la vieille Byzance, Sainte-Sophie et la Mosquée bleue abandonnées aux touristes. On aurait dû se rappeler qu’ici parfois le ressac fait des dégâts. »
Dans le milieu artistique et intellectuel que la narratrice côtoie, la gymnastique quotidienne consiste à passer entre les mailles du filet, à éviter les intégristes autant que la police politique, à créer et à enquêter sans attirer l’attention. Comme par exemple sur Hrant Dink, journaliste assassiné dont elle a entendu parler par la diaspora arménienne et plus particulièrement par l’un de ses proches, le «Marseillais» Jean Kéhayan qui avait aussi collaboré à son journal Agos. « Agos, c’est Le Sillon. C’était un mot partagé par les Turcs et les Arméniens; en tout cas par les paysans, à l’époque où ils cohabitaient. » Se sentant autant turc qu’arménien, il avait choisi de vivre et travailler à Istanbul, sans se rendre compte qu’avec son journal, il avait « ouvert la boîte de Pandore. Il n’était pas comme les autres Arméniens qui avaient vécu toutes ces années sans oser parler. Lui ne voulait plus être du peuple des insectes qui se cachent, de ceux qui ne veulent pas savoir. » Au fur et à mesure de ses recherches, la biographie du journaliste se précise autant que la lumière se fait sur les basses œuvres d’un gouvernement qui entend régner par la terreur. Et y parvient. Car même les plus rebelles prennent peur, appellent à la prudence plutôt qu’à la révolution. Comment est-il dès lors possible de continuer à creuser son Sillon?
Si Valérie Manteau ne peut répondre à cette délicate question, son témoigne n’en demeure pas moins essentiel. Et éclairant. Car plus que jamais la Turquie, selon la formule de l’écrivain Hakan Günday, est «la différence entre l’Orient et l’Occident. Je ne sais pas si elle est le résultat de la soustraction, mais je sais que la distance qui les sépare est grande comme elle. Et dans cet intervalle, comme dans tous, prospère une troisième voie sans laquelle l’Europe ne serait pas l’Europe, et regarderait le Moyen-Orient comme un uniforme, illisible fatras. »

Le sillon
Valérie Manteau
Éditions Le Tripode
Roman
280 p., 17 €
EAN : 9782370551672
Paru le 30 août 2018

Où?
Le roman se déroule principalement à Istanbul en Turquie. On y évoque aussi Paris et Marseille.

Quand?
L’action se situe de 2015 à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Je rêve de chats qui tombent des rambardes, d’adolescents aux yeux brillants qui surgissent au coin de la rue et tirent en pleine tête, de glissements de terrain emportant tout Cihangir dans le Bosphore, de ballerines funambules aux pieds cisaillés, je rêve que je marche sur les tuiles des toits d’Istanbul et qu’elles glissent et se décrochent. Mais toujours ta main me rattrape, juste au moment où je me réveille en plein vertige, les poings fermés, agrippée aux draps ; même si de plus en plus souvent au réveil tu n’es plus là. »
Récit d’une femme partie rejoindre son amant à Istanbul, Le Sillon est, après Calme et tranquille (Le Tripode, 2016), le deuxième roman de Valérie Manteau.
Quitter Le Sillon, c’est avoir dans la tête un monde trépidant, violent, lourd de menaces mais aussi tellement vivant. L’histoire s’écrit ici rigoureusement au présent intime, la meilleure approche du collectif. Annie Ernaux

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
BibliObs (Jérôme Garcin)
Libération (Alexandra Schwartzbrod)
Le Devoir (Anne-Frédérique Hébert-Dolbec)
Blog froggy’s delight 
Blog Moka – Au milieu des livres
Blog Voulez-vous tourner? 


Valérie Manteau présente son roman Le Sillon © Production Librairie Mollat


Valérie Manteau dans La Grande Librairie © Production France Télévisions

Les premières pages du livre
« Sur la petite place avant les restaurants il y a un bâtiment, on dirait une église. J’y suis, je t’attends devant – c’est fou je passe ici tous les jours et je n’avais jamais remarqué ce clocher. L’essayiste Ece Temelkuran dit que notre aveuglement sélectif est la maladie de la Turquie contemporaine, me voilà donc amnésique comme une Turque. D’après elle, si on demande aux passants qui a construit toutes ces églises en plein cœur des villes d’Anatolie, saisis par l’inquiétante étrangeté de leurs silhouettes, ils botteront en touche: elles sont quasiment préhistoriques! Sainte-Euphémie de Chalcédoine: le nom est presque illisible, mais sans doute pas préhistorique. En attendant Sara, je franchis le seuil pour en savoir plus, mais à l’intérieur, tout est en grec. J’interroge internet. Wikipédia ne s’ouvre pas, bloqué depuis des mois par le gouvernement. D’autres sites contournent l’obstacle. Fondée en 685 avant J.-C. par des Grecs sur la rive sud du Bosphore, Chalcédoine vit naître sa cadette et concurrente Byzance, de l’autre côté du détroit. Les deux cités prospérèrent. Chalcédoine fut successivement Mégarienne, Perse, Macédonienne, Bithynienne, Romaine, re-Perse, re-Romaine puis Arabe, avant de passer aux mains des Ottomans plus d’un siècle avant que tombe à son tour Constantinople. Chalcédoine garda son nom grec et sa population mélangée, latine, arménienne, juive, jusqu’au début du XXe siècle. Après la dislocation de l’Empire, les Grecs expulsés en application du traité de Lausanne fondèrent en Grèce deux Néa Chalkidona orphelines: la Chalcédoine du Bosphore devint Kadiköy, «le village du juge», intégré en 1930 à la nouvelle municipalité d’Istanbul. C’est ainsi qu’à l’entrée dc son marché cohabitent aujourd’hui encore une église grégorienne arménienne et cette église grecque orthodoxe qui porte le nom d’une martyre locale du IIIe siècle, Euphémie. Décapitée, ou jetée aux fauves, ce n’est pas clair. Chaque 16 septembre, du sang est réputé s’écouler de son caveau. Les Perses tentèrent bien de brûler les reliques pour mettre fin au phénomène, mais ils n’obtinrent que davantage de sang et la sainte, intacte, aurait même accompli un second miracle quelques siècles plus tard.
Quand on s’est connues, Sara habitait ce bastion gauchiste où je vis désormais. Elle louait un grand appartement où se succédaient colocataires de court et moyen terme, locaux et étrangers, pratique encore si commune en ville, les loyers stambouliotes et les salaires turcs ayant depuis longtemps divorcé. Malgré tout, la Turquie hissait avec panache et quelques hoquets la tête hors du marasme économique du début des années 2000. L’Istanbul laïque se balançait entre deux bords et délaissait de plus en plus volontiers la rive nord du Bosphore, l’européenne engluée dans sa nostalgie, pour se saisir de l’asiatique où les cafés, les galeries, les tatouages fleurissaient. Les soirs d’été, la bière à la main, on s’installait sur les rochers de la promenade en bord de mer pour narguer en face, dans le soleil couchant, la vieille Byzance, Sainte-Sophie et la Mosquée bleue abandonnées aux touristes. On aurait dû se rappeler qu’ici parfois le ressac fait des dégâts. Pas pour rien que Zeus a cru utile de clouer Prométhée pour l’exemple à un mont du Caucase, probablement voisin de celui sur lequel Noé dans son arche se l’était tenu pour dit, en contemplant l’humanité pécheresse d’Anatolie emportée par les flots. »

Extraits
« Je rêve de chats qui tombent des rambardes, d’adolescents aux yeux brillants qui surgissent au coin de la rue et tirent en pleine tête, de glissements de terrain emportant tout Cihangir dans le Bosphore, de ballerines funambules aux pieds cisaillés, je rêve que je marche sur les tuiles des toits d’Istanbul et qu’elles glissent et se décrochent. Mais toujours ta main me rattrape, juste au moment où je me réveille en plein vertige, les poings fermés, agrippée aux draps ; même si de plus en plus souvent au réveil tu n’es plus là. »

« Puisque visiblement je suis collée à la case départ, j’en profite pour poser des questions basiques; que signifie le nom du journal, Agos. Jean fait le geste de semer des graines par poignées. Agos, c’est Le Sillon. C’était un mot partagé par les Turcs et les Arméniens; en tout cas par les paysans, à l’époque où ils cohabitaient. Le sillon, comme dans la Marseillaise? Qu’un sang impur abreuve nos sillons, quelle ironie, pour quelqu’un assassiné par un nationaliste. Jean acquiesce, si tu cherches des prophéties avec Hrant tu vas être servie. Lors d’une conférence à laquelle il avait été invité pour parler des minorités en Turquie, l’un des conférenciers, kurde, avait cru utile de rappeler que les Turcs et les Kurdes avaient en commun d’avoir combattu ensemble, et Hrant avait réagi: «De quelle paix parlons-nous, si nous fondons notre fraternité sur le sang versé ensemble? Ne pensez-vous pas que je vous demanderai à qui appartenait le sang que vous avez versé? »

« Sauf que tu n’as pas vu les gens se précipiter pour acheter son journal quand il a été abattu. Personne n’a pris la peine de traduire en dix langues Hentah pour montrer au monde quel média venait d’être décapité. Ça m’étonnerait qu’une seule chaîne de télévision européenne ait diffusé son documentaire au nom de la liberté d’expression, pourtant c’est à cause de ce film qu’il a été assassiné, faut croire qu’il n’y a que les Daechiens qui se donnent la peine de regarder le boulot des journalistes sur le terrain et de trouver que c’est important, que ça pourrait leur nuire, au point de flinguer le mec. »

À propos de l’auteur
Valérie Manteau est née en 1985. Elle a fait partie de l’équipe de Charlie Hebdo de 2008 à 2013. Elle vit désormais entre Marseille, Paris et Istanbul. (Source: Éditions Le Tripode)

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Les idéaux

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En deux mots:
Aurélie Filippetti a choisi d’oublier la politique et raconter dans un roman au goût amer combien la confrontation des idéaux à la réalité est usante. Un adieu aux armes sur fond d’amours clandestines entre un homme de droite et une femme de gauche.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Adieu la politique

Aurélie Filippetti revient au roman pour raconter une histoire d’amour entre un homme de droite et une femme de gauche. Entre convictions, combats et désillusions.

Avant d’être ministre de la Culture, Aurélie Filippetti était romancière. Les derniers jours de la classe ouvrière et Un homme dans la poche ont prouvé son talent en la matière. Aussi l’annonce de la parution de son nouveau roman a attisé ma curiosité. Une fois oublié l’aspect secondaire du petit jeu des personnages réels cachés derrière les protagonistes – Frédéric Dupuis affirme dans l’Express avoir identifié Frédéric de Saint-Sernin, ancien secrétaire d’Etat de Jean-Pierre Raffarin comme l’amoureux de la ministre et Marc Ladreit de Lacharrière, le patron de Fimalac derrière «le portrait féroce d’un autre homme, un financier matois et flagorneur, jouant les mécènes culturels pour mieux infiltrer les hautes sphères du pouvoir.» – il faut d’abord lire cet épais roman comme un témoignage, un compte-rendu détaillé et vécu des rouages du pouvoir, car on ne peut dissocier la ministre de la culture de la romancière.
Il y a d’abord ce constat douloureux que derrière l’image – la volonté affichée de la parité – se cachent des années de pratique machiste du pouvoir et cette méfiance des femmes : « on ne les laissait exister qu’ainsi, au service de… de l‘homme, du chef, du leader, de l’enfant, de la société. Elle avait été obligée d’insister et de faire plusieurs fois remarquer que la commission qui traitait des finances, du budget, qui répartissait les subventions, qui enquêtait sur l’exécution des comptes, ne comprenait que 3 femmes sur 70 membres, pour obtenir l’autorisation d’y siéger, à titre exceptionnel pour une nouvelle arrivante. Il était frappant de constater que même dans les plus hautes sphères du pouvoir les femmes étaient ainsi infantilisées, subordonnées, si rarement écoutées avec sérieux. Condamnées à un prétendu altruisme qui les enfermait. Obligées de s’enraciner dans ce que d’autres voulaient bien reconnaître en elles pour s’émanciper. Chaque parole féminine qui disait le plaisir, la gaieté égoïste, l’hédonisme ou la lutte, l’exigence, le courage, la volonté était retournée contre elles. » La scène qui raconte l’arrivée de la toute fraîche nommée ministre de la culture au Festival de Cannes est à ce propos aussi éclairante que consternante.
Il a y ensuite cette histoire d’amour aussi improbable que vraie. L’homme de droite et la militante de gauche se sont reconnus dans leur histoire familiale semblable, leur volonté de rendre à l’école de la République ce qu’elle leur a donné, ce besoin quasi viscéral de s’engager pour relayer la voix des habitants de leur circonscription respective. Ils ont construit leur amour en sachant que leur relation était impossible.
« Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs. » Mais c’est sans doute aussi ce qui entretient leur relation et l’enrichit, l’urgence d’une part et la liberté de leurs échanges d’autre part. On serait même tenté de dire enfin un moment où la confrontation des idées peut avoir lieu tant les blocages, les compromis – pour ne pas dire les compromissions – sont légion. Pourtant la ministre et ses amis proches avaient promis de ne pas abandonner les leurs, compagnons de lutte en Lorraine durement frappés par l’abandon du charbon et de l’acier, sachant pertinemment que «s’ils perdaient de vue cette exigence, ils se perdraient eux-mêmes.» Ce qui a fini par arriver… Même si, avant de rendre les armes, la ministre a voulu trouver dans sa circonscription de quoi se ressourcer et rebondir. Mais au temps des campagnes médiatiques et des réseaux sociaux, on a tôt fait de juger sans même l’esquisse d’un procès à armes égales.
Il faut lire ces pages qui racontent le quotidien, la confrontation avec les fonctionnaires des cabinets ministériels puis celle avec les ouvriers que l’on avait assuré de leur soutien pour comprendre ce qu’est l’usure du pouvoir. Et trouver entre les lignes quelles souffrances peuvent endurer celles et ceux qui entendent ne pas renier leurs idéaux, fut-ce au prix d’une demi-victoire.
En saluant la romancière, on ne peut toutefois s’empêcher de lire entre les lignes le constat d’un grand gâchis. Quand tout le système, les énarques, le Premier ministre et le Président choisissent de renoncer aux promesses – y compris après les attentats – pour un «pragmatisme» qui n’a plus rien à voir avec Les idéaux.

Les idéaux
Aurélie Filippetti
Éditions Fayard
Roman
448 p., 21,50 €
EAN : 9782213709444
Paru le 22 août 2018

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris, mais aussi en province et notamment en Lorraine. On y évoque aussi une escapade amoureuse en Italie, à sienne, Arezzo, Sansepolcro et des promenades au bord de la Dronne dans le Sud-Ouest de la France.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Rapidement ils ont décidé que l’amour n’était pas fait pour eux.
Se plaire, se désirer, se retrouver en secret, oui. Mais s’aimer ?
Son père à elle est tombé d’un échafaudage ; son père à lui est tombé au champ d’honneur. Elle est hantée par les voix de tous ceux qu’on n’entend jamais, ceux qui peinent, qui travaillent, mais que le dévoiement des mots « mérite » et « réussite » réduira bientôt à « ceux qui ne sont rien ». Lui est habité par l’amour de sa province comme par la certitude de sa légitimité à parler en son nom, à veiller sur elle comme dans les légendes les chevaliers veillaient sur les faibles.
Ils se sont connus à l’Assemblée nationale. Députés tous les deux. Et – forcément – de deux camps opposés. Mais ils n’ont pas pu résister à l’attrait qu’ils avaient l’un pour l’autre.
Ici ce sont moins leurs familles, fussent-elles seulement politiques, Capulet et Montaigu sur les bancs du Palais Bourbon, qui entravent leur relation, que leurs propres convictions. Combien de temps dure l’attirance des corps quand les esprits s’entrechoquent ?
Traversant les affres inévitables liées à leur fonction, ils tirent pourtant de leur liaison clandestine une étrange force, un devoir de tolérance qui les rend plus libres.
Leur rencontre serait-elle le dernier lieu de la politique? D’une confrontation qui ne dégénérerait pas inévitablement en affrontement? Ne partagent-ils pas, au fond, une même conception démodée, en voie de disparition, du service de l’État ? Ou l’amour qu’ils croyaient interdit, sans qu’ils s’en aperçoivent, s’en est-il quand même mêlé?
Dans ce roman d’amour pas comme les autres, captant les regards, les frôlements de corps, les doutes, elle rend à l’exercice de la politique une dimension sensible et humaine, que menacent la froideur des calculs tactiques, du carriérisme et de l’individualisme érigé en vertu.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
Actualitté (Nicolas Gary)
BibliObs (Didier Jacob)
Libération (Portrait – Luc Le Vaillant)

Les premières pages du livre
« Partie 1
Dix ans d’attente
Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible.
Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.
Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.
– J’ai pensé à toi.
Il travaillait avec bonne humeur, entouré de l’affection des siens, dissimulant sous l’autodérision l’arrogance de ceux qui se croient un destin, satisfait d’avoir déjà accompli beaucoup de ce que la vie peut donner. On aurait pu les dire enfants gâtés de la République si une fêlure n’abîmait leur belle assurance. Ils ne s’en parlaient pas, mais le tricolore recouvrait une blessure. Ils savaient s’en montrer reconnaissants, sans se draper dans l’exaltation d’un étendard qui leur tenait simplement chaud, et ça leur suffisait. Elle en éprouvait une gêne légère, presque une pudeur. Ce drapeau n’était pas de naissance pour elle, et elle abhorrait les relents nationalistes auxquels il pouvait donner prétexte, mais, pour les siens, il avait d’abord incarné une conquête, un espoir, et cela forçait le respect. Il représentait le rêve réalisé de la liberté et de l’égalité, et elle avait envie de se battre pour qu’il le reste. Entre le rouge de la lutte et le bleu du droit, elle imaginait les traces de pas, sur la neige immaculée, de ceux qui traversaient les montagnes, à pied, pour parvenir jusqu’ici, les yeux de ceux qui s’entassaient dans des camions sauvages pour affronter la nuit, la peur des embarqués de fortune sur des flottilles de papier. Pour eux, comme pour sa famille, ses parents, ses grands-parents, la page avait d’abord été blanche. Alors il lui serrait le cœur, cet étendard ; elle en connaissait trop le prix, c’était souvent celui du linceul.
Les générations précédentes s’étaient battues pour avoir le privilège de mourir, non pas pour lui, mais pour ce qu’il représentait : l’égalité. Elle continuait de penser que s’il y avait une chose qui définissait son pays, plutôt que ses frontières, c’était une volonté de justice. Elle remerciait ces étrangers dépenaillés et hagards, à bout d’espérances, de continuer à faire vivre par leurs rêves un peu de cet idéal, quand tant d’autres ici même avaient renoncé à lui être fidèles. Si peu d’années séparaient ceux qui étaient dans leurs droits de ceux qui ne l’étaient pas : la raison ne peut se satisfaire d’une telle contingence.
Lui se laissait parfois aller à des épanchements patriotiques : pour lui, la terre, c’était l’origine de tout, le sens de sa présence dans un décorum généalogique que son ironie lui aurait fait trouver ridicule autrement. Il revendiquait la légende des siens, celle de lointains chevaliers chargés de protéger leur peuple, il croyait en la charité et au bien. Il avait la foi. C’était, selon lui, à travers un pays que l’homme se dépassait, transcendait sa condition, rejoignait ses pères et ses frères pour faire résonner le collectif au cœur de l’intime. Les aînés, la lignée étaient là, qui veillaient. Loin des hoquets du moment et des partis pris de circonstance, des soubresauts qui n’inscriraient pas même une éraflure sur le mur de l’histoire, il entendait maintenir un lien avec des valeurs plus hautes, une mystique plus ancienne, un engagement plus profond. Cela justifiait bien des choses, en somme.
C’est qu’elle leur avait beaucoup pris, aussi, la France.
Si l’on cherchait ce qui rendait leur engagement si entier qu’ils ne pouvaient envisager de vivre sans chercher d’une manière ou d’une autre à participer à des combats plus grands qu’eux, il fallait regarder ce qu’ils voulaient dissimuler d’eux-mêmes derrière cette ambition.
Un arrachement originel était leur clef intime. Le sacrifice initial des tombés au champ d’honneur dont ils allaient fleurir les tombes silencieuses. Ils étaient poursuivis par le regret des bonheurs d’enfance décapités.
C’était loin derrière eux, pourtant. Mais alors pourquoi sentaient-ils encore la brûlure de la plaie, et avaient-ils eu besoin de parachever les histoires amputées de ceux qui les avaient précédés, de les poursuivre dans l’illusion que cela leur donnerait accès à une forme de réconciliation avec le monde? »

Extraits

« Elles étaient condamnées à s’engloutir dans les fonctions -affaires sociales, éducatives, santé -qui les ramenaient sans cesse à In relation à l‘autre; on ne les laissait exister qu’ainsi, au service de… de l‘homme, du chef, du leader, de l’enfant, de la société. Elle avait été obligée d’insister et de faire plusieurs fois remarquer que la commission qui traitait des finances, du budget, qui répartissait les subventions, qui enquêtait sur l’exécution des comptes, ne comprenait que 3 femmes sur 70 membres, pour obtenir l’autorisation d’y siéger, à titre exceptionnel pour une nouvelle arrivante. Il était frappant de constater que même dans les plus hautes sphères du pouvoir les femmes étaient ainsi infantilisées, subordonnées, si rarement écoutées avec sérieux. Condamnées à un prétendu altruisme qui les enfermait. Obligées de s’enraciner dans ce que d’autres voulaient bien reconnaître en elles pour s’émanciper. Chaque parole féminine qui disait le plaisir, la gaieté égoïste, l’hédonisme ou la lutte, l’exigence, le courage, la volonté était retournée contre elles. Elles, condamnées à aimer, à donner, à ne pas profiter, à ne jouir que dans le sacrifice et dans l’oubli d’elles-mêmes, ou au contraire dans l’image de leur frivolité sans cesse exhibée. Leurs révoltes finissaient par les étouffer comme un boa. »

« Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible.
Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.
Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre. »

« Ses grands-parents à elle étaient arrivés en France dans les exils de la misère. Paysan, bracciante, journalier, son grand-père avait trimé sur les échafaudages des grands barrages avant que l’un d’entre eux ne s’écroule, entraîné par l’effondrement d’une grue. La nationalité des morts faisant visiblement une différence, il n’y eut pas d’indemnités pour son accident du travail. Son père était mort d’une maladie professionnelle liée à l’incurie des directeurs d’usine quant à l’air qu’ils faisaient respirer à leurs ouvriers. Comme souvent ne restent que les mères, il lui resta la sienne. Elle éleva ses filles pour qu’elles obtiennent ce dont elle avait été privée, un diplôme et l’indépendance. Elle était sans indulgence pour le dilettantisme scolaire, un luxe de gosses de riches, et exigeait de ses enfants un effort de chaque instant. Elle vivait dans la hantise que ses filles se fassent prendre trop vite au piège du mariage, dans la terreur qu’elles lui sacrifient leurs études, leurs carrières possibles. Pour échapper à la fatalité d’un destin écrit d’avance, elle voyait une issue et une seule : la promesse qu’elle pouvait lire au fronton de la façade de l’école, où elle les accompagnait le matin. La devise républicaine les accueillait avec une solennité austère, sans phrase ni verbe, juste trois principes inséparables, d’une dureté révolutionnaire qui ne souffrirait aucune contestation. Ces mots s’adressaient à elle, offraient l’assurance d’une justice, quelque part, ce quelque part étant là, entre les murs de ces salles de classe. Il n’y avait pas à attendre de paradis lointain pour compenser les souffrances endurées ici-bas. Il suffisait de serrer la main des enfants très fort, de les pousser en avant, et de les laisser marcher seuls, hésitants, jusqu’à la porte de l’école. Ensuite, tout irait bien. On travaillerait le soir à la maison, on ne ferait pas de bruit, la table serait débarrassée pour laisser place aux cahiers : elle éteindrait la télé et se mettrait dans un coin pour lire les livres choisis pour elle par l’aînée. »

À propos de l’auteur
Romancière (Les derniers jours de la classe ouvrière, Stock, 2003 ; Un homme dans la poche, Stock, 2006), Aurélie Filippetti a été députée et ministre de la Culture. (Source : Éditions Fayard)

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Il n’y a pas d’internet au paradis

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En deux mots:
Le drame du harcèlement professionnel en entreprise trouve une illustration dans l’histoire du suicide d’un cadre informatique et dans l’entreprise de reconstruction auquelle est confrontée son épouse, la narratrice du roman.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Il n’y a pas internet au paradis
Gaëlle Pingault
Éditions du jasmin
Roman
224 p., 19,90 €
EAN : 9782352842200
Paru en septembre 2017

Où?
Le roman se déroule en France.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Gentiment bourgeois bohèmes sans être tout à fait dupes, Alex et Aliénor s’aiment, envisagent de faire un enfant ou deux, et de se déconnecter d’un monde qui va trop vite. Mais la Grande Entreprise en a décidé autrement. À coups de réorganisations, elle consomme de l’être humain comme une machine du carburant : sans états d’âme.
Entre chagrin et souvenirs, la colère d’Aliénor monte contre l’entreprise, mais aussi contre Alex, à qui son amour n’a pas suffi pour continuer à vivre. Et puis le deuil se fait, Aliénor commence une existence nouvelle, un peu hésitante, avec une seule certitude : face à l’adversaire, il ne faut pas plier.
Sans rien masquer de la souffrance de son personnage, l’écriture enlevée, touchante et drôle de Gaëlle Pingault réussit à tenir à distance la cruauté des entités déshumanisées pour laisser à l’individu toute la place, car en continuant à chercher son paradis sur cette Terre et dans cette vie, il est le seul grain de sable capable de gripper la machine.

Ce que j’en pense
« Tu disais : « Il n’y a pas Internet au paradis ». La formule t’était venue un jour, en vacances. Nous prenions le soleil dans un joli coin de bord de mer, en Bretagne Nord oui, j’ai bien dit « soleil » et « Bretagne Nord » dans la même phrase, particulièrement mal couvert par les réseaux de téléphonie mobile. Nous nous sentions un peu seuls au monde, ce qui était un comble vu le nombre de touristes qui arpentaient les rues du village. Mais nous étions loin des contraintes, et nos téléphones n’avaient pas suffisamment de peps pour nous les rappeler. Après un jour ou deux de cure de désintoxication express, ce furent des vacances parfaites.
Un soir de ces vacances idylliques, tu m’as dit: « Il n’y a pas Internet au paradis. » j’étais un peu partie, je crois, la faute aux mojitos à tomber par terre d’un petit pub hautement sympathique où nous traînions souvent le soir. La musique y était bonne. Ceci expliquait cela. »
Cette jolie formule, qui donne son titre à ce premier roman et qui est expliquée dans ce passage, révèle avec beaucoup de pudeur et un peu de poésie le drame que vit Aliénor. Son mari Alex s’est suicidé et ne lui adressera ni courriels, ni SMS. Pas plus qu’il ne concrétisera leurs projets communs, comme cette envie de retrouver la campagne et un rythme de vie différent. Alex n’aura pas supporté la pression de son entreprise et particulièrement celle de son supérieur répondant au doux nom de «Boucher». Au fil des pages, le lecteur va découvrir comment le harcèlement professionnel peut conduire à de telles extrémités, mais aussi combien le système peut défendre ces cadres supérieurs que personne n’ose nommer appeler assassins. Et pourtant…
Voici donc Aliénor qui nous raconte les jours heureux, leur vie de couple, mais aussi le poids de l’absence et les doutes qui s’emparent d’elle: «Je ne sais pas si je vais savoir faire ma vie sans toi. Recommencer officiellement à vivre, sortir du no man’s land tolérable après ton décès.» L’envie de mettre les coupables devant leur responsabilité et surtout la culture (une rencontre en librairie, la visite d’une exposition d’art) vont toutefois lui permettre de rebondir et de transformer cette histoire violente et douloureuse en un roman de la résilience pour ne pas dire de la renaissance.
Gaëlle Pingault écrit sur le fil du rasoir et réussit le tour de force, pour un premier roman, de nous confronter avec une actualité brûlante. À l’image de ces informations que distille la radio au fil des jours et qu’Alex aimait bien commenter – et qui parsèment le livre – elle offre ainsi au lecteur le miroir de notre société et de ses dérives.

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Extrait
« Sait-on seulement à quel point il est facile de détruire des hommes ? Des êtres sans histoire et sans fêlure particulière ? Des hommes solides, bien campés sur leurs jambes, qui en ont déjà vu dans leur vie et à qui on ne la fait pas ? Des hommes au clair avec eux-mêmes et bien dans leurs pompes ? Je ne suis pas sûre que tout le monde ait bien conscience du degré de vulnérabilité de l’être humain. Peut-être, sans doute, est-ce aussi bien ainsi. Au moins, ceux qui n’ont pas connaissance de cet état de fait ne tentent pas d’en jouer. Juste pour le fun, tiens, pour faire mumuse, essayons de bousiller untel. Ce qui est terrifiant, c’est qui si ça nous prenait, on y arriverait. Nous sommes tous des bourreaux en puissance. »

À propos de l’auteur
Nouvelliste, et maintenant romancière, animatrice d’ateliers d’écriture, orthophoniste, bretonne. Et réciproquement, ou l’inverse. Ça dépend du sens du vent. Celui que je préfère, moi, c’est le noroît qui claque. Pas très sérieuse, enfin pas trop, parce que la vie est trop courte pour ça. Déjà 40 ans de passés, c’était bien, merci. Barman, vous m’en remettrez le double, s’il vous plaît ? Un homme, une petite fille de moins en moins petite, la mer à 50 km: triangle parfait, équilibre atteint. (Source: Éditions du Jasmin)

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