Mille soleils

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En deux mots:
Wolfgang, Vadim, Simon et Alexandre vont être victime d’un accident de voiture sur les pistes d’Argentine. Un choc terrible qui va faire vaciller leurs certitudes et leur rapport à la vie.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Voyage au bout de l’enfer

Une journée particulière pour quatre hommes, victimes d’un accident sur les routes argentines. Un huis-clos bouleversant.

7h 35. Une journée pas tout à fait comme les autres commence pour Wolfgang, Vadim, Simon et Alexandre. Les quatre hommes se retrouvent pour rejoindre Mendoza où un avion doit les mener jusqu’à Buenos-Aires. Au fil des pages, nous allons découvrir le parcours de chacun d’eux, les liens qu’ils ont noués, leurs projets respectifs. Vadim, chercheur en physique des particules, prend le volant aux côtés d’Alexandre qui a installé les panneaux solaires du centre de recherche. Avec eux voyagent aussi Wolfgang, un astrophysicien, «spécialiste des noyaux actifs des galaxies et des rayons cosmiques» ainsi que Simon, chargé de rédiger un article sur les rayons cosmiques pour le CNRS. « Ils sont partis à 8h 30. Ils avaient 450 kilomètres de route à parcourir, dont 200 km de piste. Ils viennent de passer la borne rouge et blanc qui indique le kilomètre 3456 de la route qui symbolise l’Argentine tout entière, et traverse le pays sur 5224 kilomètres, de l’extrême sud de la Patagonie jusqu’à la provience de Jujuy à la frontière bolivienne: la route 40.»
Rien de particulier à signaler durant la première heure de route, si ce n’est la vitesse de croisière de Vadim, un peu trop rapide pour cette piste empruntée par le Paris-Dakar un mois plus tôt.
À 9h 21, ils croisent une routarde hirsute qui a campé sur le bord de la route et qui leur adresse un petit salut auxquelles nos machos répondent par un nuage de poussière. Mathilde, sur laquelle nous reviendrons, s’en souviendra.
À 9h 23 min 58 s « C’est la fin du voyage. La voiture bondit. Elle sort de la piste, elle pulvérise des cailloux sur le bas-côté et le choc brutal renverse instantanément le Suzuki. Il part en tonneaux. A l’instant qui précède le premier impact, Alexandre essaie de se tenir à la poignée du plafonnier et Wolfgang et Simon sont suspendus, en lévitation au-dessus de leurs sièges, les yeux mirés sur la trajectoire erratique de la voiture. Personne ne prononce le moinde son, pas de houlà, pas d’insulte, pas de putain, pas de merde, pas le temps.
Après le premier choc d’une violence extrême, la voiture se met à tourner sur elle-même dans le sens des aiguilles d’une montre. Elle frappe d’abord sur le côté droit de l’habitacle, du côté d’Alexandre et de Wolfgang. Dans un bruit de tôle froissée, elle cogne cinq, six, sept fois le sol désertique. »
Le roman prend alors une toute autre dimension. À compter du moment où on voit la mort de près, on est un autre homme. Il y a cet instinct de survie, ce besoin de bouger pour voir si la mécanique répond toujours, l’envie de se confier ou encore, la névessité de laisser un message, de donner une image de soi plus juste.
Alexandre, sur son brancard, théorise sur les femmes qui sont passées dans sa vie, sur l’amour «qui existe puisqu’on l’a inventé» et pense à Léna qu’il a rencontré sur la route. Ne se fourvoie-t-il pas avec son besoin maladif d’être aimé ? «Ne pourrait-on pas vivre heureux sans amour, concentré sur ses tâches, libéré des baisers ?»
Wolfgang, quant à lui, n’est pas surpris outre mesure. Cela tient sans dout edu miracle qu’à 58 ans il soit encore en vie, car il a failli perdre la vie à de nombreuses reprises, à commence rpar le jour de sa naissance ! De là vient sans doute aussi son goût pour la rêverie solitaire.
Simon ressemble le plus à l’auteur qui confiera qu’il a aussi été victime d’un accident en Argentine : « Il y a eu un mort, j’étais vraiment à la place à côté du mort et j’ai vraiment marché des kilomètres. »
Parti chercher des secours, il va croiser Mathilda qui, elle, a choisi sa galère. « À 59 ans, un beau jour de novembre, Mathilda n’est pas rentrée chez elle. Elle a laissé deux messages brefs, un à son mari (« ne me cherche pas ») et un à ses enfants (« je vous aime »). Elle a vidé son compte en banque, elle s’est acheté de nouveaux vêtements, elle a pris un billet d’avion pour Anchorage, loué une voiture, vivoté de motel en motel pendant quelques semaines, avant de devenir l’heureuse propriétaire d’un vélo VTL de marque Raleigh avec lequel elle a parcouru du nord au sud, de l’Alaska à l’Argentine, pas loin de 13000 kilomètres. Elle en a bavé. »
La confrontation des parcours respectifs des protagonistes est saisissante. Jusqu’à 22h 10, au terme de cette journée quelques certitudes vont vaciller, quelques itinéraires vont dévier de leur trajectoire.
Si nous sommes ici dans un registre totalement différent des souvenirs d’enfance d’Un parfum d’herbe coupée, on retrouve cette faculté de l’auteur à raconter des histoires, également présente dans Le goût du large. Une jolie performance, surout lorsque l’on sait que parallèlement Nicolas Delesalle s’est beaucoup investi dans le lancement de l’ebdo, en kiosque ce 12 janvier, un «journal d’information, sans pub, indépendant et inspirant» a qui nous souhaitons également bon vent !

Mille soleils
Nicolas Delesalle
Éditions Préludes
Roman
256 p., 15,60 €
EAN: 9782253107873
Paru le 10 janvier 2018

Où?
Le roman se déroule en Argentine, sur la route menant de Malargüe vers Mendoza. On y évoque aussi Paris, Anchrorage, l’Allemagne, Johannesburg, le Pérou, la Bolivie, Venise et Yakoutsk, «la ville la plus froide du monde».

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Ils sont quatre, réunis en Argentine par le travail et des passions communes. Vadim le taiseux aime la physique des particules, et le bel Alexandre a installé des panneaux solaires sur les 1 600 cuves de l’observatoire astronomique de Malargüe. Avec ses yeux clairs, Wolfgang est un astrophysicien rêveur, spécialiste des rayons cosmiques d’ultrahaute énergie. Quant au jeune Simon (qui consulte toujours Clint Eastwood avant de se décider), il doit écrire un article sur ces rayons pour le CNRS. Ils ont quelques heures pour parcourir 200 kilomètres de piste et prendre leur avion à Mendoza. Pourtant, en une seconde, leur existence va basculer.
Que faire quand le drame survient et que, du haut d’un volcan, seul le ciel immense de la pampa vous contemple ?
Avec ce huis clos à ciel ouvert, Nicolas Delesalle signe une histoire d’une intense émotion parcourue de paysages sublimes, d’instants tragiques mais aussi d’humour et de poésie. Un roman envoûtant, qui reste longtemps en tête une fois le livre refermé.

Les critiques
Babelio
Berthine magazine (entretien avec l’auteur)
L’Etudiant autonome
Blog Libellule livresque


Nicolas Delesalle présente son ouvrage Mille Soleils © Production Librairie Mollat

Les premières pages du livre
« Réveil, douche, serviette, caleçon, jean, tee-shirt, chaussures, lacets, petit déjeuner. Une tartine, un café. Quelques mots échangés du bout des lèvres. Il est trop tôt. L’homme est une esquisse au réveil, un brouillon. Brossage de dents face au miroir. Observation de la mise. Se regarder sans se voir. La valise est prête : trois chemises sales, deux tee-shirts sales, cinq caleçons et paires de chaussettes sales, un jean louche, un pull propre, deux bouteilles de vin argentin, une trousse de toilette, un rasoir mécanique, de la mousse fraîcheur mentholée, une brosse à dents souple, profilée comme la coque d’un voilier de course, un tube de dentifrice, un flacon de parfum, un déodorant, un coupe-ongles. Les draps sont froissés, roulés en boule. Laisser la chambre d’hôtel sans espoir de la revoir. Oublier un livre dans les toilettes. Un dernier regard pour dire mentalement adieu aux objets, le lit deux places en bois sombre, la lampe de chevet à l’abat-jour jaunâtre, le parquet qui craque, le faux tapis persan bon marché, la grande armoire massive en bois de peuplier, le plafond bleu indigo. Sortir. Un couloir, deux bibelots : un vase en laiton et une statuette de femme accroupie et lasse. La porte blanche de la maison est déjà entrouverte. Le chemin est dallé. Les sacs sont lourds. Chargement dans le coffre, en bon ordre. Monter en voiture. S’asseoir confortablement. Étendre ses jambes. Le voyage sera long. Les portières claquent. Une clé s’enfonce dans la fente prévue à cet effet. Compression, essence, étincelle, explosion. Le moteur démarre. Des gens dehors disent au revoir. Ils sourient. Les mains se dandinent de gauche à droite, de droite à gauche. La voiture s’ébroue, tousse comme un fumeur à l’aube, puis trouve sa voix et traverse la ville endormie. Ici ou là, une insomnie éclaire la fenêtre d’une maison basse sans toit. Grande ligne droite, vieil asphalte des années 1960 ou 1970, granuleux, couvert de rustines de bitume plus foncé. De moins en moins de maisons et de lampadaires. Ça y est. La ville est loin derrière, petit éclat qui s’estompe peu à peu. Les phares fendent la nuit en deux blocs d’encre noire. Dans le ciel, les galaxies des Nuages de Magellan ont disparu depuis longtemps. La route tire de longs segments au milieu d’un désert de terre craquelée, de crottin de cheval et de broussailles. Lentement, une lueur pâle et violacée se hisse à l’est, elle gonfle, elle gomme les étoiles une par une, et elle embrase l’horizon. Et puis, après quelques minutes de vide, il se passe quelque chose. La journée change de nature. À partir de cet instant-là, chaque seconde compte, celle d’avant, celle d’après et toutes les autres. »

À propos de l’auteur
Né en 1972, grand reporter à Télérama pendant quinze ans, directeur de l’ouvrage Télérama 60 ans publié aux Arènes, Nicolas Delesalle est l’auteur d’Un parfum d’herbe coupée et du Goût du large. Mille soleils est son troisième roman. Il est à présent rédacteur en chef d’Ebdo. (Source : Éditions Préludes)

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N’oublie rien en chemin

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En deux mots:
Rivka vient de décéder, laissant à sa petite-fille une lettre et ses carnets de moleskine. À leur lecture, Sandra va éclairer les zones obscures de l’histoire familiale et découvrir qu’il n’y a pas de hasard.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

N’oublie rien en chemin
Anne-Sophie Moszkowicz
Éditions Les Escales
Roman
176 p., 16,90 €
EAN: 9782365692687
Paru en mai 2017

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Lyon et à Paris.

Quand?
L’action se situe de nos jours. On y évoque aussi 1997 ainsi que la Seconde guerre mondiale.

Ce qu’en dit l’éditeur
À la mort de sa grand-mère qu’elle adorait, Sandra, quarante ans, se voit remettre des lettres et des carnets de son aïeule. Rivka y livre un témoignage poignant sur sa jeunesse dans le Paris de l’Occupation, les rafles, la terreur, le chaos. Mais il y a plus. Par-delà la mort, la vieille femme demande à sa petite-fille d’accomplir une mission.
Une mission qui obligera Sandra à retourner à Paris, ville maudite, sur les traces de son amour de jeunesse, Alexandre. Un homme étrange, hypnotique et manipulateur dont Sandra ne pensait plus jamais croiser la route… Pour elle, l’heure est venue d’affronter ses démons.
Avec délicatesse, Anne-Sophie Moszkowicz brosse le portrait d’une famille prise dans les tourments de l’Histoire et nous entraîne dans les dédales de la mémoire.

Ce que j’en pense
Sandra, la narratrice de ce roman, va soudain se voir confrontée à son passé ainsi qu’à celui de sa famille. À quarante ans, mariée, mère de trois filles et menant une vie sans histoires dans un bel appartement de Lyon elle est destinataire d’un courrier posthume de sa grand-mère adorée. Une lettre qui résume le propos du livre et en explique le titre: « Je n’ai jamais voulu m’épancher en grands discours, mais, vois-tu, je ne peux me résoudre à ce que tout disparaisse avec moi. Tu trouveras dans cette enveloppe le récit chronologique des événements qui ont constitué ma longue vie. Tu y liras les étapes de ce destin aux sinuosités incroyables qui aura été le mien. De la bête traquée que j’étais à mes vingt ans à la grand-mère respectée, il y aura eu un sacré chemin parcouru, j’en ai bien conscience, malgré l’amertume qui n’a jamais pu me quitter. Bien sûr, tu ne mémoriseras pas tout et beaucoup de choses ne seront d’ailleurs pas dignes d’intérêt. Pardonne-moi d’avance. Mais plus que transmettre, il sagit pour moi de consigner. Consigner les choses. Consigner les choses, les faits, les noms des rues et des gens qui ont compté au cours de mon existence. Un peu comme toi et tes petits Moleskine… J’ai toujours eu la même manie que toi, tu le sais, et le jour est venu de te donner les miens, écrits tout au long de ma vie. Ils ont été mes confidents, quand parler m’était impossible. Tu en trouveras aussi trois neufs pour toi. Vois-tu, j’ai besoin de savoir que la vie continuera après et que l’on ne cessera de remplir des Moleskine. Tu les rempliras plus vite que tu ne le penses.
Voilà ma chérie, je te quitte sur ces mots. Sache que je suis très fière de toi, très heureuse d’avoir connu tes merveilleux enfants. Continue sur cette voie car je ne doute pas qu’elle soit la bonne et n’oublie rien en chemin, ni remords ni regrets. J’espère que ces carnets que je te laisse te permettront d’apprendre sur toi aussi, et sur la vie en général. »
En refermant cette lettre bouleversante, nous voici conviés à remonter le temps, à suivre le parcours de Rivka et son combat contre les forces obscures, mais aussi celui de cette relation privilégiée avec sa petite-fille quand «ne comptaient que les heures passées à discuter, dormir, visionner des films, écouter le silence du vide».
Car Sandra rêve, s’imagine un destin et se voit héroïne d’une histoire exaltante. Elle quitte Lyon et son ami Paul, sage, attentionné et raisonnable, pour Paris où l’attend Alexandre, fougeux, imprévisible et torturé et se voit bien continuer ce parcours entre deux pôles qui ont chacun leurs attraits: «tous deux me satisfaisaient, l’un pour son immédiateté, l’autre pour sa solidité. L’éphémère, le durable». Seulement voilà, il arrive toujour sun moment où la dure réalité, le poids du réel vient se heurter aux constructions illusoires. Où il faut faire un choix.
Un lourd secret va ici faire voler en éclats cette double vie et relier ene fois encore la grand-mère à la petite-fille.
Anne-Sophie Moszkowicz a choisi pour son entrée en littérature de retracer un épisode douloureux de la Seconde Guerre mondiale. À l’instar de plusieurs autres auteurs de sa génération, elle a ressenti la nécessité impérieuse en cette période troublée, de ne rien oublier en chemin. Un roman très émouvant construit de main de maître. Bref, une jolie réussite!

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Anne-Sophie Moszkowicz lit un extrait de son premier roman N’oublie rien en chemin © Production Les Escales

Les premières pages du livre
« Je n’étais pas retournée à Paris depuis l’automne 1997. La dernière fois, je n’avais pas vingt ans et je commençais des études de droit que je ne finirais jamais.
Octobre, novembre, décembre. Trois mois en tout et pour tout, passés là-bas. Cela pouvait sembler court. C’était juste assez pour disparaître. Le temps d’une rencontre, d’un étourdissement et d’une subite envie de tout envoyer en l’air.
Si on s‘y prend bien, on peut faire beaucoup de dégâts en trois mois. Il suffit de croiser un autre chemin et de se demander à quoi ressemblerait sa vie si on bifurquait. Un dernier caprice. On a vingt ans et voilà qu’un regard fasciné vous attrape dans ses filets. Dans le fond, la tentation est toujours trop grande. Si personne ne vous retient, la vie bascule sans que vous puissiez faire marche arrière. J’avais eu cette chance.
Vingt ans après, je débarrasse la table du dîner dans notre appartement lyonnais. Vingt ans après, il y a nos trois filles endormies, et nos oreilles résonnent encore des rires et des pleurs et des jouets qui tombent. Nous nous racontons nos journées à voix basse pour ne pas les réveiller. Paul passe l’éponge sur la table de la salle à manger et je goûte ces dernières minutes paisibles, ce bonheur insouciant, le calme des maisons où les enfants dorment enfin, le frottement régulier d’une éponge sur la toile cirée et la douceur du regard bienveillant d’un mari.
Les jours avaient coulé naturellement pendant vingt ans. Je n’y pensais plus. Ou très peu. Parfois, des souvenirs me revenaient par fragments, mais très vite, le présent se chargeait de les diluer. Avec sa cadence effrénée, le quotidien balayait tout. Il y avait toujours un goûter à préparer, les prochaines vacances à organiser, des plans à terminer pour la maison d’un client. Le passé n’était plus rien devant la fluidité du présent qui m’entraînait sans cesse vers l‘instant d’après. Ces trois mois à Paris semblaient de plus en plus loin, de plus en plus flous… Jusqu’à la lettre de Rivka.
Il avait suffi d’un instant pour que ces souvenirs enfouis refassent surface, plus réels que jamais. »

Extrait
« Beaucoup croient que le pire a eu lieu pendant la guerre. C’est sans doute vrai. Mais l’enfer se poursuivait souvent bien après la fin de la traque. Il fallait rentrer. Où? Retrouver sa famille. Quelle famille? Reconstruire une vie. Que signifiait ce mot? Il fallait tout réapprendre, tout reprendre à zéro, les poches vides, les familles décimées et le cœur en morceaux. Le retour offrait bien des mauvaises surprises, et même si les ressources étaient depuis longtemps épuisées, on n’avait jamais fini d’être un survivant. Plus encore, il fallait revenir parmi eux, eux les traîtres, les indifférents, les complices, ceux qui avaient simplement eu peur, ceux qui avaient fermé les yeux et serré les dents. Pouvait-on les blâmer pour ça? Il est des moments de l’Histoire où tout mériterait de disparaître sous terre. »

À propos de l’auteur
Née à Nice en 1984, Anne-Sophie Moszkowicz vit aujourd’hui à Paris, où elle travaille dans l’édition. Sa famille lui a transmis deux choses: l’importance de la mémoire et la passion des mots. A l’heure de fonder sa propre famille, ses racines la rattrapent. L’écriture s’impose alors à elle. N’oublie rien en chemin est son premier roman. (Source: Éditions Les Escales)

Page Facebook de l’auteur 

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Parmi les miens

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En deux mots:
Victime d’un grave accident de voiture, une femme est dans le coma. Autour d’elle son mari et ses enfants sont sous le choc. Vient alors le temps des questions…

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

Ma mère, cette inconnue

Une fratrie et un mari se retrouvent face à une mère et épouse victime d’un grave accident. Désormais chacun est seul face à cette vie qui ne tient qu’à un fil.

 

« Il y a peu de choses que je n’acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie. » Dès la première phrase du premier roman de Charlotte Pons le lecteur est happé par une histoire à forte teneur dramatique, par une tragédie qui change à jamais ceux qui y sont confrontés.
Je me souviens d’un repas de famille et de ce moment particulier où, après avoir épuisé les banalités, les commentaires sur l’actualité et les dernières histoires drôles nous en somme svenus à parler de la mort. Je me souviens notamment de ma mère nous priant de «la laisser partir» si jamais elle ne devait plus avoir sa tête. Je me souviens exactement de cette phrase : «Je ne veux pas finir comme un légume».
Je me souviens aussi du regard que nous avions échangé entre mes frères et ma sœur, mélange de crainte de nous retrouver un jour dans cette situation et d’interrogations sur l’attitude que nous aurions alors.
Voilà qui explique sans doute combien le personnage de Manon, l’aînée de la fratrie imaginée par la romancière et narratrice de ce drame intime m’a touchée. Un coup de fil de sa sœur l’avertit que sa mère a eu un grave accident et qu’elle doit sans tarder venir les rejoindre à l’hôpital de sa ville natale. Durant les cent cinquante kilomètres de trajet elle a à peine le temps de concevoir la situation, entre douleur et incompréhension.
En retrouvant son père, son frère Gabriel et sa sœur Adèle, en comprenant que si sa mère sort du coma elle ne sera ce «légume» tant redouté, elle trouve une seule issue pour évacuer la douleur, lâcher cette phrase définitive: autant qu’elle meure.
« J’avais dû le dire à voix haute car dans le regard de mes frère et sœur, j’ai lu l’effroi, j’ai deviné le gouffre qui menaçait toujours de surgir entre nous. Nos liens étaient si ténus. Mais que croyaient-ils ? Que nous avions les épaules pour cela? Affronter l’humanité de notre mère dans ce qu’elle avait de plus vain. Un corps, juste un corps. Qui se dégrade et que l’on maintient en vie coûte que coûte. Je ne pouvais pas, s’agissant de maman, imaginer l’œil vide et mort qu’elle nous jetterait lorsqu’on lui donnerait la becquée, imaginer les soliloques que l’on tiendrait en espérant qu’un mot l’atteigne. »
Pourquoi Manon prend seule ce poids sur ses épaules? Parce qu’étant l’aînée, elle se sent investie d’une mission ? Parce qu’elle ne se rend pas compte que pour son père et sans doute ses frère et sœur, il y a des circonstances dans lesquelles il vaut mieux essayer de nier la réalité que de prononcer ne condamnation.
« Les jours qui suivent, nous ne parlons pas de l’avenir; nous ne parlons pas de grand-chose d’ailleurs, nous abandonnant à ce temps bien particulier qui suit un traumatisme et n’exige rien d’autre que de se laisser aller à sa douleur. »
Manon s’installe quelques temps chez son père, Parmi les siens. Elle est de toute façon incapable de travailler ou encore de partager sa peine avec son mari et son fils. Car elle est obsédée par cette vie qui ne tient qu’à un fil et dont elle ne sait finalement pas grand chose. Venue de Norvège, elle a toujours été très mystérieuse sur ses parents. Petite fille, Manon a un jour croisé sa grand-mère sans qu’elle lui soit présentée. Les questions longtemps restées sans réponse prennent soudain une importance vitale. Son frère va finir par lâcher une part du lourd passé, son père également lorsqu’apparaissent des lettres expédiées d’Allemagne.
Et alors que l’on sait que l’issue sera fatale, voilà que l’hôpital entend récupérer le lit occupée par ce «légume». La famille décide alors de ramener cette femme totalement absente, et qui prend pourtant de plus en plus place dans leur quotidien, à son domicile. Une nouvelle épreuve commence alors.
Outre la revue d’effectifs et l’analyse some toute très lucide des liens qui se distendent au fil du temps avec les membres de la fratrie, Manon découvre combien sa meilleure amie Lisbeth lui est précieuse, qu’il est si apaisant de partager sans rien avoir à se dire. Car elle a la gorge sèche et, après les reproches encaissés autour d’elle, ne sait plus comment dire les choses? Comment exprimer sa détresse ? Comment expliquer à son mari, à son enfant qu’elle se retrouve déboussolée. Comment « dire toute la difficulté à être mère quand la mienne est en train de mourir, lui dire tout ce qu’elle ne m’a pas transmis et que je devrai trouver seule désormais; lui dire aussi toute l’intimité mêlée de défiance que j’éprouve pour mon bébé et qui me fait peur, me noue les tripes; lui dire encore que je n’ai plus souvenir d’une telle intimité avec ma mère aujourd’hui que je suis adulte, et que ça aussi, ça me rend malade. »
Avec beaucoup de pudeur, mais sans rien cacher des tourments et des conflits intérieurs qui agitent la narratrice et les membres de sa famille, Charlotte Pons nous offre un roman fort, chargé d’émotions, sans oublier de distiller quelques surprises de taille tout au long de son récit. Bref, une entrée en littérature réussie !

Parmi les miens
Charlotte Pons
Éditions Flammarion
Roman
192 p., 18 €
EAN : 9782081414150
Paru en août 2017

Où?
Le roman se déroule en France, dans une ville au bord d’un lac, dans un chalet situé sur les hauteurs et dans une grande ville située à quelques 150 km. On y évoque aussi la Norvège et l’Allemagne.

Quand?
L’action se situe de nos jours avec des reminiscences à l’époque de la seconde guerre mondiale.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Il y a peu de choses que je n’acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie. » Quand le médecin leur annonce que leur mère est vivante mais en état de mort cérébrale, Manon laisse échapper qu’elle préfèrerait qu’elle meure. C’est trop tôt pour y penser, lui répondent sèchement Adèle et Gabriel.
Délaissant mari et enfant, Manon décide de s’installer parmi les siens. Au cœur de cette fratrie grandie et éparpillée, elle découvre ce qu’il reste, dans leurs relations d’adultes, des enfants qu’ils ont été. Et tandis qu’alentour les montagnes menacent de s’effondrer, les secrets de famille refont surface. Qui était vraiment cette mère dont ils n’ont pas tous le même souvenir?
Charlotte Pons écrit une tragédie ordinaire tout en tension psychologique et révèle un talent fou pour mettre en scène, dans leur vérité nue, les relations familiales.

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Romanthé – blog littéraire décalé (Sarah Dupouy)

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Les premières pages du livre:
« Il y a peu de choses que je n’acceptais pas venant de maman. La voir mourir en faisait partie. Mais quoi? Penser à maman comme à un légume. Je n’étais jamais aussi désemparée que lorsqu’elle ne me comprenait pas et voilà qu’elle ne m’aurait plus reconnue? — Autant qu’elle meure. J’avais dû le dire à voix haute car dans le regard de mes frère et sœur, j’ai lu l’effroi, j’ai deviné le gouffre qui menaçait toujours de surgir entre nous. Nos liens étaient si ténus. Mais que croyaient-ils ? Que nous avions les épaules pour cela? Affronter l’humanité de notre mère dans ce qu’elle avait de plus vain. Un corps, juste un corps. Qui se dégrade et que l’on maintient en vie coûte que coûte. Je ne pouvais pas, s’agissant de maman, imaginer l’œil vide et mort qu’elle nous jetterait lorsqu’on lui donnerait la becquée, imaginer les soliloques que l’on tiendrait en espérant qu’un mot l’atteigne. Tu m’entends, dis, tu m’entends? Je ne pouvais pas envisager que la peau contre laquelle elle nous serrait enfants en vienne à nous dégoûter. Elle avait ce grain de beauté, là, sur le bras. Lequel déjà? Petite, je le caressais sans cesse. Il y avait des années que je ne l’avais plus touchée. Je l’avais dit à voix haute et c’est là que l’histoire a définitivement tourné court entre Adèle, Gabriel et moi. Que les liens sur lesquels nous tirions depuis l’enfance ont cédé. Que celle-ci, en somme, s’est terminée. »

Extrait
« Au bout du fil, la voix est celle de quelqu’un de blême. J’en reconnais le timbre, celui de ma sœur, pas le ton, paniqué, ni le sens de ce qu’elle dit, improbable: Maman a eu un accident.
Je pense: «Non». Et puis: «Pourquoi pas?». Cela arrive tous les jours, répondre au téléphone et soudain, flancher. Cela arrive tous les jours et ce jour-là, c’est mon tour.
— Elle va bien?
— Viens, on t’attend.
Je les imagine, tous les trois sous la lumière crue des néons de l’hôpital. Adèle, Gabriel et notre père. Leur panique et leur détresse identiques à la mienne. Une bouffée d’amour comme je n’en ai pas ressentie à leur égard depuis longtemps me remue. Le sentiment d’appartenir à quelque chose de bien plus grand que ma personne – une famille, un destin, un monde en marche.
En raccrochant, je bafouille à l’intention de Simon: «Je crois que ma mère est en train de mourir» et sans autre explication ni considération pour l’énormité de ce que je viens de dire, je le plante là, notre fils dans les bras, pour rallier la ville de mon enfance, pied au plancher. Cent cinquante kilomètres, une vingtaine de cigarettes fumées et peut-être autant d’accidents auxquels j’ai échappé. Cent cinquante kilomètres en apnée, jusqu’au parking de l’hôpital où l’urgence qui m’a poussée à appuyer sur l’accélérateur retombe pour laisser place à une trouille qui me paralyse. Les mains crispées sur le volant, encore tout étourdie par le trajet, nauséeuse d’avoir trop fumé, je me concentre pour percevoir un signe – de ma mère, des morts ou
de Dieu que je ne prie jamais –, n’importe quoi qui me dirait «ça ira», mais rien d’autre ne me parvient que les clics et les clacs du moteur encore chaud ou le ronflement de la voie rapide qui passe en dessous. Il me faudra encore dix minutes
avant de parvenir à bouger. »

À propos de l’auteur
Charlotte Pons a passé huit ans au sein d’une rédaction parisienne comme journaliste culture et chef d’édition. Elle a créé en 2016 les ateliers d’écriture «Engrenages & Fictions». Parmi les miens est son premier roman. (Source : Éditions Flammarion)

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Hommage à Roger Grenier

L’écrivain et résistant Roger Grenier est mort le 8 novembre 2017 à 98 ans. Il était l’auteur d’une cinquantaine de livres et disposait toujours d’un bureau chez Gallimard, où il était conseiller littéraire depuis 1949.

GRENIER_Roger_©Louis_Monier© Photo Louis Monier

Et si le plus bel hommage à ce grand homme de littérature était involontaire? Voici, signé par François-Henri Désérable la page 136 de son dernier roman, Un certain M. Piekielny (Gallimard) que j’ai lue aujourd’hui, très ému: «C’était à Roger Grenier qu‘il fallait poser la question. Roger Grenier, quatre-vingt-quinze ans, écrivain, éditeur chez Gallimard où depuis 1949, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, il se rend à pied chaque jour que Dieu fait. Pendant longtemps, son rituel fut le même, immuable et sacré : levé a six heures, deux minutes plus tard il était sous la douche, à six heures douze il se rasait, à six heures vingt il enfilait un pantalon puis boutonnait sa chemise, entre six heures vingt-cinq et six heures cinquante il buvait son café en lisant les journaux, à sept heures moins cinq il passait autour de son cou une cravate qu’une minute après il avait fini de nouer, à sept heures moins une il chaussait ses lunettes, et a sept heures précises, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige il sortait de chez lui, rue du Bac, qu’il descendait d’un pas ferme sur lequel les habitants du VII‘ arrondissement réglaient leurs petites habitudes : le voyant qui passait devant ses fenêtres, le boulanger savait qu’il était temps de sortir son pain du four, la mère de famille de réveiller ses enfants, le facteur d‘enfourcher sa bicyclette et de commencer sa tournée. de sorte que, le 3 décembre 1980, au lendemain de la mort de son cher Romain. quand Roger Grenier. accablé de tristesse, dut garder le lit, il y eut des baguettes trop cuites, des enfants en retard à l’école et du courrier non distribué. L’anarchie.» DESERABLE_Un_certain_M_Piekielny

Une histoire des loups

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Voici trois bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que ce premier roman a été accueilli par une critique dithyrambique aux Etats-Unis, le New York Times écrivant, par exemple, que ce roman en comporte de nombreux autres possibles, avec quelques thèmes très forts. On peut y réfléchir sur la façon dont les enfants deviennent en quelque sorte les otages des dogmes de leurs parents, comment on peut faire confiance à des personnes qui nous sont totalement étrangères ou encore comment on définit une famille, si ce n’est pas par la chair et le sang.

2. Parce que la narratrice du roman, Madeline, est une adolescente qui va vivre une année hors du commun. Un roman de formation en quelque sorte, mais davantage basé sur la destruction que sur la construction. Le petit garçon qu’elle garde va mourir, la communauté qui s’était installée là a déserté et ceux qu’elle appelle ses parents ne le sont peut-être pas vraiment. Du coup, il lui reste la forêt et les esprits qui la peuplent.

3. Parce que ce roman s’inscrit dans la lignée de The Girls d’Emma Cline, un roman qui m’a beaucoup plu.

Une histoire des loups
Emily Fridlund
Éditions Gallmeister
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par Juliane Nivelt
296 p., 22,40 €
EAN : 9782351781289
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Madeline, adolescente un peu sauvage, observe à travers ses jumelles cette famille qui emménage sur la rive opposée du lac. Un couple et leur enfant dont la vie aisée semble si différente de la sienne. Bientôt, alors que le père travaille au loin, la jeune mère propose à Madeline de s’occuper du garçon, de passer avec lui ses après-midi, puis de partager leurs repas. L’adolescente entre petit à petit dans ce foyer qui la fascine, ne saisissant qu’à moitié ce qui se cache derrière la fragile gaieté de cette mère et la sourde autorité du père. Jusqu’à ce qu’il soit trop tard.
Troublant et poétique, best-seller dès sa parution aux États-Unis, le premier roman d’Emily Fridlund a été acclamé par la critique.

Les critiques
Babelio 
Fragments de lecture… les chroniques littéraires de Virginie Neufville
Blog Addict culture
Blog Tu vas t’abîmer les yeux 
Blog Polar Zone livre
Blog Une souris et des livres 
Blog Léa Touch Book 

Les premières pages du livre
« Ce n’est pas que je ne pense jamais à Paul. Il vient à moi de temps à autre avant que je sois complètement réveillée, mais je ne me souviens presque jamais de ce qu’il a dit, de ce que je lui ai fait ou pas. Dans mon esprit, le gamin s’affale simplement sur mes genoux. Boum. C’est comme ça que je sais que c’est lui : il n’a aucun égard pour moi, aucune hésitation.
On est assis dans la salle du centre d’information du service des forêts, une fin d’après-midi semblable à toutes les autres, et son corps glisse instinctivement vers le mien – pas par amour ni respect, mais simplement parce qu’il ne connaît pas encore les convenances régissant les limites entre deux corps. Il a quatre ans, un puzzle de hibou à terminer, ne lui parlez pas. Je ne lui parle pas. Une avalanche d’aigrettes plumeuses flotte devant la fenêtre, silencieuses et légères comme l’air. Le soleil décline, le puzzle s’assemble en hibou avant d’être désassemblé à nouveau, je demande à Paul de se lever. C’est l’heure d’y aller. C’est l’heure. Mais avant que nous nous levions, avant qu’il se mette à protester en geignant pour rester encore un peu, il se laisse aller contre ma poitrine et bâille. Et ma gorge se serre au point de se fermer. Parce que c’est étrange, vous comprenez? C’est merveilleux, et triste aussi, combien il est bon parfois de sentir quelqu’un d’autre s’approprier votre corps. »

Extrait
« Après avoir commencé puis abandonné un premier cycle au centre universitaire, après avoir été embauchée par une agence d’intérim dans les Twin Cities, je trouvai sur Internet une base nationale de données permettant de saisir le nom de n’importe quel délinquant sexuel pour le pister à travers le pays. On pouvait suivre sa trace marquée d’une ligne rouge sur une carte de chaque État tandis qu’il errait de ville en ville, de l’Arkansas au Montana, en quête d’appartements sordides, tandis qu’il retournait en prison, était libéré à nouveau. On pouvait le voir donner un faux nom et se faire repérer, une vague de messages furieux apparaissant sur la toile chaque fois que cela se produisait. On pouvait observer l’indignation morale. On pouvait le voir retenter sa chance. On pouvait le suivre jusqu’au sud de la Floride, dans les marais où, parmi les mangroves, il ouvrait une petite boutique d’antiquités dans un coin perdu, vendant n’importe quoi, des babioles. Des lanternes rouillées et des canards empaillés, de fausses dents de requin, des boucles d’oreilles en or bon marché. On savait ce qui était à vendre parce que les internautes rafraîchissaient constamment leurs messages, donnant tous les détails. Il y avait tant de gens sur Internet. Ils postaient sans arrêt.»

À propos de l’auteur
Emily Fridlund a grandi dans le Minnesota, où se déroule l’action de son roman, Une histoire des loups, et vit actuellement dans la région des Finger Lakes dans l’État de New York. Titulaire d’un doctorat en littérature et creative writing de l’Université de Californie, professeur à Cornell, elle a remporté plusieurs prix pour ses écrits publiés dans diverses revues et journaux. Une histoire des loups est son premier roman. (Source : Éditions Gallmeister)

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David Bowie n’est pas mort

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Voici trois bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce qu’il aura fallu attendre cinq ans depuis le prometteur premier roman de Sonia David Les petits succès sont un désastre pour découvrir un second opus.

2. Parce que Marine Stisi en résume si bien le propos lorsqu’elle écrit: « Sonia David, dans ce deuxième roman, traite avec une lucidité frappante et énormément de sincérité, la réalité du deuil et des ressentiments familiaux. Elle évoque sans gêne les questionnements et les doutes, les coups de gueule et la jalousie. David Bowie n’est pas mort est un livre qui se lit avec frénésie, presque d’une traite, et qui émeut tendrement sans discontinué. »

3. Parce que, comme l’auteur, nous avons tous un David Bowie, un chanteur ou une musique qui a bercé notre enfance et qui, presque inconsciemment, a tissé des liens avec notre histoire personnelle. David Bowie, c’est la madeleine de Proust de Sonia David.

David Bowie n’est pas mort
Sonia David
Éditions Robert Laffont
Roman
180 p., 17 €
EAN : 9782221200285
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
« Ma mère est morte. Mon père est mort. David Bowie est mort. Ce ne sont pas uniquement de mauvaises nouvelles. »
À un an d’intervalle, Anne, Hélène et Émilie perdent leur mère, puis leur père. Entre les deux, David Bowie lui aussi disparaît. Dans l’enfance d’Hélène, la «soeur du milieu», le chanteur a eu une importance toute particulière, dont le souvenir soudain ressurgit. Alors, elle commence à raconter… Sur les thèmes inépuisables de la force et de la complexité des liens familiaux, de la place de chaque enfant dans sa fratrie, voici un roman d’une déconcertante et magnifique sincérité.

Les critiques
Babelio
Toute la culture (Marine Stisi)
Blog Anita et son book club 
Blog Les livres de Joëlle 
Blog Les facéties de Lucie 
Blog Les lectures d’Hatchi 


Sonia David présente David Bowie n’est pas mort. © Production Librairie Mollat

Les premières pages du livre
« Ma mère est morte le 23 mai 2015. Sans crier gare. Elle n’était ni malade ni franchement âgée, mais ni une ni deux, elle fait un AVC, et meurt, nous prenant tous de court, pour un peu on en rirait, quelle bonne blague ! D’autant que le surlendemain, nous devions déjeuner ensemble, et depuis quand la mort tient-elle d’excuse pour se soustraire à un déjeuner avec sa fille ?
Lorsque nous étions enfants, puis adolescentes, mes sœurs et moi, inlassablement elle nous répétait qu’elle se suiciderait à soixante ans. Depuis notre jeunesse nous l’écoutions, sans protester, ça faisait tellement loin. Et puis nous la comprenions : quel intérêt de vivre à un âge si avancé ?
Mais enfin elle a fini par l’atteindre, cet âge, voilà une quinzaine d’années. À l’époque, elle venait d’acheter un appartement, sujet de brûlante passion chez elle, chaque objet, chaque meuble, chaque tableau, chaque couleur, chaque matériau comme une attestation d’incontestable goût, comme une preuve d’elle-même au-dessus de la mêlée. Du coup, plus question de mourir, et certainement pas avant d’achever son nouveau grand œuvre, 95 mètres carrés dans le dixième arrondissement de Paris, rendez-vous compte, le parquet peint en noir mat, des bibliothèques en chêne brut, des trésors de famille, des lampes d’architecte, des trouvailles de brocantes, tout ça passé au filtre de ses métamorphoses, un coup de peinture, un détournement de fonction, l’art du dépareillé, inventer avec du pauvre, de l’imagination, de l’habileté. Ce sanctuaire du style, ensuite, il fallait bien entendu le faire visiter, convier les amateurs, et tout le monde – les admirateurs tiennent lieu de témoins, ils s’extasient, racontent, retiennent, imitent. Maman est entourée d’apôtres. À tout âge, c’est une bonne raison de vivre. Reste qu’une promesse est une promesse, et à quelques mois de son soixantième anniversaire, elle fait tout de même semblant de mourir. »

Extrait
« Notre père est alors au bloc opératoire. Elle [ma soeur] me dit « Je ne devrais pas évoquer ça, je ne peux le confier qu’à toi, mais parfois je me demande s’il ne vaudrait pas mieux qu’il ne se réveille pas ». Je me colle à elle, au plus près, parce que je suis d’accord. Et ce qui me désespère n’est pas que nous le pensions mais le fait que, sûrement, papa le pense aussi. Comment console-t-on quelqu’un de l’inconsolable, témoin de sa propre déchéance physique, humilié de ce manque d’autonomie qui n’en finit pas de l’empêcher d’être homme, et père ? Comment réconforter un mourant qui ne veut pas mourir? » (p. 99)

À propos de l’auteur
Sonia David, de son vrai nom Sonia Rachline, est journaliste, pour Vogue en particulier, et écrivain. Romancière dans l’âme, se choisir un pseudo pour son passage à la fiction s’est imposé comme une évidence. Les petits succès sont un désastre, son premier roman, est paru chez Robert Laffont en 2012. Son second, David Bowie n’est pas mort est paru en 2017. (Source: Éditions Robert Laffont)

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La romancière, l’éditrice et le lecteur

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En deux mots:
Evelyne Pisier meurt en février 2017, après avoir commencé à travailler sur le manuscrit remis à son éditrice. Cette dernière tiendra sa promesse et «terminera son livre». À la biographie de deux femmes en voie d’émancipation viendra s’ajouter le roman du roman. Étincelant, émouvant, époustouflant!

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

La romancière, l’éditrice et le lecteur

Si Tania de Montaigne a bien raison de dire que «lire un bon livre, c’est faire une rencontre», l’émouvant roman à quatre mains d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent vient nous rappeler que la première rencontre est celle de l’auteur et de son éditeur. Une rencontre qui nous vaut un petit miracle.

Et soudain, la liberté n’est pas un livre comme les autres. Il est né de la promesse faite par Caroline Laurent, l’éditrice, à Evelyne Pisier, la romancière, de terminer son livre. Car cette dernière est condamnée et ne verra pas son œuvre paraître. Elle est décédée le 9 février 2017.
Mais faisons tout d’abord un retour en arrière jusqu’à cette journée du 16 septembre 2016, au moment où les deux femmes se rencontrent. Entre la vieille dame et l’éditrice qui pourrait être sa fille, le courant passe immédiatement. Caroline a senti le potentiel du manuscrit d’Evelyne. Mais elle entend le remanier, car elle fait partie des « éditeurs garagistes, heureux de plonger leurs mains dans le ventre des moteurs, de les sortir tachées d’huile et de cambouis, d’y retourner voir avec la caisse à outils. » Evelyne lui accorde d’emblée sa confiance et le duo s’attaque à cette riche biographie, en décidant d’en faire un roman, forme littéraire la plus à même de rendre compte des péripéties et du parcours exceptionnel mis sur le papier.
Le lecteur est dès lors convié à suivre en parallèle une fresque historique et militante et le travail de l’éditrice sur le manuscrit, retraçant pas à pas la gestation du livre.
Un choix audacieux, mais très réussi. Car le «roman du roman» est tout aussi passionnant que l’hommage qu’entend rendre Evelyne à sa mère en racontant sa marche vers l’émancipation.
Nous voici revenus au temps des colonies, au sein de la famille d’un haut-fonctionnaire pétainiste et maurrassien, qui tentera jusqu’au bout de croire à la suprématie des colonisateurs sur les indigènes. Un entêtement qui vaudra à son épouse et à sa fille, Mona et Claire dans le roman, d’être internées après l’invasion japonaise. Outre les privations et les exactions, elles doivent endurer l’absence d’informations. Fort heureusement, elles retrouveront la liberté, leur père et mari, et pourront quitter un pays à feu et à sang qui ne tardera pas à gagner son indépendance.
Si « l’arrivée en France plongea la famille dans un confort irréel, après des mois de privation », il ne sera que de courte durée. Au lieu du poste en Afrique qu’il convoitait, André est nommé en Nouvelle-Calédonie. C’est donc au bord du Pacifique sud que la petite fille et sa mère vont franchir une étape décisive. Lucie entend échapper à la mainmise des religieuses auxquelles elle est confiée, Mona veut son indépendance vis à vis d’un mari tyrannique. Deux rencontres vont alors être décisives. Pour Claire, ce sera Rosalie, la nounou qui succède à Tibaï l’indochinoise, et va «éduquer» la fillette. Pour Mona, ce sera Marthe, une bibliothécaire qui va faire découvrir Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir. Au fil des pages la quête de liberté se fait plus concrète. Aux escapades vont se succéder des rendez-vous secrets. Du club d’équitation on passe à l’auto-école afin de poursuivre disposer d’une voiture. Et si André s’oppose à ce projet, il ne fait qu’attiser ainsi l’envie de divorcer de son épouse. Qui finira par se concrétiser.
Avec à la clé un retour en France via l’île Maurice. Le bouillonnement des années soixante, ponctué par mai 68, marquera sans doute l’apogée de leur quête.
Aux combats pour les droits des femmes menés par la mère répond celui de la révolution cubaine pour la fille qui se retrouve soudain avec un groupe d’étudiants aux pieds de la tribune de Santiago pour y écouter le discours enflammé de Fidel Castro et partageant «l’extase d’un peuple qui voulait y croire». S’en suit le plus incroyable des épisodes: la liaison que va entretenir le Lider maximo avec la jeune française. Claire sera même à deux doigts de suivre le président cubain, mais renoncera au dernier moment.
Sa mère n’aura pas ce courage. Elle retombera dans les filets d’André, allant même jusqu’à se remarier. « Ce remariage aux conséquences terribles, est à mon sens un élément qui permet d’éclairer la figure de Mona. Il dit bien toute l’importance du désir dans sa vie, quitte à se doubler d’une mise en danger – d’un comportement suicidaire. » Voilà qui va nous conduire à l’épilogue qui, comme dans tout bon roman, nous réserve son lot de surprises.
Mais, une fois n’est pas coutume, je laisserai à Caroline Laurent le soin de conclure mon propos, car je ne saurai mieux dire qu’elle pourquoi il faut, toutes affaires cessantes, se plonger dans ce livre: « Que peut la littérature face à l’absolu du vide ? Quel est ce plein dont elle prétend nous combler ? J’ai beau travailler dans les mots, autour des mots, entre les mots, je n’ai pas la réponse. Vivre une autre vie, donner du rêve, faire rire et pleurer, laisser une trace, peindre le monde, poser des questions, ressusciter les morts, voilà le rôle des livres, dit-on. Offrir la consolation de la beauté. C’est peu; c’est immense.»

Et soudain la liberté
Evelyne Pisier – Caroline Laurent
Éditions Les Escales
Roman
448 p., 19,90 €
EAN: 9782365693073
Paru en août 2017

Où?
Le roman se déroule en Indochine, à Saigon, puis à Nouméa et Dumbéa en Nouvelle-Calédonie, à Cuba, notamment à Santiago et La Havane, et en France, à Pézenas, Paris, Nice, Sanary et en Suisse, à Genève

Quand?
L’action se situe des années 1950 siècle à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…
Et soudain, la liberté, c’est aussi l’histoire d’un roman qui s’écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d’une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s’arrêter en février 2017, au décès d’Evelyne. Rien ne s’arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

68 premières fois
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Les premières pages du livre

Extrait
« Les derniers mots d’Évelyne, qu’Olivier m’avait confiés comme un trésor, brûlaient en moi. « S’il m’arrive quoi que ce soit, promets-moi de terminer le livre avec Caroline. » Elle m’avait tout donné avant Noël : la trame, les informations manquantes, les anecdotes, les épisodes clés. Il ne restait qu’à mettre en forme cette matière. Nous l’aurions fait ensemble. Il y aurait eu des rires, du vin blanc tiédi, des questions à n’en plus finir. Faut-il raconter cette scène ? Ce détail présente-t il le moindre intérêt ? Tu crois que ça va intéresser les gens ? Il y aurait eu des tendresses folles et des folies tendres. On projetait une grande fête pour l’été.
Dans la nuit qui commençait à envelopper Paris, j’ai vu ses yeux bleus, son sourire et sa main se tendre vers moi. « À ton tour » semblait-elle me dire. Je lui ai fait un clin d’oeil. J’étais son éditrice. Son amie de vingt-huit ans. Elle était mon histoire la plus folle. J’ai promis.
Je terminerai le livre. »

À propos de l’auteur
Caroline Laurent est née en 1988. Éditrice et amie d’Evelyne Pisier, elle terminera pour elle son dernier roman. (Source : Éditions Les Escales)

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Un jour, tu raconteras cette histoire

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Voici cinq bonnes 5 raisons de lire ce livre:
1. Parce qu’il faut lire Joyce Maynard ! Après Les règles d’usage qui retraçait l’errance d’une adolescente qui perd brutalement sa mère le 11 septembre 2001, elle nous offre un roman dans la veine autobiographique de Et devant moi, le monde, sensible et pudique, sur la rencontre de deux êtres au moment où ils pensaient avoir fait le tour de l’amour.

2. Parce que dès les premières lignes, on ressent l’intensité de cette confession… « Il a fallu l’annonce de sa maladie, suivie de la terrible bataille que nous avons menée ensemble, pour que je perçoive ce que signifie former un couple – être une vraie compagne et avoir un compagnon. Je n’ai compris tous le sens du mariage que lorsque le mien était sur le point de s’achever. J’ai découvert ce qu’était l’amour quand le mien quittait le monde. Voici notre histoire. »

3. Parce que je sais, pour avoir perdu un ami victime de ce même cancer, combien cette maladie est délicate à gérer et combien la peur qui accompagne l’annonce de ce cancer est déstabilisante.

4. Parce ce que ce roman a été sélectionné pour le Grand Prix des lectrices de ELLE dont je trouve les choix très pertinents.

5. Parce que, au-delà du combat – perdu d’avance – contre le mal qui ronge Jim, ce roman est d’abord une belle histoire d’amour: « Mes doutes sur mon engagement avec cet homme disparurent dans l’instant. Ce qui lui arrivait m’arrivait aussi. Le diagnostic ne touchait pas Jim seulement, mais moi aussi. »

Un jour, tu raconteras cette histoire
Joyce Maynard
Éditions Philippe Rey
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par Florence Levy-Paolini
432 p., 23 €
EAN: 9782848766096
Paru en septembre 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Après un mariage raté, un douloureux divorce et quelques brèves histoires, à cinquante-cinq ans, Joyce Maynard n’attend plus grand-chose des relations sentimentales. Et pourtant. Sa rencontre avec Jim vient tout bouleverser : l’amour comme elle ne l’imagine plus, celui qui va même lui faire accepter de se remarier.
En 2014, après trois ans d’une romance tourbillonnante, on diagnostique chez Jim un cancer du pancréas. Au cours des dix-neuf mois qui suivent, alors qu’ils luttent ensemble contre la maladie, Joyce découvre ce que signifie être un véritable partenaire, en dépit de la souffrance, de l’angoisse, du désespoir qui menace à chaque instant.
« Un jour, tu raconteras cette histoire », lui avait dit Jim avec tendresse. C’est chose faite. Joyce Maynard retrace ces années heureuses faites de voyages, de petites et grandes folies, de bonheurs du quotidien – dîners sur leur terrasse près de San Francisco, escapades à moto, concerts de rock, baignades dans les lacs du New Hampshire ou du Guatemala. Puis, elle confie leur combat, leurs espoirs de guérison, les opérations et les médicaments, sa colère contre le sort, sa fatigue parfois, mais surtout la force de l’amour qui les unit.
Avec sensibilité et finesse, Joyce Maynard se met à nu dans un texte empli de joies et de larmes, un récit bouleversant sur l’amour et la perte, une histoire unique qui a permis à chacun d’offrir à l’autre le meilleur de lui-même.

Les critiques
Babelio 
Blog Boooks, moods ans more 
Blog livresse des mots
Blog Sylire
Blog Sophie Songe 

Les premières lignes du livre:
« Il y a trois ans, le week-end du 4 juillet, à l’âge de cinquante-neuf ans, j’ai épousé le premier vrai compagnon de ma vie.
Nous avons prononcé nos vœux sur une colline du New Hampshire, entourés de nos amis et de nos enfants, tandis qu’un feu d’artifice explosait au-dessus de nos têtes et qu’un orchestre jouait une chanson de John Prine. Ce soir-là nous avons parlé des voyages que nous allions faire, des oliviers que nous allions planter et des petits-enfants que nous chéririons peut-être. Nous allions connaître, à la soixantaine, l’amour auquel nous aspirions dans notre jeunesse. Nous étions tous deux divorcés depuis près de vingt-cinq ans. Quelle chance de vous être trouvés, se réjouissait notre entourage.
Peu après notre premier anniversaire de mariage, on diagnostiquait à mon mari un cancer du pancréas. Dix-neuf mois plus tard, après avoir partagé une lutte qui dévorait nos vies, bien que de façon différente, j’étais allongée à ses côtés quand il rendit son dernier soupir.
Je croyais en avoir terminé avec le mariage. Quelques décennies de déception et d’échecs m’avaient rendue réticente à une nouvelle tentative. Puis je me suis mariée cette seconde fois, avec Jim, mais toujours convaincue que rien, aucun homme – pas même celui que j’aimais profondément -, ne pouvait modifier le cours de mon indépendance farouche et résolue. J’allais et venais, toujours ravie de le voir m’attendre à l’aéroport, mais heureuse de sauter dans l’avion suivant. J’avais ma vie, lui la sienne. Parfois nous les partagions. C’était ma vision des choses – mais pas celle de mon mari.
Il a fallu l’annonce de sa maladie, suivie de la terrible bataille que nous avons menée ensemble, pour que je perçoive ce que signifie former un couple – être une vraie compagne et avoir un compagnon. Je n’ai compris tous le sens du mariage que lorsque le mien était sur le point de s’achever. J’ai découvert ce qu’était l’amour quand le mien quittait le monde. Voici notre histoire. »

À propos de l’auteur
Collaboratrice de multiples journaux, magazines et radios, Joyce Maynard est aussi l’auteure de plusieurs romans – Long week-end, Les Filles de l’ouragan, L’homme de la montagne, Les règles d’usage – et d’une remarquable autobiographie, Et devant moi, le monde (tous publiés chez Philippe Rey). Mère de trois enfants, elle partage son temps entre la Californie et le Guatemala. (Source : Éditions Philippe Rey)

Site Wikipédia de l’auteur 

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Et soudain, la liberté

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Voici 5 bonnes raisons de lire ce livre :
1. Parce qu’il y a il y a le roman et le «roman du roman» dans cette histoire. D’une part nous suivons le parcours d’une femme hors du commun, Evelyne Pisier. D’autre part, on découvre la genèse de ce livre écrit à quatre mains, achevé après le décès brutal d’Evelyne par Caroline, son éditrice.

2. Parce que ce roman nous entraîne à la fois dans une fresque historique et militante, celle du temps des colonies, notamment en Indochine et en Nouvelle-Calédonie, celle de l’utopie cubaine avec l’arrivée de Fidel Castro et la «Révolution» de Mai 68, et les combats pour l’égalité homme-femme, la libéralisation sexuelle, le doit à l’avortement.

3. Parce que ce roman a été sélectionné par le Comité de Lecture Cultura comme l’un des Talents Romans de la Rentrée littéraire 2017 et s’est vu décerner le prix Première plume du Furet du Nord à l’unanimité du jury. « Un roman passionnant, bouleversant, émouvant… juste sublime! », a expliqué la présidente, libraire à Roubaix.

4. Parce que la Blogosphère s’enflamme déjà pour ce roman, les superlatifs venant s’accumuler pour dire le bonheur de la lecture et les émotions qu’il procure. À l’exemple d’Emma qui vous conseille de «ne pas faire l’impasse sur ce magnifique livre solaire sur les femmes, la liberté, la transmission entre femmes et qui est aussi un très beau livre sur l’amour maternel.»

5. Parce qu’il a été sélectionné par les «68 premières fois» avec cet argument-massue: «On pourrait vous recopier des pages de citations tant ce roman sensible et délicat regorge de mots superbes, de phrases tellement belles, déposée au creux de l’oreille par le talent de Caroline Laurent. Coup de cœur des 68 premières fois! »

Et soudain la liberté
Evelyne Pisier – Caroline Laurent
Éditions Les Escales
Roman
448 p., 19,90 €
EAN: 9782365693073
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovaryse. Jusqu’au jour où elle lit Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. C’est la naissance d’une conscience, le début de la liberté.
De retour en France, divorcée et indépendante, Mona entraîne sa fille dans ses combats féministes : droit à l’avortement et à la libération sexuelle, égalité entre les hommes et les femmes. À cela s’ajoute la lutte pour la libération nationale des peuples. Dès lors, Lucie n’a qu’un rêve : partir à Cuba. Elle ne sait pas encore qu’elle y fera la rencontre d’un certain Fidel Castro…
Et soudain, la liberté, c’est aussi l’histoire d’un roman qui s’écrit dans le silence, tâtonne parfois, affronte le vide. Le portrait d’une rencontre entre Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent – un coup de foudre amical, plus fou que la fiction. Tout aurait pu s’arrêter en février 2017, au décès d’Evelyne. Rien ne s’arrêtera : par-delà la mort, une promesse les unit.

Les critiques
Babelio
Culture Chronique (Apolline Segran)
Publik’Art 
Page des libraires (Lucie Sawina)
Blog Livres à lire 
Blog Lire par Elora 
Blog Un bouquin sinon rien

Les premières pages du livre

Extrait
« Les derniers mots d’Évelyne, qu’Olivier m’avait confiés comme un trésor, brûlaient en moi. « S’il m’arrive quoi que ce soit, promets-moi de terminer le livre avec Caroline. » Elle m’avait tout donné avant Noël : la trame, les informations manquantes, les anecdotes, les épisodes clés. Il ne restait qu’à mettre en forme cette matière. Nous l’aurions fait ensemble. Il y aurait eu des rires, du vin blanc tiédi, des questions à n’en plus finir. Faut-il raconter cette scène ? Ce détail présente-t il le moindre intérêt ? Tu crois que ça va intéresser les gens ? Il y aurait eu des tendresses folles et des folies tendres. On projetait une grande fête pour l’été.
Dans la nuit qui commençait à envelopper Paris, j’ai vu ses yeux bleus, son sourire et sa main se tendre vers moi. « À ton tour » semblait-elle me dire. Je lui ai fait un clin d’oeil. J’étais son éditrice. Son amie de vingt-huit ans. Elle était mon histoire la plus folle. J’ai promis.
Je terminerai le livre. »

À propos de l’auteur
Caroline Laurent est née en 1988. Éditrice et amie d’Evelyne Pisier, elle terminera pour elle son dernier roman. (Source : Éditions Les Escales)

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À nous

À nous

En deux mots
Après la mort d’un célèbre chef cuisinier, ses veuves se retrouvent dans sa villa de Nantucket pour lui faire ses adieux. Laurel, Belinda et Scarlett sont ses trois épouses successives qui vont séjourner quelques jours avec les enfants du défunt et son meilleur ami. Un cocktail explosif qui ne va pas tarder à faire des dégâts!

Ma note
★★★ (beaucoup aimé)

À nous
Elin Hilderbrand
Éditions JC Lattès
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par Perrine Chambon
450 p., 22 €
EAN : 9782709659475
Paru en juin 2017

Où?
Le roman se déroule aux Etats-Unis, principalement à Nantucket. On y évoque également Los Angeles, New York, New Canaan, Stuyvesant Town, Iowa City, Savannah, Atlanta ainsi que Perth en Australie et les Caraïbes.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Trois rivales.
Une même maison.
La porte ouverte à toutes les jalousies…
Laurel Thorpe, Belinda Rowe et Scarlett Oliver n’ont que deux choses en commun : l’amour pour un homme qu’elles ont toutes les trois épousé, Deacon Thorpe (un chef célèbre doté d’un appétit insatiable pour la vie) et la profonde antipathie qu’elles se témoignent mutuellement. Trois femmes uniques et indépendantes, mais radicalement différentes. Laurel : la première petite amie de Deacon, rencontrée au lycée, une assistante sociale à la beauté naturelle. Belinda : une actrice hollywoodienne capricieuse et difficile à vivre. Scarlett : une beauté du sud vivant des rentes de sa famille et de son sex appeal. Au fil des années, elles ont adopté la meilleure stratégie qui soit : s’éviter à tout prix.
Mais cet équilibre fragile menace de s’effondrer quand Deacon trouve la mort dans son endroit préféré au monde : une vétuste villa de vacances de Nantucket. Le dernier souhait de Deacon est que sa famille recomposée se réunisse sur son île adorée pour lui faire ses adieux. À contrecœur, Laurel, Belinda et Scarlett acceptent. Et les voilà contraintes de partager le même toit avec les enfants de Deacon et son meilleur ami, dans cette villa où chacune a ses
Avant la fin du weekend, il y aura suffisamment d’accusations, de mensonges, de larmes et de drames pour transformer ces trois femmes qui ont épousé le même homme en ennemies jurées. Alors que les membres de cette famille improbable font leurs adieux à l’homme qui les a réunis – pour le meilleur et pour le pire – seront-ils capables d’oublier leurs différences le temps d’un toast en l’honneur de Deacon ?

Ce que j’en pense
Avant d’en venir ä l’histoire proprement dite, saluons la construction de ce roman. Découpé en trois parties, une journée parfaite en guise de prologue suivi d’une autre journée parfaite en guise de conclusion, il se concentre sur quatre jours qui vont rassembler les protagonistes comme dans les meilleures tragédies classiques : unité de temps, unité de lieu et unité d’action. Une «mise en scène» parfaite pour donner toute l’intensité dramatique au récit.
Elin Hilderbrand choisit de nous inviter pour un court séjour, du 17 au 21 juin, dans une villa de Nantucket. C’est là que vont se retrouver tous les acteurs de ce psychodrame pour rendre hommage à Deacon Thorpe. Ce grand cuisinier laisser derrière lui ses trois femmes successives Laurel Thorpe, Belinda Rowe et Scarlett Oliver ainsi que trois enfants, Hayes (34 ans), Angie (26 ans) et Ellery (9 ans). On y ajoutera les conjoints ainsi que le meilleur ami et le tableau des retrouvailles sera complet.
Mais avant le déclenchement, on va suivre la dernière escapade de Deacon avec son fils, cette «journée parfaite» qui sonne comme une bulle de bonheur avant que les nuages noirs ne viennent s’amonceler. Un épisode qui ne permettra aussi de mieux découvrir la personnalité de ce cuisinier qui a su bâtir un empire à partir de rien, qui n’a pas hésiter à partir pour Hollywood quitte à laisser derrière lui sa première femme et qui a su gagner la sympathie de millions de personnes en animant une émission de télé culinaire très suivie. Durant ce voyage, il aura en outre l’occasion de se remémorer quelques souvenirs familiaux, quelques étapes marquantes de sa vie.
À la nouvelle de son décès d’une crise cardiaque, Buck son meilleur ami et exécuteur testamentaire découvre ses dernières volontés : « Il avait légué son restaurant à sa fille Angie, ce qui paraissait logique, même si Hayes continuerait de le gérer dans un premier temps; Il avait laissé son autre bien le plus important la maison de Nantucket aux trois femmes qu’il avait épousées, Laurel Thorpe, Belinda Rowe et Scarlett Oliver, à partager entre elles trois. » Si elles avaient jusque-là pris soin de ne pas se croiser, les trois veuves vont goûter à cet ultime cadeau – empoisonné – d’un homme dont chacune ne connaît qu’une facette.
Les rivalités et les jalousies ne vont pas tarder à prendre le pas sur l’hommage au défunt. C’est peu de dire que l’on se délecte de cette cohabitation explosive. On se régale de cette guerre de plus en plus ouverte, attisée par les conjoints et les enfants. Au fur et à mesure des arrivées, la tension ne cesser de croître : « Elle était arrivée, la femme qui lui avait volé son mari, cette maison, ses étés et son bonheur. Laurel avait passé des années à la détester jusqu’à ce que la haine se change en mépris, puis en aversion et enfin en indifférence. »
D’autant que la success story de Deacon va elle aussi se fissurer. Les affaires ne sont pas aussi florissantes qu’on aurait pu l’imaginer et la villa de Nantucket pourrait bien finir par être vendue pour éponger les dettes.
Mais, on l’a dit, ce joli roman, rond comme un œuf, va se refermer sur une autre «journée parfaite». Je vous laisse découvrir comment la tragédie ou plus exactement la tragi-comédie va déboucher sur cet épisode surprenant. À nous est à vous !

Autres critiques
Babelio
Le Journal de Québec (Marie-France Bornais)
Blog Les mille et une pages de LM
Blog L’échappatoire

Les premières pages du livre

Extrait
« Il s’endormit sur le canapé poussiéreux mais confortable à la structure de bambou et rêva qu’il embrassait Laurel. Il avait failli le faire sur la terrasse. Il avait été à deux doigts.
Mais Belinda était arrivée et avait tout gâché. Buck se demandait comment créer de nouveau les conditions propices pour embrasser Laurel. Il avait été marié deux fois, mais certains jours il avait l’impression de n’avoir absolument aucune expérience avec les femmes.
Qu’est-ce que Deacon aurait pensé s’il embrassait Laurel ? Il aurait dit “Bravo, mon pote !” ou se serait mis dans une colère noire. »

À propos de l’auteur
Elin Hilderbrand a découvert la magie de Nantucket en juillet 1993. Pour elle, les ingrédients d’une vie heureuse sur l’île sont la course à pied, l’écriture à la plage, les pique-niques avec ses trois enfants. À nous est son dix-septième roman. (Source : Éditions JC Lattès)

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