L’enlèvement des Sabines

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En deux mots:
Pour son départ, Sabine se voit offrir une autre Sabine, la poupée gonflable qui va dés lors l’accompagner et la transformer. Une fable sociale originale qui n’est pas faite pour les dégonflés.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

La femme et la poupée

Émilie de Turckheim nous revient avec un roman aussi original que dérangeant, aussi gonflé que la poupée qui y joue un rôle prépondérant.

La vie de Sabine n’est pas des plus joyeuses. Entre un compagnon tyrannique, un travail décevant, une mère qui n’a que peu de considération pour elle, elle esaie de faire bonne figure. Avant de toucher le fond, elle décide de démissionner pour se donner un peu d’air. Pour son pot de départ une surprise l’attend. Ses collègues ont choisi de lui offrir une poupée qui porte le même prénom.
Cette seconde Sabine mesure 1,58 m pour 40 kg. Fabriquée par une entreprise familiale située au Mans, elle est faite en élastomère thermoplastique «avec toucher effet peau et finitions réalistes».
Son premier réflexe est de revendre cet encombrant cadeau: «Ayant passé l’âge de jouer à la poupée, je la revends sans y avoir touché. Prix proposé: 6 999 € ». Sauf que Sabine a quelques atouts. Elle est silencieuse, calme et toujours présente.
Elle ne téléphone pas de manière intempestive comme le fait la mère de Sabine en se plaignant que le répondeur n’accepte pas de messages plus longs que deux minutes. Des messages qui montrent tout à la fois que cette ancienne mannequin à une bien piètre image de sa fille et une préférence affirmée pour sa sœur Fanny, une avocate «responsable et bosseuse».
La poupée Sabine écoute avec un sourire gentil sa nouvelle «propriétaire», bien loin de ce que lui fait subir Hans, son mari metteur en scène prompt à la dévaloriser ou même à l’humilier.
Émilie de Turckheim a eu la bonne idée de proposer entre les chapitres quelques dialogues éclairants qui viennent alterner avec le long monologue de la narratrice. Des discussions qui illustrent la difficulté à dialoguer de manière apaisée, des débuts qui ne seraient sans doute pas importants, s’ils ne s’accompagnaient de préjugés blessants.
« L’époux. — L’humanité entière sait pourquoi tu ne conduis pas ! Tes grands-parents sont morts dans un abominable accident de voiture! Grillés dans les flammes! Pauvre petite fille ! Tout le monde perd ses grands-parents, Claire! Et c’était il y a vingt-cinq ans!
L’épouse. — Ils sont morts sous mes yeux! J’ai passé un mois en réanimation à l’hôpital! J’ai eu des greffes de peau! J’ai failli mourir!
L’époux. — Moi j’ai failli mourir d’une intoxication à la salmonellose en colonie de vacances. Tout le monde a failli mourir une fois dans sa vie. On n’a pas tous des chauffeurs pour autant.
L’épouse. — Inculte.
L’époux. — Qu’est-ce que tu racontes?
L’épouse. — Quinze jours de vacances et tu n’emportes pas un seul livre.
L’époux. — Tu vas encore me faire chier avec cette histoire de livres? En vacances, je me repose! Je ne fais rien! Je me vide la tête!
L’épouse. — Il n’y a rien à vider! Ta tête est déserte! Même Dieu n’est pas dans ta tête! Tu n’as pas de Dieu! Tu ne vois pas Dieu! »
Et tandis que la situation empire, un petit miracle se produit : Sabine aide Sabine à s’émanciper… allant même jusqu’à transformer les sarcasmes de son mari en jalousie. Dès lors le roman prend une toute autre dimension. La violence sourde et le machisme rampant viennent se fracasser sur la solidarité nouvelle entre la femme et la poupée. Le rôle de l’homme et de la femme au sein du couple sont remis en question et vont finir… mais vous le découvrirez par vous-mêmes !
Ce roman est sélectionné pour le Prix Anaïs Nin 2018 qui récompense «une œuvre qui se distingue par une voix et une sensibilité singulières, l’originalité de son imaginaire et une audace face à l’ordre moral». Inutile d’ajouter que L’Enlèvement des Sabines répond parfaitement à ces critères.

L’enlèvement des Sabines
Émilie de Turckheim
Éditions Héloïse d’Ormesson
Roman
224 p., 17 €
EAN : 9782350874333
Paru le 11 janvier 2018

Ce qu’en dit l’éditeur
Avec impertinence et humour, L’Enlèvement des Sabines démonte la mécanique des rapports de force et opère une libération, aux confins du meurtre et de la folie.
Pour son pot de départ, Sabine reçoit une sex doll. Stupéfaite, la jeune femme rentre chez elle accompagnée de sa poupée aux seins démesurés et au visage figé de manga. Un renversement s’opère face à cette étrange colocataire convoitée et confortablement installée.
D’un naturel effacé, Sabine se confie et pas à pas s’impose dans le jeu mortifère de son couple avec Hans – un metteur en scène mondialement connu pour ses spectacles ultra réalistes, encensé par toute la critique qui veut y lire une dénonciation de la violence.
Pourtant en coulisse sévit un monstre féroce protégé par son charme, son succès et son aura de créateur génial.

Les autres critiques
Babelio
Toutelaculture.com
Lecteurs.com (Alsk Leska)
Emission Dans quelle éta-gère (Monique Atlan)


Émilie de Turckheim présente L’enlèvement des Sabines © Production Librairie Mollat

Les premières pages du livre 
Noma Takeshi : journaliste au Nikkan Gendai.
Gidayū Takemoto : en couple avec Sayana depuis un an.

L’entretien a lieu à Hiroshima, chez M. Gidayū, dans un appartement
d’une seule pièce, au 9e étage d’une tour.

Noma Takeshi Est-ce qu’on doit chuchoter ? Je vois qu’elle se repose…
Gidayū Takemoto Non, non… on peut parler normalement. Sayana est une poupée, elle n’entend pas.
N. T. Pour vous, Sayana est bien plus qu’une poupée… Vous la considérez comme votre compagne, je crois…
G. T. Oui, Sayana est ma compagne. Je partage ma vie avec elle.
N. T. Et elle ? Est-ce que Sayana partage sa vie avec vous ?
G. T. Bien sûr. Nous partageons tout. Je vais fermer le store si ça ne vous dérange pas, avec ce soleil qui entre il fait très chaud.
N. T. Ils ont annoncéde grosses chaleurs pour aujourd’hui et apparemment, ce sera pire demain. Monsieur Gidayū, racontez-nous une journée typique avec Sayana.
G. T. Rien de spécial… On se réveille à 5 h 50, on se lave, après on mange en tête-à-tête à cette table. Sayana est toujours assise de votre côté, à votre place. Elle n’est jamais assise ailleurs. Tous les couples ont leurs habitudes… Je lui sers son tamago kake gohan et des tsukemono, même si elle ne les mange pas. Je lui parle de ce que j’ai dans la tête… les soucis… ma mère… Je vous ai dit au téléphone que ma mère était malade… Et aussi les problèmes à l’usine… Ou parfois on mange en silence. Et puis je l’embrasse avant de partir au travail. Je lui dis : «À ce soir, Sayana. Passe une bonne journée». Et le soir, je la retrouve exactement à la même place, assise là.

Extrait
« Sabine, c’est moi, c’est maman. Je n’ai pas dormi de la nuit… c’était couru d’avance… On ne peut pas dormir dans ces conditions… Je suis épuisée… J’ai fini par appeler ta sœur à 5 h 15 du matin… Je m’en voulais de la réveiller, mais je n’avais pas le choix… j’étais angoissée, j’avais le cœur qui battait à cent cinquante à l’heure… Tu ne vas pas en croire tes oreilles : ta sœur était déjà levée! À 5 heures du matin! Elle a une audience très importante à 11 heures… elle était plongée dans son dossier… Elle reprenait tous les points, un par un, pour son client… Si un jour tu commets un crime… si tu étrangles Hans… prends ta sœur pour te défendre… Tu sortiras du tribunal innocente comme un bébé au sortir du ventre sa mère… Bref je lui explique que tu es sur le point de laisser tomber ton travail sur un coup de tête et que ça serait bien qu’elle prenne un moment pour te parler… J’avais un peu honte de l’embêter avec cette histoire… elle qui est tellement responsable et bosseuse… elle a d’autres chats à fouetter… et là je réalise qu’elle est déjà au courant… Non seulement elle sait que tu démissionnes, mais elle le sait depuis des mois… Mets-toi à ma place, Sabine! Je passe pour quel genre de mère? C’est tout à l’honneur de ta sœur… Fanny est une tombe. Quel que soit le secret qu’on lui confie, elle gardera la bouche cousue »

À propos de l’auteur
Née en 1980 à Lyon, Émilie de Turckheim publie à vingt-quatre ans Les Amants terrestres. Son expérience de visiteuse de prison lui inspire Les Pendus (2008) et Une sainte (2013). Elle reçoit le prix de la Vocation pour Chute libre (2009). Elle est modèle vivant pour des peintres et des sculpteurs, une expérience qu’elle relate dans La Femme à modeler, paru en 2012. En 2013, elle publie également deux albums pour la jeunesse Jules et César et Mamie Antoinette aux éditions Naïve. Elle reçoit le prix Roger Nimier pour La Disparition du nombril (2014). Suivra Popcorn Melody en 2015. L’enlèvement des Sabines est son neuvième roman. (Source : Éditions Héloïse d’Ormesson / Wikipédia)

Site Wikipédia de l’auteur

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Focus Littérature

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L’Éveil de l’Ange

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L’Éveil de l’Ange
Éva Delambre
Tabou Editions
Roman érotique (public averti)
368 p., 16 €
ISBN: 9782363260338
Paru en novembre 2015

Où?
Le roman se déroule en France, à Paris et dans une belle propriété située dans un petit village au cœur de la Drôme.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Solange aime écrire, mais elle doute de son talent. Beaucoup trop selon son amie Axelle qui lui déniche un travail un peu spécial : rédiger les mémoires d’un dénommé Tristan Bussy ; et pour ce faire, résider dans sa propriété. Solange finit par se laisser convaincre. Elle était justement à la recherche d’un emploi. Sauf que celui-ci va s’avérer particulier. En effet, Tristan Bussy n’est pas un vieux monsieur et ses récits de vie sont d’un érotisme torride. De plus, il attend d’elle une implication très personnelle dans l’exercice d’écriture qu’il lui confie : il faudra qu’elle aussi se dévoile!
Peu à peu, Solange succombe au charme du séduisant quadragénaire, au point de s’engager lentement dans une relation charnelle aux accents de domination et de soumission. Mais elle est traversée de doutes : Tristan la désire-t-il réellement ou n’est-elle que son jouet ? Qu’attend-il réellement d’elle ?

Ce que j’en pense
***
La littérature érotique est un vaste domaine qui permet toutes sortes de variantes et de fantaisies. En quelques semaines, il nous aura été permis de découvrir deux pratiques totalement opposées, celle d’une femme libre de ses choix et de ses fantasmes, qui n’hésite pas à jeter ses amants comme un mouchoir usagé, quitte à mener une vie Décousue et celle d’une femme soumise, objet consentant des fantasmes de son Maître.
Éva Delambre nous propose en effet une sorte d’initiation au BDSM (abréviation de « Bondage, Discipline, Sado-Masochisme ») à travers le récit de Solange. Cette dernière vient de perdre son emploi de libraire lorsque son amie Axelle lui propose de répondre à un concours de nouvelles qu’elle va finir par remporter. Axelle, en jouant les entremetteuses a toutefois omis de mentionner que le prix consistait en un contrat de rédaction de récits érotiques.
Aussi Solange n’imagine guère ce qui l’attend lorsqu’elle débarque dans la belle propriété drômoise de Tristan Bussy. Mais après tout, elle entend bien profiter de ce voyage pour faire le point : « Quoi de mieux que de retrouver complètement déracinée, loin de tout repère familier et dans un contexte quelque peu déstabilisant, pour savoir ce qui était le mieux pour soi et ses véritables aspirations. »
Sans oublier que Tristan est séduisant et que la rédaction de ces récits est bien payée… Le piège peut se refermer sur Solange.
Car comme le maître dominateur Hieros le rappelle dans un article de Philosophie Magazine : « Le dominateur est un narrateur qui prend le pouvoir avec les mots. »
Alors Tristan parle, raconte et se faisant envoûte Solange qu’il a pris soin de débaptiser pour l’appeler Ange.
Après le premier récit, celle d’une femme rencontrée sur internet et dont on ne saura rien de plus que sa soumission dans une chambre d’hôtel, viendront les histoires de Carène, Camille, Jade, Alice et les autres.
Seule, quasiment obligée de se mettre dans la peau de celles dont elle doit retranscrire les faits et gestes, Solange sent bien qu’elle perd le contrôle de ses actes.
« J’étais pitoyable et le pire était que j’en avais conscience. Je pensais à toutes ces femmes qu’il m’avait racontées, toutes ces soumises si belles et si parfaites qui assumaient avec délice leur condition, qui ressentaient leur appartenance comme un privilège, un honneur. Je les imaginais si fières et si promptes à effectuer n’importe quel geste humiliant et rabaissant avec une élégance et une classe déconcertantes, tant pour elles, cela avait un sens profond, tant c’était là un symbole puissant. »
Après ce que l’on pourrait assimiler à un nettoyage de cerveau, l’ange est prêt à succomber à son tour. Elle veut ressentir à son tour la douleur mêlée au plaisir. Mais le contrat qui la lie à son Maître tient ici davantage de la mise en scène que de la vraie soumission. Il est aussi question de plaisir réciproque durant leurs échanges.
Si l’Ange s’éveille, c’est aussi en prenant conscience que cet épisode ne peut s’inscrire dans la durée : « J’avais aussi envie de partager d’autres choses, d’autres moments. Envie de discuter tard dans la nuit d’un film que nous aurions vu ensemble, envie de lire après lui les mêmes livres pour échanger nos idées, envie de chiner aux puces, envie de soirées, d’expos, de restaurants, envie de voyages à deux, de projets pourquoi pas. »
Là où la soumission aurait pu déboucher sur une expérience sectaire, voire – pour oser une image plus violente – sur un engagement de type djihadiste, on se rapproche des 50 nuances de Grey. L’expérience BDSM devient alors plus un jeu qui utilise les codes du genre sans sombrer dans les extrêmes. L’Ange parviendra-t-il à prendre son envol ? C’est ce que nous découvrirons dans le second tome à paraître.

Autres critiques
Babelio
Blog Kamana Dream Traveler
Blog Plume bleue
Blog Mes impressions de lecture
Onirik
Blog Le Monde enchanté de mes lectures
Carla-blog (site d’une soumise)

Extrait
« Il pouvait tout sur elle, il avait tous les droits. Il était son Seigneur et Maître, et jamais elle ne devait l’oublier. Elle était haletante, à la fois honteuse et terriblement excitée par la façon dont il la traitait. Il lui rappela sa condition, ce qu’elle était. Elle ne pouvait rien faire qu’acquiescer, la joue collée au sol.
Il finit par venir derrière elle et après avoir joué un peu avec ses doigts, il se protégea et la pénétra brutalement en la prenant par les hanches. Elle était pleinement passive. Les poignets et les chevilles douloureux à cause des cordes, la joue et l’oreille irritées par le frottement contre la moquette, et pourtant, elle coulait d’un désir hors norme. Ce désir qui naît dans la contrainte, l’humiliation et la douleur, dans l’abnégation et l’abandon de soi. Un désir trouble, que peu peuvent comprendre et encore moins ressentir. Un désir au-delà des conventions et des normes, qui se niche au creux du ventre et qui se nourrit de cette sensation de soumission et d’appartenance. Un désir qui gronde tant et tant en son antre qu’elle gémit de plaisir sans retenue. » (p. 60-61)

À propos de l’auteur
Éva Delambre est une jeune femme bien dans sa tête et bien dans son corps. De nature passionnée et curieuse, elle assume ses envies et ses penchants. Elle a fait ses premiers pas dans le BDSM il y a quelques années. C’est sa découverte de ce monde et son imagination fertile, associées à sa passion pour l’écriture, qui ont donné naissance à l’auteure qu’elle est maintenant. (Source : Tabou Editions)
Page Twitter de l’auteur

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Décousue

RACHEL-decousue

 

 

 

 

 

-18ans

Décousue
Maryssa Rachel
5 sens éditions
Roman érotique
224 p., 15 €
ISBN 9782970104124
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
À la manière d’un journal intime, Maryssa Rachel nous emmène à travers les chemins sinueux du libertinage, révélant ainsi toute la complexité de l’être humain et de ses désirs les plus profonds. Déroutant ou dérangeant, ses mots tantôt doux tantôt acerbes continueront de provoquer ou simplement d’exister, sans même se retourner, sous le regard conformiste d’une société en plein questionnement.

Ce que j’en pense
***

Ce roman – à ne pas mettre entre toutes mains, comme il convient de l‘écrire – est avant tout une déclaration de liberté. Celle de Rose, une femme qui entend bien mener sa vie comme elle l’entend, sans notamment subir les humeurs des hommes qui, presque tous, vont le décevoir à un moment ou à un autre : « Dès le premier coup de bite donné, ils se sentent surpuissants et pensent qu’ils pourront enfin m’enfermer, me posséder. Je déteste l’étouffement, je suis indépendante et je compte bien le rester encore longtemps ».
Une déclaration d’indépendance qui se heurte toutefois bien vite à un petit problème : la narratrice, qui est une hédoniste, aime la bonne chère et la bonne chair, la champagne, les entrecôtes saignantes et le sexe. Et pour parvenir à ses fins, elle n’a «pas besoin de phrases ni de longs discours, seuls les corps s’expriment. Exit hypocrisie, mensonge et bla-bla inutile.»
Car le parcours de Rose était jusque là assez classique, depuis la découverte de la sexualité à l’école, puis chez les bonnes-sœurs jusqu’à la rencontre avec Mickael, son premier copain, avec laquelle elle restera sept ans, histoire de faire ses classes.
Histoire aussi de se lasser en découvrant à la fois les servitudes de la vie de couple et la facilité qu’elle a à séduire : « Un homme, c’est mécanique. Un homme, il suffit de la regarder avec envie pour qu’à son tour il ait envie. Un homme, il suffit de lui dire ce qu’il veut entendre pour qu’il nus mange dans la main. Un homme, c’est simple. »
Commence alors le petit catalogue de ses rencontres et de ses fantaisies jusqu’aux clubs échangistes, en passant par la rencontre fortuite ou la fille du bar au regard de braise… qui ne va pas tarder à enlever son «r» au mot braise. Ajoutons une mention pour la scène de la bibliothèque, fantasme commun à de nombreux amateurs de littérature.
Cette addiction va peu à peu l’entraîner sur des chemins un peu plus risqués. Comme pour une droguée en manque, elle va devoir satisfaire sa boulimie de sexe avec des partenaires de moins en moins attirants, des objets plus ou moins vibrants, des pervers plus ou moins violents. Un peu n’importe où et n’importe quand. Nous voilà entraînés vers un remake d’Histoire d’Ô plutôt que vers une Emmanuelle 2.0. Quand Eros s’approche de Thanatos. Quand la douleur, l’humiliation, l’insulte accompagnent la jouissance.
C’est du reste là que réside, à mon sens, l’intérêt de ce roman. On comprend avec la narratrice que la quantité ne saurait se substituer à la qualité : « J’ai trente-cinq ans, un peu fatiguée, usée, blasée par la multitude de ces relations qui s’additionnent chaque jour un peu plus. Je n’ai toujours pas trouvé la personne qui puisse me combler, j’ai toujours peur lorsque je frôle l’amour. »
Rose sent que son chemin est parsemé d’épines. Désormais, c’est avec toutes ses expériences et sa nouvelle lucidité qu’elle affronte la vie.

Autres critiques
Babelio
Blog Le monde enchanté de mes lectures (Eloradana2303)
Blog Esprits libres

Extrait
« Combien de fois ai-je entendu des hommes ou des femmes traiter des nanas qui aiment le sexe de nymphomanes ; des jaloux, des envieux sans nul doute, des coincés, des frustrés, des malheureux. Des gens qui n’arrivent tout simplement pas à assumer entièrement leurs propres envies. Il est tellement plus facile de mettre en avant chez l’autre ses propres névroses et de les discriminer. Je suis donc une hypersexuelle, une séductrice, une prédatrice, peu importe en fait les mots qu’on me colle sur la peau. Je me sers de mon corps pour communiquer, les mots ne sont que des mots, il est plus facile de parler que d’agir. Je préfère agir que parler car je déteste la facilité. »
Extrait en vidéo (p. 63-65)

A propos de l’auteur
Ecrivaine, Photographe, Chroniqueuse (LP MAG paris) et scénariste est née dans la Drôme en 1976. Certains la qualifient de « photo_thérapeute ». Elle aide majoritairement les gens qui la sollicitent à retrouver confiance en eux.
Elle jongle entre écrits et travail photographique. Ses expositions sont réalisées aussi bien dans la Drôme, en PACA que sur Paris. Elle a participé à l’illustration de la brochure «Tomber la culotte» financée par l’INPES ainsi que l’article « D’économe je suis devenue écolo » sur TF1 NEWS, en octobre 2011. Son premier roman « Shemale » est sorti en octobre 2012 aux Ed. Kirographaires.
En février 2012, elle est invitée sur le plateau de « la nouvelle édition » sur canal+ pour parler du documentaire d’A.Rawlins. La chaîne W9 la contactera également pour photographier l’héroïne d’une émission TV.
Maryssa Rachel travaille principalement sur des sujets qui dérangent et par le biais de ses œuvres tous supports son but est de faire réagir, d’amener à réfléchir. (Source: 5 sens éditions)

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