Les idéaux

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En deux mots:
Aurélie Filippetti a choisi d’oublier la politique et raconter dans un roman au goût amer combien la confrontation des idéaux à la réalité est usante. Un adieu aux armes sur fond d’amours clandestines entre un homme de droite et une femme de gauche.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Adieu la politique

Aurélie Filippetti revient au roman pour raconter une histoire d’amour entre un homme de droite et une femme de gauche. Entre convictions, combats et désillusions.

Avant d’être ministre de la Culture, Aurélie Filippetti était romancière. Les derniers jours de la classe ouvrière et Un homme dans la poche ont prouvé son talent en la matière. Aussi l’annonce de la parution de son nouveau roman a attisé ma curiosité. Une fois oublié l’aspect secondaire du petit jeu des personnages réels cachés derrière les protagonistes – Frédéric Dupuis affirme dans l’Express avoir identifié Frédéric de Saint-Sernin, ancien secrétaire d’Etat de Jean-Pierre Raffarin comme l’amoureux de la ministre et Marc Ladreit de Lacharrière, le patron de Fimalac derrière «le portrait féroce d’un autre homme, un financier matois et flagorneur, jouant les mécènes culturels pour mieux infiltrer les hautes sphères du pouvoir.» – il faut d’abord lire cet épais roman comme un témoignage, un compte-rendu détaillé et vécu des rouages du pouvoir, car on ne peut dissocier la ministre de la culture de la romancière.
Il y a d’abord ce constat douloureux que derrière l’image – la volonté affichée de la parité – se cachent des années de pratique machiste du pouvoir et cette méfiance des femmes : « on ne les laissait exister qu’ainsi, au service de… de l‘homme, du chef, du leader, de l’enfant, de la société. Elle avait été obligée d’insister et de faire plusieurs fois remarquer que la commission qui traitait des finances, du budget, qui répartissait les subventions, qui enquêtait sur l’exécution des comptes, ne comprenait que 3 femmes sur 70 membres, pour obtenir l’autorisation d’y siéger, à titre exceptionnel pour une nouvelle arrivante. Il était frappant de constater que même dans les plus hautes sphères du pouvoir les femmes étaient ainsi infantilisées, subordonnées, si rarement écoutées avec sérieux. Condamnées à un prétendu altruisme qui les enfermait. Obligées de s’enraciner dans ce que d’autres voulaient bien reconnaître en elles pour s’émanciper. Chaque parole féminine qui disait le plaisir, la gaieté égoïste, l’hédonisme ou la lutte, l’exigence, le courage, la volonté était retournée contre elles. » La scène qui raconte l’arrivée de la toute fraîche nommée ministre de la culture au Festival de Cannes est à ce propos aussi éclairante que consternante.
Il a y ensuite cette histoire d’amour aussi improbable que vraie. L’homme de droite et la militante de gauche se sont reconnus dans leur histoire familiale semblable, leur volonté de rendre à l’école de la République ce qu’elle leur a donné, ce besoin quasi viscéral de s’engager pour relayer la voix des habitants de leur circonscription respective. Ils ont construit leur amour en sachant que leur relation était impossible.
« Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs. » Mais c’est sans doute aussi ce qui entretient leur relation et l’enrichit, l’urgence d’une part et la liberté de leurs échanges d’autre part. On serait même tenté de dire enfin un moment où la confrontation des idées peut avoir lieu tant les blocages, les compromis – pour ne pas dire les compromissions – sont légion. Pourtant la ministre et ses amis proches avaient promis de ne pas abandonner les leurs, compagnons de lutte en Lorraine durement frappés par l’abandon du charbon et de l’acier, sachant pertinemment que «s’ils perdaient de vue cette exigence, ils se perdraient eux-mêmes.» Ce qui a fini par arriver… Même si, avant de rendre les armes, la ministre a voulu trouver dans sa circonscription de quoi se ressourcer et rebondir. Mais au temps des campagnes médiatiques et des réseaux sociaux, on a tôt fait de juger sans même l’esquisse d’un procès à armes égales.
Il faut lire ces pages qui racontent le quotidien, la confrontation avec les fonctionnaires des cabinets ministériels puis celle avec les ouvriers que l’on avait assuré de leur soutien pour comprendre ce qu’est l’usure du pouvoir. Et trouver entre les lignes quelles souffrances peuvent endurer celles et ceux qui entendent ne pas renier leurs idéaux, fut-ce au prix d’une demi-victoire.
En saluant la romancière, on ne peut toutefois s’empêcher de lire entre les lignes le constat d’un grand gâchis. Quand tout le système, les énarques, le Premier ministre et le Président choisissent de renoncer aux promesses – y compris après les attentats – pour un «pragmatisme» qui n’a plus rien à voir avec Les idéaux.

Les idéaux
Aurélie Filippetti
Éditions Fayard
Roman
448 p., 21,50 €
EAN : 9782213709444
Paru le 22 août 2018

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris, mais aussi en province et notamment en Lorraine. On y évoque aussi une escapade amoureuse en Italie, à sienne, Arezzo, Sansepolcro et des promenades au bord de la Dronne dans le Sud-Ouest de la France.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Rapidement ils ont décidé que l’amour n’était pas fait pour eux.
Se plaire, se désirer, se retrouver en secret, oui. Mais s’aimer ?
Son père à elle est tombé d’un échafaudage ; son père à lui est tombé au champ d’honneur. Elle est hantée par les voix de tous ceux qu’on n’entend jamais, ceux qui peinent, qui travaillent, mais que le dévoiement des mots « mérite » et « réussite » réduira bientôt à « ceux qui ne sont rien ». Lui est habité par l’amour de sa province comme par la certitude de sa légitimité à parler en son nom, à veiller sur elle comme dans les légendes les chevaliers veillaient sur les faibles.
Ils se sont connus à l’Assemblée nationale. Députés tous les deux. Et – forcément – de deux camps opposés. Mais ils n’ont pas pu résister à l’attrait qu’ils avaient l’un pour l’autre.
Ici ce sont moins leurs familles, fussent-elles seulement politiques, Capulet et Montaigu sur les bancs du Palais Bourbon, qui entravent leur relation, que leurs propres convictions. Combien de temps dure l’attirance des corps quand les esprits s’entrechoquent ?
Traversant les affres inévitables liées à leur fonction, ils tirent pourtant de leur liaison clandestine une étrange force, un devoir de tolérance qui les rend plus libres.
Leur rencontre serait-elle le dernier lieu de la politique? D’une confrontation qui ne dégénérerait pas inévitablement en affrontement? Ne partagent-ils pas, au fond, une même conception démodée, en voie de disparition, du service de l’État ? Ou l’amour qu’ils croyaient interdit, sans qu’ils s’en aperçoivent, s’en est-il quand même mêlé?
Dans ce roman d’amour pas comme les autres, captant les regards, les frôlements de corps, les doutes, elle rend à l’exercice de la politique une dimension sensible et humaine, que menacent la froideur des calculs tactiques, du carriérisme et de l’individualisme érigé en vertu.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
Actualitté (Nicolas Gary)
BibliObs (Didier Jacob)
Libération (Portrait – Luc Le Vaillant)

Les premières pages du livre
« Partie 1
Dix ans d’attente
Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible.
Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.
Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.
– J’ai pensé à toi.
Il travaillait avec bonne humeur, entouré de l’affection des siens, dissimulant sous l’autodérision l’arrogance de ceux qui se croient un destin, satisfait d’avoir déjà accompli beaucoup de ce que la vie peut donner. On aurait pu les dire enfants gâtés de la République si une fêlure n’abîmait leur belle assurance. Ils ne s’en parlaient pas, mais le tricolore recouvrait une blessure. Ils savaient s’en montrer reconnaissants, sans se draper dans l’exaltation d’un étendard qui leur tenait simplement chaud, et ça leur suffisait. Elle en éprouvait une gêne légère, presque une pudeur. Ce drapeau n’était pas de naissance pour elle, et elle abhorrait les relents nationalistes auxquels il pouvait donner prétexte, mais, pour les siens, il avait d’abord incarné une conquête, un espoir, et cela forçait le respect. Il représentait le rêve réalisé de la liberté et de l’égalité, et elle avait envie de se battre pour qu’il le reste. Entre le rouge de la lutte et le bleu du droit, elle imaginait les traces de pas, sur la neige immaculée, de ceux qui traversaient les montagnes, à pied, pour parvenir jusqu’ici, les yeux de ceux qui s’entassaient dans des camions sauvages pour affronter la nuit, la peur des embarqués de fortune sur des flottilles de papier. Pour eux, comme pour sa famille, ses parents, ses grands-parents, la page avait d’abord été blanche. Alors il lui serrait le cœur, cet étendard ; elle en connaissait trop le prix, c’était souvent celui du linceul.
Les générations précédentes s’étaient battues pour avoir le privilège de mourir, non pas pour lui, mais pour ce qu’il représentait : l’égalité. Elle continuait de penser que s’il y avait une chose qui définissait son pays, plutôt que ses frontières, c’était une volonté de justice. Elle remerciait ces étrangers dépenaillés et hagards, à bout d’espérances, de continuer à faire vivre par leurs rêves un peu de cet idéal, quand tant d’autres ici même avaient renoncé à lui être fidèles. Si peu d’années séparaient ceux qui étaient dans leurs droits de ceux qui ne l’étaient pas : la raison ne peut se satisfaire d’une telle contingence.
Lui se laissait parfois aller à des épanchements patriotiques : pour lui, la terre, c’était l’origine de tout, le sens de sa présence dans un décorum généalogique que son ironie lui aurait fait trouver ridicule autrement. Il revendiquait la légende des siens, celle de lointains chevaliers chargés de protéger leur peuple, il croyait en la charité et au bien. Il avait la foi. C’était, selon lui, à travers un pays que l’homme se dépassait, transcendait sa condition, rejoignait ses pères et ses frères pour faire résonner le collectif au cœur de l’intime. Les aînés, la lignée étaient là, qui veillaient. Loin des hoquets du moment et des partis pris de circonstance, des soubresauts qui n’inscriraient pas même une éraflure sur le mur de l’histoire, il entendait maintenir un lien avec des valeurs plus hautes, une mystique plus ancienne, un engagement plus profond. Cela justifiait bien des choses, en somme.
C’est qu’elle leur avait beaucoup pris, aussi, la France.
Si l’on cherchait ce qui rendait leur engagement si entier qu’ils ne pouvaient envisager de vivre sans chercher d’une manière ou d’une autre à participer à des combats plus grands qu’eux, il fallait regarder ce qu’ils voulaient dissimuler d’eux-mêmes derrière cette ambition.
Un arrachement originel était leur clef intime. Le sacrifice initial des tombés au champ d’honneur dont ils allaient fleurir les tombes silencieuses. Ils étaient poursuivis par le regret des bonheurs d’enfance décapités.
C’était loin derrière eux, pourtant. Mais alors pourquoi sentaient-ils encore la brûlure de la plaie, et avaient-ils eu besoin de parachever les histoires amputées de ceux qui les avaient précédés, de les poursuivre dans l’illusion que cela leur donnerait accès à une forme de réconciliation avec le monde? »

Extraits

« Elles étaient condamnées à s’engloutir dans les fonctions -affaires sociales, éducatives, santé -qui les ramenaient sans cesse à In relation à l‘autre; on ne les laissait exister qu’ainsi, au service de… de l‘homme, du chef, du leader, de l’enfant, de la société. Elle avait été obligée d’insister et de faire plusieurs fois remarquer que la commission qui traitait des finances, du budget, qui répartissait les subventions, qui enquêtait sur l’exécution des comptes, ne comprenait que 3 femmes sur 70 membres, pour obtenir l’autorisation d’y siéger, à titre exceptionnel pour une nouvelle arrivante. Il était frappant de constater que même dans les plus hautes sphères du pouvoir les femmes étaient ainsi infantilisées, subordonnées, si rarement écoutées avec sérieux. Condamnées à un prétendu altruisme qui les enfermait. Obligées de s’enraciner dans ce que d’autres voulaient bien reconnaître en elles pour s’émanciper. Chaque parole féminine qui disait le plaisir, la gaieté égoïste, l’hédonisme ou la lutte, l’exigence, le courage, la volonté était retournée contre elles. Elles, condamnées à aimer, à donner, à ne pas profiter, à ne jouir que dans le sacrifice et dans l’oubli d’elles-mêmes, ou au contraire dans l’image de leur frivolité sans cesse exhibée. Leurs révoltes finissaient par les étouffer comme un boa. »

« Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible.
Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.
Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre. »

« Ses grands-parents à elle étaient arrivés en France dans les exils de la misère. Paysan, bracciante, journalier, son grand-père avait trimé sur les échafaudages des grands barrages avant que l’un d’entre eux ne s’écroule, entraîné par l’effondrement d’une grue. La nationalité des morts faisant visiblement une différence, il n’y eut pas d’indemnités pour son accident du travail. Son père était mort d’une maladie professionnelle liée à l’incurie des directeurs d’usine quant à l’air qu’ils faisaient respirer à leurs ouvriers. Comme souvent ne restent que les mères, il lui resta la sienne. Elle éleva ses filles pour qu’elles obtiennent ce dont elle avait été privée, un diplôme et l’indépendance. Elle était sans indulgence pour le dilettantisme scolaire, un luxe de gosses de riches, et exigeait de ses enfants un effort de chaque instant. Elle vivait dans la hantise que ses filles se fassent prendre trop vite au piège du mariage, dans la terreur qu’elles lui sacrifient leurs études, leurs carrières possibles. Pour échapper à la fatalité d’un destin écrit d’avance, elle voyait une issue et une seule : la promesse qu’elle pouvait lire au fronton de la façade de l’école, où elle les accompagnait le matin. La devise républicaine les accueillait avec une solennité austère, sans phrase ni verbe, juste trois principes inséparables, d’une dureté révolutionnaire qui ne souffrirait aucune contestation. Ces mots s’adressaient à elle, offraient l’assurance d’une justice, quelque part, ce quelque part étant là, entre les murs de ces salles de classe. Il n’y avait pas à attendre de paradis lointain pour compenser les souffrances endurées ici-bas. Il suffisait de serrer la main des enfants très fort, de les pousser en avant, et de les laisser marcher seuls, hésitants, jusqu’à la porte de l’école. Ensuite, tout irait bien. On travaillerait le soir à la maison, on ne ferait pas de bruit, la table serait débarrassée pour laisser place aux cahiers : elle éteindrait la télé et se mettrait dans un coin pour lire les livres choisis pour elle par l’aînée. »

À propos de l’auteur
Romancière (Les derniers jours de la classe ouvrière, Stock, 2003 ; Un homme dans la poche, Stock, 2006), Aurélie Filippetti a été députée et ministre de la Culture. (Source : Éditions Fayard)

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Un personnage de roman

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Voici cinq bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que Philippe Besson s’est imposé durant les dernières années comme l’on des meilleurs prosateurs contemporains et que j’ai bien aimé Arrête avec tes mensonges, son dernier roman autobiographique.

2. Parce que, indépendamment de l’orientation politique de chacun, il faut bien reconnaître que l’ascension à la présidence d’Emmanuel Macron a quelle chose de très improbable, ce qui donne une vraie dimension romanesque au récit.

3. Parce que, si le livre ne contient par essence aucune révélation particulière, il n’en est pas moins – à l’instar des ses prédécesseurs Laurent Binet pour François Hollande et Yasmina Reza pour Nicolas Sarkozy, la relation d’une page de notre histoire politique bien plus plaisante à lire que les ouvrages dits sérieux.

4. Parce que, comme le souligne Philippe Alexandre dans sa chronique du magazine Lire d’octobre 2017, on y découvre le rôle joué par l’épouse du président tout au long de cette année électorale. Du coup, on peut imaginer la place qu’elle prend aujourd’hui dans l’entourage du Président. «Il est très attentif et très attentionné avec elle. L’embrasse souvent, écoute son avis en réunion. En déplacement, il cherche sans cesse son regard. Même devenu président, il garde du temps pour elle. Leur relation est très égalitaire. »

5. Parce que on peut y lire en creux la passion d’Emmanuel Macron pour les écrivains et le littérature, lui qui cite par exemple Stendhal, nomme une éditrice au ministère de la culture et accompagnera cette dernière à la Foire du livre de Francfort qui se tient du 11 au 15 octobre.

Un personnage de roman
Philippe Besson
Éditions Julliard
Roman
216 p., 18 €
EAN : 9782260030072
Paru en septembre 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
« Je connaissais Emmanuel Macron avant qu’il ne se décide à se lancer dans l’aventure d’une campagne présidentielle. Et quand il m’a exprimé son ambition d’accéder à l’Élysée, j’ai fait comme tout le monde : je n’y ai pas cru.
J’ai pensé : ce n’est tout simplement pas possible.
Pourtant, au fil des mois, au plus près de lui, de son épouse Brigitte et de son cercle rapproché, sur les routes de France comme dans l’intimité des tête-à-tête, j’ai vu cet impossible devenir un improbable, l’improbable devenir plausible, le plausible se transformer en une réalité.
C’est cette épopée et cette consécration que je raconte. Parce qu’elles sont éminemment romanesques et parce que rien ne m’intéresse davantage que les personnages qui s’inventent un destin. »

Les critiques
Babelio 
Culturebox
Marie-Claire (Katia Fache-Cadoret)
Libération (Pierre Steinmetz)
Le Point (source : AFP)
L’internaute (Axelle Choffat)
Le Temps (Richard Werly)
Franceinfo:
La Grande parade (Serge Bressan)


Philippe Besson a suivi Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle. Il raconte son expérience à François Busnel © La Grande librairie

Les premières pages du livre

Extrait
« Et puisque j’évoque un personnage, il est tentant d’aller débusquer un référent littéraire. Qui serait-il? Frédéric Moreau, le jeune provincial monté à la capitale, décrit par Flaubert dans L’Éducation sentimentale? Comme lui, il est confronté aux révolutions d’un monde qui hésite entre plusieurs régimes politiques, mais à l’inverse de lui, il n’aime pas désirer en vain et ses rêves ne le détournent pas de l’action. Adolphe, inventé par Benjamin Constant? Il en a probablement l’intelligence supérieure et le penchant pour une femme plus âgée mais il n’est pas aussi changeant, pas aussi indécis que lui. Eugène de Rastignac, le jeune loup aux dents longues, imaginé par Balzac ? Banquier, comme lui. Libéral, comme lui. Mais il ne me semble pas être prêt à tout pour parvenir à ses fins, pas avoir son cynisme. Julien Sorel, alors, le jeune héros stendhalien, beau et ambitieux? Il en a la fougue romantique, le goût de la séduction, la volonté du combat. Mourra-t-il aussi dignement sur l’échafaud? Fabrice del Dongo (autre figure de Stendhal), au naturel ardent, indépendant et rêveur, qui brave l’autorité du père, devient guerrier et lutte contre l’ordre ancien? Sauf que j’ai du mal à l’imaginer heureux dans l’emprisonnement. Mais qui sait où se niche le bonheur? »

À propos de l’auteur
Philippe Besson est né le 29 janvier 1967. Depuis En l’absence des hommes, son premier roman, couronné par le Prix Emmanuel-Roblès et vendu, toutes éditions confondues, à 80 000 exemplaires, Philippe Besson construit une œuvre d’une cohérence remarquable, au style à la fois sobre et raffiné devenu sa marque singulière. Auteur, entre autres, de L’Arrière-saison (Grand Prix RTL-Lire), Un garçon d’Italie, et La Maison Atlantique, il est devenu un des écrivains incontournables de sa génération. Ses romans sont traduits dans dix-neuf langues.
Son frère, publié en 2001, a été adapté dans la foulée par le réalisateur Patrice Chéreau. Depuis lors, il multiplie les collaborations avec le milieu du cinéma et de la télévision, s’affirmant peu à peu comme un scénariste original et très personnel. Philippe Besson a, entre autres, écrit le scénario de Mourir d’aimer (2009), interprété par Muriel Robin, La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, du Raspoutine de Josée Dayan en tant que coauteur, interprété par Gérard Depardieu, et de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant et Charles Berling.
Un tango en bord de mer, sa première pièce en tant que dramaturge, est jouée à Paris à l’automne 2014 et publiée parallèlement chez Julliard.
Il a également animé sur Paris Première l’émission Paris Dernière de 2010 à 2013. Il avait précédemment participé à l’émission Ça balance à Paris, en tant que chroniqueur et critique littéraire. En 2014, il réalise le documentaire Homos, la haine, diffusé sur France 2. En 2017 il publie Arrête avec tes mensonges, autofiction qui rencontre un immense succès critique et public (plus de 100 000 exemplaires vendus) et remporte le prix Maison de la presse. Quelques mois plus tard, il signe Un personnage de roman, à la fois récit de campagne présidentielle et portrait personnel d’Emmanuel Macron. (Source: Éditions Julliard)

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