Frappe-toi le cœur

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Voici 5 bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que je suis Amélie Nothomb depuis son premier roman, Hygiène de l’assassin. C’était déjà il y a plus d’un quart de siècle !

2. Parce qu’il faut saluer la performance de la romancière à la discipline de fer qui, fidèle à son éditeur, lui propose tous les ans un nouveau roman, sans oublier les dizaines d’autres livres qui dorment dans ses tiroirs.

3. Pour son style, aujourd’hui très maîtrisé, très épuré. Répondant à Baptiste Liger dans Lire, elle explique : « Vous savez, c’est le quatre-vingt septième roman que j’écris et, au fil du temps, j’ai appris qu’il fallait se séparer de tout ce qui n’était pas nécessaire. Dès qu’on voit qu’une scène ou une explication n’est pas indispensable, il faut la supprimer. »

4. Parce qu’elle sait varier son registre et surprendre, roman après roman. L’an passé, elle revisitait le conte de Perrault avec Riquet à la houppe (que j’ai bien aimé), cette fois elle nous invente le sien, celui de la jalousie. Au centre du récit, Diane, dont la mère Marie est jalouse et qui va essayer de se construire, notamment en se trouvant une mère de substitution, l’une de ses professeurs à la fac de médecine.

5. Parce que les critiques, prompts à dénigrer les auteurs populaires, sont quasi unanimes à trouver que Frappe-toi le cœur est l’un de ses meilleurs.

Frappe-toi le cœur
Amélie Nothomb
Éditions Albin Michel
Roman
180 p., 16,90 €
EAN : 9782226399168
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
« Frappe-toi le cœur, c’est là qu’est le génie. » Alfred de Musset

Les critiques
Babelio 
Télérama
Culturebox (Anne Brigaudeau)
ActuaLitté (Nausicaa Dewez)
Libération (Claire Devarrieux)
Blog A l’ombre du noyer 
Blog Cannibales lecteurs
Blog Les petits livres by Smallthings

Les premières pages du livre
« Marie avait 19 ans, son heure était venue. Une existence formidable l’attendait, elle le sentait. Elle étudiait le secrétariat, ce qui ne présageait rien – il fallait bien étudier quelque chose. On était en 1971. « Place aux jeunes », entendait-on partout.
Elle fréquentait les gens de son âge aux soirées de la ville, elle n’en manquait pas une. Il y avait une fête presque chaque soir pour qui connaissait du monde. Après une enfance calme et une adolescence ennuyeuse, la vie commençait. « Désormais, c’est moi qui compte, c’est enfin mon histoire, ce n’est plus celle de mes parents, ni de ma sœur. » Son aînée avait épousé un brave garçon l’été d’avant, elle était déjà mère, Marie l’avait félicitée en pensant : « Fini de rire, ma vieille ! »
Elle trouvait grisant d’attirer les regards, d’être jalousée des autres filles, de danser jusqu’au bout de la nuit, de rentrer chez elle au lever du jour, d’arriver en retard au cours. « Marie, vous avez encore fait la vie, vous », disait à chaque fois le professeur avec une fausse sévérité. Les laiderons qui étaient toujours à l’heure la contemplaient rageusement. Marie éclatait de son rire lumineux ». »

Extrait
« Maman, j’ai tout accepté, j’ai toujours été de ton côté, je t’ai donné raison jusque dans tes injustices les plus flagrantes, j’ai supporté ta jalousie parce que je comprenais que tu attendais davantage de l’existence, j’ai enduré que tu m’en veuilles des compliments des autres et que tu me le fasses payer, j’ai toléré que tu montres ta tendresse à mon frère alors que tu ne m’en as jamais témoigné une miette, mais là, ce que tu fais devant moi, c’est mal. »

À propos de l’auteur
Depuis 1992 et Hygiène de l’assassin, tous les livres d’Amélie Nothomb ont été publiés aux éditions Albin Michel. Elle a reçu, entre autres, le prix Chardonne, le Grand prix du roman de l’Académie française, le prix de Flore, et le Grand prix Jean Giono pour l’ensemble de son œuvre. Ses œuvres sont traduites dans 40 langues, des U.S.A. au Japon. (Source : Éditions Albin Michel)
Site internet de l’auteur 

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L’été en poche (46)

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La part des flammes

En 2 mots
Comment l’incendie du Bazar de la charité en 1897 va cristalliser l’état d’une société, bouleverser la vie de quelques personnages et sauver une jeune fille. Un beau roman historique, un grand roman de formation.

Ma note
etoileetoileetoileetoileetoile (coup de cœur, livre indispensable)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Marie Rogatien (Le Figaro Magazine)
« Petites trahisons entre amis, jeux de l’amour et du hasard, duels et enlèvements : cette histoire parfaitement maîtrisée et menée tambour battant embarque le lecteur dans un tourbillon d’intrigues diaboliques. Oscillant entre réalité historique, cabales et cavales romanesques, Gaëlle Nohant dresse le portrait à la loupe de la société française de la fin du XIXe: Downton Abbey à Paris. »

Vidéo


Gaëlle Nohant présente «La part des flammes». © Production Librairie Mollat

L’été en poche (44)

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Un hiver à Paris

En 2 mots
Jeune provincial lancé dans un milieu estudiantin et parisien dont il ne connaît pas les règles, le narrateur est vite mis sur la touche. Et ce n’est pas le corps enseignant qui va lui tendre la perche, bien au contraire. Indifférent quand il n’est pas méprisant, il va être à l’origine d’un suicide qui va hanter le narrateur.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Francine de Martinoir (La Croix)
« L’art du romancier ici est de nous entrainer dans le labyrinthe des sentiments : les figures dessinées y sont de plus en plus attachantes […] Le roman de Jean-Philippe Blondel illustre de façon magistrale la définition qu’Albert Thibaudet donnait du vrai romancier : « Il écrit avec les mille directions de la vie possibles. » Et il ajoutait : « Le roman fait vivre le possible. Il ne fait pas revivre le réel ». »

Vidéo


Jean-Philippe Blondel présente «Un hiver à Paris» © Production librairie Mollat

L’été en poche (1)

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La jeune épouse

En 2 mots
En attendant que son futur mari revienne d’un voyage en Angleterre une jeune femme est initiée à la sensualité par sa belle-famille.

Ma note
etoileetoileetoileetoile(j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Jeanne de Ménibus (ELLE)
«Dans ce roman tout n’est qu’élégance, raffinement et sensualité. Oscillant entre ironie et mélancolie, l’écrivain observe ses personnages de loin pour mieux se fondre ensuite dans leurs corps et dans leurs âmes. Une réussite absolue.»

Vidéo


Alessandro Baricco présente « La jeune épouse » à l’occasion du Festival Italissimo (à Paris, en avril 2016. © Production Librairie Mollat.

Jardin d’été

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En deux mots
Vacances d’été familiales en Bourgogne. Trois générations se retrouvent et se découvrent. Après quelques jours, les non-dits et les secrets de famille vont laisser la place au jeu de la vérité.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Jardin d’été
Abigail Seran
Éditions Luce Wilquin
Roman
208 p., 20 €
EAN : 9782882535320
Paru en avril 2017

Où?
Le roman se déroule principalement en Bourgogne pour une réunion familiale. Différents épisodes se déroulent également à Londres, Paris, en Grèce, mais également à Deauville, Tübingen ou encore à Lisbonne.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Élé et Charles, couple de jeunes retraités, accueillent leurs petits-enfants pour un mois de vacances. Pour la première fois, ils sont tous là, les jumeaux londoniens John et June et Iris, la fille d’Agathe, mère angoissée à l’idée de laisser son enfant chez ses parents.
Une famille, comme un mobile, maintenue en harmonie grâce au rôle et à la position de chacun. Alors, quand au cœur de cet été bourguignon le passé refait surface, le fragile équilibre est mis à mal.
Ce roman polyphonique suit cette tribu un mois de juillet pas comme les autres. Celui où les non-dits se lèvent et où l’histoire personnelle de chacun se révèle, se transforme à la lumière d’une donnée trop longtemps escamotée.

Ce que j’en pense
Comme dans un film de Claude Sautet, qui savait comme personne rendre l’atmosphère des repas de famille, Abigail Seran choisit de mettre en scène un mois de vacances dans la campagne bourguignonne. Dans ce roman choral sobrement intitulé «Jardin d’été» trois générations vont se retrouver autour de Charles et Élé, couple de retraités qui ont choisi de tourner le dos à leur vie trépidante et citadine pour trouver refuge dans ce havre de paix.
La grande bâtisse est assez spacieuse pour accueillir leurs enfants et petits-enfants. Au moment où s’ouvre le livre, Agathe, leur fille, vient d’arriver avec Iris. Du haut de ses douze ans, elle est sans doute la plus enthousiaste des convives, à la fois ravie de retrouver ses grands-parents et curieuse de voir ce que sont devenus les « J », comme elle surnomme la famille de son oncle. Julien, le frère d’Agathe, a épousé Juddy. Ce second couple arrive avec leurs enfants John et June.
Avec beaucoup de finesse Abigail Seran dépeint les personnages de la tribu, révélant des aspects biographiques mais avant tout des traits de caractère. « Agathe, timide et tendre, qui avait tant besoin d’un cadre pour s’épanouir. Le contraire de Julien. Lui s’adaptait à tout. Toujours en souplesse. On pouvait modifier les plans douze fois, il était toujours partant, le sourire aux lèvres. Son côté bohème. » Bien vite, on comprend que la cohabitation de tout ce beau monde ne sera pas si simple. Agathe n’a pas vraiment compris comment son frère à pu épouser Juddy «très aristocratique. Un peu froide.» Fort heureusement son mari Florent «avait été le pacificateur, le liant.» Sauf qu’il n’est resté que deux brèves journées avant de repartir. Avec la promesse de revenir…
Pendant ce temps, la tension monte chez les adultes et l’excitation gagne les enfants. Avec leurs amis, ils décident de préparer une pièce de théâtre qui clôturera leur séjour. Outre les répétitions, ils vont s’occuper des décors et des costumes qu’ils pourront tailler dans les habits remisés par leur grand-mère. Dans une robe d’Élé, June découvre une alliance et une photo. Charles comprend alors que le moment est venu de révéler ce secret enfoui depuis des années. Que la femme qui partage sa vie a été mariée à un autre homme, son ami Werner qui décédera tragiquement.
Entre ceux qui condamnent et ceux qui pardonnent, la crise va virer au règlement de compte. Entre ceux qui auraient aimé ne pas savoir et ceux qui prennent un malin plaisir à tout déballer, le fossé se creuse, les inimitiés se ravivent.
Le contraste entre les belles journées d’été qui invitent à la sieste ou à piquer une tête dans la piscine et le drame qui éclate donne au roman une belle intensité. Il offre aux petits-enfants l’un de ces moments-clé de leur apprentissage vers l’âge adulte, aux parents l’occasion d’un premier bilan, entre souvenirs de jeunesse et interrogations sur la vie qu’ils mènent et aux grands-parents de soigner leurs bleus à l’âme, de gagner le droit d’ouvrir une nouvelle étape de leur existence, plus sereine dans ce lieu qui aura gagné le droit d’être enfin un havre de paix.

Autres critiques
Babelio
Blog Bouquiner.ch 
Le Blog de Francis Richard
Blog Fattorius

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«Entre nous soit dit» émission de la Radio Suisse romande – Entretien de l’auteur avec Mélanie Croubalian

Extrait
« On ne savait jamais comment prendre Agathe. A la fois précieuse et distante, écorchée vive qui masquait sa sensibilité par un contrôle rigoureux. Il se souvint de l’enfance d’Agathe. Élé travaillait beaucoup. Voyages d’affaires, déjeuners professionnels, réunions tardives. Etant enseignant, c’est lui qu’Agathe trouvait à la sortie de l’école. Lui qui consolait des genoux écorchés et des chagrins d’amour. Agathe, timide et tendre, qui avait tant besoin d’un cadre pour s’épanouir. Le contraire de Julien. Lui s’adaptait à tout. Toujours en souplesse. On pouvait modifier les plans douze fois, il était toujours partant, le sourire aux lèvres. Son côté bohème. » (p. 54-55)

A propos de l’auteur
Après plus de vingt ans passés à vadrouiller en Suisse Romande et à l’étranger, Abigail Seran, aussi juriste et enseignante, a posé ses valises avec mari et enfant dans son Valais natal. Jardin d’été est son troisième roman après Marine et Lila (2013) et Une maison jaune (2015). Elle est également l’auteur d’un livre de chroniques illustrées (2015) et de textes publiés dans différentes revues. (Source : Éditions Luce Wilquin)

Site internet de l’auteur 
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Maestro

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En deux mots
Jusqu’où peut conduire une passion pour Mozart ? Le culte que voue Cécile à ce musicien va transformer sa vie et mettre son couple en péril. Un premier roman qui est aussi une enquête fouillée.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Maestro
Cécile Balavoine
Éditions du Mercure de France
Roman
224 p., 17.80 €
EAN : 9782715245440
Paru en mars 2017

Où?
Le roman se déroule en France, à Paris et Azay-le-Rideau ainsi qu’en Autriche, à Salzbourg, Anif et Vienne, en Italie, à Brixen, Bolzano, Turin, Bologne, Sienne, Venise, Florence, Rome et Naples, et aux Etats-Unis, à New York et Miami, mais nous fait également voyager au gré des concerts, à Moscou, Tokyo, Sidney, La Haye, Berlin, Munich, Mannheim et Francfort ou Prague.

Quand?
L’action se situe des années 1980 à nos jours, avec de nombreuses réminiscences aux étapes qui ont jalonné la vie de Mozart.

Ce qu’en dit l’éditeur
C’est tant de joie, ces trois premiers accords qui font résonner toute ma chambre, les phrasés qui s’envolent, les triolets qui glissent et qui m’emportent avec eux au-delà du jardin, la partition bordée d’un liseré vert, baroque. Dessus, on lit le nom de Wolfgang Amadeus Mozart. Wolfgang Amadeus Mozart. Ce nom-là, je le répète dans ma tête, ça ne fait plus qu’un seul et très long mot, dur à dire, pareil qu’Azay-le-Rideau. Volfgangamadéoussemozare, Volfgangamadéoussemozare. À neuf ans, Cécile découvre la musique de Mozart, et c’est une révélation. Certains enfants s’inventent des amis imaginaires, d’autres vouent un culte à des personnages de fiction. Pour la petite Cécile, le plus grand des héros s’appelle Mozart ! Elle l’aime sans partage et comme un dieu.
Devenue journaliste, la passion de Cécile demeure intacte. Elle a désormais une connaissance intime de l’œuvre de Mozart. Le jour où elle doit interviewer un chef d’orchestre de renom, elle ne sait pas que sa vie va basculer. Au bout du fil, la voix du maestro la trouble comme l’avait troublée et envoûtée la musique de Mozart des années auparavant… Mais tombe-t-on amoureuse d’une voix, fût-elle celle d’un grand maestro ?

Ce que j’en pense
Ma mère a souvent raconté cette anecdote dans les repas de famille. J’avais cinq ans et je me précipitais vers elle avec une feuille de papier et un crayon en criant «atiq, atiq». Si ce n’est que bien plus tard qu’elle a compris que j’avais la volonté d’écrire des articles et encore bien d’autres années plus tard que je suis devenu journaliste, c’est bien à ce moment qu’est née ma vocation.
Si je raconte cette anecdote, c’est pour expliquer combien la passion de Cécile pour Mozart, qui naît à neuf ans, est crédible. Que si les enseignants se plaignent aujourd’hui que la plupart de leurs élèves n’ont guère d’idée sur la profession qu’ils veulent embrasser, il y a aussi ceux qui très tôt n’ont plus qu’une seule idée en tête.
Voilà donc Cécile littéralement amoureuse de Mozart au point de commencer à rassembler toute la documentation qu’elle peut trouver sur le musicien, à collectionner les partitions, les enregistrements, à vouloir mettre ses pas dans ceux de son idole.
Il lui faudra supplier son père de prendre la direction de Salzbourg pour les vacances, il lui faudra passer des heures devant son piano pour tenter de retrouver les mélodies qu’il a écrites, car sa voix lui fait défaut au moment de vouloir intégrer une école de chant. Quand d’autres jeunes filles trouvent leurs idoles chez les rockers, Cécile tapisse sa chambre de portraits de Mozart et de cartes de l’Europe indiquant les lieux qu’il a traversé.
Des années plus tard, elle ira étudier à Salzbourg et, tout en apprenant l’allemand, pourra explorer la ville et tous les alentours.
Pour son premier roman, Cécile Balavoine sait trouver le ton juste pour décrire les émois de la jeune fille, la pureté quasi religieuse de son engagement. Il n’est besoin que de l’accompagner dans les escaliers de la maison natale de Wolfgang Amadeus pour s’en persuader. En passant, l’auteur nous offre le fruit de toutes ses recherches, des détails biographiques au parcours des œuvres, des voyages du jeune prodige aux interprètes actuels. Aussi, c’est tout à fait naturellement qu’elle va vouloir faire la connaissance du Maestro qui donne son titre au livre.
Après avoir rédigé un guide touristique sur Salzbourg, on va lui proposer d’autres collaborations. Par exemple, de réaliser un entretien avec le grand chef d’orchestre. Un virtuose qui ne peut que l’éblouir. Cécile va se donner à cet homme qui sait si bien mettre en musique sa passion, laissant à son mari quelques miettes.
Nous voici arrivés à l’autre grande question qui parcourt ce beau roman céleste et tellurique : quel est le revers d’une médaille aussi brillante, sans cesse polie et repolie ? Quand on parle de passion dévorante, on pense d’abord à la passion, mais peut à la caractéristique dévorante. Si Cécile la narratrice tend aussi à l’oublier, Cécile l’auteure ne l’oublie pas, ajoutant une belle densité dramatique à cette somptueuse quête.

68 premières fois
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Le blog du petit carré jaune (Sabone Faulmeyer)
Blog L’insatiable (Charlotte Milandri)
Blog T Livres T Arts 
Blog Mes écrits d’un jour
Blog Les livres de Joëlle (Joëlle Guinard)

Autres critiques
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Culturebox (Laurence Houot)
Blog Les petits livres by smallthings
Blog Le monde de Mirontaine 
Les premières pages du livre 

Extrait
« Un jour, alors que je suis seule à la maison, peut-être qu’ils sont sortis tous les trois pour une promenade, je fouille dans la bibliothèque, je trouve une biographie de Mozart. Personne ne l’a jamais ouverte. Les pages sont encore propres, elles sentent le papier neuf. Peut-être qu’on l’a achetée pour moi. C’est une édition rouge, en cuir. L’auteur s’appelle Marcel Brion de l’Académie française. J’ai honte en lisant la préface où il raconte qu’il a bien hésité avant d’écrire son livre parce qu’On ne touche pas à Mozart. Parce que Mozart, c’est sacré. J’ai chaud dans la gorge, sur les joues, je voudrais disparaître, moi qui parle à Mozart, depuis l’été du film, qui pense à Lui et Le tutoie. Pourtant, Il est bien là, Mozart, assis sur le pupitre du piano, je Le sens, je Le devine. Marcel Brion de l’Académie française ne le sait peut-être pas : Mozart vit dans ma chambre. »

A propos de l’auteur
Après l’Autriche, l’Allemagne puis New York, où elle a vécu et enseigné pendant dix ans (New York University et Columbia University), Cécile a retrouvé la France pour devenir journaliste. Elle écrit pour Air France Magazine, Voyages d’Affaires ou encore IDEAT et enseigne à Columbia University in Paris, Smith College et Sciences Po Paris. Ce printemps, elle publie son premier roman, Maestro ainsi qu’une anthologie, Le goût du piano, aux éditions du Mercure de France. (Source : cecilebalavoine.com)

Site internet de l’auteur 

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Maures

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Maures
Sébastien Berlendis
Éditions Stock
Roman
112 p., 14 €
EAN : 9782234081062
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule dans la région des Maures, entre le Cap Camarat et l’île de Porquerolles, à La Roquebrussanne, Méounes, Belgentier, Solliès-Pont, La Crau, Carqueiranne, les Salins, La Londe-les-Maures et plus loin Toulon et Marseille. On y évoque aussi les abords de Rome, Tarente et Naples.

Quand?
Le roman retrace une période de 1959 à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Ces images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mes désirs et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, l’horizon bleu, le sel marin. »
Entre ombre et lumière, Maures est une plongée en adolescence dans une pinède au bord de la mer. L’écriture impressionniste de Sébastien Berlendis dit le vertige des sensations, la découverte du corps des filles, et l’inquiétude devant les disparitions à venir.

Ce que j’en pense
***
« Ces images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mon désir et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, les idylles, l’horizon bleu, le sel marin. » Une belle déclaration d’amour aux vacances familiales, au rendez-vous avec un lieu, à une «parenthèse enchantée» qui est aussi tout un programme.
Sébastien Berlendis revient tout au long de ce court et beau roman, plein de nostalgie et de mélancolie, sur ces semaines qui, au fil des ans, ont construit le jeune garçon et l’adolescent jusqu’à l’homme qui couche sur le papier ces années qui s’estompent aujourd’hui, de 1959 avec la Simca P60 du grand-père qui aime suivre les routes du littoral à 1989 qui déjà marque le fin d’une époque, quand les plis du temps laissent des rides qui ne s’effaceront plus. «C’est la fin de l’adolescence, la dernière année de lycée, l’année des retranchements.»
Il y a bien entendu cette histoire familiale, mais il y a avant tout un microcosme fait d’habitants du lieu et d’estivants : Il y a, par exemple, Mireille Leydet qui a passé là quarante ans et qui parle de son grand-père au narrateur sans savoir qu’il est son petit-fils. Ou Dédé Faye, la mémoire du camp, qui n’a pas besoin de se plonger dans des registres pour savoir qui s’installait avec qui, avec quel matériel et dans quel coin du camping. Il pourrait aussi raconter les étapes mythiques du Tour de France suivies devant un transistor, puis un téléviseur portable et qui font partie intégrantes de ses souvenirs.
S’égrènent alors des journées ponctuées de baignades, le moment où l’on peut jauger les filles, mais bien davantage par les sorties en catamaran qui sont autant de faits de gloire, tout comme les parties de football et davantage encore les matches de tennis qui permettent d’acquérir cette aura de champion qui devrait forcer l’admiration, faciliter les conquêtes.
Sans omettre la vespa de Gilles qui est bien plus qu’un moyen de locomotion. Nous sommes en 1972. Louise a 16 ans. Sur la Vespa, on se partage un casque pour deux. Vêtue d’un short en jean et d’un t-shirt rouge sans manches, l’adolescente s’agrippe à la taille du chauffeur, appuie son visage contre son dos et l0on peut voir ses cheveux dénoués briller au soleil : «Son empressement me surprend, les lanières du bikini n’ont pas besoin de mes mains pour tomber. Je suis ému par ses gestes émancipés, par l’abandon de son corps sous mes caresses.»
Il y ces photographies, ces instantanés qui disent le bonheur de l’instant et ne font pressentir en rien «la possible dispersion du clan».
Les épisodes joyeux se mêlent aux drames, au grand-père en train de mourir, à l’accident dont sera victime Léna qui glisse et heurte un bloc de pierre et, impossible à déplacer, finira par être hélitreuillée vers l’hôpital Sainte-Musse avant de finir à Toulon. Finalement, à l’angoisse de l’attente fera place le diagnostic rassurant : «Rien n’est cassé, il n’y a pas d’épanchement interne, un gros bleu colorera la hanche et le pubis de Léna. »
La construction est libre, la chronologie est davantage sentimentale que linéaire, «Quand je traverse les Maures, les temps se mêlent.» explique l’auteur. Avec lui, un retrouve des sensations enfouies, des parfums de sable chaud, ou oublie l’amertume et les tensions des mois d’hiver et l’on bénit ces jours où le corps des mfemmes «dégrafent leur armure». Encore une fois, la magie de la littérature opère, qui en quelques lignes nous fait voyager… dans l’espace et dans le temps.

Autres critiques
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Blog Des galipettes entre les lignes 

Les premières pages du livre 

Extrait
« Les images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mon désir et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, les idylles, l’horizon bleu, le sel marin. » (p. 71)

A propos de l’auteur
Né en 1975 à Avignon, Sébastien Berlendis vit à Lyon où il enseigne la philosophie depuis 2000. Passionné de cinéma et de photographie, celle-ci a été l’objet de ses premiers travaux, exposés depuis 2008 en France et en Europe. L’art photographique l’amène progressivement à l’écriture.
D’abord des courts textes accompagnant ses images jusqu’à parvenir à un premier récit en 2013, Une dernière fois la nuit paru dans la collection
« La forêt » aux éditions Stock, qui aborde les thèmes de la mémoire, la maladie et le souffle. Ce texte est d’ailleurs composé de fragments, qui ne sont pas sans rappeler des instantanés photographiques et le montage de ces instants est comme une référence discrète au montage cinématographique.
Par la suite, il a publié un second roman en 2014 L’Autre pays (éd. Stock) dont l’action se déroule en Italie, terre de ses ancêtres. Même si la quête des origines familiales n’est pas le point central de son œuvre, elle traverse tout de même en creux, chacun de ses textes. Son troisième roman, Maures aborde les tracas de l’adolescence (Stock, 2016). Très attentif à la musicalité de sa prose, il aime à décrire son écriture comme suggestive et peu explicative, soit impressionniste.
Il est adhérent de la Maison des écrivains et de la littérature à Paris et entretient depuis l’été 2012 une correspondance littéraire et amicale avec l’écrivain Claudio Magris. (Source: Confluences.org)

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La Jeune Épouse

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La Jeune Épouse
Alessandro Baricco
Gallimard – Du monde entier
Roman
traduit de l’italien par Vincent Raynaud
224 p., 19,50 €
ISBN: 9782070178919
Paru en avril 2016

Où?
Le roman se déroule principalement en Italie, dans une ville qui n’est pas nommée. On y évoque toutefois la plage de Marina di Massa, l’Argentine, l’Angleterre, un voyage en France, à Paris, ainsi qu’un couvent des environs de Bâle.

Quand?
L’action se situe au début du siècle passé.

Ce qu’en dit l’éditeur
Italie, début du XXe siècle. Un beau jour, la Jeune Épouse fait son apparition devant la Famille. Elle a dix-huit ans et débarque d’Argentine car elle doit épouser le Fils. En attendant qu’il rentre d’Angleterre, elle est accueillie par la Famille. La Jeune Épouse vit alors une authentique initiation sexuelle : la Fille la séduit et fait son éducation, dûment complétée par la Mère, et le Père la conduit dans un bordel de luxe où elle écoutera un récit édifiant, qui lui dévoilera les mystères de cette famille aux rituels aussi sophistiqués qu’incompréhensibles. Mais le Fils ne revient toujours pas, il se contente d’expédier toutes sortes d’objets étranges, qui semblent d’abord annoncer son retour puis signifient au contraire sa disparition. Quand la Famille part en villégiature d’été, la Jeune Épouse décide de l’attendre seule, une attente qui sera pleine de surprises.
Avec délicatesse et virtuosité, l’auteur de Soie et de Novecento pianiste ne se contente pas de recréer un monde envoûtant, au bord de la chute, qui n’est pas sans rappeler celui que Tomasi di Lampedusa dépeint dans Le guépard. Il nous livre aussi, l’air de rien, une formidable réflexion sur le métier d’écrire.

Ce que j’en pense
****
Roman d’initiation, roman historique et roman sur les arcanes de la création littéraire, le nouvel opus signé Alessandro Baricco ne décevra pas ses adeptes, de plus en plus nombreux.
Nous sommes cette fois en Italie au début du siècle passé. Deux familles, l’une de riches propriétaires terriens, l’autre d’industriels décident d’unir leur destinée en mariant leurs enfants. Le fils de l’une épousera la fille de l’autre à ses dix-huit ans. En attendant de sceller cette union, le père de la jeune fille décide d’émigrer en Argentine, tandis que le père du jeune homme décide d’envoyer son fils en Angleterre pour y étudier les secrets de l’industrie textile et rapporter ce qui servirait au mieux la prospérité familiale. «Nul ne s’attendait à ce qu’il revînt au bout de quelques semaines, puis nul ne remarqua qu’au bout de quelques mois il n’était pas encore rentré.»
La Jeune Épouse, débarquée d’Argentine, l’attendra chez ses futurs beaux-parents. « Elle n’aura besoin d’aucune chambre des invités, annonça paisiblement la Fille. Elle dormira avec moi. (…) Elle devint donc un membre de la Maison et, là où elle avait imaginé entrer comme épouse, elle se retrouva sœur, fille, invitée, présence appréciée et objet décoratif. »
Pour combler l’attente, elle découvre cette famille aux mœurs un peu particulières où le serviteur ne parle pas, mais a développé un système de « communication laryngé », où le petit-déjeuner est pris jusqu’à trois heures de l’après-midi, où lorsque l’on part en villégiature dans les montagnes françaises, il faut vider la maison pour la laisser respirer et où on se méfie du sommeil, car il semble que tous les membres de la famille soient morts durant la nuit. La Fille a par exemple une manière particulière d’ « entrer dans la nuit » qu’elle va apprendre à son invitée, intriguée par les gémissements qu’elle entend. « La Jeune Épouse nota qu’en parlant la Fille avait légèrement écarté les jambes, puis qu’elle les avait refermées après avoir glissé une main entre elles. Cette main, elle la conservait à présent entre ses cuisses et le remuait lentement. »
Des colis arrivent régulièrement d’Angleterre, annonçant que le Fils poursuivait son voyage d’étude et l’initiation de sa future femme se poursuit. Après la Fille, au tour de la Mère d’éclairer sa bru sur les mystères de l’existence. Si elle a beau avoir des raisonnements plutôt sibyllins, elle sera très claire dans ses conseils : « prends soin de la femme que tu es dans tes yeux et dans ta bouche. Jette tout, mais conserve les yeux et la bouche : tu en auras besoin un jour. » Une nuit lui suffira aussi pour lui démontrer comment elle devra procéder.
La jeune Épouse doit « à cette femme la certitude que le sexe triste est le seul gâchis qui nous rende pires que nous sommes. » et va pouvoir le vérifier une nouvelle fois en accompagnant le Père dans l’une de ses visites au bordel. Cette nouvelle étape son initiation va également lui permettre d’apprendre de la bouche de son futur beau-père le suicide de son père en Argentine ainsi que les dispositions testamentaires qu’il a prises. Et le futur mari qui n’arrive toujours pas…
Il y a du Désert des Tartares dans ce roman là ! Mais il y a aussi toute la finesse du style de l’auteur, une élégance classique, baroque, qui donne à des faits ordinaires, voire triviaux, une poésie et un raffinement merveilleux. Après Trois fois dès l’aube, l’écrivain nous en apporte ici une nouvelle fois la démonstration. Sans oublier toutefois de jouer avec son lecteur en changeant brusquement de narrateur, faisant ainsi écho à la manière dont il conduit son récit, voire comment l’histoire et les personnages le conduisent lui. Baricco est un virtuose, jusque dans l’introspection narrative.

Autres critiques
Babelio
RTL (Les livres ont la parole – Bernard Lehut)
Elle (Jeanne de Menibus)
Culturebox (Laurence Houot)
La Croix (Francine de Martinoir)
La cause littéraire (Sylvie Ferrando)
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Blog Dans la bibliothèque de Noukette

Extrait
« Père annonça de façon solennelle que le mariage entre la richesse agraire et la finance industrielle était, pour les entrepreneurs du Nord, une étape naturelle de leur développement, ouvrant par là même une voie de transformation idéale pour tout le pays. Il en déduisait en outre la nécessité de dépasser des schémas sociaux qui appartenaient désormais à un autre temps. Dans la mesure où il formula la chose en ces termes exacts et assaisonna son propos d’une paire de jurons artistement placés, tous jugèrent satisfaisante son argumentation, qui mêlait une imparable rationalité et un solide instinct. Nous décidâmes seulement d’attendre que la Jeune Épouse fût devenue un peu moins jeune : en eff et, il s’agissait d’éviter de possibles comparaisons entre un mariage si bien pesé et certaines unions paysannes, hâtives et vaguement animales. En plus d’être assurément confortable, cette attente nous parut consacrer une authentique supériorité morale. Oubliant les jurons, le clergé local ne tarda guère à donner sa bénédiction.
Ils se marieraient donc. » (p. 20)

A propos de l’auteur
Alessandro Baricco est un écrivain, musicologue et homme de théâtre italien.
Après des études de philosophie et de musique, Alessandro Baricco s’oriente vers le monde des médias en devenant tout d’abord rédacteur dans une agence de publicité, puis journaliste et critique pour des magazines italiens.
En 1991, il publie, à 33 ans, son premier roman Châteaux de la colère, pour lequel il obtient, en France, le Prix Médicis étranger en 1995. Il a également écrit un ouvrage sur l’art de la fugue chez Gioacchino Rossini et un essai, L’Âme de Hegel et les Vaches du Wisconsin où il fustige l’anti-modernité de la musique atonale.
En 1993, il obtient le prix Viareggio pour son roman Océan mer. En 1994, avec quelques amis, il fonde et dirige à Turin une école de narration, la Scuola Holden – ainsi nommée en hommage à un personnage de J. D. Salinger – une école sur les techniques de la narration.
Passionné et diplômé en musique, Alessandro Baricco invente un style qui mélange la littérature, la déconstruction narrative et une présence musicale qui rythme le texte comme une partition.
Désireux de mêler ses textes à la musique pour les enrichir (puisqu’il les construit dans cet esprit), il demande au groupe musical français Air de composer une musique pour City (2001).
Il a également présenté des émissions à la télévision italienne (RAI) sur l’art lyrique et la littérature. Il est un des collaborateurs du journal La Repubblica où il a publié en 2006 un feuilleton, intitulé Les Barbares.
En 2008, il écrit et réalise son premier film, Lezione 21. En février 2014, il révèle qu’il aurait décliné une proposition de devenir ministre de la Culture. Alessandro Baricco vit actuellement à Rome avec sa femme et ses deux fils. (Source : Babelio)

Site Wikipédia de l’auteur

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Focus Littérature

Un hiver à Paris

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Un hiver à Paris

Jean-Philippe Blondel
Buchet-Chastel
Roman
272 p., 15 €
ISBN: 9782283026946
Paru en janvier 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, mais Aussi à Nanterre, à Blois, à Troyes et dans le Sud-Ouest, plus particulièrement à Facture, Ychoux et Biscarosse-Plage

Quand?
L’action est située de nos jours dans les premières et les dernières pages du roman, avec un retour sur les années d’études universitaires pour le cœur du livre.

Ce qu’en dit l’éditeur
Jeune provincial, le narrateur débarque à la capitale pour faire ses années de classe préparatoire. Il va découvrir une solitude nouvelle et un univers où la compétition est impitoyable. Un jour, un élève moins résistant que lui craque en plein cours, sort en insultant le prof et enjambe la balustrade.
On retrouve dans Un hiver à Paris tout ce qui fait le charme des romans de Jean-Philippe Blondel : la complexité des relations ; un effondrement, suivi d’une remontée mais à quel prix ; l’attirance pour la mort et pour la vie ; la confusion des sentiments ; le succès gagné sur un malentendu ; le plaisir derrière la douleur ; l’amertume derrière la joie.
Sont présents les trois lieux qui guident la vie de l’auteur : Troyes, Paris, les Landes. Dans la lignée de Et rester vivant, il y a chez le personnage-auteur-narrateur la même rage pure, la même sauvagerie – pour rester toujours debout sous des allures presque dilettantes.

Ce que j’en pense
***

Un seul événement pour un livre, mais de ceux qui marquent à jamais quelqu’un. « Un hiver à Paris » aurait en fait pu s’appeler « Un suicide », car Jean-Philippe Blondel nous raconte certes ses années d’étudiant en classe préparatoire, mais surtout combien le suicide de son camarade de classe l’a marqué au point de changer sa vie.
Jeune provincial lancé dans un milieu estudiantin et parisien dont il ne connaît pas les règles, le narrateur est vite mis sur la touche. Et ce n’est pas le corps enseignant qui va lui tendre la perche, bien au contraire. Indifférent quand il n’est pas méprisant, il va être à l’origine du drame. Mathieu ne supportera pas une remarque outrancière et ira se jeter par la fenêtre pour atterrir aux pieds du narrateur, un filet de sang venant le marquer comme au fer rouge.
Il avait échangé seulement quelques mots avec celui qui gisait à ses pieds, mais le regard des autres avait subitement changé. « D’un seul coup, j’existais à leurs yeux. J’étais «le copain de Mathieu». La victime de la victime. Un beau rôle à tenir. Je n’étais même pas forcé de nier, ni de mentir. Il me suffisait d’omettre et de transformer mes projets d’avenir en existence passée. Oui, nous avions commencé à tisser un lien. Oui, j’étais, à Paris, la personne dont il était le plus proche. »
De manière très subtile, l’auteur déroule alors le fil de cette «seconde vie», celle où presque sans effort, il devient quelqu’un.
Pour le père de la victime, il va passer du rang de témoin privilégié à celui de confident, puis de fils de «remplacement».
Une lettre reçue après un passage à la télévision sera le déclencheur du souvenir. Une construction habile qui permettra de boucler la boucle dans les dernières pages. Et de constater que les personnages qu’il va croiser sont loin d’être aussi manichéens qu’il le supposait étant jeune. Comme cette enseignante, adepte des bonnes formules, qui lui suggérait d’essayer la littérature : «mieux vaut devenir le maître des illusions que le jouet de ceux qui vous entourent.»
Un conseil qu’il a bien fait de suivre.

Autres critiques
Babelio
La Croix
Paroles d’auteurs (Interview)
RTL (émission Les livres ont la parole de Bernard Lehut)

Extrait
« Mon souvenir de Mathieu commençait à s’effacer – graduellement, je le sentais. Cela faisait moins de six mois qu’il avait sauté mais le bouillonnement qu’était devenue mon existence, les jours peuplés comme les nuits, les mots, les phrases, les paragraphes, les lumières, les gestes, les frémissements, les frissons – tout venait le recouvrir. Je me rendais compte à quel point notre relation avait été inexistante. Un leurre. C’était à peine, désormais, si je revoyais ses mains quand il fumait ses JPS noires. Ses yeux, eux, me fuyaient. Ne restaient que le cri et le bruit mat du corps heurtant la pierre. » (p. 211)

A propos de l’auteur
Jean-Philippe Blondel est né en 1964. Marié, deux enfants, il enseigne l’anglais en lycée et vit près de Troyes, en Champagne-Ardennes. Il publie en littérature générale et en littérature jeunesse depuis 2003. (Source : Editions Buchet-Chastel)

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Le Tabac Tresniek

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Le Tabac Tresniek
Robert Seethaler
Sabine Wespieser Editeur
Roman
256 p., 20 €
ISBN: 9782848051673
Paru en octobre 2014

Où?
Le roman est situé en Autriche, principalement à Vienne, avec des réminiscences à Nussdorf, le village natal du narrateur dans le Salzkammergut.

Quand?
L’action se déroule principalement de 1937 à 1939. Les dernières pages se situant dans l’immédiat après-guerre.

Ce qu’en dit l’éditeur

En août 1937, le jeune Franz Huchel quitte ses montagnes de Haute-Autriche pour venir travailler à Vienne avec Otto Tresniek, buraliste unijambiste, bienveillant et caustique, qui ne plaisante pas avec l’éthique de la profession. Au Tabac Tresniek, se mêlent classes populaires et bourgeoisie juive de la Vienne des années trente.
Si les rumeurs de la montée du national-socialisme et la lecture assidue de la presse font rapidement l’éducation politique du montagnard mal dégrossi, sa connaissance des femmes, elle, demeure très lacunaire. Ne sachant à quel saint se vouer avec Anezka, la jeune artiste de cabaret dont il est éperdument amoureux, il va chercher conseil auprès du « docteur des fous », Sigmund Freud en personne, client du tabac et grand fumeur de havanes, qui habite à deux pas. Bien qu’âgé et tourmenté par son cancer de la mâchoire, le professeur va finir par céder à l’intérêt tenace que lui témoigne ce garçon du peuple, vif et curieux.
Mais les temps ne sont guère propices aux purs et, dès mars 1938, l’Anschluss va mettre un terme brutal à l’apprentissage de Franz et à sa prestigieuse amitié. Otto Tresniek, peu disposé à boycotter sa clientèle juive, s’attire les foudres de la Gestapo, tandis que Freud se résigne à émigrer en Angleterre.
Par la grâce d’une langue jubilatoire, d’une intrigue où la tension ne se relâche pas, et de personnages forts et attachants, voici un roman qui se lit d’un trait. L’humour viennois d’Otto Tresniek et de Freud est la politesse du désespoir dans une société déboussolée où ils ne trouvent plus leur place. Pas plus que leur protégé, plein de vie et de poésie, qui tentera pourtant, fidèle à leur enseignement, de nager à contre-courant.

Ce que j’en pense
****

On pourrait résumer ce roman d’initiation à la rencontre entre un jeune Autrichien et Sigmund Freud à Vienne en 1937. Ce serait toutefois s’en tenir à l’anecdote et oublier l’incroyable densité dramatique de ce récit qui, comme le souligne l’éditeur, se lit d’un seul trait.
On s’attache en effet très vite au jeune Franz Huchel, orphelin de père et que sa mère décide d’envoyer à Vienne en apprentissage chez le buraliste juif Otto Tresniek. C’est au contact de ce vieil homme bourru qu’il va faire bien plus que l’apprentissage du métier de buraliste. Il va faire l’apprentissage de la vie, découvrir les plaisirs et les affres de l’amour. Mais, même au sommet de la grande roue du Prater, il ne pourra échapper aux soubresauts de l’Histoire. L’ex-peintre en bâtiment autrichien qui vient de conquérir la chancellerie allemande est de plus en plus menaçant et le pantin qui gouverne à Vienne ne fera rien de plus que de se coucher face à la montée des périls.
Quand la police vient arrêter son patron et que ce dernier succombe aux traitement que ses tortionnaires lui font subir, il va se retrouver d’un jour à l’autre en charge de l’établissement.
Quant au célèbre psychanalyste, client du tabac Tresniek, il va se prendre d’affection pour le jeune homme épris de découvertes et soucieux de comprendre comment fonctionne ce monde. Mais le vieil homme ne pourra l’accompagner que durant quelques mois, car la pression sur lui et sa famille se fait de plus en plus forte. Il n’aura vite guère d’autre choix que de fuir. Voilà à nouveau Franz seul face à son destin. A la lumière de sa correspondance avec sa mère, on suit les étapes de son développement intellectuel et on aimerait lui insuffler la phrase de Nietzche : « Tout ce qui ne tue pas rend plus fort » pour être sûr que son avenir sera heureux.
Avec beaucoup de brio Robert Seethaler parvient à peindre cette époque troublée et à rendre compte de la tension qui régnait alors et qui broyait les êtres dans une sorte d’indifférence. Un roman pour ne jamais oublier, mais surtout pour prendre conscience de la fragilité de nos démocraties.

Autres critiques
Babelio
Femina
Le Monde
Lire
Le Figaro Magazine

Citations
« Un dimanche de la fin de l’été 1937, s’abattit sur le Salzkammergut un orage d’une violence inhabituelle, qui allait amener dans la petite vie tranquille de Franz Huchel un revirement aussi décisif qu’inattendu. Aux premiers grondements du tonnerre dans le lointain, Franz avait couru se réfugier dans la cabane de pêcheur qu’il occupait avec sa mère à Nussdorf, un village situé au bord de l’Attersee. Tapi dans la chaleur de la couette, il épiait du fond de son lit le vacarme terrifiant des éléments déchaînés. La tempête ébranlait la cabane de toute part. Les poutres gémissaient, les volets claquaient et les bardeaux moussus clapotaient bruyamment sur le toit. Les rafales de vent jetaient une pluie cinglante contre les vitres, devant lesquelles une poignée de géraniums décapités se noyait dans ses bacs. »

A propos de l’auteur
Robert Seethaler, 46 ans, également acteur et scénariste, vit entre Vienne et Berlin. Le Tabac Tresniek, son quatrième roman, a remporté dans les pays germanophones un grand succès. À l’automne paraîtra à Berlin son nouveau livre, Une vie entière, que publiera également Sabine Wespieser éditeur, à l’horizon 2015. (Source : Sabine Wespieser Editeur)

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