Une immense sensation de calme

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En deux mots:
La narratrice de ce roman aussi rude que poétique, va tenter de survivre dans une nature hostile. En suivant Igor, elle va tenter de conjurer la guerre, la maladie et la noirceur des âmes.

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

«Le jeu des feuilles a traversé l’oubli»

Dans un premier roman qui sonde les âmes dans une nature hostile, Laurine Roux nous livre un superbe conte où la brutalité et l’instinct de survie se mêlent à la poésie et aux légendes.

Pour cette chronique, je souhaite commencer par rendre hommage à un auteur que je n’ai pas lu, mais qui est à l’origine d’une très belle initiative, le blog intitulé Le Off des auteurs et qui s’attache à demander aux auteurs en tous genres de raconter la genèse de leur livre. Cédric Porte a ainsi demandé à Laurine Roux de se prêter à l’exercice. Elle nous apprend ainsi que des amis de Sofia l’ont entraînée dans une équipée vers la Mer Noire, plus précisément à Irakli Beach. « On dort dans les bois, passe la journée sur la plage. Le temps ralentit, à l’image des pas dans le sable. Petit à petit, un état d’abandon me gagne. Une perméabilité aux éléments, jusqu’à ce bain de minuit au milieu du plancton luminescent. Le ciel se confond à la mer, le pelagos aux étoiles, et la nudité du corps dans cette immensité brute, magique et primordiale fait de ce moment une épiphanie. Le lendemain, l’instant continue d’irradier. Kyro, l’un des amis, reste longtemps face à la mer. Ses cheveux forment des figures géométriques variables avec le vent. Il semble s’effacer. Rentrée en France, cette image ne me quitte pas. Elle contient une puissance et un hors-champ dont je ne sais que faire. Je perçois qu’il est question de porosité entre la vie et la mort, l’homme et la nature, mais surtout que cette silhouette augure la possibilité d’une disparition sereine. J’écris une trentaine de pages, uniquement descriptives. Petit à petit, les contours de Kyro s’estompent. Un personnage prend chair, un espace s’ouvre. Igor et la taïga. »
Et effectivement ce qui frappe d’abord en lisant ce livre, c’est que la nature y joue les premiers rôles, personnage à part entière comme dans les livres de nature writing, comme disent les américains. Ici la nature est rude, le climat difficile, les éléments hostiles. Mais en même temps, c’est cette même nature qui livre les clés pour survivre et qui sert de grand ordonnateur. C’est ainsi qu’à la sortie de la saison froide la chasse et la pêche reprennent leurs droits. Quand la narratrice – dont on ne saura pas le nom – va relever ses nasses, elle croise un Igor. « Il répond à des instincts. De même qu’on ne demande pas à un renard pourquoi il creuse un terrier, on ne peut exiger d’Igor qu’il explique pourquoi courir dans cette direction plutôt qu’une autre. Il en est incapable. C’est un animal. J’aurais pu le deviner dès ce premier jour. » Presque sans échanger un mot, elle va le suivre comme une évidence. Jusqu’à l’Invisible, jusqu’à l’hiver. Jusqu’à cette nuit où il part dans l’obscurité avec son ami Tochko. « Lors de cette nuit, je découvre l’importance du renoncement. Je comprends qu’il faudra oublier l’inquiétude et les explications. Les minutes qui passeront seront mes compagnes. Les heures et les jours, des frères d’attente. Je les remplirai de jeux en attendant son retour. Car à chaque fois il reviendra. À cela non plus il n’y aura pas d’explication. Alors je me rendors dans la vapeur d’os et de viande. »
Alors que le froid commence à percer les vêtements, on va découvrir petit à petit le passé de ce petit groupe de personnes, comprendre qu’une guerre a laissé des traces indélébiles depuis un demi-siècle, que ceux qui vivent là sont des survivants qui ne peuvent que se rattacher à la nature et aux légendes. Ces histoires qui parsèment le récit et lui confère une dimension aussi poétique que mystique : « Chaque deuxième lune de l’automne, au moment où les arbres décharnés tapissaient le sol de feuilles orange et rouges, elle allumait un feu dans la cheminée, posait le pot de sel à ses pieds et se mettait à chanter. Elle s’adressait aux esprits du Grand-Sommeil et leur demandait de venir écouter ce qu’elle avait à leur dire. Elle chantait jusqu’à ce qu’ils arrivent. Alors elle s’arrêtait et fermait ses paupières, sa voix devenait profonde et basse. Elle leur demandait de prendre soin d’Ama qui avait disparu trop tôt; de lui apporter un peu de joie car elle n’en avait pas suffisamment eu; ensuite, elle chargeait les esprits de lui transmettre de nos nouvelles. Quand elle était sûre qu’ils écoutaient, elle racontait l’année qui venait de s’écouler. Le travail de la terre, les récoltes, les maladies. Puis elle rassurait Ama à mon sujet, se réjouissait que je devienne une robuste et honnête jeune fille. Elle n’oubliait jamais de rapporter les naissances, les morts et les mariages. Cela durait jusque tard dans la nuit. Baba ne voulait omettre aucun détail. Enfin, quand elle estimait que c’était assez, elle prenait une poignée de sel et la jetait dans le feu. Si les grains devenaient étincelles, les esprits acceptaient de transmettre le message. Elle en jetait encore une. Chaque grain contenait l’un des mots qu’elle avait prononcés. Ainsi, les messagers pouvaient les faire passer dans le monde du Grand-Sommeil. De minuscules langues de lumière crépitaient dans la nuit avant de se volatiliser dans l’au-delà. Lorsqu’elle avait fini, elle me faisait venir à côté d’elle et me caressait la tête. Il me semblait que sa paume, constellée de résidus de sel, contenait toute la voûte céleste. J’étais dedans et dehors à la fois. »
Avec une plume ciselée dans le bois et le sang, dans la neige et la cendre, Laurine Roux va nous offrir le passé des personnages nés dans un monde cruel, celui d’Igor mais aussi celui de la narratrice et de ses parents. Et comme tout ce beau roman est construit sur les contradictions, les antagonismes, on ne sera pas étonné de voir la nature qui ne pardonne rien offrir de quoi guérir les maux. Ni de constater que dans un univers aussi oppressant des valeurs telles que la transmission et la solidarité vont aussi trouver leur place. Parce que le désespoir n’est jamais sûr…

Une immense sensation de calme
Laurine Roux
Éditions du sonneur
Roman
128 p., 15 €
EAN : 9782373850765
Paru en janvier 2018

Ce qu’en dit l’éditeur
Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor. Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout, hormis les «Invisibles», parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes.
Au plus noir du conte, Laurine Roux dit dans ce premier roman le sublime d’une nature souveraine et le merveilleux d’une vie qu’illumine le côtoiement permanent de la mort et de l’amour.

68 premières fois
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Blog du petit carré jaune (Sabine Faulmeyer)
Blog Mes écrits d’un jour (Héliéna Gas)

Les autres critiques
Babelio 
Remue.net (Jacques Josse)
Causeur.fr (Jérôme Leroy)
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Blog de Marc Villemain (éditeur de Laurine Roux)

Les premières pages du livre:
À présent il faut que je raconte comment Igor est entré dans ma vie. C’était la fin de la saison froide, j’avais passé l’hiver dans la maison des frères Illiakov.
Un matin, un homme arrive près du lac où je ramasse les nasses. C’est lui. À une centaine de pas de moi, il s’immobilise. Un oiseau aux ailes larges traverse le ciel, Igor sourit. Mille ans de solitude et de détermination frémissent à ses lèvres. Il se tient au bas de la falaise et regarde là où les hommes ne peuvent aller. Je le vois se plaquer à la paroi. Sa main est grise comme le caillou, son esprit dur comme le calcaire. J’ai l’impression qu’il va être avalé par la montagne, appelé par ses rondeurs de femme. Lui la comprend avec ses doigts. Bientôt ils évoluent ensemble, amants sauvages que la nature réunit clandestinement.
Igor n’est pas un homme. Il répond à des instincts. De même qu’on ne demande pas à un renard pourquoi il creuse un terrier, on ne peut exiger d’Igor qu’il explique pourquoi courir dans cette direction plutôt qu’une autre. Il en est incapable. C’est un animal. J’aurais pu le deviner dès ce premier jour. Tout était déjà inscrit dans ce corps-à-corps avec la roche. J’aurais également pu me douter que beaucoup de mes questions resteraient sans réponse.
Il grimpe le long de la falaise. Ne regarde pas en bas. Son esprit se disperse dans chacune de ses cellules, condensé dans l’effort, sans aucun autre but que celui de former le geste pur. Bientôt mon corps est secoué, aspiré vers le sien. Mais Igor continue à monter sans se préoccuper de moi. Alors je sais. Il faudra attendre. Je ne serai pas seule. Il y aura les algues et le vent. Les cristaux, la glace et le sang. La terre est sa couche, la pierre sa maîtresse. À l’image des animaux qui n’ont pas de partenaire d’élection, Igor fait feu de tout bois. Pour lui, l’amour est partout. Quand il passe une journée à couper des bûches, son corps entier tend vers la matière. On peut parler d’amour. Mais je crois, après tant d’années, que le mot n’est pas complètement juste. Dans son cas, le désir provoque des arrêts et des observations. Il examine, explore. Son amour est pareil à la glace qui brûle à force de froid. »

Extraits
« C’est à peu près à cette époque que je suis allée habiter chez Baba. Apa ne pouvait plus s’occuper de moi. Depuis que nous n’allions plus à l’hôpital, il avait les yeux de plus en plus rouges et mouillés. Petit à petit il s’était transformé en tas de feuilles mortes. Jusqu’à être complètement mort.
Cela fait longtemps que je n’ai pas pensé à Ama et Apa. Ils sont rangés dans ma tête comme de vieux habits d’un autre temps qu’on a fini par délaisser. Et un jour, sans trop savoir pourquoi, on les retrouve au fond de l’armoire. Le temps les a abîmés. Ils sentent le renfermé. Mais quelque chose reste intact à travers les ans. Le jeu des feuilles a traversé l’oubli. Si j’arrive à marcher uniquement sur les brunes, peut-être qu’Igor reviendra ? Mais je ne suis plus une petite fille. Il faut être raisonnable. Ama n’a pas guéri. Alors j’arrête de jouer. »

« Les deux femmes se jaugèrent. Puis Kolia déposa les fruits dans sa robe et, quand elle eut fini, attrapa une pomme. Lorsqu’elle mordit dedans, le jus coula le long de son menton, dégoulina dans son cou, sur son ventre et son sexe pour finir dans l’eau, traçant un chemin de désir qui disparut dans le courant. L’insolente beauté provoquait la vieillesse. Grisha continua à la dévisager avec froideur. Au début du troisième mois, l’aïeule attendit, à découvert devant le mélèze. Kolia remontait le cours de l’eau et s’arrêta au niveau du panier. Elle observa un moment la vieille qui n’était pas à sa place habituelle puis, après quelques secondes, prit les fruits et s’en alla. Cela dura trente jours. Le quatrième mois, la vieille Grisha resta à mi-chemin. Le cinquième, à quelques pas. Chaque mois elle se rapprochait, jusqu’au neuvième où elle se posta à côté du panier. Kolia finit par arriver, son ventre distendu par la grossesse aussi ferme que la peau des fruits.
Les deux femmes se trouvaient si proches qu’elles auraient pu se toucher. Mais ni l’une ni l’autre ne s’y risquèrent. Et chaque jour de ce dernier mois elles se contentèrent de rester l’une et l’autre à portée de main, s’examinant avec défiance. Kolia glougloutait en avalant les pommes et Grisha, dont le corps était devenu sec, contemplait sa voracité. Qui les eût aperçues de loin eût pu croire à une mère venant nourrir sa fille. Car au terme de ces neuf mois, on pouvait dire que les deux femmes s’étaient inextricablement liées, chacune ayant fini par apprivoiser l’autre. »

À propos de l’auteur
Née en 1978, Laurine Roux vit dans les Hautes-Alpes où elle est professeur de lettres modernes. (Source : Éditions du Sonneur)

Page Facebook de l’auteur 
Blog de l’auteur (pattes de mouche et autres saletés)

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Focus Littérature

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La sirène d’Ouessant

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La sirène d’Ouessant

Edoaurd Brasey
Calmann-Lévy
Genre
384 p., 19,90 €
ISBN: 9782702144824
Paru en mai 2014

Où?

Comme son titre l’indique, ce roman est situé sur l’île d’Ouessant au large de la Bretagne.

Quand?
L’action se déroule dans les années trente.

Ce qu’en dit l’éditeur

Ile d’Ouessant, années 30. Quand elle apprend que son mari matelot a péri dans un naufrage, la laissant démunie avec son jeune enfant, Marie-Jeanne Malgorn refuse d’y croire. Elle est persuadée qu’il a été enlevé par l’une de ces sirènes dont parlent les légendes, une Morgane.
Elle se tourne vers Malgven, la vieille rebouteuse, qui la contraint à sacrifier un agneau dans le temple des anciennes druidesses. Si la Morgane le libère, Jean-Marie sera là d’ici la Toussaint, prophétise la sorcière.
La vie est dure sur l’île battue par les vents. Malgré le poids de la solitude, Marie-Jeanne se refuse à Yves, l’aubergiste qui l’a vue naître et s’est passionnément épris d’elle, mais laisse un jeune naturaliste, originaire du Finistère, en mission d’observation ornithologique dans l’île, la distraire de son deuil. Fascinée par l’homme de science, Marie-Jeanne n’oublie pas que Jean-Marie pourrait à tout moment surgir. Mais à mesure que se rapproche l’échéance fixée pour son retour, elle commence à douter d’elle-même. Pour qui son cœur bat-il vraiment ? Un terrible drame va bientôt la forcer à choisir…

Ce que j’en pense
****

Édouard Brasey est un écrivain boulimique. A la tête d’une œuvre déjà impressionnante, il publie vaillamment un livre après l’autre. La Sirène d’Ouessant, parue en mai 2014, mérite toutefois le détour. Certes, dans un pays où on aime bien cataloguer les gens, on pourrait le ranger dans la catégorie souvent dénigrée des auteurs régionaux ou régionalistes, mais ce serait d’une part faire peu de cas d’auteurs qui ont souvent donné le meilleur de la littérature en ancrant dans leur terroir des histoires universelles et d’autre priveraient les lecteurs d’un récit qui mêle habilement le thriller aux légendes bretonnes.
Marie-Jeanne Jézéquel, orpheline de dix-sept ans, croit pouvoir arrêter la spirale des malheurs qui s’abattent sur elle en épousant Jean-Marie Malgorn. Maintenant qu’elle a fondé une famille, s’est installée dans une petite maison de l’île, elle espère trouver sa place au sein de cette rude communauté de marins et de pêcheurs.
Mais le destin en a décidé autrement. L’annonce de la disparition en mer de son mari est un tel choc qu’elle décide de ne pas croire tous ces oiseaux de mauvais augure.
Pendant des jours, elle attend le retour de son homme. Ne se résignant pas, elle décide de faire appel à la sorcière qui lui promet un message de son homme d’ici à la Toussaint. L’attitude de la veuve ne lui vaut que le mépris des Ouessantins et la méfiance du Père Loïc. Seul Yves, le propriétaire de « La Duchesse Anne », essaie de la consoler et de venir en aide à la jeune mère. Mais son aide n’est-elle pas intéressée ?
Quand un ornithologue vient procéder à des relevés, Marie-Jeanne voit à nouveau un coin de ciel bleu sur cet Enez Eusa, « l’île de l’épouvante », comme on appelle encore Ouessant. Mais encore une fois, la tragédie viendra frapper à la porte.
Une solide documentation et une plume habile donnent au roman la dimension d’un conte tragique.

Autres critiques
Babelio

Extrait
« À l’école, puis au collège, Marie-Jeanne s’habitua à n’avoir pas d’amies. Déjà, elle prenait le pli de la solitude, qui à Ouessant est une seconde nature. L’amour de sa mère lui suffisait.
Mais Jeanne n’était plus la même depuis la disparition de son « marsouin ». Elle semblait de plus en plus absente, se parlait à elle-même tout en travaillant aux champs, riant nerveusement pour des riens, avant de sombrer dans une apathie dont rien ne semblait pouvoir la tirer. Un matin, alors que Marie-Jeanne revenait de la grève où elle était allée chercher le goémon, juste avant l’extinction des phares, elle retrouva sa mère sans vie au fond de son lit clos. Jeanne avait rejoint Yann de l’autre còté des apparences.
Marie-Jeanne n’avait que dix-sept ans et elle était orpheline. Elle n’avait ni famille, ni amis, ni personne sur qui compter. Seule au monde. À part Yves Tual, le fidèle ami de toujours. C’est lui, d’ailleurs, qui paya les funérailles de sa mère. » (p. 44)

A propos de l’auteur
Romancier et essayiste, Édouard Brasey est l’auteur de plus de soixante-dix ouvrages dont Les Lavandières de Brocéliande, Les Pardons de Locronan chez Calmann-Lévy, La Malédiction de l’anneau (Belfond, prix Merlin 2009) ou La Grande Encyclopédie du merveilleux (Le Pré-aux-clercs, prix spécial du jury Imaginales d’Épinal 2006 et prix Claude Seignolle de l’Imagerie 2006). (Source: Editions Calmann-Lévy)
Site Wikipédia de l’auteur
Site internet de l’auteur

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Terminus Belz

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Terminus Belz
Emmanuel Grand
Liana Levi
Roman
Littérature française
ISBN: 9782867467066
Paru en janvier 2014
Version poche (coll. Points)
ISBN: 2757842811
Paru en janvier 2015

Où?
L’action se déroule en Ukraine, Roumanie, Paris et banlieue, Marseille et principalement sur l’île bretonne de Belz.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Il s’appelle Marko Voronine. Il est en danger. La mafia le poursuit. Il croit trouver refuge sur Belz, une petite île bretonne au large de Lorient coupée de tout sauf du vent. Mais quand le jeune Ukrainien débarque du ferry, l’accueil est plutôt rude. Le métier du grand large en a pris un coup, l’embauche est rare sur les chalutiers et les marins rechignent à céder la place à un étranger. Et puis de curieuses histoires agitent en secret ce port de carte postale que les locaux appellent «l’île des fous». Les hommes d’ici redoutent par-dessus tout les signes de l’Ankou, l’ange de la mort, et pour Marko, les vieilles légendes peuvent se montrer aussi redoutables que les flingues de quelques tueurs roumains.
Tricotant avec brio un huis clos inquiétant et une course-poursuite haletante, Emmanuel Grand mène son thriller d’est en ouest à un train d’enfer.

Ce que j’en pense
****
Un univers à la Conrad qui rencontrerait le meilleur des thrillers, voilà qui fait de ce premier roman une excellente surprise. Vous auriez tort de passer à côté! Tout commence en Ukraine où la pègre règne ses différends avec d’autant plus de violence qu’elle se sait quasiment en impunité. Marko, qui en a été la victime, tente de fuir ce pays gangrené avec plusieurs compatriotes. Mais leur voyage vers l’occident tourne mal et ils se retrouvent avec un tueur à leurs trousses.
Les hasards conduisent alors Marko sur l’île de Belz où l’on recherche un marin pêcheur. Un dur métier l’attend, mais aussi une communauté fermée qui l’accueille avec méfiance. Quand un cadavre est retrouvé sur la plage affreusement mutilé, il n’imagine pas d’autre solution que la fuite. Mais déjà tous les contrôles sont en place.
Avec l’aide de son patron, un libraire, une institutrice, le prêtre et un marginal il va pourtant réussir à échapper à la traque des policiers. Mais d’autres périls le guettent, d’autant que le tueur a déjà Réussi à retrouver et à abattre ses compagnons d’infortune. Et puis, il y a ces légendes bretonnes qui ont la vie tellement dure qu’elles ne peuvent pas être simplement des histoires à raconter à la veillée pour faire peur aux enfants. Pour un premier roman Emmanuel Grand réussit le tour de force d’entraîner son lecteur dans un roman construit diaboliquement grâce à la mise en parrallèle de l’histoire de Marko et de ses compagnons d’infortune, de celle de son chasseur et de celle de l’inspecteur de police chargé d’élucider le crime de l’île de Belz. Si vous commencez ce livre, je parie que vous n’aurez qu’une envie: Vouloir en connaître l’épilogue.

Autres critiques
Babelio
Telerama
Encore du noir
Blog L’Express
RTL (Laissez-vous tenter)

Citations

« L’île de Belz était donc sa nouvelle destination. Il fallait une bonne dose de culot pour aller se réfugier sur une île et c’était précisément ce qui lui plaisait. Avec le souk qu’ils avaient mis sur l’autoroute, ses compagnons et lui auraient rapidement toute la mafia roumaine aux fesses. Et s’ils les retrouvaient, il y avait peu de chance qu’ils aient droit à un bouquet de fleurs. Il avait retourné le problème dans tous les sens et était bien obligé de constater qu’il était pris dans une nasse, qui, un jour ou l’autre, remonterait à la surface. Il n’y avait qu’une seule issue : se faire tout petit, tout mince, et, le jour venu, il pourrait peut-être passer à travers les mailles. »

A propos de l’auteur
Emmanuel Grand, né à Versailles en 1966, a passé son enfance en Vendée, à vingt kilomètres de la côte atlantique. Aujourd’hui, il vit en région parisienne, à Colombes. Il est responsable du design du site web d’un grand opérateur téléphonique. Terminus Belz est son premier roman. Il a été cédé à l’étranger avant même sa parution en France. [Source: Editions Liana Levi]
Site personnel:

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