Les idéaux

FILIPPETTI_Les_ideaux

En deux mots:
Aurélie Filippetti a choisi d’oublier la politique et raconter dans un roman au goût amer combien la confrontation des idéaux à la réalité est usante. Un adieu aux armes sur fond d’amours clandestines entre un homme de droite et une femme de gauche.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Adieu la politique

Aurélie Filippetti revient au roman pour raconter une histoire d’amour entre un homme de droite et une femme de gauche. Entre convictions, combats et désillusions.

Avant d’être ministre de la Culture, Aurélie Filippetti était romancière. Les derniers jours de la classe ouvrière et Un homme dans la poche ont prouvé son talent en la matière. Aussi l’annonce de la parution de son nouveau roman a attisé ma curiosité. Une fois oublié l’aspect secondaire du petit jeu des personnages réels cachés derrière les protagonistes – Frédéric Dupuis affirme dans l’Express avoir identifié Frédéric de Saint-Sernin, ancien secrétaire d’Etat de Jean-Pierre Raffarin comme l’amoureux de la ministre et Marc Ladreit de Lacharrière, le patron de Fimalac derrière «le portrait féroce d’un autre homme, un financier matois et flagorneur, jouant les mécènes culturels pour mieux infiltrer les hautes sphères du pouvoir.» – il faut d’abord lire cet épais roman comme un témoignage, un compte-rendu détaillé et vécu des rouages du pouvoir, car on ne peut dissocier la ministre de la culture de la romancière.
Il y a d’abord ce constat douloureux que derrière l’image – la volonté affichée de la parité – se cachent des années de pratique machiste du pouvoir et cette méfiance des femmes : « on ne les laissait exister qu’ainsi, au service de… de l‘homme, du chef, du leader, de l’enfant, de la société. Elle avait été obligée d’insister et de faire plusieurs fois remarquer que la commission qui traitait des finances, du budget, qui répartissait les subventions, qui enquêtait sur l’exécution des comptes, ne comprenait que 3 femmes sur 70 membres, pour obtenir l’autorisation d’y siéger, à titre exceptionnel pour une nouvelle arrivante. Il était frappant de constater que même dans les plus hautes sphères du pouvoir les femmes étaient ainsi infantilisées, subordonnées, si rarement écoutées avec sérieux. Condamnées à un prétendu altruisme qui les enfermait. Obligées de s’enraciner dans ce que d’autres voulaient bien reconnaître en elles pour s’émanciper. Chaque parole féminine qui disait le plaisir, la gaieté égoïste, l’hédonisme ou la lutte, l’exigence, le courage, la volonté était retournée contre elles. » La scène qui raconte l’arrivée de la toute fraîche nommée ministre de la culture au Festival de Cannes est à ce propos aussi éclairante que consternante.
Il a y ensuite cette histoire d’amour aussi improbable que vraie. L’homme de droite et la militante de gauche se sont reconnus dans leur histoire familiale semblable, leur volonté de rendre à l’école de la République ce qu’elle leur a donné, ce besoin quasi viscéral de s’engager pour relayer la voix des habitants de leur circonscription respective. Ils ont construit leur amour en sachant que leur relation était impossible.
« Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs. » Mais c’est sans doute aussi ce qui entretient leur relation et l’enrichit, l’urgence d’une part et la liberté de leurs échanges d’autre part. On serait même tenté de dire enfin un moment où la confrontation des idées peut avoir lieu tant les blocages, les compromis – pour ne pas dire les compromissions – sont légion. Pourtant la ministre et ses amis proches avaient promis de ne pas abandonner les leurs, compagnons de lutte en Lorraine durement frappés par l’abandon du charbon et de l’acier, sachant pertinemment que «s’ils perdaient de vue cette exigence, ils se perdraient eux-mêmes.» Ce qui a fini par arriver… Même si, avant de rendre les armes, la ministre a voulu trouver dans sa circonscription de quoi se ressourcer et rebondir. Mais au temps des campagnes médiatiques et des réseaux sociaux, on a tôt fait de juger sans même l’esquisse d’un procès à armes égales.
Il faut lire ces pages qui racontent le quotidien, la confrontation avec les fonctionnaires des cabinets ministériels puis celle avec les ouvriers que l’on avait assuré de leur soutien pour comprendre ce qu’est l’usure du pouvoir. Et trouver entre les lignes quelles souffrances peuvent endurer celles et ceux qui entendent ne pas renier leurs idéaux, fut-ce au prix d’une demi-victoire.
En saluant la romancière, on ne peut toutefois s’empêcher de lire entre les lignes le constat d’un grand gâchis. Quand tout le système, les énarques, le Premier ministre et le Président choisissent de renoncer aux promesses – y compris après les attentats – pour un «pragmatisme» qui n’a plus rien à voir avec Les idéaux.

Les idéaux
Aurélie Filippetti
Éditions Fayard
Roman
448 p., 21,50 €
EAN : 9782213709444
Paru le 22 août 2018

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris, mais aussi en province et notamment en Lorraine. On y évoque aussi une escapade amoureuse en Italie, à sienne, Arezzo, Sansepolcro et des promenades au bord de la Dronne dans le Sud-Ouest de la France.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Rapidement ils ont décidé que l’amour n’était pas fait pour eux.
Se plaire, se désirer, se retrouver en secret, oui. Mais s’aimer ?
Son père à elle est tombé d’un échafaudage ; son père à lui est tombé au champ d’honneur. Elle est hantée par les voix de tous ceux qu’on n’entend jamais, ceux qui peinent, qui travaillent, mais que le dévoiement des mots « mérite » et « réussite » réduira bientôt à « ceux qui ne sont rien ». Lui est habité par l’amour de sa province comme par la certitude de sa légitimité à parler en son nom, à veiller sur elle comme dans les légendes les chevaliers veillaient sur les faibles.
Ils se sont connus à l’Assemblée nationale. Députés tous les deux. Et – forcément – de deux camps opposés. Mais ils n’ont pas pu résister à l’attrait qu’ils avaient l’un pour l’autre.
Ici ce sont moins leurs familles, fussent-elles seulement politiques, Capulet et Montaigu sur les bancs du Palais Bourbon, qui entravent leur relation, que leurs propres convictions. Combien de temps dure l’attirance des corps quand les esprits s’entrechoquent ?
Traversant les affres inévitables liées à leur fonction, ils tirent pourtant de leur liaison clandestine une étrange force, un devoir de tolérance qui les rend plus libres.
Leur rencontre serait-elle le dernier lieu de la politique? D’une confrontation qui ne dégénérerait pas inévitablement en affrontement? Ne partagent-ils pas, au fond, une même conception démodée, en voie de disparition, du service de l’État ? Ou l’amour qu’ils croyaient interdit, sans qu’ils s’en aperçoivent, s’en est-il quand même mêlé?
Dans ce roman d’amour pas comme les autres, captant les regards, les frôlements de corps, les doutes, elle rend à l’exercice de la politique une dimension sensible et humaine, que menacent la froideur des calculs tactiques, du carriérisme et de l’individualisme érigé en vertu.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
Actualitté (Nicolas Gary)
BibliObs (Didier Jacob)
Libération (Portrait – Luc Le Vaillant)

Les premières pages du livre
« Partie 1
Dix ans d’attente
Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible.
Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.
Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.
– J’ai pensé à toi.
Il travaillait avec bonne humeur, entouré de l’affection des siens, dissimulant sous l’autodérision l’arrogance de ceux qui se croient un destin, satisfait d’avoir déjà accompli beaucoup de ce que la vie peut donner. On aurait pu les dire enfants gâtés de la République si une fêlure n’abîmait leur belle assurance. Ils ne s’en parlaient pas, mais le tricolore recouvrait une blessure. Ils savaient s’en montrer reconnaissants, sans se draper dans l’exaltation d’un étendard qui leur tenait simplement chaud, et ça leur suffisait. Elle en éprouvait une gêne légère, presque une pudeur. Ce drapeau n’était pas de naissance pour elle, et elle abhorrait les relents nationalistes auxquels il pouvait donner prétexte, mais, pour les siens, il avait d’abord incarné une conquête, un espoir, et cela forçait le respect. Il représentait le rêve réalisé de la liberté et de l’égalité, et elle avait envie de se battre pour qu’il le reste. Entre le rouge de la lutte et le bleu du droit, elle imaginait les traces de pas, sur la neige immaculée, de ceux qui traversaient les montagnes, à pied, pour parvenir jusqu’ici, les yeux de ceux qui s’entassaient dans des camions sauvages pour affronter la nuit, la peur des embarqués de fortune sur des flottilles de papier. Pour eux, comme pour sa famille, ses parents, ses grands-parents, la page avait d’abord été blanche. Alors il lui serrait le cœur, cet étendard ; elle en connaissait trop le prix, c’était souvent celui du linceul.
Les générations précédentes s’étaient battues pour avoir le privilège de mourir, non pas pour lui, mais pour ce qu’il représentait : l’égalité. Elle continuait de penser que s’il y avait une chose qui définissait son pays, plutôt que ses frontières, c’était une volonté de justice. Elle remerciait ces étrangers dépenaillés et hagards, à bout d’espérances, de continuer à faire vivre par leurs rêves un peu de cet idéal, quand tant d’autres ici même avaient renoncé à lui être fidèles. Si peu d’années séparaient ceux qui étaient dans leurs droits de ceux qui ne l’étaient pas : la raison ne peut se satisfaire d’une telle contingence.
Lui se laissait parfois aller à des épanchements patriotiques : pour lui, la terre, c’était l’origine de tout, le sens de sa présence dans un décorum généalogique que son ironie lui aurait fait trouver ridicule autrement. Il revendiquait la légende des siens, celle de lointains chevaliers chargés de protéger leur peuple, il croyait en la charité et au bien. Il avait la foi. C’était, selon lui, à travers un pays que l’homme se dépassait, transcendait sa condition, rejoignait ses pères et ses frères pour faire résonner le collectif au cœur de l’intime. Les aînés, la lignée étaient là, qui veillaient. Loin des hoquets du moment et des partis pris de circonstance, des soubresauts qui n’inscriraient pas même une éraflure sur le mur de l’histoire, il entendait maintenir un lien avec des valeurs plus hautes, une mystique plus ancienne, un engagement plus profond. Cela justifiait bien des choses, en somme.
C’est qu’elle leur avait beaucoup pris, aussi, la France.
Si l’on cherchait ce qui rendait leur engagement si entier qu’ils ne pouvaient envisager de vivre sans chercher d’une manière ou d’une autre à participer à des combats plus grands qu’eux, il fallait regarder ce qu’ils voulaient dissimuler d’eux-mêmes derrière cette ambition.
Un arrachement originel était leur clef intime. Le sacrifice initial des tombés au champ d’honneur dont ils allaient fleurir les tombes silencieuses. Ils étaient poursuivis par le regret des bonheurs d’enfance décapités.
C’était loin derrière eux, pourtant. Mais alors pourquoi sentaient-ils encore la brûlure de la plaie, et avaient-ils eu besoin de parachever les histoires amputées de ceux qui les avaient précédés, de les poursuivre dans l’illusion que cela leur donnerait accès à une forme de réconciliation avec le monde? »

Extraits

« Elles étaient condamnées à s’engloutir dans les fonctions -affaires sociales, éducatives, santé -qui les ramenaient sans cesse à In relation à l‘autre; on ne les laissait exister qu’ainsi, au service de… de l‘homme, du chef, du leader, de l’enfant, de la société. Elle avait été obligée d’insister et de faire plusieurs fois remarquer que la commission qui traitait des finances, du budget, qui répartissait les subventions, qui enquêtait sur l’exécution des comptes, ne comprenait que 3 femmes sur 70 membres, pour obtenir l’autorisation d’y siéger, à titre exceptionnel pour une nouvelle arrivante. Il était frappant de constater que même dans les plus hautes sphères du pouvoir les femmes étaient ainsi infantilisées, subordonnées, si rarement écoutées avec sérieux. Condamnées à un prétendu altruisme qui les enfermait. Obligées de s’enraciner dans ce que d’autres voulaient bien reconnaître en elles pour s’émanciper. Chaque parole féminine qui disait le plaisir, la gaieté égoïste, l’hédonisme ou la lutte, l’exigence, le courage, la volonté était retournée contre elles. Elles, condamnées à aimer, à donner, à ne pas profiter, à ne jouir que dans le sacrifice et dans l’oubli d’elles-mêmes, ou au contraire dans l’image de leur frivolité sans cesse exhibée. Leurs révoltes finissaient par les étouffer comme un boa. »

« Ce qu’ils pouvaient se dire, c’est que c’était une histoire impossible.
Ils se l’étaient répété, ou plutôt était-ce elle qui le lui avait signifié, lors du deuxième rendez-vous.
En tirer les conséquences, ne pas parler, ne pas s’appeler, ne pas souffrir.
La clandestinité était forcée, leurs rencontres tapies dans l’obscurité d’après-midi clos. Il arrivait chez elle avec une ponctualité ondoyante. Elle l’attendait avec une impatience inconstante. Entre-temps, il n’y avait rien.
Rien que des rêves ensommeillés et une profusion d’activités en tous sens. Leur vraie vie, à ces deux-là, était ailleurs.
Il était plus lyrique et elle plus raisonnable. Séparés la plupart du temps par la force des choses, ils se sentaient parfois submergés par la tentation sentimentale. Mais en présence l’un de l’autre, tout s’évanouissait hormis le désir de l’instant.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre.
Il ne présentait aucun des symptômes du cynisme, elle n’avait aucun goût pour la désinvolture. Loin l’un de l’autre, ils voyaient du monde, travaillaient avec acharnement, discutaient sans fin et semblaient se préoccuper du pays. Avec l’âge, ils avaient appris à mieux résister à la courtisanerie. À quarante ans, elle conservait une part de naïveté dont son expérience de dix ans plus longue le prémunissait. Ils pouvaient passer des moments très heureux dans l’oubli total l’un de l’autre, sachant avec certitude que reviendraient le jour et l’heure où ils seraient tous deux seuls l’un contre l’autre. »

« Ses grands-parents à elle étaient arrivés en France dans les exils de la misère. Paysan, bracciante, journalier, son grand-père avait trimé sur les échafaudages des grands barrages avant que l’un d’entre eux ne s’écroule, entraîné par l’effondrement d’une grue. La nationalité des morts faisant visiblement une différence, il n’y eut pas d’indemnités pour son accident du travail. Son père était mort d’une maladie professionnelle liée à l’incurie des directeurs d’usine quant à l’air qu’ils faisaient respirer à leurs ouvriers. Comme souvent ne restent que les mères, il lui resta la sienne. Elle éleva ses filles pour qu’elles obtiennent ce dont elle avait été privée, un diplôme et l’indépendance. Elle était sans indulgence pour le dilettantisme scolaire, un luxe de gosses de riches, et exigeait de ses enfants un effort de chaque instant. Elle vivait dans la hantise que ses filles se fassent prendre trop vite au piège du mariage, dans la terreur qu’elles lui sacrifient leurs études, leurs carrières possibles. Pour échapper à la fatalité d’un destin écrit d’avance, elle voyait une issue et une seule : la promesse qu’elle pouvait lire au fronton de la façade de l’école, où elle les accompagnait le matin. La devise républicaine les accueillait avec une solennité austère, sans phrase ni verbe, juste trois principes inséparables, d’une dureté révolutionnaire qui ne souffrirait aucune contestation. Ces mots s’adressaient à elle, offraient l’assurance d’une justice, quelque part, ce quelque part étant là, entre les murs de ces salles de classe. Il n’y avait pas à attendre de paradis lointain pour compenser les souffrances endurées ici-bas. Il suffisait de serrer la main des enfants très fort, de les pousser en avant, et de les laisser marcher seuls, hésitants, jusqu’à la porte de l’école. Ensuite, tout irait bien. On travaillerait le soir à la maison, on ne ferait pas de bruit, la table serait débarrassée pour laisser place aux cahiers : elle éteindrait la télé et se mettrait dans un coin pour lire les livres choisis pour elle par l’aînée. »

À propos de l’auteur
Romancière (Les derniers jours de la classe ouvrière, Stock, 2003 ; Un homme dans la poche, Stock, 2006), Aurélie Filippetti a été députée et ministre de la Culture. (Source : Éditions Fayard)

Page Wikipédia de l’auteur 
Compte Twitter de l’auteur

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

50 chroniques de livre

Badge Critiques à la Une

NetGalley Challenge 2016

Badge Lecteur professionnel

Tags:
#lesideaux #aureliefilippetti #editionsfayard #hcdahlem #RL2018 #roman #rentreelitteraire #rentree2018 #unLivreunePage. #livre #lecture #books #littérature #lire #lectrices #lecteurs #VendrediLecture #NetgalleyFrance #lecteurscom #bouquiner #livresque

Publicités

Mademoiselle, à la folie!

LECOSSE_mademoiselle_a_la_folie

Logo_68_premieres_fois_2017 Logo_premier_roman

En deux mots:
Catherine est une grande comédienne qui vit assistée de Mina, sa confidente et de Jean, son amant. Tous deux vont constater que la raison de Mademoiselle commence à vaciller…

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Mademoiselle, à la folie !
Pascale Lécosse
Éditions de la Martinière
Roman
128 p., 14 €
EAN : 9782732484532
Paru en août 2017

Où?
Le roman se déroule en France, principalement sur l’île Saint-Louis à Paris.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
— Qu’est-ce que j’ai, Mina ?
— Demande-moi plutôt ce que tu n’as pas.
— Je veux dire, qu’est-ce qui cloche chez moi ?
— Je n’ai rien remarqué.
— Si, dis-moi. Pourquoi est-ce que je n’ai envie de rien ?
— Sans doute, parce que tu as tout.
— Certains jours, je confonds les visages, pourquoi ?
— Parce que tout le monde se ressemble.
Catherine danse au sommet de sa vie. Fantasque et admirée, elle a embrassé les acteurs les plus séduisants, joué dans les plus grands films. Elle aime les autres éperdument et distraitement. Jean, son amant éternel, ministre dûment marié. Mina, son assistante, sa confidente, sa meilleure amie. Mina qui ne lui passe rien, Mina qui lui permet tout.
Pourtant, un jour, les coupes de champagne à onze heures du matin, les coups de tête irrésistibles : même Catherine n’y comprend plus rien. Tout va trop vite, tout s’embrouille. Mina fera tout pour protéger Catherine de la maladie qui ne dit pas son nom.
Car Mademoiselle veut jouer son rôle jusqu’au bout. Un peu, beaucoup, à la folie.

Ce que j’en pense
La formule peut sembler éculée, mais ce court roman se lit effectivement dune traite, car le lecteur est d’emblée emporté par le ton du récit, confié à cette «Mademoiselle» dont la carrière au théâtre et au cinéma a été éblouissante. On peut, par exemple, imaginer Catherine Delcour sous les traits de Danielle Darrieux dont la carrière fut également très riche, tant au cinéma qu’au théâtre. Pour le reste, Pascale Lécosse imagine sa diva vivant sur l’île Saint-Louis avec Mina, son assistante et confidente et ayant une liaison avec Jean, un homme politique qui lui offre à la fois son affection et sa liberté. La vie passe, le trio se croise et s’épie, tour à tour joyeux, lucide, tendre, puis jaloux, voire cruel.
Si pour Catherine il n’est pas question de quitter la scène, les petits oublis et les pannes de mémoire se multiplient. On sent alors petit à petit sa vie filer vers cet inexorable drame annoncé dès le titre du livre…
L’auteur mène de main de maître ce bel exercice qui ne fait jamais basculer le récit dans un drame sordide. On pourra même lui reprocher de s’être arrêtée trop tôt et de ne n’avoir semé que de petits cailloux ici et là, le long d’un parcours insouciant qui va mener vers une fin redoutée.
Oui, il faut prendre garde à la douceur des choses!

68 premières fois
Blog Les livres de Joëlle (Joëlle Guinard)
Blog Mémo émoi
Le blog du petit carré jaune (Sabine Faulmeyer)
Blog Livres et vous (Anne-Marie Gabriel)
Aline Raynaud (sur Babelio)
Blog Carole Accroche Livres 
Blog Les couleurs de la vie (Anne Leloup)
Blog PatiVore
Blog La marmotte à lunettes (Claire Sejournet)
Blog Romanthé (Sarah Dupouy)
Blog Anne Mon petit chapitre
Blog Zazymut 

Les autres critiques
Babelio 
L’Humanité (Gérald Rossi)
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)


Pascale Lécosse présente Mademoiselle, à la folie! © Production ed. de la Martinière

Les premières pages du livre
« Je m’appelle Catherine, Catherine Delcour. J’aurai quarante-huit ans dans quelques mois, je suis plus vieille que ma mère ne l’était quand elle s’est tuée dans un accident de la route – elle venait d’avoir quarante ans. J’habite un grand appartement sur l’île Saint-Louis, où je vis depuis… Depuis je ne sais plus quand. J’ai aussi une maison à la campagne, mais c’est à Paris que j’aime être, dans mon quartier, où les touristes ne me connaissent pas et où les commerçants restent discrets. Quand je désire quelque chose ou quelqu’un, il m’arrive, pour l’obtenir, d’implorer un dieu que j’oublie aussitôt après. Je ne crois pas au destin, ce que je veux, je le prends. J’ai depuis toujours le goût de l’effort, du travail, sans lesquels le talent ne suffit pas. L’échec me fait horreur et je suis loin de penser, comme certains, que c’est un mal nécessaire. C’est un mal, point. Que je me suis efforcée d’éviter tout au long de ma vie. Je n’ai pas peur du temps qui passe mais du temps perdu. Quant à la maladie, le meilleur remède que j’ai trouvé pour la combattre, c’est de rester en bonne santé. Je ne me ressers jamais d’un plat, j’ai renoncé au fromage, au pain, et je finis rarement mon verre de vin. Je fais du sport, raisonnablement, je travaille ma respiration et ma mémoire. Je fais l’amour régulièrement et bien. Je dors huit heures d’affilée, quel que soit le fuseau horaire qui m’abrite. Je ne fume pas, je ne me drogue pas, je bois du champagne chaque jour. Je canalise mes énergies vers ce et ceux qui m’élèvent, je fuis la médiocrité. Mon fonds de commerce, c’est moi et j’en prends le plus grand soin. »

Extrait
« J’adore l’effervescence des tournages, et tout l’argent que je gagne n’a rien à voir avec ça. J’ouvre mon carnet, je note que demain, 8 septembre, une journaliste que je connais viendra à seize heures. Elle est très agréable, très professionnelle, elle travaille pour un magazine féminin, un hebdomadaire… Elle s’appelle… Je referme mon carnet.
Mina saura.
Elle se souvient de tout. »

À propos de l’auteur
Après avoir travaillé dans la publicité et écrit pour le théâtre Pascale Lécosse publie Mademoiselle, à la folie! son premier roman.

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Tags:
#mademoisellealafolie #pascalelecosse #editionsdelamartiniere #hcdahlem #68premieresfois #RL2017 #roman #rentreelitteraire #unLivreunePage. #livre #lecture #books #littérature #primoroman #lecture #lire #lectrices #lecteurs #premierroman #MardiConseil