Cool

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En deux mots
Sur un coup de tête, Anouk décide de jouer un mauvais tour à son père qui la néglige un peu trop à son goût. Avec un couple d’amis elle part pour le sud de la France, faisant croire à un rapt. Cette fugue va se compliquer lorsqu’ils prennent en stop un repris de justice sans foi ni loi. Encore que, question foi, ça se discute…

Ma note
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique

Fêter le 14 juillet à Nice

Pour clore sa trilogie, Simon Vermot nous offre une enquête pleine de rebondissements à la suite de la disparition de la fille de Pierre, le journaliste-enquêteur. Les circonstances vont cette fois le mener sur la Côte d’Azur où un attentat se prépare.

Oh, la vilaine fille! Anouk a bien l’intention de montrer à son père qu’il la délaisse un peu trop à son goût et qu’il mérite une petite leçon. Aussi quand ses amis Paul et Mila proposent de filer vers le sud de la France sans avertir personne, non seulement elle accepte mais, pour donner un peu de piquant à la chose, décide de simuler un enlèvement. On imagine le désarroi de Pierre qui, après avoir perdu son épouse, craint désormais pour la vie de sa fille lorsque son collègue lui tend un petit papier sur lequel il a noté le message des ravisseurs. La police se contente d’appliquer la procédure, c’est-à-dire qu’elle ne fait rien durant les heures qui suivent le signalement, sinon rassurer le père en soulignant que dans la grande majorité des cas, on retrouve les enfants dans les premières 48h, la plupart se manifestant eux-mêmes.
Sauf qu’Anouk reste introuvable et les ravisseurs muets. Alors l’enquête pour enlèvement est lancée et une battue citoyenne organisée pour ratisser le secteur autour du domicile de la jeune fille. Mais elle ne donnera rien, sinon une découverte macabre qui permettra la résolution d’une autre affaire et n’arrangera pas la tension nerveuse de Pierre.
Pendant ce temps les trois amis fugueurs traversent la France en direction du Sud, après avoir passé sans encombre la frontière suisse. Un nouveau compagnon les accompagne, le jeune Jeremy qui a brusquement surgi au bord de la route et qu’ils ont pris en stop. Resté discret sur biographe le jeune garçon, qui plaît beaucoup à Anouk, ne va pourtant pas tromper longtemps son monde. Lors d’une halte, Paul voit son visage apparaître sur une chaîne d’info en continu et apprend qu’il s’est échappé du Centre pénitentiaire de Saint-Quentin Fallavier, entre Macon et Valence, où il était en détention depuis quatre mois pour le meurtre d’une femme après l’avoir atrocement mutilée et qu’il est extrêmement dangereux. Il se décide alors à prévenir la police et va demander à Jeremy de se rendre. Erreur fatale. La petite excursion se transforme alors en cavale sanglante. La police est sur les dents. Pierre file vers le sud sans savoir précisément s’il pourra retrouver sa fille. Avec l’aide d’un confrère de Nice-Matin, il va mener sa propre enquête.
Simon Vermot sait ferrer son lecteur en menant son récit sans temps mort. Un nouvel indice, une piste à explorer ou un cadavre viennent relancer l’enquête jusqu’à basculer vers l’actualité la plus brûlante. Nous sommes en juillet 2016 à Nice. Mais il n’est pas question de gâcher votre plaisir de lecture. Je n’en dirais pas davantage, sinon pour souligner qu’après La salamandre noire et A bas l’argent! cet ultime volet des aventures de Pierre, le journaliste-enquêteur, est sans doute le plus réussi. Des difficultés de l’adolescence aux tourments d’un père déboussolé, de la mauvaise rencontre à l’endoctrinement djihadiste, il y a dans ce thriller un joli paquet de thématiques propres à susciter l’intérêt des lecteurs.

Cool
Simon Vermot
Éditions du ROC
Thriller
188 p., 25 €
EAN 9782940674190
Paru le 7/11/2021

Où?
Le roman est situé en Suisse, ainsi qu’en France, allant de Lausanne à Nice en passant notamment par Moillesulaz, Valence ou Fréjus.

Quand?
L’action se déroule en 2016.

Ce qu’en dit l’éditeur
Sujet d’une manipulation diabolique qui le conduit par le bout du nez au bord de l’enfer, Pierre n’a pour arme que son amour pour sa fille. D’autres, en revanche, sauront user d’un arsenal poids lourd pour parvenir à leur funèbre objectif: un horrible carnage.
Une fois de plus, Simon Vermot mêle fiction et réalité en vous laissant à peine le temps de respirer. Un thriller qui vous prend aux tripes pour ne plus vous lâcher.

Les critiques
Babelio
Blog Fattorius

Les premières pages du livre
« – Qu’est-ce qu’il t’a dit? T’es d’une pâleur spectrale!
En sortant du bureau du rédacteur en chef, je ne m’attendais pas à tomber sur Renato. Mes jambes me portent difficilement, je suis complètement sonné.
– Il est arrivé un truc à Anouk… Tu peux finir de mettre en page mon article, faut que je rentre.
C’est à peine si j’arrive à cliquer le bout de ma ceinture une fois installé dans ma voiture. Dans ma tête, c’est le grand chambardement. Pourquoi ça m’arrive à moi ?
Totalement bouleversé par ce qu’il vient d’apprendre, Marc n’a pas pris de gants. C’est pour ça qu’il m’a simplement dit: Je viens de recevoir un coup de fil. Ta fille a été kidnappée…
Il m’a tendu le bout de papier sur lequel il a noté tous les mots. Un texte laconique, tiré d’une voix impersonnelle, sans accent particulier. Juste une revendication: Nous ne demandons pas de rançon. Seulement que Pierre, votre journaliste, accepte de nous rencontrer ! On vous recontactera.
Téléphone à sa grand-mère qui l’élève depuis toute petite.
– Elle n’est pas là. Elle est partie pour l’école, comme d’habitude…
Je ne veux pas l’alarmer, je ne lui en dis pas plus et je raccroche. J’appelle le collège.
– Non, Anouk n’est pas venue ce matin. Est-elle malade ?
Le chagrin peut détruire une personne ou la rendre plus forte. Je suis plutôt du genre de cette dernière. Ce qui, toutefois, ne m’empêche pas d’avoir mes faiblesses. La pluie se fracasse sur le pare-brise avec une force capable de le réduire en miettes. Mais je n’en ai cure. Je suis résolu, en rage, tout en écoutant la voix qui, dans mon subconscient, s’est subitement mise en route. Comme si j’avais appuyé sur Start: «Ne te laisse pas abattre! Tu vas la récupérer! Secoue-toi!» Certes, c’est comme si je devais retrouver un pingouin dans une tempête de sable, mais ma détermination est telle que je me sens capable de soulever des montagnes. Comme a dit l’autre.

Je sais qu’elle traverse une période difficile. Ravissante mais très versatile, parfois écervelée mais dotée d’un fort caractère, comme feue sa mère, Anouk se dispute souvent avec sa grand-maman qui n’apprécie pas trop qu’elle sorte avec des garçons à son âge. Faut dire que celle-ci n’aime guère les hommes, ayant viré sa cuti après un divorce tumultueux.
Ceci ajouté à des notes calamiteuses depuis quelque temps, et même une convocation par la direction de son école pour avoir été surprise la main dans sa culotte en pleine classe. Certes, on a tous connu ça: désir d’indépendance, rébellion. Qui sait vraiment ce qui se passe dans la tête des ados? Je la considère toujours comme si elle venait de sortir de la coquille d’un œuf encore tiède. Mais c’est vrai, son comportement a passablement changé. Agressive, voire méchante parfois, elle en fait voir de toutes les couleurs à son entourage qui ne lui veut, pourtant, que du bien. Moi le premier, bien sûr. Même si, tout récemment, elle m’a tellement excédé que je lui ai balancé la première claque de sa vie. Un geste qui m’a empêché de dormir pendant deux nuits entières.
Je suis complètement perdu. Comme si je n’avais plus de musique dans mon cœur pour faire danser ma vie. Et je ne vois qu’une solution: la police. Oui mais pour lui dire quoi? Que ma fille a disparu? Qu’elle ne s’est pas présentée en classe ce matin? Que mon journal a reçu un ultimatum? Tout bien pesé, ça vaut la peine d’y aller. Et il ne faut pas perdre de temps.
– Quel âge elle a?
– Quinze ans et quatre mois.
Blond, yeux marron et barbe de deux jours soigneusement entretenue, le flic est un jeune gars qui ne doit pas sourire beaucoup.
– Vous êtes sûr qu’elle n’a pas fait une fugue? S’est-elle accrochée avec quelqu’un, a-t-elle eu un comportement bizarre ces derniers temps?
– Non, rien d’important. Elle vit chez sa grand-mère depuis la mort de sa maman il y a un peu plus de dix ans maintenant, et celle-ci ne m’a rien signalé de particulier.
– A-t-elle laissé une lettre, quelque chose qui puisse nous aider?
– Je n’ai pas encore eu le temps de fouiller sa chambre mais je le ferai en rentrant.
– Vous ne voyez pas qui aurait pu vous prendre pour cible? Un ancien collègue, quelqu’un à qui vous auriez causé du tort dans un article, un membre de votre entourage qui vous jalouse?
– Non, je ne vois pas. Jusqu’ici, j’ai plutôt eu une vie assez ordinaire.
– A-t-elle des problèmes avec un petit ami, à l’école? Vous êtes-vous disputés? Est-elle malheureuse chez sa grand-maman?
Je réponds non à toutes les questions, ne tenant pas à étaler notre vie familiale.
– Qu’a déclaré exactement la personne qui a appelé votre journal?
Je lui tends le papier que Marc m’a donné, et dont il va faire une copie dans la pièce d’à côté.
– Avez-vous vérifié les radars et les péages. Il est possible qu’elle soit passée en France ou en Italie. Ces mots ne sont-ils pas la preuve qu’il s’agit d’un enlèvement?
– Peut-être. Avez-vous une photo que je puisse reproduire sur des avis de recherche s’il faut aller jusque-là?
– Oui, bien sûr que j’en ai une! Mais je vous en envoie une autre par mail tout à l’heure. Celle-ci n’est pas très récente.
– Faisons comme ça. Toutefois, à mon avis, elle va rentrer à la maison. Les enfants ont parfois de drôles d’idées, vous savez. Dans quatre-vingt-dix-sept pour cent des cas, ça se résout par une bonne engueulade. Elle va vite vous revenir, vous verrez.
– Vous pourriez au moins voir si vous avez quelque chose, Lausanne est pleine de caméras de vidéo-surveillance, non? Peut-être ont-elles enregistré un véhicule suspect, ou même le rapt de ma gamine! Vous n’allez quand même pas me laisser comme ça!
– Je regrette, mais jusqu’à demain, nous ne pouvons rien entreprendre de concret. C’est la loi. Faites-moi parvenir le portrait de votre fille et je verrai avec mon chef ce qu’il y a lieu de faire. »

À propos de l’auteur
SIMON-VERMOT_rogerSimon-Vermot © Photo DR

Roger Simon-Vermot, dit aussi Simon-Vermot lorsqu’il signe ses romans, est né au Locle (NE) où il a fait un apprentissage de typographe. Très vite intéressé par l’écriture, il devient journaliste, en intégrant notamment les rédactions de l’Illustré et du journal Coopération, avant de créer une agence de presse et publicité. Dans ce cadre, il conçoit différents magazines, devient rédacteur en chef de la revue vaudoise du 700e anniversaire de la Confédération, du Journal du Bicentenaire de la Révolution vaudoise puis rédacteur pour la Suisse romande de l’organe interne d’Expo 01-02. Durant quinze ans, il dirigera le fameux almanach «Le Messager boiteux» tout en collaborant à divers journaux et magazines.
Parmi la douzaine de livres qu’il a publiés jusqu’ici, citons «BDPhiles et Phylactères», une introduction à la bande dessinée, «Horrifiantes histoires du Messager boiteux», «PT de rire», illustré par Mix et Remix, «Illusion d’optique» ou «Putain d’AVC» qui ont obtenu un beau succès de librairie. Ceci, ajouté à un demi-douzaine d’ouvrages collectifs.
Roger Simon-Vermot est également l’auteur du scénario de «Eden Weiss», la bande dessinée officielle du Sept centième anniversaire de la Confédération suisse et parolier d’«Une autre vie», chanson gagnante de «La Grande Chance», émission concours de la RTSR. Il a également écrit une série de pièces radiophoniques policières sous le titre de «l’Agence Helvétie» diffusées sur les antennes de la Radio romande. C’est là aussi qu’il a animé durant environ un an «Samedi Soir», une séquence d’une heure sur le Neuvième Art.
Également peintre à ses heures, Roger Simon-Vermot est membre de la Société Suisse des Auteurs et de l’Association des écrivains neuchâtelois et jurassiens. Il se consacre désormais à son œuvre romanesque. (Source: Éditions du roc)

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La dérobée

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En deux mots:
Quand Claire retrouve Antoine, son amour de jeunesse, c’est bien plus que son passé qui lui revient en mémoire. Ces retrouvailles vont bousculer sa famille, ses certitudes et rouvrir l’enquête d’un fait divers sordide.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Antoine ne voit plus Claire

Sophie de Baere nous offre un roman d’initiation à l’envers. Lorsque Claire retrouve Antoine, son amour de jeunesse, l’introspection est douloureuse. Le passé vient fracasser son présent.

Claire a fait sa vie. Lorsqu’elle fait le bilan, à quarante ans passés, elle n’a pas à se plaindre. Certes, il n’y a rien de très exaltant à se retrouver responsable de caisse sur une aire d’autoroute, à partager son quotidien avec François, un mari qui n’est guère attentionné – l’usure du couple a fait son travail – et une fille qui, de jour en jour, s’éloigne davantage d’elle. Reste l’assurance de couler des jours tranquilles au soleil de Nice. Jusqu’au jour où son passé lui revient en pleine figure.
Antoine, son amour de jeunesse, a choisi de s’installer dans l’appartement vacant de son immeuble en compagnie de Paola, son épouse. Dans la boîte à souvenirs, les premiers émois, l’amour éternel que l’on se jure, les plans sur la comète…
«Le 7 juillet 1987, Antoine Riedman est entré en moi calmement, sans tumulte. Comme s’il ne faisait que se conformer à notre destin. Et cet instant limpide est resté à jamais inscrit dans ma mémoire de midinette comme celui d’une promesse éternelle.»
Mais le temps des rêves prend fin le jour où elle fait la connaissance du père d’Antoine. L’avocat la rejette en trois phrases glaçantes. Puis, en autant de gestes équivoques, la réduit à un objet de plaisir et rien d’autre. La belle histoire de la fille ordinaire qui s’éprend d’un jeune d’une classe sociale plus élevée s’achève brutalement. Antoine disparaît du jour au lendemain, ne répond plus aux lettres, s’efface de sa vie. Ne reste que la tristesse, la douleur et un sentiment de trahison, d’abandon.
Il n’en reste pas moins que ce retour ravive les plaies, mais aussi la belle histoire. Claire peut-elle croire Jacques Brel lorsqu’il affirme qu’«on a vu souvent rejaillir le feu d’un ancien volcan qu’on croyait trop vieux»? En tout cas elle a envie d’y croire à nouveau, de pimenter sa vie trop terne à son goût. «Presque trente ans plus tard, je redeviens sa chose.»
Ce qui peut ressembler à un banal adultère prend bien vite une autre tournure. Le passé de Claire et d’Antoine est aussi marqué par un fait divers sordide, l’assassinat d’une jeune fille de dix-sept ans tout près de l’endroit où ils se retrouvaient pour s’aimer.
Sophie de Baere, avec un sens aigu de la construction, nous livre peu à peu les indices qui vont permettre de reconstruire le scénario de ce drame. Suivant Claire dans ses réflexions, on partage le tumultueux maelstrom de ses pensées, tour à tour exaltées, tour à tour désespérées. Jusqu’à un épilogue digne d’un thriller.
Voilà ce que j’appelle des débuts de romancière réussis !

La dérobée
Sophie de Baere
Éditions Anne Carrière
Roman
250 p., 18 €
EAN : 9782843379062
Paru le 13 avril 2018

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Nice et environs. On y évoque aussi Paris.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Alors que Claire mène une existence morne mais tranquille avec son mari, elle tombe sur Antoine, son grand amour de jeunesse. Jeune grand-mère d’une petite Léonie, Claire travaille comme responsable de caisse sur une aire de l’autoroute A8 et croit n’avoir plus grand-chose à partager avec Antoine, photographe reconnu et marié à une fille de diplomate.
Mais l’irruption inattendue d’Antoine qui va user de tous les stratagèmes pour rétablir une relation avec elle, oblige Claire à interroger son existence du moment et à fouiller les drames du passé… À travers les évènements dramatiques de sa vie, Claire saisit peu à peu qui elle est et ce qu’elle souhaite vraiment.
Habilement mené, ce roman aux airs de quête initiatique nous entraîne sur des chemins insoupçonnés. On se laisse d’abord prendre par le charme d’une écriture, puis très vite le lecteur est happé par l’histoire, le destin de l’héroïne et les nombreux rebondissements savamment dosés.

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Les Autres critiques
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Lecteurs.com

Extraits
« Je trimballe avec moi un ventre plein de larmes. Paris est glacial et la fumée noirâtre des pots d’échappement fouille mes narines et mon cou. Je croise des visages tour à tour placides et hostiles. Des manteaux de laine pressés me frôlent sans me voir. Un givre mou s’est déposé sur les branches brunes des arbres émaciés et mes bottes frottent leurs semelles de mousse au goudron glissant des trottoirs bondés. Adossée contre la vitre taguée d’un Abribus, j’essaie de réchauffer mes doigts blanchis et durcis par le froid. Mes doigts de porcelaine, presque inertes.
Lorsque j’introduis dans la grosse serrure dorée la clef qu’Antoine m’a confiée, j’ignore encore ce que je m’apprête à faire. Mon esprit flotte entre deux territoires. J’ai l’impression que ma colonne vertébrale s’effrite et que la masse informe et flasque que je suis en train de devenir va bientôt se répandre sur le tapis du salon puis disparaître. Je suis un ver de terre. »

« Je suis de ces filles qui n’osent pas et se taisent. Je ne monte pas sur les tables en chantant et je danse dans un coin sombre de la salle de bal. Je suis de celles qui, la soirée entière, sirotent un kir framboise en hochant la tête avec un sourire inoffensif. (…)
Pas assez jolie. Pas assez intelligente. Pas assez efficace. Pas assez drôle. Je suis l’incarnation du manque. Du presque vide. Et s’il m’arrive quelque chose de bien, ce ne peut être qu’un hasard ou un incident. L’amour de François est un incident. Même la naissance de mes enfants est un incident. Quand je vois leurs jolis minois, je ne peux m’empêcher de penser que Dieu a dû faire une erreur d’aiguillage. »

« On ne peut pas dire que mon existence soit un écrin de béatitudes, mais elle ne m’apparait pas non plus comme un lourd fardeau. C’est plutôt un bain moussant qui tiédit et qu’on hésite à quitter car on s’y est trop alangui. Malgré la peau qui fripe. Malgré la mousse qui s’étiole et nous signifie qu’il faut sortir. »

À propos de l’auteur
Après avoir étudié la philosophie, Sophie de Baere vit et enseigne à Nice. La Dérobée est son premier roman. (Source : Éditions Anne Carrière)

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