Fortune de mer

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Fortune de mer
Jean-Luc Coatalem
Stock
Roman
176 p., 16 €
ISBN: 9782234079762
Paru en avril 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en France. Après un vol de Paris à Ouessant, en passant par Brest, on va découvrir tous les recoins de l’île : Lampaul, Toulalan, Kernic, Calgrac’h et Béninou, Kerandraon, Toull-Auroz, Porz-Biliec à la pointe de Pern ou encore les criques effilées de Penn-Ar-Ru-Meur, les phares de Nividic, de la Jument et celui du Créac’h et l’îlot de Keller. Sont également évoquées aux alentours Molène, Triélen, Quéménès et bien plus loin les villes de Vevey, Stockholm, Rome et Madrid et Tanger.

Quand?
L’action se situe de nos jours, sur une période de trois jours : samedi, dimanche et lundi.

Ce qu’en dit l’éditeur

En Bretagne, il faut se méfier des apparences autant que de la météo. Ainsi, quand dans le petit avion à destination de Ouessant embarquent deux druides, un spécialiste des abeilles et une Espagnole couronnée par un donut de cheveux, tout peut arriver et tout va arriver, et pas de la façon qu’on imagine… Sur place, ils retrouveront une clique d’ornithologues japonais, le sieur Pommereau, qui joue au détective privé, et ce chanteur à succès, Vassili, beau ténébreux venu se mettre au vert après une histoire de moeurs. Dans ce mouchoir de poche qu’est Ouessant, les histoires de chacun vont s’entrecroiser, et les désirs s’affoler. De surcroît, face à la tempête qui gronde, il faudra faire face aux légendes comme celle du poulpe géant. Et au délire de quelques-uns que le grand large a déjà bien secoués…
Avec poésie et fantaisie, Jean-Luc Coatalem signe une sorte de polar métaphysique, où le dérisoire tutoie le drolatique. À lire comme une fable du grand Ouest.

Ce que j’en pense
***

Les remerciements qui viennent clore ce court – mais bon – roman donnent une bonne indication de ceux qui l’ont inspiré: l’album Finistériens de Miossec, et notamment la chanson «Une fortune de mer», ainsi que les «scènes de la vie ouessantine» que racontait le Prix Goncourt 1912 André Savignon avec Filles de la pluie.
Car le personnage principal de ce roman n’est pas le narrateur, mais bien l’île d’Ouessant, ce bout de Bretagne balayé par les vents et la pluie, «endroit hors norme, entier et rude. Une pierre brute à la brassée des eaux… ». Ouessant qui sculpte les visages et façonne les âmes « sur ces terres de peu qui ne donnent guère et qui grignotent les marées, où chacun est parent de l’autre, où les parcelles ont la taille d’un mouchoir, où l’Iroise peut tout reprendre d’un coup, et vos vies avec, et le poisson d’abord ».
C’est là, sous une pluie battante, que débarquent Lescop, le narrateur, chargé par la société suédoise «Bee Royal» qui l’emploie de venir superviser les ruches d’abeilles noires de l’île qui produisent un miel exceptionnel. Avec lui, Lucia Parma, une journaliste-photographe mi italienne-mi espagnole et deux druides Le Gaoulec et Per Le Frat, venus célébrer un mariage selon la vieille tradition.
Ils sont accueillis par Pommereau, un ancien journaliste, qui s’est installé sur l’île avec sa femme Agathe. Correspondant du Télégramme, il entend tout savoir et tout connaître. En déposant Lescop et la belle reporter devant la pension de Mme Kermarec, il ne doute toutefois pas que les heures qui vont suivre pourront lui donner de la matière pour la rubrique des faits divers.
Ajoutons, pour compléter le tableau, la présence de Vassili, chanteur ténébreux au sang chaud qui tente d’oublier un chagrin d’amour, «sa» Lorenne étant partie avec un autre sous des cieux plus cléments et, touche exotique, des ornithologues nippons venus immortaliser la faune locale.
Lescop est ravi de voir que les abeilles ont fait du bon travail, ce qui va lui permettre de se concentrer davantage sur la conquête de Lucia. Il lui fait découvrir l’île, ses criques et ses légendes, avant de la serrer d’un peu trop près dans une vieille cabane de goémonniers.
Lucia ne l’entend pas de cette oreille et s’enfuit. On ne la reverra pas de sitôt, mais même Lescop ne s’en doute pas. Vassili chante son blues, les druides se préparent à la cérémonie avec leurs ovates, bardes et novices et les vieilles histoires ressurgissent, comme celle de la pieuvre géante qui emporte les imprudents. Ou encore celle de ce sous-marin russe de 68 m de long qui reposerait non loin des côtes.
En parlant de «polar métaphysique», l’éditeur a bien résumé l’ambiance de roman qui mêle avec bonheur le fait divers et l’étude sociologique, la libido dérangée des uns et les rêves de gloire des autres. Sans oublier l’hommage de l’enfant du pays à ces récits et paysages qui l’ont façonné. Bon vent !

Autres critiques
Babelio
Télérama
Marianne
BIBA magazine
Radio Espace 2 (Entre les lignes – Jean-Marie Félix)
France Info (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Blog De nécessité vertu

Extrait
« Tout de suite, j’avais été attiré par Lucia Parma, sa coiffure inhabituelle, son maintien un peu raide, ce quelque chose de fragile et de bourdonnant qui se déplaçait avec elle, comme une aura, au point de m’être fait la réflexion que celui qui l’attendrait à Brest devait être un magicien d’un sacré niveau. Pour compléter le tableau, la belle offrait une carnation d’un ocre tendre, comme sucré, et, sous un tee-shirt grège, de petits seins hauts et ronds comme deux oranges – plus tard, je découvrirais qu’un tatouage, un 8 inversé, signe de l’infini, ornait le gauche. Par trois fois, s’étant retournée, son regard flou de myope balaya les rangs de derrière comme si elle cherchait un visage connu. Le sien, semé de quelques grains de brillant, me parut délicieux, aiguisé, irréel. Pour l’heure, anonyme encore parmi les passagers, elle feuilletait les pages du journal régional… » (p. 13)

A propos de l’auteur
Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint au magazine Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001), prix des Deux-Magots et prix Bretagne, Le Gouverneur d’Antipodia (Le Dilettante, 2012), prix Nimier, et récemment Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013). (Source : Editions Stock)
Site Wikipédia de l’auteur

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La sirène d’Ouessant

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La sirène d’Ouessant

Edoaurd Brasey
Calmann-Lévy
Genre
384 p., 19,90 €
ISBN: 9782702144824
Paru en mai 2014

Où?

Comme son titre l’indique, ce roman est situé sur l’île d’Ouessant au large de la Bretagne.

Quand?
L’action se déroule dans les années trente.

Ce qu’en dit l’éditeur

Ile d’Ouessant, années 30. Quand elle apprend que son mari matelot a péri dans un naufrage, la laissant démunie avec son jeune enfant, Marie-Jeanne Malgorn refuse d’y croire. Elle est persuadée qu’il a été enlevé par l’une de ces sirènes dont parlent les légendes, une Morgane.
Elle se tourne vers Malgven, la vieille rebouteuse, qui la contraint à sacrifier un agneau dans le temple des anciennes druidesses. Si la Morgane le libère, Jean-Marie sera là d’ici la Toussaint, prophétise la sorcière.
La vie est dure sur l’île battue par les vents. Malgré le poids de la solitude, Marie-Jeanne se refuse à Yves, l’aubergiste qui l’a vue naître et s’est passionnément épris d’elle, mais laisse un jeune naturaliste, originaire du Finistère, en mission d’observation ornithologique dans l’île, la distraire de son deuil. Fascinée par l’homme de science, Marie-Jeanne n’oublie pas que Jean-Marie pourrait à tout moment surgir. Mais à mesure que se rapproche l’échéance fixée pour son retour, elle commence à douter d’elle-même. Pour qui son cœur bat-il vraiment ? Un terrible drame va bientôt la forcer à choisir…

Ce que j’en pense
****

Édouard Brasey est un écrivain boulimique. A la tête d’une œuvre déjà impressionnante, il publie vaillamment un livre après l’autre. La Sirène d’Ouessant, parue en mai 2014, mérite toutefois le détour. Certes, dans un pays où on aime bien cataloguer les gens, on pourrait le ranger dans la catégorie souvent dénigrée des auteurs régionaux ou régionalistes, mais ce serait d’une part faire peu de cas d’auteurs qui ont souvent donné le meilleur de la littérature en ancrant dans leur terroir des histoires universelles et d’autre priveraient les lecteurs d’un récit qui mêle habilement le thriller aux légendes bretonnes.
Marie-Jeanne Jézéquel, orpheline de dix-sept ans, croit pouvoir arrêter la spirale des malheurs qui s’abattent sur elle en épousant Jean-Marie Malgorn. Maintenant qu’elle a fondé une famille, s’est installée dans une petite maison de l’île, elle espère trouver sa place au sein de cette rude communauté de marins et de pêcheurs.
Mais le destin en a décidé autrement. L’annonce de la disparition en mer de son mari est un tel choc qu’elle décide de ne pas croire tous ces oiseaux de mauvais augure.
Pendant des jours, elle attend le retour de son homme. Ne se résignant pas, elle décide de faire appel à la sorcière qui lui promet un message de son homme d’ici à la Toussaint. L’attitude de la veuve ne lui vaut que le mépris des Ouessantins et la méfiance du Père Loïc. Seul Yves, le propriétaire de « La Duchesse Anne », essaie de la consoler et de venir en aide à la jeune mère. Mais son aide n’est-elle pas intéressée ?
Quand un ornithologue vient procéder à des relevés, Marie-Jeanne voit à nouveau un coin de ciel bleu sur cet Enez Eusa, « l’île de l’épouvante », comme on appelle encore Ouessant. Mais encore une fois, la tragédie viendra frapper à la porte.
Une solide documentation et une plume habile donnent au roman la dimension d’un conte tragique.

Autres critiques
Babelio

Extrait
« À l’école, puis au collège, Marie-Jeanne s’habitua à n’avoir pas d’amies. Déjà, elle prenait le pli de la solitude, qui à Ouessant est une seconde nature. L’amour de sa mère lui suffisait.
Mais Jeanne n’était plus la même depuis la disparition de son « marsouin ». Elle semblait de plus en plus absente, se parlait à elle-même tout en travaillant aux champs, riant nerveusement pour des riens, avant de sombrer dans une apathie dont rien ne semblait pouvoir la tirer. Un matin, alors que Marie-Jeanne revenait de la grève où elle était allée chercher le goémon, juste avant l’extinction des phares, elle retrouva sa mère sans vie au fond de son lit clos. Jeanne avait rejoint Yann de l’autre còté des apparences.
Marie-Jeanne n’avait que dix-sept ans et elle était orpheline. Elle n’avait ni famille, ni amis, ni personne sur qui compter. Seule au monde. À part Yves Tual, le fidèle ami de toujours. C’est lui, d’ailleurs, qui paya les funérailles de sa mère. » (p. 44)

A propos de l’auteur
Romancier et essayiste, Édouard Brasey est l’auteur de plus de soixante-dix ouvrages dont Les Lavandières de Brocéliande, Les Pardons de Locronan chez Calmann-Lévy, La Malédiction de l’anneau (Belfond, prix Merlin 2009) ou La Grande Encyclopédie du merveilleux (Le Pré-aux-clercs, prix spécial du jury Imaginales d’Épinal 2006 et prix Claude Seignolle de l’Imagerie 2006). (Source: Editions Calmann-Lévy)
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