L’été en poche (43)

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L’aménagement du territoire

En 2 mots
Légendes de Bretagne, sociétés secrètes, et luttes de pouvoir vont se greffer sur ce récit très documenté sur les effets de l’aménagement du territoire sur quelques personnages hauts en couleur. Bonne lecture!

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Christophe Bys (L’Usine nouvelle)
« Aurélien Bellanger prend prétexte de la construction d’une ligne du TGV Ouest pour réfléchir sur la question politique essentielle : la répartition de l’espace entre les hommes. Pour cela, il mêle politique et sciences, créant un univers où se croisent marquis et ingénieurs, hommes d’influence et d’affaires. Un texte parfois ardu où l’auteur confirme qu’il est aussi un styliste. »

Vidéo


Présentation du livre par l’auteur. © Production Librairie Mollat

L’été en poche (42)

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Le bonheur national brut

En 2 mots
Une grande fresque qui s’étend du premier au dernier président socialiste de la Ve République, de François Mitterrand à François Hollande. À travers le portrait de quatre garçons, leur carrière, leurs vie sentimentale et leurs destins croisés, c’est à une superbe chronique que nous invite François Roux.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Delphine Peras (L’Express)
« Très documenté, très maîtrisé, porté par un style succulent et un souffle romanesque inouï, Le Bonheur national brut est une réussite totale. »

Vidéo


François Roux vous présente «Le bonheur national brut». © Production Librairie Mollat

L’été en poche (23)

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L’emprise

En 2 mots
L’Emprise, qui retrace le combat politique en France au moment de l’élection présidentielle, est le premier volume d’une trilogie. On y suit Philippe Launay dans son combat pour décrocher la fonction suprême. Très vite, Marc Dugain, fait tomber les illusions de ceux qui s’imagineraient encore que seul compte l’intérêt général, que le candidat va s’engager pour son pays…

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Bernard Pivot (Le JDD)
« Le vrai plaisir du livre est dans les portraits des personnages, la description de leurs comportements, de leurs manies, la plongée dans leur psychologie, la restitution de leurs conversations professionnelles et intimes. C’est tenu, rapide, féroce. Même les petits rôles ont de la présence »

Vidéo


Présentation de «L’emprise», roman de Marc Dugain. © Production Gallimard

Prince Sadruddin Aga Khan

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En deux mots
Cette biographie très détaillée vous fera découvrir l’engagement du Prince Sadruddin Aga Khan pour un monde meilleur au sein des Nations Unies pour les réfugiés et les droits de l’homme et au sein de sa Fondation pour la culture et aussi l’environnement. Le portrait d’un homme attachant par l’une de ses plus proches collaboratrices.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Prince Sadruddin Aga Khan
Diane Miserez
Éditions Cabédita
Biographie
408 p., 24 €
EAN : 9782882957788
Paru en mars 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Homme parmi les plus remarquables de notre époque, Aga Khan, né à Paris, a longuement servi les Nations Unies aux plus hauts niveaux. Sa famille fuit la France en mai 1940 et Sadruddin est scolarisé en Suisse. Plus tard, il accomplit des missions pour le HCR et l’UNESCO. Devenu haut- commissaire pour les réfugiés, au moment d’exodes importants en Afrique, Amérique latine et Asie qui nécessitaient de nouvelles approches, il se distingua particulièrement dans sa fonction. Ses dons diplomatiques s’avérèrent indispensables dans les situations critiques. Visionnaire sur l’état du monde et la situation des réfugiés, Sadruddin décrit et prévoit quarante ans plus tôt les exodes de masse actuels. Passionné par la nature, tout comme fortement engagé sur la question de la menace nucléaire, il organisa des colloques internationaux d’importance sur ces sujets. Il mit également sur pied de nombreux projets en faveur des Alpes dans les sept pays de l’Arc alpin. Jusqu’à sa mort, sa préoccupation demeura le sort des populations dans les pays pauvres.
Reconnu comme un grand homme déjà de son vivant, le prince Sadruddin méritait que sa vie consacrée à la protection des hommes, des arts et de la nature soit connue, en anglais et en français. À une époque où les modèles de valeur font défaut, cette personnalité internationale et hors du commun s’offre comme une source d’inspiration pour les jeunes de tous pays et de toutes origines.

Ce que j’en pense
« J’espère que ceux qui n’auront jamais eu la chance de rencontrer cet être humain d’exception apprendront à le découvrir à travers ces pages, et à réaliser à quel point Sadruddin vécut pour améliorer le sort de l’humanité et le monde vivant pour lesquels il fut une bénédiction. » Le souhait de Diana Miserez, qui a fait la connaissance du prince Sadruddin Aga Khan dans les années soixante aux Nations Unies à Genève et l’a côtoyé durant près d’un demi-siècle trouve est réalisé dans ce livre qui fourmille de détails, qui compile une impressionnante somme de documents et qui, au-delà d’un homme, retrace aussi l’évolution des instances internationales durant cette même période. Riche, dense et éclairant, ce livre rend hommage à un homme vraiment hors du commun.
Si j’ai choisi de vous en parler, moi qui ne fait guère d’incursions hors de la fiction sur mon blog, c’est d’une part parce que j’ai également eu la chance de côtoyer le Prince à plusieurs reprises, mais surtout parce que je partage avec l’auteur cette fascination pour « un homme altruiste, d’un fort charisme, brillant, modeste et attachant, doté d’une grande magnanimité, de dignité et de perspicacité, d’un humour contagieux et empreint d’une profonde préoccupation pour l’humanité et notre environnement. »
Un caractère d’autant plus remarquable que cet homme n’a eu dès sa naissance aucun souci à se faire quand à son avenir, puisque né en 1933 à Neuilly-sur-Seine de S. A. Aga Khan III et de la Bégum (la Savoyarde de la famille, née Andrée Joséphine Carron) et descendant d’une lignée de princes perses. Mais l’Histoire autant que ses racines plus que son éducation vont marquer le jeune homme. Après une jeunesse passée en Suisse puis des années d’études à Harvard, il parcourt le monde – notamment en Inde – et s’engage dès les années cinquante auprès des instances internationales. Un engagement qui va le conduire dès 1965 au poste de Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), poste qu’il occupera jusqu’en 1977, avant de rejoindre la Commission des droits de l’homme. Envoyé sur le terrain des conflits en Afghanistan et en Irak, il sera l’un des fervents défenseurs du droit d’ingérence humanitaire.
En relisant quelques-uns de ses discours et ses prises de position de l’époque, on se rend compte a quel point il était visionnaire, combien il anticipait les événements que nous vivons aujourd’hui, mais aussi combien il aura réussi par son entregent à éteindre bien des incendies.
J’en arrive à ma première rencontre avec cet homme passionnant et passionné, notamment d’art et de musique. C’était en 1991, alors que Sadruddin Aga Khan figurait sur la short-list des prétendants à la succession de Javier Pérez de Cuéllar. Il m’avait accordé un long entretien dont je conserve un aujourd’hui encore un vif souvenir… et le regret qu’il n’ait pas été élu.

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Entretien avec le Prince Sadruddin Aga Khan paru dans l’hebdomadaire Coopération en octobre 1991.

Même si cela m’a alors permis de partager un autre engagement avec le Prince, celui pour la nature et la défense de l’environnement à travers sa Fondation de Bellerive et plus précisément «Alp Action». Grand randonneur, il a alors entraîné dans ses pas une poignée de journalistes à la découverte de la flore et de la faune alpine. Outre la conversation a bâtons rompus, nous avons eu la chance d’approcher un gypaète barbu, espèce menacée de disparition et pour laquelle il a défendu la préservation d’un environnement protégé.
Diana Miserez revient également en détail sur cette seconde vie et sur toutes les autres, car il brillait de mille facettes, comme vous le découvrirez dans cet ouvrage.


Un court résumé (en anglais) de l’action du Prince Sadruddin Aga Khan durant ses douze années à la tête du Haut Comité pour les Réfugiés (1966-1977)

Autres informations et vidéos réalisées à l’0ccasion du lancement du livre aux Nations Unies à Genève

Page Wikipédia consacrée au Prince Sadruddin Aga Khan 

A propos de l’auteur
Diana Miserez, née à Londres, après avoir côtoyé à l’Université des réfugiés de pays de l’Est, fut nommé au HCR (Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés). À Genève comme sur le terrain, elle connut Sadruddin Aga Khan, adjoint puis haut-commissaire. (Source : Éditions Cabédita)

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La plume

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En deux mots
Entre les deux tours de la présidentielle, le Président en exercice perd les pédales durant le débat télévisé. Une journaliste va essayer de comprendre la raison de ce suicide en direct et nous entraîner dans un suspense politique éclairant.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

La plume
Virginie Roels
Stock
Roman
320 p., 20 €
EAN : 9782234082618
Paru en mars 2017

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, mais aussi à Nanterre et à Brinon-Sur-Sauldre, un petit village de Sologne et à Rabat, au Maroc. Bruxelles, Marseille et Tunis sont également évoquées.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Le président était à moins d’un mètre quand il se mit à dévisager le public. Il s’arrêta net sur un jeune homme assis au deuxième rang. Ce dernier le fixa d’un sourire de Joconde. Le président baissa les yeux, puis se tourna vers son ministre de l’Intérieur. La suite, nous la connaissons tous, les images ont fait le tour du monde : à vingt-deux heures trente, devant cinquante millions de téléspectateurs, le président de la République française a littéralement perdu les pédales.
Quelques secondes qui brisèrent sa carrière ; jamais humiliation ne fut si foudroyante. Dès cet instant, nous fûmes des centaines de journalistes cherchant à savoir ce qui s’était passé. La chance voulut que je sois la seule à avoir identifié l’objet de son effroi : le jeune au sourire de Joconde. »
Une fable contemporaine sur la classe politique, où tout est fiction, mais presque tout est vrai… Un roman inventif, brillant et audacieux.

Ce que j’en pense
Voilà ce que l’on pourrait appeler un roman de circonstances, car il a pour sujet de départ le débat entre les deux postulants au poste de président de la République, entre les deux tours de la présidentielle. D’un côté le président Debanel qui brigue un second mandat, porté par des sondages euphoriques alors que quelques mois plus tôt, il battait des records d’impopularité, et d’autre part son adversaire de l’opposition, dont la pugnacité, l’agressivité est presque du pain bénit pour le sortant, calme et olympien. Mais un petit grain de sable va venir enrayer la machine. Soudain, pris de panique, le Président dérape et va perdre, face à des millions de téléspectateurs, toute chance de s’assurer un second mandat. Une jeune journaliste flaire alors le scoop : « Pour la première fois de ma médiocre carrière, j’avais une intuition, un indice, et la conviction d’en avoir été l’unique témoin. J’ai tiré les fils, patiemment, jusqu’à reconstituer le puzzle. Après des mois passés à écouter tous les acteurs de cet affreux quoique jouissif naufrage, celui d’un président, en voici le récit. »

Chacun se souviendra de ces joutes et de ces petites phrases qui ont, paraît-il fait l’élection « Vous n’avez pas le monopole du cœur » assené par Giscard d’Estaing à Mitterrand ou encore le « Je vous regarde dans les yeux et je vous le répète, vous êtes un menteur » de Mitterrand face à Chirac. On pardonnera à Virginie Roels d’avoir ici forcé un peu le trait et d’avoir, tout au long du livre, ajouté quelques scènes qui tiennent plus de l’invraisemblable que de la fine analyse politique, car ce premier roman sait d’une part entretenir le suspense et d’autre part nous entraîner dans les arcanes d’un pouvoir qui exacerbe d’autant les passions que chacun sait qu’il est éphémère, qu’il y a des centaines de personnes qui lorgnent une place sous les lambris de la République.
David Joli est l’un d’eux. Il a su gravir un à un les échelons jusqu’à devenir celui un sherpa du Président, rédigeant ses discours. Ou plutôt profitant de sa double casquette de prof pour faire plancher ses élèves, sans qu’ils le sachent, sur les thèmes qu’il doit développer. Pris par le temps, il donne même tel quel le texte de l’un de ses élèves, Julien Le Dantec, au ministre qui le lui réclamait d’urgence, le président ayant choisi de modifier son emploi du temps. Ce texte, qui rend leur dignité aux ouvriers de Micelor, permet au Président de regagner des points. Au fil de ses déplacements, y compris à l’étranger, sa Plume fait des merveilles.
David Joli grimpe les échelons jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir tout en jouant avec le feu. Car Julien Le Dantec va flairer l’entourloupe.
L’enquête de la journaliste va lui permettre peu à peu de dénouer les fils d’une intrigue qui va bientôt mêler les services de renseignements, le viol d’une enfant, une filière djihadiste, et les plus hautes personnages de l’Etat dans le financement occulte de leur campagne.
Mais arrêtons-nous là pour souligner les vertus de ce roman, à commencer par celle de nous ouvrir les yeux sur ces jeux de pouvoir ou l’angélisme n’a pas cours, ou l’éthique est bafouée par l’appât du gain, ou la morale est balayée d’un revers de main pour assouvir une soif inextinguible de pouvoir. Pour un peu, je dirais que cela me rappelle bien quelqu’un…
Au moment où la France se choisit un nouveau Président, voilà en tout cas une satire qui donne à réfléchir. Bienvenue et peut-être salutaire !

68 premières fois
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Blog La Biblitothèque de Delphine-Olympe (Delphine Depras)
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Autres critiques
Babelio 
Blog Sur la route de Jostein 
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Blog Kanou Book
Le Journal minimal 

Les premières pages du livre 

Extrait
« Mon rédac chef avait peut-être raison, on ne s’improvise pas journaliste d’investigation. Incapable de me remettre à la tâche, j’interrogeais le ciel, y dessinant des bonshommes à la Magritte, espérant qu’on y lâche des lanternes, une fois la nuit tombée. Les semaines passèrent sans que la presse ne soulève l’hypothèse qui était la mienne : l’implication du jeune étudiant dans le naufrage du président. J’écrivis de nouveaux articles sur les présentateurs télé, interviewai quelques acteurs de séries B, mais le cœur n’y était plus. Mon rédac chef s’en aperçut et, en fin de contrat, préféra ne pas « me garder », précisant que c’était peut-être pour moi « l’occasion de vous lancer ! ». « Par la fenêtre ? » aurais-je pu répliquer, mais la repartie, sur le moment, me manqua. »

À propos de l’auteur
Longtemps journaliste d’investigation pour la télévision et la presse écrite, Virginie Roels est directrice de la publication du magazine Causette. La Plume est son premier roman. (Source : Éditions Stock)
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Garde-corps

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Garde-corps
Virginie Martin
Lemieux éditeur
Roman
176 p., 15 €
EAN : 9782373440737
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, avec des épisodes situés dans le Vaucluse, à Carnavat ainsi qu’en montagne, à Villons-sur-Alpes et sur la Côte d’azur, à Cannes et Saint-Tropez, sans oublier le Nord, à Beaume-lès-Douai. On croisera aussi des connaissances à San Francisco, Venice Beach, Los Angeles, New York, Genève, Oxford.

Quand?
L’action se situe de 1976 à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Carnavet, début des années 1980.
Gabrielle Clair, à peine entrée dans l’adolescence, est violée par un élève de son collège. Dès lors, elle se forge un masque de fer pour transcender ce drame, et se jure de quitter cette province devenue trop étouffante.
Paris, fin des années 2000.
Gabrielle Clair, ministre, mène sa carrière avec talent. Brillante, elle passe sous les fourches caudines du pouvoir, affrontant la ¬condescendance et le machisme ordinaire. Jusqu’au jour où son chemin recroise celui de son violeur…
Des pierres sèches du Vaucluse aux ors des palais de la République, on suit le parcours de ce personnage ambigu, dans un récit mêlant sexisme et politique. Qui domine ? Qui est dominé ? Tout ¬n’est que rapport de force, et la morale n’est pas toujours au rendez-vous.

Ce que j’en pense
****
« Je suis dans ma berline de ministre… J’adore dire et redire cette phrase… Je suis dans ma berline de ministre et je vais rejoindre le Conseil des ministres. Dorures, ors, fastes, protocole, journalistes, ça monte à la tête même quand on ne le veut pas ; c’est mieux que la cocaïne, mieux que l’ecstasy ; c’est comme réussie à l’ENA tous les jours, ou son bac, ou son permis de conduire. » Quand on suit un peu les joutes politiques, on imagine très bien ce que peut ressentir une personne qui vient d’atteindre ce sommet. L’engagement, les renoncements mais aussi les trahisons, les couleuvres qu’il aura fallu avaler, les compromissions et autres petits arrangements afférents à cette conquête du pouvoir.
Si Gabrielle Clair n’échappe pas à la règle, c’est qu’elle a fait du chemin depuis sa jeunesse dans le Vaucluse. Jeune fille brillante à l’école, sprinteuse qui s’entraîne pour le 4 x 100 mètres, elle va vivre un épisode traumatisant, un viol raconté aussi crûment qu’il s’est déroulé. Un crime qui sera sanctionné d’une double peine pour la victime, puisqu’elle ne peut au yeux de beaucoup de ses camarades d’école, qu’avoir été consentante. C’est du reste inscrit au marqueur noir sur le mur du fond de son collège : «Gabrielle la pute». Quant aux parents, cela fait bien longtemps qu’ils ne se préoccupent plus d’elle. Qu’ils l’ont quasiment reléguée au rang de potiche, préférant se critiquer l’un l’autre. D’un côté le rustre «made in Vaucluse» qui n’a de passion que pour son vin, de l’autre une bourgeoise bohème qui entend jouir en toute liberté. « Je les regarde et je me demande pourquoi je suis arrivée dans leur vie. »
Elle va donc choisir elle même sa voie. Au lycée, elle élaborera un plan «pour se casser de ce bled pourri » non s’être au préalable un peu distraite en choisissant de rendre dingo vingt-quatre beaux gosses, en les séduisant puis en les oubliant tout aussi vite. Avec Purple, une amie bien déjantée, elle va partager l’avancée de son projet. Sans états d’âme et avec une méticulosité d’un cynisme glaçant. Ce faisant, elle se prépare sans doute mieux qu’avec sa formation Sciences Po puis à l’ENA, aux dures lois de la politique. Au sein des Palais de la République, elle ne va pas tarder à comprendre qu’elle est utilisée, que son travail est d’autant plus apprécié qu’il ne vient pas faire de l’ombre aux ambitions de ses supérieurs ou collègues. Et que dans ce panier de crabes, c’est bien à celui qui écartera tous les prétendants de sa route que viendra l’honneur d’accéder aux plus hautes fonctions.
La nouvelle ministre du travail excelle et le sait. C’est tout juste si tique un peu en reconnaissant le chauffeur qui lui a été octroyé, venu du Vaucluse comme elle : Patrick, son agresseur. « Ce chauffeur-violeur-de-petite-fille. Je sais que j’ai réussi mes combats en partie grâce à des monstres comme lui. C’est toute l’ironie de l’histoire. Moi, je suis en train d’y rentrer dans l’Histoire. »
Vous n’aurez sans doute aucune peine à découvrir ce qu’il adviendra de Patrick et comment le roman va basculer dans un sombre polar, car l’envie de suivre la carrière de Gabrielle ne vous quittera pas de sitôt. Ce roman est dur mais aussi parfaitement lucide, à la fois sur la place et le rôle des femmes en politique. Un roman auquel vous penserez forcément en suivant la bataille pour l’élection présidentielle en France. Un roman dont la vertu première est de vous ouvrir les yeux sur un univers vraiment aussi impitoyable qu’on l’imagine, loin des clichés. Et tant pis si les âmes sensibles se sentent mal à l’aise avec cette violence.

68 premières fois
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Blog Les livres de Joëlle 
Blog T Livres T Arts 
Blog Les lectures de Martine

Autres critiques
Babelio 
Wukali (Émile Cougut)
Blog Reading love time 

Extrait
« Mon école se fissure de l’intérieur. La traversée de la cour semble durer des heures…disparaître, me cacher, m’envoler, m’éclipser, retrouver mon école et l’odeur des devoirs à la maison, danser sur les lignes des romans que je dévore et rêver à une vie à moi. Les fissures sont insupportables, mon petit univers d’enfant m’échappe, je ne pleure pas, je suis un peu ailleurs.
Seul le bunker version toilettes semble résister. Je me réfugie dans cette pissotière sans âme nichée au fond de la cour : du béton grisâtre, des portes sommaires, des odeurs souvent intenables. Me réfugier dans ces toilettes, là où j’ai tiré une fois sur une cigarette, une menthol qui m’a fait sacrément tousser, là où les grands crament un paquet par jour en essayant de dissiper la fumée.
Il est 7h56 et je rentre enfin dans un endroit sans regard, sans ces yeux sur moi. Il est 7h56 et mon école s’est soudainement résumée à ces chiottes douteuses. Il est 7h56 et sur le mur du fond, inscrit au marqueur noir, je lis: « Gabrielle la pute ». » (p. 10-10)

A propos de l’auteur
Connue pour ses travaux sur le féminisme et ses analyses sur la montée des extrêmes, Virginie Martin est politologue, essayiste et chercheure. Elle est notamment l’auteure de Ce monde gui nous échappe (éditions de FAube, 2015). Elle livre ici son premier roman. (Source : Lemieux éditeur)

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Quarante roses

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Quarante roses
Thomas Hürlimann
Verdier
Roman
traduit de l’allemand (Suisse) par Fedora Wesseler
320 p., 18 €
ISBN: 9782864328513
Paru en janvier 2016

Où?
L’action se déroule principalement en Suisse, entre Zoug qui n’est pas nommée, mais dont la topographie, la bord du lac et l’église Saint-Oswald donnent des indices éclairants, ainsi qu’à Berne, nommée la capitale dans le récit.
Gènes, Marseille et l’Afrique sont également des destinations évoquées, tout comme l’isthme de Courlande, Ostende, Biarritz ou encore Bornéo. Durant la Grande Guerre, l’auteur relate des événements survenus à Odessa et en Galicie, «sur la voie entre Przemysl et Tarnow».

Quand?
Le roman traverse le XXe siècle jusqu’à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Nous avons commis une faute, une faute grave, la plus grave : nous avons défié le Temps. Nous avons essayé de retenir son cours. Et à présent, Max, à présent, il nous montre son pouvoir ! »
Ainsi s’adresse, en son for intérieur, Marie Minet à son mari, Max Meier, un politicien suisse en vue dont la carrière a absorbé toute son énergie, la conduisant à renoncer à sa vocation de pianiste pour jouer le rôle de first lady idéale. Chaque année, au cours d’une fête dans un grand hôtel, Max contraint Marie à accepter pour son anniversaire un bouquet de quarante roses, comme si elle avait toujours quarante ans : aussi la comédie devient-elle chaque année un peu plus dérisoire et un peu plus cruelle. À la fin de ce roman, elle atteindra à l’intolérable.
Au cours de cette soirée, c’est toute la vie de Marie qui défile dans sa mémoire, mêlée à la légende de sa famille, une dynastie de grands couturiers juifs originaires d’Europe centrale. Mais laquelle des deux Marie est la vraie ? Celle du miroir, Marie Meier, toujours en représentation, ou la « Marie-Étoile », Marie Minet, qui conserve comme un trésor le souvenir des histoires du passé ?
L’auteur, en grand romancier, laisse chaque lecteur libre de juger.

Ce que j’en pense
****
Quand Marie se réveille, le 29 août, elle peut admirer le paysage qui s’offre sous ses yeux, le lac et les montagnes que la brume estompe encore. Elle peut se réjouir par anticipation, car elle sait qu’en ce jour son mari lui fera livrer quarante roses pour son anniversaire. Un rituel qui s’est installé entre les époux, à la fois pour sceller leur amour et pour flatter Marie, qui aura toujours quarante ans.
Cependant, ces quarante roses sont aussi le symbole du mensonge, de ce besoin de travestir la réalité pour l’adapter à son désir, à son dessein. C’est même devenu une seconde nature pour Max Meier. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, que la neutralité suisse lui aura permis de passer sans encombres, il rêve de mener sa carrière politique jusqu’aux plus hautes fonctions.
Quitte à oublier en route quelques éléments de sa biographie, quitte à construire de toutes pièces une famille modèle.
Thomas Hürlimann aime utiliser des éléments de la biographie familiale dans ses romans. Il n’en va pas autrement ici, où il convoque quelques uns de ses ancêtres. Ce qui lui permet de gratter le vernis tout juste sec d’un tableau par trop idyllique. Pour ce faire, il va se servir de Marie, de sa lassitude à passer ses journées dans un double mensonge de plus en plus pesant.
Elle est l’arrière petite-fille d’un tailleur juif venu de Galicie, région aujourd’hui coincée entre la Pologne et l’Ukraine et qui a longtemps un carrefour de cultures et de religions. Une dynastie familiale qu’elle a gommé d’un coup d’eau bénite, en étant baptisée afin de s’intégrer dans la province catholique. Dans le monde des affaires et de la politique se joue le même petit jeu. L’esprit d’entreprise se doit, surtout dans un microcosme comme celui de la province suisse allemande, de faire des compromis, voire des compromissions pour pouvoir s’épanouir. Quand une carrière politique ne peut se construire sans souci du paraître, de la respectabilité bourgeoise, du souci des alliances et de la bienséance. Quitte à flirter quelquefois avec des idées nauséabondes, telles le fascisme italien dont les échos parviennent jusqu’en Suisse.
Si l’anniversaire de Marie est l’une des scènes marquantes de ce livre, la veillée de Noël est sans aucun doute l’autre grand moment, quand Marie affirme qu’elle croit en Dieu et affiche aux yeux de son frère, prêtre et de son mari député du parti chrétien conservateur et fait de ce moment de paix un moment de guerre ouverte : «Je crois en Dieu. Il me fait même un peu pitié. Aux enfants innocents, il refuse la résurrection [son frère lui a affirmé que les jumeaux qu’elle a perdu à la naissance n’iraient pas au paradis, car non baptisés ], et qu’est ce qu’il en retirera ? Au jugement dernier, les lampes en peau humaine retrouvées à Auschwitz siffleront autour de sa tête.»
Avec autant de poésie que d’ironie, avec autant de belle écriture classique que de mordant, Thomas Hürlimann prouve ici qu’il est l’un des prosateurs de langue allemande les plus doués de sa génération.

Autres critiques
Babelio

Extrait
« Marie était une dame qui avait du style. Jamais elle ne quittait l’étage supérieur sans être légèrement maquillée : elle courut à la salle de bains, tamponna ses joues de rouge, mit un peu de salive dans le mascara et se peignit soigneusement les cils. Dans le miroir, elle aperçut son regard panoramique qui, sortant de son for intérieur, lui donnait une aura mystérieuse. C’était le 29 août, son anniversaire. Marie savait ce qui l’attendait. Quand on sonnerait, elle courrait à la porte, accueillerait le coursier qui apporterait les fleurs et battrait des mains de joie.
À chaque anniversaire, Max lui faisait envoyer quarante roses. » (p. 9)

A propos de l’auteur
Thomas Hürlimann, né en 1950 à Zoug, est l’un des principaux écrivains suisses contemporains. Son œuvre est traduite en vingt et une langues. Quarante roses, paru en 2006, s’inspire de sa propre histoire familiale. (Source : Editions Verdier)

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Amor

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Amor
Dominique Forma
Rivages / Thriller
Roman
304 p., 18 €
ISBN: 9782743631703
Paru en avril 2015

Où?
L’action se déroule en France, sur la Côte d’Azur pour la première partie, à Vaison-la-Romaine, Carpentras, Orange, Avignon, Peymeinade, Grasse, Nice, Tourette-Levens, Fréjus, Saint-Cézaire-sur-Siagne, Théoule, Grimaud et Au Tignet. Viviane quand à elle se rémémore ses séjours en Inde à Goa, Pondichéry, Madurai, Cochin, Arambol et d’une période à Lyon. La seconde partie se déroule à Paris et en région parisienne, à Saint-Fargeau-Ponthierry, Fontainebleau, Saint-Ouen, Montreuil, Etampes et Cachan.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Maximilien est professeur d’économie. Camille est responsable culturelle. Ils ont un petit garçon. Très amoureux l’un de l’autre, ils ont une conception joyeuse et inventive de la sexualité. En vacances sur la Côte d’Azur, ils font la connaissance de Viviane, une jeune fille qui vend de l’artisanat indien sur la plage. Entre eux, c’est le coup de foudre. Maximilien et Camille accueillent Viviane dans leur lit. Elle s’invite dans leur vie…
Dominique Forma a été photographe, animateur de radio et éditeur de disques pirates. Il a vécu quinze ans à Los Angeles où il a travaillé dans le cinéma et réalisé un long métrage. Il est l’auteur de plusieurs romans noirs pour adultes et pour la jeunesse.

Ce que j’en pense
***

Le roman s’ouvre sur une scène de grande intensité dramatique. Des voitures de police viennent se garer devant le domicile d’un homme. Tandis que son fils dort du sommeil des innocents, il intime aux policiers l’ordre de tirer.
L’auteur va alors nous expliquer comment on en est arrivé là. Comment les événements se sont enchaînés jusqu’à ce moment.
Tout commence sur la Côte d’Azur où le couple passe des vacances tranquilles.
Maximilien, le professeur d’économie en classes de prépa à l’ENS de Cachan est accompagné de son épouse Camille, chargé de la culture au sein de leur commune et de son fils Yvan. Le couple s’autorise quelques escapades, en amoureux et essaie de ne pas tomber dans la routine en imaginant de petits scénarios pour « toujours surprendre l’autre, le surprendre pour le séduire. » A la manière du Zèbre d’Alexandre Jardin, Maximilien se transforme par exemple en dragueur de supermarché.
Mais l’épisode qui va vraiment pimenter leur vie de couple naît, comme souvent, du hasard. Sur la plage, ils font la connaissance de Viviane qui, de retour d’Inde, essaie de fourguer des bibelots aux touristes. La jeune fille est victime d’une agression et trouve refuge auprès du couple. Comme le courant passe très bien entre elle et Yvan, elle se propose de jouer les baby-sitters. Il fait beau, tout va bien.
Aussi, c’est presque naturellement que Viviane se retrouve dans leur lit. Le trio s’entend à merveille et ne trouve dans ces joutes sexuelles qu’excitation et plaisir.
Toutefois les meilleures choses ont une fin et il faut bien retourner Saint-Fargeau-Ponthierry. D’autant que le professeur d’économie vient d’être contacté pour rédiger une série d’articles puis, plus tard, participer aux élections municipales.
Enfin, un homme neuf qui n’est ni corrompu, ni mêlé à un quelconque scandale…
Sauf que Viviane a trouvé le chemin de leur domicile et entend poursuivre la joyeuse vie à trois.
Dominique Forma a une manière froide de raconter cette histoire. Il ne s’agit ni plus, ni moins, d’un enchaînement de faits, en toute logique. Si Maximilien veut être élu au Conseil municipal, il doit monter qu’il est un mari et un père de famille irréprochable. Pour cela, il lui faut que Viviane sorte de leur existence. Camille lui comprend fort bien, ayant pour sa part renoncé à ses projets culturels pour ne pas être en porte à faux avec l’engagement politique de son mari. Mais le fameux grain de sable qui vient enrayer l’engrenage s’appelle Viviane. Un roman entre le polar, l’essai sur la liberté des mœurs et le jeu politique à l’heure de la transparence. Un passionnant huis clos qui marquera le lecteur.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Causeur.fr (Dominique Leroy)
Blog du Polar de Velda
Blog Au Pouvoir des mots
Blog livres de Nice-Matin
Blog encore du noir

Extrait
« Elles partageaient le même parfum. Elles avaient pris une douche ensemble, pensa-t-il, son pénis frotta contre le tissu de son pantalon. Il s’absenta, le temps de se rafraîchir.
Camille se promit de ne plus la laisser partir. Viviane était pour eux, à eux.
Maximilien se dit que Viviane était une fille sans attache : elle ne trompait ni mari, ni amant. Elle ne trimbalait aucun problème psychologique ou n’exhibait pas de fêlure mentale : solide, les pieds sur terre, elle ne deviendrait pas un poids mort pour leur couple, elle qui avait changé ses plans, oublié l’Inde et décidé de renouer avec eux. C’était Viviane qui leur demandait de l’accueillir. Ils pouvaient la satisfaire et la garder.
Pour eux. » (p. 134)

A propos de l’auteur

Dominique Forma est un réalisateur, écrivain, critique de cinéma et historien de cinéma français. Dans les années 90, il travaille comme compositeur pour les films américains L’Extrême Limite de James B. Harris et Meurtre à Alcatraz de Marc Rocco. En 2001, il réalise le film La Loi des armes avec Jeff Bridges.
Publie Voyoucratie, éd. Rivages Noir, 2012 , Nano, éd. Syros, 2013, Hollywood Zéro, éd. Rivages Noir, 2013 et Amor, éd. Rivages Thriller, 2015. (Source : Editions Rivages)

Site Wikipédia de l’auteur
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L’Emprise

DUGAIN_Lemprise
L’Emprise
Marc Dugain
Gallimard
Roman
320 p., 19,50 €
ISBN: 9782070141906
Paru en avril 2014

Où?
L’action se passe en France, principalement à Paris dans les sphères du pouvoir et du côté de la place Saint-Sulpice, de la rue Chaptal avec quelques escapades en Corse, en Bretagne, du côté de Dinard, la plage de Saint-Enogat, de la Normandie – la circonscription électorale du candidat – ainsi qu’en Irlande.

Quand?
Le récit est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Un favori à l’élection présidentielle, le président d’un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue… Qu’est-ce qui peut les relier?
Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien. De Paris, en passant par la Bretagne et l’Irlande, pourra-t-elle y parvenir? Rien n’est moins certain.
Neuf ans après La malédiction d’Edgar, Marc Dugain nous offre une plongée romanesque sans concession au cœur du système français où se mêlent politiques, industriels et espions.

Ce que j’en pense
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L’Emprise, qui retrace le combat politique en France au moment de l’élection présidentielle, est le premier volume d’une trilogie. Le second tome – Le quinquennat – paraît en mars 2015. On y suit Philippe Launay dans son combat pour décrocher la fonction suprême. Très vite, Marc Dugain, fait tomber les illusions de ceux qui s’imagineraient encore que seul compte l’intérêt général, que le candidat va s’engager pour son pays : « La politique aujourd’hui, dans les démocraties somnolentes comme la nôtre, est essentiellement faite d’hommes et de femmes qui ne pensent qu’à conquérir le pouvoir dans le seul but de le conserver, avec peu de considération pour l’usage qu’ils en font, qui est de répondre à voix basse et sans courage à des questions qu’on leur hurle aux oreilles. »
Sur les pas de Launay, on comprend du reste très vite que tous les coups sont permis. Et que les adversaires sont d’abord à chercher dans son propre camp. Lubiak, un autre leader de son parti, n’entend pas lui laisser la voie libre sans contrepartie. Son réseau dispose du reste de quelques arguments susceptibles de nuire à la marche en avant promise par les sondages. D’une part, il va falloir tenter de comprendre comment est financée cette campagne, entre rétro-commissions et soutien de pays étrangers, sociétés-écran et marchés truqués. Un monde où la corruption règne : « Afin de financer des campagnes électorales avec des sommes prélevées sur des travaux d’adduction d’eau, d’assainissement, de chauffage collectif, de traitement des ordures ménagères, de transports scolaires et urbains, ils avaient corrompu un bon nombre d’élus locaux de tout bord et à tous les étages de la représentation territoriale, ce qui leur valait d’être craints sous couvert de respect et d’estime. »
Entre cynisme et basses manœuvres, le lecteur va être entraîné dans les arcanes du pouvoir, dans la stratégie des entreprises avides de marchés publics ainsi que dans le jeu trouble des services secrets pour lesquels la raison d’Etat justifie a peu près tous les coups.
Marc Dugain ne laisse guère d’espoir à ceux qui attendent un chevalier blanc, capable de faire le ménage. Le futur président « était conscient qu’une fois au sommet de l’Etat il ne pourrait rien changer en profondeur. Le pouvoir était désormais ailleurs, partiellement insaisissable, et le reprendre exigeait des sacrifices qu’on ne pouvait demander à personne dans le pays. » On attend la suite du jeu de massacre avec impatience.

Résonances
Marc Dugain se documente beaucoup, suit l’actualité et «fabrique» quelques uns de ses personnages à partir de personnalités existantes pour s’en affranchir ensuite en en faisant des archétypes. On imagine bien, par exemple, Anne Lauvergeon, l’ancienne Présidente d’Areva, comme modèle de la patronne d’Arlena.
C’est de façon similaire que j’ai construit mon roman Liaisons. J’ai cherché parmi les vedettes de la télévision et de la politique, celles qui conviendraient le mieux à mon propos. Un ministre qui épouse une présentatrice, un producteur-présentateur aux dents longues et au profil de séducteur… Quand j’ai commencé mon histoire, j’avais les portraits de tous ces personnages, ainsi que des éléments biographiques qui me permettaient d’ajouter de la crédibilité au propos. J’imagine que vous n’aurez aucune peine à retrouver mes «modèles», même si encore une fois, il ne s’agit pas – dans les deux cas – d’un roman à clef, mais plutôt de «balises» permettant d’ancrer le récit dans une réalité qui, fort souvent dépasse la fiction.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Télérama
Le JDD (Bernard Pivot)

Citations
« Launay remonta dans sa voiture alors que l’après-midi était déjà bien entamé. Au moment où il aurait dû penser bataille, il sentit monter en lui une grande lassitude. Et en arrière-plan, un sentiment d’humiliation. Tandis que défilaient les immeubles du boulevard Haussmann dont il comprit pour la première fois ce qu’ils avaient pu avoir d’affligeant pour les contemporains de leur construction, il s’autorisa à penser qu’il allait arrêter, laisser tomber cette mascarade. De l’avoir envisagé le soulagea. Il pensa à la mort, ce cadeau qui vient avec la naissance. Il pensa que l’essence du mensonge, « la seule grande histoire d’amour de l’être humain », venait de là, de cette nécessité de se mentir à soi-même sur le sens et la fin, pour rendre le reste supportable. » (p. 231)

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