Un monstre et un chaos

LeVieuxJardinAW+

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En deux mots:
En 1939, après l’attaque allemande sur la Pologne, Alter se retrouve seul, livré à lui-même. Après bien des pérégrinations, il finit par trouver refuge au sein du ghetto de Lodz où ses talents artistiques vont lui permettre de survivre. Mais échappera-t-il pour autant à la solution finale ?

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré)

Ma chronique:

Le marionnettiste de Lodz

Hubert Haddad revisite l’histoire du Ghetto de Lodz en suivant la destinée d’un gamin qui a trouvé refuge dans le théâtre de marionnettes… qui cache encore bien des secrets.

Si les livres d’Histoire parlent surtout du ghetto de Varsovie, le premier et le plus important fut celui de Lodz. Hubert Haddad nous retrace sa destinée dans ce somptueux roman, en choisissant de suivre un enfant qui y a trouvé refuge.
Tout commence avec les premières attaques allemandes en Pologne qui, rappelons-le, se déroulent sans déclaration de guerre formelle dès septembre 1939. Les bombes qui s’abattent sur le pays vont faire de nombreuses victimes civiles et arracher Alter à tous les membres de sa famille, y compris sa mère et son frère jumeau Ariel qui avaient réussi à échapper aux premiers massacres. À dix ans, il se retrouve seul, confronté à cette guerre, à la faim, au froid. Son errance va prendre fin à Łowicz où il est arrêté et consigné dans une forteresse. Ne disposant pas de papiers, il est enregistré sous l’identité de Jan-Matheusza, un patronyme électif qu’il conservera après son évasion et son arrivée à Lodz où il trouve refuge dans le ghetto dirigé par Chaïm Rumkowski.
Le «Seigneur du ghetto» voit dans le travail le salut de la communauté juive, reprenant à son compte l’inscription au fronton du camp de concentration d’Auschwitz «Arbeit macht frei» (le travail rend libre). Et de fait, le ghetto va se transformer en centre de production très performant fournissant l’armée allemande.
Hubert Haddad raconte et détaille sans juger, ce qui rend son récit à la fois très fort et très dérangeant. Peut-on comprendre ces milliers de personnes qui travaillent jusqu’à l’épuisement pour leurs bourreaux? Le matériel produit n’aide-t-il pas l’armée allemande dans la réalisation de la solution finale? Et surtout comment aurions-nous réagi? Comment conserver un peu d’espoir face aux exactions, exécutions sommaires et épidémies qui accompagnent la population du ghetto?
Pour Maître Azoï, le marionnettiste qui a conservé un minuscule théâtre «coincé entre un atelier de chapellerie et une manufacture de textiles non tissés» la réponse s’appelle la culture. Il résiste en montant des spectacles, en imprimant un journal clandestin, en agitant ses marionnettes, aidé en cela par Jan-Matheusza qui en quelques jours apprend à maitriser parfaitement la manipulation de son personnage. Une poupée qui lui permet de faire revivre son frère jumeau, à qui il peut se permettre de faire dire des choses, de faire passer des messages, voire de provoquer l’occupant.
Un occupant qui, au fur et à mesure de l’avancée du conflit, va se monter plus exigeant, plus nerveux, plus imprévisible… L’innommable, l’insoutenable est ici transcendé par la langue, comme c’était le cas avec «La plus précieuse des marchandises», le conte de Jean-Claude Grumberg. Hubert Haddad, dont le sens de la narration n’est plus à prouver, nous bouleverse avec cette écriture pleine de poésie et une force d’évocation peu commune. À la fois hommage au frère perdu, tableau saisissant de cette histoire du ghetto de Lodz et manifeste pour la création artistique, ce roman nous rappelle aussi à notre devoir de mémoire. Et espérer donner tort à l’exergue glaçant de Primo Lévi «c’est arrivé, cela peut donc arriver de nouveau».

Un monstre et un chaos
Hubert Haddad
Éditions Zulma
Roman
368 p., 20 €
EAN 9782843048715
Paru le 22/08/2019

Où?
Le roman se déroule en Pologne, à Lodz et dans les environs

Quand?
L’action se situe de 1939 à 1944.

Ce qu’en dit l’éditeur
Lodz, 1941. Chaïm Rumkowski prétend sauver son peuple en transformant le ghetto en un vaste atelier industriel au service du Reich. Mais dans les caves, les greniers, éclosent imprimeries et radios clandestines, les enfants soustraits aux convois de la mort se dérobent derrière les doubles cloisons… Et parmi eux Alter, un gamin de douze ans, qui dans sa quête obstinée pour la vie refuse de porter l’étoile. Avec la vivacité d’un chat, il se faufile dans les moindres recoins du ghetto, jusqu’aux coulisses du théâtre de marionnettes où l’on continue à chanter en sourdine, à jouer la comédie, à conter mille histoires d’évasion.
Hubert Haddad fait resurgir tout un monde sacrifié, où la vie tragique du ghetto vibre des refrains yiddish. Comme un chant de résistance éperdu. Et c’est un prodige.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
L’Espadon
Blog La Viduité
Blog Unwalkers 


Hubert Haddad vous présente Un monstre et un chaos © Production Librairie Mollat

INCIPIT (Les premières pages du livre)
« Prologue
Nous étions des jumeaux sans miroir. Lui s’appelait Ariel, le « lion de Dieu », l’archange, et moi Alter, le déjà-vieux-avant-de-naître, le maladif dont on bénit le souffle. Il n’y avait pas de miroir au logis et Shaena devenait presque aveugle à la nuit tombée. Ariel et moi n’avons jamais su de manière certaine si Shaena était notre mère. Si jeune, elle aurait bien pu être une sœur aînée à charge de famille. Peu d’années après notre naissance, il a fallu quitter Lodz précipitamment pour Mirlek, une grosse bourgade informe proche de la ville de Plonsk, dans la voïvodie de Mazovie, de l’autre côté de la Vistule. Un parent de complaisance, forgeron de son état, nous a recueillis et hébergés indéfiniment en ce lointain shtetl. Colosse taciturne qui battait son enclume du matin au soir, l’oncle Warshauer n’était pas riche mais nous reçûmes de lui l’indispensable sans véritable contrepartie : un gîte, l’accès à une fontaine et de quoi ne pas mourir de faim.
Je me souviens de cette grande chambre mansardée au-dessus du vacarme de l’atelier où cohabitaient trois rescapés d’un drame obscur. Un vieil escalier extérieur en bois délavé nous donnait une relative autonomie. Inquiet de son instabilité, le forgeron l’avait consolidé avec des clous à ferrer et quelques plaques d’acier. Nous l’empruntions dix fois par jour pour aller courir dans la rue principale ou derrière les baraquements, du côté des futaies et des champs. Mon frère et moi avions la bride sur le cou malgré les efforts de Shaena pour nous protéger du monde et peut-être aussi de cet inconnu à l’odeur de feu qu’elle nous avait appris à appeler oncle Warshauer. Tout à son labeur, semblant à peine se soucier de notre présence, il garnissait le garde-manger régulièrement dans l’espèce d’arrière-boutique ou de réserve du rez-de-chaussée aménagée en salle de vie. Nous y accédions au moyen d’un sombre, ténébreux escalier intérieur, puits de marches entre deux portes crasseuses. Il était rare de tomber sur l’habitant des lieux, tôt en besogne et enclin à souper après notre passage. Quand cela se trouvait, l’homme assis près du poêle à bois habituellement éteint nous considérait un instant avec une expression de stupeur, comme s’il se demandait ce que nous faisions là, puis ses traits reprenaient cet air d’impassibilité minérale propre aux forçats ou aux cadavres.
Certains soirs au grenier, sans doute pour atténuer l’effroi que l’oncle nous inspirait et pallier son mutisme, Shaena nous racontait par bribes ce qu’elle croyait savoir d’un passé sans archives ni autres témoins connus. Du temps de la Grande Guerre, bien avant notre naissance, quand trois empires se partageaient la Pologne, le jeune Warshauer avait été réquisitionné avec deux autres artisans du fer par l’armée austro-hongroise pour servir au titre de maréchal-ferrant. C’était l’usage d’emmener au front les forgeurs, essentiels à la mobilité de la cavalerie comme de l’artillerie. À la bataille de Kostiuchnowka, lui et ses compagnons brochèrent à tour de bras les sabots des chevaux ou des mules et soignèrent à l’occasion les bêtes blessées qui pouvaient encore l’être, dans la tradition des campagnes d’alors. Jamais n’aura-t-on vu plus vaste abattoir d’équidés. Shaena escamotait l’apocalypse : trois jeunes tambourineurs d’enclume s’en étaient revenus de guerre. En fait, l’oncle Warshauer, seul survivant, rentra l’âme fracassée au shtetl. Il s’était remis à la tâche en automate, allant de la forge à l’enclume tel un jacquemart d’horloge, tenaillant et martelant les métaux chauffés à blanc tandis qu’au-dessus râlait un énorme soufflet. Les yeux dans les étincelles, le forgeron ne semblait voir que les ailes innombrables d’un ange de feu, battues, rebattues et, dans cette gueule de braises, les langues jaillissantes vite déliées comme des lettres hébraïques, comme les lettres du kaddish, hautes, éperdues, aussitôt ravalées… »

1.
La nuit, Shaena riait parfois sans raison et chantonnait au bord des larmes ; elle ne disait rien de la douleur brûlante, des cœurs mutilés, de cette déchirure d’un monde à l’autre quand un lointain clocher sonnait minuit. Là-haut, au-dessus de l’atelier, les jumeaux dormaient dans le même lit sous un vasistas assez large pour voir luire les étoiles lorsque s’ouvrait l’océan des nuages.
— Tu dors? chuchotait alors l’un d’eux, ses yeux vert d’eau reflétant un croissant de lune. Ce matin la fille du Rav a dit que tu me ressembles pire qu’un dibbouk. Et dans la tête, avons-nous aussi les mêmes choses?
— Qu’est-ce que tu racontes ? D’abord, c’est pas malin de demander s’il dort à quelqu’un qui dort.
— On se ressemble comme deux souris ou deux moineaux, vrai?
— Tu es bien plus joli que moi, petite souris! Ne m’embête plus, j’ai trop sommeil.
— À part Shaena qui voit si mal avec ses yeux malades, les gens nous embrouillent tout le temps. Surtout depuis que nous avons grandi. Nous sommes pareils…
— Non, toi tu as un visage d’ange. Tout doré. Avec une peau de fille. On ne peut pas avoir la même âme.
— La même âme? répète pensivement Ariel juste avant de perdre conscience.
Alter, cette fois bien éveillé, le suit dans son rêve rien qu’en observant les légers frémissements de ses paupières. Alter n’a pas d’autre miroir que son frère. À Lodz, dans son souvenir, ils formaient une solitude indivisible. Ni lui ni forcément Ariel ne pouvaient se distinguer face à l’entourage. Il y avait certes d’autres visages, des femmes jeunes et vieilles, des hommes aux yeux luisants, beaucoup d’enfants aussi. Il se souvient d’un chat borgne qui errait dans les coins d’ombre, toujours sur le qui-vive, des toiles d’araignée accrochées à ses moustaches. Un chat peut-il être plus important qu’une foule du fond de la mémoire ? Kiti, c’était son nom, avait le même regard vert d’eau zébré de bleu que son jumeau. Il n’y a pas meilleur éclaireur des ténèbres qu’un chat borgne, par les rues, au secret des caves, dans un ancien garage à diligences, derrière les vantaux d’une maison funéraire que les endeuillés oubliaient de clore.
La lune s’est éteinte à la lucarne ; on entend déflagrer le vent dans les conduits de cheminée ; les nervures de la charpente attaquées par les insectes pétillent entre deux clameurs dans un chuchotis continu de mastication. La respiration un peu rauque de Shaena couchée à l’autre bout, derrière une lourde tenture suspendue à une poutre, semble répondre aux plaintes des éléments. Il ne fait pas si froid ; même en plein hiver, la chaleur de la forge se répand jusqu’aux combles grâce aux braises sous la cendre.
Ariel s’agite soudain. Haletant, il a rabattu la couverture et pousse un cri.
— Nisht, nisht! s’exclame-t-il dans un râle. Je ne veux pas!
— C’est rien, arrête ! dit son frère. Tu vas fâcher le satan.
Accoutumé à ses cauchemars, Alter l’a saisi par les épaules et s’efforce de l’apaiser comme font les cochers avec une bête que l’orage affole. Mais Shaena ne manque pas d’accourir ; à demi endormie, les jambes nues, elle s’assied au pied du lit et chantonne son éternelle berceuse :
Shlof, kindele, shlof,
dort in jenes hof
iz a lempele vayze,
vil mayn kindele bayse,
kumt der halter mit di gaygn,
tut die shefelekh tsuzamntraybn,
shlof, kindele, shlof.

Extrait
« Des soldats bottés et casqués, fusil en bandoulière, descendirent du second véhicule et firent descendre à coups de crosse des jeunes gens du premier, garçons et filles, les mains ligotées dans le dos. Tout fut accompli en moins de temps qu’il n’en faut pour se soulager ou fumer une cigarette. L’officier hurla des ordres. On plaqua les otages la face tournée contre le mur de pierres sèches surmonté de croix de ciment. Les soldats vite alignés les mirent aussitôt en joue. À ce moment l’une des filles, en jupe claire, d’une blancheur de peau éclatante, les cheveux roux mal noués en tresses, se mit à courir éperdument sur la route. L’officier leva le poing, visa et l’abattit d’une seule balle dans la nuque. L’instant de tomber, les bras entravés, elle esquissa un saut de biche et tournoya dans un adieu. »

À propos de l’auteur
Hubert Haddad nous implique magnifiquement dans son engagement d’intellectuel et d’artiste, avec des titres comme Palestine (Prix Renaudot Poche, Prix des cinq continents de la Francophonie), les deux volumes foisonnants du Nouveau Magasin d’écriture, ou le très remarqué Peintre d’éventail (Prix Louis Guilloux, Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre). (Source: Éditions Zulma)

Page Wikipédia de l’auteur

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Ne parle pas aux inconnus

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En deux mots
À 17 ans, Camille rêve de fuir sa famille, de vivre le grand amour avec Eva. Mais cette dernière disparaît subitement. Un choc qui va entraîner la jeune fille sur les routes d’Europe, direction Cracovie.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Ne parle pas aux inconnus
Sandra Reinflet
Éditions JC Lattès
Roman
380 p., 19 €
EAN : 9782709659376
Paru en janvier 2017

Où?
Le roman se déroule principalement à Thionville, en Moselle, puis sur les routes d’Europe jusqu’à Cracovie, passant notamment par Munich, Graz, Maribor, Ptuij, Zagreb, Kutina, Novi Sad, Szeged, Budapest. Porto, Bruxelles et Strasbourg y sont également évoqués.

Quand?
L’action se situe durant les dernières années.

Ce qu’en dit l’éditeur
Ce devait être une fête, une libération, la fin du lycée et des « ne pas ». Mais Eva ne répond plus et Camille ne répond plus de rien. Depuis que sa Polonaise a disparu, la jeune femme se cogne au silence comme un papillon à une ampoule. Elle décide de prendre la route pour la chercher. Un voyage au cours duquel elle croisera ces étrangers dont ses parents lui disaient de se méfier et qui tous, à leur manière, l’aideront à trouver ce qu’elle ne cherchait pas : elle-même.
Les secrets les mieux gardés ne sont-ils pas les plus en vue ? Les inconnus, parfois, sont ceux dont on croit tout connaître.

Ce que j’en pense
Ce roman d’initiation commence avec ce qu’il est convenu d’appeler un «rite de passage» : l’examen du baccalauréat et la fête qui va tirer un trait sur la scolarité autant que sur l’adolescence. Camille a dix-sept ans et vit à Thionville dans une famille modeste, ses parents travaillent tous deux à Carrefour. Pour essayer d’oublier son triste quotidien cette fête est la bienvenue, même si son amie Eva n’a pas eu sa chance et doit se présenter au rattrapage. Sauf que l’alcool, la drogue et la musique à fond vont faire déraper la soirée. « Le puzzle de la nuit se reforme malgré moi. L’alcool qui diffuse sa chaleur dans les tempes, toi, les murs qui palpitent, ton saut dans le vide, la traversée de la masse, lourde, toi encore, les paumes moites qui me touchent, une salive étrangère dans la bouche, le vertige, puis le noir. » Sans en avoir vraiment conscience, Camille est salie, violée et abandonnée. « Je crois que j’ai voulu ce final. Seule et sale au milieu de cons. Belle illustration de mes années lycée. »
Si elle se résigne à accompagner ses parents au supermarché pour un job d’été, ‘est qu’elle sait pouvoir compter sur son amie polonaise Eva Lisowski «La seule à valoir le coup» et pour laquelle Camille a d’emblée eu le coup de foudre, parce qu’elle ne ressemblait pas aux autres et donnait l’impression de s’en foutre. Sauf qu’Eva disparaît du jour au lendemain.
C’est alors que le roman bascule. Une lettre déposée sur la table de la cuisine commence avec ces mots : « Papa, Maman, je suis désolée. Je ne peux pas travailler cet été ici. Il faut que je parte, c’est une urgence. » Camille a décidé, ans avoir de nouvelles de son amie, d’aller la rejoindre à Cracovie où elle imagine qu’elle s’est rendue. On va la suivre durant sa traversée de l’Europe, au hasard des rencontres, entre inconscience et espoir : « Eva, même si le voyage s’étire, même si je zigzague, que je galère, que je me trompe de chemin ou le rallonge, on se rejoindra, et j’aurai une ascension dans les jambes pour mériter nos retrouvailles. »
C’est dans les Balkans, dans une galère noire, que ses yeux vont se dessiller. L’accueil des chauffeur-routier, de sa famille, les heures passées à chercher sa route, la nuit dans un squat vont l’obliger à reconsidérer sa place, à réviser son jugement un peu trop manichéen sur sa condition. Grâce à Buca, Lasha, Axel et Baz, elle va constater que « la famille c’est l’essentiel. Ils naissant ensemble, ils meurent ensemble, et entre-temps, ils se serrent les coudes. »
Après ces étapes à haut-risque, la voici à Cracovie où une nouvelle déconvenue l’attend : Eva a pris la direction opposée et se trouve au Portugal ! Toutefois, les jours difficiles qu’elle vient de passer l’on aguerrie et elle va trouver auprès de Melike une nouvelle alliée. Elle remplit son cahier orange de dessins, rencontre un éditeur, se projette dans une carrière artistique, imagine l’émotion de ses retrouvailles avec Camille. Quand un nouveau coup de tonnerre vient balayer cet optimisme. Sa mère vient de se faire renverser et se retrouve entre la vie et la mort à l’hôpital. L’urgence dicte son retour.
La nouvelle Camille, plus mûre et plus réaliste, que nous dépeint alors Sandra Reinflet n’est toutefois pas au bout de ses surprises. Elle va découvrir des carnets rédigés par sa mère et va pouvoir réécrire l’histoire familiale. Si cette accumulation de coups de théâtre peut sembler peu crédible à certains, peu importe. Pour un premier roman, l’auteur réussit très bien à ferrer son lecteur, à l’entraîner dans ce road movie chargé d’émotions. Saluons à ce propos le courage de la primo-romancière qui n’a pas hésité à prendre son sac à dos pour partir à la rencontre des autres. Des milliers de kilomètres plus tard, elle va découvrir sa mère et se découvrir elle-même. « Et il a fallu aller loin pour qu’on se rencontre enfin. »

68 premières fois
Le blog du petit carré jaune (Sabine Faulmeyer)
Blog Les livres de Joëlle
Blog Les jardins d’Hélène 
Blog T Livres ? T Arts ? 
La Bibliothèque de Delphine-olympe 

Autres critiques
Babelio 
Marie-Claire (Portrait vidéo de l’auteur)
Aufeminin.com 
Blog La World coolture 
Blog Livresse des mots
Blog Les lectures de Mylène 
Blog Echappées de Saxaoul 

Les premières pages du livre 

Extrait
Lecture musicale (Vidéo)
« J’entends ta basse. Son rythme en moi. Le concert continue.
Un liquide chaud m’emplit la gorge. Je tousse et recrache. J’en ai plein les mains. Soudain, quelque chose me pénètre. D’un coup. Crac. Un doigt ou un sexe à l’intérieur. Je sens mais n’ai pas mal. Laisser faire, lâcher prise. Flotter, m’abandonner à qui veut.
J’espère que tu me vois et que t’es jalouse à crever.
Ils sont combien autour de moi ? Deux ? Dix ? N’importe. Je ferme les yeux. Mon heure de gloire est arrivée. Regarde bien ça, ma Polonaise. Moi aussi je suis populaire. »

A propos de l’auteur
Née en 1981, Sandra Reinflet est inventeuse d’histoires vraies. Après trois ouvrages photos-texte, Ne parle pas aux inconnus est son premier roman. (Source : Éditions JC Lattès)

Site Internet de l’auteur 
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Les grandes et les petites choses

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Les grandes et les petites choses
Rachel Khan
Anne Carrière
Roman Thriller
250 p., 18 €
ISBN: 9782843378140
Paru en février 2016

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, dans une petite maison du quartier Pelleport dans le 20e, mais également à Bezons et à Font-Romeu, sans oublier l’évocation des origines, en Gambie, à Diourbel et en Pologne, à Czestochowa et dans les camps de concentration.

Quand?
L’action se situe après les attentats du RER B à Saint-Michel, en 1995 et les années suivantes.

Ce qu’en dit l’éditeur
Nina Gary a 18 ans ; alors qu’elle tente de devenir une femme, elle réalise que quelque chose cloche. Entre son père gambien qui marche comme un tam-tam, son grand-père à l’accent de Popek qui boit de la vodka, entre le trop d’amour de sa mère cachée pendant la guerre, le rejet de la fac et la violence de la rue, elle est perdue. Noire, juive, musulmane, blanche et animiste, elle en a gros sur le cœur d’être prise pour une autre, coincée dans des cases exotiques où elle ne se reconnaît pas. Alors, elle court.
C’est la solution qu’elle a trouvée pour échapper aux injustices et fuir les a priori d’une société trop divisée pour sa construction intime. Elle fait le choix de la vitesse pour se prouver qu’elle a un corps bien à elle et se libérer de l’histoire de ses ancêtres, trop lourde pour ses épaules. Un mouvement permanent pour s’oublier, et tout oublier de la Shoah, de l’esclavage, de la colonisation et de la reine d’Angleterre. Courir pour se perdre, s’évader, se tromper, être trompée, se blesser, se relever peut-être. Ne plus croire en rien, seulement au chronomètre et en l’avenir des 12 secondes qui vont suivre. Sentir ses muscles, pour vivre enfin l’égalité – tous égaux devant un 100 mètres, à poil face au temps. Entre les grandes et les petites choses, c’est l’histoire de Nina Gary, une jeune fille qui court pour devenir enfin elle-même.

Ce que j’en pense
***
Nina Gary, le nom de la narratrice de ce joli roman, est le pseudonyme choisi par Rachel Khan pour sa carrière d’actrice (elle figure notamment au générique de la série « Dix pour cent »). Mais il ne va pas être question de cinéma ici. Nina va plutôt s’attacher à nous raconter sa vie d’avant. Celle d’une fille qui grandit dans une petite maison du 20e arrondissement à Paris, au sein d’une tribu hétéroclite : «Donc, on vit à trois générations sous le même toit, ce qui est un vrai modèle de développement durable. On est une famille responsable et rassurante parce que, chez nous, on trouve toujours plus vieux que soi, ou plus petit, ou plus blanc, ou plus noir. Excepté pour ceux qui sont aux extrémités, comme mon père qui est le plus noir, ou comme Yoram qui a la peau et les cheveux blancs et qui est aussi le plus vieux. Mon frère et moi, on est bien planqués au milieu.»
À l’âge où il faut se construire un avenir, elle choisit d’explorer le passé, de comprendre quel a été la succession de hasards qui ont conduit un Africain depuis sa Gambie natale à croiser une Polonaise, quasi seule rescapée de la famille prise dans les tourments de la solution finale.
«Ma mère m’a faite noire pour que je m’en sorte toujours, pour que ma cachette à moi, ce soit la couleur de ma peau. Mon père m’a faite blanche pour que je n’aie pas à prendre le bateau à fond de cale et que j’aie des papiers en règle. Je n’ose pas leur dire que je n’ai rien à voir avec leurs histoires…»
Les rêves de France métissée et fraternelle de ses parents se heurtent à une réalité beaucoup moins rose. Nina va devoir se confronter au racisme et mettre un terme à ses rêves de devenir danseuse et à l’antisémitisme et oublier sa carrière universitaire. Car si on enseigne le droit à Assas, on y distille aussi un fiel nauséabond.
Fort heureusement, il y a Dorothée, étudiante sportive qui va l’entraîner au stade. Dès le premier entrainement, son potentiel est détecté. Elle choisit alors de s’inscrire dans un club d’athlétisme. Une belle école de la vie : «En athlétisme, ce n’est jamais fini. Il faut toujours faire plus, passer à une autre étape, puis encore à une autre. Il y a la saison d’hiver puis la saison d’été, les championnats départementaux, puis les régionaux, les interrégionaux, les championnats de France, les championnats d’Europe, puis les championnats du monde et les jeux Olympiques.»
Où s’arrêtera Nina ? Elle aurait pu baisser les bras après un épisode traumatisant dans les vestiaires, lorsqu’elle croise des lanceurs de marteau éméchés. Elle aurait aussi pu arrêter les frais après une blessure. Mais les blessures et les bleus à l’âme n’auront pas raison de sa volonté. D’autant qu’elle croise Karim et qu’elle va choisir de l’aimer, histoire d’ajouter un musulman au sein de la tribu.
C’est avec un réel plaisir que l’on suit Nina qui ira même, petit clin d’œil à Olivier Bourdeaut, à se prendre pour Nina Simone et entonner «My Baby Just Cares For Me» tout au long de ce sprint glorieux, sorte de rite de passage.
«Mon père me regarde. « Il y a les grandes et il y a les petites choses » me dit-il doucement, comme à chaque étape décisive de notre vie.»

68 premières fois
Blog Les lectures d’Antigone  (Christelle Heron)
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Blog L’insatiable (Charlotte Milandri)
Blog Les battements de mon cœur (Albertine – Joelle Lœuille)

Autres critiques
Babelio
Lecteurs.com (Dominique Sudre – interview de l’auteur)
BibliObs
Akadem (entretien vidéo avec M. Zlotowski)
Blog Des livres et des paillettes

Extrait
« Ça me faisait du bien de quitter la maison, mes parents, mon frère, mon grand-père Yoram pour aller danser. Jusqu’à l’âge de quatorze ans, plusieurs fois par semaine, je suis allée respirer à l’école de danse. À l’époque, je me disais que je n’avais rien à faire chez moi, vu que je ne ressemblais ni à l’un ni à l’autre de mes parents. D’ailleurs, eux non plus n’avaient rien à faire ensemble. Mon père était noir comme mon sac de danse, ma mère pâle comme mon collant, couleur chair. En fait, nous vivions tous dans une maison où personne n’avait rien à voir avec personne, au-delà de l’amour que nous éprouvions les uns pour les autres, bien sûr, et même si chacun avait sa manière de l’exprimer. Bref, je ne comprenais pas ce que je faisais chez moi. »

A propos de l’auteur
Née en 1976 d’un père gambien, professeur d’anglais à l’université, et d’une mère libraire, française, d’origine juive polonaise, Rachel Khan est aujourd’hui comédienne et conseillère à la culture du président de la région Île-de-France.
Athlète de haut niveau, elle a été, en 1991, championne de France du 60 mètres en salle, puis vice-championne de France du 80 mètres. En 1993, elle a intégré l’équipe de France et a gagné en 1995 le championnat de France du 4×100 mètres.
Titulaire d’un DESS droits de l’homme, droit humanitaire à Assas et d’un DEA de droit international à Paris II, elle a intégré en 2009 le cabinet de Jean-Paul Huchon en tant que conseillère à la culture.
Parallèlement, elle poursuit une carrière d’actrice. Son prochain film, Lampedusa (réalisé par Marco Pontecorvo), sera diffusé en mars 2016 par la Rai Uno.
Les grandes et les petites choses est son premier roman. (Source : Editions Anne Carrière)

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Focus Littérature

La zone d’intérêt

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La zone d’intérêt
Martin Amis
Calmann-Lévy
Roman
400 p., 21,50 €
ISBN: 9782702157275
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en Pologne, dans un camp de concentration qui ressemble fort à Auschwitz, ainsi que dans les villes de Katowitz, Cracovie, Varsovie, L’Allemagne d’où viennent et où vont certains protagonistes est également présente avec Brême, Berlin, Munich, Dachau, Stutthof, Flossenburg, Sachsenhausen, Rossbach, Rosenheim et Bolzano, dans les Alpes italiennes, ainsi que certaines opérations de l’armée allemande, notamment en Irak, à Wilhelma, une colonie sur la route entre Jérusalem et Jaffa et à Amman.

Quand?
L’action se situe de 1933 à 1948.

Ce qu’en dit l’éditeur
DÉCOR : Camp de concentration Kat Zet I en Pologne.
PERSONNAGES : Paul Doll, le Commandant : bouff on vaniteux, lubrique, assoiffé d’ alcool et de mort. Hannah Doll, l’ épouse : canon de beauté aryen, mère de jumelles, un brin rebelle. Angelus Thomsen, l’ officier SS : arriviste notoire, bellâtre, coureur de jupons. Szmul, le chef du Sonderkommando : homme le plus triste du monde.
ACTION : La météorologie du coup de foudre ou comment faire basculer l’ordre dans un système allergique au désordre. Comment explorer à nouveau la Shoah sans reprendre les mots des autres ? Comment oser un autre ton, un regard plus oblique ? En nous dévoilant une histoire de marivaudage aux allures de Monty Python en plein système concentrationnaire, Martin Amis remporte brillamment ce pari. Une manière habile de caricaturer le mécanisme de l’horreur pour le rendre plus insoutenable encore.
«Inventif, terrible, provocateur, et tout comme le Guernica de Picasso, d’une beauté incongrue.» Herald Tribune
«Amis réinvente l’enfer sur terre. Un acte de courage exceptionnel.» The Sunday Times
«Un tour de force de virtuosité verbale, un roman brillant et bouleversant irrigué par une profonde curiosité morale pour le genre humain.» Richard Ford

Ce que j’en pense
***
En guise d’introduction, il n’est pas inutile de rappeler que la parution de ce vingtième roman de l’un des romanciers Anglais les plus adulés dans son pays a failli ne pas se faire, Gallimard – son éditeur traditionnel – ayant refusé l’ouvrage. C’est finalement Calmann-Lévy qui a accepté de proposer cette version française. Un choix judicieux à mon sens, même si cette une satire située dans un camp de concentration n’est pas d’un abord très facile. Le choix de parsemer le texte de nombreux mots allemands ne facilite pas la lecture, pas plus que la construction qui donne tour à tour la parole aux principaux protagonistes. Je vois d’abord l’intérêt de La zone d’intérêt, au-delà de la polémique sur son bien-fondé et ses qualités littéraires, dans la psychologie des personnages, leurs réflexions et leur quotidien. Car il ne s’agit plus ici de témoigner de l’horreur, mais de vivre la chose du point de vue des exécuteurs de ces basses œuvres.
Loin des Bienveillantes, on passe ici de l’incongru à la cruauté la plus extrême, de la froideur administrative à une romance très fleur bleue. Le choc que provoque cette confrontation donne mieux que des dizaines d’études et d’analyses historiques, l’image de la terrifiante réalité.
Prenons, pour ouvrir ce bal funeste, l’échange de correspondance entre le commandant du camp, Paul Doll, et la filiale d’IG Farben, chargé de la mise au point et de la fourniture du gaz pour les chambres de la mort. Dans son jargon administratif, la lettre qui suit prouve combien les juifs n’étaient plus considérés comme des humains, mais comme de la marchandise : « Très estimé commandant,
Le transport de 150 éléments féminins nous est parvenu en bonne condition. Cependant, nous n’avons pas réussi à obtenir des résultats concluants dans la mesure où ils ont succombé aux expériences. Nous vous demandons donc de nous renvoyer la même quantité au même tarif. »
Si le commandant hésite à répondre positivement à cette demande, ce n’est pas pour des raisons d’état d’âme, mais parce qu’il est pris entre le marteau et l’enclume : «D’un côté le Quartier Général de l’Administration Économique ne cesse de me harceler pour que je m’évertue à grossir les rangs de la main d’œuvre (destinée aux usines de munitions) ; de l’autre, le Département Central de la la Sécurité du Reich réclame l’élimination d’un nombre maximal d’évacués, pour d’évidentes raisons d’autodéfense (les Israélites constituant une 5e colonne de proportions intolérables). »
Szmul, le chef du Sonderkommando et ses hommes – les sonders – vont encore un peu plus loin dans l’abjection. Pour eux, il faut que « les choses se passent le mieux possible et vite, parce qu’ils ont hâte de fouiller dans les vêtements abandonnés et de renifler tout ce qu’il pourrait y avoir à boire ou à fumer. Voire à manger.» Puis « Ils accomplissent leurs tâches immondes avec l’indifférence la plus abrutie. » en arrachant les alliances et les boucles d’oreille ainsi que les dents en or, cisaillant les chevelures, broyant les cendres avant de les disperser dans la Vistule.
Alors que les uns dépérissent et meurent, les autres s’empiffrent, se divertissent et tombent amoureux.
L’officier SS Angelus Thomsen a, par exemple, jeté son dévolu sur Hannah, la femme de Doll, qu’il trouve trop belle pour son chef. A l’ombre des baraquements de la solution finale et dans l’odeur infeste des fours crématoires, il compte fleurette…
Apparemment, il n’y a pour lui aucune contradiction entre sa mission d’extermination et ses sentiments : «…liquider des vieillards et des enfants requiert d’autres forces et vertus : radicalisme, fanatisme, implacabilité, sévérité, dureté, froideur, impitoyabilité, und so weiter. Après tout (comme je me le dis souvent), il faut bien que quelqu’un se charge de la besogne. »
Hannah, qui ne supporte plus guère son mari, prend cette initiative pour une distraction bienvenue, même si elle pense qu’il lui faut tenir son rang et ne pas donner un mauvais exemple à ces deux filles.
La soif de conquête prendra-t-elle le pas sur la morale ? On comprend la dimension symbolique de cette question et on laissera le lecteur se faire son opinion.

Autres critiques
Babelio
BibliObs (avec interview de l’auteur)
L’Express
Le Figaro Magazine
Télérama (Nathalie Crom)
Marianne (Alexis Lacroix)
20 minutes
Blog Addict culture
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Extrait
« Elle s’appelait Hannah – Mme Hannah Doll.
Au Club des officiers, engoncé dans un canapé en crin de cheval, parmi les gravures équestres et les statuettes équestres en laiton, buvant des tasses d’ersatz (du café pour cheval), je me confiais à mon ami de toujours Boris Eltz :
« En un éclair, je me suis senti rajeuni. C’était comme lorsqu’on est amoureux.
— Amoureux ?
— J’ai dit “comme lorsqu’on est amoureux”. Ne fais pas cette tête. Comme. Une sensation d’inévitable.
Vois-tu… Comme la naissance d’un long et merveilleux amour. Un amour romantique.
— L’impression de l’avoir toujours connue et tout le tintouin ? Vas-y. Rafraîchis ma mémoire.
— Eh bien… On vénère, et c’est douloureux. Très. On se sent très humble, on se sent indigne. Comme toi et Esther.
— Rien à voir. » Boris pointait son index sur moi.
« Pour ma part, c’est juste un sentiment paternel. Tu comprendras quand tu la verras.
— Quoi qu’il en soit… L’instant a passé et je… Et je me suis mis à imaginer à quoi elle ressemblerait sans ses vêtements.
— Ah, tu vois ! Moi, je ne me demande jamais à quoi Esther ressemblerait sans ses vêtements. Si ça arrivait, je serais horrifié. Je fermerais les yeux.
— Et fermerais-tu les yeux, Boris, devant Hannah Doll ?
— Hum. Qui aurait pensé que le Vieux Pochetron pouvait se dégoter une belle plante comme ça !
— Je sais. Incroyable.
— Le Vieux Pochetron. N’empêche, réfléchis. Je suis sûr qu’il a toujours été pochetron… mais il n’a pas toujours été vieux.»

A propos de l’auteur
Enfant terrible des lettres britanniques, Martin Amis s’est taillé une réputation de romancier sulfureux, passé maître dans l’art de questionner notre morale et les excès de l’Occident. Satiriste postmoderne, expert en usage de l’ironie, de l’humour et de la fantaisie, il est l’auteur de douze romans, sept essais et deux recueils de nouvelles. Le Times l’a désigné comme l’un des plus grands écrivains anglais depuis 1945. (Source : Editions Calmann-Lévy)

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