Le Syndrome de Garcin

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En deux mots:
En remontant les six dernières générations de sa famille, l’auteur fait le portrait d’une lignée de médecins et rend notamment hommage à son grand-père neurologue qui découvert le syndrome de Garcin.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

La dynastie du bistouri

Jérôme Garcin n’est pas devenu médecin. Il a ainsi mis fin à une impressionnante lignée dont il raconte la genèse et la croissance, entre quête généalogique et souvenirs d’enfance.

Une fois n’est pas coutume, commençons par le titre de ce roman, car il dévoile une grande partie du roman. Dans de Dictionnaire de l’Académie de médecine, le syndrome de Garcin – qui existe bel et bien – se définit ainsi: «Paralysie unilatérale progressive, plus ou moins étendue de nerfs crâniens par envahissement le plus souvent néoplasique de la base du crâne».
Cette découverte est l’œuvre de Raymond Garcin, un neurologue français qui n’est autre que le grand-père de l’auteur et qui va devenir l’un des personnages principaux de ce récit, tant il a marqué son petit-fils.
Mais plus qu’un hommage appuyé à son papi, c’est à une exploration dans la généalogie familiale que nous convie le responsable des pages culture de l’Obs. Il va remonter quelque six générations pour nous détailler la lignée des médecins qui se sont succédés depuis la Révolution française, nous offrant par la même occasion un panorama de l’évolution de cette discipline au fil des ans. Loin d’être rébarbative, cette quête permet à l’auteur de La chute de cheval d’illustrer sa propre formule: «la généalogie est une science fondée sur un mystère, de l’Histoire taquinée par le roman.» En formulant des hypothèses, en constatant que la lignée est aussi conséquence d’alliances permettant de renforcer à la fois le destin de la famille et a science médicale, il ajoute sentiments et émotions à «cette dynastie du bistouri».
Les époques passent, la médecine reste présente jusqu’à ce que Jérôme décide de s’en éloigner et d’embrasser le journalisme et la littérature.
En replongeant dans ses souvenirs, il ajoute sa pierre à l’édifice, ému et reconnaissant, en premier lieu pour ce grand-père qu’il accompagnait au bord des falaises normandes où ce dernier peignait des aquarelles. Comme Hugo, il part en pèlerinage : « Et j’ai marché jusqu’à sa tombe, dans le cimetière, où il repose avec sa femme et leur fille, tragiquement disparue: « Mme Raymond Garcin, née Yvonne Guillain, 1907-1968. M. Raymond Garcin, 1897-1971. Christiane Garcin, 1934-1987″. La semaine précédente — c’était mon été de pèlerinages —, j’étais allé me recueillir, à Bray-sur-Seine, devant la croix blanche étreinte par un rosier sous laquelle sont couchés mon père et mon frère:  » Olivier Garcin, 1956- 1962. Philippe Garcin, 1928-1973.  » Mais, pour moi, ils dorment tous ensemble. D’un sommeil tranquille, celui d’après les grosses tempêtes. » Il fera aussi le voyage jusqu’à Fort-de-France et nous révélera par la même occasion quelques affinités littéraires affectives.
Oui, la généalogie est fondée sur un mystère. Mais en l’explorant, l’auteur aura trouvé quelques clés à sa propre existence, un peu mieux compris ce que les termes d’héritage et de transmission peuvent représenter. Un peu comme Colombe Schneck dans Les guerres de mon père, l’essentiel est ici de témoigner de la reconnaissance pour ces personnes qui ont toutes construit une part de ce que leurs descendants sont aujourd’hui.

Le Syndrome de Garcin
Jérôme Garcin
Editions Gallimard
Récit
160p., 14,50 €
EAN : 9782070130627
Paru en janvier 2018

Ce qu’en dit l’éditeur
«Je suis un radiologue fantaisiste, un échographe controuvé, un voyageur sans bagage qui toque à la porte des hôpitaux d’autrefois et des bureaux poussiéreux, au fond desquels mes aïeux sourcilleux s’étonnent que je veuille mieux les connaître et me parlent dans un français de laborantin, un sabir organique, un babélisme médicamenteux que je ne saisis pas toujours. Mais si je ne témoigne pas de cette tribu clinique, dont seuls d’obscurs traités et des manuels déshumanisés gardent la trace, qui d’autre le fera?»
L’enfance de Jérôme Garcin a été marquée par deux grands-pères éminents, le neurologue Raymond Garcin et le pédopsychiatre Clément Launay, qui avaient en commun d’être des humanistes, toujours à l’écoute du patient. Ils étaient issus de longues dynasties médicales. Après eux, cette chaîne s’est interrompue. Pourquoi? C’est à cette question que tente de répondre ce livre, croisant l’histoire intime d’une famille et les mutations récentes d’une discipline.

Les critiques
Babelio 
La Croix (Jean-Claude Raspiengeas)
Télérama (Nathalie Crom)
BibliObs (Didier Jacob)
RTS Culture (Sylvie Tanette)
Le JDD (Bernard Pivot)
L’Express (François Busnel)
La Règle du Jeu (Michaël de Saint-Cheron)
Point de vue (Pauline Sommelet – entretien avec l’auteur)
Les Échos (Marc Dugain)


Jérôme Garcin parle de ses souvenirs avec François Busnel. © Production La Grande Librairie

Les premières pages du livre
« Le signe de la main creuse
Sans que je sache si le temps, sa grande affaire, lui avait manqué pour renouer avec son passé, qui dormait désormais à six mille huit cent soixante-quatre kilomètres de chez lui, ou s’il craignait secrètement d’être submergé par l’émotion de retrouvailles tardives, comme on le dit des vendanges, cela faisait plus de quarante ans que mon grand-père n’était pas revenu dans sa volcanique île natale, la Martinique.
Il y avait fait une escale, une première fois, au retour d’un voyage au Brésil, où il avait été invité par l’un de ses élèves, le docteur Meralagno. À l’aéroport de Fort-de-
France, il avait été accueilli par son deuxième fils, Claude, qui travaillait dans une banque antillaise, le Crédit martiniquais, et avait épousé une créole de belle lignée, à la peau de pain d’épice. Lors de son bref séjour, il s’était promené dans Fort-de-France, où la route de Didier n’était pas encore devenue la rue du Professeur-Raymond-Garcin, longue d’un kilomètre et demi. Il avait poussé jusqu’à Basse-Pointe dans l’espoir illusoire de retrouver sa maison familiale, qui avait été emportée par la rivière en ébullition après l’éruption de la montagne Pelée, en 1902. Il avait également cherché en vain, face à la préfecture, le lycée Schoelcher, où il avait fait ses études, et qui était devenu une caserne désaffectée.
Il n’avait pas demandé à voir le lycée flambant neuf qui avait gardé le nom du célèbre antiesclavagiste et abolitionniste, mais avait été reconstruit, en 1937, à l’emplacement de l’ancienne maison du Gouverneur, sur le domaine de Bellevue. Il était alors reparti pour Paris avec ses regrets et ses secrets, que la pudeur l’empêchait de compter et de confier, fût-ce à ses proches.
La deuxième fois qu’il avait foulé la terre brûlante de son île, au milieu des années cinquante, c’était encore sur le chemin du retour, après un sommet, sorte de jamboree cérébral, ayant réuni, aux États-Unis, des neurologues du monde entier. Chez son fils, il avait reçu la visite d’un de ses anciens condisciples qui, après avoir fait Polytechnique, dirigeait en Martinique une distillerie de rhum.
Après l’avoir raccompagné et lui avoir serré la main, mon grand-père s’était tourné vers Claude et lui avait glissé à l’oreille son irréfutable diagnostic : « Grasping reflex. Pas de doute. Mon ami a une tumeur au cerveau. Je vais devoir l’hospitaliser à la Salpêtrière. »
La troisième et dernière fois, il était venu à la Martinique pour y présider un congrès de médecins de langue française – c’était bien avant que l’anglais fût l’idiome officiel des cliniciens. Le jour de l’inauguration, une haie d’honneur s’était formée à son arrivée. Tous les participants, dont beaucoup avaient revêtu la blouse blanche, avaient mis ostentatoirement leurs mains dans le dos, comme s’ils avaient voulu ainsi se prémunir contre  » le signe de la main creuse de Garcin « . Car, de son vivant, mon grand-père avait donné son patronyme non seulement à un syndrome, mais aussi à un trouble neurologique permettant de démasquer l’hémiplégie chez un patient qui a les yeux fermés, l’avant-bras à la verticale, les doigts écartés, le pouce en adduction et dont la paume se creuse alors.
À mon tour, je porte un nom de syndrome, celui, terrible et cauchemardesque, qui désigne une paralysie des nerfs crâniens – j’imagine un Pompéi mental, figé après qu’une coulée de roches en fusion et de cendres s’est déversée dans le cerveau. Certes, je n’ai hérité de lui ni sa science ni ses découvertes, mais je prolonge, avec tous les miens, le souvenir vivace que mon grand-père, alias Papi, a laissé dans le monde mystérieux et fascinant de la neurologie, cette discipline qui m’a toujours semblé emprunter à la science-fiction. »

Extrait
« Papi parlait peu de sa Martinique natale. Son île était comme une de ces imperceptibles musiques de fond qui bercent, après le repas, les siestes estivales. En Normandie, il était normand, réclamait d’odoriférantes tripes à la mode de Caen, raffolait du poisson frais de Port-en-Bessin et des moules à la crème, tartinait son pain bis avec du beurre d’Isigny et prenait du ventre en même temps que ses chats, qu’il adorait et nourrissait trop. Jamais, au menu, de colombo de porc, de crabe farci, d’accras de morue, de boudin créole ou de féroce d’avocat. Jamais de piment, de curcuma, de curry, mais plutôt du doux, du laiteux, du mousseux, de l’onctueux, de l’unguineux. Seule la voix séraphique de sa belle-fille de Fort-de-France, Marie de La Villejégu, comme en exil sous les pommiers et la bruine, lui arrachait un sourire mélancolique lorsqu’elle nous apprenait à chanter en choeur cette si triste mélopée, Adieu foulard, adieu madras, adieu grain d’or, adieu collier choux, doudou an mwen ki ka pari, hélas, hélas, cé pou toujou… Une seule fois, lors de nos promenades picturales sur la crête côtière, Papi, désignant du doigt la ligne droite où le ciel se confond avec la mer, m’avait dit d’une voix lente : « Tu vois, je viens de tout là-bas. C’était il y a longtemps, et ce fut un très grand voyage. J’espère que tu iras un jour là où je suis né. » Quel âge avais-je ? Dix, onze ans? Mon grand-père, ce jour-là, fit comprendre au petit Parisien que non seulement il y avait un autre côté de l’Océan, mais aussi qu’il en venait. J’étais ébahi et un peu incrédule. »

À propos de l’auteur
Né en 1956 à Paris, Jérôme Garcin a suivi des études de philosophie avant de signer, à la fin des années 1970, ses premiers articles aux Nouvelles littéraires. Après avoir produit et animé des émissions littéraires pour la télévision, il retourne à la presse écrite, passant successivement dans les rédactions de L’Evénement du jeudi, de L’Express et du Nouvel Observateur – dont il dirige toujours les pages culture. On doit également à ce passionné de chevaux de nombreux ouvrages, parmi lesquels Pour Jean Prévost (prix Médicis essai en 1994), La Chute de cheval, Olivier ou Le Voyant, autour de l’écrivain aveugle et résistant Jacques Lusseyran. Connu du grand public en tant qu’animateur-producteur du Masque et la Plume, Jérôme Garcin est aussi membre du jury Renaudot. (Source : Magazine Lire)

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L’été en poche (21)

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Le vieux qui déjeunait seul

En 2 mots
Une jeune serveuse et un vieil habitué vont partager leurs secrets de famille, ce qui va bouleverser leur vie. Un premier roman très réussi!

Ma note
etoileetoileetoileetoileetoile (coup de cœur, livre indispensable)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Françoise Dargent (Le Figaro)
« Jolie graine de romancière, Léa Wiazemsky n’aurait pas fait rougir sa célèbre mère Régine Deforges avec ce roman moins convenu qu’on ne pourrait le penser à la vue du titre et du postulat de départ. Les voix sonnent juste, l’histoire coule fluide. On s’attache réellement aux deux personnages, croqués avec tendresse mais sans mièvrerie. En ces temps où le cynisme est souvent salué, Léa Wiazemsky ose écrire que la délicatesse, la douceur et la fragilité ont encore leur mot à dire. Il est bon de le rappeler. »

Vidéo


Léa Wiazemsky présente «Le vieux qui déjeunait seul» © Production librairie Mollat

L’été en poche (16)

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Le dernier des nôtres

En 2 mots
Werner Zilch rencontre Rebecca Lynch à New York. C’est le début d’une histoire d’amour, mais aussi une plongée dans le passé de leurs deux familles. Werner va découvrir qu’il est «Le dernier des nôtres», Rebecca que sa mère a vécu l’enfer des camps. Un roman puissant, des émotions fortes, une question lancinante… Qu’aurions-nous fait à leur place ?

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Marc Lambron (Le Point)
« Très habilement, l’auteure nous fait aussi sentir l’écart qui sépare deux époques : les années 40 étaient placées sous le signe du tragique et de la liberté, les années 60 y substituèrent l’hédonisme et l’égalité. Cela donne un obus romanesque fort bien tourné, virtuellement calibré pour des traductions, et caréné comme une Maserati Sebring (1965). Que demande le peuple? »

Vidéo


Adélaïde de Clermont-Tonnerre présente son dernier roman, «Le dernier des nôtres» (Grasset) qui relie l’Allemagne de 1945 et le New York des années 70 par une histoire d’amour impossible. © Production MyBoox.

L’été en poche (11)

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L’origine de nos amours

En 2 mots
Un père tente d’expliquer à son fils que leur malédiction – leurs mariages sont voués à l’échec – est due à leur généalogie et au sang cubain qui coule dans leurs veines. Une belle histoire avec de subtiles digressions et un bel hommage d’un fils à son père. Pour découvrir une nouvelle facette, touchante, d’Erik Orsenna.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Thierry Gandillot (Les Échos)
« On sourit, on rit, bien sûr, on s’émeut aussi au portrait plein d’amour et d’admiration pour ce père qui savait comme personne inventer des histoires. Car si les Arnoult ont hérité du gène des amours impossibles, ils sont aussi reçu celui du mentir vrai, exercice qui commence avec quatre mots : « Il était une fois » ».

Vidéo


«Le livre du jour», entretien de l’auteur avec Philippe Vallet. © Production France Info

Le dernier des nôtres

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Le dernier des nôtres
Adelaïde de Clermont-Tonnerre
Éditions Grasset
Roman
496 p., 22 €
EAN : 9782246861898
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule en parallèle en Allemagne, à Berlin, à Peenemünde, à Nordhausen, Reutte, Oberammergau, à Oranienburg-Sachsenhausen, Nassenheide, Sommerfeld, Herzberg, Alt Ruppin, Neuruppin, Herzsprung et Auschwitz et aux Etats-Unis, à New York, à Berkeley, Novato et San Francisco ainsi qu’à Hawthorne dans le New Jersey, à Fort Bliss et à El Paso au Texas, à La Nouvelle-Orléans et dans une localité proche de Bâton-rouge en Louisiane, à Wainscott. La ville de Rouen y est également évoquée.

Quand?
Le roman se déroule en parallèle sur deux époques : en 1969 et les années suivantes d’une part, en 1945 et les années suivantes d’autre part. Bien entendu, les deux récits vont finir par se rejoindre.

Ce qu’en dit l’éditeur
« La première chose que je vis d’elle fut sa cheville, délicate, nerveuse, qu’enserrait la bride d’une sandale bleue… » Manhattan, 1969 : un homme rencontre une femme.
Dresde, 1945 : sous un déluge de bombes, une mère agonise en accouchant d’un petit garçon.
Avec puissance et émotion, Adélaïde de Clermont Tonnerre nous fait traverser ces continents et ces époques que tout oppose : des montagnes autrichiennes au désert de Los Alamos, des plaines glacées de Pologne aux fêtes new-yorkaises, de la tragédie d’un monde finissant à l’énergie d’un monde naissant… Deux frères ennemis, deux femmes liées par une amitié indéfectible, deux jeunes gens emportés par un amour impossible sont les héros de ce roman tendu comme une tragédie, haletant comme une saga.
Vous ne dormirez plus avant de découvrir qui est vraiment « le dernier des nôtres ».

Ce que j’en pense
****
Dans un entretien avec la journaliste Karine Vilder, Véronique Ovaldé exliquait que «Ce qui nous est imposé, le milieu où l’on naît, est une des plus grandes injustices, car on doit ensuite faire avec, modeler notre existence à partir de cette donnée qu’on ne maîtrise pas. Il y a donc des gens qui restent et des gens qui partent.» Une analyse qui s’applique parfaitement à ce magnifique roman d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre et rapproche «Le dernier des nôtres» de «Soyez imprudents les enfants».
L’auteur y fait alterner les chapitres, nous racontant en parallèle l’ascension professionnelle et la passion amoureuse de Werner dans le New York des années soixante et d’autre part le drame vécu par la famille Zilch à la fin de la Seconde guerre mondiale, alors que Dresde s’écroulait sous le poids des bombes.
Le contraste entre ces deux histoires confère au récit une intensité dramatique qui culminera au moment où le lien se fera, où l’on comprendra que l’enfant que Luisa met au monde dans un décor apocalyptique avant de mourir n’est autre que l’ambitieux patron de la société de transactions immobilières Z & H. Dans les premières pages du roman, son regard découvre la cheville d’une jeune femme dont il décide qu’elle sera la femme de sa vie. Pour avoir ses coordonnées, il ne va pas hésiter à emboutir sa voiture tout en laissant un message d’excuse. S’il avait davantage suivi la presse People, il aurait pu éviter cette collision. Car l’élue de son cœur n’est autre que Rebecca Lynch, fille de l’une des plus grosses fortunes de la ville. Werner, sous les yeux effarés de son ami et associé Marcus, va déployer une énergie et une créativité folle pour conquérir la jeune fille. Qui va finir par succomber à son charme. Toute l’habileté d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre consiste alors à nous entraîner dans un maelstrom d’émotions. La belle romance ne va pas durer…
C’est dans une Allemagne à feu et à sang que Marthe Engerer, la belle-sœur de Luisa, se voit confier le nouveau-né qui a déjà failli mourir à plusieurs reprises. Pour tenter de le sauver, elle va traverser l’Allemagne et tenter de rejoindre l’équipe de chercheurs et de scientifiques qui travaille à l’élaboration des V2 et dont faisait partie Johann, le mari de Luisa. Un voyage périlleux à l’issue incertaine. Et si elle va parvenir à rejoindre Werner von Braun, à échapper à l’armée soviétique puis à rejoindre les Etats-Unis, c’est au prix de quelques arrangements avec la réalité. Elle se fait passer pour Luisa, l’épouse de Johann et retrouve dans le camp où l’équipe est recluse son mari Kasper. Les deux frères Zilch sont aussi dissemblables que possible, même si physiquement ils se ressemblent comme s’ils étaient jumeaux.
Marthe va alors prendre peur et tenter de protéger son neveu. Avant de fuir, elle prend le soin de laisser un message dans la doublure de ses habits : « Il s’appelle Werner. Werner Zilch. Ne changez pas son nom. Il est le dernier des nôtres. »
La belle Rebecca, qui file le parfait amour avec Werner, présente ses parents au jeune homme. Mais le dîner est dramatique et provoque leur séparation.
« Je traînais ma rage et ma mélancolie. Rien n’avait de saveur depuis que Rebecca m’avait quitté. J’étais ulcéré par la manière dont elle m’avait traité. Une année de mots tendres et de projets s’étaient évaporés en une soirée. »
Au fil des pages, on comprendra que la mère de Rebecca, rescapée des camps de la mort, à cru voir un fantôme lorsque Werner lui a été présenté. Werner comprendra aussi que se histoire ne s’arrête pas à ses parents adoptifs Andrew et Armande Goodman et que, contrairement à ce qu’il affirme haut et fort, il a bien quelque chose « à voir avec ce fou qui découpait des pauvres femmes en enfer » avant qu’il ne naisse.
Les derniers chapitres, au cours desquels les révélations et les coups de théâtre vont se succéder, au cours desquels nos sentiments vont jouer aux montagnes russes, au cours desquels on craint d’être confronté au pire alors que l’on espère que le meilleur sont écrits par une plume virtuose. Les jurés du Grand-Prix de l’Académie française ne s’y sont pas trompés. On les félicitera pour leur choix et, plus encore, on conseillera à tous la lecture de ce roman qui réussit le tour de force de rallier les amateurs de belles histoires d’amour aux passionnés de récits historiques, sans qu’à aucun moment le récit ne soir manichéen. Je me répète : l’exercice est d’une virtuosité rare !

Autres critiques
Babelio
RTL (Laissez-vous tenter – Bernard Lehut)
ELLE (Adèle Bréau)
Le Point (Marc Lambron)
Culturebox (Anne Brigaudeau)
France Inter (L’amuse-bouche – Clara Dupont Monod)
Le JDD (Interview de l’auteur par Ludovic Perrin)
MyBoox (présentation vidéo par l’auteur)
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Blog Carobookine 
Blog Blablablamia

Découvrez les vingt premières pages du livre

Extrait
« Les paupières de la jeune femme se fermèrent à nouveau. Ce moment de calme dura une minute, peut-être deux, puis le mouvement du doigt de Luisa sur son petit garçon cessa, et dans les paumes jointes de Victor Klemp, l’étroite main de la jeune femme se relâcha. Il eut le sentiment puissant, bien qu’absurde pour un rationaliste tel que lui, de sentir l’âme de la mourante le traverser. Une fraction de seconde, un palpable mouvement d’ondes, et elle n’était plus là. Le médecin reposa le bras encore souple de Luisa sur la table, le long de son corps. Il regarda l’enfant lové contre sa mère, rassuré par une chaleur qui ne tarderait pas à s’éteindre, posé sur un cœur qui avait cessé de battre. Les deux soldats cherchèrent une confirmation dans ses yeux. Le médecin détourna le regard. Il avait vu des atrocités ces derniers jours, mais jamais il ne s’était senti si vulnérable. Alors qu’il levait la tête, ses yeux rencontrèrent le portrait d’une Vierge à l’Enfant. La Madone, épargnée par les bombardements, les avait veillés le temps de cet épouvantable miracle. »

À propos de l’auteur
Adélaïde de Clermont-Tonnerre, ancienne élève de l’Ecole normale supérieure, est journaliste et romancière. Son premier ouvrage, Fourrure (Stock) a été récompensé par cinq prix littéraires, dont le prix des Maisons de la Presse et le prix Sagan. Il était également finaliste du Goncourt du premier roman. (Source : Éditions Grasset)

Site Wikipédia de l’auteur

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L’origine de nos amours

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L’origine de nos amours
Erik Orsenna
Stock
Roman
288 p., 19 €
ISBN: 9782234078925
Paru en mars 2016

Où?
Le roman nous fait beaucoup voyager, principalement en France de l’île de Bréhat et ses alentours : Kerpont du Chien, La Moisie, Les Héaux, Passage de la Gaine, Morbic, Tout-L’Horloge, Saint-Riom, à la vallée de la Bièvre, de Lyon à Neuilly en passant par Quimper et Saint-Malo, sans oublier Montlhéry, Gif-sur-Yvette et Mœrnach ou encore Chartres, Cholet, Versailles, Saint-Germain et Parly II. Il serait en outre dommage d’oublier Saint-Florent dans cette liste. Enfin, les recherches généalogiques vont également nous conduire à la vieille ville de Trinidad, à Cuba.

Quand?
L’action se situe de nos jours, avec des retours en arrière jusqu’en 1838.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Un jour, je me suis remarié.
Le lendemain, mon père quittait son domicile. Entre les deux événements, personne dans la famille n’a fait le lien.
Et pourtant, mon frère est psychiatre.
J’avais ma petite idée mais j’ai préféré la garder pour moi. Mon père, je le connaissais mieux que personne. Pour une raison toute simple : nous avions divorcé ensemble. Lui de ma mère, moi de ma première femme. Lui le lundi, moi le mercredi, de la même fin juin 1975. Et rien ne rapproche plus qu’un divorce en commun. Alors je savais que les coups de tête n’étaient pas son genre. Il suivait des plans, toujours généreux dans leur objectif, mais le plus souvent déraisonnables. Cet été-là, nous avons commencé à parler d’amour, mon père et moi. Nous n’avons plus cessé. »

Ce que j’en pense
****
Le père et le fils se retrouvent dans leur refuge de l’île de Bréhat pour soigner une «maladie» commune : ils ont divorcé en même temps de leurs épouses respectives, en 1975. L’occasion d’un dialogue père-fils sur l’origine de leurs amours et… de leur malédiction.
Grâce aux digressions qui sont la marque de fabrique d’Erik Orsenna et dont l’érudition et la curiosité régalent ses lecteurs de livre en livre, cette conversation va être l’occasion d’en apprendre davantage sur les ingénieurs qui ont fait la gloire de la France, sur le rôle des amants dans les jouets, sur le vocabulaire de la voile. Sans oublier la méthode de la pêche à pied qui prouve, une fois encore, que le père d’Erik est bien un héros. Cette méthode soigne les bleus à l’âme et consiste à ramasser dans un petit panier tous les petits trésors que l’on peut amasser au fil des jours. Quand au bout d’une semaine ou d’un mois, on renverse son panier, on comprend que «les collections de bonheurs minuscules permettent de traverser les passes difficiles».
«C’est ainsi que me revint, d’abord timide puis déployée, la joie de vivre, ce très étrange sourire intérieur.» Un moteur indispensable à l’écrivain, déjà nourri «de mots, de scènes, d’intrigues et de rebondissements» par toute sa famille.
On comprend certes que «dans cet univers mouvant où toutes les vérités sont possibles et se contredisent» il soit bien difficile de bâtir un amour stable, mais avec un égoïsme non dissimulé, on se réjouit de ces drames familiaux à répétition. Car ils nous offrent ces plaisirs de lecture presque jubilatoires lorsque l’auteur nous entraîne sur les pas d’une famille presque normale : «Double origine : le Bordelais et la Haute-Loire. Rien de particulier. Les mariages durent. Les naissances et les morts s’enchaînent. Rien à signaler. (…) Tout se gâte quand l’un de nos ancêtres de la branche bordelaise, tailleur de son état, décide de partir pour Cuba.»
Voici donc Augustìn Arnoult sur la petite île des Caraïbes au début du XIXe siècle. À la terrasse du café situé sur la place principale, il ne sait plus où donner de la tête – à tel point qu’il sera obligé de consulter pour des problèmes vertébraux – s’il veut détailler tous ces corps somptueux qui s’offrent à lui. Il est pourtant jeune marié et ne peut imaginer dans cette occupation qu’une déformation professionnelle, une sorte de prospection de nouveaux clients.
C’est du moins ce que le père tente, dans un premier temps, d’expliquer à son fils. Mais l’écrivain (et le lecteur !) veulent en savoir plus sur cette généalogie qui a conduit via le grand père cubain né en 1860 à cette malédiction du mariage instable.
Habilement, Erik Orsenna nous fait patienter avant de nous en dire plus. Car son père disparaît. C’est la recette qu’il trouve pour conjurer le sort.
Dans son appartement, Eric (on notera que tout au long du récit, ce sont les vrais noms et prénoms qui sont utilisés) trouvera, outre le dossier généalogique, des dossiers soigneusement annotés et malheureusement peu fournis aux noms de chacune de ses compagnes successives. Catherine, la mère de ses enfants, puis Isabelle dont il fait des vœux pour cette fois, « ce soit la bonne».
On l’aura compris, il ne s’agit pas ici d’un guide matrimonial, bien bien plutôt d’un bel hommage d’un fils à son père, ce héros qui aura tout tenté pour faire le bonheur de sa progéniture. Voilà donc l’origine de l’amour filial.
Et c’est tellement bien que ‘on se réjouit du livre qui sera consacré à sa mère et qui est quasiment annoncé dans les dernières pages.

Autres critiques
Babelio
France Info (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Le JDD (Ludovic Perrin)
Les Echos (Thierry Gandillot)
RTL (Laissez vous tenter – Bernard Lehut)
La Croix (Entretien avec Évelyne Montigny)

Les vingt premières pages du livre

Extrait
« Mon père est un héros. Personne ne m’arrachera du cœur cette conviction. D’accord, il ne fut pas résistant. D’accord, il ne fit sauter aucun train. D’accord, il s’est engagé un peu tard, alors que le Second Conflit Mondial venait de finir. Mais il avait signé le formulaire avant Hiroshima, avant Nagasaki. Qui pouvait prévoir le double champignon atomique ?
Il a donc failli devenir un soldat de grande valeur. Première preuve de sa nature de héros.
Passons à sa seconde gloire.
Soyons francs : il n’a pas évité seul la conflagration qui faillit plus tard éclater entre les États-Unis et la Russie soviétique, entre le « Monde libre » comme on disait encore et les « lendemains qui chantent », comme on n’osait déjà plus dire. Mais un jeune homme qui, en 1949, décide de reprendre une petite usine d’aimants, cet homme-là est, à l’évidence, un militant de la paix, un apôtre du Rapprochement général, un ennemi convaincu de la Guerre à toutes les températures, chaude ou froide.
Les aimants produits par cette minuscule usine servaient à fabriquer des jouets. Je vais vous expliquer. Soit une figurine de skieur. Vous lui collez sous les chaussures un morceau de métal. Vous le placez sur une étendue blanche parsemée de portes de slalom. Sous la piste se trouve l’aimant. Il vous suffit de le bouger pour entraîner le skieur. De même avec des modèles réduits de voitures ou de motos.
Mon père aurait-il consacré toutes ses forces aux aimants s’ils n’avaient contribué à égayer la jeunesse tout en lui apprenant que le mouvement, c’est la vie ?
Militaire, pacifiste, pédagogue, je vous avais prévenu : mon père fut un héros. » (p. 25)

A propos de l’auteur
Erik Orsenna est l’auteur de L’Exposition coloniale (prix Goncourt 1988), de Longtemps, de Madame Bâ et de Mali, ô Mali. Il a écrit aussi des petits précis de mondialisation, dont Voyage aux pays du coton (2006), et deux biographies, l’une consacrée au jardinier de Louis XIV, André Le Nôtre, Portrait d’un homme heureux (2000), et l’autre à Louis Pasteur, La Vie, la Mort, la Vie (2015). On lui doit également cinq contes célébrant la langue française dont La grammaire est une chanson douce (2001).
Entré à l’Académie française en 1998, il occupe, sans légitimité aucune, le siège de Louis Pasteur et d’Émile Littré. (Source : Editions Stock)

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Focus Littérature

Le vieux qui déjeunait seul

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Le vieux qui déjeunait seul
Léa Wiazemsky
Michel Lafon
Roman
172 p., 14,95 €
ISBN: 9782749924182
Paru en avril 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris et à Antony, mais aussi le temps d’une escapade dans le Sud à Avignon, Toulon, Aix-en-Provence, Sanary, Bandol sans oublier Bordeaux ainsi que pour les souvenirs des époques noires à Limoges, Vierzon, Birkenau et Ravensbrück.

Quand?
L’action se situe en 1953, si on en croit le film à l’affiche, Les Orgueilleux d’Yves Allégret.

Ce qu’en dit l’éditeur
Clara, une jeune et jolie serveuse de vingt-sept ans, se prend d’affection pour un vieux monsieur dont elle ne sait rien sinon que, dans le restaurant où elle travaille, chaque lundi, invariablement, il déjeune à la même table et commande le même plat. Elle est loin de se douter qu’elle-même a piqué la curiosité de cet homme éprouvé par la vie. Derrière la gentillesse et l’éternelle bonne humeur de la jeune femme, ce vieil habitué a décelé une blessure secrète. Et pour cause : accablée par le poids des actes d’un ancêtre, Clara s’interdit d’être heureuse. Mais au fil des conversations avec Clément, ce grand-père qu’elle se choisit, le contexte historique va refaire surface et changer sa vie.

Ce que j’en pense
*****

Un formidable coup de cœur ! Pour qu’un roman parvienne à m’émouvoir au point de verser une larme, c’est qu’il a dû toucher une corde sensible. Pour ses débuts en littérature, Léa Wiazemsky aura réussi le même coup que sa mère, Régine Deforges, dont les premiers romans m’avaient beaucoup plu. Mais cessons de ressasser comme les anciens combattants et occupons-nous de l’histoire de Clara et de Clément à qui Léa donne tour à tour la parole, offrant par la même occasion au lecteur deux perspectives d’une même histoire.
Clara est serveuse dans un petit restaurant parisien. Un travail comme un autre, qu’elle agrémente en imaginant qu’elle peut être la vie des quelques habitués qu’elle croise régulièrement. Parmi ces clients, un vieux monsieur retient plus particulièrement son attention, parce qu’elle sent chez lui une profonde mélancolie. A plusieurs reprises, elle a essayé d’engager la conversation avec celui qu’elle a décidé de prénommer Henri, mais par pudeur et peut-être par peur, elle n’y est pas parvenue.
Henri, qui en fait s’appelle Clément, a aussi remarqué la belle serveuse : « Et il y a cette jeune fille qui fait de cet endroit un univers de lumière et de joie. J’aime cet instant où, à peine ai-je poussé la porte, elle est là avec son sourire plein de malice pour me souhaiter la bienvenue. Elle sait que je vais commander la même chose que d’habitude ; mais elle prend malgré tout la peine de m’apporter la carte. Cela me fait sourire. » Si leurs rencontres ne suffisaient qu’à rendre leur quotidien plus gai, cela serait déjà très bien, car on sent chez l’un comme chez l’autre une blessure, un secret dont pourraient se délecter les psycho-généalogistes.
Clément a près de 80 ans. S’il est veuf, c’est que son épouse à été victime de la barbarie nazie et n’est jamais revenue des camps de la mort.
Clara, quant à elle, aura dû fouiller dans le passé familial pour qu’enfin on lui lâche du bout des lèvres que son grand-père aura été un collaborateur très zélé. Une tâche qu’elle croira longtemps indélébile.
Par petites touches, en faisant aussi intervenir des personnages secondaires, Bastien, un amoureux transi, du côté de Clara et un couple d’amis Roberto et Marta du côté de Clément, Léa Wiazemsky va réussir le tour de force à nous persuader que non seulement ces deux personnes vont réussir à se rapprocher, mais bien plus que cela, à se guérir l’une de l’autre de leur lourd passé. Dès lors, plus rien ne s’oppose à une fin heureuse, sinon l’âge du capitaine: « Le bonheur, cela se décide, Clara! Tu le portes en toi comme le plus beau cadeau que la vie t’a donné. C’est à toi de le semer et de le faire pousser. Lorsque tu as trouvé la graine, tu dois la protéger, lui donner un peu d’eau, elle grandira et prendra de la place, tu n’auras alors rien d’autre à faire que de jouir de sa beauté. »
Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !

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Extrait
« Demain, même si les médecins m’ont interdit de quitter le lit avant une semaine, j’aurai la force d’affronter la fatigue pour voir le sourire de Clara. Je ne sais pas pourquoi je m’accroche à cette enfant comme à une planche de salut, comme à la dernière joie qui me reste… Qu’avons-nous à nous dire, tous les deux ? Qu’ai-je à lui apporter, moi, vieux déporté sans famille, avant de quitter cette terre ? Je l’imagine dans ce décor, installée dans ce fauteuil, moi dans mon lit écoutant du Chopin ou chantant du Trenet… » (p. 64)

A propos de l’auteur
Bercée dès son plus jeune âge par l’amour de l’Histoire, de la littérature et des chansons de Charles Trenet, Léa Wiazemsky, comédienne de 35 ans, prend la plume pour raconter la rencontre aussi bouleversante qu’inattendue entre une jeune femme un peu perdue et un vieil homme solitaire. Un premier roman délicat et touchant. (Source : Editions Michel Lafon)

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