L’été en poche (18)

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Ça aussi, ça passera

En 2 mots
Blanca enterre sa mère à Cadaquès. Avec famille, ami(e)s et amants, elle va tenter de combattre sa solitude et son spleen, tout en rendant hommage à la défunte.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Hubert Artus (L’Express)
« En paix avec elle-même et les hommes de sa vie, elle offre une composition qui balance toujours entre l’autofiction sociale et le roman sentimental. Toujours profond, armé d’un humour souvent désopilant, Ça aussi, ça passera est porté par une écriture qui emporte le cœur. Et nos suffrages. »

Vidéo


Milena Busquets présente son ouvrage «Ca aussi, ça passera». Traduit de l’espagnol par Robert Amutio. © Production Librairie Mollat.

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Elle voulait juste marcher tout droit

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En deux mots
Alice est placée en nourrice dans le Sud-Ouest de la France alors que la Seconde Guerre mondiale fait des ravages. Ce n’est qu’en 1946 qu’elle retrouve sa mère, de retour de déportation et commence à décrypter une histoire familiale qui la mènera de Paris à New York.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai vraiment beaucoup aimé)

Elle voulait juste marcher tout droit
Sarah Barukh
Éditions Albin Michel
Roman
432 p., 21,50 €
EAN : 9782226329769
Paru en février 2017

Où?
Le roman se déroule en France, tout d’abord à Salies-de-Béarn, puis à Bénerville, Trouville, Villers-sur-Mer. Le seconde partie se passe à Paris, avant de prendre la direction des États-Unis, à New-York, Cape Cod et Boston. La guerre d’Espagne ainsi que le camp de concentration d’Auschwitz y sont également évoqués, tout comme un séjour à Budapest.

Quand?
L’action se situe de 1944 à 1947.

Ce qu’en dit l’éditeur
1946. La guerre est finie depuis quelques mois lorsqu’Alice, huit ans, rencontre pour la première fois sa mère. Après des années à vivre cachée dans une ferme auprès de sa nourrice, la petite fille doit tout quitter pour suivre cette femme dont elle ne sait rien et qui lui fait peur, avec son drôle de tatouage sur le bras.
C’est le début d’un long voyage : de Paris à New York, Alice va découvrir le secret de son passé, et quitter à jamais l’enfance.
Comment trouver son chemin dans un monde dévasté par la guerre ? Avec une sensibilité infinie, Sarah Barukh exprime les sentiments et les émotions d’une enfant prise dans la tourmente de l’Histoire. Un premier roman magistral.

Ce que j’en pense
« En une semaine à peine, sa vie avait basculé. » Cette phrase, qui se trouve au milieu de ce beau et émouvant premier roman, aurait pu être utilisée à de multiples reprises, tant le destin de la petite Alice va connaître de bouleversements. Auprès de sa nourrice à Salies-de-Béarn, elle est à l’abri de la guerre, même si elle en perçoit les dangers. À l’école, elle se rend bien compte qu’elle est différente de ses copines qui ont un père et une mère. Si la stratégie du secret doit la protéger, comment une petite fille de cinq ans peut-elle se construire dans un contexte où même le fuyard qu’elle croise «n’existe pas», où le silence ne peut que la conforter dans son sentiment d’abandon. Il n’y a guère que son chaton baptisé Crème pour l’aider à supporter un quotidien aussi bizarre.
Mais c’est au moment où elle commençait à trouver ses marques qu’une dame arrive de Paris pour la chercher. Cette femme cadavérique, c’est Diane, sa mère qu’elle est obligée de suivre, comme le lui indique Mme Bajon, l’assistante sociale. À Paris, l’après-guerre est tout sauf joyeux. Les privations et souvenirs des exactions hantent les rescapés. Une fois encore, la petite fille se heurte au silence de sa mère et des juifs qui partagent l’appartement : « Katzele, ta mère a passé di tomps dans un endroit où y avait pli dé pourqva. C’était interdite. Kein Warum. Alors aujourd’vi, elle sait plis comment ripondre aux pourqva. »
Ce n’est que par bribes qu’elle comprend que la vie n’aura pas été facile, que des personnes restent portées disparues, que celles qui sont revenues sont marquées dans leur chair. Pour ressembler à sa mère, elle a un jour l’idée stupide de s’écrire un numéro sur le bras. Il lui arrive aussi de vouloir aider, pace que le «travail rend libre». Des initiatives qui choquent et font croître l’incompréhension. Peut-être qu’une prière pourra aider…
« S’il vous plaît, mon Dieu, faites que tout aille bien. Faites que ma maman m’aime. Faites que Monsieur Marcel retrouve ses filles et sa femme. Faites que mon père revienne, qu’il ne soit plus inconnu. S’il vous plaît mon Dieu, faites que l’on soit heureux et qu’on oublie la guerre. S’il vous plaît, mon Dieu, faites qu’on ait enfin une vie normale, que les choses arrêtent de changer tout le temps. »
Alice ne sera pas entendue, bien au contraire. Mme Bajon vient lui annoncer une heureuse nouvelle qui va à nouveau la déstabiliser : « Nous avons retrouvé ton père, il s’appelle Paul d’Arny, vit à New York avec le reste de sa famille, est marié à Ellen Hartfield, la fille d’un célèbre industriel spécialisé dans la boîte de conserve. »
La santé de sa mère ne cessant de se dégrader, la fille part pour New York où une nouvelle partie de son histoire l’attend…
Avec un vrai sens de l’intrigue Sarah Barukh cisèle un roman qui emporte le lecteur, à l’image de la Saga de Frank et Vautrin. Vadim, le frère de Paul d’Arny est comme
Boro, reporter photographe et croise lui aussi Robert Capa. On y retrouve aussi une quête semblable au Dernier des nôtres d’Adelaïde de Clermont-Tonnerre. Souhaitons le même succès à ce premier roman que l’on placera sous l’exergue d’Honoré de Balzac. On comprend en effet très bien Alice, lorsqu’elle souligne cette phrase dans son exemplaire des Illusions perdues : « Les âmes grandes sont toujours disposées à faire une vertu d’un malheur ».

68 premières fois
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Autres critiques
Babelio 
Lecthot.com (Interview de l’auteur)

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Extrait

A propos de l’auteur
Depuis l’enfance, Sarah Barukh a toujours aimé les histoires, celles qu’on lui contait ou celles qu’elle s’inventait. Elle a 36 ans, habite à Paris et a longtemps travaillé dans la communication, la production audiovisuelle et éditoriale. Elle voulait juste marcher tout droit est son premier roman. (Source : Éditions Albin Michel / Livres Hebdo)

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Ça aussi, ça passera

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Ça aussi, ça passera
Milena Busquets
Gallimard
Roman
Traduit de l’espagnol par Robert Amutio
192 p., 17 €
ISBN: 9782070149117
Paru en avril 2015

Où?
L’action est située en Espagne, principalement à Cadaqués, et à Barcelone.

Quand?
Le roman se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
«C’est l’été, la saison préférée de Blanca. Après le décès de sa mère, elle quitte Barcelone pour s’installer dans la maison de vacances familiale de Cadaqués. Sur cette terre riche des souvenirs de son enfance, sous le soleil de la Méditerranée, elle cherche l’apaisement. Mais elle ne part pas seule, une troupe disparate et invraisemblable l’accompagne : ses deux ex-maris, les fils qu’elle a eus d’eux, ses amies Sofía et Elisa, son amant Santi et, bien entendu, sa mère défunte, à qui elle ne cesse de parler par-delà la mort, tant cette disparition lui semble difficile et inacceptable.
Les baignades, les promenades en bateau et les siestes dans le hamac vont se succéder, tout comme ces longs dîners estivaux au cours desquels les paroles s’échangent aussi facilement que les joints ou les amours. Les souvenirs affleurent alors, faisant s’entrelacer passé et présent. Blanca repense à cette mère fantasque, intellectuelle libre et exigeante, qu’elle a tant aimée et tant détestée. Elle lui écrit mentalement une lettre silencieuse et intense dans laquelle elle essaie de faire le bilan le plus honnête de leur relation douloureusement complexe.
Elle lui dit avec ses mots tendres, drôles et poignants que face à la mort elle choisit l’élégance, la légèreté, la vie.
Elle lui dit qu’elle choisit l’été et Cadaqués car elle sait que ça aussi, ça passera.
Livre événement de la Foire de Francfort 2014, traduit et publié dans une trentaine de pays, ce deuxième roman de Milena Busquets est un petit prodige d’équilibre et d’intelligence.

Ce que j’en pense
***

En refermant ce beau roman, on imagine Almodovar derrière la caméra, nous montrant le décor et la lumière de Cadaqués et rassemblant ici une galerie d’actrices et d’acteurs qu’il sait si bien dénicher. Le Claude Sautet des Choses de la vie aurait sans doute aussi pu mettre en scène l’histoire de Blanca dont le scénario tient en quelques lignes, voire en quelques mots : « C’est fait. Ma mère est morte. Je crois que je vais m’installer à Cadaqués. »
Au seuil de la quarantaine, ce décès est l’événement qui va entraîner l’introspection : « lorsque le monde commence à se dépeupler des êtres qui nous aiment, nous nous transformons peu à peu, au rythme des morts, en inconnus. »
Pour essayer de supporter sa solitude nouvelle, elle choisit de quitter Barcelone pour la maison familiale, entourée de ses amies Sofia qui « transforme tout en événements frivoles et festifs dont elle est le centre » et Elisa, de ses deux ex-maris, Óscar et Guillem, sans oublier les amis et voisins installés dans la petite ville côtière.
« Assis à l’arrière, il y a les trois enfants, Edgar, Nico et Daniel, le fils de Sofia, à côté d’Úrsula, la baby-sitter. Je conduis et Sofia joue le copilote. Je continue à trouver bizarre et un peu absurde que ce soit moi qui dirige tout ça, moi qui décide de l’heure de départ, tienne le volant, donne les instructions à Úrsula, choisisse les affaires que vont emmener les enfants. »
Pour se changer les idées, elle regarde les autres vivre, pour mettre entre parenthèse la mort elle a aussi recours au sexe. Elle qui a la chance d’avoir entrevu l’esprit des années 1960, croit toujours à la liberté sexuelle, même si comme le décor qui l’entoure, les choses ont beaucoup changé et la nostalgie prédomine : « Les souvenirs s’amoncellent les uns sur les autres et forment un voile compact qui, pour une fois, ne m’étouffe pas. J’imagine qu’une maison familiale, c’est cela, un lieu qui a vu passer tout le monde et où tout est arrivé. »
Entre la chronique de cette parenthèse estivale et la relation de ses souvenirs Milena Busquets raconte la relation d’une fille avec sa mère, raconte cette mère avec beaucoup de pudeur et de subtilité et la peur de ce qui va arriver, la crainte de ne pouvoir maîtriser ce manque, cette absence.
C’est avec beaucoup de finesse et de subtilité que l’auteur évite les écueils du pathos ou de la mièvrerie. Elle sait, à l’image de cette amie qui vient la secouer, que la vie doit l’emporter. « Ta mère est morte, elle était âgée et très malade, pendant les derniers mois elle a beaucoup souffert et t’as fait beaucoup chier, mais elle a eu une vie merveilleuse, elle a aimé et a été aimée, elle a réussi, elle a eu des amis, des enfants, elle s’est amusée et, d’après ce que tu dis, elle a toujours fait ce qui lui plaisait. Et tu l’aimais, et tu es triste et un peu paumée, mais ça ne te donne pas le droit de foutre en l’air la vie de tout le monde. »
Peut être que le beau ténébreux croisé à l’enterrement – comment drague-t-on dans un cimetière ? – lui permettra de panser ses plaies…

Autres critiques
Babelio
L’Express (François Busnel)
Télérama
Blog Cultur’elle (Caroline Doudet)
Blog Mots pour mots
Blog Clara et les mots

Extrait
« À ma connaissance, la seule chose qui ne donne pas la gueule de bois et met entre parenthèse la mort – comme la vie – c’est le sexe. Son effet foudroyant réduit tout en décombres. Mais ça ne dure que quelques instants ou, tout au plus, si vous vous endormez ensuite, quelques heures. Puis les meubles, les vêtements, les souvenirs, les lampes, la panique, la tristesse, tout ce qui avait disparu happé par une tornade pareille à celle du Magicien d’Oz redescend et reprend sa place exacte, dans la chambre, dans la tête, dans le ventre. » (p. 15)

A propos de l’auteur
Milena Busquets est né à Barcelone en 1972. Elle a fréquenté le Lycée Français de Barcelone et a obtenu un diplôme en archéologie de l’Institut d’archéologie de l’University College de Londres. Elle a travaillé pendant de nombreuses années au Editorial Lumen, la maison d’édition que sa famille avait mis en place au début des années 1960 et qui a été vendue à Random House quarante ans plus tard. Elle a ensuite fondé sa propre maison d’édition, a écrit un premier roman intitulé También esto passará (Ça aussi, ça passera), a travaillé pour un magazine de potins et de relations publiques pour une marque de mode et travaille actuellement en tant que journaliste et en tant que traducteur. (Source : http://www.pontas-agency.com)

Site Wikipédia de l’auteur

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