L’été en poche (45)

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Les nuits de la Saint-Jean

En 2 mots
La disparition d’une fillette sur île de Sandhamn dans l’archipel de Stockholm va nous entraîner dans une nouvelle enquête de Thomas Andreasson et Nora Linde, mais aussi faire ressurgir un passé terrifiant.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Jacques Teissier (Médiapart)
« Pour les lecteurs français, le contraste avec la mentalité des personnages de certains polars méditerranéens – même si la violence n’en est pas absente – est fort, et il nous offre un dépaysement garanti qui ajoute encore au plaisir de la lecture. Surtout quand le talent est au rendez-vous… et Viveca Sten n’en est pas dépourvue ! »

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Coup de cœur du libraire Gérard Collard © Production Griffenoiretv Gérard Collard

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L’été en poche (24)

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Miniaturiste

En 2 mots
Jessie Burton a réussi un très joli coup en transformant son récit historique en une sorte de thriller métaphysique qui nous permet littéralement de ressentir l’atmosphère oppressante qui régnait alors en Hollande à la fin du XVIIe siècle.

Ma note
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Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Delphine Peras (L’Express)
« Jessie Burton peaufine des personnages complexes, torturés, denses. Son écriture ciselée s’autorise toutes les audaces. Sensible, sensuel, sensationnel, Miniaturiste relève du grand art romanesque. »

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Jessie Burton (l’auteur), Marie-Pierre Gracedieu (l’éditrice française) et Marga de Boer (l’éditrice néerlandaise) vous présentent «Miniaturiste» © Production librairie Mollat

Les nuits de la Saint-Jean

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Les nuits de la Saint-Jean
Viveca Sten
Albin Michel
Thriller
Traduit du suédois par Rémi Casseigne
368 p., 20,90 €
ISBN: 9782226317148
Paru en mai 2015

Version poche parue en mai 2016.

Où?
Le roman se déroule toujours sur une île de l’archipel de Stockholm, Sandhamn, avec ses paisibles villégiatures, sa beauté sauvage, ses voiliers et la plage de Trouville. On y évoque aussi les localités proches, telles que Harö, Korsö, Runmarö, Saltsjöbaden à l’entrée du chenal ou Möja sur une île plus éloignée, ainsi que les routes qui mènent à l’île depuis Bromma, Vasastan, Nacka et Stockholm, en passant par Stavsnäs d’où partent les ferries. Enfin des villes plus lointaines, d’où sont originaires certains protagonistes, sont également mentionnées : Uppsala, Härnösand, Göteborg.

Quand?
L’action se situe de novembre 2006 à mars 2007. Toutefois le récit se double d’une seconde histoire qui débute en 1899 et se poursuivra jusqu’en 1962.

Ce qu’en dit l’éditeur
L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante d’automne, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l’île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l’enquête conclut à une noyade accidentelle.
Quelques mois plus tard, Nora Linde décide de prendre quelques jours de vacances au cœur de l’hiver à Sandhamn avec ses deux petits garçons. Son mari la trompe et elle a besoin du calme de l’île pour réfléchir. Mais, en jouant dans la forêt, Adam et Simon font une macabre découverte : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige. Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Et quelle est cette ombre, tapie dans la nuit, sous les fenêtres des Rosén ? Pourquoi ?
Malgré l’absence de pistes, Thomas et son amie Nora ont un étrange pressentiment : l’assassin de Lina rôde encore et n’en a pas fini avec sa sinistre mission.
C’est avec cette nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde que Viveca Sten s’est imposée comme la Nº1 des ventes en Suède.

Ce que j’en pense
****
Après La Reine de la Baltique (2013) et Du sang sur la Baltique (2014), voici la troisième traduction française des cinq tomes déjà parus mettant en scène met en scène l’inspecteur Andreasson et l’avocate Nora Linde. On peut rassurer d’emblée les inconditionnels de Viveca Sten, Les Nuits de la Saint-Jean est aussi bon que les précédents. On peut aussi rassurer tous ceux qui ne sont – pas encore – familiers de l’œuvre de la romancière suédoise : ils peuvent découvrir son univers avec ce roman qui peut se lire indépendamment des autres.
C’est avec l’émission de télévision «Avis de recherche», qui fait appel aux téléspectateurs pour essayer de trouver des indices dans des enquêtes irrésolues, que s’ouvre cet épisode. Le présentateur y explique que « Lina Rosén a disparu par une sombre nuit de tempête sur la petite île de Sandhamn, aux confins de l’archipel, qui abrite à peine cent vingt habitants, mais accueille cent mille visiteurs chaque année.»
Une fois posé le décor, il ajoute «La dernière fois que les parents de Lina ont vu leur fille en vie, c’est le vendredi 3 novembre dernier. Elle se rendait chez une amie au sud-est de l’île. Elle serait repartie à vélo pour rentrer chez elle vers dix heures du soir. Après elle disparaît sans laisser de traces. Malgré les recherches de la police, elle n’a jamais été retrouvée.»
En fait, comme souvent dans ce type d’enquête, il faudra attendre une découverte inopinée pour qu’enfin les choses bougent : des enfants, dont ceux de Nora, mettent au jour un morceau du corps de la fillette lors partie de cache-cache.
L’enquête, qui était en sommeil jusque là, peut reprendre. La police scientifique, le légiste et l’équipe de Thomas Andreasson prennent la direction de l’archipel et interrogent les enfants, les voisins et les membres de la famille. Petit à petit de nouveaux éléments se font jour.
Viveca Sten a toutefois choisi de construire son thriller en deux parties. Parallèlement à cette enquête, elle nous raconte l’histoire d’un enfant martyr, rudoyé par son père et qui a même failli mourir de ses mauvais traitements. Gottwald devra s’enfuir de l’île et abandonner Karolina, la jeune fille aux longues nattes brunes qu’il aime ardemment, pour échapper à la folie de son géniteur.
Bien entendu, le deux récits vont finir par se rejoindre. On découvre alors comment la géographie et le climat agissent sur les habitants, combien le poids de la religion luthérienne peut entraîner de dérives, combien la solitude, surtout lorsqu’elle s’accompagne de conditions de travail très difficiles, peut forger des caractères intransigeants et hostiles.
Une histoire comme il ne peut en arriver que dans ces pays du Nord en quelque sorte. Mais une histoire qui vous fera sans aucun doute frissonner de plaisir lorsque vous la lirez.

Autres critiques
Babelio
Blog Mediapart
Blog Action-Suspense
Blog En terre scandinave (avec interview de l’auteur)

Extrait
« Elle regarda à nouveau sa montre. Huit heures moins trois. Elle n’y tenait plus. Elle composa le numéro.
« Allô ? » Une voix endormie répondit à la troisième sonnerie. C’était Hanna.
Marianne s’en voulut aussitôt. Elle l’avait réveillée inutilement.
« Bonjour, c’est Marianne. Désolée de te déranger. Je voulais juste savoir si Lina était chez vous. Elle n’est pas rentrée hier soir et n’a bien sûr pas appelé. Je sais que c’est ridicule, mais je voulais juste vérifier que tout allait bien. »
Silence au bout du fil.
Juste une seconde, mais une seconde de trop.
À nouveau, elle respirait difficilement.
« Lina ? Elle n’est pas ici. Elle est partie vers dix heures hier soir. Elle n’est pas rentrée ? » La voix de Hanna trahissait son étonnement. « Ne quitte pas, je vais vérifier.
– Oui, chuchota Marianne. S’il te plaît. »
Hanna reposa le téléphone et disparut. Marianne serra le combiné si fort que ses doigts lui faisaient mal.
Puis Hanna revint.
« Désolée, dit-elle. C’est bien ce que je pensais. Elle n’est pas là. Louise dit qu’elle est rentrée à vélo après le film. Tu es sûre qu’elle n’est pas dans son lit ?
„Marianne n’arriva pas à répondre. Elle essayait de former des mots, mais sa langue ne lui obéissait pas. Sa vue se brouilla.
Où était sa fille ? » (p. 11-12)

A propos de l’auteur
Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série, qui met en scène l’inspecteur Andreasson et l’avocate Nora Linde sur l’île de Sandhamn, compte déjà 5 tomes. Succès phénoménal en Suède et dans le monde, la série est publiée dans une quinzaine de pays et vient d’être adaptée en série pour la télévision suédoise.
Comme ses héros, l’auteur possède une vieille maison familiale sur l’île de Sandhamn et y a passé tous les étés de sa jeunesse. (Source : Editions Albin Michel)

Site Wikipédia de l’auteur

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Focus Littérature

Miniaturiste

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Miniaturiste
Jessie Burton
Gallimard
Roman traduit de l’anglais par Dominique Letellier
512 p., prix €
ISBN: 9782070144228
Paru en avril 2015

Où?
L’action se situe principalement aux Pays-Bas, à Amsterdam et Assendelft, avec des évocations des possessions néerlandaises telles que Batavia (aujourd’hui Djakarta).

Quand?
Le roman commence à la mi-octobre 1686 pour s’achever en janvier 1687.

Ce qu’en dit l’éditeur
Nella Oortman n’a que dix-huit ans ce jour d’automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d’âge mûr, il est l’un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa sœur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d’animer grâce aux talents d’un miniaturiste. Les fascinantes créations de l’artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l’habitent et mettant au jour de dangereux secrets.
S’inspirant d’une maison de poupée d’époque exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, Jessie Burton livre ici un premier roman qui restitue avec précision l’ambiance de la ville à la fin du XVIIe siècle. Au sein de ce monde hostile, où le pouvoir des guildes le dispute à l’intransigeance religieuse et à la rigueur morale, la jeune Nella apparaît comme une figure féminine résolument moderne. Œuvre richement documentée et conte fantastique, Miniaturiste est un récit haletant et puissant sur la force du destin et la capacité de chacun à déterminer sa propre existence.

Ce que j’en pense
****

On ne peut qu’être admiratif face à ce roman riche, très documenté et parfaitement construit. L’auteur nous entraîne en Hollande à la fin du XVIIe siècle, à un moment où la prospérité économique se fait au détriment des libertés, où personne ne peut échapper à une chape de plomb rigoriste. Nella, jeune campagnarde d’Assendelft, n’a guère d’autre perspective que le mariage pour quitter sa condition.
«Il faut que tu épouses un homme qui sait garder un florin dans sa bourse, lui avait dit sa mère en prenant sa plume.
– Mais je n’ai rien à donner en retour !
– Voyons, regarde-toi un peu ! Qu’est-ce que les femmes ont d’autre ?»
Johannes, un marchand d’Amsterdam, a jeté son dévolu sur elle. Comme il n’est pas vilain, l’union est vite consentie et le jeune fille prend le chemin de la demeure de son époux.
Si son mari n’est pas là pour l’accueillir dans la demeure située au bord d’un canal d’Amsterdam, sa sœur ainsi que le personnel de maison vont se charger de lui inculquer les règles de vie qui ont cours ici. A l’image de Marin, sa belle-sœur, qui
«a un appétit de souris et dépense comme une nonne», elle va vite comprendre que le travail est quasiment la seule activité tolérée. Il rend vertueux et «évite à tout bon Hollandais de sombrer dans ce luxe négligé si répréhensible».
Aussi quand Johannes offre, en guise de cadeau de noces, une maison de poupée, reproduction en miniature de la maison, Nella trouve là une distraction bienvenue. Car quand Johannes séjourne à Amsterdam, il fait chambre à part et délaisse son épouse. Cependant, à l’image des petites pièces que lui livre la miniaturiste pour agrémenter son jouet, Nella va petit à petit découvrir quels secrets se cachent ici. Que derrière les apparences de pureté et de rigueur chacun a des choses à cacher et que sa liberté est toute relative, car dans cette maison, il y a toujours quelqu’un qui regarde, qui écoute.
Au fil du récit le lecteur va découvrir ce qui se trame et, à l’image de Nella, rechercher avidement quels mystères se cachent derrière les brumes qui s’élèvent des canaux.
Jessie Burton a réussi un très joli coup en transformant son récit historique en une sorte de thriller métaphysique qui nous permet littéralement de ressentir l’atmosphère oppressante de cette époque, parfaitement résumée par un homme aussi lucide que désespéré : «Ce n’est pas Jack Philips qui m’a trahi, Nella, dit Johannes d’une voix plus dure que jamais. C’est cette ville. Ce sont les années que nous avons tous passés dans une cage invisible, dont les barreaux sont faits d’une hypocrisie meurtrière.»
Miniaturiste est sans aucun doute l’une des belles découvertes de cette année.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Blog A sauts et à gambades, promenades littéraires

Extrait
(début du roman)
« Ces funérailles devaient être discrètes, car la personne décédée n’avait pas d’amis, mais on est à Amsterdam, où les mots s’écoulent comme l’eau, inondent les oreilles, nourrissent la pourriture, et le coin est de l’église est bondé. Elle regarde la scène se dérouler, en sécurité depuis une stalle du chœur, tandis que les membres des guildes et leurs épouses encerclent la tombe béante comme des fourmis attirées par le miel. Ils sont bientôt rejoints par des employés de la VOC et des capitaines de navires, des régentes, des pâtissiers — et par lui, toujours coiffé de son chapeau à large bord. Elle tente d’avoir pitié de lui. La pitié, contrairement
à la haine, peut être enfermée et mise de côté. Le plafond peint de l’église—rare élément que les réformistes n’ont pas éliminé—les surplombe. Il a une forme de coque de bateau renversée, miroir de l’âme de la ville. Sur le bois ancien figurent le Christ Juge avec l’épée et le lys, un navire doré qui fend les vagues, la Vierge sur un croissant de lune. Elle relève la vieille miséricorde à côté d’elle et ses doigts effleurent le proverbe sculpté dans le bois. C’est un bas-relief représentant un homme qui chie un sac de pièces une grimace de douleur gravée sur son visage. Qu’est-ce qui a changé ? se demande-t‑elle.
Et pourtant. Les morts font eux aussi partie de l’assistance : les dalles de pierre au sol dissimulent des corps sur des corps, des os sur de la poussière, empilés sous les pieds des personnes endeuillées. Là-dessous, il y a des mâchoires de femmes, des pelvis de commerçants, les côtes enserrant le torse vide d’un notable autrefois gras. Il y a des corps d’enfants, au fond, certains pas plus grands qu’une miche de pain. Elle ne peut en vouloir aux fidèles d’éviter de regarder ces concentrés de tristesse. Ils se hâtent de dépasser les plus petites pierres tombales… » (p. 15-16)

A propos de l’auteur
Jessie Burton est née à Londres en 1982. Après des études à l’université d’Oxford, elle devient comédienne pour le théâtre et la télévision. Miniaturiste est un best seller en Angleterre et a obtenu de nombreux prix. Il a été traduit dans de nombreux pays. (Source : Babelio)

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