L’été en poche (19)

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Parmi les dix milliers de choses

En 2 mots
Les lettres sur le palier de la famille Shanley dévoilent l’adultère de Jack. Deb son épouse, Kay et Simon, ses enfants, vont devoir réagir. Su un sujet maintes fois traité, Julia Pierpont fait preuve d’une belle originalité dans son analyse psychologique et la construction de son premier roman.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Fabienne Pascaud (Télérama)
« Sous ses apparences classiques de roman familial et psychologique, Parmi les dix milliers choses rayonne de mille éclats, mille inachèvements, mille brisures, à l’image de ces courts chapitres imbriqués dans un temps étrangement illusoire… Il y a quelque chose du brio et de l’insolence très new-yorkaise qu’on aime tant chez Woody Allen dans ce lancinant premier roman… »

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Ainsi fleurit le mal

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Ainsi fleurit le mal
Julia Heaberlin
Presses de la Cité
Thriller
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Leclere
560 p., 23 €
EAN : 978-2258135307
Paru en septembre 2016

Où?
Le roman se déroule aux Etats-Unis, principalement au Texas

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« J’ai toujours pensé que la mort avait quelque compte à régler avec moi. »
À seize ans, Tessa est retrouvée agonisante sur un tas d’ossements humains et au côté d’un cadavre, dans une fosse jonchée de milliers de marguerites jaunes aux yeux noirs. Partiellement amnésique, seule survivante des « Marguerite » – surnom que les journalistes ont donné aux victimes du tueur en série –, elle a contribué, en témoignant, à envoyer un homme dans le couloir de la mort. Terrell Darcy Goodwin, afro-américain, le coupable parfait pour la juridiction texane.
Presque vingt ans ont passé. Aujourd’hui, Tessa est une artiste et mère célibataire épanouie. Si elle entend parfois des voix – celles des Marguerite qui n’ont pas eu sa chance –, elle est toutefois parvenue à retrouver une vie à peu près normale. Alors, le jour où elle découvre un parterre de marguerites jaunes aux yeux noirs planté devant sa fenêtre, le doute l’assaille… Son « monstre » serait-il toujours en cavale ? La narguerait-il ?
« Une intrigue formidable, portée par la qualité de l’écriture et par la tension superbement rythmée. »The Times

Ce que j’en pense
***
Deux histoires vont se dérouler en parallèle tout au long de ce thriller haletant. Tout d’abord celle de Tessa, retrouvée en 1995 quasi morte au fond d’un trou avec un autre cadavre, des ossements d’autres personnes, une cheville cassée et la manière dont va être menée l’enquête qui conduira à la condamnation d’un présumé coupable: Terrell Darcy Goodwin.
Les chapitres retraçant cette époque vont alterner avec ceux qui nous parlent de la Tessa d’aujourd’hui confrontée à un terrible dilemme. Les agissements dont elle et sa fille Charlie sont victimes, des menaces voilées et l’apparition de marguerites noires dans six différents endroits sont-ils le fait de personnes dérangées ou du tueur qui court toujours. Faut-il dans ce cas essayer de sauver Terrell du couloir de la mort ?
Entre les pièces à conviction égarées, les analyses pseudo-scientifiques à un moment où les recherches de traces ADN n’en étaient qu’à leurs balbutiements et une veste élimée trouvée à un kilomètre des lieux du crime, il y effectivement de quoi se poser des questions sur le jugement prononcé.
On est bien loin d’en avoir fini avec ce «cold case». Grâce aux progrès de la police scientifique et à l’acharnement d’enquêteurs qui ne supportent pas de se voir rappeler année après année qu’ils ne sont toujours pas capables de retrouver des personnes disparues ou encore pire, de laisser courir des tueurs en série, le dossier est réouvert. L’analyse des os trouvés aux côtés de Tessa dans la « tombe » permet d’identifier une première victime : Hannah Stein, 20 ans, disparue de son poste de serveuse à Georgetown et dont le frère est flic à Houston.
Même si le temps a passé, les plaies sont restent béantes et nombreuses sont les personnes qui restent traumatisées par ce drame, comme on va le découvrir au fil des pages.
Un bon thriller, tel que celui-ci, laisse le lecteur établir ses hypothèses et ne révèle que dans les dernières pages la clef de l’énigme. Disons simplement à ce propos que Julia Heaberlin a parfaitement travaillé la psychologie des personnages et qu’on ne saurait avoir de doute sur la crédibilité de son scénario. Raison suffisante pour se mettre ses pas dans ceux de Tessa.

Autres critiques
Babelio 
Blog Au bordel culturel 
Blog De livres & d’épice 

Les premières pages du livre 

A propos de l’auteur
Originaire d’une petite ville du Texas, Julia Heaberlin a quitté son travail de rédactrice au sein d’un journal pour se consacrer à l’écriture de Qui es-tu ?, son premier roman. Avec son nouvel ouvrage, Ainsi fleurit le mal, elle s’impose sur la scène du thriller psychologique. (Source : Presses de la Cité)

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Parmi les dix milliers de choses

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Parmi les dix milliers de choses
Julia Pierpont
Editions Stock
Roman
traduit de l’anglais (États-Unis) par Aline Azoulay-Pacvo
324 p., 21,50 €
ISBN: 9782234075573
Paru en janvier 2016

Où?
Le roman se déroule principalement aux Etats-Unis, à New-York et dans les environs. D’autres épisodes se passent à Houston, Atlanta, Washington, Phoenix, Tempe, Saratoga, Rhode Island, Jamestown.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Dans la famille Shanley : Jack, charmeur impénitent, est un artiste reconnu ; Deb a renoncé quant à elle, avec une certaine allégresse, à une carrière de danseuse de ballet pour élever leurs deux enfants. Un appartement à Manhattan, une famille presque heureuse tant Deb s’applique à fermer les yeux sur les infidélités de son mari. Jusqu’au jour où un paquet anonyme ébranle le foyer : une simple boîte en carton, remplie d’emails chroniquant sans pudeur la vie secrète de Jack. Le paquet, adressé à Deb, tombe malencontreusement entre les mains des enfants. Rien ne sera plus comme avant…
Roman d’une famille en déconstruction, Parmi les dix milliers de choses
est une comédie humaine à quatre voix, saisissante d’audace et de justesse.

Ce que j’en pense
***
«C’est de Jack que je veux vous parler. J’ai commencé à coucher avec votre mari en juin dernier. C’est juste que parfois il avait besoin de moi.» Le paquet de lettres on ne peut plus explicites déposé au domicile newyorkais de la famille Shanley donne à Julia Pierpont l’occasion de faire tout à la fois une entrée remarquée en littérature et de revisiter un genre déjà beaucoup abordé, celui de l’adultère et de ses conséquences.
Car ici, Kay et Simon, les enfants de la famille, sont confrontés à ces écrits. Du coup, il devient impossible de faire comme si rien ne s’était passé. Mieux, l’auteur va nous offrir un roman choral en donnant au fil des chapitres la parole aux différents protagonistes, à leur façon de se situer par rapport à cet événement. L’humiliation de Deborah, dite Deb, qui avait jusque là essayé de faire bonne figure face à ce qu’elle aurait pu considérer comme des incartades liées à son statut d’artiste plasticien en soif d’inspiration, mais qui se retrouve à soigner son mari grâce à ses dons de physiothérapeute parce qu’il se fait mal après quelques galipettes sauvages. Pour elle, qui a abandonné sa carrière de danseuse pour s’occuper de ses enfants, la ligne rouge est maintenant dépassée. D’autant que son infortune est devant ses yeux, noir sur blanc. «Les passages salaces la dérangeaient moins que les mots tendres – un sentiment sans doute légitime.»
Jack ne prend, quant à lui, pas les choses au tragique : «Tout finirait par s’arranger. Il s’en était toujours sorti ; il n’y a avait pas de raison qu’il ne s’en sorte pas cette fois encore.» D’autant qu’il n’était pas vraiment responsable. Il n’avait pas su résister, voilà tout. En attendant que passe l’orage, il allait passer davantage de temps dans son atelier, se consacrer à son travail et à ses expositions. Mais la cohabitation va s’avérer de plus en plus compliquée. Et il ne se rendra pas compte que les vacances de Deb avec les enfants dans leur villa de Jamestown sonnera comme une rupture définitive.
Simon, l’adolescent boutonneux, est sans doute le plus perturbé de tous. Au moment où il se cherche, où son avenir est encore écrit en pointillés, comment réagir autrement que par une colère froide alors que ses seules certitudes, son cocon familial s’effondre ? Et l’épisode de son dépucelage qui va tourner au fiasco lors des vacances loin de son père ne va pas arranger les choses.
Peut-être que Kay, la plus jeune représentante de cette famille qui se déconstruit, a la réaction la plus saine. «Deb n’avait j’avais vu Kay rester longtemps en colère contre son père, ni lui refuser quoi que ce soit. Et elle ne pouvait lui en tenir rigueur ; c’était pareil entre elle et son père. Si la mère pansait ses blessures, c’était son père qui les embrassait pour les apaiser.» Aussi, elle espérera longtemps une issue paisible. Qui ne viendra pas. Car comme le dit le poème de Galway Kinnell qui donne son titre au livre «Nous marcherons ensemble parmi les dix milliers de choses, pénétrés trop tard par cette découverte, l’amour est le salaire de la mort.»
Un premier roman prometteur.

Autres critiques
Babelio
Télérama
Paris New-York tv
Blog Blablablamia
Blog Meelly lit

Extrait
« C’était lui qui avait déraillé ou le monde. Ces dernières années, lui semblait-il. C’était lié à internet, au djihad et à toutes ces catastrophes naturelles qui leur tombent dessus : cet étrange bourdonnement dans l’air qui entravait votre progression, ce sentiment de vivre à une époque sans avenir. Et voilà que cette fille avait débarqué, avec ses corsages transparents et, dessous, ses seins doux, pointant comme de drôles de petites bestioles. Ses lèvres pleines, son cul rebondi, cette rondeur permanente quand tout le reste paraissait si dégonflé, quand… »

A propos de l’auteur
Julia Pierpont est diplômée de la New York University, où elle a reçu la bourse de la Rona Jaffe Foundation. Née à Manhattan, elle collabore au New Yorker.
À 28 ans, Julia Pierpont fait une entrée remarquée sur la scène littéraire américaine, saluée par ses pairs et par une critique unanime. (Source : Editions Stock)

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Duane est amoureux

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Duane est amoureux
Larry McMurtry
Sonatine
Roman
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides
233 p., 18 €
ISBN: 9782355842795
Paru en mars 2015

Où?

L’action de déroule aux Etats-Unis, principalement au Texas, dans la région de Thalia, Wichita Falls, avec un voyage au Caire et un autre à Boston, pour finir à Patagonia en Arizona.

Quand?

Le roman se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur

Après Duane est dépressif, le héros culte de Larry McMurtry nous revient : il a vieilli, il a pris des coups, mais reste néanmoins ouvert à toute proposition, de préférence indécente.
Duane a 64 ans. Il a perdu sa femme dans un accident de voiture, et ne s’en remet pas. Réalisant un vieux rêve, il est parti en Égypte pour tenter de soulager son chagrin, mais le retour à Thalia, la petite ville texane où il a passé toute sa vie, s’avère bien difficile : ses amis sont partis (quand ils ne sont pas morts), son entreprise, désormais dirigée par son fils Dickie, se porte très bien sans lui, ses filles l’ennuient et son cœur est en train de le lâcher.
Heureusement, il y a l’amour… ou plus précisément la poitrine d’Annie Cameron, une jeune géologue particulièrement affriolante embauchée par son fils, et qui ne semble pas insensible aux charmes de notre héros. Il y a aussi Honor Carmichael, sa psychanalyste lesbienne, avec laquelle Duane s’est lancé dans une sorte de défi aux lois de l’attraction.
Jim Harrison a écrit à propos de Larry McMurtry : « Son talent est démesuré, aucun de ses romans ne peut vous laisser indifférent. » On comprendra pourquoi à la lecture de ce roman au style inimitable, débordant d’humour et d’une incroyable humanité.

Ce que j’en pense
***

Le nouvel opus de Larry McMurtry ravira non seulement tous ceux qui connaissent déjà le personnage de Duane, mais aussi tous ceux qui, comme moi, le découvriront avec ce roman. L’auteur du Secret de Brokeback Mountain a en effet déjà publié en 2013 dans sa version française un Duane est dépressif que l’on imagine volontiers aussi réussi.
Duane est un pétrolier texan de 64 ans qui, quand débute le roman, revient d’un voyage en Egypte où il y pu admirer les pyramides et essayer d’oublier la mort de sa femme. Sa société est aux mains de ses enfants, même s’il a conservé un bureau et n’hésite pas à rendre visite de temps à autre aux employés qu’il a, pour la plupart, engagés.
Cette fois la surprise s’appelle Annie Cameron, une nouvelle collaboratrice chargée d’évaluer le potentiel des anciens puits. Ce ne sont pourtant pas ses diplômes ni ses qualités professionnelles qui vont l’intéresser, mais ses seins. Le trouble que cette poitrine va provoquer chez lui va s’accroître encore quand il va entendre qu’Annie sera sa prochaine épouse.
Mais pour l’heure Duane doit plutôt composer avec son deuil, la chaleur des routes texanes – sur quand on décide de les emprunter à vélo – et la peur de retrouver sa maison, chargée de souvenirs.
Mais entre la gestion des caractères bien différents de ses enfants, ses séances chez sa psy, une attaque cardiaque et des nuits passés dans une cabane qu’il a fait construire en périphérie de la ville, il va tout de même parvenir à se rapprocher de la jeune géologue.
Ce qui fait le piment de ce roman, c’est d’abord son style. Duane raconte sa vie de sexagénaire avec de nombreux détails et avec une sorte de détachement sans doute dû à l’âge. On passe de la mécanique à la mécanique des sentiments, des grandes certitudes aux petits doutes, des relations compliquées à des rapports d’une simplicité enfantine. Bien entendu, ce jeu des contrastes fait merveille pour désamorcer les situations critiques. Si le drame couve tout au long des pages, c’est bien la légèreté des choses qui l’emporte. Et finit par emporter le lecteur.

Autres critiques
Babelio
Le Figaro (Chronique d’Eric Neuhoff)
Blog Miss Alfie
LeBerry.fr

Extrait
« Au fait, Ruth, qui est cette Anne Cameron qui semble diriger le bureau de Thalia, maintenant ?
– Elle ne dirige pas le bureau, dit Ruth. Elle est géologie – elle est diplômée du MIT et de Caltech aussi. Et à moins que je ne me trompe, elle sera aussi ta prochaine femme.
– Cette fille ? Pas question, dit Duane. Elle est plus jeune que mes filles, beaucoup plus jeune.
– Et alors ? fit Ruth. La plupart des hommes de ton âge épousent des femmes qui sont plus jeunes que leurs filles. C’est tout à fait normal.
– Même si c’est le cas, peut-être que je ne veux pas de prochaine femme, dit Duane un peu trop fort.
– Non, tu préfères prendre des douches chez moi plutôt que de regarder la situation en face, à savoir que Karla est morte et tes enfants sont grands et partis. Tes petits-enfants sont partis aussi, et ils sont presque adultes désormais. Tu es un père de famille régnant sur un nid vide. Ce qu’il te faut, c’est fonder une nouvelle famille avec une jeune géologue intelligente qui a deux ou trois diplômes. Et pas besoin de crier contre moi, lui rappela Ruth. »

A propos de l’auteur
Larry McMurtry est né en 1936 à Wichita Falls. Romancier, essayiste et scénariste, il a reçu un Oscar pour Le Secret de Brokeback Mountain. Son roman Lonesome Dove a obtenu le prix Pulitzer en 1986. Il vit à Archer City, au Texas, où il a ouvert une des plus grandes librairies indépendantes des États-Unis. Après La Dernière Séance, Texasville et Duane est dépressif, Duane est amoureux est son quatrième roman mettant en scène Duane Moore, interprété au cinéma par Jeff Bridges. (Source : Editions Sonatine)

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