L’été en poche (27)

BUSSI_Noublier_jamais_P

N’oublier jamais

En 2 mots
Une jeune fille se jette en haut d’une falaise. Jamal était à quelques mètres : suicide inexpliqué puis meurtres non-élucidés. Une implacable machination.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis paru dans… Le Parisien
« Très complexe, l’intrigue est une équation dont les inconnues s’accumulent au fil des pages. Au point qu’on a parfois l’impression que l’auteur se joue de nous. […] Même ceux qui n’ont pas anticipé l’enquête deviendront accros à cette lecture ultra ludique. »

Vidéo


Michel Bussi parle de «N’oublier jamais» © Production Place des Editeurs

Publicités

La chimiste

meyer_la_chimiste

La chimiste
Stephenie Meyer
Éditions JC Lattès
Thriller
traduit de l’anglais par Dominique Defert
600 p., 22,00 €
EAN : 9782709659307
Paru en novembre 2016

Où?
Le roman se déroule du Nord au Sud et d’Est en Ouest des États-Unis. On y voyage de Tallahassee en Floride jusqu’au fin fond du Texas, passant par Dallas, Shreveport et la Kisatchie National Forest, Washington, Oklahoma City, Tacoma, Chicago, Little Rock, Baltimore, York en Pennsylvanie, Philadelphie, Alexandria, Denver, Lakewood, et Boulder. Deux missions à l’étranger sont évoquées, à Uludere en Turquie et à Hérat en Afghanistan

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Elle était l’un des secrets les mieux gardés — et des plus obscurs — d’une agence américaine qui ne portait même pas de nom. Son expertise était exceptionnelle et unique. Et puis, du jour au lendemain, il faut l’éliminer au plus vite…
Après quelques années de clandestinité, son ancien responsable lui propose d’effacer la cible dessinée sur son dos. Dernière mission… ou dernière trahison ?
Alors que sa vie ne tient plus qu’à un fil, un homme que tout devrait éloigner d’elle va bouleverser ses certitudes. Comment survivre à une traque impitoyable quand on n’est plus seule ?
Dans ce roman palpitant et original, Stephenie Meyer a imaginé une nouvelle héroïne aussi émouvante que fascinante. Avec La Chimiste, elle révèle encore une fois tout son talent qui la place parmi les auteurs les plus reconnus au monde.

Ce que j’en pense
***
Autant l’avouer, j’avais besoin d’une récréation et j’étais curieux de découvrir à quoi pouvait bien ressembler le style d’un auteur adulé des adolescents pour Twilight, sa série de romans fantastiques et leur adaptation au cinéma. Car le choix de passer au thriller, après un premier roman pour adultes n’était pas sans risque. Mais le pari est gagné, car le suspense est bien mené, l’intrigue joliment construite.
Dès les premières lignes, on entre dans le vif du sujet : celle qui se fait appeler Chris Taylor est en fuite. Elle sillonne les Etats-Unis pour échapper à ceux qui veulent sa mort. Même si elle ne sait pas encore avec certitude la raison de ce contrat, elle a vite compris que le décès de son collègue Barnaby, qui travaillait avec elle dans un laboratoire secret, n’était pas un accident. Aussi, en attendant de comprendre, la chimiste fuit, empruntant les identités les plus diverses et en essayant de ne laisser aucune trace susceptible de remonter jusqu’à elle
« Consulter ses e-mails lui prenait d’ordinaire trois minutes. Après cela, elle aurait quatre heures de route – si elle ne faisait pas de détour – pour rentrer à son camp de base du moment. Il lui faudrait alors rétablir tout son système de sécurité avant de pouvoir dormir. Les jours de relève du courrier étaient toujours de petits marathons.
Même s’il n’existait aucun lien entre sa vie actuelle et cette boîte e-mail – pas d’adresse IP récurrente, ni de références à des lieux ou à des noms –, dès qu’elle avait fini de lire son courrier, et d’y répondre au besoin, elle pliait bagage, quittait la ville, pour mettre le plus de distance possible entre l’ordinateur d’envoi et elle. Au cas où. « Au cas où » était devenu son mantra. Malgré elle. Sa vie était réglée comme du papier à musique, tout était organisé, planifié, mais, comme elle se le répétait souvent, sans préparation, il n’y aurait pas de vie tout court. »
Ce sont notamment des missions en Turquie et en Afghanistan ainsi que de très nombreux interrogatoires – sa spécialité consiste à tirer les vers du nez des plus récalcitrants – qui l’ont aguerrie, l’obligeant à «infliger de la souffrance pour sauver des vies. Comme on coupe un membre gangrené pour sauver le reste du corps.»
C’est du reste pour une mission semblable qu’elle accepte de rempiler. Car les services de renseignements ont appris qu’un terroriste s’apprêtait à lancer une attaque chimique de grande ampleur et qu’il fallait le neutraliser avant que des milliers de personnes ne meurent.
Grâce à ses talents, elle parvient assez rapidement à neutraliser sa cible : Daniel Nebecker Beach, un professeur de lycée. Mais durant l’interrogatoire, elle est mal à l’aise, car elle à l’intuition que sa victime est innocente. Elle n’aura toutefois pas le temps de le vérifier car, malgré toutes précautions prises, elle est attaquée et doit d’abord sauver sa peau.
En découvrant que Kevin, le frère de Daniel, est venu à la rescousse et que ce dernier est aussi un agent secret, elle comprend qu’elle a été manipulée. Après avoir voulu réciproquement se tuer, les deux agents peuvent s’expliquer. « Tu es un problème pour la CIA. Et je suis un problème pour mon service. Ils ont monté un dossier et inventé de toutes pièces un scénario qui pourrait me convaincre de rempiler. »
Du coup, la notice nécrologique de Juliana Fortis – son vrai nom – n’est pas une couverture censée la protéger mais bien un permis de tuer. Voilà Kevin, Daniel et Alex (son nouveau nom) confrontés à une question autrement plus épineuse : pourront-ils échapper à l’un des services de sécurité les plus puissants au monde ? Peut-on se cacher et échapper à tous les contrôles ? Et, au-delà, y-t-il un moyen de faire cesser la menace ?
La cavale qui suit ne sera pas de tout repos, on s’en doute bien. Les rebondissements et l’idylle naissant entre Daniel et Alex («C’était la plus grande surprise de son existence. Ce mélange de contradictions, cette attirance irrépressible qui la rendaient incapable de la moindre analyse.») vont pimenter le récit jusqu’à l’épilogue très inattendu.
Un roman qui vous fera passer un agréable moment, mais que l’on pourra également lire comme une réflexion sur l’état d’urgence, sur les armes qu’un État peut utiliser pour combatte le terrorisme, sur les failles de nos systèmes de sécurité. Bref, un thriller bien dans l’air du temps.

Autres critiques
Babelio 
Le Figaro (Thierry Clermont)
L’indépendant (Michel Litout)
Blog The lovely teacher addictions 
Blog Le chat du Cheshire 
Blog Un polar-collectif 

Les vingt premières pages

Extrait
« Elle l’observa un moment, classant toutes les données dans deux colonnes. Colonne un : Carston était un menteur talentueux, et lui racontait une histoire à dormir debout, une façon de l’attirer dans un piège où ils pourraient en finir pour de bon avec Juliana Fortis. Et il inventait à fur et à mesure, pour jouer sur toutes ses cordes sensibles.
Colonne deux : quelqu’un avait réellement une arme biologique de destruction massive et les moyens de la déployer. Le service ne savait ni où ni quand elle serait utilisée, mais ils avaient repéré quelqu’un qui savait.
La vanité vint peser dans la balance ; elle n’ignorait pas qu’elle était douée. Ils n’avaient sans doute trouvé personne pour la remplacer. »

A propos de l’auteur
Stephenie Meyer a obtenu son diplôme de littérature anglaise à l’Université de Brigham Young dans l’Utah. Twilight, sa saga au succès international, s’est vendu à 155 millions d’exemplaires. En 2008, elle a publié Les Âmes vagabondes, son premier roman pour adultes. Il s’est vendu à plus de 5,3 millions d’exemplaires aux États-Unis et 300 000 exemplaires en France. Il a été porté à l’écran en 2013 par Andrew Niccol. Elle publie en 2016 son deuxième roman pour adultes, le thriller La Chimiste. Elle vit aujourd’hui dans l’Arizona avec son mari et ses trois fils. (Source : Éditions JC Lattès)

Site internet de l’auteur (en anglais)

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Badge Lecteur professionnel
Tags :
#stepheniemeyer #RL2016 #thriller #rentreelitteraire #editionsjclattes #JCLattes #lachimiste

Fortune de mer

COATALEM_Fortune_de_mer

 

 

 

 

 

 

Fortune de mer
Jean-Luc Coatalem
Stock
Roman
176 p., 16 €
ISBN: 9782234079762
Paru en avril 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en France. Après un vol de Paris à Ouessant, en passant par Brest, on va découvrir tous les recoins de l’île : Lampaul, Toulalan, Kernic, Calgrac’h et Béninou, Kerandraon, Toull-Auroz, Porz-Biliec à la pointe de Pern ou encore les criques effilées de Penn-Ar-Ru-Meur, les phares de Nividic, de la Jument et celui du Créac’h et l’îlot de Keller. Sont également évoquées aux alentours Molène, Triélen, Quéménès et bien plus loin les villes de Vevey, Stockholm, Rome et Madrid et Tanger.

Quand?
L’action se situe de nos jours, sur une période de trois jours : samedi, dimanche et lundi.

Ce qu’en dit l’éditeur

En Bretagne, il faut se méfier des apparences autant que de la météo. Ainsi, quand dans le petit avion à destination de Ouessant embarquent deux druides, un spécialiste des abeilles et une Espagnole couronnée par un donut de cheveux, tout peut arriver et tout va arriver, et pas de la façon qu’on imagine… Sur place, ils retrouveront une clique d’ornithologues japonais, le sieur Pommereau, qui joue au détective privé, et ce chanteur à succès, Vassili, beau ténébreux venu se mettre au vert après une histoire de moeurs. Dans ce mouchoir de poche qu’est Ouessant, les histoires de chacun vont s’entrecroiser, et les désirs s’affoler. De surcroît, face à la tempête qui gronde, il faudra faire face aux légendes comme celle du poulpe géant. Et au délire de quelques-uns que le grand large a déjà bien secoués…
Avec poésie et fantaisie, Jean-Luc Coatalem signe une sorte de polar métaphysique, où le dérisoire tutoie le drolatique. À lire comme une fable du grand Ouest.

Ce que j’en pense
***

Les remerciements qui viennent clore ce court – mais bon – roman donnent une bonne indication de ceux qui l’ont inspiré: l’album Finistériens de Miossec, et notamment la chanson «Une fortune de mer», ainsi que les «scènes de la vie ouessantine» que racontait le Prix Goncourt 1912 André Savignon avec Filles de la pluie.
Car le personnage principal de ce roman n’est pas le narrateur, mais bien l’île d’Ouessant, ce bout de Bretagne balayé par les vents et la pluie, «endroit hors norme, entier et rude. Une pierre brute à la brassée des eaux… ». Ouessant qui sculpte les visages et façonne les âmes « sur ces terres de peu qui ne donnent guère et qui grignotent les marées, où chacun est parent de l’autre, où les parcelles ont la taille d’un mouchoir, où l’Iroise peut tout reprendre d’un coup, et vos vies avec, et le poisson d’abord ».
C’est là, sous une pluie battante, que débarquent Lescop, le narrateur, chargé par la société suédoise «Bee Royal» qui l’emploie de venir superviser les ruches d’abeilles noires de l’île qui produisent un miel exceptionnel. Avec lui, Lucia Parma, une journaliste-photographe mi italienne-mi espagnole et deux druides Le Gaoulec et Per Le Frat, venus célébrer un mariage selon la vieille tradition.
Ils sont accueillis par Pommereau, un ancien journaliste, qui s’est installé sur l’île avec sa femme Agathe. Correspondant du Télégramme, il entend tout savoir et tout connaître. En déposant Lescop et la belle reporter devant la pension de Mme Kermarec, il ne doute toutefois pas que les heures qui vont suivre pourront lui donner de la matière pour la rubrique des faits divers.
Ajoutons, pour compléter le tableau, la présence de Vassili, chanteur ténébreux au sang chaud qui tente d’oublier un chagrin d’amour, «sa» Lorenne étant partie avec un autre sous des cieux plus cléments et, touche exotique, des ornithologues nippons venus immortaliser la faune locale.
Lescop est ravi de voir que les abeilles ont fait du bon travail, ce qui va lui permettre de se concentrer davantage sur la conquête de Lucia. Il lui fait découvrir l’île, ses criques et ses légendes, avant de la serrer d’un peu trop près dans une vieille cabane de goémonniers.
Lucia ne l’entend pas de cette oreille et s’enfuit. On ne la reverra pas de sitôt, mais même Lescop ne s’en doute pas. Vassili chante son blues, les druides se préparent à la cérémonie avec leurs ovates, bardes et novices et les vieilles histoires ressurgissent, comme celle de la pieuvre géante qui emporte les imprudents. Ou encore celle de ce sous-marin russe de 68 m de long qui reposerait non loin des côtes.
En parlant de «polar métaphysique», l’éditeur a bien résumé l’ambiance de roman qui mêle avec bonheur le fait divers et l’étude sociologique, la libido dérangée des uns et les rêves de gloire des autres. Sans oublier l’hommage de l’enfant du pays à ces récits et paysages qui l’ont façonné. Bon vent !

Autres critiques
Babelio
Télérama
Marianne
BIBA magazine
Radio Espace 2 (Entre les lignes – Jean-Marie Félix)
France Info (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Blog De nécessité vertu

Extrait
« Tout de suite, j’avais été attiré par Lucia Parma, sa coiffure inhabituelle, son maintien un peu raide, ce quelque chose de fragile et de bourdonnant qui se déplaçait avec elle, comme une aura, au point de m’être fait la réflexion que celui qui l’attendrait à Brest devait être un magicien d’un sacré niveau. Pour compléter le tableau, la belle offrait une carnation d’un ocre tendre, comme sucré, et, sous un tee-shirt grège, de petits seins hauts et ronds comme deux oranges – plus tard, je découvrirais qu’un tatouage, un 8 inversé, signe de l’infini, ornait le gauche. Par trois fois, s’étant retournée, son regard flou de myope balaya les rangs de derrière comme si elle cherchait un visage connu. Le sien, semé de quelques grains de brillant, me parut délicieux, aiguisé, irréel. Pour l’heure, anonyme encore parmi les passagers, elle feuilletait les pages du journal régional… » (p. 13)

A propos de l’auteur
Jean-Luc Coatalem, écrivain et rédacteur en chef adjoint au magazine Géo, a publié notamment Je suis dans les mers du Sud (Grasset, 2001), prix des Deux-Magots et prix Bretagne, Le Gouverneur d’Antipodia (Le Dilettante, 2012), prix Nimier, et récemment Nouilles froides à Pyongyang (Grasset, 2013). (Source : Editions Stock)
Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

N’oublier jamais

BUSSI_Noublier_jamaisBUSSI_Noublier-jamais_pocheBUSSI_Grave_dans_le_sable_poche

 

 

 

 

 

 

N’oublier jamais
Michel Bussi
Presses de la cité
Thriller
500 p., 21,90 €
ISBN: 9782258105546
Paru en mai 2014

Edition poche parue le 7 mai 2015
ISBN : 9782266254571

Où?
Le roman se déroule en France, principalement en Normandie, à Yport, Yvetot, Elbeuf, Bénouville, Grandcamp-Maisy, Lucy, Neufchâtel-en-Bray, Le Havre, Carville-Pot-de-Fer, Vaucottes et à l’île du Large, l’une des deux îles de l’archipel de Saint-Marcouf avec des retours en région parisienne, à Créteil et Courcouronnes, Evry ainsi qu’une évocation de Neufchâtel, dans la banlieue nord de Québec

Quand?
Tout commence en février 2014. Le récit va se développer sur les dix jours qui suivent. A moins que l’histoire ne débute en fait dix ans plus tôt, le 27 août 2004.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Vous croisez au bord d’une falaise une jolie fille ?
Ne lui tendez pas la main !
On pourrait croire que vous l’avez poussée. »
Il court vite, Jamal, très vite. A cause de sa prothèse à la jambe et autres coups du sort, il a un destin à rattraper. A Yport, parti s’entraîner sur la plus haute falaise d’Europe, il a d’abord remarqué l’écharpe, rouge, accrochée à une clôture, puis la femme brune, incroyablement belle, la robe déchirée, le dos face au vide, les yeux rivés aux siens. Ils sont seuls au monde ; Jamal lui tend l’écharpe comme on lance une bouée.
Quelques secondes plus tard, sur les galets glacés de la plage déserte, gît sous les yeux effarés de Jamal le corps inerte de l’inconnue.
A son cou, l’écharpe rouge.
C’est la version de Jamal.
Le croyez-vous ?

Ce que j’en pense
****
Une machinerie implacable. De celles qui vous broient sans que vous ne puissiez rien à faire. Jusque dans ses invraisemblances. Voilà la force de ce roman de Michel Bussi, passé en quelques années et quelques livres de jeune romancier à maître incontesté du genre.
Avec N’oublier jamais, il le prouve une nouvelle fois de façon magistrale. Tout commence par une découverte macabre en bord de mer, à trois kilomètres d’Yport, le 13 juillet 2014. A la suite d’un glissement de terrain, on retrouve les os de trois squelettes au milieu des blocs de craie. Cadavres qui laissent la gendarmerie perplexe.
Non loin de ces falaises, Jamal s’entraîne. Le jeune homme court avec une prothèse à la jambe pour réussir un pari fou : être le premier athlète handisport à réussir le Trail du Mont-Blanc. Mais sa préparation va être quelque peu perturbée, parce qu’il assiste impuissant à la mort d’une jeune fille. Quelques secondes auparavant il avait ramassé son écharpe rouge et, dans un geste désespéré, lui a tendu le morceau de tissu juste avant qu’elle ne tombe dans le vide.
Mais pour les enquêteurs la thèse du suicide n’est pas la plus vraisemblable. Car comment expliquer la présence des empreintes de Jamal sur l’écharpe que le cadavre portait autour du cou ?
De témoin, il devient très vite suspect. Et les preuves sont tellement accablantes qu’il n’a guère qu’une issue : prouver lui-même son innocence en tentant de comprendre l’enchaînement des faits. En se plongeant dans les archives, dans la vie de la victime, en recueillant différents témoignages, il va découvrir d’autres meurtres… et réussir à embrouiller un peu plus le lecteur.
Mais tous ces événements, tous ces faits ont une logique – soigneusement dissimulée – mais cependant implacable. Qui va conduire à un dénouement aussi surprenant que dramatique.
Michel Bussi prouve une nouvelle fois son savoir-faire et démontre que l’expression « vous ne lâcherez pas ce livre avant la fin » n’est pas si galvaudée que ça.
La remarque s’applique du reste aussi à Gravé dans le sable que l’on trouve également en livre de poche.

Autres critiques
Babelio
L’Express
France Info (Le livre du jour)
Blog Les lectures de l’Oncle Paul
Blog Mots pour mots

Extrait
« J’ai allumé les phares. La chaussée devant moi se rétrécissait. Dans la pénombre, la ligne blanche au milieu de la route devint rapidement mon seul repère. Un fil d’Ariane qui découpait mon chemin en deux parties égales. Mes yeux se concentraient sur cette ligne, hypnotisés, comme si à force de la fixer j’allais parvenir à scinder ma raison en deux chambres étanches.
La première renonçait. J’avais tout inventé. Aucune fille ne s’était suicidée il y a deux jours. Si cette jeune fille existait, elle était morte étranglée, de mes propres mains. Son visage n’était pas celui d’Océane Avril, j’avais confondu avec celui d’un autre meurtre, dix ans plus tôt, celui de sa sœur. Peut-être même avais-je étranglé également Morgane. J’étais fou, je tuais, j’oubliais, je mélangeais mes victimes. Je ne me souvenais pas non plus de Myrtille Camus, mais si j’avais assassiné Morgane Avril, alors, j’avais violé et tué aussi cette troisième fille.
Le ruban blanc dans la lumière crue des phares se déroulait lentement, jusqu’au vertige.
Je comprenais maintenant ces innocents qui avouent aux flics un crime qu’ils n’ont pas commis, après des nuits de garde à vue, après des heures d’arguments, d’hypothèses et de preuves assénés par l’accusation. Ces innocents qui finissent par croire à la vérité énoncée par d’autres, qui en viennent à douter de leurs propres certitudes, celles qu’ils possédaient en entrant dans le bureau du juge. Un virage serré. Le fil d’albâtre vira en épingle à cheveux. Non! cogna la voix dans mon crâne. Non !
La seconde chambre de ma raison résistait encore. Il existait une clé, une explication logique.
Elle était là, proche.
Il suffisait de se calmer, de réfléchir. De reprendre tous les éléments et de les assembler autrement. Il suffisait de prendre de la hauteur, du recul. De dépasser les apparences. De parler avec quelqu’un qui accepterait de me croire. Mona ?. »

A propos de l’auteur
Professeur de géographie à l’université de Rouen, Michel Bussi est devenu le 5e auteur français le plus lu en 2014 et le 1er auteur français de romans policiers en 2014 (Source GFK / tous formats). Il est l’auteur aux Presses de la Cité de Nymphéas noirs, polar français le plus primé en 2011 (Prix Polar Michel Lebrun, Grand Prix Gustave Flaubert, Prix Polar méditerranéen, Prix des lecteurs du festival Polar de Cognac, Prix Goutte de Sang d’encre de Vienne, 2011…), Un avion sans elle (Prix Maison de la Presse et Prix du Roman populaire, 2012), Ne lâche pas ma main (Prix du roman insulaire, 2013), N’oublier jamais (2014), Gravé dans le sable (2014) et Maman a tort (2015).
Ses ouvrages sont traduits dans 27 pays, les droits de plusieurs d’entre eux ont été vendus pour le cinéma et la télévision. (Source : Editions Presses de la Cité)

Site Wikipédia de l’auteur
Site officiel de l’auteur
Page Facebook de l’auteur

Commandez le livre en ligne
N’oublier jamais
Gravé dans le sable

Mes livres sur Babelio.com

La sirène d’Ouessant

BRASEY_La_sirene_dOuessant

La sirène d’Ouessant

Edoaurd Brasey
Calmann-Lévy
Genre
384 p., 19,90 €
ISBN: 9782702144824
Paru en mai 2014

Où?

Comme son titre l’indique, ce roman est situé sur l’île d’Ouessant au large de la Bretagne.

Quand?
L’action se déroule dans les années trente.

Ce qu’en dit l’éditeur

Ile d’Ouessant, années 30. Quand elle apprend que son mari matelot a péri dans un naufrage, la laissant démunie avec son jeune enfant, Marie-Jeanne Malgorn refuse d’y croire. Elle est persuadée qu’il a été enlevé par l’une de ces sirènes dont parlent les légendes, une Morgane.
Elle se tourne vers Malgven, la vieille rebouteuse, qui la contraint à sacrifier un agneau dans le temple des anciennes druidesses. Si la Morgane le libère, Jean-Marie sera là d’ici la Toussaint, prophétise la sorcière.
La vie est dure sur l’île battue par les vents. Malgré le poids de la solitude, Marie-Jeanne se refuse à Yves, l’aubergiste qui l’a vue naître et s’est passionnément épris d’elle, mais laisse un jeune naturaliste, originaire du Finistère, en mission d’observation ornithologique dans l’île, la distraire de son deuil. Fascinée par l’homme de science, Marie-Jeanne n’oublie pas que Jean-Marie pourrait à tout moment surgir. Mais à mesure que se rapproche l’échéance fixée pour son retour, elle commence à douter d’elle-même. Pour qui son cœur bat-il vraiment ? Un terrible drame va bientôt la forcer à choisir…

Ce que j’en pense
****

Édouard Brasey est un écrivain boulimique. A la tête d’une œuvre déjà impressionnante, il publie vaillamment un livre après l’autre. La Sirène d’Ouessant, parue en mai 2014, mérite toutefois le détour. Certes, dans un pays où on aime bien cataloguer les gens, on pourrait le ranger dans la catégorie souvent dénigrée des auteurs régionaux ou régionalistes, mais ce serait d’une part faire peu de cas d’auteurs qui ont souvent donné le meilleur de la littérature en ancrant dans leur terroir des histoires universelles et d’autre priveraient les lecteurs d’un récit qui mêle habilement le thriller aux légendes bretonnes.
Marie-Jeanne Jézéquel, orpheline de dix-sept ans, croit pouvoir arrêter la spirale des malheurs qui s’abattent sur elle en épousant Jean-Marie Malgorn. Maintenant qu’elle a fondé une famille, s’est installée dans une petite maison de l’île, elle espère trouver sa place au sein de cette rude communauté de marins et de pêcheurs.
Mais le destin en a décidé autrement. L’annonce de la disparition en mer de son mari est un tel choc qu’elle décide de ne pas croire tous ces oiseaux de mauvais augure.
Pendant des jours, elle attend le retour de son homme. Ne se résignant pas, elle décide de faire appel à la sorcière qui lui promet un message de son homme d’ici à la Toussaint. L’attitude de la veuve ne lui vaut que le mépris des Ouessantins et la méfiance du Père Loïc. Seul Yves, le propriétaire de « La Duchesse Anne », essaie de la consoler et de venir en aide à la jeune mère. Mais son aide n’est-elle pas intéressée ?
Quand un ornithologue vient procéder à des relevés, Marie-Jeanne voit à nouveau un coin de ciel bleu sur cet Enez Eusa, « l’île de l’épouvante », comme on appelle encore Ouessant. Mais encore une fois, la tragédie viendra frapper à la porte.
Une solide documentation et une plume habile donnent au roman la dimension d’un conte tragique.

Autres critiques
Babelio

Extrait
« À l’école, puis au collège, Marie-Jeanne s’habitua à n’avoir pas d’amies. Déjà, elle prenait le pli de la solitude, qui à Ouessant est une seconde nature. L’amour de sa mère lui suffisait.
Mais Jeanne n’était plus la même depuis la disparition de son « marsouin ». Elle semblait de plus en plus absente, se parlait à elle-même tout en travaillant aux champs, riant nerveusement pour des riens, avant de sombrer dans une apathie dont rien ne semblait pouvoir la tirer. Un matin, alors que Marie-Jeanne revenait de la grève où elle était allée chercher le goémon, juste avant l’extinction des phares, elle retrouva sa mère sans vie au fond de son lit clos. Jeanne avait rejoint Yann de l’autre còté des apparences.
Marie-Jeanne n’avait que dix-sept ans et elle était orpheline. Elle n’avait ni famille, ni amis, ni personne sur qui compter. Seule au monde. À part Yves Tual, le fidèle ami de toujours. C’est lui, d’ailleurs, qui paya les funérailles de sa mère. » (p. 44)

A propos de l’auteur
Romancier et essayiste, Édouard Brasey est l’auteur de plus de soixante-dix ouvrages dont Les Lavandières de Brocéliande, Les Pardons de Locronan chez Calmann-Lévy, La Malédiction de l’anneau (Belfond, prix Merlin 2009) ou La Grande Encyclopédie du merveilleux (Le Pré-aux-clercs, prix spécial du jury Imaginales d’Épinal 2006 et prix Claude Seignolle de l’Imagerie 2006). (Source: Editions Calmann-Lévy)
Site Wikipédia de l’auteur
Site internet de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon