L’été en poche (59)

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La Chute des Princes

En 2 mots
Sexe, drogue et pas de rock-n-roll. Grandeur et décadence d’un trader, portrait du capitalisme sauvage où rien n’a changé depuis la crise.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Olivia de Lamberterie (ELLE)
« Ce manuel de grandeur et de décadence ne serait que cendres si Goolrick, dans la lignée de sa magnifique œuvre autobiographique, « Féroces », n’arrivait à y trouver une certaine beauté. La rencontre avec Holly, prénommée comme l’héroïne de « Breakfast at Tiffany’s », le déjeuner final avec Carmela donnent à ce roman une élégance morale qui est la marque des princes. Demain sera peut-être un autre jour. »

Vidéo


Robert Goolrick vous présente «La chute des princes» Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marie de Prémonville. © Production Librairie Mollat

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Allegra

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Allegra
Philippe Rahmy
La Table Ronde
Roman
192 p., 15,60 €
ISBN: 9782710378563
Paru en janvier 2016

Où?
Le roman se déroule principalement à Londres et aux alentours, mais également à Arles, Nîmes, Paris et Palaiseau. Quelques souvenirs d’Algérie sont aussi évoqués, ainsi qu’un village d’altitude dans les Grisons en Suisse.

Quand?
L’action se situe principalement en 2012, avec des retours en arrière aux années 1980, avec en point d’orgue un épisode qui marquera le narrateur encore enfant, le 5 juin 1990.

Ce qu’en dit l’éditeur
Londres, été 2012. Tandis que les Jeux olympiques se préparent dans l’effervescence, Abel erre à travers la ville, un carton sous le bras. Jeune trader plein d’avenir, père attentionné, il vient de tout perdre. Lizzie, sa compagne, l’a chassé de leur appartement et Firouz, son ami, son mentor, l’a viré de la banque où il l’avait fait embaucher. Échoué dans un hôtel au milieu d’autres laissés-pour-compte, migrants et réfugiés, Abel décide de remettre de l’ordre dans sa vie. Il se heurte à l’hostilité de Lizzie, qui refuse de le laisser voir Allegra, leur petite fille, et au chantage odieux que Firouz exerce sur lui. Quel prix devra-t-il payer pour redevenir celui qu’il était?
Dans ce roman sous haute tension, Philippe Rahmy brosse le portrait d’un homme consumé à la fois par le désir et le déni.

Ce que j’en pense
***
« Quelle existence attendait notre fille ? A trois mois, Allegra nous reconnaissait. C’est alors qu’elle est vraiment née. Mais nous étions déjà trop occupés à nous quereller. Lizzie, plus pâle que jamais, sursautait au moindre bruit, me contredisait en tout. Puis elle a perdu la tête. » Quand s’ouvre ce roman, que l’on reçoit comme un coup de poing, le narrateur en a terminé avec ses rêves et son aspiration à un petit bonheur tranquille avec son épouse et sa fille.
On se dit pourtant qu’Abel avait toutes les cartes en mains. Né en France d’un père Algérien, il a réussi à faire carrière dans la finance. Certes le métier de trader à Londres ne laisse guère de temps aux loisirs, mais lui permet de subvenir largement aux besoins de la famille, parents y compris.
Reste cette impression diffuse de ne pas vraiment être à sa place. Quand son beau-frère avait, par exemple, conseillé à sa sœur de ne pas épouser un arabe, il avait ironisé sur ces «affreux barbares» tout en étant gêné aux entournures : « j’étais troublé, non seulement par ces propos, mais aussi par la facilité avec laquelle je m’en accommodais. »
Au fil des pages, de l’évocation de sa jeunesse, du traumatisme qu’aura été l’expulsion de leur logement d’Arles où son père tenait une boucherie, de son parcours, du Centre de mathématiques appliquées de Palaiseau jusqu’à Londres où il suit Firouz, l’un de ses professeurs, on comprend que ses origines lui posent problème : «Je donnerais tout pour vivre une vie pleine et entière. Ni la culture française ni la culture arabe ne sont les miennes. Je ne peux définir mon rapport au monde qu’en termes d’illégitimité.» Le malaise d’Abel croît au fil des pages. Quand Allegra naît, la crise va s’accentuer, entre soucis professionnels et fatigue domestique. Il va bien tenter de se reprendre, mais sans succès. Quelque chose s’est cassé. Le constat qu’il dresse alors est tout sauf réjouissant. Pour toutes les communautés, il voit «un même passé chaotique, un même présent nostalgique et un même futur incertain.»
Lizzie le quitte. Il s’enfonce dans un trou noir. «Je laisse pousser ma barbe. Je m’habille à la mode orientale. Je copie des lettres d’adieu sur internet et les combine les unes avec les autres, après avoir corrigé les fautes d’orthographe. Le reste du temps, je le consacre à la bombe. Le détonateur me sera fourni en temps utile, mais je dois aller chercher les acides nitrique et sulfurique.»
Nous sommes à quelques heures de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.
Dans la construction de son roman, Philippe Rahmy réussit parfaitement à faire monter la tension, à nous faire comprendre ce qui se passe dans la tête de son narrateur, presque à nous apitoyer sur son sort. Sans vouloir dévoiler l’issue de ce drame, on ne peut que saluer ce tour de force, loin des discours formatés sur la crise des migrants ou la montée du radicalisme.

Autres critiques
Babelio
Tribune de Genève (Marianne Grosjean)
L’Humanité (Jean-Claude Lebrun)
Le Temps (Lisbeth Koutchoumoff)
Viceversa littérature.ch (Marina Skalova)
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Le blog de francis Richard

Extrait
« Quand elles ont quitté l’hôpital, la chambre d’enfant était prête. J’ai fait la surprise à Lizzie. Des murs bleus à pois blancs et un mobile de papillons en papier, comme dans Le Petit Lord Fauntleroy. Par les fenêtres, Londres palpitait. Quelle existence attendait notre fille ? À trois mois, Allegra nous reconnaissait. C’est alors qu’elle est vraiment née. Mais nous étions déjà trop occupés à nous quereller. Lizzie, plus pâle que jamais, sursautait au moindre bruit, me contredisait en tout. Puis elle a perdu la tête.
Aujourd’hui, dans ce square, après tant de cris et de larmes, de mornes heures au travail, de longues heures sans sommeil à écouter les bruits du zoo, Londres vient à ma rencontre avec douceur. Je sais que mes yeux voient ce qu’ils ont envie de voir, mais je ne peux m’empêcher de faire confiance à la ville, de lire ses signes, de chercher une empreinte discrète qui ne serait pas celle de l’épreuve que nous traversons, mais, à nouveau, la promesse de jours heureux. » (p. 20)

A propos de l’auteur
Né à Genève en 1965, Philippe Rahmy est l’auteur de deux recueils de poésie parus aux éditions Cheyne – Mouvement par la fin avec une postface de Jacques Dupin (2005) et Demeure le corps (2007) – et d’un récit publié en 2013 à La Table Ronde, Béton armé, couronné de plusieurs prix littéraires et élu meilleur livre de voyage de l’année par le magazine Lire. (Source: Éditions de La Table Ronde)

Site Internet de l’auteur
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Focus Littérature

Le printemps des barbares

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Le printemps des barbares
Jonas Lüscher
Autrement
Roman
traduit de l’allemand (Suisse) par Tatjana Marwinski
193 p., 17,50 €
ISBN: 9782746742499
Paru en septembre 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en Tunisie, à Sfax, Tunis puis dans un hôtel de luxe situé dans l’oasis de Tchoub. On y évoque aussi Londres, Liverpool et Guernesey, le Cap Nord, Zuffenhausen dans le sud de l’Allemagne et encore Schwäbisch-Hall, Fukuoka, Rome, Santa Fe, Helsinki, Bayreuth et Lucerne.

Quand?
L’action se situe dans un futur plus ou moins proche, selon que l’on accepte l’idée d’une faillite prochaine du système financier.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Il y avait eu des signes avant-coureurs la veille au soir, des barbares mais durant la nuit la situation s’était encore aggravée. Pendant que Preising dormait, l’Angleterre sombrait. »
Amateur de pantalons en velours et de mocassins rutilants, Preising n’a guère l’âme d’un aventurier. Dans un luxueux club au cœur du désert tunisien, le voici contraint de côtoyer une horde de traders londoniens venus célébrer un mariage dans une débauche d’alcool et d’argent. Au lendemain d’une nuit de fête, la panique se propage à la vitesse de l’éclair : la Grande-Bretagne aurait fait faillite. Soudain ruinés, les golden boys perdent toute retenue. Du maître-nageur aux dromadaires, nul n’échappe à leur folie destructrice.
Conte philosophique, roman de la crise économique, comédie de mœurs, Le Printemps des barbares est avant tout une formidable satire de notre époque.

Ce que j’en pense
***
Cette nouvelle voix de la littérature suisse alémanique est incontestablement à suivre. D’abord parce qu’elle aborde un thème qui n’est guère traité par les romanciers, celui que Viviane Forrester appelait il y a une dizaine d’années L’horreur économique et qui n’a sans doute pas cessé depuis de poursuivre sa course folle, ensuite parce qu’il situe son récit en Tunisie, ce qui lui permet de confronter deux univers, deux façons d’appréhender le monde et enfin parce qu’il nous donne l’occasion de constater que depuis les belles paroles des politiques quasiment rien n’a été fait pour éviter l’explosion d’une nouvelle bulle spéculative.
Nous voilà donc conviés à suivre cette explosion sur les pas d’un industriel suisse fortuné venu à la fois superviser ses investissements et profiter du confort d’un luxueux hôtel.
Quand il arrive sur place, il est quasiment contraint de participer à la grande fête qui se prépare, celle qui scellera l’union de Kelly Ibbotson et Marc Rajani Greyling. Le couple séjourne avec famille et amis et collègues, des Cityboys qui entendent profiter pleinement de l’occasion. Ils ne se doutent pas que pendant leurs excès d’alcool, de bonne chère et de sexe, la Grande-Bretagne se retrouve au bord du gouffre. Suite à la chute de la livre sterling et au défaut de paiement en cascade des banques, le Premier ministre britannique est contraint à annoncer la faillite de l’Etat.
Le télescopage de cette nouvelle avec les lendemains de fête à l’hôtel marque incontestablement le point d’orgue du roman. D’un côté on ramasse les bouteilles et les verres cassés dans les massifs de fleurs, on charge le vomi dans une brouette, on repêche un transat dans la piscine et de l’autre on assiste à des scènes de panique et de chaos. Quand, de part et d’autre on se rend compte qu’on est allé trop loin, on sent aussi qu’il sera impossible de revenir en arrière.
Jonas Lüscher sera pour les uns un oiseau de mauvais augure et pour les autres un Cassandre qui, comme le veut la légende, prédit bien l’avenir mais ne sera pas entendu. A tort ? Il ne faut peut-être pas prendre cette histoire trop à la légère.

Autres critiques
Babelio
Le Temps (Suisse)
Libération
Blog Des livres et de l’art

Extrait
« Prodanovic, bien que responsable de l’internement de Preising, n’était nullement son médecin de famille. Prodanovic était cet employé de Preising, jeune autrefois, toujours aussi brillant aujourd’hui, qui avait inventé le circuit CBC Wolfram, une pièce électronique sans laquelle aucune antenne-relais dans le monde ne pouvait remplir ses fonctions, sauvant ainsi de la faillite imminente la société en commandite, spécialisée dans la réception télévisuelle et les antennes terrestres, dont avait hérité Preising, et la catapultant à la pointe du marché pour circuits CBC.
Le père de Preising, qui avait eu le tact de retarder son décès juste assez pour laisser à son fils le temps de terminer des études de gestion – interrompues parce que Preising leur avait préféré une formation de chant d’un an et demi dans une école privée parisienne –, lui légua une usine d’antennes de télévision, avec trente-cinq employés à une époque où le câble avait déjà fait depuis longtemps son entrée dans les foyers. […] Grâce à Prodanovic, Preising était non seulement devenu un industriel fortuné, mais aussi le PDG d’une société forte de mille cinq cents employés avec des succursales sur cinq continents. » (p. 9-10)

A propos de l’auteur
Jonas Lüscher est né en Suisse en 1976. Diplômé de l’Ecole Supérieure de philosophie de Munich, il se consacre aujourd’hui à l’écriture. Le Printemps des barbares, son premier roman, a reçu le prix Franz-Hessel en 2014. (Source : Editions Autrement)

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La Chute des Princes

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La Chute des Princes
Robert Goolrick
Anne Carrière
Roman
Littérature étrangère
230 pages, 20 €
ISBN: 2843377374
Paru en août 2014

Version poche parue en janvier 2016
ISBN: 9782264068293

Où?
Aux Etats-Unis, à New-York, avec des escapades dans les Hamptons et à Las Vegas.

Quand?
Le roman est situé dans une période allant des années quatre-vingt au début des années 2000.

Ce qu’en dit l’éditeur
New York, années 1980. Robert Goolrick nous invite au bal des vanités, où une bande de jeunes hommes vont vendre leur âme au dollar et se consumer dans une ronde effrénée, sublime et macabre. Ils ont signé pour le frisson, une place sur le manège le plus enivrant que la vie ait à leur offrir.
Et ces princes vont jouer toute la partie: les fêtes, les drogues, l’alcool, les corps parfaits des deux sexes, les pique-niques dans la vaisselle de luxe, les costumes sur mesure taillés par des Anglais dans des tissus italiens, les Cadillac, le sexe encore et toujours, les suites à Las Vegas, des morts que l’on laisse en chemin mais pour lesquels il n’est pas besoin de s’attarder parce qu’on va les retrouver vite. Vite, toujours plus vite, c’est la seule règle de ce jeu. Aller suffisamment vite pour ne pas se laisser rattraper. Parce que les princes sont poursuivis par de terrifiants monstres : le sida, les overdoses, le regard chargé de honte de leurs parents, le dégoût croissant de soi-même, un amour s’excusant de n’avoir sauvé personne.

Ce que j’en pense
****

Sexe, drogue et pas de rock-n-roll. Dans un style sans fioritures, le narrateur nous raconte comment il est devenu trader, subitement très riche et comment il a, tout aussi subitement, tout perdu. Entre «Wall Street» et «Le Bûcher des vanités», Robert Goolrick ajoute sa pierre à l’édification des «gens normaux», de ceux qui ne dépensent pas plusieurs milliers de dollars lors d’un repas avec des amis, qui conçoivent très bien que l’on peut s’amuser sans une ligne de coke et qu’une soiröer peut se terminer agréablement sans avoir recours à l’amour tarifé.
J’imagine ici les cris d’orfraie de ceux qui pensent qu’une accumulation de clichés ne font pas un bon roman. Sauf que la réalité à ici dépassé la fiction et que l’auteur a pris bien soin de raconter l’histoire da manière très factuelle, sans vouloir ni jugement, ni considération morale. C’est ce qui le rend si terrifiant: un peu comme dans une spirale infernale, il n’y a guère moyen d’échapper à cette existence. Le jour où, après une partie de poker avec le patron, on signe son contrat, il faut se plier aux règles non écrites de la corporation: littéralement se tuer au travail pour gagner de plus en plus d’argent et ensuite se tuer dans les compensations pour dépenser de plus en plus d’argent. Le libéralisme dans tous ses excès peut faire rêver…
En refermant ce livre, on se dit qu’il tient avant tout du cauchemar. Un cauchemar aussi inéluctable que la fin promise à ses collègues flambeurs qui ont contracté le Sida. Osons du reste le parallèlle avec la crise financière. On n’ose pas imaginer que devant un tel carnage, le monde va rester les bras ballants. Mais après les belles déclarations d’intention, force est de constater que rien n’a vraiment changé. Un roman salutaire à mettre entre les mains des forcenés du capitalisme.

Autres critiques
Babelio
Le Point
L’Express
Le JDD
ELLE

Citations

« Quand vous craquez une allumette, la première nanoseconde elle s’enflamme avec une puissance qu’elle ne retrouvera jamais. Un éclat instantané, fulgurant. L’incandescence originelle.
En 1980, j’ai été l’allumette et je me suis embrasé pour n’être plus qu’une flamme aveuglante. Cette année-là, j’étais un missile pointé droit sur vos tripes – dégage de mon chemin ou je t’abats. Je n’en suis pas fier. En fait, j’en rougis de honte rien que d’y penser. Mais c’était comme ça. Aujourd’hui je ne suis plus le même homme, tout est différent. À l’époque j’étais cette pointe de lumière ardente vers laquelle tout et tous convergeaient. On pouvait me voir distinctement depuis l’espace, étincelle blanche et pénétrante, traçant sans pitié ni culpabilité son sillon dans le coeur de la ville la plus chaude et la plus flamboyante du monde. Si vous aviez été de sortie dans le cosmos un de ces soirs-là, vous vous seriez retrouvé aux premières loges de mes outrances publiques et de mes excès privés. Sous la couette à mille dollars, sur le matelas à quinze mille, dans ma douche carrelée de marbre, ou dans la veste sur mesure en cachemire noir qui me tenait chaud les soirées neigeuses d’hiver – dans ma vaste illumination, j’étais incontournable.
Je ne le dis pas avec fierté. Je ne présente pas d’excuses. Je décris des faits irréfutables. J’avais tellement de charme que j’aurais convaincu un poussin d’éclore, ou vendu la clim à un Esquimau mort.
Après des milliers d’heures passées entre les mains des meilleurs entraîneurs dans la salle de sport la plus chère du monde, mon corps avait atteint une telle perfection que les femmes se bousculaient pour entrer dans ma chambre où elles restaient littéralement bouche bée, à remercier la chance qui les avait placées dans ma ligne de mire, qui avait fait d’elles, ne serait-ce qu’une nuit, les plus belles créatures de la terre, avec leurs bras graciles, leur épiderme aussi doux que la peau de chamois, leur odeur – mon Dieu, cette odeur – et leur chevelure dorée cascadant sur leurs épaules pour venir effleurer mon torse. Il suffisait d’un regard pour qu’elles sentent la chaleur et la faim tirailler leur ventre, avant même de connaître mon nom. D’ailleurs, elles s’en moquaient, j’aurais aussi bien pu être tueur en série qu’évêque.
Il fallait me voir, fermement campé dans mes chaussures Lobb directement envoyées de Londres, avec mes jambes puissantes, capables de soulever cent trente kilos de fonte ou de franchir les gratte-ciel d’un bond félin, et tout le reste de mon corps – bassin et hanches souples, ventre aussi dur et plat qu’un lac gelé et pourtant si chaud sous la paume. Peu importait à ces femmes de se faire marquer au fer rouge. Pareilles à ces toxicos incapables de s’arrêter avant la dernière dose, elles savaient bien qu’ensuite il y aurait le supplice du sevrage, et malgré ça n’aspiraient qu’à la jouissance aiguë de la piqûre, qu’à être pénétrées par l’aiguille incandescente – moi.»

A propos de l’auteur
Robert Goolrick vit dans une petite ville Virginie avec ses deux chiens Preacher et Judge. Son roman Une femme simple et honnête, N°1 sur la liste du New York Times, fera prochainement l’objet d’une adaptation cinématographique confiée au réalisateur David Yates. Féroces a reçu en france un accueil prodigieux de la part des critiques, des libraires et des lecteurs.. (Source: Editions Anne Carrière)

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