L’équilibre du funambule

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En deux mots:
Ornicar Garthausen rencontre Helle dans les souterrains de Paris. Un rendez-vous surprenant pour un couvreur. Mais notre homme n’est pas au bout de ses surprises. En suivant la jeune femme, il va découvrir bien des trésors.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Mais où est donc Ornicar?

Dans son second roman Céline Knidler choisit de nous faire découvrir Paris d’un point de vue original, celui du couvreur Ornicar Garthausen. Une balade surprenante et poétique.

La situation est grave, mais pas désespérée. Elle pourrait même prêter à rire, si le risque n’était pas mortel. Ornicar Garthausen se retrouve suspendu par le caleçon à une antenne râteau, après une chute qui aurait pu lui coûter la vie.
Et alors qu’il se demande combien de temps un sous-vêtement en coton peut résister au poids d’un homme, nous allons pouvoir remonter le fil de l’histoire afin de découvrir comment le jeune patron de la maison Garthausen & fils en est arrivé à cette fâcheuse posture. Et notamment qu’il n’en est pas à sa première dégringolade…
Quand on fait sa connaissance, il est en train d’admirer la capitale depuis les toits de l’Opéra Garnier dont on lui a confié la réfection. Une situation dont il oublie vite le côté périlleux – il n’a pas le vertige – pour goûter au privilège que lui offre son métier. En suivant ce guide un peu particulier, nous allons pouvoir profiter d’un point de vue inédit sur quelques-uns des monuments emblématiques de Paris. Mais avant d’explorer la coupole du Panthéon ou la pyramide du Louvre, il aura fallu qu’il tombe dans un conduit de cheminée avant d’atterrir dans les catacombes et de perdre connaissance.
À son réveil, il va constater qu’à part quelques contusions il s’en sort plutôt bien mais il est complètement perdu. Après deux jours d’errance, il est finalement sauvé par une jeune femme qui aime explorer les entrailles de la capitale. Avant de retrouver sa femme, ses artisans et son chantier, il doit promettre à cette mystérieuse aventurière de lui montrer l’accès par lequel il s’est retrouvé dans les souterrains.
Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, sa chute s’est accompagnée du départ de Claudine. Sa femme a choisi de le quitter pour un employé du métro – sans doute pour changer de perspective – et de laisser aux mains de deux hommes de main chargés de récupérer la dette qu’elle a contractée. Et pour faire bonne mesure, il n’a plus de logement, celui-ci s’étant écroulé!
Il se tourne alors vers Helle (c’est le prénom danois de la jeune femme) qui lui promet de l’aider à régler son problème s’il accepte de l’accompagner dans sa quête. Car elle entend retrouver le trésor de Cartouche, ce brigand dont son père lui racontait les exploits.
Un peu contraint et un peu fasciné, Ornicar suit son ange gardien dans ses expéditions nocturnes, en marge de la légalité. Mais on lui pardonnera volontiers ses écarts, car elle nous offre une visite de la bibliothèque Mazarine, nous fait grimper sur la Tour Eiffel ou encore nous entraine dans les cuisines du Ritz.
Ce guide touristique très particulier, aussi documenté que poétique, se lit comme un conte moderne. Entre roman d’aventures et quête sentimentale, Céline Knidler vient à son tour inscrire son nom dans la liste des romans feel good qui cartonnent en librairie. On lui souhaite le même succès.

L’équilibre du funambule
Céline Knidler
Éditions Larousse
Roman
340 p., 14,90 €
EAN : 9782035956293
Paru le 6 juin 2018

Où?
Le roman se déroule à Paris

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Ornicar Garthauser est couvreur de métier et passe sa vie sur les toits de Paris.
Helle explore les profondeurs de la ville et cache un mystérieux secret.
Un jour, Ornicar tombe par accident dans les souterrains de la capitale et sa vie entière s’écroule. Helle a une solution pour l’aider mais il faudra qu’il accepte d’accompagner la jeune exploratrice dans les coulisses du Paris nocturne.
Des sommets de l’Opéra Garnier à la crypte du Panthéon, du Louvre en passant par les catacombes, l’homme des hauteurs et l’exploratrice de l’ombre vont vivre des aventures étourdissantes et apprendre à s’apprivoiser.
Jusqu’à découvrir l’incroyable secret qui les réunit…

Les critiques
Babelio
Journal des femmes
Le blog d’Eirenamg


Céline Knidler parle de son deuxième roman L’équilibre du funambule © Production Librairie Mollat

Les premières pages du livre
Prologue
« J’ignorais le vertige… Jusqu’à cette situation incongrue: je suis suspendu par le caleçon à une antenne râteau, au-dessus d’un vide de six étages.
Le vent se lève. Voilà que je tourne sur moi-même comme un asticot au bout de son fil. Les bras et les jambes tendues. j’essaye de me stabiliser. Un craquement m’informe que le tissu de mon caleçon continue de se déchirer avec patience et application. Combien de temps un sous-vêtement en coton peut-il résister au poids d’un homme? je l’ignore. Mais je sais que je vais bientôt m’écraser une vingtaine de mètres plus bas, au beau milieu de la rue qui s’anime à mesure que l’aube s’affirme. Paris s’éveille, indifférente au drame qui se joue sur ses toits.
De la poitrine jusqu’aux oreilles, mon cœur bat les secondes qui me séparent de la mort.
Quel chemin tortueux faut-il emprunter pour se retrouver dans une pareille posture, aussi improbable que périlleuse? C’est une longue, longue, très longue chute.

Chapitre 1
D’un doigt nonchalant, je caresse la ligne de son mollet, remonte le long de sa cuisse dissimulée par le drap tendu de sa toge. Mes bras entourent ses hanches. Je me hisse, tends la main vers son bras levé, son aisselle inodore. Ma paume englobe son sein rond et son téton durci. Mon pied écrase sa chaussure. Je plaque ma main sur son visage, meurtris son nez, enfonce mes doigts dans ses yeux. Elle ne dit mot. Sa chair est dure et froide. Insensible, mais que faudrait-il attendre d’autre d’une statue?
L’allégorie de l’Harmonie trône à l’extrémité gauche de la façade de l’Opéra Garnier. Sur un ciel nébuleux, sa parure dorée étincelle dans un dernier rayon de soleil. Une goutte s’écrase sur ma joue. Je jette un œil incrédule sur le visage impassible au-dessus de ma tête. On n’a jamais vu statue pleurer. Sauf dans les églises, mais c’est une autre histoire. Ce bronze reste de marbre. Et c’est très bien comme ça.
Une averse s’abat sur le chantier. Le zinc, luisant de pluie, adopte la même couleur que les cumulonimbus qui le menacent. À ma montre, il est l’heure de rentrer. Je descends de mon piédestal, frappe dans mes mains.
– C’est fini pour aujourd’hui, les gars. On remballe!
Je me trouve à la tête d’une entreprise de couverture qui habille le sommet des bâtiments. Mon père m’a légué ses névroses, sa maison et, à la retraite, sa société. J’ai des tendances misanthropes, un grand appartement avec vue sur le Sacré-Cœur et j’emploie quatre personnes. La spécialité de la maison Garthausen & Fils? La zinguerie.
On m’a confié la réfection d’une partie des toits de l’Opéra Garnier. Mes outils ne s’attaquent pas à la vaste coupole en cuivre qui domine l’édifice. Ils se contentent d’en restaurer les toits en zinc, plus modestes, mais aussi essentiels. Je rassemble plieuse, battoir, coupefeuille, fourneau à souder, matrice et les range dans une malle de chantier, que je recouvre d’une bâche et d’un œil satisfait.
Mes employés n’ont pas traîné. Le matériel remballé, ils ont disparu en un rien de temps. Lorsqu’ils dévalent les escaliers de service, ils n’ont qu’une idée: retrouver leurs bistrots, leurs copains, leur quotidien.
Ont-ils entendu parler du fantôme de l’Opéra et de son lac souterrain? Ces rustres regardent les pierres du Palais Garnier avec la même indifférence que la faïence des couloirs du métro, et ne trouvent pas plus d’intérêt à restaurer la toiture d’un opéra mythique que celle d’un centre commercial. »

Extrait
« Les labyrinthes, les cachettes, les coulisses, les passages interdits sont ses terrains de jeux. La salle d’un restaurant ne l’intéresse guère. Ses caves, oui. La nef d’une église est jolie, mais ses combles magiques. La rue est banale, tandis que ses souterrains deviennent une aventure. Le toit d’un grand magasin est le paradis au-dessus de l’enfer.
Là où le commun des mortels voit un mur, elle voit le moyen de l’escalader. Quand il rencontre une porte close, elle l’a déjà contournée. Une barrière? Elle se laissera enjamber. Un fossé? Creusez plus profond que lui et vous aurez gagné.
Un soupir m’échappe.
– Je sais déjà tout cela. Voilà deux nuits qu’elle fait de moi un apprenti passe-muraille. Mais qu’en est-il de ce trésor qu’elle cherche partout?
Claude se redresse, remue les fesses pour trouver la position la plus confortable et crache un rond de fumée.
– Foutaises! Cela n’engage que moi, mais le trésor de Cartouche n’est qu’un leurre, une carotte pour faire avancer l’âme et l’âme. Une marotte pour pimenter sa vie. Que ferait-elle, la petite, si elle mettait la main sur le coffre-fort? »

À propos de l’auteur
Céline Knidler est née le 26 décembre 1983 à Paris. Après une maîtrise de lettres et une école de journalisme, elle s’oriente vers le métier de Journaliste Reporter d’Images. Elle travaille actuellement pour WebTvCulture, une WebTv consacrée à l’actualité littéraire. Elle y réalise des interviews d’auteurs, des reportages sur des remises de prix, des sujets de fond sur la littérature aujourd’hui. En 2013, elle a publié La grâce des Innocents (France Empire), un roman historique dont l’intrigue se situait à la fin du XVIème siècle, au temps des guerres de religion. Elle est amoureuse de Paris et passionnée d’Histoire(s). (Source : Éditions Larousse / Nouvellesplumes)

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Marquée à vie

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Marquée à vie
Emelie Schepp
Éditions Harper Collins Noir
Thriller
traduit de l’anglais (États-Unis) par Louis Poirier
416 p., 18,90 €
EAN : 9791033900184
Paru en janvier 2017

Où?
Le roman se déroule en Suède, à Norrköpping , Sandbyhov, Viddviken, Arkosünd et l’île de Grimsö ou encore Stockholm.

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Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Jana Berzelius, le nouveau phénomène suédois
Norrköpping, Suède. La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant…
Quelques jours plus tard, sur un rivage désolé, on découvre le corps du meurtrier. Un très jeune garçon. Avec sur la nuque le nom d’un dieu grec, grossièrement gravé dans la chair. Cet horrible stigmate provoque chez Jana, pourtant réputée pour sa froideur, un séisme sans précédent. Car elle porte la même scarification, dissimulée sous ses cheveux. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashs incontrôlables…
Dans l’univers d’Emelie Schepp, le Nord ressemble moins à un tableau mélancolique qu’à un conte cruel d’Andersen. Avec son héroïne aux deux visages qui émeut autant qu’elle surprend, Marquée à vie met progressivement à nu les différentes strates de la violence et les ressorts psychologiques de la survie, grâce à un suspense parfaitement maîtrisé.
La nouvelle reine du polar suédois, «Auteur de l’année 2016» au festival de Gotland

Ce que j’en pense
****
On présente déjà Emelie Schepp comme «la nouvelle reine du polar suédois». Sans aller jusque-là, il faut bien reconnaître que ce premier thriller à mettre en scène la procureure Jana Berzelius s’inscrit avec un vrai pouvoir addictif dans la lignée des Viveca Sten et des Stieg Larsson. Du reste, le scénario emprunte la géographie de l’une et l’histoire de l’autre. Nous sommes à quelques kilomètres de la Baltique et ses centaines d’île, dans un port propice à tous les trafics, de l’alcool à la drogue en passant par les êtres humains.
Le récit débute par la découverte d’un cadavre. Hans Juhlen, le chef du service de l’immigration, est retrouvé assassiné à son domicile par son épouse. Les déclarations contradictoires et les mensonges avérés de cette dernière ne seront toutefois pas suffisants pour l’inculper. D’autant que des empreintes digitales et les enregistrements d’une caméra de surveillance mettent en cause un enfant.
Quand un peu plus tard, on découvrira le cadavre d’un garçon sur la plage, il sera aisé d’établir que ses empreintes coïncident avec celles trouvées sur le lieu du crime.
Toutefois, la découverte du meurtrier de Hans Juhlen pose davantage de questions qu’il n’en résout. Quel est le mobile du crime ? Qui s’est débarrassé du garçon ? Que signifie l’inscription «Thanatos» gravée dans la nuque de ce second cadavre ?
Jana Berzelius pourrait peut-être apporter un début de réponse à l’équipe de police de Norrköpping chargée de l’enquête. Car sa nuque porte également une inscription de ce type. Les trois lettres «Ker» qu’on y a gravé sont aussi issues de la mythologie grecque, Ker ou plus précisément les Kères étant les sœurs de Thanatos, dieu de la mort. Il se trouve cependant que la procureure n’a aucun souvenir de l’époque où elle a été ainsi Marquée à vie.
Le lecteur, quant à lui, peut prendre un peu d’avance sur les enquêteurs. Emelie Schepp insère en effet le récit originel – l’arrivée de clandestins dans un container sur les côtes suédoises – au fil de l’enquête, si bien que l’on comprend très vite que Berzelius est le nom des parents adoptifs de Jana et que son parcours est bien loin d’être aussi lisse que ses collègues peuvent le penser, elle qui a pris la succession de son père dans la fonction.
L’enquête va dès lors se dédoubler. On découvre d’une part que Hans Juhlen possédait lui aussi une part d’ombre, usant de son pouvoir pour forcer les immigrées à avoir des relations sexuelles avec lui, contre la promesse d’un permis de séjour. Jusqu’au jour où le frère d’une victime décide de le faire chanter après avoir pris des photos compromettantes. Sa femme se chargera de payer les 40000 couronnes mensuelles réclamées en échange du silence du maître-chanteur.
Dans l’ordinateur du fonctionnaire-violeur une série de chiffres et de lettres intriguent aussi les enquêteurs. Ils finiront toutefois par trouver la clé de cette énigme : ces codes sont des immatriculations de containers venant du Chili et qui ont mystérieusement disparu.
Jana, qui depuis le choc de la découverte de «Thanatos» mène sa propre enquête, va finir par retrouver son histoire ainsi que les acteurs du drame qu’elle a vécu. Au fur et à mesure que le filet se resserre sur les commanditaires des crimes, il va lui falloir jouer sur du velours. Pourra-t-elle assouvir sa vengeance avant que les enquêteurs n’arrêtent le chef du réseau ? Ne va-t-elle pas finir par devoir tomber le masque et révéler qu’elle fait partie des victimes de ce réseau ?
Avec un vrai sens de l’intrigue et quelques rebondissements qui viennent contrarier l’évolution par trop prévisible de l’enquête, on comprend que ce thriller ait trouvé un très large public et qu’il soit traduit dans près d’une trentaine de pays. Le personnage de Jana Berzelius, qui a dû se construire après l’assassinat de ses parents et une éducation au meurtre – il fallait tuer pour survivre – offre en outre suffisamment de coins secrets pour rendre non seulement cette enquête passionnante, mais également la suite que l’on attend déjà avec impatience !

Autres critiques
Babelio http://www.babelio.com/livres/Schepp-Marquee-a-vie/900333
Blog Zonelivre.fr http://nordique.zonelivre.fr/emelie-schepp-marquee-a-vie/
Blog Andrée la papivore http://andree-la-papivore.blogspot.ch/2017/01/marquee-vie-demelie-schepp.html

Extrait
« Même si cela faisait partie de son travail, Henrik avait du mal à côtoyer la mort de près. Au bout de sept ans, il devait encore se faire violence pour conserver une expression neutre quand on lui montrait un corps.
Jana, elle, ne semblait pas troublée le moins du monde. Son visage était impassible et Henrik se surprit à se demander si quelque chose était susceptible de la faire réagir. Des dents cassées, des orbites vides, des mains ou des doigts coupés ne suffisaient pas. Pas plus que les langues déchiquetées et les brûlures au troisième degré. Il le savait pour avoir assisté avec elle à des autopsies de cadavres atrocement mutilés. En sortant, il était allé vider ses tripes. Pas elle. »

À propos de l’auteur
Née en Suède, à Motala, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus, comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec Marquée à vie, le premier volume de sa série «Jana Berzelius». Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, cette trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède. (Source : Éditions Harper Collins)

Page Facebook de l’auteur (en anglais)

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