Les complicités involontaires

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Voici trois bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que Nathalie Bauer nous avait offert avec Les indomptées, son précédent roman, «une œuvre magistrale dont le projet rappelle ceux de Faulkner ou de Garcia Marquez» comme l’écrivait alors Le Figaro littéraire.

2. Parce que, après les beaux livres d’Isabelle Minière, Au pied de la la lettre et de Dominique Dyens, Cet autre amour, voici un troisième roman de cette rentrée mettant en scène une psy. Baptisée cette fois Corinne, elle va se voir confrontée à un problème d’éthique car sa patiente est une amie d’enfance. Une situation qui devrait la conduire à refuser de traiter son cas. Sauf qu’elle passe outre et va se plonger dans l’histoire familiale. Une enquête de plus en plus captivante et… risquée.

3. Parce que, comme l’écrit Cécile Desbrun sur le site Culturellement vôtre « Les complicités involontaires s’avère être une œuvre prenante et intrigante, qui nous suit bien après avoir tourné la dernière page. Nathalie Bauer sonde une histoire familiale crédible et une jeunesse oubliée qui pourrait être la nôtre, en un sens, et elle le fait à travers une écriture fine et méthodique qui emprunte à la minutie obsessionnelle de Zoé, qui souhaite trouver la vérité (si tant est qu’elle existe) afin de trouver la paix et se sentir maîtresse de sa destinée. »

Les complicités involontaires
Nathalie Bauer
Éditions Philippe Rey
Roman
288 p., 19 €
EAN : 9782848766058
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Par un jour d’avril, Corinne V., psychiatre, reçoit dans son cabinet une quinquagénaire, Zoé B., désireuse d’entreprendre une analyse. Reconnaissant en elle une ancienne amie, elle s’apprête à l’adresser à un confrère, quand Zoé lui révèle qu’elle souffre d’une amnésie ayant effacé ses souvenirs de jeunesse. Et qu’elle est atteinte depuis toujours d’une «mélancolie» dont la cause, elle en est persuadée, réside dans la mystérieuse histoire de sa famille paternelle – histoire dont son père ne lui a transmis qu’une infime partie.
La curiosité est la plus forte : enfreignant les règles de sa profession, Corinne décide d’ignorer leur lointaine et brève amitié, et accède à la demande de Zoé. Elle ne peut imaginer les conséquences qu’une telle résolution aura sur leurs existences respectives. Car, tandis que l’analysante déroule son « enquête » en assemblant, telles les pièces d’un puzzle, les quelques éléments dont elle dispose – bribes de vieilles conversations, documents et photos –, l’analyste se voit confrontée, par un plongeon dans le passé, à un jeu de miroirs pour le moins inattendu.
Dans ce roman de la transgression, Nathalie Bauer raconte l’odyssée d’une famille ballottée par le chaos de l’histoire du XXe siècle, la recherche obsédante d’une femme qui en subit les soubresauts, et explore les multiples complicités qui unissent les êtres à leur insu pour mieux se jouer de leur destin.

Les critiques
Babelio
Culturellement vôtre (Cécile Desbrun)
Fragments de lecture… Les chroniques littéraires de Virginie Neufville
La Montagne (Blandine Hutin-Mercier)
Blog Froggy’s delight 
Blog Books moods and more

Les premières pages du livre
« La première fois que j’entendis la voix de Zoé B., le mois d’avril jetait des éclaboussures de lumière sur le téléphone, le divan et la bibliothèque de mon cabinet. En réalité, ce n’était pas la première fois: je l’avais découverte trente ans plus tôt dans le lycée parisien où nous étions censées préparer le concours d’entrée à une grande école, mais, au moment où elle retentit dans le combiné, ce jour d’avril, je l’avais oubliée, même si le nom qu’elle chuchota au terme d’une conversation réduite à l’essentiel – une simple prise de rendez-vous – me troubla, l’espace de quelques secondes, avant d’être ravalé au rang de coïncidence et balayé. Contrairement à moi, elle avait conservé son patronyme, tout comme le tic qui consistait à frotter contre ses lèvres la phalangine d’un index, ainsi que je le constatai quelques jours plus tard: elle s’était assise de l’autre côté de mon bureau, prête à entamer l’une des deux séances préliminaires au cours desquelles il était rare, en effet, que le nouveau venu s’allongeât. Je n’eus aucune peine à la reconnaître: malgré son visage émacié, sa coupe de cheveux courte et les quelques mèches qui grisonnaient à la hauteur des tempes, elle n’avait guère changé, et en cela aussi elle différait de moi, remarquai-je encore, songeant à mon carré teint en roux, à mes lunettes et aux rondeurs que je me résignais désormais à dissimuler sous d’amples vêtements de soie plissée, à la mode – des changements peut-être trop importants pour qu’elle me reconnût, elle. Et puis, comme tous ceux qui faisaient appel à moi, elle devait être trop enfermée dans son mal-être, trop tournée sur elle-même pour me regarder seulement.

Extrait
« Je ne m’étais pas trompée : nous nous revîmes rarement au cours des mois qui suivirent mon inscription à la faculté de médecine, tant nous avions de notions à apprendre et à emmagasiner pour nous présenter à nos concours respectifs. De plus, j’avais quitté le foyer d’étudiantes où résidait encore Agathe et emménagé dans un studio dont mes parents, enfin satisfaits de mon choix, me payaient le loyer. Contrairement à moi dans ma matière, Agathe et Zoé échouèrent en fin d’année, obtenant des rangs qui ne leur permettaient même pas d’être admissibles, ce qui ne dissuada pas la seconde d’opter pour le redoublement, tandis que la première décidait de continuer ses études à la Sorbonne.
Nous étions donc toutes trois dispersées quand, un après-midi de novembre, je reçus un appel de Zoé qui m’invitait à l’accompagner le soir même à un concert de jazz dans un club de Saint-Germain des Prés. »

À propos de l’auteur
Traductrice de l’italien, docteur en histoire, Nathalie Bauer a publié quatre romans : Zena (JC Lattès, 2000), Le feu, la vie (Philippe Rey, 2007), Des garçons d’avenir (Philippe Rey, 2011) et Les Indomptées (Philippe Rey, 2014). (Source : Éditions Philippe Rey)

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Focus Littérature

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Cet autre amour

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En deux mots:
La psychanalyse illustrée. Séance après séance, une l’analyse est détaillée, du trouble né avec le transfert à l’incompréhension des proches. Un «roman» devenu nécessaire pour l’auteur et éclairant pour le lecteur.

Ma note:
★★★ (beaucoup aimé)

Cet autre amour
Dominique Dyens
Éditions Robert Laffont
Roman
234 p., 18 €
EAN : 9782221197453
Paru en août 2017

Où?
Le roman se déroule en France, principalement à Paris. Un voyage en Suisse, à Morges est également évoqué.

Quand?
L’action se situe de nos jours, de 2013 à 2016.

Ce qu’en dit l’éditeur
Tu crois que c’est normal d’être amoureuse de son psy ?
« L’histoire que je m’apprête à raconter est une histoire d’amour. Une vraie, une incroyable histoire d’amour, qui m’a saisie par surprise et à laquelle il m’a été impossible de résister. Pendant deux longues années, peut-être davantage, j’ai mené une double vie. Je parlerais plutôt d’une vie double, c’est-à-dire fragmentée, divisée entre une vie conjugale heureuse, ouverte au regard des autres, et une vie intime, secrète, qui a puisé son inspiration dans les profondeurs de mon inconscient. »
Quel est ce lien d’«amour» unique qui unit un(e) patient(e) à son (sa) psychanalyste? C’est donc ça, le transfert? Telle est la question que tente de cerner la narratrice de Cet autre amour lorsque, amenée à entreprendre une thérapie à la suite d’un choc émotionnel violent, elle tombe amoureuse de son analyste. Ce récit à la fois pudique et cru d’un amour hors du commun rend un vibrant hommage à la fascinante aventure affective et intellectuelle qu’est la psychanalyse.

Ce que j’en pense
« L’histoire que je m’apprête à raconter est une histoire d’amour. Une vraie, une incroyable histoire d’amour, qui m’a saisie par surprise et à laquelle il m’a été impossible de résister. Pendant deux longues années, peut-être davantage, j’ai mené une double vie. Non pas dans le sens où on l’entend généralement, car je n’ai pas eu d’amant. Je parlerais plutôt d’une vie double, c’est-à-dire fragmentée, divisée entre une vie conjugale heureuse, ouverte au regard des autres, et une vie intime, secrète, qui a puisé son inspiration dans les profondeurs de mon inconscient.
Tout a commencé avec la fausse mort de M. Sans elle, sans cet événement qui m’a proprement désagrégée, rien ne serait jamais arrivé. Nous sommes le 8 février 2013. C’est le milieu de la matinée. À cette heure notre petit immeuble parisien a retrouvé son calme, l’appartement est silencieux, notre fille cadette est au lycée, les deux aînés n’habitent plus la maison. » Dès les premières lignes, tout est dit, ou presque. Si ce nouveau livre de Dominique Dyens se revendique comme un roman, il s’agit d’abord d’une confession, d’un témoignage d’autant plus fort qu’il s’est quasiment imposé. Car, comme l’explique la narratrice, Cet autre amour a phagocyté tout autre projet littéraire. Il n’était alors plus possible de poursuivre l’écriture d’un roman déjà commencé, no même de se lancer dans un nouveau projet tant ses séances lui «prenaient la tête».
Tout avait pourtant commencé sans à priori, simplement dans l’idée que la consultation d’un psychanalyste pourrait la soulager après le choc subi suite à la découverte de son mari inanimé dans l’appartement et la prise de conscience qu’il était passé près de la mort. Une issue «impensable». Voici donc la narratrice au seuil d’une aventure inédite: «C’est étrange, cette impression de me retrouver dans une situation presque analogue à celle d’une consultation médicale, sans toutefois parler d’autre chose que des douleurs de l’âme. Je lève les yeux vers l’homme assis en face de moi. Je ne décèle sur son visage aucune trace d’ennui ni d’ironie. Il m’écoute au contraire avec attention. Et sa sollicitude me touche. » Voilà comment ce fameux transfert se met en place. Le praticien instaure une relation de confiance, la patient commence à se laisser aller. Très vite, les confidences affleurent, y compris celles qu’on avait promis de ne pas dire. En l’occurrence, ne pas dire qu’on est écrivain. Une mission impossible, tant la création littéraire est indissociable de son existence, de son quotidien et vient brouiller l’analyse en cours.
« À force d’inventer des vies, je ne suis plus capable de penser la mienne. Je peux m’immiscer dans la tête de mes personnages, les faire parler, pleurer, rire, mais dès qu’il s’agit de moi, j’éprouve une sensation de vide. J’ai effectivement l’impression de ne plus savoir ordonner et structurer mes pensées, encore moins les formuler.
La solution va finir par s’imposer d’elle-même, évidente. Il faut traiter ces séances comme le ferait un écrivain. Il fait prendre des notes, dresser der compte-rendus des séances, essayer de comprendre ce qui a été dit – et ce qui n’a pas été dit – et les raisons de ce choix. Une analyse de l’analyse en quelque sorte. Exercice salutaire, mais aussi terreau très fertile du livre qui prend ainsi forme.
« C’est dans ce café, sur les notes de mon iPhone, que je consigne mes séances. L’écriture me sert d’exutoire et m’aide à classer et clarifier mes pensées. Et ce n’est qu’une fois la séance couchée sur le papier et mes émotions calmées que je peux m’en aller, avec l’impression d’avoir laissé sur la banquette un autre de ces anciens vêtements dont le poids m’encombrait. Que la séance ait été douloureuse ou joyeuse, que j’en ressorte frustrée ou au contraire emplie de satisfaction, entre le moment où je descends les escaliers du cabinet de mon psychanalyste et celui où je pénètre dans ce café, je ne suis liée à personne, ni affectivement ni socialement, mais ne suis définie que par mon vécu et mes émotions. Et cela aussi est une nouvelle plage de liberté intemporelle que je découvre et savoure. »
Reste que ces rendez-vous permanents chez le psychanalyste commencent à intriguer. Aux interrogations de la fille viennent s’ajouter les méfiances, voire la jalousie du mari. Cet «M» qui a tout déclenché et qui ne sera pas davantage nommé tout au long du livre. Pourtant le lecteur attentif le retrouvera dans les remerciements et comprendra combien le récit qu’il vient de lire est autobiographique, bien davantage que pour toute l’œuvre de Dominique Dyens et quand bien même elle se rendra compte que La femme éclaboussée contient beaucoup plus d’elle qu’elle ne se l’était imaginée. De découvertes en surprises, comme ce traumatisme durant l’adolescence, voici la narratrice en train de se (re)découvrir, en train de se (re)construire et en train de tomber à nouveau amoureuse. C’est bien entendu là le point central du livre que le titre résume clairement. Et qui sera lui aussi résolu par la littérature, par les «Fictions de la psychanalyse» et notamment par la lecture de Stefan Zweig, suivi de celle de sa correspondance avec Freud. Le tout s’achevant en apothéose lors d’un salon du livre, celui qui se déroule au bord du lac Léman, à Morges.
Si le livre est aujourd’hui bouclé et nous offre une plongée saisissante dans un cabinet de psychanalyse, l’auteur reste très discrète sur la suite des événements. Mais qu’importe, on comprend que désormais elle est prête à reprendre la plume et à poursuivre sa belle carrière.

NB. Pour les Suisses et ceux qui feront le déplacement sur les bords du Léman, Dominique Dyens sera (forcément) présente au livre sur les quais du 1er au 3 septembre à Morges.
Pour les Parisiens, signalons que Dominique Dyens présentera son livre à la Librairie Gallimard, 15 Boulevard Raspail, 75007 Paris le mardi 5 septembre à partir de 18h30.

Autres critiques
Babelio
Le littéraire (Jean-Paul Gavard-Perret)
Pluton magazine (avec entretien)
Blog A book is always a good idea
Blog Lis-moi si tu veux 
Blog Au pouvoir des mots


Dominique Dyens présente «Cet autre amour» © Production Librairie Mollat

Les premières pages du livre

Extrait
« Je rédige effectivement des sortes de comptes rendus de mes séances depuis que j’ai commencé ce travail, mais je m’autocensure et ne transcris jamais quoi que ce soit de mes sentiments. Est-ce ce jour-là que vous me suggérez de faire quelque chose de mes séances, de les écrire, de les transformer ? Je ne sais plus mais vous me parlez de dialogue, me dites de réfléchir à la forme, au nombre de personnages. Je vous fais remarquer qu’il n’y a jamais rien d’autobiographique dans mes romans. Cela vous fait sourire. Vous n’en croyez pas un mot. Je vous écoute poliment, persuadée du contraire. L’avenir vous donnera raison, quand, au détour de plusieurs séances et d’interprétation de rêves, je réaliserai que j’ai distillé quelque chose de ma vie dans mon premier roman, La Femme éclaboussée. Mais je n’en suis pas encore là. Pour l’heure, je me dis juste que vous ne savez pas que jamais je n’écrirai de livre aussi intime et cela me désole un peu. Cependant j’aime bien que vous me parliez d’écriture. Et si je n’écarte pas complètement la possibilité de commettre un jour un roman autobiographique, je suis bien loin d’imaginer alors que celui-ci pourrait revêtir la forme d’un récit sur le transfert amoureux. »

À propos de l’auteur
Écrivain, Dominique Dyens est notamment l’auteure de huit romans, parmi lesquels La Femme éclaboussée (Héloïse d’Ormesson 2000), Intuitions (Héloïse d’Ormesson 2011), Délit de fuite (Héloïse d’Ormesson 2008), Lundi noir (Héloïse d’Ormesson 2013) et Cet autre amour (Robert Laffont, 2017). (Source: Éditions Robert Laffont)

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