Rien que la mer

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En deux mots
Le destin d’une femme bascule dans un petit port de Bretagne. Son mari la quitte lâchement. C’est sans doute le même sentiment que son père a dû partager lorsqu’il s’est retrouvé piégé à Mers-el-Kébir quelque soixante années auparavant. Voici la chronique de deux défaites avec la mer pour trait d’union, rien que la mer.

Ma note
etoileetoileetoile(beaucoup aimé)

Rien que la mer
Annick Geille
Éditions de La Grande Ourse
Roman
240 p., 18 €
EAN : 9791091416481
Paru en octobre 2016
Prix Encre marine 2016

Où?
Le roman se déroule principalement en Bretagne, à Sainte-Anne-la-Palud, à Saint-Malo, Quimper, Douarnenez. On y évoque l’Algérie avec la bataille de Mers-El-Kébir et la pointe Sud du continent américain partant vers l’Antarctique.

Quand?
L’action se situe de nos jours ainsi qu’en 1940.

Ce qu’en dit l’éditeur
3 Juillet 1940, baie d’Oran. Vers 18 heures, un déluge de feu s’abat sur la flotte française confinée dans le port de Mers el-Kébir. Quelques minutes d’un combat intense suffisent à ouvrir les portes de l’enfer. Brûlés, noyés, asphyxiés, 1297 marins trouvent la mort ce jour-là.
Seul le Strasbourg, croiseur de bataille commandé par le capitaine de vaisseau Collinet, réussit par une brillante manœuvre à appareiller sans être touché. A son bord, parmi les rescapés du massacre, Francis, radio de bord, Breton comme la plupart. Miraculé, traumatisé par ce qu’il considère comme un assassinat, il n’oublie rien. Pas à pas il reconstruit sa vie.
Quelque 60 ans plus tard, juillet toujours, tiédeur d’un soir d’été dans un petit coin perdu de Bretagne. Au Petit Hôtel du Grand Port, une femme attend son mari ou plutôt non, elle ne l’attend plus. Il est trop tard, il est parti. Ses pensées se succèdent en vrac. Pour ne pas mourir, elle fait front.
Et puis la Mer, porteuse d’Histoire et de Mémoire. La Mer, symbole de ces deux destins liés à tout jamais.
« Un jour, l’ancien marin s’est laissé couler ; j’en fus si éprouvée que j’ai voulu lui bâtir une sépulture par la littérature » A.G.

Ce que j’en pense
Si du côté de Jacques Brel la valse à trois temps peut encore «s’offrir des détours
du côté de l’amour», celle que nous propose Annick Geille est à l’opposé. Ici, rien n’est charmant. Le premier temps de cette valse se déroule en Bretagne sur la terrasse d’un hôtel de bord de mer. Une femme y attend son mari en regardant les personnes qui l’entourent, en laissant vagabonder son esprit sur leurs quelque vingt années de vie commune. Le temps passe et Pierre n’arrive toujours pas. Le maître d’hôtel s’approche alors : «– Madame, croyez que je suis désolé. J’ai un message à vous transmettre. Monsieur ne reviendra pas. Il a réglé la note du dîner, la chambre, ainsi que le petit déjeuner. Il m’a prié de vous avertir du fait qu’il ne reviendra jamais. Il vous exprime ses regrets, et vous souhaite bonne chance. Je suis désolé, madame, une chose pareille ne nous est jamais arrivée et si vous… »
À la brutalité de cette annonce les quelques mots qu’elle trouvera dans leur chambre ne pourront mettre du baume sur son cœur meurtri. Elle part à son tour, va retrouver son père malade.
Le second temps de la valse est tout aussi noir. Refaisant le chemin en marche-arrière, elle retrouve l’histoire familiale et l’épisode qui aura permis à son père de rencontrer sa mère. Nous sommes à quelques encablures de Mers el-Kébir en juillet 1940. La flotte anglaise va torpiller les bâtiments de la marine française, faisant quelque 1300 morts. Parmi les rescapés figure l’équipage du Strasbourg commandé par le capitaine de vaisseau Collinet et notamment Francis, ce père qui ne se remettra jamais vraiment de ce traumatisme, de ces camarades morts à quelques mètres de lui.
Pour sa fille, il est désormais urgent de lui dire combien elle l’aime. Un sentiment qu’elle a eu tant de mal à extérioriser, notamment du fait d’une mère possessive, accaparante. Mais elle arrivera trop tard.
Le troisième temps de la valse est celui d’un possible apaisement. À la violence et à la brutalité, au chagrin et au deuil succèdent maintenant une sorte de chemin vers la liberté. Pour cela, il faut offrir la sépulture dont il rêvait à son père, réaliser son rêve d’évasion. La procession vers Sainte-Anne-la-Palud est bouleversante. Elle ouvre d’autres horizons. La fille du marin a compris qu’elle sera sauvée par la mer. Rien que la mer…
Au-delà de l’hommage à ce père disparu, c’est bien le combat d’une femme qu’Annick Geille nous offre de suivre dans ce roman. Une femme qui va relever la tête. Une femme qui sait qu’une valse n’a pas trois temps, mais mille temps.

Autres critiques
Babelio
L’Express (Marianne Payot)
Viabooks (Olivia Phelip – entretien avec l’auteur)
Franceinfo (Le livre du jour – Philippe Vallet)
Paris Match (Edith Serero)
Blog Muze (Stéphanie Janicot)

Les premières pages du livre

Extrait
« Elle fit le tour du parking, qui était vaste, étudiant chaque véhicule. Rien. Il était vraiment parti. Elle n’en éprouva aucun étonnement, se trouvant juste assez sotte d’avoir pu imaginer qu’il en fût autrement. Le maître d’hôtel devait à présent raconter l’histoire en cuisine. Une séparation dans laquelle il avait joué un rôle. Il avait eu l’air sincèrement désolé. Et même s’il ne l’était pas, même si tous riaient d’elle à présent, car celui qui restait avait toujours l’air idiot, dans le fond, qu’est-ce que cela pouvait bien faire? »

A propos de l’auteur
Annick Geille, écrivain, critique littéraire et journaliste, a été rédactrice en chef de Playboy (la plus jeune rédactrice en chef de France). Elle a écrit de nombreux romans, dont Un amour de Sagan, Pour lui. Elle a obtenu le Prix du Premier Roman pour Portrait d’un amour coupable et le Prix Alfred-Née de l’Académie française pour Une femme amoureuse. Elle siège au Prix Freustié et au Prix du Premier Roman. Rien que la mer est son onzième roman. (Source : Éditions de La Grande Ourse)

Site Wikipédia de l’auteur 
Profil LinkedIn d’Annick Geille

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Arrêt non demandé

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En deux mots
Six histoires qui sont autant de tranches de vie savoureuses. De l’enfant qui assiste à une rixe en famille jusqu’au candidat au suicide qui dialogue avec la mort, voilà des embryons de roman furieusement cyniques, joyeusement déjantés et terriblement frustrants pour le lecteur qui en voudrait encore plus !

Arrêt non demandé
Arnaud Modat
Alma éditeur
Nouvelles
160 p., 17 €
EAN : 9782362792113
Paru en janvier 2017

Ma note
etoile etoile etoileetoile (j’ai adoré)

Où?
Les nouvelles sont situées en France, notamment dans la région de Strasbourg, à Schiltigheim, mais également dans des lieux qui ne sont pas précisés.

Quand?
L’action se situe en 1989 pour la première nouvelle et de nos jours pour les histoires suivantes.

Ce qu’en dit l’éditeur
Dans la maison Modat, on rit, on blague, on s’insurge, on affronte. Tout commence par la rédaction d’un enfant de huit ans. « J’aimerais raconter mes vacances si ça dérange personne, où plutôt une chose qui m’est arrivée pendant les vacances et qui a failli gâcher ma belle jeunesse. »
La vie étant ce qu’elle est sur l’échelle du temps, résumons les épisodes : la paternité, la responsabilité, l’art d’exister et de disparaître… Tout cela : grave, et furieusement désopilant.
Roman de l’enfance, Arrêt non demandé raconte comment grandir peut faire mal aux os, aux cheveux ou à l’âme. Une opération qui dure toute la vie…

Ce que j’en pense
Je n’aime pas les recueils de nouvelles, surtout quand ils sont bons. Et celui-ci est très bon. À tel point qu’en le lisant j’ai quelquefois pensé à Annie Saumont – qui vient de nous quitter – et qui était considérée comme la sœur française de Raymond Carver, ainsi qu’à J. D. Salinger, autre nouvelliste hors-pair. J’imagine du reste que dans l’autoportrait qui clôt ce recueil, la citation tirée de L’Attrape-cœurs est un clin d’œil à une source d’inspiration de ce jeune nordiste installé à Strasbourg.
Non, si je n’aime pas les recueils de nouvelles, c’est que ma frustration croît au fur et à mesure que j’entre dans les histoires, que je vis avec les personnages, que je suis leur parcours. Prenez par exemple La Mer dans le ventre qui ouvre ce recueil.
Il vous suffira de quelques lignes pour vous sentir bien, pour vous imaginer aux côtés de ce petit garçon dans cette réunion de famille houleuse. Racontée par l’enfant, ce drame va vite prendre la dimension d’une épopée déjà esquissée lors du voyage effectué au volant d’une Fiat Tipo : « Papa conduit comme si demain n’existait pas et il double dans les ronds-points, pris de colère ancestrale. Il passe les vitesses sans arrêt. Il a des problèmes dans ses rapports. Papa pilote comme un chien enragé parce qu’on doit se pointer sans faute à un apéro. »
On se régale de cette altercation verbale, puis physique qui prend des allures d’opéra et qui culmine sur le grand air de la rupture. Je ne peux m’empêcher d’imaginer le plaisir que nous autres lecteurs aurions eu à suivre cette famille et à voir ce garçon grandir. Laisser ainsi le lecteur en plan est bien cruel. D’autant que je soupçonne la préméditation. Rappelons que ce recueil s’intitule Arrêt non demandé et qu’en effet nous n’avons pas demandé que l’histoire s’arrête au bout de 28 pages !
Plus grave encore : le cas d’Arnaud Modat s’aggrave avec les nouvelles suivantes, tout aussi brillantes. Raoul raconte l’étape cruciale pour de nombreux couples, celui du premier enfant. Pour Aurore et Quentin, cet épisode survient « après trois ans de vie commune, la perte de nos amis respectifs, l’adoption d’un chat de merde, un mariage clef en mains et un crédit immobilier mal négocié ». Au baby-blues viendront s’ajouter tous les tue-l’amour inhérents à la post-grossesse. Quand Raoul aura montré le bout de son nez, il faudra faire preuve d’imagination pour retrouver une vie amoureuse épanouie. Faites confiance à l’auteur et à son double (le narrateur s’essaie au roman) pour trouver le truc. Une seconde fois, cet embryon de roman devient formidablement addictif et nous laisse sur notre faim.
Et que dire de Tapage nocturne et neige précoce ? De J’existe (je ne fais que ça) ?, de La dernière nuit du hibou ? et de La fourchette à poisson ? Que ces quatre autres nouvelles sont de la même veine. Qu’on s’y amuse beaucoup, que l’on a sans doute tous déjà rencontré des voisins bruyants qu’il a fallu calmer, que l’on adore le côté transgressif de cet employé d’agence intérimaire chargé de répondre au courrier adressé au père Noël, que l’on se délecte du dialogue entre le candidat au suicide et la mort (après l’appel quasi surréaliste à SOS amitié) et qu’enfin on «voit» déjà sur grand écran le joli film proposé dans l’ultime nouvelle, avec tous les extraits de films référencés ici.
Non, décidément, je ne pardonnerai ce crime de lèse-lecteur à Arnaud Modat que le jour où paraîtra son premier roman. Le plus vite sera le mieux!

Autres critiques
Babelio
Blog Cultur’Elle (Caroline Doudet)
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Le Blog de YV

Extrait de la nouvelle 4. J’existe (je ne fais que ça)

À propos de l’auteur
Arnaud Modat a 37 ans. Il est né à Douai (Hauts-de-France) et vit aujourd’hui à Strasbourg. Il a publié deux recueils de nouvelles humoristiques : La fée Amphète, le 1er mai 2012 aux éditions Quadrature, et Comic strip, paru le 19 octobre 2012 chez Intervalles. (Source : Livres Hebdo /Alma éditeur)

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Danser au bord de l’abîme

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Danser au bord de l’abîme
Grégoire Delacourt
Éditions JC Lattès
Roman
320 p., 19,00 €
EAN : 9782709659567
Paru en janvier 2017

Où?
Les deux premières parties du roman se déroulent dans le Nord de la France, à Lille, Valenciennes, Le Touquet, Cucq, Bondues, Deauville, Rang-du-Fliers-Verton, Étaples, Berru, Wimereux, Boulogne, Fécamp. Des vacances et voyages vers La Baule, Anvers, Paris, Madrid et Londres y sont aussi évoqués.
La troisième partie retrace une escapade dans le Sud de la France, notamment le long de la route du Dracenois, entre Draguignan, les Arcs-sur-Argent et le Cannet-des-Maures, mais aussi à Cavalaire, Lorgues, Salernes.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.
Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences.

Ce que j’en pense
****
L’auteur de La Liste de mes envies et des Quatre Saisons de l’été nous revient avec un roman qui devrait élargir encore davantage le cercle de ses lecteurs, car si sa plume est toujours aussi élégante, elle va cette fois chercher plus profondément les tourments de l’âme. À l’anecdote vient désormais s’ajouter la gravité, aux bonheurs de l’amour viennent désormais se mêler la douleur de l’absence et du deuil.
La première – bonne – surprise est d’avoir choisi le point de vue d’une femme comme narratrice. Une femme dont la confession est sans concessions : « Je transcris ici l’enchaînement des faits tel qu’il s’est déroulé. Je ne commenterai pas l’irrépressibilité de mon désir – elle est sans doute à chercher du côté du sacré.
Je veux juste essayer de démonter la mécanique du désastre. De comprendre pourquoi, plus tard, j’ai incisé à jamais le cœur de ceux que j’aimais. »
Emmanuelle et Olivier ont plutôt bien réussi. Le couple a trois enfants, le mari une bonne situation, Emma arrondit ses fins de mois dans un magasin de vêtements. Un petit bonheur tranquille qui cache toutefois une frustration, une usure, un mal-être : « Je me vidais de moi-même. Je m’essoufflais à ne pas m’envoler. Je pâlissais, et Olivier parfois s’inquiétait – il parlait alors de quelques jours ailleurs, l’Espagne, l’Italie, les lacs, comme si leur profondeur allait engloutir ma mélancolie. Mais nous ne partions pas, parce qu’il y avait les enfants, parce qu’il y avait la concession, et parce que j’avais fini par mettre toutes mes frustrations dans ma poche, un mouchoir par-dessus, comme me l’avait enseigné ma mère. »
Une mère qui prenait aussi la peine de lui lire une histoire chaque soir et qui lui a ainsi donné le goût des histoires et des héroïnes. En suivant les aventures de La chèvre de monsieur Seguin – qui servira de fil rouge tout au long du livre – de Claudine mise en scène par Colette, de la Lily Bart d’Edith Wharton ou des personnages imaginés par Louise de Vilmorin, elle va se construire un imaginaire propice à accepter le regard que lui jette un jour un homme dans la brasserie André.
Sans échanger un mot, elle va tomber amoureuse, fondre de désir. Simplement parce qu’«Il y a des hommes qui vous trouvent jolie et d’autres qui vous rendent jolie». Peu importe le séisme que cette rencontre peut provoquer, peu importe les conséquences du dialogue qui finit par s’installer :
«– Je m’appelle Alexandre et je pense à vous depuis trois semaines.
– Je tiens une boutique de vêtements pour enfants. Mais plus pour très longtemps.
– Je suis journaliste à La Voix du Nord. Les pages «culture».
Sauf que le beau scénario d’Emma et d’Alexandre va s’effondrer avant même d’avoir pu se concrétiser. Pas par peur, pas à cause de la pression – très forte – des enfants pour empêcher la rupture, pas à cause des conjoints respectifs. À cause d’un fait divers banal.
« Une jeune fille est installée à deux tables de la mienne. Soudain, une autre arrive. Pâle. C’est son amie. Elle s’excuse d’être en retard. Ils ont bloqué la Grand-Place, dit-elle. Un type. En V’Lille. Qui s’est fait renverser par un bus. Je crois qu’il est mort. »
Le roman va alors basculer. De la tentative d’évasion à la réclusion. Emma n’a pas le courage de rentrer chez elle et d’oublier ce drame. Elle erre quelques temps avant de finir dans un mobile home du camping Pomme de pin à Cucq.
« Je sais maintenant que le deuil est un amour qui n’a plus d’endroit où se loger. » dira-t-elle pour résumer cette période sombre que de nouvelles connaissances vont tenter d’adoucir. Mais Emma reste lucide : « J’avais abandonné mon mari, mes trois enfants, pour les lèvres d’un homme et pour mille espérances. J’avais erré de longs mois dans ma tentation, j’avais surnagé dans son absence. Et je m’étais perdue dans ce vide. »
L’apaisement viendra avec la troisième partie. Aussi paradoxalement que cela peut sembler, l’apaisement viendra avec une nouvelle épreuve, le cancer dont est victime Olivier. « Viennent alors les tests, les IRM, les PET scan, les décisions, les antalgiques puissants, le dextropropoxyphène, l’oxycodone, les indécisions, l’hydropmorphone. Vient cette période cotonneuse d’avant les séismes, ce temps suspendu où plus rien n’a de valeur (…) Vient enfin le séisme. L’instant où tout bascule. Où plus rien n’a d’importance. » On peut alors tout se dire, laisser tomber les masques. Cette danse au bord de l’abîme est bouleversante. Elle vous fera comprendre que «la vie est la courte distance entre deux vides» et que chacun doit être libre de choisir comment parcourir cette courte distance.

Autres critiques
Babelio
Le Parisien
RTL (Laissez-vous tenter – avec interview de l’auteur)
Blog Les livres de Joëlle 
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Le blog d’eirenamg 
Blog Bric A Book 
Blog Les Jardins d’Hélène 
Blog Pretty Books 

Les vingt premières pages 

Extrait
« Je crois que l’on trébuche amoureux à cause d’une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée.
C’est l’apparition fortuite, parfois charmante, parfois brutale, d’une promesse de satiété qui réveille la béance, qui éclaire nos manques et remet en cause les choses considérées comme acquises et immuables – mariage, fidélité, maternités –, cette apparition inattendue, presque mystique, qui nous révèle aussitôt à nous-mêmes, nous effraie tout autant, nous fait pousser les ailes pour le vide, qui attise notre appétit, notre urgence à vivre, parce que si nous supposions que rien ne dure jamais, nous en avons alors soudain la certitude, tout comme celle qu’il n’est aucun souvenir que nous emporterons, aucune caresse, aucun goût de peau, aucune saveur de sang, aucun sourire, aucun mot cru, aucune indécence, aucun avilissement: nous découvrons brusquement que le présent est la seule éternité possible. »

A propos de l’auteur
Grégoire Delacourt est l’auteur de six romans, tous publiés chez JC Lattès. En 2011, il publie son premier roman avec L’Écrivain de la famille puis, en 2012, son premier bestseller avec La Liste de mes envies traduit dans 35 pays. Suivent ensuite La Première chose qu’on regarde en 2013, puis On ne voyait que le bonheur en 2014 et Les Quatre saisons de l’été en 2015. (Source : Éditions JC Lattès)

Site internet de l’auteur 

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La correction

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La Correction
Élodie Llorca
Rivages
Roman
192 p., 18 €
EAN : 9782743633387
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule en France, dans un endroit qui n’est pas nommé.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Une seule lettre change et tout est déréglé. Le narrateur va l’apprendre à ses dépens lorsqu’après avoir travaillé quelque temps dans une papeterie, il décide de devenir correcteur professionnel. Il y est d’autant plus résolu que sa mère a toujours cru qu’il était prédestiné à ce métier. Il est embauché à ce poste dans la Revue du Tellière, dirigée par Reine, une femme autoritaire et dominatrice qui va bientôt exercer sur lui son emprise. Reine le fascine autant qu’elle l’intimide. L’aventure se complique lorsqu’il constate que des coquilles sont systématiquement ajoutées après coup sur son jeu de copies. Il soupçonne bientôt Reine de les glisser là délibérément afin de le prendre en faute. Mais bientôt des coquilles d’une toute autre nature vont faire leur apparition…
Dans ce premier roman au style incisif, Elodie Llorca nous livre une fable savoureuse sur les pièges de l’inconscient et les sortilèges du langage.

Ce que j’en pense
***
« Depuis quelque temps, je soupçonnais ma patronne de volontairement introduire quelques coquilles dans la copie afin de pouvoir me prendre en faute. » S’il semble attesté que le mot «coquille» est apparu dans l’univers de l’imprimerie pour désigner les caractères de plomb qui n’étaient pas placés dans leur bon cassetin, parce qu’alors l’expression «vendre ses coquilles» revenait à tromper son monde, il faudra rendre grâce à Élodie Llorca d’avoir su rapprocher dans ce délicieux roman le correcteur et l’oiseau, tous deux sortis de leur «coquille».
Or donc, François est depuis quelques années chargé de dénicher les coquilles, barbarismes, pléonasmes et autres fautes de style dans La Revue du Tellière, un périodique dont on ne saura pas grand-chose, sinon qu’il est dirigé par Reine, une belle rousse, et dont l’équipe est complétée par un rédacteur qui partage son bureau avec le correcteur qu’il va surnommer le recteur.
Autant il est fasciné par sa rédactrice en chef, autant il déteste son collègue. Même s’il soupçonne d’abord cette maîtresse-femme de le mettre à l’épreuve en insérant des coquilles dans des manuscrits qu’il avait déjà corrigés.
Alors même qu’il pensait être installé dans sa vie, que son métier le satisfait bien davantage que son premier emploi dans une papeterie,qu’il pourrait passer de douces soirées avec son épouse, tout va se détraquer. Très vite, la paranoïa s’installe.
Sa femme ne lui parle plus que par post-it interposé, sur lequel il est justement écrit : «Il faut qu’on parle», Reine lui donne du dédaigneux «mon petit François», son collègue le bat froid. Même le petit oiseau qu’il a recueilli et qu’il transporte dans la poche de sa veste va lui prouver que son bec est acéré. Du coup, on verse dans le thriller psychologique. L’enquête pour découvrir l’origine de ces coquilles va pousser François à sortir de sa coquille.
Je vous laisse le soin de découvrir combien cette dernière expression prend ici tout son sens…
La dramaturge Élodie Llorca a le sens du coup de théâtre, mais dans ce premier roman, elle montre aussi quel a le sens de l’intrigue, comme si elle invitait Jorge Luis Borges chez Georges Simenon.

Autres critiques
Babelio
Libération (Virginie Bloch-Lainé)
L’Express (Baptiste Liger, à propos du Prix Stanislas 2016)
La Croix (Coline Vasquez)
La Montagne (Blandine Hutin-Mercier)
MicMag.net (Marie Torres)
Blog Addict culture
Blog Appuyez sur la touche « lecture » 
Blog Du calme Lucette

Extrait
« J’ouvris le tiroir de mon bureau et en sortis un petit calepin noir que j’avais acheté dans le but d’y consigner mes remarques. Je tenais en réalité une sorte d’agenda des coquilles. Cette petite manie m’avait pris sept mois auparavant. J’écrivis : « Aujourd’hui, 24 septembre : roulure / coulure. »
Sous mon message du jour figurait une kyrielle de coquilles : « poire / foire », « coupe / coule », « carcan / cancan », « catin / satin ».
Je tournai rapidement les pages. La première coquille relevée datait du 28 février. J’y avais inscrit les mots « enfoncé / offensé ». Quatre bévues pour un seul mot, c’était beaucoup. L’incongruité de l’erreur m’avait donné alors l’envie de tenir ce journal de bord. »

À propos de l’auteur
Comédienne et dramaturge, Elodie Llorca a écrit plusieurs pièces de théâtre dans lesquelles elle a joué. Elle est aujourdhui scénariste. (Source : Livres Hebdo)

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Repose-toi sur moi

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Repose-toi sur moi
Serge Joncour
Éditions Flammarion
Roman
432 p., 21 €
EAN : 9782081306639
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, mais aussi en banlieue à Sevran, Livry-Gargan, Ivry, Noisy, Nogent, Villemomble, Gagny, Bondy, Boulogne-Billancourt, Fontainebleau, Barbizon ainsi que dans d’autres régions de France telles que de la vallée du Célé, de Saint-Sauveur et Gourdon ou encore Toulouse, Annonay ou Troyes. Des voyages à l’étranger en Chine, à Istanbul, à Londres, à New York, Chicago ou à Rio et Singapour sont évoqués.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Aurore est une styliste reconnue et Ludovic un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils n’ont rien en commun si ce n’est un curieux problème : des corbeaux ont élu domicile dans la cour de leur immeuble parisien. Elle en a une peur bleue, alors que son inflammable voisin saurait, lui, comment s’en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l’intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l’égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien.
Dans ce roman de l’amour et du désordre, Serge Joncour porte loin son regard : en faisant entrer en collision le monde contemporain et l’univers intime, il met en scène nos aspirations contraires, la ville et la campagne, la solidarité et l’égoïsme, dans un contexte de dérèglement général de la société où, finalement, aimer semble être la dernière façon de résister.

Ce que j’en pense
Fort souvent la rencontre fortuite de deux personnes qui, à priori, n’ont rien de commun donne un résultat intéressant. Le filon a beaucoup été utilisé au cinéma, il est ici au cœur du nouveau – et formidable – roman de Serge Joncour.
«L’écrivain national» dresse tout d’abord le portrait de Ludovic aussi impressionnant par ses mensurations que posé dans son attitude, une sorte d’ours solitaire mais zen, qui vient de la vallée du Célé dans le Lot et travaille à Paris ou plus souvent en banlieue. Il est chargé de recouvrer des dettes auprès de particuliers. Un métier difficile, mais qui lui convient mieux que de rester enfermé dans un bureau.
De l’autre côté de son petit appartement vit Aurore, son mari, et ses deux enfants. Elle conçoit des modèles pour une entreprise de prêt-à-porter, jongle avec ses rendez-vous et l’emploi du temps de ses enfants et croise à peine un mari qui est plus souvent occupé à ses affaires, brasser des millions, que soucieux du bien-être de sa famille.
Quand Aurore croise Ludovic, elle prend peur. Cet homme imposant ne lui dit rien qui vaille. Il va toutefois se montrer avenant et l’aider à se débarrasser de corbeaux qui ont envahi la petite cour. En montant l’escalier pour le remercier, elle va croiser une voisine à laquelle elle n’avait pas vraiment fait attention et se rend compte combien sa vie, comme des milliers de Parisiens, se passe à courir sans vraiment s’intéresser aux autres. Et que cet homme est justement l’antithèse de ceux qu’elle côtoie au quotidien, capable d’actes désintéressés, capable d’attention. Un refuge. D’ailleurs c’est Ludovic qui sera là le jour où le chauffe-eau a brutalement lâché et qu’une inondation menaçait l’appartement puis l’immeuble tout entier.
Aussi est-ce presque malgré eux qu’ils vont aller l’un vers l’autre, attirés par une soif commune de remplir le vide de leur existence.
« En se serrant contre cet homme, en s’y plongeant avec tout ce qu’elle mobilisait de forces, elle embrassait l’amour et le diable, la peur et le désir, la mort et la gaîté, elle avait la sensation de se perdre en plein vertige dans ces bras-là, d’être embarquée dans une spirale qui n’en finirait jamais de les avaler. Désormais ils n’étaient plus neutres tous les deux, ils n’étaient plus ces deux amants fugaces que tout sépare. Â compter de ce jour, elle se sentait irrémédiablement liée à cet homme, de fait ils étaient enchaînés, ligotés, réunis…»
Chevalier servant et chevalier blanc, Ludovic va alors aussi aider Aurore lorsque cette dernière se verra confronter à une basse manœuvre de son associé afin de l’évincer de la société qui porte son nom pour produite à bas coût à l‘étranger et étendre la gamme des produits. Avec un associé lui aussi sans scrupules, il veut faire de la marque «Aurore Dessage» une machine à cash. Des adversaires qui sont d’un autre calibre que sont que Ludovic côtoie chaque jour. Il va bien vite s’en rendre compte, mais voudra mettre un point d’honneur à faire plier les escrocs. Un jeu dangereux qui va finir par mettre en péril les deux amants.
On savait Serge Joncour excellent observateur de notre quotidien, sachant parfaitement mettre en scène les milieux qu’il décrit sans oublier les détails qui crédibilisent le récit. Avec le sens de la formule qu’on lui connaît, il ajoute encore une dimension supplémentaire à ce roman, à savoir une tension palpable dès les premières lignes et qui ne quittera pas le lecteur jusqu’au bout, si bien qu’on ne voit pas passer les 427 pages qui mènent à l’épilogue. Du très grand art que j’imagine bien voir récompensé par un Prix littéraire, même si les jurés du Goncourt ne semblent pas encore l’avoir lu jusqu’ici.

Autres critiques
Babelio
Télérama (Christine Ferniot)
ELLE (Adèle Bréau)
20 minutes (Laurent Bainier)
La Croix (Bruno Frappat)
Blog Les chroniques de Koryfée (Karine Fléjo)
Blog A l’ombre du noyer 
Blog A bride abattue

Extrait
« Aurore s’engouffre dans l’escalier allumé et avale les soixante-huit marches jusqu’à chez elle, soixante-huit marches en comptant les cinq premières du perron, soixante-huit marches qu’elle monte dans une totale colère, convaincue que cette fois elle n’est plus à l’abri de rien, cette fois c’est jusque dans sa cour que la violence la rattrape, le seul endroit où elle se sentait protégée jusque-là, elle se dit que finalement elle va la commander cette petite bombe lacrymogène qu’elle a vue sur Internet, cette fois elle a besoin d’un objet qui la rassure, quitte à en asperger les corbeaux eux-mêmes, comme tout ce qui l’agresse, cette fois elle est prête à les éradiquer, tous, à ne plus se défendre mais à attaquer. »

A propos de l’auteur
Serge Joncour est l’auteur de dix livres, parmi lesquels, aux éditions Flammarion, UV (Prix France Télévision 2003), L’Idole (2005), Combien de fois je t’aime (2008), L’Homme qui ne savait pas dire non (2010), L’Amour sans le faire (2012) et L’écrivain national (2014). L’Amour sans le faire et L’écrivain national sont en cours d’adaptation cinématographique. (Source : Éditions Flammarion)

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Focus Littérature

De ce pas

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De ce pas
Caroline Broué
Sabine Wespieser
Roman
176 p., 17 €
EAN : 9782848051994
Paru en janvier 2016

Où?
Le roman se déroule notamment en Afrique du Sud, au large de Gansbaaï, dans le Languedoc-Roussillon, pays d’Uzès, village de Montaren-et-Saint-Médiers, dans un autre petit village, près de Limoges, à New York, en Italie sur l’île de Panarea, à Madrid, Londres, Florence, au Portugal, dans un coin perdu au sud de Lisbonne, à Paris, en Chine à Hengduan, au Maroc à Ouarzazate, ainsi que des évocations du Cambodge, de Phnom Penh et de l’Ardèche, entre Aubenas, Saint-Sauveur-de-Montagut, Saint-Julien-du-Gua et Saint-Michel-de-Chabrianoux, Chambon-de-Bavas, Antraigues.

Quand?
L’action se situe de nos jours, principalement de 1975 à 2015.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Envoûtée, comme enivrée, Marjorie l’était à nouveau en regardant l’homme et la femme onduler sous ses yeux. Leurs bras chantaient en canon. Leurs mains se croisaient à intervalles réguliers. Le mouvement était répété plusieurs fois, puis la musique s’emballait, et leur pas de deux se terminait par un porté de haute volée. Pour Marjorie, qui parlait la danse mieux que personne, la signification était très claire. Après une phase d’atermoiements, de faux-fuyants et de méfiance, l’homme et la femme faisaient le choix de la concorde, de l’harmonie. Ensemble, ils effaçaient le temps de l’incertitude. Ou, mieux, ils l’oubliaient. »
Ancienne danseuse étoile, Marjorie a fait ses adieux à la scène au moment où elle admire ce pas de deux. Elle vit avec Paul, une petite fille est née, et elle s’interroge sur son avenir.
Toute la tension dramatique de ce premier roman remarquable de concision est contenue dans la description du couple dansant : après l’éblouissement de la rencontre, le temps pour Marjorie et Paul est aux faux-fuyants. L’un et l’autre ont voulu croire qu’ils pourraient faire fi de leur passé : Marjorie de ses origines cambodgiennes ; Paul, un protestant ardéchois, des névroses familiales. Leurs deux silences, qui leur furent d’abord un refuge, s’entrelacent jusqu’à les éloigner.
Par-delà l’histoire de Marjorie et de Paul, Caroline Broué, en de brèves séquences syncopées, scrute les doutes d’adultes de quarante ans aujourd’hui : ceux que la vie oblige à prendre leur destin à bras-le-corps et dont c’est le tour d’entrer en scène. De ce pas est un très beau roman sur le temps qui passe, et sur ses bienfaits.

Ce que j’en pense
***
L’alchimie de la rencontre. Un jour peut-être les chimistes découvriront par quel processus chimique deux solitudes finissent par se retrouver, deux histoires par se mêler pour n’en faire plus qu’une. C’est la nécessité plutôt que le hasard qui a mis Paul sur le chemin de Marjorie. Elle est danseuse, il est artiste : «Paul avait beau être photographe, quand ils étaient ensemble, la main du peintre rejoignait le bras du danseur. Ce qui réunissait Paul et Tin, fondamentalement, c’était le silence. Le silence de l’art. Ils se trouvaient précisément à la jonction de deux axes complémentaires : celui du peintre dansant sur sa toile et celui du danseur composant les couleurs de sa chorégraphie.» De cette fusion naîtra une fille, marqueur d’un amour qui va commencer par s’étioler.
Caroline Broué réussit parfaitement à dépeindre cette période charnière, quand arrive la quarantaine, que l’on commence à se retourner sur le chemin parcouru et que l’on peut encore construire un avenir. Ce moment où le passé resurgit, par exemple sous la forme d’une exposition consacrée au Cambodge des Khmers Rouges qui replonge Marjorie dans les affres de sa fuite du pays en 1975. Ou encore sous la forme d’un avis de décès qui conduit Paul à retourner dans son Ardèche natale où s’est construite l’histoire familiale. «Il sait que les souvenirs vont s’entrechoquer et que toute sa douleur va remonter.»
La danseuse étoile arrive au bout de son parcours, le Protestant se demande pourquoi il a choisi de partir avec fracas. Du coup, ce n’est plus une histoire commune qui se construit, mais deux histoires qui, au fil des pages, essaient de trouver leur cohérence. Et séparent le couple.
Construit en courts chapitres, ce beau roman fait la part belle à la mélancolie, celle d’une génération qui, pour avancer encore, doit se réconcilier avec son passé.

68 premières fois
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)
Blog Les jardins d’Helene

Autres critiques
Babelio
Le Monde des livres (Florence Bouchy)
Elle (Pascale Frey)
Blog Les mots de la fin

Extrait
« Paul avait beau être photographe, quand ils étaient ensemble, la main du peintre rejoignait le bras du danseur. Ce qui réunissait Paul et Tin, fondamentalement, c’était le silence. Le silence de l’art. Ils se trouvaient précisément à la jonction de deux axes complémentaires : celui du peintre dansant sur sa toile et celui du danseur composant les couleurs de sa chorégraphie. Leurs vies s’entremêlaient, et ce mariage impromptu transcendait leurs différences. Ils n’avaient plus besoin de se parler pour se comprendre. L’entente entre eux était tacite. Ils s’accordaient d’un regard furtif. D’un geste de la main. Loin de tout bavardage, de tout mot superflu, leur mode d’être et de relation relevait de l’implicite, de l’entendu avant même d’être dit. »

A propos de l’auteur
Caroline Broué est productrice depuis 2010 de l’émission « La Grande Table » sur France Culture, le magazine quotidien de la mi-journée qui entremêle la culture et les idées. Diplômée de Sciences politiques et de Lettres modernes, elle est entrée à France Culture en 1998. Productrice adjointe des « Matins de France Culture » de 2002 à 2007 avec Nicolas Demorand puis Ali Baddou, elle y a produit de nombreuses émissions d’entretiens, de débats, de documentaires. Elle a par ailleurs été conseillère éditoriale pour des émissions de télévision (« Le Bateau Livre » sur France 5, « Ce soir ou jamais » sur France 3), responsable de collection (Terrail photo/Magnum) et a collaboré à plusieurs journaux de presse écrite (Le Monde 2, Les Inrockuptibles). En 2008, ses entretiens avec Françoise Héritier ont paru sous le titre L’Identique et le Différent (L’Aube/Radio France).
De ce pas est son premier roman. (Source : Éditions Sabine Wespieser)

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