Sigma

DECK_Sigma

logo_avant_critique

Voici cinq bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que je suis Julia Deck depuis son premier roman Viviane Elisabeth Fauville paru en 2012 et que j’ai beaucoup aimé son second, Le Triangle d’hiver.

2. Parce qu’elle explore un nouvel univers dans ce livre, en se servant des codes du roman d’espionnage pour mettre en scène Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art «pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.»

3. Parce que le roman est principalement situé en Suisse, dans un environnement qui m’est proche puisque j’y travaille depuis plusieurs décennies.

4. Parce que, comme l’explique l’auteur, l’ouvrage se concentre autour de ces moments où le changement est possible « Zante est sans doute énigmatique parce qu’il flotte dans ce moment incertain. En tout cas, il devient vite ce contre quoi l’Organisation lutte au premier chef – le doute, la remise en question d’un système dont on voudrait nous faire croire qu’il constitue l’inéluctable réalité. »

5. Pour l’enthousiasme de Géraldine Guilho, libraire à Yvetot, qui présent ainsi ce roman: « Complexe mais ludique, drôle mais sérieux, révérencieux mais original, le troisième roman de Julia Deck présente une composition littéraire prodigieuse où la jubilation de lire ne cesse de faire écho à celle d’écrire. »

Sigma
Julia Deck
Éditions de Minuit
Roman
240 p., 17,50 €
EAN : 9782707343727
Paru en septembre 2017

A vos agendas: Les Parisiens pourront rencontrer Julia Deck le 3 octobre à 19h à la Librairie Delamain 155 Rue Saint Honoré, 75001 Paris et le 4 octobre à 19 h 30 à la Librairie Charybde, 129 rue de Charenton, 75012 Paris

Ce qu’en dit l’éditeur
Messieurs,
Vous avez confié à notre Organisation le soin de lutter contre les œuvres indésirables. Quand il est impossible de les éliminer à la source, nous les faisons entrer dans des musées, où leur potentiel de nuisance s’épuise de lui-même. Aucune pièce majeure n’échappe à notre vigilance.
Nous apprenons aujourd’hui qu’une œuvre disparue du peintre Konrad Kessler referait surface aux alentours de Genève. La fâcheuse influence de cet artiste n’étant plus à démontrer, notre bureau suisse déploie immédiatement ses agents auprès de toutes les parties prenantes – galeriste, collectionneur, banquier, scientifique – afin de mettre hors de nuire le tableau.
Sigma, New York, le 31 mars

Les critiques
Babelio
Diacritik (Johan Faerber – entretien avec l’auteur)
La Croix (Fabienne Lemahieu)

Les premières pages du livre

Extrait
« Sigma, opérations helvétiques, pour Sigma, direction exécutive, Berne, le 16 mars, 23:45
L’opération Kessler est déclenchée, nos agents sont en cours d’infiltration auprès de toutes les parties prenantes. Plusieurs d’entre elles se trouvent déjà sous la surveillance de nos services en raison des positions influentes qu’elles occupent dans leurs sphères respectives. Nous recommandons aux agents affectés à leur contrôle de porter attention à tout élément lié au peintre controversé. »

À propos de l’auteur
Julia Deck est née en 1974 à Paris. Elle étudie les lettres à la Sorbonne puis devient lectrice de littérature étrangère à New York et à Paris. Après avoir travaillé dans la communication d’entreprise, elle suit une formation dans une école de journalisme. Secrétaire de rédaction pigiste pour différentes revues, dont Livres Hebdo, elle publie son premier roman Viviane Elisabeth Fauville aux Editions de Minuit en 2012. Après Le Triangle d’hiver (Minuit, 2014), Sigma est son troisième roman. (Source : evene.lefigaro.fr et Éditions de Minuit)

Site Wikipédia de l’auteur 

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Tags:
#sigma #juliadeck #editionsde minuit #espionnage #RL2017 #roman #rentreelitteraire #thriller #unLivreunePage. #livre #lecture #books #RLN2017 #littérature #lecture #lire #lectrices #lecteurs #MardiConseil

L’été en poche (31)

SUTER_montecristo_P

Montecristo

En 2 mots
La probabilité de trouver deux billets de cent francs suisses avec le même numéro est quasiment nulle. Quand Jonas Brand entre en leur possession, il ne s’imagine pas ce qui l’attend. Un thriller économique éclairant.

Ma note
etoileetoileetoile (beaucoup aimé)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Delphine Peras (L’Express)
« Le romanesque n’est pas en reste dans ce scénario machiavélique: tueur à gages, confrérie secrète, chasse à l’homme, Mata Hari surdouée, des seconds rôles peaufinés. Et, surtout, un antihéros attachant, sentimental, un peu déprimé, affolé mais opiniâtre. »

Vidéo


Martin Suter présente « Montecristo», traduit de l’allemand par Olivier Mannoni. © Production librairie Mollat

Les tilleuls de Berlin

OCTEAU_Les_tilleuls_de_Berlin

Les tilleuls de Berlin
Jean Octeau
Grasset
Roman
568 p., 24 €
ISBN: 9782246811022
Paru en février 2016

Où?
Le roman se déroule à Berlin et en Allemagne, entre autres à Rügen, comme l’indique le titre, mais de nombreux épisodes se déroulent en Europe centrale, d’où est originaire le narrateur, en Transylvanie à Mediasch, Yasinya et en Pologne ainsi qu’en Autriche, à Vienne et en Suisse, notamment à Zurich, Genève et Lucerne ou encore au Danemark, dans l’île d’Als et à Copenhague. Certains épisodes se passent aussi en France, à Paris et Berck.

Quand?
L’action se situe de 1923 à quelques années après la Seconde Guerre mondiale.

Ce qu’en dit l’éditeur
À trente ans, Karl Schuster a déjà conquis le milieu de l’art à Berlin. Il ignore que son voyage au pays natal va bouleverser son existence. Désormais, sa vie sera une aventure de tous les instants.
Karl est ébloui par une femme qui accomplit des merveilles dans un monde qui lui est étranger. Plus tard, le rêve d’un bel été devient subitement réalité : avec Esther, il découvre la passion. La séparation, inévitable, ne brisera jamais l’amour qui les a réunis.
Avec Janina, l’amour renaît sous une autre forme. Karl devine chez cette femme effacée une clairvoyance qui le guidera parmi les dangers d’une Europe en guerre.
À l’heure de l’attentat contre Hitler, que signifie le dernier message de Janina ? quelle machine infernale les nazis cachent-ils au sanatorium d’Obrawalde ?
Sauvé de la mort par les femmes de Berlin, Karl évite le Goulag soviétique, mais il doit rendre des comptes aux autorités américaines. Réfugié à Vienne, il cherche la trace d’Esther et suit dans la rue un fantôme à peine sorti de l’enfer. Pourquoi la pauvre femme dissimule-t-elle son mystérieux prénom ? C’est à cause d’elle que Karl se retrouvera si loin de ses tilleuls de Berlin, et si près de la vérité.

Ce que j’en pense
****
Le roman d’une vie. À plus de 80 ans, Jean Octeau fait paraître son premier roman. Fruit de longues recherches, accompagné d’une bibliographie impressionnante, de notices biographiques et d’un lexique, cet épais volume se lit toutefois sans peine. Car l’auteur a trouvé l’angle idéal pour faire revivre un épisode trop peu exploré de la Seconde Guerre mondiale : le trafic à grande échelle des œuvres d’art.
Il aura aussi trouvé le narrateur idéal en la personne de Karl Schuster, un jeune Roumain qui, dans l’Europe des années folles, donne des conférences dans les musées et commente avec verve autant que par goût de la provocation les œuvres accrochées aux cimaises.
Au début du livre, il quitte Berlin pour retrouver ses parents dans sa Transylvanie natale. Un voyage lui permettant d’évoquer sa jeunesse, d’esquisser le portrait de ses père et mère et de rencontrer Esther, une jeune fille dont il tombe quasi instantanément amoureux.
Seulement voilà, à l’époque de la crise de 1929 et de la montée des périls, s’engager une histoire d’amour dans un pays qui fait l’objet de convoitises, avec une juive de surcroît, n’est pas une sinécure.
Au fur et à mesure que le parti national-socialiste installe son discours nauséabond et que les exactions anti-juives prennent de l’ampleur, Karl va devoir louvoyer pour continuer à voyager à travers l’Europe tout en essayant de protéger Esther.
Avec l’aplomb de sa jeunesse et l’idéalisme qui mène son combat, il va même parvenir à mener double jeu pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi les rencontres qui vont l’aider, une autre femme va jouer un rôle déterminant : Janina.
Fouillant les dossiers, recoupant les informations et secouant son protégé, elle va jouer le rôle alors assez répandu d’agent double, et offrir à Karl les renseignements lui permettant de pister les tableaux volés. Un sorte de Monuments Men à lui tout seul.
Mais là où le film de George Clooney adapte la réalité à la sauce hollywoodienne, Jean Octeau fait œuvre d’historien et replace le combat pour les œuvres d’art dans le vrai contexte. S’il confirme le rôle de Rose Valland, cette employée du musée parisien du Jeu de Paume qui a tenu au péril de sa vie le registre des œuvres volées en France, et qu’il rencontre à Paris, il ne fait pas grand cas des autres protagonistes.
En revanche, sa visite dans la mine proche du lac d’Altaussee lui apportera l’éclatante confirmation que son combat n’aura pas été vain. Des découvertes qui sont pourtant loin de le sauver. Quand la tenaille se resserre, il comprend que d’une part l’armée soviétique ne lui fera pas de cadeaux, que son père qui fournissait l’armée allemande en vin, et sa famille sont également menacés. De l’autre côté, les alliés le suspecteront également d’être à la solde des nazis. Il lui faudra alors tenter de justifier son action, ses voyages, ses relations.
«En trois jours, tout allait chavirer. Dimanche Hambourg était bombardée. La ville subissait le même sort que Cologne et Essen, la guerre continuait, rien de nouveau sauf une obscure appréhension. Mercredi, d’un seul coup, l’horreur frappe là-bas, un ouragan de feu dévaste tout sur son passage, aspire l’oxygène des abris, fait fondre l’asphalte des rues, laissant des dizaines de milliers de morts.»
Autour de lui, tout s’effondre. La mort rôde. L’issue fatale est proche. Doit-il croire le cynisme des nazis et leurs mauvais augures : «Réjouissez-vous de la guerre, car la paix sera épouvantable.» Une fois encore, avec l’aide des femmes, il va pourtant réussir à s’en sortir, alors que le crépuscule des dieux recouvre l’Allemagne.
Aussi poignant que documenté, ce récit éclaire d’un jour nouveau cette sombre période de l’Histoire. Un moment où faire un choix n’était pas chose aisée. Un premier roman qui est aussi un grand livre !

Autres critiques
Babelio
Bible urbaine
Blog Exulire

Extrait
« La vallée remontait vers le nord jusqu’à Yasinya dans une région reculée de l’Europe que les pays voisins avaient réclamée à travers l’histoire sans vraiment savoir ce qu’ils en feraient. J’entrais dans un royaume aux contours incertains où la beauté du paysage rendait vain l’effort de choisir un nom entre la Transcarpatie des géographes et la Ruthénie des ethnologues.
Vu le mauvais état de la chaussée, je décidai de filer d’une traite. Pourquoi me suis-je arrêté ? Peut-être parce que la porte de mon imagination était ouverte aux fantasmes esthétiques de mon métier. Ici tout était noir : Chorna Gora, la montagne, Chorna Tysa, la rivière. Je réfléchissais à la perception des couleurs quand je remarquai un chemin de charrette menant à un pont en bois. Après avoir rangé la voiture, je me penchai vers l’amont où l’eau reflétait les pentes verdoyantes, puis vers l’aval où la rivière élargie passait du vert au bleu. Appuyé au parapet pour apprécier la subtilité de ces nuances, je surpris tout à coup un spectacle qui relança mon éternel combat avec l’illusion.
Elle est debout dans la rivière, l’eau à mi-cuisse, moulée dans la chemise blanche que portent sous leurs vêtements les femmes de la région. D’un geste souple qui arrondit ses hanches, elle brosse un cheval, elle plonge plusieurs fois, laissant flotter à la surface de l’eau l’éventail de sa longue chevelure noire. Ébloui par le miroitement de la Tysa sous le soleil, je n’ose pas détourner le regard de peur que la fée ne disparaisse dans un souffle de vent. »

A propos de l’auteur
Jean Octeau est ancien haut fonctionnaire canadien, né à Québec en 1928. Il fut directeur du service de l’Amérique latine à Radio Canada International, directeur général des Arts et des Lettres au ministère des Affaires culturelles du Québec, puis commissaire de deux Expositions Universelles, à Montréal et Osaka. (Source : Éditions Grasset)

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Badge Lecteur professionnel

Montecristo

SUTER_Montecristo

 

 

 

 

 

 

 

Montecristo
Martin Suter
Christian Bourgois
Roman / Thriller économique
traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
340 p., 18 €
ISBN: 9782267027679
Paru en août 2015

Où?
L’action est principalement située en Suisse, à Zurich, Bâle, Genève, Berne et dans de plus petites localités telles que Gstaad, Sargans, Serneus, Klosters, Schlieren, Oberfrick et Feldwil dans l’Oberland zurichois avec un épisode en Asie passant par Bangkok, Chiang Mai, Phuket, Kualu Lumpur.

Quand?
Le roman se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Jonas Brand, 38 ans, est un vidéo-reporter zurichois spécialisé dans les émissions télé people. Un jour, il réalise qu’il est en possession de deux coupures de cent francs suisses dotées du même numéro de série – ce qui est théoriquement impossible. Quelque temps après, alors qu’il a pris un train pour rejoindre un événement mondain, L’enquête sur les billets et celle sur le suicide ne vont pas tarder à se croiser. Jonas Brand remonte la piste, rencontre Adam Dillier, responsable de la sécurité de la Coromag, la société chargée d’imprimer les billets de banque suisses. Mais il ignore que celui-ci en réfère aussitôt à William Just, PDG de la plus grande banque du pays : Brand a soulevé une affaire bien plus grosse qu’il ne l’imaginait. Soudain, on vient lui reparler d’un vieux projet de film, un scénario intitulé Montecristo que personne n’a jamais voulu tourner par manque de budget. Un producteur lui annonce qu’il a finalement trouvé le financement pour tourner. Malgré les mises en garde de son ami Max Gantmann, journaliste spécialisé en économie, Jonas part effectuer des repérages en Thaïlande. Sur place, il échappe de peu à un coup monté pour le faire emprisonner à vie.Il parvient néanmoins à rentrer en Suisse et se plonge dans la préparation du film, délaissant un peu son enquête. Mais il est vite rattrapé par la réalité : il apprend que les billets qu’il croyait faux sont bel et bien authentiques. Ce qu’il avait appréhendé était une manipulation de grande ampleur, qui menace de faire péricliter l’ensemble du système bancaire suisse. Que dissimulent ces deux coupures de cent francs à numérotation identique ? Quelles pertes gigantesques la banque qui a émis les billets cherche-t-elle à cacher ? Est-ce elle qui a envoyé Jonas à Bangkok et fait cacher une livre de cocaïne dans sa sacoche ? Qui est ce mystérieux rouquin que Jonas croise de plus en plus souvent au fil des pages ? Quel rôle exact joue Marina, la jeune femme qui le soutient dans ses recherches et semble pourtant avoir d’étranges relations dans ce milieu ? Autant de questions qui forment la trame de Montecristo. Mais, comme à son habitude, Martin Suter nous entraîne bien plus loin. En l’occurrence dans le gouffre du système bancaire suisse et de ses ramifications mondiales, un monde noir, cynique, violent et machiavélique. Le monde zurichois qu’il nous décrit sur le mode du cauchemar, c’est notre univers mental à tous, qui se délite peu à peu. Celui dont un monde nouveau semble, comme dans son roman, s’accommoder peu à peu. Martin Suter a conçu un roman hitchcockien et vertigineux sur le faux semblant, le doute, l’illusion et la manipulation. Ce que nous décrit Suter dans Montecristo, c’est l’univers orwellien des temps modernes : une bulle de savon prête à éclater d’un instant à l’autre, dans laquelle de braves gens font tout pour éviter l’explosion finale aussi longtemps que possible. Jamais Martin Suter n’était allé aussi loin dans l’exploration du cauchemar où nous plonge l’incertitude sur le monde qui nous entoure, mais aussi d’un monde où la fin justifie toutes les morales.

Ce que j’en pense
***

Les écrivains français, contrairement aux anglo-saxons, insèrent rarement en fin d’ouvrage la liste des personnes qu’ils souhaitent remercier. C’est bien dommage, car quelquefois, elle permet de donner un relief tout particulier au roman que l’on vient de lire. C’est le cas de ce nouvel opus du Suisse Martin Suter. Le Directeur de l’Administration des finances de la Confédération, un ancien Conseiller fédéral (qui a rang de ministre en France) ainsi qu’un producteur de cinéma viennent, entre autres, apporter leur crédit à ce thriller économique palpitant.
L’histoire débute alors que le train intercité entre Zurich et Bâle, dans lequel a pris place Jonas Brand, freine brusquement. Le video-reporter free-lance se rendait dans la grande ville rhénane pour un reportage sur une manifestation de bienfaisance. Quand il apprend qu’un passager a tiré le signal d’alarme, après avoir vu un homme se jeter sous les voies, il prend sa caméra à l’épaule et décide de filmer ce qu’il peut, ä vrai dire pas grand-chose.
Quelques jours plus tard, il apprendra qu’un trader, employé dans une grande banque suisse, s’est suicidé. Du coup, il arrivera en retard à la manifestation qu’il était censé couvrir, mais y fera la rencontre de la belle Marina Ruiz, chargée des relations publiques. Comme il est divorcé depuis de longues années et que la demoiselle est également libre, ils ne vont pas tarder à se retrouver dans un même lit.
Quelques jours plus tard le récit prend une toute autre direction. Par hasard, il se rend compte qu’il détient deux billets de cent francs suisses possédant le même numéro de série. Une rapide enquête lui apprend que cela est tout simplement impossible dans un pays qui place la sécurité en matière financière au plus degré et qui, pour la réputation de la place bancaire helvétique, ne peut se permettre le moindre faux pas.
Seulement voilà, à la GCBS, une grande banque de la place, son conseiller lui confirme la véracité des deux coupures. Quand Jonas découvre qu’il a été cambriolé, il n’a plus guère de doutes sur le caractère explosif de sa découverte.
Quand, quelques jours plus tard, il est victime d’une agression il se dit qu’il détient vraiment ce qu’un ami, ex journaliste d’investigation, ne tarde pas ä appeler de la dynamite.
Et qui risque de lui exploser en pleine figure.
La décision la plus sage ne consisterait-elle pas à tout abandonner? D’autant qu’on vient de lui attribuer une somme importante pour financer le film qu’il rêvait depuis de longs mois de monter, une adaptation moderne du Comte de Monte Cristo. Sauf que là encore, il ne tarde pas à se rendre compte que cette manne n’est pas tombée du ciel par hasard.
En nous plongeant dans les arcanes de la haute finance, Martin Sutter nous permet notamment de réfléchir à cette analyse faite par la quasi-totalité des médias en Suisse au moment de la crise de Lehmann Brothers et que l’on résumé par « too big to fail » (trop important pour sombrer). La grande banque dispose-t-elle vraiment d’un pouvoir supérieur au pouvoir politique, peut-elle faire fi des lois? Peut-elle agir au nom d’une sorte d’intérêt supérieur? Et quels rôles exacts jouent les réseaux d’influence dans un pays où quasiment tout le monde se connaît?
Les réponses à ces questions sont assez vertigineuses. Mais je vous laisse vous délecter de l’épilogue de ce roman qui ne réjouira pas uniquement les adeptes de la théorie du complot.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Culturebox (Laurence Houot)
Le Temps (Suisse)

Extrait
« — Tu avais besoin d’une dernière bière d’urgence. Je connais ça.
Le garçon arriva et posa son lourd porte-monnaie sur la table.
— Je compte les deux ensemble ?
— Nous nous connaissons depuis trop peu de temps pour ça, dit Jonas.
— Moi je l’aurais bien trouvé, le temps, fit-elle, boudeuse.
Brand chercha six francs dans son porte-monnaie, ne trouva que quelques pièces et un billet de deux cents.
— Désolé, je n’ai rien d’autre.
— Pas de problème, je ferai mes comptes plus vite après le service, répondit le serveur en lui rendant la monnaie.
La femme au verre vide regarda les billets changer de main.
— Il y en a qui ont le temps, d’autres qui ont l’argent.
Jonas ne put s’empêcher de rire. Il désigna le verre de la femme et dit :
— Et un autre. C’était quoi ?
— Un mojito, dit-elle. Mais il faut que tu boives avec moi.
Il attendit qu’on eût rapporté un verre à la femme, trinqua avec elle, but sa dernière gorgée de bière et lui souhaita une bonne nuit.
— Dommage, dit-elle, et elle se mit à regarder autour d’elle pour trouver de la compagnie. »

A propos de l’auteur
Né à Zurich en 1948. Publicitaire à Bâle, Martin Suter multiplie les reportages pour Géo, devient scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt, écrit des comédies pour la télévision. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala.
Small world a obtenu le prix du Premier Roman, catégorie « romans étrangers ». Il sera prochainement adapté au cinéma avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Un ami parfait a été adapté au cinéma en 2006, sous le même titre, par Francis Girod et deux autres de ses romans sont en cours d’adaptation. Martin Suter a également contribué au dernier album de son compatriote le musicien Stefan Eicher, pour qui il a écrit les textes de trois chansons sur Eldorado (2007) et travaillé au projet d’une comédie musicale. (Source : Editions Christian Bourgois)

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com

Allmen et la disparition de Maria

SUTER_Allmen_et_la_disparition_de_Maria

 

 

 

 

 

 

Allmen et la disparition de Maria
Martin Suter
Christian Bourgois
Thriller
traduit de l’allemand (Suisse) par Olivier Mannoni
210 p., 15 €
ISBN: 9782267027709
Paru en avril 2015

Où?
L’action est située dans une ville de Suisse que l’on devine être Zurich, dans sa banlieue, avec une dernière petite escapade en Alsace.

Quand?
Le roman est situé de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Après deux enquêtes menées avec succès, le dandy-détective Friedrich von Allmen est passé maître dans l’art de la recherche d’œuvres d’art volées. Toujours secondé par Carlos, son fidèle domestique guatémaltèque, c’est sur les rives d’un lac suisse qu’il est appelé pour retrouver un tableau de Fantin-Latour dérobé à Mme Gutbauer, excentrique milliardaire qui occupe tout l’étage d’un vieil hôtel de luxe. Élisant domicile sur les lieux du délit, Allmen devient partie prenante d’un habile huis-clos au sein duquel Martin Suter combine à la perfection suspense, élégance et ironie.

Ce que j’en pense
***

Dès les premières lignes ce nouvel opus mettant en scène Allmen et son assistant guatémaltèque Carlos – sauf erreur le quatrième de la série –, Martin Suter nous détaille le dernier fait de gloire de son enquêteur préféré, histoire de nous rappeler que, sous des airs nonchalants, il est un remarquable enquêteur. C’est aussi une manière de résumer, à l’intention de ceux qui découvriraient Allmen avec ce livre, les caractéristiques de ce couple bien particulier.
A la tête de Allmen International Inquiries, il s’est spécialisé dans le marché de l’art et vient de retrouver une toile d’Henri Fantin-Latour représentant des dahlias. D’une valeur de trois millions et demi, ce tableau n’existait plus officiellement et pourtant il a pu le restituer à une riche héritière. Ce qui ressemble à la fin d’une enquête marque en fait le début d’une nouvelle enquête riche en rebondissements. Car les malfrats qui avaient le tableau ne l’entendent pas de cette oreille. Employant les grands moyens, ils décident d’enlever Maria Moreno, l‘amie de Carlos et de proposer le marché suivant à Allmen : la femme contre le tableau.
Dès lors s’organise une course contre la montre contre cette bande organisée qui n’hésitera pas à s’en prendre à la belle métisse si son ultimatum n’est pas respecté. Car Allmen n’est plus maître de la situation. Il lui faut d’abord obtenir de la richissime et excentrique veuve qu’elle lui remette le tableau. Il y parviendra, même si ce dernier a subi entre temps une sévère mutilation. Mais bien entendu, il n’est pas au bout de ses peines… et doit aussi gérer Carlos qui tremble pour son aimée et s’en remet à tradition indienne maya et au culte très particulier de Maximón pour pouvoir la retrouver saine et sauve.
Le lecteur se régalera en voyant Allmen se démener entre une pègre qui va l’obliger à oublier quelques instants ses principes pour parvenir à ses fins et une haute bourgeoisie zurichoise tout aussi effrayante. Si ce n’est peut-être pas l’épisode le plus réussi, ce thriller n’en est pas moins très plaisant à lire.

Autres critiques
Babelio
Libération
Un livre, un jour (Olivier Barrot)
Les Echos

Extrait
« Jusque-là, Carlos lui apportait à sept heures un early morning tea au lit, avant de vaquer à ses occupations. Allmen, qui n’était pas un lève-tôt, allait prendre entre dix et onze heures un petit déjeuner tardif au Viennois. Il continuait certes à le faire autant que possible, mais la fondation d’Allmen International Inquiries (« The Art of Tracing Art ») le contraignait parfois à se conformer à un emploi du temps un peu plus régulé. Il lui arrivait même de devoir accepter des rendez-vous le matin, et l’aide de María Moreno lui était alors indispensable pour le petit déjeuner. Ce n’était pas qu’il ne s’en serait pas sorti tout seul, mais ce qu’il avait préparé lui-même ne plaisait jamais à Allmen.
Ce jour-là était l’un de ceux où il n’avait pas de temps pour le Viennois. Il avait déjà un rendez-vous prévu à dix heures quinze.
La veille, une certaine Mme Talfeld avait appelé et demandé un rendez-vous avec « M. von Allmen en personne ». « D’urgence », avait-elle ajouté, si possible dès le lendemain matin.
La présence de María Moreno offrait un autre avantage : outre l’espagnol, elle parlait fort bien l’allemand et l’anglais, c’était une standardiste douée et une hôtesse d’accueil en progression constante. Elle pria Mme Talfeld de patienter un instant, fit comme si elle allait consulter l’agenda d’Allmen et, à sa grande surprise, s’aperçut qu’il avait un moment de libre dans son emploi du temps le lendemain matin. On convint d’un rendez-vous pour dix heures quinze au Schlosshotel. Allmen devrait demander Mme Talfeld à la réception. »

A propos de l’auteur
Martin Suter est né à Zurich en 1948. Après avoir été publicitaire à Bâle, il multiplie les reportages pour Géo, il est devenu scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt et a écrit des comédies pour la télévision. Depuis 1991 il se consacre à l’écriture de romans qui sont devenus de véritables best-sellers. Il vit entre la Suisse, l’Espagne et le Guatemala.
Small World a obtenu le prix du Premier Roman dans la catégorie «romans étrangers». Un ami parfait a été adapté au cinéma en 2006, sous le même titre, par Francis Girod et deux autres de ses romans sont en cours d’adaptation. Martin Suter a également contribué au dernier album de son compatriote le musicien Stefan Eicher, pour qui il a écrit les textes de trois chansons sur Eldorado (2007) et travaillé au projet d’une comédie musicale. Son roman Small World a été adapté au cinéma par Bruno Chiche et est sorti en salles en mars 2011. (Source : Editions Christian Bourgois)

Site Wikipédia de l’auteur

A signaler également la parution dans la collection Points de Allmen et les dahlias et, en cette rentrée littéraire de Montecristo

SUTER_Allmen-et_les_dahlias_PointsSUTER_Montecristo

Commandez les livres en ligne
Allmen et la disparition de Maria

Allmen et les dahlias de Martin Suter (Points)

Montecristo