Opération Sweet Tooth

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Opération Sweet Tooth
Ian McEwan
Gallimard
Roman
440 p.
ISBN: 2070140725
Paru le 9 janvier 2014

Où?
L’action se déroule en Grande-Bretagne, principalement à Londres, Camden et à Bristol.

Quand?
Ce roman est situé en 1973.

Ce qu’en dit l’éditeur
En Grande-Bretagne, au début des années 1970, la guerre froide est loin d’être finie. Diplômée de Cambridge, belle et intelligente, Serena Frome est la recrue idéale pour le M15. La légendaire agence de renseignements anglaise est en effet bien décidée à régner sur les esprits en subvenant aux besoins d’écrivains dont l’idéologie s’accorde avec celle du gouvernement. L’opération en question s’intitule Sweet Tooth et Serena, lectrice compulsive, semble être la candidate tout indiquée pour infiltrer l’univers de Tom Haley, un jeune auteur prometteur. Tout d’abord, elle tombe amoureuse de ses nouvelles. Puis c’est de l’homme qu’elle s’éprend, faisant de lui l’autre personnage central de cette histoire.
Mêlant finement réalité et fiction, le romancier souligne l’influence de la littérature sur nos existences, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui finira par comprendre que toute cette histoire était avant tout… un grand roman d’amour.

Ce que j’en pense
***

Qui manipule qui? Cette question résume à la fois l’intrigue, car depuis Solaire, on sait que tous les romans de Ian McEwan se construisent sur une base de roman policier, et l’idée maîtresse de cette «opération dent douce».
La première réponse semble évidente puisque Serena devient agent des services secrets, en grande raison parce qu’elle aime bien lire. Car il s’agit de financer des écrivains prometteurs qui raconteront comme il fait bon vivre de ce côté-ci du rideau de fer. Cette guerre psychologique menée sur un fond historique bien réel: on y voit notamment défiler les premiers ministres conservateur puis travailliste, on y découvre un Londres bien plus sale et morne qu’aujourd’hui et enfin, on redécouvre cette sorte de phobie anticommuniste qui occupait alors le MI5.
Après avoir découvert les nouvelles du jeune Tom Haley, Serena décide de rencontrer cet écrivain et de le recruter. Mais de l’amour de l’écriture à l’amour de l’écrivain, il n’y a qu’un pas que la jeune Anglaise franchit allègrement.
Très vite, il s’avère que son choix a été excellent, mais plus le succès se dessine et plus le cas de conscience devient difficile à Gérer pour Serena, d’autant que sa hiérarchie n’apprécie guère l’idylle entre son agent et sa «victime».
Avouons que le début du roman tire un peu en longueur et qu’il faut savoir mériter le plaisir d’un dénouement formidablement bien construit. Vous vous rappelerez alors la question posée au début de cette chronique.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Libération
BibliObs
Télérama
ELLE

Citations
« En allant au travail, je méditais sur l’abîme entre la description de mon poste et la réalité. Je pouvais toujours me dire à moi-même – faute de pouvoir le révéler à quiconque que j’appartenais au MI5. Ca sonnait bien. Aujourd’hui encore, je m’émeus à la pensée de cette pâle petite jeune femme qui voulait se dévouer pour son pays. Je n’étais toutefois qu’une secrétaire en minijupe parmi tant d’autres ces milliers d’entre nous qui se déversaient dans les couloirs crasseux de la station de métro de Green Park, où les détritus la poussière et les courants d’air pestilentiels que nous acceptions comme notre lot quotidien nous giflaient le visage nous décoiffaient. (Londres est tellement plus propre, désormais.) Et lorsque j’arrivais au bureau, je restais une secrétaire qui tapait, le dos bien droit, sur une Remington gigantesque dans une salle enfumée, pareille à des centaines de milliers d’autres dans toute la capitale, qui allait chercher des dossiers déchiffrant des écritures masculines, revenait en courant de la pause déjeuner.
J’étais moins bien payée que la plupart d’entre elles.
Et, à l’image de cette jeune ouvrière dans un poème de Betjeman que Tom m’avait lu un jour, je lavais moi aussi mes dessous dans le lavabo de ma chambre. »

A propos de l’auteur
Né en 1948, Ian McEwan a passé une grande partie de sa jeunesse en Extrême-Orient, en Afrique du Nord (en Libye), et en Allemagne, où son père, officier dans l’armée britannique, était envoyé. Il a fait ses études à l’université du Sussex et l’université d’East Anglia, où il a été le premier diplômé du cours d’écriture créative créé par Malcolm Bradbury. Insolite et insolente, provocatrice, hautement originale, l’œuvre de Ian McEwan surprend par ses tours de force de concision et d’humour. L’auteur joue avec les énigmes qui sont l’essence de la narration. Tous ses romans affichent une parenté lointaine, sous forme de simulacre, avec l’énigme policière. Il a publié plusieurs nouvelles et romans pour adultes et, en 1994, «Le Rêveur», un recueil de nouvelles pour la jeunesse. (Source: Gallimard)

Fiche Wikipédia

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