Circulus

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En deux mots:
Andronica accouche de deux garçons qu’elle n’a pas désiré. Elle décide de partir à la recherche de leur père afin que ce dernier reconnaisse sa progéniture. Au cours de son périple, elle va rencontrer la misère et la révolte, la poésie et la colère, l’espoir et la violence.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Une quête en reconnaissance de paternité

Le premier roman de Marie Rouzin est une longue mélopée, poétique autant que douloureuse, d’une mère violentée à la recherche du père de ses jumeaux.

Une longue errance, des endroits mystérieux, une violence latente et au milieu de ce chaos, des hommes et des femmes qui tentent de résister. Un combat qui semble pourtant perdu d’avance tant ils semblent broyés par un système qui a fait de la répression la première des règles.
Dans les premières pages de ce court roman, Marie Rouzin nous parle d’une vieille femme dont on va retrouver le cadavre. Une vieille qui s’était enfuie de la pension où elle séjournait pour tenter d’atteindre l’entrée des Enfers «pour y trouver son homme, mort l’année précédente». Elle nous parle aussi d’un homme qui voulait s’immoler par le feu. La poignée d’hommes et de femmes qui sont témoin de ces drames plient leurs tentes et prennent la route pour «éviter les emmerdes».
Parmi eux, une femme avec un ventre énorme. Andronica est sur le point d’accoucher. Elle parviendra à atteindre la roulotte de la vieille Sybille pour y mettre au monde deux garçons, Achille et Ido. Deux enfants nés d’un viol qu’elle prend avec elle pour les présenter à leur père : «Nous allons le trouver, ce fils de chien, qu’il approuve le nom de mes enfants et qu’il reconnaisse son acte. Ensuite je partirai et jamais plus il ne me verra, ni les enfants, qui ne seront jamais siens, parce que c’est avec violence qu’il les a mis dans mon ventre et cette violence lui enlève à jamais le droit à la douceur d’avoir des enfants.»
Accompagnée dans son périple périlleux et hasardeux par la narratrice, Andronica va croiser des hommes résignés et harassés, mais aussi des hommes en colère. Sur le chantier où elle espère trouver le père de ses enfants les cadences infernales, l’organisation du travail, la hiérarchie et les risques permanents ne sont plus acceptés sans rechigner. Le vent de la révolte se lève…
Avec des phrases courtes qui résonnent comme des incantations, Marie Rouzin fait se rejoindre le combat d’Andronica et celui des ouvriers dans un creuset incandescent. Parviendront-ils chacun à leurs fins? C’est ce suspense qui tiendra le lecteur en haleine jusqu’à la fin du livre.

Circulus
Marie Rouzin
Serge Safran éditeur
Roman
224 p., 17,90 €
EAN : 9791097594183
Paru le 13 septembre 2018

Où?
Le roman se déroule dans un endroit qui n’est pas spécifié.

Quand?
L’action n’est pas située dans le temps, sinon l’époque contemporaine.

Ce qu’en dit l’éditeur
Dans les bois, à la périphérie d’une très grande ville, une jeune femme solitaire rencontre une future mère, Andronica. Elle l’accompagne dans une roulotte pour assister à son accouchement. Naissent deux garçons, fruits d’une grossesse non désirée. Commence alors un long voyage pour ces deux femmes, bientôt rejointes par d’autres, pour retrouver le père. Avec la volonté farouche de les lui faire reconnaître.
Ce voyage initiatique est riche de rencontres: une veuve vendeuse de beignets, une femme éperdue de colère, deux frères prêts à élever les enfants, des ouvriers sur un chantier, une troupe de cirque.
Violence et difficulté d’exister prédominent dans cette quête non sans le lyrisme d’une parole quasi incantatoire.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com

Les premières pages du livre
« Un soir, cachée dans l’obscurité d’un bois, perdue et sans attache, sans recherche, (avais-je même un corps?) j’ai entendu des voix qui s’éparpillaient au milieu des feuillages.
Elles m’ont sortie du demi-sommeil où ma vie somnolait, ces voix, et m’ont embarquée dans un mouvement qui me dépasse et dont j’ignore la cause.
Ce que je vais te dire, maintenant, ce que j’ai vu alors, lorsque je suis sortie de ma nuit et que j’ai fait un pas à travers les branchages, lorsque les mots que j’avais perçus sont devenus des voix, c’est cela.
Ne vous rongez pas, les hommes, ne soyez pas mortifiés comme vous l’êtes, à vous bouffer la barbe et à vous tordre les doigts ! La voilà morte, c’est vrai, mais il n’y a plus rien à faire, rien de rien.
C’était une femme assise par terre, près d’un feu, qui parlait.
Un homme à la barbe et aux yeux noirs, assis en face d’elle, a répondu :
Nous, nous, on ne va pas crever ici comme des chiens, on a droit à la terre, et à un lit, à quelque chose de digne, on a le droit de ne pas crever comme ça !
Ses mots sortaient de sa bouche comme des crachats, ses yeux allaient furieusement du feu à une boîte en bois, dans laquelle était assis le corps d’une très vieille femme.
Il a continué: Le feu je l’ai le feu, et pas seulement devant ma putain de tente, le feu je l’ai partout et il va falloir qu’il se passe quelque chose avant que je me transforme en torche vivante!
Il s’est mis à taper la cendre avec sa chaussure. Les toutes petites braises se sont éteintes sous les coups de semelle, étouffées.
Calme, calme, a dit un autre homme que je ne voyais pas, tu te ferais brûler que personne ne ferait attention, il faut déjà trouver l’endroit, là où il peut y avoir de l’émotion, où on va te regarder, sinon, à quoi ça sert.
Mais non, a répliqué le premier, je ne te parle pas d’un spectacle, là, je te dis, je te dis que je veux retourner les choses, que le feu qui est à l’intérieur il va sortir et que le silence à l’extérieur il va rentrer. Moi je serai tout calme dedans et ça me fera du bien, et vous vous occuperez des flammes, des cris et de l’odeur. C’est comme ça que ça va finir, comme dans un grand banquet.
L’homme s’était mis debout, les bras levés vers le ciel comme dans un rituel païen. Sa bouche s’était tordue, je n’arrivais pas à savoir si c’était à cause de l’effort ou d’une douleur, ou d’une difficulté à dire cc qu’allait être sa mort dans les flammes.
Puis il s’est assis de nouveau, à côté du cadavre de la vieille, qu’il a regardé avec mépris. Elle était toute recroquevillée autour de ses mains qui se serraient encore très fort. Elle était morte devant le feu, assise, coincée dans sa caisse de bois qui lui servait de fauteuil, et les deux hommes et la femme la laissaient là, comme une statue érigée au milieu du bois, tandis qu’ils prenaient le café autour du feu, en attendant de décider quelque chose.
Je me suis approchée, mais personne n’a semblé me voir.
Quand même, a dit la fille, elle n’est pas morte comme un chien, cette vieille, elle est morte assise, habillée, toute propre, ce n’est pas rien non plus.
Oui mais les hommes, ils ne meurent pas comme ça, dans un bois au bord de la ville, a répondu l’autre. Ils meurent chez eux, ou à l’hôpital, pas après avoir passé des semaines à dormir dehors. Cette vieille, a demandé la fille, ce n’est pas celle qui s’est enfuie de la maison de retraite? »

Extrait
« Par les ombres je vous maudis, disait-elle. Tous ceux qui entrez et sortez ainsi de sous la terre. Hommes étranges. Étrangers. Et les autres aussi. Ceux que j’ai connus là-bas d’où j’arrive. Hommes de guerre. Hommes de pouvoir. Gardiens, douaniers, militaires, policiers, officiers je vous maudis tous. Hommes des camps où la violence est le seul langage. Hommes de la grande prison de mon pays. Hommes du désert violent au-delà de toute mesure. Vous, les hommes, tous les hommes, je vous maudis. J’ai traversé les déserts, et la mer, et des routes, encore et encore, et j’ai trouvé ici une terre plus dure encore. Liberté je te maudis. Et vous, les oiseaux, qui m’avez accompagnée, pourquoi ne m’avez-vous rien dit, je vous maudis. »

À propos de l’auteur
Marie Rouzin est né en 1978 à Bayeux. Après un passage dans l’administration culturelle, elle se dirige vers l’enseignement. Elle vit aujourd’hui à Mantes-la-Jolie où elle est professeur de lettres modernes. Circulus est son premier roman. (Source: Serge Safran éditeur)

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La première nuit

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En deux mots:
Trois hommes se retrouvent pour dresser le bilan de leurs vies respectives. Milan retrouve Émilien, son père, et Théo, son fils, pour un huis-clos explosif.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Pour le meilleur et pour le père

Unité de lieu et unité de temps : le drame réunissant fils, père et grand-père peut commencer. Sans oublier les coups de théâtre!

Ghislain Loustalot, grand reporter à Paris Match, a choisi un scénario proche du théâtre pour son premier roman. Tout se déroule l’espace d’une nuit dans un studio où vont se réunir Milan, son père Émilien et son fils Théo. Une rencontre aussi imprévue qu’inopportune. Car chacun des protagonistes a des choses à reprocher aux autres, sans doute pour effacer les reproches qu’ils pourraient s’adresser personnellement. Si Milan se retrouve seul, c’est qu’il a une maladie qui ne s’opère pas, il est «totalement inapte au bonheur». Catherine, son épouse, ne le supporte plus et décide le quitter : «Tu vas avoir quarante-cinq ans, tu es encore beau, tu as un métier qui te passionne, des enfants que tu adores et tu gâches tout.»
À ce jeu de massacre participe aussi Émilien qui a oublié qu’un jour, alors que son fils était hospitalisé, il lui avait promis de revenir le lendemain et n’était pas revenu durant «quarante jours de larmes et de cris». Un traumatisme qui aura marqué Milan à vie et qui l’a conduit a renier ce père, à couper les ponts. Pourtant c’est bien lui qui sonne à sa porte muni d’un sac. Il vient de quitter son épouse qui «a fait une crise» et cherche refuge auprès de son fils avec lequel il aimerait «parler un peu».
Si Milan le laisse entrer, c’es tpeu-être parce qu’il culpabilise. Car il se rend compte qu’en quittant sa femme il a aussi quitté ses enfants Théodore, Victoire et Maximilienne. Finis ses beaux rêves de dialogue et de complicité. À moins qu’il ne puisse renouer avec Théo qui s’est lui aussi invité chez son père.
Mais dès les premiers échanges, on se rend compte que les rancunes, les reproches, les griefs de toute sorte prennent largement le pas sur tout dialogue constructif. Aussi, quand tout s’effondre, quand la tension devient forte, il reste l’alcool pour se calmer. Mais il serait illusoire de croire qu’avec quelques verres de whisky les choses vont s’arranger…
Au fur et à mesure que la soirée s’avance, que le taux d’alcoolémie augmente, que les bouteilles de vin prennent le relais des alcools forts, des souvenirs ressurgissent, des vérités jusque là soigneusement enfouies se font jour.
Avec un art consommé du rythme narratif, Ghislain Loustalot fait se frotter et se piquer trois égos. Et s’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu, il suffit aussi quelquefois d’un éclair de lucidité, d’une parole sincère pour éteindre l’incendie. Et nous offrir trois histoires pour le prix d’une. Car chacun des protagonistes finira par repartir avec la sienne. Sauf qu’elle sera bien différente de ce qu’il s’imaginait avant ce huis-clos explosif.

La première nuit
Ghislain Loustalot
Éditions JC Lattès
Roman
250 p., 18 €
EAN : 9782709661423
Paru le 10 janvier 2018

Ce qu’en dit l’éditeur
À quarante-cinq ans, Milan est toujours séduisant mais aussi alcoolique, taiseux et destructeur. Son ex-femme a obtenu la garde de leurs trois enfants et sa compagne, Catherine, vient de le quitter.
En ce dimanche soir de découragement dans son appartement blanc immaculé, deux visites surprises vont rebattre les cartes: celle de Théo, son fils, et d’Émilien, son père, tous les deux à la recherche d’un refuge pour la nuit.
La réunion familiale prend alors des allures de poker menteur où se posent les questions dont on craint les réponses, où chacun règle ses comptes et où trois générations d’hommes vont s’affronter, se détruire, et peut-être se sauver.
Une nuit d’alcool, de violences et de larmes, de secrets gardés, d’humour noir et de rancœurs crachées au visage.

Les critiques
Babelio
Publik’Art (Bénédicte de Loriol)
Blog Songe d’une nuit d’été 
Blog La Dory qui lit 
Blog Psych3deslivres 
Romanthé blog littéraire décalé
Blog Le Notebook de Gwen

Les premières pages du livre 
« Il neige dans la bouche grande ouverte de Milan mais rien à voir avec les frais souvenirs de l’enfance, petits gants glacés, courses et glissades. Il neige dans sa bouche mais les flocons tombent de ses dents qui se désagrègent, assèchent sa langue et son palais. Toutes ses dents s’effritent au point qu’il les mâche et cette pâte farineuse a un goût de déjà-vu qui l’horrifie. Il voudrait retrouver cette sensation de la neige qui caresse son visage pour la première fois, il y a longtemps, mais il mastique des grumeaux sur ses gencives déjà cicatrisées. Il se retourne, respire la puanteur de sa sueur alcoolisée sur l’oreiller, s’y abandonne. À présent, la neige attaque ses yeux. Chaque paillette étincelante entache sa vision. Il force le regard, les devine tous en haut, amis, amours, enfants, remplissant son dernier rectangle sombre. Alors c’est maintenant ? Et c’est ainsi ? Il pleure sur sa propre mort. La boucle est bouclée. Il retombe au stade primal d’une vie qui n’aura été ni douce ni légère, s’abandonne comme au jour oublié de sa naissance mais quelqu’un l’agrippe et il scrute pour savoir quelle main pourrait l’emporter plus loin encore de ce monde qui tournera sans lui. Il tente de hurler mais il geint. On le secoue encore et le monde redevient ce qu’il était. Sombre d’abord et puis de moins en moins. Il s’extrait du cauchemar parce qu’il la voit de ses yeux vrillés d’émail. Il passe la langue sur ses dents : il n’est ni édenté ni mort, mais il devine que là, tout de suite, il va le regretter, parce qu’il se souvient.
Ils sont rentrés au petit matin. Ils ont dormi dos à dos dans le canapé-lit. Il a voulu la prendre dans ses bras, lui faire l’amour, elle l’a repoussé avec ses pieds. Que s’était-il passé avant ? Que se passe-t-il depuis toujours ? Tant de choses mauvaises. Rien d’autre. Il repasse la langue sur ses dents. Catherine le secoue et il mesure qu’il va devoir affronter la réalité. Tout ce qu’il détruit.
— Ça suffit Milan. Arrête de faire semblant, réveille-toi maintenant.
Il la dévisage dans la pénombre du studio. Elle a mis son manteau bleu ciel, léger comme l’air. Elle a les cheveux mouillés et bouclés de la douche. Elle est belle. Il est trempé de sueur et il a soif.
— Milan, tu m’entends, j’ai bien réfléchi, c’est fini, je m’en vais.
Il ferme les yeux, comme s’il pouvait se sauver, oublier ce qu’il vient de comprendre et que cela le condamne, mais il n’y parvient pas. Il sait que les secondes gagnées n’y feront rien. On ne peut tout repousser indéfiniment. Tout a une fin. Il se lève en se demandant à quel moment elle a réfléchi et pourquoi les femmes réfléchissent toujours seules pendant que les hommes sont encore endormis. Il remarque des traces de vomi blanchâtres sur son épaule. Et un peu de sang. Il titube, replie le canapé sans faire le lit, jette les coussins rouge vif à leur place, tapote vaguement l’ensemble, il s’en fout, il se dégoûte de sa cruauté envers elle qui paie pour tout et pour toutes les autres alors qu’elle ignore même le sens du mot méchanceté. Il replace la table basse transparente devant le canapé. Elle s’assoit sans lâcher sa valise. Il ramasse l’énorme cendrier de verre rouge, le pose le plus doucement possible sur la table basse au lieu de le fracasser contre le mur. Elle a fait sa valise. Elle se tourne vers lui, se fige. Il passe encore la langue sur ses dents, affronte comme il peut son regard doux et sombre.
Milan part dans la cuisine. Un café, capsule noire, serré. Il étanche sa soif au robinet. L’eau est tiède. Il allume une première cigarette avant que le café n’ait fini de couler. La peur lui tord le ventre. Il scrute les quatre pendules au mur, au-dessus de l’évier. Los Angeles, New York, inutiles… Paris : 6 h 30. Tokyo aucun intérêt. Il se retourne, appuie sur l’interrupteur du volet électrique de la cuisine. Le soleil qui tape encore sur les fenêtres de l’immeuble d’en face, lui écarquille les yeux. 18 h 30 donc. Il est en caleçon rose et en T-shirt kaki sur lequel est écrit : « I don’t discriminate, I hate everybody. » Il a envie de vomir. Elle va partir. Il va la perdre.
Il avale son café brûlant, écrase sa cigarette dans la tasse, revient au salon, ne remonte le volet de la baie vitrée qu’à moitié, passe devant Catherine qui fixe le mur d’en face baigné de soleil à moitié. Il ouvre un placard intégré au mur de l’entrée, attrape une chemise blanche suspendue, arrache un jean propre. »

À propos de l’auteur
Ghislain Loustalot, 58 ans, a été rédacteur en chef à VSD puis directeur de la rédaction des magazines Dépêche Mode et Première. Il est actuellement grand reporter à Paris Match. Auteur de Mon grand-père a fait l’Amérique aux éditions Lattès (1994), La première nuit est son premier roman. (Source : Éditions JC Lattès)

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«Les loyautés» – revue de presse


Bel entretien avec Delphine de Vigan à propos des Loyautés «le souffle qu’elle a trouvé pour écrire ce nouveau roman extrêmement nerveux à la construction narrative imparable et son souci d’être toujours dans le vrai, de tendre un miroir à la société.»

 
Voici, pour ceux qui auraient envie d’en savoir davantage sur l’auteur et le roman, une revue de presse qui prouve combien ce roman a réussi, en ce début d’année, à amener la lumière vers lui.
Ma collection de livres

Les autres critiques:
Babelio

La presse
ELLE
Madame Figaro (Tran Huy Minh)
Publik’ART (Delphine de Loriol)
Le Temps (Eléonore sulser)
Marie-Claire (Fabrice Gaignault)
Moustique.be (Sébastien Ministru)
France Culture (L’invité des matins)
Télérama (Nathalie Crom)
Radio Classique (Olivier Bellamy)
Les Echos (Thierry Gandillot)
Marie France (Valérie Rodrigue)
Famille Chrétienne (Olivia de Fournas)
Atlantico

Les blogs
Carobookine
Blog My pretty Books
Blog Les petits livres by smallthings
Blog Les chroniques de Koryfée (Karine Fléjo)
Blog Marie lit en pyjama
Blog Cultur’Elle (Caroline Doudet)
Blog Songe d’une nuit d’été, webzine au féminin
Blog C’est quoi ce bazar
Blog Le boudoir de Nath
Blog Histoires d’en lire
Blog Anything is possible
Blog Les livres de George
Blog Entre les lignes (Bénédicte Junger)

Bonus


Delphine de Vigan lit un extrait de Les Loyautés © Production Hachette France

Page Wikipédia de l’auteur 

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Trio pour un monde égaré

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En deux mots :
À travers trois personnages en quête d’identité et de liberté, Marie Redonnet dessine les contours d’une société à la dérive, d’un avenir qui pourrait être dramatique si on n’y prend pas garde.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Trois personnages en quête de bonheur

Willy Chow, Douglas Marenko et Tate Combo prennent successivement la parole pour raconter leur parcours, leur combat, leurs peurs. Trois errants en quête de liberté.

Marie Redonnet va tisser, chapitre après chapitre, une toile de plus en plus dense, de plus en plus riche en alternant les personnages, sans que l’on sache s’ils sont liés où non. Le premier à entrer en scène est Willy Chow. On l’appellera ainsi faute de mieux, car on comprend d’emblée qu’il n’a pas toujours eu cette identité. Mais désormais, il entend en finir avec sa vie d’avant, essayer de trouver dans son nouveau domaine, une bergerie plantée d’oliviers, une paix qu’il a longtemps combattue. Même si l’auteur nous laisse dans le flou quant à ses faits d’arme, il était un révolutionnaire et doit se protéger ainsi que ses proches.
Le second chapitre met en scène Douglas Marenko. Personnage tout aussi trouble que le premier, il a été arrêté à la frontière d’un pays qui n’est pas nommé. Ayant brulé ses papiers, il ne peut prouver son identité. Mais il est persuadé qu’il n’est pas Douglas Marenko, contrairement à ce qu’affirment ses geoliers. Jusqu’à cette rencontre avec Olga Marenko qui affirme être son épouse. Endosser le rôle du mari lui permettra de sortir de sa prison.
Vient ensuite Tate Combo, une femme qui a aussi pris le chemin de l’exil pour fuir la misère et la possible destruction de son village. Elle va être prise en charge par un photographe qui entend en faire un modèle absolu, une jeune déesse avec l’aide de la chirurgie esthétique. Comme Willy et Douglas, elle va se battre pour retrouver une identité, pour retrouver sa liberté et sa dignité.
Mais leur havre de paix est bien fragile. On sent la violence, la guerre, la dictature, la crise économique…
Des périls qui vont mettre à mal la toile tissée patiemment par l’auteur. Elle ne tient guère qu’à quelques fils bien fragiles, mais synonymes d’espoir dans ce monde égaré.
Si l’approche de ce texte peut vous sembler ardue, commencez par la seonde partie du livre. «Un parcours» éclaire à la fois la biographie de Marie Redonnet et son œuvre. À travers la manière dont elle parle de ses différents livres et éditeurs, on comprend en effet beaucoup plus aisément comment elle a construit ce trio e tcomment elle s’est servie de ce parcours pour structurer son récit.

Trio pour un monde égaré
Marie Redonnet
Éditions Le Tripode
Roman
200 p., 17 €
EAN : 9782370551467
Paru le 4 janvier 2018

Ce qu’en dit l’éditeur
Un roman haletant de l’auteur de La Femme au colt 45 suivi d’une postface autobiographique inédite.
Willy Chow est un ancien rebelle qui vit dans une bergerie entre la mer et les collines. Il tente d’oublier un passé trouble, mais la guerre fait à nouveau rage à la frontière et menace la paix de son domaine…
Le scientifique Douglas Marenko n’est pas Douglas Marenko. Emprisonné dans une cellule d’un nouveau genre après avoir tenté de fuir son pays, on voudrait pour des raisons qu’il ignore lui faire endosser une nouvelle identité. Il résiste jusqu’à ce que ses geoliers lui présentent une femme censée être son épouse, et qu’il sait avoir connue…
Tate Combo a elle aussi quitté son pays, après une prophétie de son père qui prédisait la destruction de son village. Elle vit désormais dans la mégapole Low Fow, où un photographe en vogue a décidé d’en faire, à force d’opérations chirurgicales, l’incarnation d’une déesse qu’il vénère. Le jour où elle décide de rompre cette métamorphose imposée, des avions s’écrasent sur les tours de la ville…
Trois voix embarquées dans les tourments de pays en guerre qui s’entrelacent. Trois personnages qui tentent d’échapper à l’effacement programmé de leur être. Trois destins qui se font écho et font écho à la violence récurrente de leur monde. Marie Redonnet offre ici un récit haletant et magistralement orchestré sur les menaces, intérieures et extérieures, qui visent nos libertés.

Les critiques
Babelio
Diacritik (Marie-Odile André)
En attendant Nadeau (Sébastien Omont)
L’Humanité (Muriel Steinmetz)
France Culture (émission «par les temps qui courent» – Marie Richeux)
Blog Sur la route de Jostein
Blog L’avis textuel de Marie M. 

Les premières pages du livre 
Willy Chow
« C’est écrit sur mon passeport. Nom: Chow. Prénom: Willy. J’ai eu d’autres identités. Willy Chow est la dernière. Mon adresse: domaine d’Olz à Salz. Je ne veux plus en changer. La photo sur mon passeport est ressemblante: visage bien dessiné, cheveux gris frisés coupés ras, yeux verts, regard perçant et inquiet, lèvres épaisses, nez fort et busqué, arcades sourcilières proéminentes, rides profondes sur le front et les joues. Je suis petit de taille, robuste et trapu. Je vis retiré au domaine d’Olz depuis deux ans. Ma vie a été multiple comme mes identités. J’ai résisté aux tentations de rentrer dans le rang à chaque fois qu’elles se sont présentées. J’ai voulu vivre ainsi, insoumis et précaire. S’il y a un fil rouge qui me conduit, il est invisible. Je me fie à mon instinct qui m’a pourtant souvent trompé. L’égarement fait partie de mon chemin. Moi seul sais que je n’ai pas encore réalisé ce que je dois réaliser. Willy Chow, ce sera le nom écrit sur le registre des décès à la mairie de Salz, le jour de ma mort.
J’ai acheté ce domaine à l’abandon il y a dix ans, une centaine d’hectares avec une vue lointaine sur la mer et le désert. La guerre l’avait détruit, les bâtiments étaient délabrés, les propriétaires en fuite. Personne ne s’était porté acquéreur. J’avais juste assez d’argent pour le payer comptant. »

À propos de l’auteur
Depuis son premier roman (Splendid Hôtel, Minuit, 1986) jusqu’à son plus récent (La Femme au colt 45, Le Tripode, 2016), Marie Redonnet poursuit une œuvre fascinante, qui chemine entre la fable et le scalpel. (Source : Éditions Le Tripode)

Postface autobiographique inédite de Marie Redonnet
Site Wikipédia de l’auteur 

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Les loyautés

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En deux mots:
Hélène est enseignante. Elle va va remarquer que Théo, l’un de ses élèves de 5e, ne va pas bien et va tenter de l’aider. Ce dernier entraîne son camarade Mathis sur un terrain dangeureux alors que leurs parents respectifs démissionnent. Qui aura le dernier mot?

Ma note:
★★★★ (j’ai adoré))

Ma chronique:
Ivresse et autres bizarreries

Au-delà de l’enfance maltraitée, le nouveau roman de Delphine de Vigan explore un mal du siècle, la difficulté de plus en plus grande de communiquer, de dire les choses.

Alors que l’adaptation cinématographique par Roman Polanski de D’après une histoire vraie est sur les écrans, Delphine de Vigan nous offre un nouveau roman percutant qui explore «les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment. Nos ailes et nos carcans.»
Donnant, chapitre après chapitre, la parole aux protagonistes, la romancière construit un récit qu’il est difficile de lâcher tant la tension croît au fil du récit. Hélène ouvre le livre. Prof de SVT au collège, elle a l’intuition que Théo, son élève de 5e, cache un secret. Même si aucune trace de coups n’est visible, elle sait par expérience que tous les coups ne laissent pas forcément de marques, du moins physiques. Car Hélène a enduré les jeux pervers de son père, inventeur d’un principe d’éducation particulier, sorte «roue de la fortune»: à chaque mauvaise réponse aux questions diverses et variées qu’il posait, une gifle.
On serait tenté d’écrire que fort heureusement pour elle, un cancer va emporter son bourreau. Elle a alors 17 ans et se promet de devenir enseignante et de de venir au secours des enfants maltraités.
On suit alors le parcours de Théo qui navigue entre sa mère et son père. Des parents qui préfèrent ne pas voir le malaise de leur fils pour se concentrer sur leurs propres déboires engendrés par la faillite du couple et se satisfont de leur stratégie d’évitement que l’enfant a bien intégré : « Très vite, Théo a appris à jouer le rôle qu’on attendait de lui. Mots délivrés au compte-gouttes, expression neutre, regard blasé. Ne pas donner prise. Des deux côtés de la frontière, le silence s’est imposé comme la meilleure posture, la moins périlleuse. »
Le goût de la liberté aura pour lui celui de la vodka ou du rhum. Entraînant Mathis, son camarade classe, il va trouver une cachette dans l’établissement scolaire où ils pourront ingurgiter des doses de plus en plus fortes d’alcool.
Cécile, la mère de Mathis, s’alarme à son tour. Mais son fils cache son jeu, balaie ses doutes…
Comme l’écrit fort justement Bernard Pivot dans le JDD, le roman « est une plongée passionnante dans les relations compliquées d’un inévitable trio: parents, adolescents, enseignants. » La démission des uns et la duplicité des autres de même que le pouvoir que peuvent exercer les uns sur les autres font que la peur s’immisce dans les relations et brouille les messages. La déloyauté l’emporte sur la loyauté, même si au bout du compte personne n’est vraiment dupe: « C’est étrange, d’ailleurs, cette sensation d’apaisement lorsqu’enfin émerge ce que l’on refusait de voir mais que l’on savait là, enseveli pas très loin, cette sensation de soulagement quand se confirme le pire. »
Comme dans Les heures souterraines les personnes que la vie n’a pas épargnées sont au centre de ce court roman, coupant comme une lame de rasoir et dont je gage que vous serez très impatients de connaître l’issue.

Les Loyautés
Delphine de Vigan
Éditions JC Lattès
Roman
208 p., 17 €
EAN : 9782709661584
Paru le 3 janvier 2018

Ce qu’en dit l’éditeur
« J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas.»
Théo, enfant du divorce, entraîne son ami Mathis sur des terrains dangereux. Hélène, professeur de collège à l’enfance violentée, s’inquiète pour Théo : serait-il en danger dans sa famille ?
Quant à Cécile, la mère de Mathis, elle voit son équilibre familial vaciller, au moment où elle aurait besoin de soutien pour protéger son fils.
Les loyautés sont autant de liens invisibles qui relient et enchaînent ces quatre personnages.

Les critiques
Babelio
ELLE 
Blog Carobookine 
Blog My pretty Books 


Delphine de Vigan lit un extrait de Les Loyautés © Production Hachette France

Les premières pages du livre 
« Ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres – aux morts comme aux vivants –, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d’ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de nos mémoires.
Ce sont les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment. Nos ailes et nos carcans.
Ce sont les tremplins sur lesquels nos forces se déploient et les tranchées dans lesquelles nous enterrons nos rêves. »

HÉLÈNE
J’ai pensé que le gamin était maltraité, j’y ai pensé très vite, peut-être pas les premiers jours mais pas longtemps après la rentrée, c’était quelque chose dans sa façon de se tenir, de se soustraire au regard, je connais ça, je connais ça par cœur, une manière de se fondre dans le décor, de se laisser traverser par la lumière. Sauf qu’avec moi, ça ne marche pas. Les coups je les ai reçus quand j’étais gosse et les marques je les ai cachées jusqu’au bout, alors à moi, on ne me la fait pas. Je dis le gamin parce que franchement il faut les voir, les garçons, à cet âge-là, avec leurs cheveux fins comme ceux des filles, leur voix de petit poucet, et cette incertitude qui colle à leurs mouvements, il faut les voir s’étonner grands yeux écarquillés, ou se faire engueuler, mains nouées derrière le dos, la lèvre tremblotante, on leur donnerait le bon Dieu sans confession. Pourtant, il n’y a aucun doute, c’est à cet âge-là que ça commence, les vraies conneries. »

À propos de l’auteur
Née en 1966 à Boulogne-Billancourt, Delphine de Vigan se lance à 21 ans dans la vie active, après une formation au Celsa. En 2002, elle est directrice d’études dans un institut de sondage quand elle publie sous pseudonyme (Lou Delvig) son premier livre, Jours sans faim. Des nouvelles et trois romans plus tard – dont No et moi et Les Heures souterraines – l’écrivaine créé l’événement avec Rien ne s’oppose à la nuit, portrait de sa mère bipolaire, suicidée en 2008.
Plus d’un million d’exemplaires vendus. Le succès, fulgurant, fragilise son auteure: qu’écrire après? Comment revenir au roman d’imagination? Ce séisme donnera naissance à D’après une histoire vraie, salué par le prix Renaudot 2015. Les Loyautés confirme que, pour Delphine de Vigan, rien ne s’oppose à la fiction. (Source : Magazine Lire)

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Bakhita

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Voici cinq bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que Véronique Olmi est l’une de nos meilleures prosatrices, ayant publié une douzaine de romans, deux recueils de nouvelles et neuf pièces de théâtre et que son précédent roman, J’aimais mieux quand c’était toi (disponible en livre de poche) m’a beaucoup plu.

2. Parce que la genèse de Bakhita est déjà très romanesque. Comme l’a raconté Véronique Olmi à Pascale Frey, elle a découvert Bakhita par hasard, « alors que je visitais une église en Touraine. Il y avait son portrait. J’ai été happée par ce visage et, une fois rentrée chez moi, je l’ai vulgairement “googlelisée”. Il n’existait rien sur elle, à l’exception d’un ouvrage ancien et officiel, “Storia meravigliosa”. J’étais en train de travailler sur un prochain roman, j’ai tout jeté, et filé en Italie. »

3. Parce que ce roman est basé sur une histoire vraie est le fruit d’une belle enquête. Il nous propose un voyage à la fin du XIXe siècle au Darfour, sur les pas d’une fille arrachée à sa famille à l’âge de 7 ans pour devenir esclave. De propriétaire en propriétaire, elle va passer du consul d’Italie à un couple de Vénitiens avant d’être affranchie et de devenir religieuse. Elle sera finalement canonisée par Jean-Paul II.

4. Pour ce message de l’auteur, pioché dans un entretien accordé à Paris Match: « Ce livre a mis ma vie entre parenthèses pendant deux ans. J’ai été passionnée par Bakhita, je me relevais la nuit pour écrire. Mais je ne voudrais pas recommencer ce parcours. J’espère que mon roman amènera à des réflexions sur le racisme et les différences. Qu’on soit davantage dans le silence et moins dans le jugement. »

5. Parce que l’une de mes romancières préférées, Karine Tuil, est enthousiaste : « Un roman profond et émouvant qui s’annonce déjà comme l’un des textes phares de la rentrée. »

Bakhita
Véronique Olmi
Éditions Albin Michel
Roman
464 p., 22,90 €
EAN: 9782226393227
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.
Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.
Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.
Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Les critiques
Babelio 
Paris Match (Valérie Trierweiler)
Le Temps (Lisbeth Koutchoumoff)
Pélerin.com (Muriel Fauriat, entretien avec l’auteur)
Blog Pretty Books
Blog Entre les lignes (Bénédicte Junger)
Blog Une souris et des livres 


Véronique Olmi présente Bakhita lors de la présentation de la rentrée littéraire © Éditions Albin Michel.

Véronique Olmi évoque son roman Bakhita © Europe 1

Les premières pages du livre
« Elle ne sait pas comment elle s’appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves. Elle se souvient de mots en arabe, en turc, en italien, et elle parle quelques dialectes. Plusieurs viennent du Soudan et un autre, de Vénétie. Les gens disent : « un mélange ».. Elle parle un mélange et on la comprend mal. On doit tout redire avec d’autres mots. Qu’elle ne connaît pas. Elle lit avec une lenteur passionnée l’italien et elle signe d’une écriture tremblante, presque enfantine. Elle connaît trois prières en latin. Des chants religieux qu’elle chante d’une voix basse et forte.
On lui a demandé souvent de raconter sa vie, et elle l’a racontée encore et encore, depuis le début. C’est le début qui les intéressait, si terrible. Avec son mélange, elle leur a raconté, et c’est comme ça que sa mémoire est revenue. En disant, dans l’ordre chronologique, ce qui était si lointain et si douloureux. Storia meravigliosa. C’est le titre de la brochure sur sa vie. Un feuilleton dans le journal, et plus tard, un livre. Elle ne l’a jamais lue. Sa vie, à eux racontée. Elle en a été fière et honteuse. Elle a craint les réactions et elle a aimé qu’on l’aime, pour cette histoire, avec ce qu’elle a osé et ce qu’elle a tu, qu’ils n’auraient pas voulu entendre, qu’ils n’auraient pas compris, et qu’elle n’a de toute façon jamais dit à personne. Une histoire merveilleuse. Pour ce récit, sa mémoire est revenue. Mais son nom, elle ne l’a jamais retrouvé. Elle n’a jamais su comment elle s’appelait. Mais le plus important n’est pas là. Car qui elle était, enfant, quand elle portait le nom donné par son père, elle ne l’a pas oublié. Elle garde en elle, comme un hommage à l’enfance, la petite qu’elle fut. Cette enfant qui aurait dû mourir dans l’esclavage a survécu, cette enfant était et reste ce que personne n’a jamais réussi à lui prendre »

Extrait
« Ils avancent dans le bruit lourd des chaînes. Ils se traînent, frappent la terre de leur malheur. c’est le bruit du fer qui claque et gémit dans le vent. La longue file des épuisés et des mourants. Leurs grimaces de douleur et leurs lèvres brûlées. Leurs yeux aveugles. Leur peau déchirée. Et on dirait que ce n’est pas une caravane qui passe, mais une seule personne, une seule douleur qui pose son pas sur la plaine et l’écrase. »

À propos de l’auteur
Comédienne, romancière et dramaturge, Véronique Olmi a publié une douzaine de romans, deux recueils de nouvelles et neuf pièces de théâtre. Ses trois derniers romans et deux pièces de théâtre sont parus chez Albin Michel: Nous étions faits pour être heureux (2012), La nuit en vérité (2013), Une séparation (2014), J’aimais mieux quand c’était toi (2015) et Un autre que moi (2016). (Source : Éditions Albin Michel)

Site Wikipédia de l’auteur 
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Cœur-Naufrage

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En deux mots
Lyla a passé le cap de la trentaine et se retrouve sans réelles perspectives jusqu’au jour où Joris, qu’elle a rencontré l’été de ses seize ans, lui laisse un message. Commence alors une drôle de partie de ping-pong. Entre eux, mais aussi entre le passé et leur présent.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Cœur-Naufrage
Delphine Bertholon
Éditions JC Lattès
Roman
304 p., 20 €
EAN : 9782709658447
Paru en mars 2017

Où?
Le roman se déroule en France, notamment sur la côte landaise.

Quand?
L’action se situe de 1998 à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
« Certains jours, je m’attends des heures et ne me rejoins jamais. » À bientôt trente-quatre ans, Lyla est tenaillée par le sentiment de passer à côté de l’existence. Elle enchaîne les fiascos amoureux, accumule les névroses et attend, sans trop savoir quoi. Jusqu’au jour où un étrange message la ramène dix-sept ans en arrière. Cet été-là, sur la côte basque, tout allait basculer…

Ce que j’en pense
Delphine Bertholon n’a pas son pareil pour happer le lecteur, pour lui offrir un épisode-choc et, à partir de là, faire monter la tension. Dès lors, il ne pourra plus lâcher le livre. C’était le cas dans Les corps inutiles et c’est encore le cas dans son nouveau roman qui met en scène une trentenaire qui regarde la vie lui filer entre les doigts sans vraiment essayer de bousculer son quotidien de traductrice littéraire. C’est alors qu’un message sur son répondeur va la secouer. Car elle se remémore son été 1998 et ce fameux épisode-choc.
Il a lieu sur la côte landaise où elle passe ses vacances. L’ambiance n’est pas vraiment à l’harmonie et à la détente. Aussi décide-t-elle de partir en vélo sur les chemins qui bordent la plage. Un moment d’inattention plus tard et elle chute et fait sauter la chaîne du vélo. Ne parvenant pas à réparer, elle va demander de l’aide à trois jeune surfeurs âgés d’une vingtaine d’année qui l’accueillent dans leur van. La conversation s’engage, le temps passe. Du haut de ses seize ans, Lyla se la joue femme libérée. On fume, on boit. Finalement Joris décide d’accompagner Lyla jusqu’à son vélo. Au fil du livre, on va comprendre que ce qui les rapproche, c’est d’abord une aversion commune pour leurs géniteurs. Lyla ne supporte plus sa mère Elaine, Joris ne s’entend plus avec son père. La haine-père et la haine-mère comme viatique.
Ils vont tout à tour nous livrer leur version des faits, retracer leur état d’esprit, leurs émotions, leur liaison aussi brève que passionnelle.
«Je vis avec cette chose-là depuis dix-sept ans, tapie au fond des os comme une excroissance dont je suis seule consciente, une boule de douleur brûlante comme un soleil. Cette chose-là m’a construite, définie, aggravée, et le sentiment d’avoir pris la bonne décision ne rend pas le présent plus facile. »
Delphine Bertholon orchestre brillamment le chassé-croisé entre les deux protagonistes et entre les deux époques et tend leurs interrogations et leur mal-être comme un fil rouge. On sent bien que depuis leur séparation leur vie reste comme bloquée, que leur parcours est entravé. « L’absence de choix est une abomination, et ce, même si l’existence est une suite de non-choix. On aimerait croire le contraire mais, en vérité, on passe son temps à jongler entre la peste et le choléra. »
Lyla cherche dans son métier un dérivatif, trouve un soutien auprès de son amie Camille, Joris a voulu construire une vie de famille classique, épousant Camille qui tentera bien de panser sa blessure. Mais rien n’y fera. Après 17 ans, le choc est violent : « Je croyais l’avoir oubliée, mais les parfums réactivent la mémoire mieux que n’importe quoi d’autre et, à peine montée dans le véhicule, ma jeunesse tout entière me sauta à la gorge. »
Mais peut-on (re)construire une vie sur la frustration, l’attente ? Joris saura-t-il sauver ce cœur naufragé? Lyla résistera-t-elle à son (in)confort quotidien pour une nouvelle aventure incertaine ? Avec beaucoup de subtilité, l’auteur nous démontre que les choses ne sont pas figées et que les faiblesses peuvent aussi être des forces, que l’on peut passer de l’ombre à la lumière. Pour la fille dans l’ombre de sa mère, pour la traductrice dans l’ombre des auteurs dont elle adapte les textes.
Delphine Bertholon progresse livre après livre. Cœur-Naufrage en apporte la preuve éclatante!

Autres critiques
Babelio 
Blog Cultur’Elle (Caroline Doudet)
Blog T Livres T Arts
Blog Les lectures du mouton (Virginie Vertigo)
Blog du petit carré jaune (Sabine Faulmayer)
Café littéraire gourmand
Blog L’Insatiable (Charlotte Milandri)
Blog Les chroniques de Koryfée (Karine Fléjo)
Blog Les livres de Joëlle (Joëlle Guinard)
Blog Kanoubook
Blog Collibris (entretien avec l’auteur)
Blog Les Petits Livres by smallthings

Les premières pages du livre

Extrait
« À quinze ans, à seize ans, on ne peut pas mourir. On pense sans arrêt à la mort, on écrit des poèmes avec du spleen dedans, on a souvent envie de se tailler les veines, suicide au bord des lèvres. Mais en vérité, on ne peut pas mourir. À quinze ans, à seize ans, on est tellement en vie que c’est le monde entier qui crève autour de soi, dans les lumières noires des pistes souterraines.
À dix-sept ans, on aimerait tuer… Même si pour cela, il est déjà trop tard. »

A propos de l’auteur
Delphine Bertholon est l’auteur de Twist, L’Effet Larsen, du très remarqué Grâce et, plus récemment, du Soleil à mes pieds et des Corps inutiles, tous parus chez Lattès. Dans Cœur-Naufrage, elle sonde le poids des non-dits dans nos trajectoires, et célèbre la beauté singulière des accidents de la vie. Elle vit à Paris, dans le 11e arrondissement. (Source : Éditions JC Lattès)

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Marquée à vie

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Marquée à vie
Emelie Schepp
Éditions Harper Collins Noir
Thriller
traduit de l’anglais (États-Unis) par Louis Poirier
416 p., 18,90 €
EAN : 9791033900184
Paru en janvier 2017

Où?
Le roman se déroule en Suède, à Norrköpping , Sandbyhov, Viddviken, Arkosünd et l’île de Grimsö ou encore Stockholm.

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Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Jana Berzelius, le nouveau phénomène suédois
Norrköpping, Suède. La procureure Jana Berzelius arrive sur la scène du meurtre d’un haut responsable de l’Immigration en Suède, assassiné dans sa maison, au bord de la mer Baltique. Le tueur n’a laissé aucune trace. Etrangement, les seules empreintes que l’on retrouve sont celles d’un enfant…
Quelques jours plus tard, sur un rivage désolé, on découvre le corps du meurtrier. Un très jeune garçon. Avec sur la nuque le nom d’un dieu grec, grossièrement gravé dans la chair. Cet horrible stigmate provoque chez Jana, pourtant réputée pour sa froideur, un séisme sans précédent. Car elle porte la même scarification, dissimulée sous ses cheveux. La marque d’un passé qui ne lui revient que par flashs incontrôlables…
Dans l’univers d’Emelie Schepp, le Nord ressemble moins à un tableau mélancolique qu’à un conte cruel d’Andersen. Avec son héroïne aux deux visages qui émeut autant qu’elle surprend, Marquée à vie met progressivement à nu les différentes strates de la violence et les ressorts psychologiques de la survie, grâce à un suspense parfaitement maîtrisé.
La nouvelle reine du polar suédois, «Auteur de l’année 2016» au festival de Gotland

Ce que j’en pense
****
On présente déjà Emelie Schepp comme «la nouvelle reine du polar suédois». Sans aller jusque-là, il faut bien reconnaître que ce premier thriller à mettre en scène la procureure Jana Berzelius s’inscrit avec un vrai pouvoir addictif dans la lignée des Viveca Sten et des Stieg Larsson. Du reste, le scénario emprunte la géographie de l’une et l’histoire de l’autre. Nous sommes à quelques kilomètres de la Baltique et ses centaines d’île, dans un port propice à tous les trafics, de l’alcool à la drogue en passant par les êtres humains.
Le récit débute par la découverte d’un cadavre. Hans Juhlen, le chef du service de l’immigration, est retrouvé assassiné à son domicile par son épouse. Les déclarations contradictoires et les mensonges avérés de cette dernière ne seront toutefois pas suffisants pour l’inculper. D’autant que des empreintes digitales et les enregistrements d’une caméra de surveillance mettent en cause un enfant.
Quand un peu plus tard, on découvrira le cadavre d’un garçon sur la plage, il sera aisé d’établir que ses empreintes coïncident avec celles trouvées sur le lieu du crime.
Toutefois, la découverte du meurtrier de Hans Juhlen pose davantage de questions qu’il n’en résout. Quel est le mobile du crime ? Qui s’est débarrassé du garçon ? Que signifie l’inscription «Thanatos» gravée dans la nuque de ce second cadavre ?
Jana Berzelius pourrait peut-être apporter un début de réponse à l’équipe de police de Norrköpping chargée de l’enquête. Car sa nuque porte également une inscription de ce type. Les trois lettres «Ker» qu’on y a gravé sont aussi issues de la mythologie grecque, Ker ou plus précisément les Kères étant les sœurs de Thanatos, dieu de la mort. Il se trouve cependant que la procureure n’a aucun souvenir de l’époque où elle a été ainsi Marquée à vie.
Le lecteur, quant à lui, peut prendre un peu d’avance sur les enquêteurs. Emelie Schepp insère en effet le récit originel – l’arrivée de clandestins dans un container sur les côtes suédoises – au fil de l’enquête, si bien que l’on comprend très vite que Berzelius est le nom des parents adoptifs de Jana et que son parcours est bien loin d’être aussi lisse que ses collègues peuvent le penser, elle qui a pris la succession de son père dans la fonction.
L’enquête va dès lors se dédoubler. On découvre d’une part que Hans Juhlen possédait lui aussi une part d’ombre, usant de son pouvoir pour forcer les immigrées à avoir des relations sexuelles avec lui, contre la promesse d’un permis de séjour. Jusqu’au jour où le frère d’une victime décide de le faire chanter après avoir pris des photos compromettantes. Sa femme se chargera de payer les 40000 couronnes mensuelles réclamées en échange du silence du maître-chanteur.
Dans l’ordinateur du fonctionnaire-violeur une série de chiffres et de lettres intriguent aussi les enquêteurs. Ils finiront toutefois par trouver la clé de cette énigme : ces codes sont des immatriculations de containers venant du Chili et qui ont mystérieusement disparu.
Jana, qui depuis le choc de la découverte de «Thanatos» mène sa propre enquête, va finir par retrouver son histoire ainsi que les acteurs du drame qu’elle a vécu. Au fur et à mesure que le filet se resserre sur les commanditaires des crimes, il va lui falloir jouer sur du velours. Pourra-t-elle assouvir sa vengeance avant que les enquêteurs n’arrêtent le chef du réseau ? Ne va-t-elle pas finir par devoir tomber le masque et révéler qu’elle fait partie des victimes de ce réseau ?
Avec un vrai sens de l’intrigue et quelques rebondissements qui viennent contrarier l’évolution par trop prévisible de l’enquête, on comprend que ce thriller ait trouvé un très large public et qu’il soit traduit dans près d’une trentaine de pays. Le personnage de Jana Berzelius, qui a dû se construire après l’assassinat de ses parents et une éducation au meurtre – il fallait tuer pour survivre – offre en outre suffisamment de coins secrets pour rendre non seulement cette enquête passionnante, mais également la suite que l’on attend déjà avec impatience !

Autres critiques
Babelio http://www.babelio.com/livres/Schepp-Marquee-a-vie/900333
Blog Zonelivre.fr http://nordique.zonelivre.fr/emelie-schepp-marquee-a-vie/
Blog Andrée la papivore http://andree-la-papivore.blogspot.ch/2017/01/marquee-vie-demelie-schepp.html

Extrait
« Même si cela faisait partie de son travail, Henrik avait du mal à côtoyer la mort de près. Au bout de sept ans, il devait encore se faire violence pour conserver une expression neutre quand on lui montrait un corps.
Jana, elle, ne semblait pas troublée le moins du monde. Son visage était impassible et Henrik se surprit à se demander si quelque chose était susceptible de la faire réagir. Des dents cassées, des orbites vides, des mains ou des doigts coupés ne suffisaient pas. Pas plus que les langues déchiquetées et les brûlures au troisième degré. Il le savait pour avoir assisté avec elle à des autopsies de cadavres atrocement mutilés. En sortant, il était allé vider ses tripes. Pas elle. »

À propos de l’auteur
Née en Suède, à Motala, Emelie Schepp appartient à la nouvelle génération d’écrivains nordiques, celle qui a succédé à des auteurs mondialement connus, comme Stieg Larsson. Après avoir remporté un prix d’Art dramatique et travaillé dans la publicité, Schepp fait des débuts très remarqués avec Marquée à vie, le premier volume de sa série «Jana Berzelius». Déjà vendue dans 27 pays à ce jour, cette trilogie a conquis 200 000 lecteurs rien qu’en Suède. (Source : Éditions Harper Collins)

Page Facebook de l’auteur (en anglais)

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Tropique de la violence

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Tropique de la violence
Nathacha Appanah
Éditions Gallimard
Roman
192 p., 17,50 €
EAN : 9782070197552
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule à Paris, puis prend très vite la direction de Mayotte et plus précisément à Passamainti, Dembeni, Bandrele, Kani Keli, Mamoudzou, Bandrakouni, Kaweni ou encore la plage de Moya.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
«Ne t’endors pas, ne te repose pas, ne ferme pas les yeux, ce n’est pas terminé. Ils te cherchent. Tu entends ce bruit, on dirait le roulement des barriques vides, on dirait le tonnerre en janvier mais tu te trompes si tu crois que c’est ça. Écoute mon pays qui gronde, écoute la colère qui rampe et qui rappe jusqu’à nous. Tu entends cette musique, tu sens la braise contre ton visage balafré? Ils viennent pour toi.»
Tropique de la violence est une plongée dans l’enfer d’une jeunesse livrée à elle-même sur l’île française de Mayotte, dans l’océan Indien. Dans ce pays magnifique, sauvage et au bord du chaos, cinq destins vont se croiser et nous révéler la violence de leur quotidien.

Ce que j’en pense
De ce beau roman polyphonique, on retiendra d’abord la voix de Marie, bouleversante. Elle nous retrace une vie que l’on pourrait appeler ordinaire. Celle d’une jeune fille qui choisit d’être infirmière et qui, à 26 ans, croise Chamsidine dans les couloirs de l’hôpital. Il est beau et l’envoûte avec les histoires de son île nichée dans le canal du Mozambique.
Deux ans plus tard, elle est mariée et habite à Mayotte. « Je respire l’odeur de ce pays que j’affectionne, je regarde le fond de l’eau, j’admire les femmes. J’aime observer les enfants qui viennent plonger dans la rade. » Une certaine idée du bonheur qui va se fracasser sur le tropique de la violence. Trompé par un mari qui n’a pu résister au charme des autochtones, Marie demandera le divorce en échange de la reconnaissance d’un bébé qui lui est confié. Moïse, ce nouvel amour va grandir, devenir un beau garçon plein de promesses avant de basculer au moment de l’adolescence, de se révolter. À la recherche de ses racines, c’est un sentiment de colère et de frustration qui domine au moment où il apprend la vérité sur ses origines. Il se sent « un moins que rien, une merde ». Il ne sera pas là le jour où sa mère s’effondre mortellement dans sa maison. Le jeune homme sera devenu un Djinn, un «être malfaisant» avec un œil vert et un œil noir, un assassin.
Avec une belle habileté narrative Nathacha Appanah démonte ce système et nous fait toucher du doigt la «vraie vie» sur ce bout de France à 8000 km de Paris.
Voilà Moïse qui prend la parole et raconte comment il en est arrivé à prendre une arme et tuer Bruce, pourquoi il ne lui reste de sa mère qu’une carte d’identité, son foulard en soie et le livre L’enfant et la rivière. Voici Bruce qui raconte comment on devient le chef de Gaza, ce bidonville qui ne peut être régi que par la force, par la violence et où tous seuls les trafics en tous genres font office d’emploi. Voici encore les voix d’Olivier, le policier qui ne peut que constater son impuissance ou encore celle de Stéphane, parti de France plein de bonne volonté au service d’une ONG prête à apporter son aide humanitaire et qui verra lui aussi s’envoler toutes ses illusions. En accueillant Moïse, il aura peut-être même provoqué sa perte.
Au fil du roman, le lecteur constate avec désarroi combien cet endroit qui aurait pu être paradisiaque respire la violence, l’ignorance et le dégoût. Si, en réalité, tous les enfants qui naissaient là, où arrivaient des îles voisines en quête de France, n’étaient pas foutus d’avance et avec eux, « tous les garçons et les filles nés comme eux, au mauvais endroit, au mauvais moment. »
Poursuivant son œuvre, l’auteur s’affirme. À la famille, un thème déjà très présent dans En attendant demain et dont elle nous offre une nouvelle variation ici, vient se greffer la question des origines admirablement traité par les différentes voix qui s’expriment successivement ainsi que celle plus politique du destin de ces petits bouts de France qui ne sont plus depuis bien longtemps la priorité des gouvernements, sinon pour illustrer la chronique des faits divers et alimenter les discours xénophobes.
On ne peut que souhaiter qu’un Prix littéraire mette encore davantage ces questions en lumière.

Autres critiques
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Extrait
« J’ai bientôt trente-trois ans et ce soir-là, le 3 mai, je travaille. Il pleut à verse depuis plusieurs jours, il n’y a pas grand monde et je suis dans la salle des infirmières, seule, à lire. Je n’ai plus d’amis, je ne vois plus ceux qui me connaissaient quand j’étais avec Cham. De toute façon, je n’ai plus envie de ces choses-là, les soirées au clair de lune, les bavardages sur le pays, sur la misère, sur la décrépitude. Il n’y a que Patrick, l’aide-soignant, qui m’adresse encore la parole. Parfois quand je le vois avec sa chemise à fleurs, son ventre en goutte d’huile, quand je surprends son regard de chasseur sur les jeunes femmes noires, j’essaie d’imaginer le Patrick qui est arrivé à Mayotte il y a quinze ans avec femme et enfants. Avait-il cette odeur de cigarette, de sueur et d’eau de Cologne
sur lui, avait-il déjà fermé son cœur et sa tête, imaginait-il passer ses vendredis soir à la discothèque Ninga, assis comme un nabab, entouré de jeunes Comoriennes et Malgaches qui se parfument le sexe au déodorant ?
Avait-il au moins essayé de résister ou avait-il tout envoyé balader quand il avait compris le pouvoir qu’a un homme blanc ici ? Mais je ne le juge pas, ce pays nous broie, ce pays fait de nous des êtres malfaisants, ce pays nous enferme entre ses tenailles et nous ne pouvons plus partir. » (p. 20)

A propos de l’auteur
Nathacha Appanah est née le 24 mai 1973 à Mahébourg ; elle passe les cinq premières années de son enfance dans le Nord de l’île Maurice, à Piton. Elle descend d’une famille d’engagés indiens de la fin du XIXe siècle, les Pathareddy-Appanah.
Après de premiers essais littéraires à l’île Maurice, elle vient s’installer en France fin 1998, à Grenoble, puis à Lyon, où elle termine sa formation dans le domaine du journalisme et de l’édition. C’est alors qu’elle écrit son premier roman, Les Rochers de Poudre d’Or, précisément sur l’histoire des engagés indiens, qui lui vaut le prix RFO du Livre 2003.
Son second roman, Blue Bay Palace, est contemporain : elle y décrit l’histoire d’une passion amoureuse et tragique d’une jeune indienne à l’égard d’un homme qui n’est pas de sa caste. Suivront La Noce d’Anna (2005), Le dernier frère (2007), En attendant demain (2015) et Tropique de la violence.
Ce qui relie tous ces récits, ce sont des personnages volontaires, têtus, impliqués dans la vie comme s’il s’agissait toujours de la survie. Les récits de Nathacha Appanah sont simples comme des destinées, et leurs héros ne renoncent jamais à consumer leur malheur jusqu’au bout. L’écriture, comme chez d’autres écrivains mauriciens de sa génération, est sobre, sans recours aux exotismes, une belle écriture française d’aujourd’hui. Quant aux sujets, ils évoquent certes l’Inde, Maurice, ou la femme : mais on ne saurait confondre Nathacha Appanah avec une virago des promotions identitaires. (Source : Lehman collège)

Site Wikipédia de l’auteur 

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