Nézida

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En deux mots:
Née en 1856 à Comps dans la Drôme, Nézida est décédée vingt-huit ans plus tard. Si sa vie mérite un roman, c’est parce qu’elle portait en elle une farouche volonté de faire bouger les choses, de quitter son village natal et de devenir infirmière, voire médecin.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

Nézida, en route vers l’émancipation

Nézida Cordeil, 1856-1884. C’est en découvrant une photographie de cette jeune femme que Valérie Paturaud a décidé d’en savoir plus et de nous raconter la vie de cette féministe avant l’heure. Un premier roman réussi.

Il y a quelques années maintenant, Valérie Paturaud s’est installée à Dieulefit et s’est intéressée à l’histoire de sa ville et de sa nouvelle région. Elle a alors appris que ce coin de la Drôme était connu pour être haut lieu du protestantisme et de la Résistance. En cherchant à en savoir davantage, elle a trouvé une photographie de femme portant la mention «Nézida Cordeil, 1856-1884». Intriguée par ce prénom peu usuel, elle est alors partie sur les traces de cette femme avant de choisir de la faire revivre dans son premier roman.
Elle nous entraîne dans la seconde moitié du XIXe siècle, du Second Empire aux débuts de la Troisième République dans ce coin de France où de nombreux Vaudois venus d’Italie ont trouvé refuge. La Drôme est alors le quatrième département le plus protestant de France et compte 26 pasteurs réformés. Et s’ils «prônaient davantage le réveil religieux que le combat politique», ils n’en instillaient pas moins dans l’esprit de leurs concitoyens de petites graines d’idées nouvelles. Il n’est de ce fait pas trop étonnant de voir Nézida s’interroger sur sa vie, son rôle et ses ambitions. Mais ne brûlons pas les étapes et revenons sur les jeunes années de cette femme étonnante. À l’image de sa fratrie et de ses amis, son destin semblait tout tracé. À Comps, dans son village natal, il fallait travailler la terre, essayer de trouver le meilleur parti, avoir des enfants et s’en occuper. Son père imagine par exemple qu’elle pourrait épouser son ami Isidore qui travaille au château, «cette imposante bâtisse qui dominait à la fois le village et ses habitants.» Si l‘idée ne semble pas lui déplaire à priori, elle a dans son caractère ce que certains voient comme un vilain défaut, une insatiable curiosité. Elle veut sans cesse apprendre et découvrir. Aussi décide-t-elle de seconder son Maître d’école après avoir très attentivement suivi ses leçons.
Et quand un jeune homme «venu de l’extérieur» tombe sous son charme, elle y voit le moyen de ses ambitions. Elle épousera André Delaitre et partira s’installer avec lui à Lyon. C’est dans une ville industrielle où les soieries vont connaître leur apogée qu’elle s’intéresse au prolétariat, qu’elle leur tend une main secourable, qu’elle veut ensuite aider en devenant infirmière, partageant ainsi le rêve de son amie Camille.
Si ce roman est réussi, c’est parce que Valérie Paturaud a choisi d’en faire un témoignage polyphonique, donnant tour à tour la parole aux différents acteurs (Voir la liste des personnages ci-dessous), à ses parents, à ses frères et sœurs. On a ainsi un panorama riche et vivant de la société et des opinions de l’époque. On peut aussi lire certains avis tranchés entre ceux qui voient dans cette femme courageuse et intrépide un exemple à suivre et ceux qui pensent que son ambition est démesurée et qu’elle déroge aux règles patriarcales et conjugales. Comme fort souvent, on imagine que la vérité se situe quelque part entre ces deux extrêmes. Que si elle ne s’était pas autant investie durant sa grossesse, elle aurait pu vivre un peu plus longtemps. Mais grâce à Valérie Paturaud, sans doute émue par son destin tragique, elle revit aujourd’hui.

Personnages principaux
Nézida Cordeil
Née le 18 novembre 1856 à Comps dans la Drôme.
Antonin Soubeyran
Né le 3 septembre 1853 à Dieulefit dans la Drôme.
Suzanne Cordeil
Mère de Nézida, née Gougne le 12 mai 1836 à Comps.
Pierre Cordeil
Père de Nézida, né le 12 février 1831 à Comps.
Paul Cordeil
Frère de Nézida, né le 19 septembre 1859 à Comps.
Jean-Louis Cordeil dit Léopold
Frère de Nézida, né le 10 mars 1862 à Comps.
Joséphine
Amie d’enfance de Nézida, née le 28 mars 1857 à Comps.
Jean-Antoine Barnier
Maître d’école de Nézida, né le 5 septembre 1820. Instituteur de 1841 à 1886, à Comps.
Ovide Soubeyran
Frère aîné d’Antonin, né le 11 avril 1851 à Dieulefit.
Henry Soubeyran
Frère puîné d’Antonin, né le 10 décembre 1855 à Dieulefit.
Louise Soubeyran
Mère d’Antonin, née Defaysse en 1816 à Dieulefit, épouse d’Antoine Soubeyran, son cousin germain.
Éliette
Garde-malade de Louise Soubeyran, née en 1861.
Camille Delaitre
Amie de Nézida, née le 30 janvier 1859 à Lyon.
André Delaitre
Mari de Camille, né le 20 février 1850 à Lyon.

Nézida
Valérie Paturaud
Éditions Liana Levi
Premier roman
192 p., 17 €
EAN 9791034902569
Paru le 28/05/2020

Où?
Le roman se déroule en France, principalement dans la Drôme, à Dieulefit et Comps ainsi qu’à Lyon.

Quand?
L’action se situe de 1856 à 1884.

Ce qu’en dit l’éditeur
Septembre 1884. Nézida. Ils parlent d’elle. Ils ont grandi ensemble, l’ont côtoyée à l’école et au temple, au hameau et au village lors des marchés et des fêtes. Elle est de retour parmi eux, sur les hautes terres de la Drôme provençale où s’accrochent les familles protestantes depuis des siècles. C’est là qu’elle a été baptisée d’un prénom singulier. Elle a choisi la liberté et l’indépendance. Elle a su ne pas être captive d’une vie toute tracée et s’épanouir à la ville, Lyon. Sur son passage, elle n’a cessé de soulever l’étonnement et la réprobation. Et l’admiration aussi, même chez ceux qui ne pouvaient comprendre son opiniâtreté à ne rien renier, ni les siens ni elle-même, et accepter sa volonté d’être une femme inscrite dans la société, loin des frivolités mondaines. Une vie trop brève, fulgurante comme le vent sur les pierres de Dieulefit.

Les critiques
Babelio
Lecteurs.com
Page des libraires (Nathalie Jakobowicz, Librairie Le Phare, Paris)
RCF (Le livre de la semaine)


La rentrée de printemps des auteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes 2020 / Entretien avec Valérie Paturaud à propos de Nézida © Production Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture

INCIPIT (Les premières pages du livre)
« Silence.
Silence dans la maison. Pénombre et silence, les volets sont presque clos et impriment leur ombre de craie grise sur les murs qui soutiennent encore ce qui reste de vie. La bise noire s’insinue déjà en cette fin septembre. Un vent glacial et puissant venu du nord étouffe de ses voiles sombres les collines et balaie de mauve la terre. Il malmène les âmes comme les bêtes. Les légendes courent… Les hommes deviendraient fous, les femmes hystériques, les crimes commis ces jours de grand vent seraient amnistiés.
Le loquet du volet s’agite par bourrasques ; son battement ponctue l’absence de mouvement dans la pièce sombre. Quelques pommes sur la table, un reste de pain, le couteau, la cruche d’eau.
La tête penchée, le corps maigre mais si lourd, tout le corps vers l’avant, Paul Cordeil pousse de ses doigts une mie de pain, l’éloigne, la reprend, concentré sur cette action infime. Le temps et le silence s’étirent. Il lève un peu la tête, regarde l’horloge. L’aiguille s’est à peine déplacée depuis son dernier coup d’œil. La mie de pain occupe son esprit, le silence est tel qu’il se croit seul.
Près de la cheminée pourtant, une ombre de laine se déplace lentement, attentive à sa tâche. Au gré de ses gestes, lumière et obscurité varient dans la pièce immobile. Elle s’applique à remplir d’eau bouillante la cuvette émaillée, d’un geste sûr, de la marmite à la cuvette. Très lentement, elle se dirige vers l’escalier de bois. Elle passe devant Paul. Il ne s’interrompt pas, ne lève pas la tête. La première marche craque un peu. Ouvrir la porte sans pencher le récipient. Ne pas renverser.
Il fait encore plus sombre dans la chambre où les persiennes sont tirées, protégeant les vitres des assauts du vent. La chambre est simple : une commode sur laquelle la photo d’un soldat fait face au portrait de jeunes mariés. Une couronne sous un globe ovale : petites fleurs blanches, minuscules pétales liés par une fine tige de perles.
Deux chaises de bois clair.
Et le lit en fer.
Des draps blancs tout juste sortis de l’imposante armoire.
Fine, transparente, dans une chemise de nuit boutonnée très haut, le col humide, paupières baissées, longues mains teintées de bleu posées sur les draps amidonnés, un mouchoir de dentelle sur l’oreiller, Nézida dort calmement, désespérément… le souffle imperceptible.
La jeune fille s’avance au bord du lit, écarte un peu le drap. Elle trempe dans la cuvette chaude la serviette rêche qui attendait sur la table de nuit, soulève la chemise grège et pose le linge sur le ventre distendu. Eau fraîche pour le front, eau chaude pour le ventre. Elle fait de son mieux : le médecin viendra, ce soir, accompagné du pasteur, peut-être. La mort qui semble s’inviter dans la maison est bien silencieuse. La jeune fille envoyée par la matrone pensait que mourir était beaucoup plus bruyant. Pas de pleurs, pas de cris, plus de vie déjà. Elle imaginait que la mort s’accompagnait de larmes et de démonstrations effrayantes.
Ce silence la met mal à l’aise. Même les langes blancs dont dépassent quelques mèches brunes ne semblent pas vivants. Pourtant on lui a dit qu’Élise, la nourrice, allait venir allaiter l’enfant. Elle ne lui a pas prêté attention en entrant, lorsque, pour atteindre le broc posé sur la commode, elle a dû contourner le berceau. C’est comme s’il ne contenait rien. C’est ce qui la trouble le plus. Ici rien ne vit ni ne semble voué à vivre. Elle aimerait bien partir mais elle a reçu l’ordre de veiller jusqu’à l’arrivée du médecin. D’habitude elle garde les chèvres, la chienne qui a mis bas, le petit garçon de la voisine, le temps que la mère s’occupe des bêtes. Veiller le silence et l’obscurité, c’est la première fois, et elle n’aime pas ça du tout… mais elle ne peut désobéir, donc elle fait de son mieux.
Eau chaude, eau froide, pousser et retenir le berceau si l’enfant se mettait à remuer, redescendre doucement l’escalier, servir la soupe à l’homme assis, jeter un œil à l’horloge et espérer qu’enfin les voix des voisins, du médecin, du pasteur viennent rompre ce silence. »

À propos de l’auteur
Valérie Paturaud a exercé le métier d’institutrice dans les quartiers difficiles des cités de l’Essonne après avoir travaillé à la Protection judiciaire de la jeunesse. Installée depuis plusieurs années à Dieulefit, elle s’intéresse à l’histoire culturelle de la vallée, haut lieu du protestantisme et de la Résistance. Avec son premier roman, Nézida, elle signe un récit polyphonique intense et émouvant. (Source: Éditions Liana Levi)

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Ne mets pas de glace sur un cœur vide

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Ne mets pas de glace sur un cœur vide
Patrick Besson
Éditions Plon
Roman
175 p., 18 €
EAN : 9782259219266
Paru en janvier 2016

Où?
Le roman se déroule principalement en banlieue parisienne, à Malakoff, Vanves, Châtillon, Montrouge ainsi que Saint-Maur-des-Fossés et Passy. Un séjour à Cannes, un autre à Dakar et au village de vacances du Cap Skirring et un dernier à Linaria sur l’île de Skyros en Grèce sont également évoqués.

Quand?
L’action se situe de 1989 à 1993.

Ce qu’en dit l’éditeur
Dans la banlieue parisienne de Malakoff, Vincent Lagarde séduit les femmes les plus belles malgré son cœur malade et son physique ingrat. Lorsqu’il épouse la sublime Karima, tout le monde cherche la faille…
Malakoff, juillet 1989 : au Café du Carrefour, boulevard Gabriel-Péri, Vincent et Philippe commentent avec ironie le défilé extravagant qui a eu lieu sur les Champs Elysées pour fêter le deux centième anniversaire de la Révolution Française. Vincent, malade du cœur qui attend une greffe, et Philippe, professeur de lettres passionné de vélo et de sexe, sont des voisins qui deviendront des amis, puis des rivaux et enfin des ennemis. À cause d’une belle et brillante veuve algérienne, ils vivront l’aventure la plus singulière et la plus troublante de leur existence.
Au travers de cette tragi-comédie à suspens dont le déroulement surprendra les lecteurs, Patrick Besson (Lettre à un ami perdu, Dara, Les Braban, Mais le fleuve tuera l’homme blanc, Come baby) fait revivre la France de la fin du siècle dernier, continent presque déjà disparu.

Ce que j’en pense
***
Une fois n’est pas coutume, commençons par le – très joli – titre. Cette phrase a été prononcée par Tchekhov avant de mourir. Alors qu’on essayait de le soulager en posant de la glace sur sa poitrine, il eut cette formule : «On ne met pas de glace sur un cœur vide». Le narrateur, ancien professeur à la retraite, se souvient l’avoir lue dans La Vie de Tchekhov d’Irène Némirovsky (Albin Michel, 1946).
Comme tout bon titre, ce dernier est polysémique. Il s’applique à Vincent Lagarde qui est atteint d’une malformation cardiaque et attend une greffe pour ce «cœur vide», mais également à son absence d’amour, car si son passe-temps favori consiste à séduire les plus jolies filles, son cœur reste vide.
Son voisin Philippe – le narrateur – ne comprend pas comment il parvient à ses fins, mais profite largement de la situation. Professeur de lettres à la retraite depuis peu, ce spécialiste de Corneille va occuper son temps dans une ville de banlieue dont «Les rues vides ondulaient en douceur sous le ciel lourd d’ennui» en couchant avec les compagnes successives de Vincent. Ce qui, somme toute, est plus facile que d’écrire un livre : « Dans les librairies où j’erre depuis quarante ans à la recherche de mon premier roman non paru car pas commencé, je trouve, y compris dans les œuvres de fiction, des recettes pour aimer et être aimé, aider et être aidé, comprendre et être compris. »
Le roman commence en 1989 avec Vanessa qui est infirmière et découvre avec Philippe la sensualité d’un voyage sur son cadre de vélo. Car l’ami du cardiaque est un sportif athée : «Il m’arrive de prier le ciel, mais uniquement quand il s’agit de femmes. Ou de vélo. Seigneur, aide-moi à gravir cette côte.»
Une qualité non négligeable, car elle va permettre à Vanessa de constater qu’elle peut faire l’amour «sans y aller mollo». Ce qui va assez vite lui ouvrir d’autres perspectives, notamment dans l’hôpital où elle travaille et où elle entrevoit un avenir plus radieux.
Son départ ne laissera toutefois pas un immense vide, car très vite Sonia viendra réchauffer la place vacante. Après avoir fait l’expérience d’un mari par trop volage, cette belle coiffeuse antillaise va chercher le calme et la fidélité auprès de Vincent qui ne peut « vivre seul pour une raison à la fois médicale et métaphysique : n’étant personne, s’il ne vivait pas avec quelqu’un, il ne vivait pas et donc mourait. »
Sonia est aussi tout à fait au goût de son copain de bistrot. Après avoir refait le monde et commenté l’actualité souvent la plus futile, le deux centième anniversaire de la Révolution française, la querelle entre Inès de la Fressange et Lagerfeld, les débuts très bruyants de Monica Seles sur un court de tennis, il profite des absences du voisin du dessous pour accueillir la sublime trentenaire. Sans chercher à savoir si ce dernier est au courant de son petit manège. Après tout, il aurait pu se douter qu’«un célibataire sportif pas pédé, c’est un danger pour tous les couples, surtout s’il est connu pour coucher avec les femmes mariées.» Avant et après les galipettes avec Sonia, Philippe va assister à la visite de Mandela à Paris et regarder le 724e et dernier numéro d’Apostrophes.
Si ce roman tourne autour des femmes et de la relation entre Vincent et Philippe, il est d’abord et avant tout le reflet d’une époque. Avec un sens inné de la formule, Patrick Besson nous replonge dans cette époque où internet et le téléphone portable n’existaient pas. Du coup, on se rend compte combien cette époque – que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître – est à des années-lumière d’aujourd’hui. Une époque où l’on apprenait à jouer du piano debout, juste avant que Michel Berger ne meure, une époque où «beaucoup de professeurs étaient barbus. Maintenant, c’est tout le monde.»
Une époque aussi où les femmes ne portaient plis comme prénom Catherine ou Brigitte, mais se terminaient en « A ». Vanessa, Sonia, Aminata et la splendide Karima qui va débouler dans la vie de Vincent et Philippe. C’est à cette agent immobilier que l’auteur va offrir de dénouer le drame qui sourd. En dévoilant son secret, qu’un lecteur attentif n’aura guère de peine à deviner, elle viendra clore ce joli récit aussi nostalgique que riche d’aphorismes, aussi drôle que poétique.
Dépêchez-vous de le lire, car «c’est toujours difficile de causer avec quelqu’un qui n’a pas lu les mêmes livres que vous : on doit s’adapter à son langage car il ne pourra jamais s’exprimer dans le vôtre.»

Autres critiques
Babelio 
Le Figaro (Mohammed Aissaoui)
Le Point (Christian Giudicelli)
Blog L’écran à la page 
Courrier Picard (Philipe Lacoche)
Salon littéraire (Annick Geille)

Extrait
« Le lendemain de sa rencontre avec Karima – c’était un samedi –, Vincent attendit onze heures du matin pour rappeler au domicile de l’inconnue de Pablo-Neruda. Répondeur. On a oublié ces grosses machines que les jolies filles laissaient branchées en permanence. C’est avec elles qu’elles ont commencé à torturer les hommes un peu mieux qu’avant. Vincent ne laissa pas de message, certain que pour un motif mystérieux, la femme s’était moquée de lui. » (p. 00-00)

A propos de l’auteur
Patrick Besson, depuis plus de quatre décennies, construit une œuvre diverse et multiforme, parmi laquelle il faut citer Dara (grand prix du roman de l’Académie française en 1985) et Les Braban (Prix Renaudot en 1995). Il poursuit par ailleurs une carrière de journaliste et de polémiste engagé, à la verve parfois meurtrière mais toujours pleine d’humour et de tendresse humaine. (Source : Éditions Stock & Plon)

Site Wikipédia de l’auteur

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Continuer

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Continuer
Laurent Mauvignier
Éditions de Minuit
Roman
240 p., 17 €
ISBN: 9782707329837
Paru en septembre 2016

Où?
Le roman se déroule à Bordeaux et dans la région, comme à Lacanau, Hossegor, à Projan, à Paris, à Nantes, Tours, dans le Berry ou le Sud de l’Italie, puis au Kirghizistan, dans la région de Bichkek et Osh.
Quand?
L’action se déroule de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Sibylle, à qui la jeunesse promettait un avenir brillant, a vu sa vie se défaire sous ses yeux. Comment en est-elle arrivée là ? Comment a-t-elle pu laisser passer sa vie sans elle ? Si elle pense avoir tout raté jusqu’à aujourd’hui, elle est décidée à empêcher son fils, Samuel, de sombrer sans rien tenter.
Elle a ce projet fou de partir plusieurs mois avec lui à cheval dans les montagnes du Kirghizistan, afin de sauver ce fils qu’elle perd chaque jour davantage, et pour retrouver, peut-être, le fil de sa propre histoire.

Ce que j’en pense
Durant les vingt premières pages du nouveau roman de Laurent Mauvignier, on vit au rythme d’une expédition à cheval dans les plaines et les plateaux du Kirghizistan.
Sybille a choisi d’emmener son fils Samuel dans cette région d’Asie centrale pour partager avec lui sa passion pour la randonnée, mais aussi pour lui faire changer d’air. Car Samuel file un mauvais coton. Retour en arrière, quelques semaines plus tôt.
Look de skinhead, désœuvrement, alcool et drogue, sans oublier la dernière virée dans une villa de Lacanau et cette tentative de viol qui lui vaut de finir à la gendarmerie.
Sybille, qui élève seule son fils, est également au bout du rouleau. Depuis son divorce, elle se laisse aller, n’a plus vraiment goût à rien. C’est un peu en désespoir de cause qu’elle appelle son ex-mari Benoît à la rescousse. Qui, une fois de plus, ne partage pas son avis et refuse de l’aider, même financièrement : « Ton fils fait des conneries et toi au lieu de le foutre en pension avec des gens qui sauront lui tenir la bride, eh bien, non, madame veut lui donner le goût de l’air libre et partir… »
Aussi décide-t-elle de vendre sa maison en Bourgogne et ne laisse pas vraiment el choix à son fils. Soit il l’accompagne, soit c’est la pension.
Toutefois, le Kirghizistan n’a rien du Club Med. Après avoir réussi à se débarrasser de voleurs de grand chemin, la mère et son fils doivent affronter un terrain hostile.
Sur un sol devenu spongieux, au milieu des glaces, ils évitent de peu la mort. C’est, pour Samuel, le moment d’appeler au secours. Car il a promis à son père qu’en cas de danger il serait prévenu.
Mais les quelques jours de voyage, les conditions de vie spartiates, le quotidien avec les chevaux ont fait leur effet. Il va mieux, Sybille le sent : «C’est-à-dire lentement, doucement, les choses apparaissent, il revient vers la vie, ou plutôt il commence, pas à pas, à accepter de prendre le temps de regarder autour de lui ; c’est comme si tout à coup il découvrait qu’un monde existe qui n’est pas lui, dont il n’est pas le centre. »
Voilà qui met un peu de baume sur les blessures d’une mère, dont on va comprendre au fil des pages le lourd passé. Les cauchemars qui l’accompagnent et cette sensation d’être passée à côté de sa vie.
Comme dans son précédent roman, Laurent Mauvignier utilise l’histoire récente, le fait divers, cette fois il s’agit de l’attentat du 25 juillet 1995 dans la station Saint-Michel de la ligne B du RER parisien, pour construire son scénario.
On comprend dès lors combien ce voyage est autant pour le fils que pour la mère l’occasion d’une délicate introspection. Avec le sens de la tension dramatique qu’on lui connaît, l’auteur alterne les phases d’espoir et celles de doutes, les épisodes qui rapprochent avec ceux qui éloignent. Je ne dirai rien de l’épilogue, sinon que nous sommes loin d’un Happy end romantique et pour tout dire peu crédible. Car toujours, il faut continuer.

Autres critiques
Babelio
Télérama (Marine Landrot)
Culturebox (Laurence Houot)
Le JDD (Bernard Pivot)
L’Express (Marianne Payot)
L’Humanité (Jean-Claude Lebrun)
Les Echos (Thierry Gandillot)
La Croix (Patrick Kéchichian)
Atlantico.fr (Marie Ruffin)
Blog Médiapart (Colette Lallement-duchoze)

Les premières pages du livre

Extrait
« Bektash part seul en voiture, sa femme propose d’accompagner les voyageurs jusqu’à leur maison. Elle montera sur l’un des chevaux et eux deux, mère et fils, sur l’autre. Ce soir on boira du lait de jument fermenté, le koumis, de la bière russe, la Baltika, on mangera des pâtes et de la viande de mouton, on parlera de la vie et des gens d’ici et puis, bien sûr, en buvant une vodka, on écoutera ce que les étrangers ont à dire.
Car Sibylle et Samuel savent que, contrairement à ce que leur rencontre matinale pourrait laisser présager, les Kirghizes sont un peuple ouvert et généreux. Sibylle et Samuel acceptent l’invitation, on ne peut pas refuser à celui qui offre son hospitalité, surtout quand il vient de vous sauver la vie. »

A propos de l’auteur
Laurent Mauvignier est né à Tours en 1967. Diplômé des Beaux-Arts en Arts Plastiques (1991). Il publie son premier roman aux Éditions de Minuit en 1999. Depuis, tous ses livres ont été publiés chez le même éditeur. Ses romans s’essayent à circonscrire le réel mais se heurtent à l’indicible, aux limites du dire. Une langue qui tente de mettre des mots sur l’absence et le deuil, l’amour ou le manque, comme une tentative de vouloir retenir ce qui nous file entre les doigts, entre les ans. (Source : laurent-mauvignier.net)

Site Internet de l’auteur
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