Effraction

DEFOSSE_Effraction

 

 

 

 

 

 

Effraction
Alain Defossé
Fayard
Roman
200 p., 17 €
ISBN: 9782213687025
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, dans le XIXe et aux alentours, mais sont aussi évoquées les localités de Saint-Amand, Rambouillet, Trappes, Coignières, Fort-de-France et Cayenne ou encore des vacances en Espagne.

Quand?
L’action se situe de nos jours, avec des retours en arrière jusqu’au 26 mars 1943, date de naissance d’Anne Rivière, principal personnage du roman.

Ce qu’en dit l’éditeur
Au départ, un simple cambriolage qu’Anne Rivière voudrait considérer comme un non-événement, à peine un fait divers. Depuis quarante ans qu’elle vit seule dans son deux-pièces parisien du XIXe arrondissement, c’est la première fois que l’on fracture sa fenêtre. Elle n’en fait pas un drame. Pourtant, quelque chose s’infiltre par la vitre brisée. Une brèche s’ouvre qu’elle ne pourra plus combler. Elle regarde, témoin d’elle-même, le passé qui s’engouffre. Affluent les images, et les trous noirs dans sa vie. Quand la police lui apprend l’identité de son voleur, un jeune type du quartier, cette dame effacée à l’existence mécanique semble sortir d’un long rêve. La voilà qui arpente les rues et le cherche. Elle découvre son adresse et lui écrit, passe la nuit sur son palier, l’attend au tribunal. Et se souvient de la jeune fille qu’elle fut, qui portait un autre prénom, qui était amoureuse. Avant. Avant un épisode de sa vie qu’elle s’est employée à oublier et auquel son cambrioleur fantôme vient sans le savoir de la ramener.
Alain Defossé explore dans une langue immédiate, froide et sensible, les fêlures intimes d’une femme, sa vocation « borderline ». À travers elle, il éclaire aussi l’opacité de la mémoire française et l’ambivalence des pulsions sexuelles et amoureuses.

Ce que j’en pense
***

Alain Defossé a choisi de dresser le portrait d’une femme de 70 ans, vivant seule depuis des années. Un sujet assez banal que l’auteur parvient à transcender grâce à la façon très particulière dont il nous raconte sa vie.
Tout commence par des éclats de vitre éparpillés. En rentrant chez elle, Anne Rivière découvre qu’elle vient d’être cambriolée. Le ou les voleurs n’ont toutefois pas pris grand-chose : un ordinateur, un chéquier et quelques bijoux qui n’ont pas trop grande valeur. Rien de bien grave en somme. D’ailleurs elle range tout, nettoie et va changer le carreau cassé.
Mais, comme ces tremblements de terre souterrains, cet événement en apparence mineur, va provoquer des ondes de choc successives et, petit à petit, rappeler à Anne tous les événements que sa mémoire avait décidé d’occulter jusque là.
De choses plus ou moins insignifiantes à un drame douloureux, elle va voir défiler sa vie : les vacances en Espagne au volant d’une Dauphine, le mariage avec Claude Germain – qui ne durera pas plus de trois ans – et la rencontre d’Ange, un Antillais qu’elle choisira de suivre au soleil.
C’est à ce moment que son histoire lui échappe. Alain Defossé convoque alors un narrateur pour combler ces «blancs». Anne est-elle bien cette femme retrouvée errante et amnésique à Cayenne ? Rapatriée à l’Hôpital Saint-Anne, elle va essayer de se reconstruire, d’oublier…
A moins que toute sa vie à partir de ce moment ne soit qu’une longue quête pour savoir, à l’image de l’enquête qu’elle mène pour retrouver «son» cambrioleur qui finira lui aussi par disparaître.
Un drame du quotidien, d’une tristesse infinie, que le style épuré de l’auteur rend profondément troublant.

Autres critiques
Babelio
L’Express
Blog Salon littéraire
Blog La Bibli d’Onee
Blog Roads

Extrait
« Quelque chose du passé s’innisce, peut-êtrte. On ne sait pas pourquoi ce cambriolage fait resurgir quelque chose du passé. Peut-être est-ce un simple accroc dans une vie très lisse, qui dévoile, comme une déchirure sur un canapé montre au-dessous quel tissu le recouvrait avant, qu’il était rouge et doré avant d’être beige et neutre, que ça foisonnait au-dessous, les couleurs, les conversations, les postérieurs posés là de morts depuis des lustres, les verres qui s’entrechoquent et les drames qui se dénouent. Cette présence d’un jeune homme dans des meubles trop neufs pour une dame âgée, c’est autant d’anachronisme, du passé qui se glisse sous la porte comme un courant d’air. Cette intrusion a perturbé les ondes magnétiques du temps, si une telle chose existe, le champ magnétique qu’Anne sécrète elle-même, dans lequel elle se meut depuis si longtemps, et qu’elle veut absolument clair et vide, inexistant pour tout dire. » (p. 56)

A propos de l’auteur
Traducteur (notamment de Bret Easton Ellis, Alan Hollinghurst, Sarah Waters, Henry Miller…) et romancier, Alain Defossé a récemment publié On ne tue pas les gens (Flammarion, 2012). Effraction est son neuvième roman. (Source : Editions Fayard)

Site Wikipédia de l’auteur

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