Repose-toi sur moi

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Repose-toi sur moi
Serge Joncour
Éditions Flammarion
Roman
432 p., 21 €
EAN : 9782081306639
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule principalement à Paris, mais aussi en banlieue à Sevran, Livry-Gargan, Ivry, Noisy, Nogent, Villemomble, Gagny, Bondy, Boulogne-Billancourt, Fontainebleau, Barbizon ainsi que dans d’autres régions de France telles que de la vallée du Célé, de Saint-Sauveur et Gourdon ou encore Toulouse, Annonay ou Troyes. Des voyages à l’étranger en Chine, à Istanbul, à Londres, à New York, Chicago ou à Rio et Singapour sont évoqués.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Aurore est une styliste reconnue et Ludovic un agriculteur reconverti dans le recouvrement de dettes. Ils n’ont rien en commun si ce n’est un curieux problème : des corbeaux ont élu domicile dans la cour de leur immeuble parisien. Elle en a une peur bleue, alors que son inflammable voisin saurait, lui, comment s’en débarrasser. Pour cette jeune femme, qui tout à la fois l’intimide et le rebute, il va les tuer. Ce premier pas les conduira sur un chemin périlleux qui, de la complicité à l’égarement amoureux, les éloignera peu à peu de leur raisonnable quotidien.
Dans ce roman de l’amour et du désordre, Serge Joncour porte loin son regard : en faisant entrer en collision le monde contemporain et l’univers intime, il met en scène nos aspirations contraires, la ville et la campagne, la solidarité et l’égoïsme, dans un contexte de dérèglement général de la société où, finalement, aimer semble être la dernière façon de résister.

Ce que j’en pense
Fort souvent la rencontre fortuite de deux personnes qui, à priori, n’ont rien de commun donne un résultat intéressant. Le filon a beaucoup été utilisé au cinéma, il est ici au cœur du nouveau – et formidable – roman de Serge Joncour.
«L’écrivain national» dresse tout d’abord le portrait de Ludovic aussi impressionnant par ses mensurations que posé dans son attitude, une sorte d’ours solitaire mais zen, qui vient de la vallée du Célé dans le Lot et travaille à Paris ou plus souvent en banlieue. Il est chargé de recouvrer des dettes auprès de particuliers. Un métier difficile, mais qui lui convient mieux que de rester enfermé dans un bureau.
De l’autre côté de son petit appartement vit Aurore, son mari, et ses deux enfants. Elle conçoit des modèles pour une entreprise de prêt-à-porter, jongle avec ses rendez-vous et l’emploi du temps de ses enfants et croise à peine un mari qui est plus souvent occupé à ses affaires, brasser des millions, que soucieux du bien-être de sa famille.
Quand Aurore croise Ludovic, elle prend peur. Cet homme imposant ne lui dit rien qui vaille. Il va toutefois se montrer avenant et l’aider à se débarrasser de corbeaux qui ont envahi la petite cour. En montant l’escalier pour le remercier, elle va croiser une voisine à laquelle elle n’avait pas vraiment fait attention et se rend compte combien sa vie, comme des milliers de Parisiens, se passe à courir sans vraiment s’intéresser aux autres. Et que cet homme est justement l’antithèse de ceux qu’elle côtoie au quotidien, capable d’actes désintéressés, capable d’attention. Un refuge. D’ailleurs c’est Ludovic qui sera là le jour où le chauffe-eau a brutalement lâché et qu’une inondation menaçait l’appartement puis l’immeuble tout entier.
Aussi est-ce presque malgré eux qu’ils vont aller l’un vers l’autre, attirés par une soif commune de remplir le vide de leur existence.
« En se serrant contre cet homme, en s’y plongeant avec tout ce qu’elle mobilisait de forces, elle embrassait l’amour et le diable, la peur et le désir, la mort et la gaîté, elle avait la sensation de se perdre en plein vertige dans ces bras-là, d’être embarquée dans une spirale qui n’en finirait jamais de les avaler. Désormais ils n’étaient plus neutres tous les deux, ils n’étaient plus ces deux amants fugaces que tout sépare. Â compter de ce jour, elle se sentait irrémédiablement liée à cet homme, de fait ils étaient enchaînés, ligotés, réunis…»
Chevalier servant et chevalier blanc, Ludovic va alors aussi aider Aurore lorsque cette dernière se verra confronter à une basse manœuvre de son associé afin de l’évincer de la société qui porte son nom pour produite à bas coût à l‘étranger et étendre la gamme des produits. Avec un associé lui aussi sans scrupules, il veut faire de la marque «Aurore Dessage» une machine à cash. Des adversaires qui sont d’un autre calibre que sont que Ludovic côtoie chaque jour. Il va bien vite s’en rendre compte, mais voudra mettre un point d’honneur à faire plier les escrocs. Un jeu dangereux qui va finir par mettre en péril les deux amants.
On savait Serge Joncour excellent observateur de notre quotidien, sachant parfaitement mettre en scène les milieux qu’il décrit sans oublier les détails qui crédibilisent le récit. Avec le sens de la formule qu’on lui connaît, il ajoute encore une dimension supplémentaire à ce roman, à savoir une tension palpable dès les premières lignes et qui ne quittera pas le lecteur jusqu’au bout, si bien qu’on ne voit pas passer les 427 pages qui mènent à l’épilogue. Du très grand art que j’imagine bien voir récompensé par un Prix littéraire, même si les jurés du Goncourt ne semblent pas encore l’avoir lu jusqu’ici.

Autres critiques
Babelio
Télérama (Christine Ferniot)
ELLE (Adèle Bréau)
20 minutes (Laurent Bainier)
La Croix (Bruno Frappat)
Blog Les chroniques de Koryfée (Karine Fléjo)
Blog A l’ombre du noyer 
Blog A bride abattue

Extrait
« Aurore s’engouffre dans l’escalier allumé et avale les soixante-huit marches jusqu’à chez elle, soixante-huit marches en comptant les cinq premières du perron, soixante-huit marches qu’elle monte dans une totale colère, convaincue que cette fois elle n’est plus à l’abri de rien, cette fois c’est jusque dans sa cour que la violence la rattrape, le seul endroit où elle se sentait protégée jusque-là, elle se dit que finalement elle va la commander cette petite bombe lacrymogène qu’elle a vue sur Internet, cette fois elle a besoin d’un objet qui la rassure, quitte à en asperger les corbeaux eux-mêmes, comme tout ce qui l’agresse, cette fois elle est prête à les éradiquer, tous, à ne plus se défendre mais à attaquer. »

A propos de l’auteur
Serge Joncour est l’auteur de dix livres, parmi lesquels, aux éditions Flammarion, UV (Prix France Télévision 2003), L’Idole (2005), Combien de fois je t’aime (2008), L’Homme qui ne savait pas dire non (2010), L’Amour sans le faire (2012) et L’écrivain national (2014). L’Amour sans le faire et L’écrivain national sont en cours d’adaptation cinématographique. (Source : Éditions Flammarion)

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