Avant que naisse la forêt

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Avant que naisse la forêt
Jérôme Chantreau
Les Escales
Roman
224 p., 10,0 €
ISBN: 9782365691833
Paru en août 2016

Où?
Le roman se déroule principalement en Mayenne, dans une grande propriété située en bordure d’un village qui n’est pas nommé, ainsi qu’en banlieue parisienne. On y évoque des endroits traversés par la famille, Saint-Rémy-lès-Chevreuse Paris, Lyon, la Haute-Savoie, Montélimar, Avignon, Cannes, Laval ou encore La Martinique

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Marié à une jolie rousse, père d’une petite fille, Albert vit paisiblement au bout du RER parisien. Un jour qu’il traîne au lit avec sa femme, il laisse le téléphone sonner. Le répondeur se déclenche : sa mère est morte. Démuni, Albert décide de faire le point et s’enferme seul avec l’urne maternelle dans la propriété familiale de Mayenne, une grande maison cerclée de plusieurs hectares de bois. Une idée l’obsède : trouver une chanson pour la cérémonie funèbre – une chanson qui dira à tous, et mieux que n’importe quel discours, qui était cette femme sensible et indépendante. Mais une nuit, il est réveillé par des bruits étranges. Dans l’aile ancienne du bâtiment, les murs chantent… Les échos font revenir le passé. Et puis, il y a cette légende familiale qui dit qu’un ermite erre dans la forêt. Commence alors la lente remontée des souvenirs, et avec elle, celle des secrets d’une mère que seul un fils pouvait entendre.

Ce que j’en pense
***
Albert mène une vie sans histoires en banlieue parisienne, entouré de sa famille, jusqu’au jour où il apprend le décès de sa mère. Afin d’organiser les obsèques, il se rend dans la Mayenne où se trouve la grande propriété familiale, entourée d’une immense forêt.
Un environnement qui va petit à petit transformer notre homme, même s’il entend tout d’abord s’en tenir à sa mission. Pour rendre hommage à la défunte, il cherche un accompagnement musical aux funérailles et essaie de trouver l’inspiration dans la discographie qu’il redécouvre. La bande-son va de Kim Carnes à Françoise Hardy, de Lucid Beausonge aux Beatles, en passant par Julien Clerc, Charlélie Couture, Gérard Lenorman ou encore Eurythmics et U2. Cette variété qui a le pouvoir singulier de l’émouvoir autant qu’elle le fait replonger en enfance. Car la mort de sa mère l’a rendu hypersensible. Et puis, il est victime du Béja. C’est ainsi que l’on appelle le coup de fatigue violent, impossible à surpasser, qui frappe les parisiens qui arrivent en Mayenne.
Il n’est par conséquent pas étonnant que ses nuits soient troublées par des bruits qu’il perçoit, des voix qu’il croit entendre, par la sensation d’une présence. «Je n’ai pas peur, j’attends ce qui doit venir. Un air de musique, une chanson, mais aussi la vérité sur ma mère, les secrets gisant dans les tiroirs, sous des couvertures de mouches mortes. Je dois apprendre à prêter l’oreille. Comprendre les signes. Cela viendra.»
Est-ce le tableau de La marchande d’oignons – qu’il a toujours trouvé effrayant – qui prend vie ? Est-ce l’esprit de la forêt qui le submerge ? Est-ce l’ermite qui vivrait au fond des bois qui défend son territoire ? À moins que le grand chêne que sa mère a fait abattre ne veuille se venger…
Entre héritage et initiation, ce roman est une ode à la nature, à ce besoin de retrouver les origines sauvages en se dépouillant de tous ces biens matériels que la civilisation nous a, en quelque sorte, imposés au fil des ans. Albert commence par préparer un grand bûcher afin d’y brûler ce «superflu», objets puis meubles qui l’empêchent de se sentir parfaitement dépouillé.
Dans le village, on s’interroge. D’abord considéré comme une lubie de parisien, le comportement d’Albert va bien vite les intriguer, puis les inquiéter… Leur voisin n’est-il pas en train de devenir fou ? À moins qu’ils ne comprennent pas cette ascèse «Tout ce que je fais, même ce qui peut sembler le plus bizarre, me vient comme une évidence, des actes naturels qui dormaient en moi, sous des couches de gestes formatés. Comme s’habiller quand on en a pas besoin. Mais il commence à faire froid et j’ai, sans m’en rendre compte, brûlé mes vieux habits.»
Jérôme Chantreau nous raconte cette quête écologique avec ce même souci de simplicité, sans fioritures inutiles. Pari réussi !

68 premières fois
Blog motspourmots.fr (Nicole Grundlinger)

Autres critiques
Babelio 
Blog Comme par enchantements 

Extrait (le début du roman)
«C’est arrivé un 15 août. Chez nous, le jour de la Vierge est la plus importante des fêtes du calendrier. La figure de Marie est partout. Mon grand-père, qui avait toutes les raisons de ne plus être chrétien après avoir été brûlé vif dans les tranchées de la Somme, ne croyait qu’en elle. Son côté homme à femmes. Il y a une statue de la Vierge dans une niche, au milieu des rosiers du jardin, une autre à l’angle sud de la maison, sous la vigne vierge, et des médailles miraculeuses de Lourdes sous les premières pierres des fondations. Nous vouons également un culte à sainte Blandine dont on a dû me raconter vingt fois le supplice. Enfant, je pensais que Dieu était une femme, que les cieux étaient peuplés de saintes suppliciées, et j’imaginais leurs poitrines dressées contre les fauves, dans la lumière poussiéreuse des arènes de Lyon. Tout était femme : déesses, sorcières ou divinités. Et j’étais convaincu qu’elles rôdaient autour de la maison pour nous protéger.
Ma mère était une Parisienne dont les racines avaient poussé là, en Mayenne, dans le bocage normand, le nord du pays chouan, une terre d’élevage parsemée de bois, jalonnée de châteaux habités par d’antiques tribus peu inquiètes du progrès et du temps qui passe. Toutes ces familles, dont la mienne, avaient appliqué le même schéma : le travail en ville et les racines à la campagne, une part sociale, une part
sauvage. Et un sens inné du naufrage. »

A propos de l’auteur
Après une enfance parisienne et des études littéraires, Jérôme Chantreau a créé un centre équestre. Il s’est formé parallèlement à la sylviculture pour exploiter la forêt attenante à la maison familiale. Aujourd’hui professeur de lettres, il vit dans le Pays Basque. Avant que naisse la forêt est son premier roman. (Source : Éditions Les Escales / Livres Hebdo)

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3 réflexions sur “Avant que naisse la forêt

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