Le fou de Hind

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En deux mots:
À la mort de son père, Lydia découvre la lettre qu’il lui a laissée. Commence alors une enquête auprès de ceux qui l’ont côtoyé pour tenter de comprendre ce qu’il a essayé de lui dire. De surprises en révélations, elle va comprendre qu’il y a eu une autre femme dans sa vie.

Ma note:
★★★ (bien aimé)

Ma chronique:

La femme dont il ne faut pas parler

Pour ses débuts en littérature, Bertille Dutheil nous propose un premier roman à tiroirs dans lequel plusieurs voix prennent la parole pour raconter leur version d’une histoire que beaucoup ont voulu occulter, la passion de Mohsinn pour Hind, sa fille adoptive.

«Toutes les familles ont un squelette dans le placard, et ces choses-là gagnent à être dites.» C’est suivant ce précepte que Lydia, journaliste de 27 ans, décide d’enquêter après avoir trouvé une lettre de son père Mohsin qui vient de mourir. Il y écrit notamment: «Je ne suis pas un homme bon. Je suis corrompu, j’ai péché au-delà de ce qui est imaginable, oui, et dans ma folie et mon inconséquence, j’ai été responsable de la mort d’un être innocent.» Dans une boîte, quelques vieilles photos sur lesquelles on voit surtout une fille appelée Hind, apportent les premiers indices.
Au chagrin vient s’ajouter le choc de cet aveu. Aussi décide-t-elle, sans doute aussi pour évacuer son chagrin, d’en savoir plus en se rapprochant des gens qui ont connu son père par le passé et qui pourront peut-être lui en dire davantage sur cet homme et son secret.
Bertille Dutheil a choisi une construction assez complexe pour son premier roman en donnant tour à tour la parole à ceux qui ont partagé une partie de la vie de Mohsin. Le premier à s’exprimer est Mohammed le fleuriste, «analphabète par entêtement et par fumisterie». Il a fait partie de cette tribu installée au «château», un immeuble de Créteil où ont trouvé refuge quelques immigrés d’Algérie dans les années soixante-dix où il a côtoyé Mohsin et Hind, dont il est immédiatement tombé amoureux.
Sauf que le jeune homme se découvre un rival en la personne de Badr, sorte de fils prodigue «revenu maintenant lâcher ses démons, ses grandes pattes, sa violence sur la vie enfin apaisée… Badr avec sa moto, sa licence, son assurance odieuse… Badr enfin, mon frère, leur seigneur à tous!» Un caïd qui se lance dans toutes sortes de trafics avant de sombrer dans la drogue et la violence.
Deux femmes en savent davantage sur la vie de Hind, Luna, qui a émigré aux États-Unis et Sakina, la «tisseuse de rêves». Hind a croisé la route de Mohsin à Oran. Après la mort de ses parents, il s’est démené pour lui obtenir des papiers et l’autorisation de l’emmener avec lui en France. Mais une autre version circule «selon laquelle Hind était la nièce par alliance de Mohsin, la fille de sa belle-sœur morte au cours de la même épidémie que sa femme et sa fille.»
Pour Lydia – mais aussi, avouons-le pour le lecteur – il est difficile de séparer le vrai du faux. «Les gentilles anecdotes que j’ai recueillies et collectionnées comme de minuscules fossiles ne sont que quelques points de pâle lumière dans le noir épais qui paraît recouvrir tout ce qui concerne ma sœur et sa relation à notre père. Mes interlocuteurs se sont excusés, se sont troublés, ont composé et éludé toute information trop précise, trop définitive. J’ai senti mon courage faiblir, et la tentation était grande d’abandonner mes recherches, de laisser ce passé obscur à la place où tous semblaient s’être promis.»
Deux hommes vont alors venir éclairer le récit et faire le portrait d’une Hind, loin de l’innocente adolescente décrite jusque-là, Marqus le Libanais et Ali al-Amami, analyste financier chez HSBC. Ils vont aussi revenir sur les circonstances de la mort de Hind qui a fait perdre la tête à Mohsin.
Roman d’un amour fou, d’un amour interdit, ce récit vibrant est aussi celui de ces immigrés qui essaient de trouver une place dans leur pays d’accueil avec leurs différences culturelles, qui tente de se rassembler avant de s’émanciper, qui gardent pourtant à jamais la blessure de l’exil.
«Le quatrain d’Omar Khayyam me revenait en mémoire:
Nous serons effacés du chemin de l’amour;
Le destin nous broiera sous ses talons;
Ô porte-coupe au doux visage, quitte ta pose paresseuse…
Donne-moi de l’eau, car je deviendrai de la poussière.»

Le fou de Hind
Bertille Dutheil
Éditions Belfond
Roman
400 p., 18 €
EAN: 9782714479716
Paru le 16 août 2018

Où?
Le roman se déroule en France, à Saint-Ouen, Sartrouville, Créteil, Rungis, Billancourt, Nanterre, Maisons-Alfort, Bucy-le-Long, Neuilly, Marseille et Paris. On y évoque aussi Oran, Tifritine dans le Haut Atlas et Agrigente en Sicile, un village de la région d’al-Genayna, près de la frontière du Tchad, Khartoum, Le Caire, Mexico, San Francisco.

Quand?
L’action se situe des années soixante-dix à nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
«La maison avait fait le tour du monde. C’était le navire de Sindbad. Elle avait roulé jusqu’à la rive et elle avait dormi jusqu’à ce que nous, les Arabes, qui n’avions rien, décidions de la retaper. Nous, les champions de la récup et des chansons d’amour, de la colle industrielle et du voyage au long cours, nous avions traversé la mer pour échouer ici, aux accents d’une poésie imparfaite mais vivante, quotidienne, qui donnait à l’exil de nos pères une saveur moins amère.»
Mohsin, un immigré algérien, vient de décéder. Il laisse derrière lui une lettre dans laquelle il s’accuse de la mort d’un être innocent, ainsi qu’une série de vieilles photos où il apparaît avec une enfant brune, omniprésente, Hind.
Sa fille, Lydia, interroge alors ceux qui ont autrefois connu son père, à Créteil, à la fin des années 1970. En particulier les habitants du «Château», une villégiature délabrée plantée non loin de la cité des Choux et transformée par Mohsin et ses amis en maison communautaire. Mohammed, Ali, Luna,Marqus et Sakina font ainsi revivre toute une époque par leurs témoignages. Sous les yeux de Lydia, le puzzle prend forme, révélant la personnalité de l’absente – flamboyante et
mystérieuse Hind –, et la nature de sa relation avec Mohsin…
Un roman polyphonique hanté par une héroïne sans voix, qui s’empare avec brio de la question de l’immigration et de l’intégration en France.

68 premières fois
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Les critiques
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Bertille Dutheil présente son premier roman Le fou de Hind © Production Librairie Mollat

Les premières pages du livre
« Lydia (l’enterrement)
Nous sommes aujourd’hui le 9 décembre 2011 et mon père vient de mourir à la maison de retraite de Saint-Ouen où je l’avais placé il y a deux ans, peu après la naissance de mon deuxième fils et mon retour au travail. J’étais au journal, occupée à la rédaction d’un article sur la décision du Sénat en faveur du droit de vote des étrangers. Comme je ne suis en poste que depuis deux mois et que je dois encore faire mes preuves, j’étais profondément concentrée et je travaillais avec ardeur, en répondant d’un sourire distrait aux blagues et aux avances de l’un de mes collègues. Cette mesure signifie le net basculement du Sénat à gauche et laisse pressentir la victoire des socialistes aux prochaines élections… J’en étais là lorsque j’ai reçu un appel. Mon mari, qui était au bout du fil, a laissé tomber d’un ton abrupt et désolé ces quelques mots : « La maison de retraite a appelé. Mohsin est mort. »J’avais rendu visite à mon père à plusieurs reprises, quelques semaines auparavant. Pendant l’automne, il avait contracté une pneumonie bactérienne assez grave, qui avait même nécessité des jours d’hôpital. Je m’étais inquiétée alors, mais les médecins avaient été surpris de la rapidité de son rétablissement.— Les patients de cet âge présentent souvent une résistance aux antibiotiques, m’avait dit l’interne. Mais votre père a très bien réagi, toute l’équipe est confiante. Dans quelques jours, au plus, il pourra rentrer chez lui. Lors de ma dernière visite à la maison de retraite, où il avait réintégré sa chambre avec interdiction, pour le moment, de quitter le lit, je lui avais reproché son imprudence.— Les soignants m’ont dit que tu étais tombé malade après avoir passé l’après-midi assis dans le jardin, en simple chandail, sans que personne puisse te convaincre de rentrer. En octobre, avec ce vent !— Le jardin est si beau en cette saison, tu sais, avec ses feuilles rouges ou jaunes et son air de grande décadence, comme un chant du cygne de la nature avant la venue de l’hiver, avait-il répondu en baissant les paupières, tel un petit enfant qu’on gronde. Puis il m’avait exprimé son regret de n’avoir pas pu voir ses petits-fils, en vacances chez les parents d’Antoine. Mais mon père n’était pas de ces hommes que le temps rend amers ou exigeants. Il ne s’est jamais plaint du sort qui lui était fait, pas plus que de sa solitude, ou de son ennui. Seulement il m’avait demandé, en me pressant doucement la main, de ne pas manquer de les amener, une prochaine fois. Ce souhait, que la mort m’a empêchée de réaliser, a été, je ne sais pourquoi, la première chose qui m’est venue à l’esprit. En raccrochant le téléphone, raide et comme terrassée, je me suis mise à pleurer, une main sur la bouche pour étouffer mes sanglots. Celui de mes collègues qui me tournait autour, de goguenard est devenu soucieux. Bientôt je me suis trouvée enveloppée, caressée et consolée par une nuée de gens compatissants et importuns qui m’étouffaient et que je n’ai pas eu la force de renvoyer. Je suis sortie en courant du bâtiment du journal, les jambes vacillantes sur l’asphalte glissant de pluie, et j’ai retiré mes talons hauts pour continuer de courir en collants sur le sol trempé. Sur le pont du Garigliano, que j’ai traversé pour rejoindre la station de RER, le vent glacé s’engouffrait dans ma veste mal fermée, et les nuages, d’un blanc de perle sur le gris de fer du ciel, semblaient filer si vite que j’en avais le vertige. Pendant un instant, en m’engouffrant dans la bouche de RER, j’ai cru qu’il y avait une erreur. Mon père allait mieux. Il était remis. Il n’avait ni problèmes de cœur, ni cancer, ni maladie dégénérative. Il était vieux, il était seul, il n’avait nulle part où aller, mais il tenait bon tout de même. »

Extraits
« Hôpital Bichat, 8 novembre 2011
Chère Lydia, ma toute petite fille,
Tu viens à peine de refermer la porte que je me lève avec difficulté, en traînant derrière moi ma perche à roulettes, pour aller me poster à la fenêtre et vous regarder sortir. Je vois la minuscule silhouette de Salim, qui te tient par la main, et le maillot de foot blanc de Loïc qui gambade autour de vous et mime des tirs au but fait comme une fusée claire dans la semi-obscurité. Vos trois silhouettes sont brouillées par la buée que fait ma respiration en chauffant la vitre. Mes jambes tremblent, je devrais me recoucher. Mais, ici, lorsque je regarde par la fenêtre, je vois l’entrée de l’hôpital et le va-et-vient des nombreux passants du quartier. J’aime cela, toute cette vie de la grande ville. (…)
Je ne veux pas que tu honores un lâche. Je ne te dirai que ceci: je ne suis pas un homme bon. Je suis corrompu, j’ai péché au-delà de ce qui est imaginable, oui, et dans ma folie et mon inconséquence, j’ai été responsable de la mort d’un être innocent. Je suis un assassin, et je suis sans dignité car j’ai fait le mal et je n’ai pas eu la bravoure d’avouer mon ignominie à quiconque, pas même aux êtres que j’aimais le plus au monde.On ne peut espérer de pardon pour de telles fautes. Dieu m’a supplicié en me donnant de survivre trente années à ma victime, et sa mort m’a hanté jusqu’à me faire perdre tout intérêt, tout goût pour la vie. Je n’ai pas su aimer ta mère, je n’ai pas pris de toi le soin que j’aurais dû, j’ai cru imposer silence à ma conscience en me taisant tout à fait, mais ma faute m’a poursuivi chaque jour, comme Oreste tourmenté par les Érinyes. »

À propos de l’auteur
Bertille Dutheil est née en 1991 et vit à Paris. Étudiante en histoire, elle a vécu à Beyrouth pour les besoins de ses recherches. Le Fou de Hind est son premier roman. (Source : Éditions Belfond)

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Danser au bord de l’abîme

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Danser au bord de l’abîme
Grégoire Delacourt
Éditions JC Lattès
Roman
320 p., 19,00 €
EAN : 9782709659567
Paru en janvier 2017

Où?
Les deux premières parties du roman se déroulent dans le Nord de la France, à Lille, Valenciennes, Le Touquet, Cucq, Bondues, Deauville, Rang-du-Fliers-Verton, Étaples, Berru, Wimereux, Boulogne, Fécamp. Des vacances et voyages vers La Baule, Anvers, Paris, Madrid et Londres y sont aussi évoqués.
La troisième partie retrace une escapade dans le Sud de la France, notamment le long de la route du Dracenois, entre Draguignan, les Arcs-sur-Argent et le Cannet-des-Maures, mais aussi à Cavalaire, Lorgues, Salernes.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.
Après On ne voyait que le bonheur, Grégoire Delacourt explore dans ce roman virtuose la puissance du désir et la fragilité de nos existences.

Ce que j’en pense
****
L’auteur de La Liste de mes envies et des Quatre Saisons de l’été nous revient avec un roman qui devrait élargir encore davantage le cercle de ses lecteurs, car si sa plume est toujours aussi élégante, elle va cette fois chercher plus profondément les tourments de l’âme. À l’anecdote vient désormais s’ajouter la gravité, aux bonheurs de l’amour viennent désormais se mêler la douleur de l’absence et du deuil.
La première – bonne – surprise est d’avoir choisi le point de vue d’une femme comme narratrice. Une femme dont la confession est sans concessions : « Je transcris ici l’enchaînement des faits tel qu’il s’est déroulé. Je ne commenterai pas l’irrépressibilité de mon désir – elle est sans doute à chercher du côté du sacré.
Je veux juste essayer de démonter la mécanique du désastre. De comprendre pourquoi, plus tard, j’ai incisé à jamais le cœur de ceux que j’aimais. »
Emmanuelle et Olivier ont plutôt bien réussi. Le couple a trois enfants, le mari une bonne situation, Emma arrondit ses fins de mois dans un magasin de vêtements. Un petit bonheur tranquille qui cache toutefois une frustration, une usure, un mal-être : « Je me vidais de moi-même. Je m’essoufflais à ne pas m’envoler. Je pâlissais, et Olivier parfois s’inquiétait – il parlait alors de quelques jours ailleurs, l’Espagne, l’Italie, les lacs, comme si leur profondeur allait engloutir ma mélancolie. Mais nous ne partions pas, parce qu’il y avait les enfants, parce qu’il y avait la concession, et parce que j’avais fini par mettre toutes mes frustrations dans ma poche, un mouchoir par-dessus, comme me l’avait enseigné ma mère. »
Une mère qui prenait aussi la peine de lui lire une histoire chaque soir et qui lui a ainsi donné le goût des histoires et des héroïnes. En suivant les aventures de La chèvre de monsieur Seguin – qui servira de fil rouge tout au long du livre – de Claudine mise en scène par Colette, de la Lily Bart d’Edith Wharton ou des personnages imaginés par Louise de Vilmorin, elle va se construire un imaginaire propice à accepter le regard que lui jette un jour un homme dans la brasserie André.
Sans échanger un mot, elle va tomber amoureuse, fondre de désir. Simplement parce qu’«Il y a des hommes qui vous trouvent jolie et d’autres qui vous rendent jolie». Peu importe le séisme que cette rencontre peut provoquer, peu importe les conséquences du dialogue qui finit par s’installer :
«– Je m’appelle Alexandre et je pense à vous depuis trois semaines.
– Je tiens une boutique de vêtements pour enfants. Mais plus pour très longtemps.
– Je suis journaliste à La Voix du Nord. Les pages «culture».
Sauf que le beau scénario d’Emma et d’Alexandre va s’effondrer avant même d’avoir pu se concrétiser. Pas par peur, pas à cause de la pression – très forte – des enfants pour empêcher la rupture, pas à cause des conjoints respectifs. À cause d’un fait divers banal.
« Une jeune fille est installée à deux tables de la mienne. Soudain, une autre arrive. Pâle. C’est son amie. Elle s’excuse d’être en retard. Ils ont bloqué la Grand-Place, dit-elle. Un type. En V’Lille. Qui s’est fait renverser par un bus. Je crois qu’il est mort. »
Le roman va alors basculer. De la tentative d’évasion à la réclusion. Emma n’a pas le courage de rentrer chez elle et d’oublier ce drame. Elle erre quelques temps avant de finir dans un mobile home du camping Pomme de pin à Cucq.
« Je sais maintenant que le deuil est un amour qui n’a plus d’endroit où se loger. » dira-t-elle pour résumer cette période sombre que de nouvelles connaissances vont tenter d’adoucir. Mais Emma reste lucide : « J’avais abandonné mon mari, mes trois enfants, pour les lèvres d’un homme et pour mille espérances. J’avais erré de longs mois dans ma tentation, j’avais surnagé dans son absence. Et je m’étais perdue dans ce vide. »
L’apaisement viendra avec la troisième partie. Aussi paradoxalement que cela peut sembler, l’apaisement viendra avec une nouvelle épreuve, le cancer dont est victime Olivier. « Viennent alors les tests, les IRM, les PET scan, les décisions, les antalgiques puissants, le dextropropoxyphène, l’oxycodone, les indécisions, l’hydropmorphone. Vient cette période cotonneuse d’avant les séismes, ce temps suspendu où plus rien n’a de valeur (…) Vient enfin le séisme. L’instant où tout bascule. Où plus rien n’a d’importance. » On peut alors tout se dire, laisser tomber les masques. Cette danse au bord de l’abîme est bouleversante. Elle vous fera comprendre que «la vie est la courte distance entre deux vides» et que chacun doit être libre de choisir comment parcourir cette courte distance.

Autres critiques
Babelio
Le Parisien
RTL (Laissez-vous tenter – avec interview de l’auteur)
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Le blog d’eirenamg 
Blog Bric A Book 
Blog Les Jardins d’Hélène 
Blog Pretty Books 

Les vingt premières pages 

Extrait
« Je crois que l’on trébuche amoureux à cause d’une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée.
C’est l’apparition fortuite, parfois charmante, parfois brutale, d’une promesse de satiété qui réveille la béance, qui éclaire nos manques et remet en cause les choses considérées comme acquises et immuables – mariage, fidélité, maternités –, cette apparition inattendue, presque mystique, qui nous révèle aussitôt à nous-mêmes, nous effraie tout autant, nous fait pousser les ailes pour le vide, qui attise notre appétit, notre urgence à vivre, parce que si nous supposions que rien ne dure jamais, nous en avons alors soudain la certitude, tout comme celle qu’il n’est aucun souvenir que nous emporterons, aucune caresse, aucun goût de peau, aucune saveur de sang, aucun sourire, aucun mot cru, aucune indécence, aucun avilissement: nous découvrons brusquement que le présent est la seule éternité possible. »

A propos de l’auteur
Grégoire Delacourt est l’auteur de six romans, tous publiés chez JC Lattès. En 2011, il publie son premier roman avec L’Écrivain de la famille puis, en 2012, son premier bestseller avec La Liste de mes envies traduit dans 35 pays. Suivent ensuite La Première chose qu’on regarde en 2013, puis On ne voyait que le bonheur en 2014 et Les Quatre saisons de l’été en 2015. (Source : Éditions JC Lattès)

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