Par le vent pleuré

Rash par le vent pleure.indd

logo_avant_critique

Voici cinq bonnes raisons de lire ce livre:
1. Parce que l’auteur mérite le détour. Ron Rash, pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore, est un écrivain qui possède une très large palette allant de la poésie au roman noir, en passant par les nouvelles et même le livre pour enfants. Et comme l’écrit Philippe Chevilley « Les romans de Rash sont tous différents mais ont le même souffle. Commencer avec Par le vent pleuré me semble une bonne entrée en matière. »

2. Parce que son précédent roman Une terre d’ombre (disponible en poche) était déjà une belle réussite et comportait bien des ingrédients de ce nouvel opus, à commencer par l’arrivée d’un étranger qui vient bouleverser le quotidien des habitants et le « recyclage » d’un conte, ici un joueur de flûte comme celui de Hamelin.

3. Parce que la construction de Par le vent pleuré, à partir de la découverte d’ossements au bord de la rivière, nous permet de remonter le temps et de plonger dans les années soixante et notamment en 1967, l’année du fameux Summer of love.

4. Parce qu’autour de Ligeia, la jeune fille retrouvée morte, c’est le mythe de Caïn et Abel qui se rejoue. Les frères Bill et Eugène étaient jusqu’alors solidement tenus par leur grand-père. Mais avec l’arrivée de la belle étrangère tout va changer pour eux.

5. Pour cette critique élogieuse du Washington Post: « Rash est un conteur envoûtant, qui fait monter avec brio la tension entre le passé et le présent de l’histoire. Une histoire fondée sur le contrôle, le Mal et la nature même du pouvoir, celui de sauver comme celui de tuer. »

Par le vent pleuré
Ron Rash
Éditions du Seuil
Roman
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Isabelle Reinharez
208p., 19,50 €
EAN : 9782021338553
Paru en août 2017

Ce qu’en dit l’éditeur
Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements, ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis un demi-siècle.
1967: le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue, du sexe et du Grateful Dead. Deux frères, Bill et Eugene, qui vivent bien loin de ces révolutions, sous la coupe d’un grand-père tyrannique et conservateur, vont se laisser séduire par Ligeia la sirène et emporter dans le tourbillon des tentations. Le temps d’une saison, la jeune fille bouleversera de fond en comble leur relation, leur vision du monde, et scellera à jamais leur destin – avant de disparaître aussi subitement qu’elle était apparue.
À son macabre retour, les deux frères vont devoir rendre des comptes au fantôme de leur passé, et à leur propre conscience, rejouant sur fond de paysages grandioses l’éternelle confrontation d’Abel et de Caïn.

Les critiques
Babelio
Journal de Montréal (Karine Vilder)
Blog Nyctalopes 
Culturebox (Laurence Houot)
Page des libraires (Sarah Gastel)
Les Echos (Philippe Chevilley)
Lecteurs.com
Blog Action-suspense
Blog La rousse bouquine
Blog Encore du noir
Blog Bettie Rose Books
Blog Courrier international (Jean-François Schwab)


Ron Rash présente Par le vent pleuré © Production éditions du Seuil

Les premières pages du livre

Extrait
« Notre grand-père m’encourageait toujours à envisager une carrière médicale, mais sans grande conviction. De temps à autre, j’allais à son cabinet et je le suivais dans ses visites à domicile. S’il montrait quelque chose à Bill au microscope, ou lui expliquait un diagnostic, il lui arrivait de s’adresser aussi à moi, peut-être avec l’idée que je pouvais encore être au nombre des élus. Ou peut-être était-ce une façon de minimiser l’influence de ma mère. Mais une fois Bill entré à Wake Forest en année préparatoire aux études médicales, mon grand-père n’a plus jamais évoqué pour moi un avenir dans la médecine.»

À propos de l’auteur
Ron Rash, né à Chester en Caroline du Sud en 1953, a grandi à Boiling Springs et obtenu son doctorat de littérature anglaise à l’université de Clemson. Il a écrit à ce jour quatre recueils de poèmes, six recueils de nouvelles – dont Incandescences (Seuil, 2015), lauréat du prestigieux Frank O’Connor Award, et cinq autres romans, récompensés par divers prix littéraires : Sherwood Anderson Prize, O. Henry Prize, James Still Award. Une terre d’ombre (Seuil, 2014) a reçu le Grand Prix de Littérature policière. Ron Rash vit en Caroline du Nord et enseigne la littérature à la Western Carolina University. (Source : Éditions du Seuil)

Site Wikipédia de l’auteur 

Commandez le livre en ligne sur Amazon (il suffit de cliquer sur la couverture)

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Tags:
#parleventpleure #ronrash #editionsduseuil #RL2017 #roman #rentreelitteraire #thriller #unLivreunePage #livre #lecture #books #RLN2017 #VendrediLecture #MRL2017 #littérature #lecture #lire #lectrices #lecteurs

Publicités

L’été en poche (45)

STEN_les_nuits_de_la_saint_jean_P

Les nuits de la Saint-Jean

En 2 mots
La disparition d’une fillette sur île de Sandhamn dans l’archipel de Stockholm va nous entraîner dans une nouvelle enquête de Thomas Andreasson et Nora Linde, mais aussi faire ressurgir un passé terrifiant.

Ma note
etoileetoileetoileetoile (j’ai adoré)

Si vous voulez en savoir plus…
Ma chronique complète publiée lors de la parution du roman en grand format

Les premières lignes

L’avis de… Jacques Teissier (Médiapart)
« Pour les lecteurs français, le contraste avec la mentalité des personnages de certains polars méditerranéens – même si la violence n’en est pas absente – est fort, et il nous offre un dépaysement garanti qui ajoute encore au plaisir de la lecture. Surtout quand le talent est au rendez-vous… et Viveca Sten n’en est pas dépourvue ! »

Vidéo


Coup de cœur du libraire Gérard Collard © Production Griffenoiretv Gérard Collard

Les nuits de la Saint-Jean

STEN_Les_nuits_de_la_Saint-JeanSTEN_Les_nuits_de_la_Saint-Jean_poche

Les nuits de la Saint-Jean
Viveca Sten
Albin Michel
Thriller
Traduit du suédois par Rémi Casseigne
368 p., 20,90 €
ISBN: 9782226317148
Paru en mai 2015

Version poche parue en mai 2016.

Où?
Le roman se déroule toujours sur une île de l’archipel de Stockholm, Sandhamn, avec ses paisibles villégiatures, sa beauté sauvage, ses voiliers et la plage de Trouville. On y évoque aussi les localités proches, telles que Harö, Korsö, Runmarö, Saltsjöbaden à l’entrée du chenal ou Möja sur une île plus éloignée, ainsi que les routes qui mènent à l’île depuis Bromma, Vasastan, Nacka et Stockholm, en passant par Stavsnäs d’où partent les ferries. Enfin des villes plus lointaines, d’où sont originaires certains protagonistes, sont également mentionnées : Uppsala, Härnösand, Göteborg.

Quand?
L’action se situe de novembre 2006 à mars 2007. Toutefois le récit se double d’une seconde histoire qui débute en 1899 et se poursuivra jusqu’en 1962.

Ce qu’en dit l’éditeur
L’angoisse monte à Sandhamn : une jeune fille a disparu au cours de la nuit. Sous une pluie battante d’automne, l’inspecteur Thomas Andreasson et ses collègues ratissent l’île, en vain : Lina Rosén reste introuvable et l’enquête conclut à une noyade accidentelle.
Quelques mois plus tard, Nora Linde décide de prendre quelques jours de vacances au cœur de l’hiver à Sandhamn avec ses deux petits garçons. Son mari la trompe et elle a besoin du calme de l’île pour réfléchir. Mais, en jouant dans la forêt, Adam et Simon font une macabre découverte : des restes humains enfouis dans un sac sous la neige. Est-il possible que ce soit le cadavre de Lina ? Et quelle est cette ombre, tapie dans la nuit, sous les fenêtres des Rosén ? Pourquoi ?
Malgré l’absence de pistes, Thomas et son amie Nora ont un étrange pressentiment : l’assassin de Lina rôde encore et n’en a pas fini avec sa sinistre mission.
C’est avec cette nouvelle enquête de l’inspecteur Thomas Andreasson et de Nora Linde que Viveca Sten s’est imposée comme la Nº1 des ventes en Suède.

Ce que j’en pense
****
Après La Reine de la Baltique (2013) et Du sang sur la Baltique (2014), voici la troisième traduction française des cinq tomes déjà parus mettant en scène met en scène l’inspecteur Andreasson et l’avocate Nora Linde. On peut rassurer d’emblée les inconditionnels de Viveca Sten, Les Nuits de la Saint-Jean est aussi bon que les précédents. On peut aussi rassurer tous ceux qui ne sont – pas encore – familiers de l’œuvre de la romancière suédoise : ils peuvent découvrir son univers avec ce roman qui peut se lire indépendamment des autres.
C’est avec l’émission de télévision «Avis de recherche», qui fait appel aux téléspectateurs pour essayer de trouver des indices dans des enquêtes irrésolues, que s’ouvre cet épisode. Le présentateur y explique que « Lina Rosén a disparu par une sombre nuit de tempête sur la petite île de Sandhamn, aux confins de l’archipel, qui abrite à peine cent vingt habitants, mais accueille cent mille visiteurs chaque année.»
Une fois posé le décor, il ajoute «La dernière fois que les parents de Lina ont vu leur fille en vie, c’est le vendredi 3 novembre dernier. Elle se rendait chez une amie au sud-est de l’île. Elle serait repartie à vélo pour rentrer chez elle vers dix heures du soir. Après elle disparaît sans laisser de traces. Malgré les recherches de la police, elle n’a jamais été retrouvée.»
En fait, comme souvent dans ce type d’enquête, il faudra attendre une découverte inopinée pour qu’enfin les choses bougent : des enfants, dont ceux de Nora, mettent au jour un morceau du corps de la fillette lors partie de cache-cache.
L’enquête, qui était en sommeil jusque là, peut reprendre. La police scientifique, le légiste et l’équipe de Thomas Andreasson prennent la direction de l’archipel et interrogent les enfants, les voisins et les membres de la famille. Petit à petit de nouveaux éléments se font jour.
Viveca Sten a toutefois choisi de construire son thriller en deux parties. Parallèlement à cette enquête, elle nous raconte l’histoire d’un enfant martyr, rudoyé par son père et qui a même failli mourir de ses mauvais traitements. Gottwald devra s’enfuir de l’île et abandonner Karolina, la jeune fille aux longues nattes brunes qu’il aime ardemment, pour échapper à la folie de son géniteur.
Bien entendu, le deux récits vont finir par se rejoindre. On découvre alors comment la géographie et le climat agissent sur les habitants, combien le poids de la religion luthérienne peut entraîner de dérives, combien la solitude, surtout lorsqu’elle s’accompagne de conditions de travail très difficiles, peut forger des caractères intransigeants et hostiles.
Une histoire comme il ne peut en arriver que dans ces pays du Nord en quelque sorte. Mais une histoire qui vous fera sans aucun doute frissonner de plaisir lorsque vous la lirez.

Autres critiques
Babelio
Blog Mediapart
Blog Action-Suspense
Blog En terre scandinave (avec interview de l’auteur)

Extrait
« Elle regarda à nouveau sa montre. Huit heures moins trois. Elle n’y tenait plus. Elle composa le numéro.
« Allô ? » Une voix endormie répondit à la troisième sonnerie. C’était Hanna.
Marianne s’en voulut aussitôt. Elle l’avait réveillée inutilement.
« Bonjour, c’est Marianne. Désolée de te déranger. Je voulais juste savoir si Lina était chez vous. Elle n’est pas rentrée hier soir et n’a bien sûr pas appelé. Je sais que c’est ridicule, mais je voulais juste vérifier que tout allait bien. »
Silence au bout du fil.
Juste une seconde, mais une seconde de trop.
À nouveau, elle respirait difficilement.
« Lina ? Elle n’est pas ici. Elle est partie vers dix heures hier soir. Elle n’est pas rentrée ? » La voix de Hanna trahissait son étonnement. « Ne quitte pas, je vais vérifier.
– Oui, chuchota Marianne. S’il te plaît. »
Hanna reposa le téléphone et disparut. Marianne serra le combiné si fort que ses doigts lui faisaient mal.
Puis Hanna revint.
« Désolée, dit-elle. C’est bien ce que je pensais. Elle n’est pas là. Louise dit qu’elle est rentrée à vélo après le film. Tu es sûre qu’elle n’est pas dans son lit ?
„Marianne n’arriva pas à répondre. Elle essayait de former des mots, mais sa langue ne lui obéissait pas. Sa vue se brouilla.
Où était sa fille ? » (p. 11-12)

A propos de l’auteur
Viveca Sten vit près de Stockholm avec son mari et leurs trois enfants. Après une brillante carrière juridique, elle s’est lancée dans l’écriture. Sa série, qui met en scène l’inspecteur Andreasson et l’avocate Nora Linde sur l’île de Sandhamn, compte déjà 5 tomes. Succès phénoménal en Suède et dans le monde, la série est publiée dans une quinzaine de pays et vient d’être adaptée en série pour la télévision suédoise.
Comme ses héros, l’auteur possède une vieille maison familiale sur l’île de Sandhamn et y a passé tous les étés de sa jeunesse. (Source : Editions Albin Michel)

Site Wikipédia de l’auteur

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com


Focus Littérature

Le cœur du problème

OSTER_Le_coeur_du_probleme

Le cœur du problème
Christian Oster
Editions de l’Olivier
Roman
192 p., 17 €
ISBN: 9782879297798
Paru en août 2015

Où?
Le roman se déroule principalement en province, à Banville, Longeville, Grainville, Gélouville, Blagnon, Fourville, Le Ballu, mais également à Paris, Lyon et à Londres.

Quand?
L’action se situe de nos jours.

Ce qu’en dit l’éditeur
En rentrant chez lui, Simon découvre un homme mort au milieu du salon. Diane, sa femme, qui, selon toute vraisemblance, a poussé l’homme par-dessus la balustrade, lui annonce qu’elle s’en va.
Elle ne donnera plus de nouvelles. Simon, resté seul avec le corps, va devoir prendre les décisions qui s’imposent. C’est lors de sa visite à la gendarmerie que Simon rencontre Henri, un gendarme à la retraite amateur de tennis. Une relation amicale se noue. Mais Simon est sur la réserve ; chaque mot, chaque geste risque d’être sévèrement interprété. S’engage alors entre les deux hommes une surprenante partie d’échecs.

Ce que j’en pense
****
Un faux polar, mais un vrai roman haletant. En nous racontant tout ce qui se passe dans la tête de Simon, le narrateur de cette histoire, Christian Oster parvient à nous entraîner dans une sorte de labyrinthe instrospectif dont il devient très difficile de sortir. Et pour cause !
Imaginez que vous rentrez chez vous et que vous trouviez un cadavre dans votre salon. Des morceaux de la balustrade du premier étage à ses côtés. Votre compagne, qui prend son bain, ne veut pas vous parler, sinon pour dire qu’elle va s’en aller, qu’elle a besoin de s’éloigner.
Voici par conséquent Simon confronté à une série de problèmes et tout autant de questions à résoudre : « Je sentais confusément que tout ce que je ferais à partir de maintenant modifierait la situation initiale dans un sens dont j’étais incapable de mesurer la portée. Je n’ai donc d’abord rien fait. »
Après avoir passé en revue diverses hypothèses, il se résout à faire disparaître le corps. Le congélateur de la voisine pose trop de problèmes logistiques, les pains de glace d’Ikea tout autant. Il décide par conséquent d’enterrer cet homme dans son jardin, sous le potager, en prenant bien soin d’y replanter ses tomates. Puis tenter de reprendre sa vie tranquille de conférencier et de parler du Moyen Âge à des auditeurs qui n’imaginent pas la tempête dans son cerveau.
Son ami Paul ne comprend pas plus son attitude un peu particulière. Mais ne seriez-vous pas un peu secoué après de tels événements. D’autant que Diane, la compagne de Simon, ne donne plus de nouvelles.
Au commissariat, on lui explique que ne peut lancer de recherches pour retrouver une personne qui a parfaitement le droit de voyager comme bon lui semble. Seul Henri, à la veille de prendre sa retraite, semble comprendre son désarroi.
Diane, sa compagne, va finir par le recontacter. Elle lui manque. Le voilà parti pour Londres où une partie du mystère va s’éclaircir, mais aussi le laisser au final à nouveau seul avec son cas de conscience. Alors, il essaie de s’occuper. « Il n’empêche, le vide était là. Et la frustration. Celle de ne pas mieux comprendre, surtout. De quelle façon on en était arrivés là. »
Il contacte des menuisiers pour réparer la balustrade, des agents immobiliers pour vendre cette maison qu’il ne veut plus habiter et accepte l’invitation d’Henri, désormais retraité, pour une partie de tennis.
Sauf que le match qui s’engage entre les deux hommes se joue d’abord en dehors du court. Henri a-t-il soupçonné quelque chose ou cherche-t-il un ami pour occuper ses journées de retraité ? Le jeu subtil du chat et de la souris peut commencer…
Un jeu subtil, retors, angoissant et pourtant assez addictif. Un jeu que maîtrise parfaitement l’auteur pour entraîner le lecteur sur les pas de Simon, sans que jamais ce dernier ne puisse se faire une opinion arrêtée. La mécanique est parfaitement huilée, on se régale !

Autres critiques
Babelio
Le Point
Entre les lignes (Radio suisse romande Espace 2 – Jean-Marie Félix)
Culturebox
Blog Fragments de lecture (Virginie Neufville)
Blog La lectrice à l’œuvre (Christine Bini)
Blog Les mots de la fin

Premières lignes
« Pour dire les choses vite, quand je suis rentré chez moi ce soir de juillet, il y avait un homme mort dans le salon. Pour les dire plus précisément, l’homme était allongé sur le ventre, à l’aplomb de la mezzanine où nous avions notre chambre, Diane et moi, et dont j’ai vu que la balustrade avait cédé. Nous devions depuis longtemps renforcer cette balustrade, qui commençait à présenter du jeu. Je sortais d’un rendez-vous de travail particulièrement improductif et j’étais plutôt de mauvaise humeur, si bien que ma première réaction a été une forme d’agacement, un peu comme si je venais de trouver le salon en désordre ou, pour être plus juste, comme si ce qui ressortait de ce que j’avais découvert avait prioritairement à voir avec le désagrément. J’ai rapidement pris conscience que l’homme était mort, du moins après l’avoir vérifié comme j’ai pu, palpation du pouls, test du miroir, constat d’un début de rigidité, mais l’agacement a persisté alors même que je me rendais compte de la gravité de la situation. Je tentais de me représenter, au-delà de cet écueil psychologique, les faits avec la plus grande objectivité, et je me suis mis en devoir, alors que je n’y parvenais pas encore, de les aborder de manière efficiente. » (p. 9)

A propos de l’auteur
Christian Oster est né en 1949. Prix Médicis 1999 pour Mon grand appartement, adapté au cinéma par Claude Berri, il est l’auteur de quatorze livres aux éditions de Minuit, dont, Loin d’Odile (1998), Une femme de ménage (2001), Trois hommes seuls (2008), Dans la cathédrale (2010). Il a également publié des romans policiers et de nombreux livres pour enfants à L’Ecole des loisirs. (Source : Editions de l’Olivier)

Commandez le livre en ligne
Amazon

Mes livres sur Babelio.com